Avertir le modérateur

lundi, 24 mars 2008

Le tuyau de la semaine

3686479978099f167deae778e0a1ce62.jpg

Alors que madame toulemonde, qui erre dans les rayons vin des supermarchés comme un homme  dans une boutique de sous-vêtements (pour femmes), se dirige vers un gewürtz pour accompagner la lotte de dimanche midi, puis un bordeaux supérieur (attention, c'est du bon, le supérieur) pour aller avec le fromage (le bordeaux avec le fromage, il n'y a rien de mieux pour faire remonter la lotte), VINSURVIN ambitionne aujourd'hui de faire faire à Odette quelques pas de plus dans le rayon vin et de pousser le chariot jusqu'aux appellations Sud-Ouest et Rhône (je sais, je suis utopiste, voire naïf). Pendant que Monsieur s'évertue à chercher une chemise de nuit pour madame, rose.

Convie ta colloc. Du blanc. Du rouge. Côtes du Rhône. Sud-Ouest. Mes quatre bonheurs de ce week-end. Souvenez-vous, madame Armand, qui m'avait acceuilli l'été dernier chez elle à Cairanne des cigales plein la bouche : la douce vient de me mailer pour savoir ce que je pensais du blanc qu'elle m'avait gentiment envoyé en échantillon il y a déjà quelques temps. Un seul flacon ne permettant malheureusement pas d'organiser un TUPPERWINE, je me suis organisé un Home Tupperwine ce week-end. Alors, le Home Tupperwine : what is it? C'est simple. Vous organisez une dégustation, dans votre salon, avec votre femme, votre colloc, votre concubine, votre voisine. Enfin, quelqu'un quoi, vous n'allez pas déguster tout seul. Parce que là, ça serait triste quand même. Et surtout très selfish. (Oh, le con, il nous soule à parler anglais). Du vin, à deux, dans un salon, ça s'appelle prendre l'apéro? Bon, alors, si vous le prenez comme ça...

Comme un voile de mariée. Ce cairanne blanc 2006 du Domaine Armand, classé "village" quand il mériterait largement l'"appellation Cairanne", est issu d'un assemblage de clairette et de marsanne (pas de viognier?). Nous l'ouvrons sur un dos de cabillaud en papillotte (pointe de crème fraîche, herbes de Provence), fondu de poireaux - carottes et riz. Première sensation : sa couleur est d'un doré éclatant. C'est époustouflant. Le premier nez oscille entre minéralité et garrigue avant que des fleurs et des fruits blancs (aubépine, violette, pêche, poire...) ne viennent adoucir le bouquet. Promenade en Vaucluse assurée. En bouche, le vin présente un très beau volume. La bouche est ample, large. Le fruit blanc est marqué en effet et on lui trouve des notes d'ananas. Un vin blanc net, bien équilibré, sans fioritures : comme un voile de mariée. Sa minéralité lui permet de bien se démarquer du poisson et le fruit se marie formidablement bien avec le fondu de légumes. L'accord marche également très bien avec l'ananas servi en dessert. Moralité : pensez aux blancs du Rhône! Crozes-Hermitage, Saint-Joseph et Côtes du Rhône Village sont l'assurance de grands moments oenophiles.

La grenouille qui se prenait pour un boeuf. Nous allons accompagner des lasagnes maison avec un vin de Cahors : Les Perdrix 2003 du Clos Troteligotte (100% malbec). Le vin diesel par excellence! Voilà un vin qui me plaît par le temps qu'il prend avant de livrer le meilleur de lui-même. Pas intellectuel, pas complexe pour autant, juste un peu dilettante, il faudra le caraffer une petite demie-heure avant ouverture. Blancs et rouges ont souvent besoin de passer par cette phase, de s'aérer afin de s'ouvrir et de révéler tous leurs charmes. Ce cahors est mou et anarchique à l'ouverture. Comme en plein rêve, en pleine réflexion, il est un peu brouillon au réveil. Dans une impression de truisme et d'ennui, les cerises et les fraises des bois font ce qu'elles peuvent pour se montrer mais c'est insuffisant. Les tanins sont viriles et le tout fait flop derrière! Le vin semble pourtant charpenté! Comme la grenouille qui se prenait pour un boeuf. Mais après avoir pris l'air et s'être remis les idées en place, le vin s'est transformé : il a gagné en concentration, comme s'il s'était habillé. Les fruits sont gouleyants et les tanins se sont fondus dans une harmonie soyeuse. Des fruits noirs et des épices entrent dans la danse. Belle matière, belle richesse, belle concentration (caractériqtique constante dans les 2003, le millésime de la caniciule) mais rien de présomptueux ou de fat. Pire, d'indigeste. Voilà un cahors comme on les recherche, tout simplement. Sans vouloir stéréotyper ce vin, La Perdrix 2003 répond à l'idée que je me fais d'un cahors. Il n'est pas sans me rappeler un Château Quattre, référence en la matière. Enfin, je dois bien avouer que je serai fier de présenter ce vin et ses acolytes, lors d'un prochain TUPPERWINE.

Le vin vous contera une histoire. Le lendemain, le cairanne a épaissi et nous livre une palette de fruits blancs très mûrs et sucrés. Un délice! Le cahors offre lui après plus de 24 heures en bouteille un  bouquet fantastique de griotte, de tabac et de torréfaction. Il est superbement concentré et a tourné au velour en bouche. Bon sang! Fantastique expérience. N'ayez pas crainte d'ouvrir une deuxième bouteille à table. Elle ne sera pas perdue s'il en reste. Au contraire, c'est un superbe investissement olfactif et gustatif. Car le vin continue de s'éveiller, d'évoluer, de vivre. Et après plus de vingt heures d'ouverture, les meilleurs n'hésitent pas à vous dire des histoires, à vous, qu'entouré de tout ce monde votre vin n'aura osé conter la veille.

Photo : Pierre Amadieu.

jeudi, 24 janvier 2008

Duras : du simple.

 

71910b198a05c6c1831e0472106519fc.gif

Il faut parfois savoir ne pas trop en demander au vin. La prose, que dis-je, la gouaille, avec laquelle certains souvent s'enflamment pour parler d'un malheureux chinon à 1O€ a de quoi inquiéter. J'ai récemment lu sur un blog un gars qui prenait une bouteille de vin italien pour une femme. Il y en a vraiment qui auraient besoin de consulter. Non, moi, personnellement, je vous parle de ces petits vins de France et de Navarre (et pas d'ailleurs, ils savent pas faire du vin - qu'on vienne pas me dire que les toreadors savent faire du bon cabernet, que les allemands savent manier le riesling et que les yankees savent simplement faire la différence entre un blanc et un rouge!). Je vous parle de ces gens de la terre, de Bourgueil à Aniane, de Gaillac à Rasteau, en passant par Chablis, Fixin et l'Alsace.

Il faut parfois savoir ne pas trop en demander au vin. Moi, la semaine, je tourne au 12,5°, 13°. Pas plus. Autrement, là haut, ça chauffe dur. Le week-end, dès le mercredi soir quoi, je pousse un peu les chevaux : 13,5°, 14°. Et puis, les jours de messe, c'est 14,5°, 15,°. Tout le monde le sait : quand on lit 14° sur une étiquette, il faut lui rajouter un bon demi degré. Parfois un, même! J'ai vu des Côtes du Rhône, type Vacqueyras pour pas les nommer : on me fera pas croire qui titraient à 14!!! Vu ce qu'on s'est mis le jour là! Enfin, le vin, c'est ça aussi, quoi, j'veux dire. La fête, quoi. Les copains, l'amitié. 

Il faut parfois savoir ne pas trop en demander au vin. D'accord, un vin au bouquet généreux, plein d'arômes, complexe, ça en jette. Un vin ample, puissant, élégant, long en bouche, aux subtils équilibres sucre/acidité, qui vous emmène sur du fruit, puis du thym, de la garrigue, du chocolat, du tabac, j'en passe et des meilleurs, évidemment que cela procure des sensations incomparables. Mais, les rolls du vin, peut-être qu'il faut pas en boire tous les jours pour savoir les apprécier. Et c'est peut-être parce que certains flacons ne correspondent pas au "must", comme ils disent, qu'ils nous font tout autant plaisir. Car du plaisir, dans un "petit" vin, comme mon Côte de Duras de ce soir, et bien, on peut en trouver. Il suffit de le chercher. Et de le trouver. Il s'agit de se contenter de ce que le vin a à nous offrir.

Mon vin du Sud-Ouest de ce soir, un Côte de Duras du Domaine Amblard (dont le blanc me laissa un jour fort sceptique), titrait à 12,5°, et l'on sent tout de suite la différence avec un 13,5. Légèreté, fruit, finesse l'emportent sur la matière et  la puissance. Issu du merlot et du cabernet, le vin est gouleyant, frais et "de soif". Sur une salade, une viande blanche ou des pâtes, il fait merveille. Ou simplement avant le repas : un verre, comme je l'aime. On n'est pas dans la complexité, dans l'assortiment indomptable de références plus prosaïques et plus incompréhensibles - voire élitistes - les une que les autres. Non, on est dans la simplicité, celle qui offre des bonheurs immédiats, épicuriens et efficaces. Effectivement, il faut parfois savoir ne pas trop en demander à un vin. Et à son sens critique.

jeudi, 06 décembre 2007

Tupperwine : la première !

 

f6b2bc7df63274048dffd82c6da869be.jpg

Du virtuel au réel : la première dégustation de vin de vigneron entre internautes plus amateurs de vin les uns que les autres chez un caviste parisien a battu son plein : qualifier cette première édition des Tupperwine de grande réussite n’est pas usurpée!

Paris. Lundi 3 décembre 2007. 19h30. Accompagné de Christophe (alias Sancho Pansa), je sors de la station Abbesses pour me retrouver sous un ciel noir et pluvieux. " Tupperwine pluvieux, Tupperwine heureux ? " je m’interroge alors, y voyant une sorte de bon présage pour cette première édition, qui, il faut bien le dire, me noue un peu le ventre. Mon sac réfrigérant (contenant pas moins de sept bouteilles) à la main, j’ai plus des airs de commercial sur le déclin que de simple amateur se rendant à une dégustation.

Tout le monde arrive à l’heure et c’est le moment de découvrir les visages de ceux qui, depuis, plusieurs mois déjà, y vont de leurs commentaires sur le blog : Cédric, Fabrice, Floriane, Raphaël, alias Laflute. Qui a dit que l’Internet cloisonnait les gens chez eux et nourrissait leur vie de rencontres artificielles ? Ces internautes là sont tous passés de l’autre côté de leur écran d’ordinateur pour pénétrer le monde réel de la dégustation, personnifié ici par la chaleureuse échoppe de Fabrice, rue d’Orsel. Eric, du domaine Bérénas (Languedoc), nous a également rejoint.

Nous démarrons avec les vins blancs (100% chardonnay) du Domaine Mathias, situé à Chaintré en Bourgogne Mâconnaise. Le Mâcon-Chaintré 2006 est un vin léger, de soif, à boire entre copains. On ne lui en demande pas plus et il remplit très bien son rôle. On note dans l’assemblée qu’il présente un léger déséquilibre entre le nez et la bouche mais qu’il conviendra très bien à des femmes et à des jeunes qui s’initient au vin. A 6,40€, il offre un rapport qualité-prix raisonnable.

Vient ensuite le Pouilly-Vinzelles 2006. Une robe plus foncée, une bouche riche. Un nez aérien de fleurs blanches, de noisettes et de notes mentholées comme l’eucalyptus. Des arômes de fruits blancs en bouche mais. Un finale plus longue. On est manifestement passé à un vin plus complexe. Les 8€ départ cave sont justifiés.

Enfin, le Pouilly-Fuissé 2006. Sa couleur est plus ambrée dû au passage en fût de chêne pendant six mois. Son nez n’est pas marqué par le bois, il est d’ailleurs assez complexe, herbacé, de noisettes rehaussé de notes de miel et de fumé. La bouche est ample et dense au saveur de beurre. Un vin riche et déjà assez mûr rappelant davantage les vins de Bourgogne. 10,70€ : excellent rapport qualité prix. Je repasse le lendemain soir Cave Lya et Fabrice me rappelle que nos avions carafé ce vin. Une rasade ? Bon alors, rapide… Le nez a peut-être un peu perdu en intensité (logique après une journée en carafe) mais il a gardé beaucoup de vivacité, d’ampleur et d’arôme. Confirmation que c’est assurément un très bon vin, et qu’il ne faut pas hésiter à carafer les vins blancs.

Eric, du Domaine Bérénas, nous suggère deux de ses blancs (Colline d’Oc et Impatiens ; il en fera de même en rouge). Je vous invite à lire CETTE NOTE pour mes impressions.

Les tupper-dégustateurs sont manifestement ravis par cette première salve. Et ils en redemandent !

Nous quittons le Mâconnais (sans même un détour par la Roche de Solutré) pour traverser la France et nous retrouver dans le Sud-Ouest, à Cahors. Le Tradition 2004, Lacapelle-Cabanac de Thierry Simon et Philippe Vérax (80% malbec, 20% merlot) que nous débouchons sera sans doute mon préféré. Plein de fruit (notamment la cerise), il est jeune, instinctif et relativement ample. Une bonne viande rouge lui siéra à merveille. 6,19€ : difficile de se priver.

Le Prestige 2004 (85 malbec, 15% merlot) offre un nez flatteur pour certains, stéréotypés de bordeaux pour d’autres. Mêmes impressions en bouche. Elégance, rondeur, fruit confit à droite. Boisé, caramélisé et d’une sucrosité outrecuidante, à gauche. L’archétype du vin que je redoute. Il plaira aux novices.

Le (100%) Malbec XL 2004 nous ramène à des choses plus authentiques. Difficile de ne pas s’extasier sur sa couleur d’un noir profond et intense. Est-ce sa complexité ou les deux expériences précédentes qui nous rendent un peu sceptiques ? Christophe me regarde et lui trouve un beau potentiel. J’acquiesce.

Nous finissons par le (100%) Malbec Original. Assez déroutant de part sa nature biologique probablement, tout le monde est d’accord pour dire que ce vin est puissant et concentré, et qu’un passage en carafe nous dévoilerait sa vraie nature. Sur le fruit mais aussi le sous-bois, le tabac (!), chacun y va de son commentaire et de son appréciation. Les avis sont partagés. Fabrice, le caviste, est réservé. Le bio nécessite beaucoup de maîtrise nous prévient-il. En outre, Cahors est une terre particulière, qui requiert une grosse expérience. Il faudra en goûter d’autres pour "comparer". Château Quattre?

L’impression qui domine suite à cette première édition des TUPPERWINE est l’enthousiasme des invités. L’objectif était de faire découvrir des vins bien faits du terroir français et, accessoirement, d’étonner et donner du plaisir. Il semble en toute objectivité que cet objectif ait été atteint. Rendez-vous le 1er lundi de janvier pour une prochaine dégustation. Et… vin pour tous. Tupperwine !

dimanche, 09 septembre 2007

Festi Bacchus : à boire et à manger.

medium_festibacchus.jpg

Dans le 13ème arrondissement de Paris, sur la jolie place des vins de France, entourée de chapiteaux Bambou blancs, des jeunes gens sont installés à même la pelouse. Ils discutent autour d'une bouteille de vin. Des enfants chahutent non loin de là pendant que des notes de jazz bercent les visiteurs sous un joli soleil. Une bonne vingtaine d'appellations présentes, des conférences, des débats, des dégustations et du jazz, Festi Bacchus avait tout pour attirer l'oenophile.   

Après un petit tour du propriétaire pour repérer des appellations que je ne visiterai pas dans les mois à venir, je m'arrête au Chateau d'Agel de l'appellation Minervois. Dégustation expresse des Bonnes, un assemblage de Carignan, de syrah et de grenache, ouvert depuis plusieurs heures et à température plus qu'ambiante. Un rapide mot sur le domaine avec la propriétaire avant qu'une anglaise ne vienne nous interrompre à la recherche d'un vin blanc dont les caractéristiques lui échappent complètement : what do I wanna say? Je m'empare d'un fascicule et déguerpis. Direction Bruguairolles, dans l'Aude.

Première rencontre, avec Arnaud Vivancos qui vient de quitter Carcassonne pour s'installer à Paris et y vendre le vin du Domainemedium_gayda1.2.jpg Gayda. "Bonjour, je vous fais goûter notre blanc?" me demande Arnaud, un petit bonhomme aux allures de pillier de rugby à XIII. "Je viens de boire du rouge, lui réponds-je désolé,  je ne vais tout de même pas enchaîner sur un blanc! M'enfin, heu, qu'est-ce que c'est?" "L'Archet: un 100% maccabeo planté sur des sols schisteux..." "Dans ce cas!" Un joli nez minéral mais aussi de fleurs blanches qui ravirait plus d'un amateur. Je ne serais pas contre avoir cet Archet dans ma cave : pas inutile d'avoir plusieurs cordes à son arc. A suivre : la Cuvée Occitane, florilège des cépages de la région : 40% grenache, 30% syrah, 15% carignan, 10% mourvèdre, 5% cinsault. Elle est gouleyante et fruitée, et se boira autour d'un plat simple avec des amis. Enfin, nous finissons par le Chemin de Moscou, un Vin de Pays de grande qualité, qui mérite de meilleures conditions pour l'apprécier à sa juste valeur. Asssemblage de syrah (50%), de grenache (40%) et de cinsault (10%), cette cuveé d'un faible rendement, vendangée, triée à la main et élevée 22 mois en fût de chêne français, offre effectivement un très grand potentiel. Des notes de cerise et déjà de subtiles effluves de cacao, on est indéniablement sur un grand vin. Le terroir français offre décidément des choses imprévisibles. Du jamais bu, en quelques sorte. Oh, j'oubliais! Pour les gens de passage dans la région : vous rendre chez les parents d'Arnaud au Moulin de Trèbes. Il paraît qu'on y mange très bien, les pieds dans l'eau du Canal du Midi!

Quittons l'Oc pour le Sud-Ouest, le Gers. Dans la série j'en-n'ai-pas-dans-ma-cave (surtout parce que je n'ai pas encore trouvé celui qui me fera chavirer), j'ai nommé un bon Madiran. La Cuvée Charles de Batz 2004 du Domaine Berthoumieu est conforme à ce qu'offre le cépage tannat. La robe est intense, foncée, d'un rubis profond. Le nez est typé, puissant, aux arômes de fruits noirs (cassis, mûre) réhaussés par des notes animales (cuir) et épicées. Une étonnante complexité aromatique! Les tannins sont virils mais élégants en finale. Un vin qui s'assouplira avec le temps. Je repars également avec un Tanatis, un vin de liqueur du sud-ouest, dans la veine du Maury, qui sera parfait sur un dessert à base de chocolat. Un joli placement assurément, pour 25€.

Suite et fin de nos dégustations en plein air. Nous restons en Sud-Ouest mais remontons au nord, pour Cahors. Je repars avec trois flacons du Clos Troteligotte qui m'ont paru tout simplement très bons, et même excellents, dans des conditions qui restent celles des foires, et ce pour 8 (Tradition), 9 (K-or) et 20€ (CQFD). En effet.

Et enfin, je ne mentionnerai pas ce malotru de vigneron des Côteaux du Tricastin, un rustre sorti de ses montagnes dont le but était vraisemblablement d'aller cuver les litres de vin ingurgités pendant cette longue journée. Le Mas des Mûriers : des vins conviviaux. Pas comme leur propriétaire qui vous fait déguster des fonds de bouteilles de vin chaud.

Après cette soirée passée à Festi Bacchu, sorte de fête des vins dans lesquels les vignerons et leurs agents vous font goûter des ersatz de leurs production, à deux pas du Cours Saint-Emilion, il m'est apparu que si certains exposants parvenaient à délester les parisiens de quelques dizaines d'euros, cette foire avait avant tout pour but d'aller boire un coup et de faire quelques rencontres. Cependant, présenter cette manifestation comme un événement incontournable pour les amateurs de vin me paraît légèrement exagéré.

dimanche, 25 mars 2007

I survived the Salon of the Vignerons Indépendants!

medium_vif_08.jpg

Pas que je m'étais juré de ne jamais y mettre les pieds. Je me disais juste que les conditions de dégustations étaient effroyables et que je préférais tout simplement l'intimité d'une rencontre avec un(e) vigneron(ne), chez lui/elle. Mais l'invitation de Sancho Pança fut tentante et, pas du genre à m'enferrer (ni à refuser un verre de rouge), c'est avec une certaine excitation que je me rendai Porte de Champerret: mon caddie à ma gauche, mon oenologue (Hippolyte, 2 ans 1/2) à ma droite. Dois-je préciser qu'il ne m'avait pas fallu deux heures pour browser ma cave et m'apercevoir que Patrimonio (Corse du Nord), Morgon (ou quelques-uns de ses onze cousins), et Cahors s'y faisaient rares ces temps-ci. Et puis, je ne voyais aucun inconvénient à déguster des choses originaires de Saint-Chinian, du Minervois ou de la Bourgogne. Et encore moins à découvrir des elixirs de contrées lointaines et retirées. En gros, j'étais open. Formidablement open. Pas comme mon compte en banque. A mon grand désespoire.

Sur place, un joueur d'orgue de barbarie accueille le chaland. Nous remplissons nos invitations, nous munissons de verres INAO et pénétrons dans le temple du vin. Première impression: s'il y a du monde en ce samedi matin, ce n'est pas la foule. Voilà qui est rassurant. Ah, un vigneron corse. Du sud. Au secours, le vin est âpre, extrêmement tannique, sec, amidonné. Je recrache un pur produit du maquis pour autochtone. Merci, au revoir! J'ai soudainement l'impression de ne pas avoir bu depuis trois jours tant ma bouche est devenue sèche. Y a-t-il un producteur d'eau minérale dans l'assemblée? 

medium_Clos_Siguier.gifCerise et minéralité à Cahors. Première halte dans l'appellation Cahors (Sud-Ouest), chez monsieur Bley, de Montcuq. Ce gentil monsieur à l'accent chantant nous fait goûter le deux millEU quatrEU enm premier. Allez, va pour le 2004. Puis 2003, puis... on va arrêter là. D'autant plus que mon oenologue a la tête dans le seau servant de crachoir, crachant lui aussi en expert mais respirant au passage les effluves d'un alcool composé de plusieurs millésimes et de salives diverses et variées. Le Clos Siguier 2003, 100% malbec, n'est pas mal. Très marqué par la cerise, minéral (des notes de pierre à fusil), mais manquant singulièrement de structure et d'épaisseur (12° oblige?), il ferait un petit vin de table sympathique, et ça changerait. Surtout à 4,6O€ pièce. Sancho et moi nous regardons. Va pour une caisse à deux? Va. Ce sera notre philosophie tout au long de la matinée: un carton pour deux. Merci Monsieur Bley et au plaisir.

Nous tombons ensuite sur le domaine Leccia, Pietra Bianca (Patrimonio, Haute Corse). Le premier vin goûté est outrageusement tannique, vert et ne satisfait tout simplement pas mon palet. Le deuxième semble avoir été coupé au sirop de grenadine. Les conditions de dégustation à la Wine Spectator seraient-elles en train d'opérer (lumière, chaleur, capacité d'analyse réduite par l'accumulation ou simple ignorance de ma part?) Le prix, de fait rédhibitoire par rapport au plaisir retiré n'aide pas non plus. Poursuivons nos déambulations. A la recherche de Yves Leccia.

medium_img_prestige.jpgCahors de nouveau. Nous rencontrons Thierry Simon et Philippe Vérax, de Château de Lacapelle (Cabanac). Concentrons-nous sur le meilleur des trois vins dégustés: Prestige 2003. Une dominante malbec assemblé à une touche de merlot. Une couleur d'un noir exceptionnellement intense, comme de l'encre. Un nez complexe marqué par les fruits noirs, comme les pruneaux et les cerises à l'eau de vie. En bouche, le vin est très bien structuré, relativemement riche, avec des tannins soyeux et élégants. Les notes de fruits rouges (voire mûrs) se confirment et l'impression que l'on déguste un très très joli vin se fait très vite sentir. "Ah ouais", Sancho et moi éructons en coeur! Le vin est discrètement boisé et présente une une belle longueur aromatique. Bon et bien, va pour un carton de 6. De l'ordre de 12€ / pièce.   

On réentendra parler de ce Cahors sur vinsurvin, sans aucun doute.

C'est pendant la pause sandwich de l'oenolgue de 2 ans 1/2 que nous faisons connaissance avec Marie-France Sevenet-Lateyron, du Chateau Toumillon à Graves (33). Elle offre un verre d'eau à Hippolyte et nous propose de goûter son vin. Je suis réticent. Je ne puis m'empêcher de lui dire que l'image du bordelais dans son ensemble souffre des marques qui fabriquent des liquides marqués de façon outrancière par le bois et les arômes de vanille. Si c'est donc ce genre de vin qu'elle conçoit, je préfère m'abstenir. J'ai du vin passé en fûts nous répond-elle mais j'en ai aussi plus porté sur le fruit, le Château Toumillon 2003, une dominante de cabernet Sauvignon accompagné de merlot et de cabernet franc. Pourquoi donc refuser, c'est dit si gentiment. La première chose qui me sidère, c'est la couleur du vin: rouge ambré, tuilé. Le nez est aromatique, complexe, entre minestrone de fruits frais et fleurs fraîches. La bouche est fraîche, plutôt ample et offre des notes de fruits noirs (pruneaux) et animales. Un vin d'une très jolie structure et doté de beaucoup d'élégance. Nous sommes manifestement très agréablement surpris. Je ne serais pas étonné que ce vin coûte dans les 15, 18€ / pièce. Prix: 10€. Va pour une caisse de 6. Nous goûtons le 2000, qui ne déçoit pas non plus. Mais plus âgé, il sera à boire plus rapidement.       

Nous sommes sur le point de rentrer quand un stand où prônent de magnifiques bouteilles de Morgon attire notre attention. "On s'arrête?" "Vite fait alors." Nous goûtons un Chiroubles (Domaine du Calvaire) qui jubile de fruits rouges: parfait pour finir la dégustation! Il s'agit du vin de Didier Desvignes. Madame insiste pour nous faire goûter un premier Morgon, puis un second (Clos Les Charmes 2005), qui retient notre attention, car moins austère que le premier et plus racé. Nous panachons Chiroubles et Morgon puis rentrons à la maison.

Total: Des rencontres, des dégustations, des découvertes, des surprises et l'impression d'avoir passé un excellent moment. Côté budget, bon, une petite centaine d'€ de dépensés, enfin, d'investis! Soit, environ 8€ / bouteilles et l'assurance de boire de très bonnes choses dans les semaines à venir. 

 

jeudi, 22 juin 2006

Apéritif dînatoAAre? bonne idée!

APERITIF DINATOAARE: Simple, sympa, efficace!

Un anniversaire à souhaiter, une occasion à célébrer, une petite fête entre amis sont souvent l'occasion de longues et tumultueuses questions existencielles du style "Mais qu'est-ce que je vais bien leur faire à manger?" "Et qu'est-ce qu'on va boire avec ça?" Avant que cette note ne prenne des allures de publicités ringardes des années 80 où cette femme hystérique qui vient de faire une grosse tâche sur son tapis d'Orient regarde la caméra en se tenant la tête et s'écrie affollée "Mais comment j'vais faire pour nettoyer cette tâche immonde sur mon tapis d'Orient (qui ne l'est pas moins)?", changeons de ton. Je vous propose donc un petit menu intitulé "end-of-school-year-party-at-8". Mais ça, c'est pas obligé.

 

medium_DSCF0024.2.JPG

Verrines de concombres (pour 6 personnes)

(dépépiner 2 concombres - les couper en dés - les passer au hachoir / robot électrique - ajouter le citron pressé, de la menthe fraîche finement coupée - de la crême fraîche épaisse ou du yaourt - ajouter une feuille de menthe fraîche pour la décoration - laisser au frais)

Cette mise en bouche apportera beaucoup de fraîcheur pour démarrer. Sa présentation et les sensations qu'elle offre en bouche fera des heureux autour de vous.

VIN: Champagne, Crémant de Bourgogne ou Pouilly Fumé 2OO4-2OO5.

 

medium_DSCF0001.2.JPGBrochettes colorées

La brochette est constituée d'un beau dé de melon, deux tranches de mozarella (séparées par les autres éléments), deux tomates-cerise (également déparées) , une tranche de jambon italien chiffonée, et une fraise. Agrémenter selon votre bon-vouloir.

Idée sympa: sur un petit pique, tomate, jambon, melon!

VIN: nous restons sur le flacon choisi préalablement.

 

Tapenade d'olives noires sur tartines de pain grillé,

accompagnée des différents fruits et jambon qu'il vous restera des brochettes.

VIN: Champagne / Crémant ou un Blanc du Languedoc (autour de Lodève, ou Picpoul de Pinet).

Ces tartines apporteront un peu de consistance à votre apéro et créera une ambiance provençale.  

Pizza maison

Afin de rester dans l'esprit méridional, cette pizza est garnie de jambon italien, de mozarella et d'olives noires au sortir du four. Conseil: précuire la pâte et sa sauce tomate 5 minutes, laisser un peu refroidir,  puis mettre la garniture après cette opération pour obtenir une pâte croustillante. La sauce tomate: chair de tomate, concentré de tomate, petite touche d'huile d'olive, basilic, herbes de provence.

VIN: pour donner un peu de corps à votre apéro, un petit vin rouge du Languedoc ou du Rousillon fera très bien l'affaire (Montpeyroux, Fitou...)

Claffouti aux cerises

Les cerises sont de saison (les Napoléons sont superbes en ce moment). Le claffouti est loins d'être lourd à la fin de cet apéro tant vous avez mangé des choses légères auparavant. Il tombe même à point nommé.

VIN: Pacherenc du Vic Bihl.

Café - macarons?!

Et voilà, vous m'en direz des nouvelles! Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une agréable soirée. Ce qui sonne très Valérie Lemercier, certes, mais qui vient du fond du coeur!

 

L'alcool est dangeureux pour la santé. Consommez avec modération.

mercredi, 31 mai 2006

Les vins doux

Aujourd'hui, présentation de deux vins discrets mais d'exception: le MAURY (Vin rouge, doux naturel du Roussillon) et LE PACHERENC du VIC-BILH (Blanc moelleux de Gascogne).

                 1. Avec un dessert à base de chocolat noir: un vin doux naturel.

Maury, de Mas Amiel.

"Robe aux reflets tuilés. Le nez, aux notes franches de cacao, de pruneaux cuits, de fruits confits et d'épices. Toutes ces notes se retrouvent en bouche, sur une belle harmonie. La finale est chaleureuse et longue. Certainement le vin le plus digne d'accompagner le chocolat."

Exemple de desserts: Délice au chocolat, Profiterolles au Chocolat, Fondant au Chocolat mais également Pruneaux à l'Armagnac, Far Breton...

Déroutant au départ pour un vin rouge, surtout lorsqu'on n'est pas vin doux à la base, il faut se laisser séduire par ses aromes et la générosité qu'il offre en bouche. Le Maury s'avère une très agréable surprise lorsqu'il vient se marier avec un vrai chocolat noir, puissant, corsé et suave à la fois. Un vin à découvrir avec des amateurs de vin aventuriers et novateurs et amoureux des bonnes choses!

Le Mas Amiel se déguste également avec des hors d'oeuvre comme un foie gras pôélé au pain d'épice, marmelade d'oignons doux.

Gastronomie
Idéal à l’apéritif, ce Mas Amiel permet aussi des accords surprenants.
Soupe de Melon au Mas Amiel.
Magret de canard aux girolles.
Tiramisu, pain perdu à la canelle.

             2. Le dessert chaud/froid : un vin blanc moelleux de Gascogne.

LE VIN RETENU: Pacherenc du Vic-Bilh.

Pacherenc signifie " piquets en rang " en béarnais et Vic-Bilh équivaut à " vieux pays " en langue d'Oc. Le vignoble se décline en vins blancs secs et vins blancs moelleux. Le Pacherenc du Vic-Bilh sec révèle à la fois la fraîcheur des arômes floraux et la maturité des fruits exotiques. Tout aussi frais en bouche, le vin moelleux exprime pour sa part un riche éventail d'arômes et parfums d'ananas, pamplemousse et écorce d'orange, assortis de délicates notes de pain d'épices et de miel. Servis aux environs de 8°, les vins secs séduisent sur coquillages et poissons, tandis que les vins moelleux font véritablement merveille en apéritif, ainsi qu'avec foies gras et fromages au lait de brebis. Ils s'accordent superbement avec une multitude de desserts des plus sobres (tarte aux pommes, nougat glacé, quatre-quarts aux agrumes) aux plus élaborés (soufflé au citron -chaud- enrobant une boule de glasse vanille).
L'aire de l'appellation se confond avec celle du Madiran, aux confins des trois départements des Hautes-Pyrénées, du Gers et des Pyrénées-Atlantiques. Le climat local doux et tempéré convient idéalement à la production du Pacherenc du Vic-Bilh qui affectionne surtout les versants orientés à l'ouest. Les vignerons continuent ici à privilégier quatre vieux cépages autochtones en parfaite osmose avec le terroir : l'Arrufiac, le Courbu, le Gros Manseng et le Petit Manseng. Ce dernier, particulièrement apte au passerillage et aux vendanges tardives, est le cépage roi des grands moelleux pyrénéens. Une politique qualitative sans faille et un plafonnement drastique du rendement à l'hectare conduisent l'appellation Pacherenc du Vic-Bilh à s'illustrer par des vins d'exception.
medium_etiquette.jpg

A vous de tenter l'expérience maintenant et pourquoi pas de me donner vos impressions!

 

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu