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mardi, 06 mai 2008

Deux Bijoux d'Anjou.

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Suite des périgrinations de VINSURVIN dans les vignobles de France et de Navarre. Jeudi 5 mai, destination l'AOC Anjou-Villages de Brissac, au sud d'Angers, où cabernet franc et chenin règnent en véritables ducs, d'Anjou, ça va sans dire. Direction le Domaine Richou et la Grange Aux Belles pour déguster des  vins que diversité géologique,  méthodes de travail et objectifs finaux rendent très différents. Récit.

2121970155.JPGIl est 10h30 quand j'arrive chez Didier Richou. J'avais rencontré notre vigneron au Salon des Vins de Loire d'Angers début 2008. La dégustation (sommaire) de ses vins, notamment de ses côteaux de l'Aubance, m'avait séduit ! Il fallait que je me rende chez lui afin d'en apprendre davantage sur ce domaine. 

Nous prenons place autour d'une grande table en bois et Didier se met à disserter sur les sols qui voient pousser ses vignes. Cartes géologiques et morceaux de roches à l'appui, nous abordons une partie fascinante de ce qu'est le "terroir" : un sol, un climat, une région, une culture, des méthodes... Au sud du massif armoricain, les sols sont composés d'une gamme diverse de schistes. On y trouve même du quartz et de la pierre volcanique. C'est cette topologie qui donne au vin ces notes de minéralité. Au nez se dégage des notes d'ardoise, de pierre à fusil, comme vous avez certainement pu le constater avec les sauvignons du Centre-Loire (Pouilly Fumé, Sancerre, Ménetou-Salon...).

Vient alors la dégustation et ce n'est pas parce que, nettoyage tardif de printemps oblige, VINSURVIN a basardé les trois pages de notes prises lors de la dégustation de trois heures #*¤$}+;-(%arghhhhh##/!§ qu'un compte-rendu ne s'impose pas. Les échantillons que Didier aura bien voulu me laisser seront donc doublement les bienvenus !1742803754.jpg

100 % chenin, d'une robe paille claire et brillante, les Rogeries 2005 se présente entre minéralité, fraîcheur et vivacité. Le nez est aérien et nous rappelle lamenthe sauvage, l'eucalyptus. Des notes d'agrumes (citron vert) se manifestent d'entrée pour laisser place à plus de chaleur et de rondeur et nous signifier la poire. Sa jolie trame minérale et son acidité douce amère apporte fraîcheur et longueur en finale. Un vin net, vif et élégant.

Nous passons au chai pour goûter les Rogeries 2006, qui me réjouit instantanément. Son bouquet de fleurs blanches, de fruits exotiques et d'épices douces (poivre blanc)... La bouche est pleine, ample et grasse. L'ananas, la pêche blanche mûre dominent la bouche avant que des notes de pamplemousse viennent équilibrer la bouche de façon succincte mais non négligeable. Un régal !

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Après les gamays (minéral, fruits noirs et épicés) et les anjou rouges, et village brissac (corps, amplitude, réglisse, torréfaction...), sur lesquels nous reviendrons ultérieurement, Didier Richou va s'atteler à nous faire déguster ses Coteaux de l'Aubance.

Vous connaissiez les coteaux du Layon, les Sauternes, les vins de glace et autres vendanges tardives, qu'en est-il des coteaux de l'Aubance qui trouvent leur lie au sud de la Loire. "Ici en Aubance, on a constaté un changement de climat vers 1994. Et c'est à partir de ce moment qu'on s'est relancé dans les aubances. Un peu trop d'ailleurs. Comme souvent, l'homme a souvent tendance à tomber dans les excès et nos aubances manquaient singulièrement d'acidité. On a donc fait marche arrière," explique Didier Richou. Ces vins blancs sont en effet liquoreux grâce à des taux de sucre résiduels élevés. Mais lorsqu'ils ne rencontrent aucune acidité, ils sont écoeurants et sans intérêts.

Des Coteaux de l'Aubance Sélection (sur lie pendant une vingtaine de mois) aux Trois Demoiselles (déclinées ce matin là jusque 1997!), les sensations éprouvées auront été remarquables. Ces vins passent en revue les fruits qui parsèment les étales des marchés et nos souvenirs d'enfance: de la pomme verte acidulée, de la poire mûre, de la pêche blanche confite, des mirabelles cuites, des abricots, des pâtes de fruit, des fraises des bois sucrées, de douces épices, j'en passe et des meilleurs... Du sucre, oui, maus pas uniquement. Ces arômes sont soutenus et équilibrés par une acidité (sorte de colonne vertébrale du vin) précise, fraîche et parfois mentholée, le tout en parfaite harmonie. Autant de souvenirs intacts de cette journée que des notes écrites auraient peut-être un peu trahis.

Il est l'heure de quitter Didier Richou pour nous rendre à la Grange Aux Belles chez Marc Houtin et Julien Bresteau, dont nous parlerons dans quelques jours sur VINSURVIN. Mais notre vigneron insiste pour courir chez lui (juste à côté) afin de nous faire goûter un Trois Demoiselles 1997  et avant de revenir sur le 2003 pour trouver un point de comparaison. Est-ce bien raisonnable ? Le millésime 1997 a une sublime couleur or foncé. Il a épaissi, présente un nez d'orange et d'abricot fort mûr, offrant généreusement des notes de confiture de mirabelles de grand-mère tout en maintenant une jolie trame en acidité : c'est suave, c'est doux, c'est du velour ! Bravo Didier ! Et merci de m'avoir traité comme un Duc !

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Photo illustration : VINSURVIN, depuis la colline de la Treille (49). Retouche photoshop.
Photo pierres : VINSURVIN.
 
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