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mercredi, 05 mai 2010

Punch of Heart (kiffe ta race) !

banania.jpgEntre les vins reçus, ceux dégustés en très bonne compagnie et les y’a-bons-flacons-de-ma cave-à-moi, l’heure est au bilan (expression que je déteste mais je n’ai pas trouvé mieux). Deux punch of heart d’un coup d’un seul : espérons que vous vous en remettrez. Lire la suite...

samedi, 12 juillet 2008

Martine monte à Paris.

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Strasbourg-Paris en TGV : 2h20 ; Dégustation Martine Becker : 2 heures de TGV (très grands vins). Il ne fallait pas arriver en retard jeudi dernier au TupperWine 9.0 Off menée par un train d'enfer et de main de maître par l'excellente Martine Becker du quadri-centenaire Domaine Jean Becker (Zellenberg). Des Grands Crus Sonnenglanz, Froehn, Schlossberg, du riesling, du tokay -pardon, du pinot gris-, du gewurztraminer, présentés à un parterre d'amateurs médusés : c'est quand le prochain TupperWine qu'on se régale encore ?  

626760289.jpgL'occasion fait parfois le larron. Il aura suffit d'un e-mail de Martine Becker (photo de dte) le 4 juillet dernier, dans lequel elle m'informait de sa venue à Paris, pour ameuter la troupe et organiser un TupperWine 9.0 Off une semaine plus tard. Bien en prit à votre humble serviteur puisque ce ne sont pas moins de vingt cinq personnes qui se retrouvèrent chez Jérôme et Olivier, les très sympathiques nouveaux locataires de l'HardiVin, fraîchement arrivés dans la très féminine rue des Dames. Monsieur Christophe, anciens maître des lieux, si tu m'entends, mes amitiés. A noter également, et vous le constaterez par vous-même, les magnifiques clichés du désormais photographe officiel des TupperWine, Arnaud Septime de mistelle.fr.

La dégustation démarre avec un rince-gueule nommé Gentil, et c'est vrai qu'il ne fait pas de mal. Un schlück (en alsacien dans le texte) de cet assemblage de riesling, de gewurtz et de muscat annonce la couleur : reflets dorés, brillance, limpidité, minéralité, notes de fruits à chair blanche (pêche, poire...), on ne va pas s'ennuyer.

2056137193.jpgAllez, spretzig ! Après cette gorgée pour se mettre en jambes (fines sur la paroie du verre), premier arrêt en gare de Schönenbourg, un riesling Grand Cru 2004, beau comme un joli château. Un superbe nez de fruits mûrs (mirabelles, prunes jaunes), une bouche fraîche, dotée d'une jolie acidité. Pas encore gradé "général", mais fera assurément un "très bon caporal". Dixit Martine ! La version 2001 présente une couleur plus marquée. Le nez est plus ouvert mais plus complexe également. Des notes de foins coupés, de fleurs blanches. La bouche est bien plus grasse. Grand Cru Froehn Reisling 2001 fait l'unanimité dans l'assemblée, notamment auprès de ces dames, très nombreuses une fois de plus, jeudi soir. Des notes de torréfaction, une bouche agrume-citron jaune, de la fraîcheur associée à une belle matière. C'est vrai que ce vin a beaucoup de charme.   

Grand Cru Schlossberg Riesling 2004 nous confirme la typicité du cépage (riesling, donc), comme ressenti à travers les trois premiers Grands Crus. Cépage rhénan par excellence, on le dit "fidèle" au terroir. Evidemment, selon la nature des sous-sols, il s'exprimera différemment, mais une belle et longue structure acide qui lui donne beaucoup de race, de la puissance, des arômes très nobles de canelles, d'écorces d'orange mais aussi d'acacia et d'exotisme tapissent le palais du dégustateur.

Nous ponctuons cette farandole de rieslings avec une vendange tardive qui nous conduit vers une1207764070.jpg palette aromatique de fruits à chair blanche cuits, de confitures de coing, soutenus par une belle acidité. Si Martine nous prend par les sentiments, evidemment...

Spretzig ! Place au pinot gris ! Grand Cru Froehn 2002 et Sonnenglanz 2002, Ce "sultan" de froehn 2002 me séduit par son nez fin, élégant, tendu. La bouche est ronde mais finit par une entourloupe de retour sur la fraîcheur (j'me comprends...) qui donne un plaisir fou. Le nez de sonnenglanz est très expressif de fruits confits et de coing. La bouche est ample et empreinte d'une longue finale très épicée. Il est étonnant de constater que ce cépage pinot gris fait le pont entre le riesling et le gewurtz. Possédant des caractéristiques de l'un (finesse, fraîcheur) et de l'autre (rondeur, ampleur).

Correspondance pour le cépage gewurtztraminer, moment où votre humble serviteur a posé son carnet et son stylo pour... laver des verres ? servir les petit-fours ? prendre l'air ? Ou tout simplement profiter pleinement des vins et des convives. Gewurztraminer Grand Cru Sonnenglanz 2004, son nez fleuri de fleurs blanches, ses notes manifestes de litchi, sa finale épicée. Gewurztraminer Grand Cru Schoenenbourg 2003, la rue des Dames, ses restaurants, j'ai faim, ses passantes, j'ai soif, son air frais, j'ai chaud. Gewurztraminer Grand Cru Froehn 2004, Gewurztraminer Rimelsberg... Was ist loss ? Spretzig ? Kein problem ! Ich bin alein oder ein Berliner ? Neun und neunzich luftballons... 

Domaine Jean Becker, 4 route d'Ostheim, 68340 Zellenberg ; vinsbecker@aol.com

L'HardiVin, 109 rue des Dames, 75017 Paris.

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vendredi, 04 juillet 2008

Offrez-vous un bon Rhône Movie !

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Quitter l'autoroute et la lassitude de la ligne droite pour prendre les pittoresques départementales. Basculer dans un sud délicieusement accablant. Admirer la vigne bousculée par un mistral vivifiant, hostile et dominateur. Conjugaison d'une culture ancestrale, d'un paysage complexe et apaisant, et d'un vignoble séduisant, le Rhône méridional est un incontournable dans la panoplie de l'oenophile.

765107836.2.JPGA choisir entre rester coincé dans les bouchons de la Vallée du Rhône et palper les bouchons des vins du Rhône, le choix est vite fait. Nous appellerons les trois premières appellations rhôdaniennes à ne pas manquer les 3 V : Valréas, Visan, Vinsobres. En venant de Valence, quitter l'A7 avant Donzères, direction Nyons, en empruntant la D133. La légende raconte qu'en revenant de Lyon, le Pape Jean XXII, très fatigué, recouvra la santé, grâce aux vins de Valréas, où l'on trouve aujourd'hui des côtes-du-rhône-villages rouges délicieusement fruités et floraux. Pour trouver son bonheur, rendez-vous chez les Vignerons de l'Enclave des Papes, Rte d'Orange, Valréas. A Visan, rendez-vous, entre autres, au Domaine la Florane (Vallon Notre-Dame) afin d'y déguster, notamment, Domaine la Florane et Terre Pourpre. Enfin, à Vinsobres, vous dégusterez les vins du Domaine de Deurre, et vous m'en direz des nouvelles. Les vins dits de l'Enclave des Papes, qui valent à cette région et à Chateauneuf du Pape quelques frictions, sont une fois de plus la preuve de la richesse du terroir français.

Nous quittons le Tryptique des trois V pour nous rendre à Rasteau, puis Cairanne, après un passage "obligé" par1424396751.JPG Vaison-la-Romaine, deux appellations difficilement contournables des Côtes-du-Rhône villages, qui mériteraient largement l'appellation communale. Rasteau et Beaumes-de-Venise sont les deux seules communes qui produisent aussi des vins doux naturels. A Rasteau, n'hésitez pas à aller rendre viste au Domaine Wilfried. Goûtez le CdR Village Rasteau 2005 (7€), le CdR Village Cairanne 2004 (7,50€) et, cela va de soi, le Vin Doux Naturel Rasteau Doré 1995 (15€). Il ne faudra, sous aucun prétexte, oublier de passer mon bonjour à ce charmant couple (ainsi qu'au "prof d'anglais") et aller se promener sur les hauteurs de Cairanne, dans les vignes : lieu idéal pour un pique-nique. Et une sieste ! Suite des pérégrinations également dans le très mignon Domaine de la Magnaneraie, à Cairanne, ou Madame Armand vous acceuillera "des cigales plein la bouche".

284866508.JPGOn pourra évidemment faire une halte à Sablet et Séguret sur le chemin de Gigondas (au sud) mais l'oenotourisme a cela de frustrant que l'on ne peut s'arrêter partout. Il faut donc faire des choix ! A moins de s'installer un semaine dans la région ! Protégé par ses remparts du XIVè siècle, avec ses ruelles étroites et ombragées ponctuées de fontaines, Sablet possède un charme fou. Ses plus beaux atours s'observent sur la route de Séguret, un autre village des Côtes-du-Rhône, un des plus beaux de France.

Depuis les hauteurs de Gigondas, le panorama sur le vignoble et les1425085226.JPG Cévènnes est grandiose. Les ruelles grimpent à l'assaut du campanile, dévoilant les Dentelles de Montmirail, barre de calcaire jurassique. Au creux des coteaux, de gros ceps semblent se tordre de douleur (dixit PTT). Gigondas est l'autre grande appellation de la rive gauche du Rhône. Les vignobles gagnés sur d'anciennes oliveraies furent d'abord classés Côte-du-Rhône, puis en 1966 Côte-du-Rhône Villages et, enfin, entrèrent en 1971 dans le club très fermé des AOC.

L'encépagement, très proche de celui du Châteauneuf-du-Pape, est dominé par le grenache noir, la syrah, le mourvèdre et le cinsault. La production est à majorité composée de vins rouges puissants et d'une grande finesse aromatique.609098102.JPG Vous aurez, en outre, l'occasion de déguster des vacqueyras chez grand nombre de vignerons de Gigondas. Domaine Amadieu, Domaine de Font-Sane, Domaine du Pesquier et Domaine du Grapillon d'Or font partie des préférés de VINSURVIN.

 

 

Outre les dégustations de vins de qualité remarquable et les multiples plaisirs qui en découlent, la visite des caves s'inscrit dans la découverte d'une France riche d'une Histoire, d'une géographie, d'une culture et d'une identité incomparable. En s'attaquant de toutes parts à notre vin, les lobbies anti-alcool et les alatoyas du monde propre et sécurisé s'attaquent à ce que nous avons de plus précieux : notre culture et notre identité. Il ne s'agit pas, ici, de défendre la consommation d'alcool, voire d'inciter quelconque lecteur à s'ennivrer lors de ces dégustations mais au contraire, dans un registre culturel et hédoniste, de s'ouvrir au monde fantastique, sensoriel, onirique et convivial de l'oenophilie.       

Photos VINSURVIN, aôut 2007. 1. L'entrée du domaine du Grapillon d'Or à Gigondas ; 2. Vue depuis les hauteurs de Cairanne ; 3. Acceuil chez le propriétaire ; 4. Panorama depuis les hauteurs de Gigondas ; 5. Le village de Gigondas et les Dentelles de Montmirail.

La Vallée du Rhône sur VINSURVIN, c'est ICI, pour d'autres bonnes d'adresses, plus d'informations et de commentaires de dégustations.

 

mardi, 06 mai 2008

Deux Bijoux d'Anjou.

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Suite des périgrinations de VINSURVIN dans les vignobles de France et de Navarre. Jeudi 5 mai, destination l'AOC Anjou-Villages de Brissac, au sud d'Angers, où cabernet franc et chenin règnent en véritables ducs, d'Anjou, ça va sans dire. Direction le Domaine Richou et la Grange Aux Belles pour déguster des  vins que diversité géologique,  méthodes de travail et objectifs finaux rendent très différents. Récit.

2121970155.JPGIl est 10h30 quand j'arrive chez Didier Richou. J'avais rencontré notre vigneron au Salon des Vins de Loire d'Angers début 2008. La dégustation (sommaire) de ses vins, notamment de ses côteaux de l'Aubance, m'avait séduit ! Il fallait que je me rende chez lui afin d'en apprendre davantage sur ce domaine. 

Nous prenons place autour d'une grande table en bois et Didier se met à disserter sur les sols qui voient pousser ses vignes. Cartes géologiques et morceaux de roches à l'appui, nous abordons une partie fascinante de ce qu'est le "terroir" : un sol, un climat, une région, une culture, des méthodes... Au sud du massif armoricain, les sols sont composés d'une gamme diverse de schistes. On y trouve même du quartz et de la pierre volcanique. C'est cette topologie qui donne au vin ces notes de minéralité. Au nez se dégage des notes d'ardoise, de pierre à fusil, comme vous avez certainement pu le constater avec les sauvignons du Centre-Loire (Pouilly Fumé, Sancerre, Ménetou-Salon...).

Vient alors la dégustation et ce n'est pas parce que, nettoyage tardif de printemps oblige, VINSURVIN a basardé les trois pages de notes prises lors de la dégustation de trois heures #*¤$}+;-(%arghhhhh##/!§ qu'un compte-rendu ne s'impose pas. Les échantillons que Didier aura bien voulu me laisser seront donc doublement les bienvenus !1742803754.jpg

100 % chenin, d'une robe paille claire et brillante, les Rogeries 2005 se présente entre minéralité, fraîcheur et vivacité. Le nez est aérien et nous rappelle lamenthe sauvage, l'eucalyptus. Des notes d'agrumes (citron vert) se manifestent d'entrée pour laisser place à plus de chaleur et de rondeur et nous signifier la poire. Sa jolie trame minérale et son acidité douce amère apporte fraîcheur et longueur en finale. Un vin net, vif et élégant.

Nous passons au chai pour goûter les Rogeries 2006, qui me réjouit instantanément. Son bouquet de fleurs blanches, de fruits exotiques et d'épices douces (poivre blanc)... La bouche est pleine, ample et grasse. L'ananas, la pêche blanche mûre dominent la bouche avant que des notes de pamplemousse viennent équilibrer la bouche de façon succincte mais non négligeable. Un régal !

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Après les gamays (minéral, fruits noirs et épicés) et les anjou rouges, et village brissac (corps, amplitude, réglisse, torréfaction...), sur lesquels nous reviendrons ultérieurement, Didier Richou va s'atteler à nous faire déguster ses Coteaux de l'Aubance.

Vous connaissiez les coteaux du Layon, les Sauternes, les vins de glace et autres vendanges tardives, qu'en est-il des coteaux de l'Aubance qui trouvent leur lie au sud de la Loire. "Ici en Aubance, on a constaté un changement de climat vers 1994. Et c'est à partir de ce moment qu'on s'est relancé dans les aubances. Un peu trop d'ailleurs. Comme souvent, l'homme a souvent tendance à tomber dans les excès et nos aubances manquaient singulièrement d'acidité. On a donc fait marche arrière," explique Didier Richou. Ces vins blancs sont en effet liquoreux grâce à des taux de sucre résiduels élevés. Mais lorsqu'ils ne rencontrent aucune acidité, ils sont écoeurants et sans intérêts.

Des Coteaux de l'Aubance Sélection (sur lie pendant une vingtaine de mois) aux Trois Demoiselles (déclinées ce matin là jusque 1997!), les sensations éprouvées auront été remarquables. Ces vins passent en revue les fruits qui parsèment les étales des marchés et nos souvenirs d'enfance: de la pomme verte acidulée, de la poire mûre, de la pêche blanche confite, des mirabelles cuites, des abricots, des pâtes de fruit, des fraises des bois sucrées, de douces épices, j'en passe et des meilleurs... Du sucre, oui, maus pas uniquement. Ces arômes sont soutenus et équilibrés par une acidité (sorte de colonne vertébrale du vin) précise, fraîche et parfois mentholée, le tout en parfaite harmonie. Autant de souvenirs intacts de cette journée que des notes écrites auraient peut-être un peu trahis.

Il est l'heure de quitter Didier Richou pour nous rendre à la Grange Aux Belles chez Marc Houtin et Julien Bresteau, dont nous parlerons dans quelques jours sur VINSURVIN. Mais notre vigneron insiste pour courir chez lui (juste à côté) afin de nous faire goûter un Trois Demoiselles 1997  et avant de revenir sur le 2003 pour trouver un point de comparaison. Est-ce bien raisonnable ? Le millésime 1997 a une sublime couleur or foncé. Il a épaissi, présente un nez d'orange et d'abricot fort mûr, offrant généreusement des notes de confiture de mirabelles de grand-mère tout en maintenant une jolie trame en acidité : c'est suave, c'est doux, c'est du velour ! Bravo Didier ! Et merci de m'avoir traité comme un Duc !

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Photo illustration : VINSURVIN, depuis la colline de la Treille (49). Retouche photoshop.
Photo pierres : VINSURVIN.
 
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