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vendredi, 22 septembre 2006

Enfin vendredi!

medium_hippolyte.jpgBon alors ce week-end... j'me lâche. D'abord parce que  c'est l'anniversaire de mon fils adoré Hippolyte (2 ans) et puis parce que je vais aussi fêter ma troisième année sans tabac! Trois longues années. Et pourtant ma Marlbo light, Dieu sait que j'en étais acro. A l'apéro, au café, à la pause, à n'importe quelle heure, au moindre stress, à la moindre émotion, au moindre coup de klaxon... Depuis un moment déjà, la dépendance à la cigarette me gênait. J'en avais un peu marre d'être le fumeur de service, d'avoir à sortir pour la fumer, d'entendre les amis me dire que je pouvais fumer chez eux, les non fumeurs. J'en avais marre de sentir la clope. Marre d'avoir une gorge effroyablement congestionnée les lendemains de soirées, marre d'avoir peur de ne pas avoir assez de cigarettes pour la journée, la soirée, le voyage... Marre aussi de voir les prix s'envoller et ce budget clope ne cesser d'augmenter. Une petite boîte à l'intérieur de mon cerveau ne cessait de collecter des informations allant à l'encontre du tabac et elle allait bientôt ne plus pouvoir les emmagaziner. A ce moment là, je dirais stop. Et puis est venue l'envie d'avoir un enfant avec Dorothée et de faire de notre nouvel appartement un lieu non fumeur. Les amis fumeraient à la fenêtre, ce n'était pas un problème. D'ailleurs, ils insistent pour descendre carrément dans la rue, 6 étages plus bas! Y a t-il un lien direct, je ne puis l'affirmer, mais j'ai pu remarquer autour de moi que les enfants de fumeurs avaient de nombreux problèmes de santé. L'impression qu'ils sont toujours malades. Les premiers jours sans tabac furent très difficiles et la négociation pour le meilleur taux auprès de la banque ne fut pas sans quelques sueurs! Mais au fil du temps, je me félicitais ni plus ni moins d'avoir tenu une journée de plus, d'avoir eu le cran et la force de ne pas avoir cédé. Et chaque jour, chaque semaine qui passaient me renforçaient dans l'idée que je pouvais faire sans tabac et surtout que la vie était la même sans la cigarette. Elle était même mieux puisque je ne toussai plus, retrouvai le goût, l'odorat et l'appétit! C'est suite à l'arrêt du tabac que j'ai redoublé de passion pour le vin. Pas que je me sois mis à picoller comme un trou! Non, j'ai pu mieux appréhender ses différents arômes au nez et en bouche, ses milles et une subtilités du vin, ses complexités. Cependant, je me suis aussi heurté à la frustration des fumeurs qui n'ont cesse de dire qu'ils veulent arrêter et qui n'y arrivent pas parce qu'effectivement c'est extrêmement difficile. Mais qu'on ne dise pas à un ancien fumeur qui vantent les mérites de la vie sans tabac des choses du style "c'est facile pour toi, t'as arrêté" car je leur réponds que c'est plus facile de ne pas arrêter, d'acheter des cigarettes et de se les allumer que de souffrir chaque jour comme un drogué en manque. Au final, je n'avais pas prévu de faire dans les confessions d'un ancien fumeur mais cigarette et alcool étant tellement intimement liés... J'essaie de ne pas jeter la pierre aux fumeurs. Mais on ne peut s'empêcher de penser en effet qu'elle importune lorsqu'elle est consommée sans considération pour les gens que cela gêne. J'ai toujours veillé à respecter cela même si sans m'en rendre compte j'en ai importuné plus d'un. Je crois qu'il est des lieux où les fumeurs doivent savoir ne pas allumer leur cigarette. Je pense aux restaurants, surtout comme à Paris où les tables sont parfois quasimment collées les unes aux autres et où la fumée de vos voisins vous prive de tous les arômes de votre plat ou de votre vin. Sans compter que cela pollue votre atmosphère et lui confère une odeur particulièrement désagréable. Fumer est une liberté et elle doit le rester mais elle ne fait pas partie intrasèque de la nature humaine. Eternuer, tousser ou bailler, oui. C'est pourquoi, elle ne peut régner en maître(sse) dans les lieux publics. En substance, arrêter de fumer n'aura eu que des effets bénéfiques sur ma vie et certainement celle de mon entourage. Et puis, regarder ce petit garçon: ne respire-t-il pas la santé?!

La semaine prochaine: comment j'ai arrêté de conduire dans Paris. ;-)

PLAN NON FUMEUR DU WEEK-END: RADIS ROSE (dans LES DERNIERS COUPS DE COEUR)

vendredi, 26 mai 2006

Tourisme numérique. De l'art de ne rien voir.

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Rendez-vous hier après-midi au musée d'Orsay avec Clare, une amie anglaise de passage à Paris. Je suis d'autant plus content de m'y rendre que je trouve ce lieu absolument magnifique. Je serai heureux de me retrouver sous la grande horloge en-bas des marches, de me sentir tout petit et presque intimidé sous "Le lion Assis" d'Antoine-Louis Barye, de sillonner les diverses statues qui parsèment notre visite du rez-de-chaussée. Pire qu'un enfant, j'ai hâte de prendre l'escalator pour me retrouver dans les entrailles de cette ancienne gare et de voir défiler ses structures effeiliennes. Je frémis d'avance de me planter littéralement derrière une des deux grosses horloges qui surplombent la scène, afin de projeter mon regard en direction du Nord et de voir le Sacré-Coeur majestueux et de marbre sur la Butte Montmartres. Clou du spectacle, de là, je me trouverai à deux pas des oeuvres d'un des plus grands peintres que l'Impressionisme ait connu, Vincent Van Gogh. Je suis également très excité de revoir ses oeuvres car je me trouvais à Auvers-sur-Oise début Avril.

Consumérisme numérique.

Je pénètre donc dans la salle dédiée à l'artiste à l'oreille coupée. Et là, c'est l'horreur. Avant même d'approcher les oeuvres relatant la période de Van Gogh à Arles, je me prends un gros coup de flash en pleine poire! Puis, je me fais bousculer par une créature à la stature défiant toutes les lois de l'humanité et concentrée sur le mini-écran de sa "video camera". Pardon? Non, rien. Sac à dos solidement plaqués contre le ventre, casquettes vissées sur la tête, jean's - T-shirts - baskets blanches, le balai des touristes s'arqueboutte, se disloque, s'aglutine autour de ce que je considère comme des oeuvres. Je tente tant bien que mal de me frayer un passage afin de me tenir à quelques mètres de l'objet de convoitise et de prendre du plaisir mais c'est chose impossible. ILS sont là, ils virevoltent, butinent, et surtout, ne cessent d'appuyer sur leurs gachettes. Caméras au point, appareils photos numériques dernier cri (ou riquiqui), bras tendus téléphones portables à la main, ils filment, ils SE filment, ils prennent des photos, ils SE prennent en photo - devant les oeuvres. Mais pourquoi donc? Pourquoi faire? A quoi bon? A quoi ça sert? Je m'interroge sur le bien fondé d'attitudes aussi inutiles que ridicules. Une oeuvre est-elle plus belle à travers l'objectif d'un appareil photo? Ou alors, sera-t-elle plus belle lorsqu'ils rentreront à la maison et la visionneront sur leur écran d'ordinateur? L'oeuvre est-elle plus belle lorsqu'un ami ou un membre de ma famille pause à côté? Ou l'oeuvre rend-elle mon compagnon plus beau? Ou bien encore, cherchent-ils un alibi, une preuve afin qu'on les croie sur parole qu'ils se trouvaient bien au musée d'Orsay, à Paris, le jeudi 25 mai 2006?! Qu'on m'explique. Qu'on m'explique ce trouble obsessionnel compulsif qui s'est développé avec l'arrivée du numérique. Qu'on m'explique cette nécessité de vivre l'instant à travers le prisme de l'écran. Qu'on m'explique cette manie de mettre un véritable mur entre la réalité et soi-même. Cela soutend-il que ces gens s'adresseront bientôt la parole uniquement à travers un portable? Je vois déjà le tableau. (...). Mais l'absurde ne s'arrête pas là: lorsque vous vous plantez désormais devant un tableau afin, tout simplement, de l'admirer, vous dérangez! Vous dérangez ces imbéciles qui ne sont pas venus pour les tableaux, mais pour eux-mêmes. Pour leur vanité. Pour justifier un misérable "j'y étais". En outre, ils ne réalisent même pas (même plus) la chance (car c'en est une) qu'ils ont de pouvoir contempler un vrai tableau de Van Gogh: cette notion leur est devenue complètement abstraite, voire abconse. Ils ne sont pas là pour l'artiste, mais pour ce qu'il représente, et dans la seule idée de se faire tirer le portrait devant une oeuvre que finalement ils banalisent, renient, méprisent. Tourisme de masse, consumérisme effréné, carences culturelles et comportementales manifestes, ces nouveaux comportements se retrouvent également à l'étranger et s'inscrivent entre autre dans l'abrutissement généré par les nouvelles technologies, sans compter qu'on relève des dérives extrêmement graves tel que le "happy slapping" où cela fait rire une bande d'idiots de voir sur leurs téléphones portables le film de quelqu'un comme vous et moi entrain de se faire tabasser. Violence physique, violence intellectuelle: la frontière est minime. Finalement, je n'ai pu résister à l'envie de dégainer mon portable et de prendre à mon tour quelques photos. Que je vous laisse apprécier. 

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dimanche, 26 mars 2006

sale vie de prof

Bon, j'ai encore un tas de copies qui m'attend et je suis là entrain de raconter ma vie sur mon blog. Et toi voyeur de lecteur, tu entres pas à pas dans la vie d'un prof. Tant de fantasmes sur le quotidien de ces bêtes curieuses. Une fenêtre ouverte sur ces longs dimanches passés devant des copies d'anglais de terminales.  L'angoisse de l'écrivain dit-on, c'est la feuille blanche. L'angoisse du prof, c'est ce fichu tas de copies toutes aussi brillantes les unes que les autres et dont il va falloir se délecter. "The man don't know what he will can done if it would to rain." Mais par quel processus mental l'élève est-il passé pour produire une telle phrase après quelque sept années d'apprentissage? Peut-être n'est-il tout simplement passé par aucun processus mental. Mais simplement par la machine infernale qu'est devenu le systême éducatif français. Classes surchargées, apprentissages collectifs et non individualisés, heures d'anglais extrêmement restreintes (2 en moyenne par semaine). Si une minorité de têtes blondes et brunes s'en sortent, il en reste bien trop sur le carreau. Nuls (pour ne pas tomber dans le P-C), démotivés, inintéressés, désolés, confus, agacés, balbutiant dans les ténèbres chimiques et métaphysiques des mathématiques et des langues, ils ne trouvent guère leur voix dans l'imbroglio scolaire dressé par l'Ecole. Et pendant se temps là, les profs corrigeaient. Car comment accepter, tolérer, continuer à procéder de la sorte quand en terminale, la majorité écrit "je garda", "il aperceva", "il vena", ne fait pas la différence entre le singulier et le pluriel "deux homme arriva", le féminin et le singulier "elle était étonné", ne ponctue pas et n'emploie pas les majuscules, néglige la simplissime construction sujet-verbe-complément, confond "to be" et "to have" ("today is better when you are money"). Alors, la faute à qui? Pour racourcir (car mine de rien, j'ai des copies qui m'attendent, moi!) certainement à une société qui à force de vouloir trop communiquer, ne sait plus comment le faire. Ceci n'est qu'un constat sur la gravissime situation dans laquelle se trouve et l'école, et les élèves, et les profs et la société française d'aujourd'hui. Malaise rempant, lancinant et invisible qui viendra bientôt s'ajouter à la crise profonde que l'on vit aujourd'hui et dont souffrent nombre d'adolescents et  jeunes adultes. Le problème avec cette carence , c'est qu'elle ne se voit pas et qu'à la limite elle ne fait pas souffrir en tant que telle. Il en résulte des orientations différentes, des carrières différentes et des positions socio-professionnelles variées. Et un niveau culturel général en chute libre.

 
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