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mardi, 24 juin 2008

Vin Turc : la surprise de l'Euro

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La demi-finale de l'Euro qui opposera la Turquie à l'Allemagne est inédite. La qualification de la Turquie à ce niveau de la compétition est une surprise. Ce vin turc dénommé Yakut, Kavaklidere me surprit également un jour par sa vivacité sur les ailes, sa technique et sa longueur en touche. L'occasion pour VINSURVIN de remettre un post au goût du jour sur un vin délicieux.

J'avais bu du vin canadien, j'avais ouvert du vin grec, j'avais goûté du vin ouzbekistanais, mais jamais du vin turc. J'avais pris le train à Montparnasse, j'avais fait la queue rue de la Gaité, j'avais mangé rue des Canettes, mais jamais flané rue Pernety. Le moment passé avec mon ami Fabrice Bonardi m'aura non seulement permis de découvrir son quartier, aux antipodes du mien (au propre comme au figuré), mais aussi un vin, dénommé Yakut, Kavaklidere, 2006. En effet, Monsieur m'acceuillit en face de l'Entrepot (convoitise Tupperwinienne) un vin turc sous le paletot : délicate pensée destinée à lui dire ce que j'en pense (du vin). Mais offrir une bouteille de vin est pour moi le plus beau signe d'amitié que l'on puisse faire à un homme. 

Montparnasse : ses ateliers d'artistes, ses crêpes bretonnes, ses théâtres. Et son quartier Pernetty. La Turquie : sa Cappadoce, son Besiktas, ses têtes. Et son vin. J'étais loin de deviner en me rendant dans le sud parisien cet après-midi, au bout de la ligne 13, que je découvrirais un quartier aussi vivant et aussi agréable. Une rue bordée de commerces de proximité. Ce fromager, ce poissonnier, cet épicier, ce caviste! Et vas-y que je te fasse une bise par ci ("une poète iranienne", me glisse Fabrice à l'oreille), une bise par là ("un Asturien qui joue de la cornemuse", m'apprend mon guide). Ambiance cordiale, ambiance village : pour un peu on se croirait dans le Nord (de la Seine). Vous savez, la rive gauche, c'est un peu comme certains vins de Bordeaux : aseptisé, pale, américanisé. Alors, nous, les braves gens de la rive droite (Est), on ne s'y risque pas souvent. On préfère profiter de l'air exotique et coloré de nos 17ème (est), 18ème, 19ème, 20ème, voire 11 et 12ème arrondissements. Que les rive-gauchistes se rassurent : ce n'est pas parce que le 5ème risque de basculer à droite que nous réclamerons son annexation pour autant. Ou alors pour boire un thé à la mosqué.

Je suis rentré chez moi le coeur léger, mon Turc sous le paletot, et comme c'était samedi, et comme on allait se cuisiner un bon petit dîner, c'était l'occasion rêvée d'ouvrir ce Yakut, Kavaklidere, un vin fait par un français. En l'ouvrant, la musique du film d'Alan Parker, Midnight Express, envahit mon esprit. Un léger frisson me parcourt le dos. J'avale ma salive. Qu'on fasse du vin autour d'Ankara et d'Istambul ne m'étonne guère, mais quel vin? Le dernier Grec ne m'avait pas laissé que des bons souvenirs. L'Ouzbeck avait été une sacré expérience. Quel sort me réservait ce Turc? Pas le même qu'à Michel Strogoff espérais-je.

Le Turc arbore une robe rubis, d'une belle brillance, (mais) sombre... Les choses s'engagent bien mais ne nous fions pas aux apparences. Sous cette laïcité de façade pourrait bien se révéler des notes plus obscures. Les arômes ne se dévoilent pas de suite. La cerise domine nettement le bouquet, très joli au premier abord. Puis on perçoit des notes de cuir, de tabac. Le nez est rond, soutenu par de subtiles notes de menthe sauvage. La bouche offre peu de vivacité mais elle est fraîche. La cerise domine, effectivement. Les tanins sont discrets, pas agressifs et une jolie acidité équilibre l'ensemble. Le vin est très plaisant, léger et d'une longueur très honorable. Je ne puis m'empêcher de penser à un jeune cairanne (Côte de Rhône). Une chair fine, un vin frais, une matière qui demande à s'épaissir, avec le temps. Je suis très agréablement surpris par la qualité de ce vin. Vraiment. A l'aveugle, j'aurais cherché en France. Le flacon n'est pas bu entièrement et il sera intéressant de le goûter demain, à l'apéritif, par exemple.

Le lendemain, notre flacon n'a pas dépéri. Au contraire. Il est suave, très élégant sur la langue. Il m'évoque des chinons. Est-il fait à partir de cabernet, de merlot? Son nez me rappelle des Saint-Nicolas de Bourgeuil! Que sur du fruit, simple, pure et noble. Après coup d'oeil sur le site, je lis que ce vin est élaboré à partir de Öküzgözü, Boğazkere et Carignan : comment n'ai-je pas pensé aux deux premiers? Vraiment un très bon vin! La bouche est bouclée. Mes a priori sur les turcs ont donc volé en éclat après avoir dégusté ce délicieux vin! J'ai beau avoir une tête de cochon... Comme quoi, certains auraient besoin d'un coup de Yakut pour revoir leur copie quant à leur refus de voir ce pays intégrer l'Europe. Car un pays qui fait du si bon vin, fut-ce par un français (certains en font du imbuvable), mérite bien d'aller en finale ! Allez la Turquie !

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Note parue le 16 mars 2008 : Ce Turc a eu ma tête (de cochon) ; Crédit photo ("bras turque") R. Hartmnn/AFP - 20minutes.fr
 
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