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mercredi, 02 mai 2007

Achat de vin étranger online

medium_Shiraz_Australie.jpg

Si vous venez sur VINSURVIN de temps en temps, vous savez sans doute que j'abhorre le régionaliste oenologique. Surtout celui qui ne jure que par les vins de Bordeaux. Celui là, c'est le pire. Il en va de même pour le nationaliste oenologique: défendre l'idée selon laquelle les français sont les seuls à savoir faire du vin démontre une méconnaissance totale du vin. Et une sacré étroitesse d'esprit. D'abord parce que certains producteurs français créent des vins absolument immondes. Ensuite parce qu'en Europe (en Italie et Espagne notamment) et en Outre-Europa (Californie, Chili, Argentine, Afrique du Sud, entre autres) l'on fait du vin à faire rougir plus d'un vigneron gaulois. Et puis ce genre de préjugés révèle souvent une autre forme de nationalisme... Aimer les vins français ne nécessite pas qu'on aie à les défendre. Car lorsqu'on aime le vin, un jour où l'autre, on ressent le besoin d'aller goûter ailleurs. Même lorsque l'on est loin d'avoir "fait le tour" du vignoble français. Parfois, le vin étranger vient lui même à vous. A travers des rencontres, des choix (comme au restaurant), ou des voyages. Par ailleurs, la découverte de vins Chiliens, Californiens ou Australiens à ceci d'excitant (en dehors du fait qu'elle offre une formidable variété d'arômes et de plaisirs) qu'elle permet certainement d'anticiper ce que sera le vin français de demain. Alors, boire du vin étranger, je veux bien, me direz-vous, mais où puis-je l'acheter? VINSURVIN s'est chargé de vous concoqueter une petite liste de quelques lieus et sites internets où trouver d'excellents flacons.

LES SITES FRANCAIS, ANGLAIS.

LES MAGASINS, A PARIS

  • Lavinia, 3/5 Bd de la Madeleine, Paris 01.
  • Les Caves Pouchet, 47 rue Pouchet, Paris 17.
  • Nombreux sont les cavistes à proposer des vins du Nouveau Monde. Il suffit de demander.

Note publiée le 14.10.2006 sur vinsurvin, et réactualisée ce jour.

mercredi, 11 octobre 2006

Vins du monde chez Nicolas: des choix qui pèchent.

Les magasins Nicolas veulent nous faire voir du pays, mais le voyage n'en vaut pas le détour.

medium_Sieera_Valley_CA.jpgComment faire de la publicité pour les vins français? En vendant des vins étrangers extrêmement moyens! Nicolas nous convie cette semaine à un tour du monde des vins (de table?), à partir de 3,40€. A ce prix là, autant dire qu'on ne devrait pas aller bien loin. De l'Australie à la Californie en passant par les incontournables Chili et Argentine, le spécialiste du vin depuis 1822, tente vainement de nous faire (re) découvrir des vins du monde en resortant de sa botte des vins qui - si l'on s'est déjà penché sur la question - sont référencés dans nos magasins du coin de la rue depuis déjà longtemps. C'est d'ailleurs ces vins (entre autre) qui font que l'on ne met plus les pieds dans ces supermarchés à gros rouges.

Pour les avoir goûtés ces dernières années, l'Obikawa blanc d'Afrique du Sud à 3,40€, véritable concentré explosif de sirop de citron et de caramel mou, vous ferait regretter un Chenin de comptoir 12° des bords de Loire. L'Obikawa rouge, velouté de copeaux de bois, coupé aux extraits de vanille et aux chamalows vous réconcilie avec le Bordeaux lambda à 1,50€. Le Sauvignon blanc Douglas Green, acide et incipide, qui selon Nicolas rivalise avec un Sancerre de qualité, nous démontre combien certains sont prêts à faire injure à leur propre culture pour vendre leur cam. Un tel argument a de quoi vous mettre hors de vous. Le Chardonnay Wolfhouse de Californie (mais d'où précisément?!) est purement body-buildé et exhubérant. Il exulte en rondeur et étouffe toutes les notes florales et minérales que l'on attend d'un tel cépage. Les rouges d'Argentine, et notamment de Mendoza comme vous avez pu le lire à plusieurs reprises sur VINSURVIN, sont effectivement à retenir. Mais à l'image des bordeaux, tous les Mendoza sont loin de faire l'unanimité. Il n'y que les anglais pour croire ça! Méfions-nous aussi des vins capiteux (très riches en alcool): certains montent à 14,5°. Il faudra donc bien réfléchir aux mets, à la période de l'année et aux convives auxquels les servir.

Là où le bas blesse, c'est que la majorité des vins proposés font partie de la vieille école et ne proviennent pas des meilleurs régions californiennes. Quid des Napa, Sonoma Valley et autre Sierra Valleys (Cf. photo ci-dessus)? A croire que Nicolas veut nous refourguer ses vieux stocks avant, qui sait, de passer à autre chose.  On a effectivement l'impression de se retrouver dix années en arrière lorsque les américains n'en avaient cure que pour le cépage. Des termes comme terroir, savoir-faire, culture raisonnée leur échappaeint complètement. Ils faisaient ce que l'on appelait vulgairement à  l'époque pisser la vigne. Mais ces dix dernières années, les choses ont considérablement évolué. Ainsi, on trouve aujourd'hui en Californie (mais également en Argentine - sans parler de l'Espagne et de l'Italie, ce qui est moins nouveau par contre) des vins ayant une qualité irréprochable et une vraie personalité. C'est d'ailleurs ce qui nous fait nous interroger sur le fait qu'on puisse encore produire de la piquette en France. A l'heure d'aujourd'hui, l'AOC devrait être la norme. Vins de table, vins de pays: tout cela ne devrait plus exister. Certains doivent disparaître et d'autres passer en AOC (souvenez-vous de l'article sur Guilhem Coste, de Saint-Félix de Lodèves, 34). Malheureusement, l'inertie administrative associée au conservatisme franco-français relèguent une fois de plus la France au rang des pays à la traîne, alors que pendant ce temps, les autres pays continuent leur irrémédiable percée. La preuve en est, la quantité d'articles réservés au vin du monde de plus en pléthorique sur ce blog... 

medium_Carmenere.jpgMais puisque je suis de nature optimiste et curieux de nature, j'ai réussi à repérer un très bon vin rouge Chilien. Issu d'un cépage Carménère (cf. photo ci-contre), produit dans la Colchagua Valley, provenant de Casa Silva et coûtant 7,90€, j'ai été totalement conquis par ce vin!  Le carménère est un cépage méconnu autorisé dans les appellations Bordeaux, Médoc, Premières Côtes de Bordeaux et Saint-Emilion! Il a pourtant presque disparu en Gironde, décimé par le phylloxéra au début du siècle et jamais réellement replanté. Le carménère, également appellé grande vidure, fait partie de la famille du cabernet-sauvignon (petite vidure) et du cabernet-franc (vidure). Il est souvent confondu avec le merlot. C´est un cépage tardif.
Il revient à la mode aujourd´hui au Chili. Il se caractérise par des notes de mûre, de cerise, de chocolat. En bouche, le vin est rond et confirme les qualités de fruit de ce cépage. Voilà une découverte intéressante.

Quoiqu'il en soit, cela ne comblera pas mon déficit de sympathie pour ces magasins. S'ils proposent des vins medium_Conchagua_Valley.3.jpgabordables en effet et permettent de ressortir avec un flacon convenable pour une somme souvent modique, Nicolas risque de souffrir de son image traditionnelle qui ne lui permet pas de s'adapter aux tournants que le monde du vin connaît en ce moment. Prisonnier des références de catalogue, les vendeurs se voient souvent limités, pour ne pas dire frustrés dans ce qu'ils peuvent avoir à nous proposer. On peut également regretter les décorations vieux-jeu et les vitrines désuètes, le manque récurrent de vins de récoltants, l'acceuil inégal - parfois même borderline, le changement incessant de responsables de magasins, la connaissance souvent incomplète, et générique du vin, dûe au fait que l'on a souvent à faire à des gens qui se retrouvent à la tête d'un magasin Nicolas par défaut quand ils pourraient aussi bien gérer un café où un magasin d'articles de pêche.

A droite: La Conchague Valley, Chili.

 

 
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