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samedi, 04 octobre 2008

Pouilly-Vinzelles me donne des ailes.

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De même que les vins rouges, les vins blancs sont pléthores en France. Le choix de ce dernier est souvent délicat, qu'il s'agisse de l'accorder avec un plat ou de le servir, tout simplement, à l'apéritif. La surprise du chef d'aujourd'hui vient d'un vin du Mâconnais, de l'appellation Pouilly-Vinzelles, non loin de la Roche de Solutré. Et point besoin de sortir les grands noms de la région pour trouver son bonheur.

Lorsqu'on évoque Pouilly Fuissé, on marque parfois un temps de réflexion : vous avez dit Pouilly Fuissé ou Pouilly Fumé ? Pour les amateurs de vin et de géographie, la confusion est anecdotique, voire drôle. Fumé se situe en Centre-Loire, où l'on vinifie du sauvignon, à deux pas de Sancerre, mais aussi de Ménetou-Salon ou de Quincy. On lui prête des notes de minéralité, de pierre à fusil. Fuissé est à classer en région Bourgogne, dans le Mâconnais pour être précis. Il est élaboré à partir de chardonnay et se décline sous diverses appellations, ce qui rend fous certains exportateurs peu scrupuleux (lire l'interview de M.E. Leclerc dans la RVF de ce mois-ci), qui se plaignent de la multitude d'appellations en France et des confusions que peuvent produire dans l'esprit des ménagères étrangères ces "fumé" et "fuissé". Leclerc, c'est Leclerc, ce n'est pas Carrefour ou Géant. On ne lui a pas encore demandé de changer de nom, que je sache.

DSCF0310.JPGAu sein même du Macônnais, à l'ouest de l'A6 en descendant vers le sud, se déclinent les atouts de cette région de 4000 ha, qui en plus de produire de très bons vins, possède un charme extraordinaire. Ces atouts ? Une myriade de petites appellations : sur des sols argilo-calcaires poussent les chardonnays des Mâcon-Chaintré (Domaine Mathias), Mâcon-Solutré, Mâcon-Chânes (une merveille chez Dominique Cornin), Viré-Clessé, Saint-Véran (Domaine Sangouard), Pouilly-Fuissé (Michel Paquet), Pouilly-Loché, j'en passe et des meilleurs, et... Pouilly-Vinzelles de chez Gilles Mathias, celui qui nous intéresse aujourd'hui. C'est vrai que, qui dit Pouilly Fuissé, dit de suite Duboeuf, Vincent, Delorme, etc... Certes, mais rassurez-vous, il n'est point nécessaire de dépenser des fortunes et de flamber avec des vins de marque pour trouver son bonheur en Mâconnais.

J'ai rencontré Béatrice et Gilles Mathias par hasard, comme je procède souvent lorsque je sillonne les routes et les vignobles de France. C'est eux m'indiquèrent ensuite la route pour aller chez l'immense Dominique Cornin. C'est avant tout les arômes de leurs vins qui me fascinèrent : beurrés, doté de notes d'amandes grillées, ronds, gras, confortables, apaisants, je fus rapidement séduit. Et puis, de retour à la maison, les vins se fermèrent. Au mois de novembre 2007, lors du tout premier TupperWine, le mâcon-chaintré manqua d'acidité, le pouilly-vinzelles, un cran au-dessus pourtant, peina à s'exprimer et seul le pouilly-fuissé tira convenablement son épingle du jeu. Je me posai alors des questions. A tort. A tort car ce pouilly-vinzelles 2006 (100% chardonnay) DSCF0088.JPGvient de m'offrir de belles surprises. Carafé trois bonnes heures pour lui laisser tout son temps pour s'aérer, ce choix s'avère payant. Proposé à l'apértif, le nez s'est enfin ouvert sur des notes exotiques d'ananas, associées à de l'abricot, de la mirabelle  très mûrs et des notes de brioche. Le vin n'est pas dénué de fraîcheur, presque anisée. La bouche est chaude, mielleuse, soutenue par une acidité agrumée, qui demande peut-être encore à s'affirmer. Le vin a gagné en longueur et en équilibre. Le lendemain, le vin n'a rien perdu de sa verve. A 8,00€, le rapport qualité-prix est assuré. 

Vous savez désormais ce qu'il vous reste à faire pour passer un bon moment avec vos amis ce vendredi soir : filer chez votre caviste et lui réclamer un vin du Mâconnais ; plus précisément, un pouilly-vinzelles. Ou un mâcon-chaintré, ou un saint-véran, ou un chânes, ou un... 

Béatrice et Gilles Mathias, rue Saint-Vincent, 71570 Chaintré. Tél : 03.85.27.00.50 - Fax : 03.85.27.00.52 - www.domaine-mathias.fr 

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La Roche de Solutré.
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 Dans le vignoble français, il suffit de suivre les indications, toujours très précises.
C'est simple !
Photos VINSURVIN.

samedi, 07 juin 2008

Des rosés qui n'ont pas à rougir.

Décriés par les puristes, adorés par les femmes, les "rosés" n'ont pas toujours bonne presse et éprouvent certaines difficultés à se faire une place au soleil, entre les blancs, stars des apéritifs et des plats de poissons, et les rouges, maîtres incontestés en la matière. Alors que nous approchons tant bien que mal de l'été, VINSURVIN passe en revue quelques rosés dégustés grâce aux échantillons reçus, chaque semaine plus nombreux.

1261282311.jpgLe rosé, c'est pour les femmes. Ou pour les tapettes ; le rosé, c'est un mélange de blanc et de rouge ; le rosé, ça manque de personnalité.  Pléthore sont les stéréotypes dont souffre le troisième sexe de la viticulture. Sorte d'androgynes ni blanc, ni rouge, si les rosés ont souvent été le parent pauvre du vin, on lui prête aujourd'hui un peu plus d'attention. Dégustés l'été en apéritif, avec des grillades, des salades ou même des desserts, certains d'entre eux sont aussi les parfaits accompagnateurs, quelle horreur cette formule, de plats épicés comme les tagines.

Aujourd'hui, le "travail" VINSURVIN est loin de celui tiré des rencontres avec les vignerons. Mais, nombreux étant les échantillons à arriver chaque semaine à Paris, il est normal de faire honneur à ceux qui valent le détour. Reçu il y a quinze jours, Roselya mérite que l'on s'arrête sur lui ; ou sur elle. Féminin ou efféminé, ce bordeaux rosé signé Terroirs de Tutiac de couleurs framboise claire présente un nez gourmand et généreux de fruits mûrs, de fraise. En bouche, c'est farandole de fruits rouges acidulés mais aussi de griottes, qui donnent du gras à un vin très concentré par ailleurs, chose rare dans ce type de vin. La finale est poivrée et gouleyante. Un bon rosé.

Le Mâcon rosé de Jean Gonard, des Caves Charnay-les-Mâcon, est d'une belle brillance et il arbore une couleur tuile claire. Un nez marqué par le fruit rouge mais aussi par des notes de sous-bois et d'amande grillées, de noisettes comme on le retrouve, et c'est surprenant, dans les blancs du Mâconnais. Un rosé léger, rond, poivré, qui remplira très bien son rôle cet été.

En attendant de déguster, entre autres, l'Arbois Rosé d'Henri Maire, les rosés de Provence de Château Bas, le rosé ardéchois du Château de la Selve, mais aucun Tavel, il ne faut pas hésiter à mettre quelques-uns de ces vins au frais, surtout sous les grosses chaleurs.

jeudi, 06 décembre 2007

Tupperwine : la première !

 

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Du virtuel au réel : la première dégustation de vin de vigneron entre internautes plus amateurs de vin les uns que les autres chez un caviste parisien a battu son plein : qualifier cette première édition des Tupperwine de grande réussite n’est pas usurpée!

Paris. Lundi 3 décembre 2007. 19h30. Accompagné de Christophe (alias Sancho Pansa), je sors de la station Abbesses pour me retrouver sous un ciel noir et pluvieux. " Tupperwine pluvieux, Tupperwine heureux ? " je m’interroge alors, y voyant une sorte de bon présage pour cette première édition, qui, il faut bien le dire, me noue un peu le ventre. Mon sac réfrigérant (contenant pas moins de sept bouteilles) à la main, j’ai plus des airs de commercial sur le déclin que de simple amateur se rendant à une dégustation.

Tout le monde arrive à l’heure et c’est le moment de découvrir les visages de ceux qui, depuis, plusieurs mois déjà, y vont de leurs commentaires sur le blog : Cédric, Fabrice, Floriane, Raphaël, alias Laflute. Qui a dit que l’Internet cloisonnait les gens chez eux et nourrissait leur vie de rencontres artificielles ? Ces internautes là sont tous passés de l’autre côté de leur écran d’ordinateur pour pénétrer le monde réel de la dégustation, personnifié ici par la chaleureuse échoppe de Fabrice, rue d’Orsel. Eric, du domaine Bérénas (Languedoc), nous a également rejoint.

Nous démarrons avec les vins blancs (100% chardonnay) du Domaine Mathias, situé à Chaintré en Bourgogne Mâconnaise. Le Mâcon-Chaintré 2006 est un vin léger, de soif, à boire entre copains. On ne lui en demande pas plus et il remplit très bien son rôle. On note dans l’assemblée qu’il présente un léger déséquilibre entre le nez et la bouche mais qu’il conviendra très bien à des femmes et à des jeunes qui s’initient au vin. A 6,40€, il offre un rapport qualité-prix raisonnable.

Vient ensuite le Pouilly-Vinzelles 2006. Une robe plus foncée, une bouche riche. Un nez aérien de fleurs blanches, de noisettes et de notes mentholées comme l’eucalyptus. Des arômes de fruits blancs en bouche mais. Un finale plus longue. On est manifestement passé à un vin plus complexe. Les 8€ départ cave sont justifiés.

Enfin, le Pouilly-Fuissé 2006. Sa couleur est plus ambrée dû au passage en fût de chêne pendant six mois. Son nez n’est pas marqué par le bois, il est d’ailleurs assez complexe, herbacé, de noisettes rehaussé de notes de miel et de fumé. La bouche est ample et dense au saveur de beurre. Un vin riche et déjà assez mûr rappelant davantage les vins de Bourgogne. 10,70€ : excellent rapport qualité prix. Je repasse le lendemain soir Cave Lya et Fabrice me rappelle que nos avions carafé ce vin. Une rasade ? Bon alors, rapide… Le nez a peut-être un peu perdu en intensité (logique après une journée en carafe) mais il a gardé beaucoup de vivacité, d’ampleur et d’arôme. Confirmation que c’est assurément un très bon vin, et qu’il ne faut pas hésiter à carafer les vins blancs.

Eric, du Domaine Bérénas, nous suggère deux de ses blancs (Colline d’Oc et Impatiens ; il en fera de même en rouge). Je vous invite à lire CETTE NOTE pour mes impressions.

Les tupper-dégustateurs sont manifestement ravis par cette première salve. Et ils en redemandent !

Nous quittons le Mâconnais (sans même un détour par la Roche de Solutré) pour traverser la France et nous retrouver dans le Sud-Ouest, à Cahors. Le Tradition 2004, Lacapelle-Cabanac de Thierry Simon et Philippe Vérax (80% malbec, 20% merlot) que nous débouchons sera sans doute mon préféré. Plein de fruit (notamment la cerise), il est jeune, instinctif et relativement ample. Une bonne viande rouge lui siéra à merveille. 6,19€ : difficile de se priver.

Le Prestige 2004 (85 malbec, 15% merlot) offre un nez flatteur pour certains, stéréotypés de bordeaux pour d’autres. Mêmes impressions en bouche. Elégance, rondeur, fruit confit à droite. Boisé, caramélisé et d’une sucrosité outrecuidante, à gauche. L’archétype du vin que je redoute. Il plaira aux novices.

Le (100%) Malbec XL 2004 nous ramène à des choses plus authentiques. Difficile de ne pas s’extasier sur sa couleur d’un noir profond et intense. Est-ce sa complexité ou les deux expériences précédentes qui nous rendent un peu sceptiques ? Christophe me regarde et lui trouve un beau potentiel. J’acquiesce.

Nous finissons par le (100%) Malbec Original. Assez déroutant de part sa nature biologique probablement, tout le monde est d’accord pour dire que ce vin est puissant et concentré, et qu’un passage en carafe nous dévoilerait sa vraie nature. Sur le fruit mais aussi le sous-bois, le tabac (!), chacun y va de son commentaire et de son appréciation. Les avis sont partagés. Fabrice, le caviste, est réservé. Le bio nécessite beaucoup de maîtrise nous prévient-il. En outre, Cahors est une terre particulière, qui requiert une grosse expérience. Il faudra en goûter d’autres pour "comparer". Château Quattre?

L’impression qui domine suite à cette première édition des TUPPERWINE est l’enthousiasme des invités. L’objectif était de faire découvrir des vins bien faits du terroir français et, accessoirement, d’étonner et donner du plaisir. Il semble en toute objectivité que cet objectif ait été atteint. Rendez-vous le 1er lundi de janvier pour une prochaine dégustation. Et… vin pour tous. Tupperwine !

mardi, 02 octobre 2007

Chânes étonnera personne.

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Prenons un cas classique. Vous recevez des amis ce week-end à l’apéro. Il va de soi que vous n’allez pas leur servir un vulgaire, pauvre ricard (avec des cacahuètes). Pas de snobisme aucun. C’est juste que le ricard, c’est franchement dégueulasse, à part pour les gens dépourvus de papilles gustatives et que le pastis? à la rigueur, mais noyé, avec plein de glaçon, sous 45 degrés, dans le désert l’amateur de bonnes choses que vous êtes et l’amitié que vous portez à vos amis vous interdisent de leur servir autre chose qu’un de ces fabuleux vins blancs que vous avez trouvé cet été sur la route. Ou celui vivement conseillé par votre petit caviste, ce gars réservé et pas bien loquace, mais qui a le don de vous conseiller des bouteilles dont je ne vous dis que ça. Ou pourquoi pas un de ces Mâconnais dont le rédacteur de ce blog vous a encore parlé dernièrement?

Non parce que, pas qu’il s’y connaisse super bien en vin ce blogueur, mais on sait qu’il est plutôt amateur, et que ces vins blancs du centre de la France ont tendance à le rendre extatique. Voire dithyrambique. A la lumière d’un Ian Curtis au bord de la crise d’épilepsie, la découverte de nouveaux vins et vignerons semble lui procurer des sentiments et des sensations qu’il faut bien dire vous seriez bien curieux de connaître aussi. Alors, vous allez lui faire confiance, pour une fois. Afin de vérifier si cet espèce de troubadour urbano-rural des temps modernes ne raconte pas que des sornettes. Non  parce que c’est bien gentil de se pavaner devant des bouteilles aux noms plus farfelus les uns que les autres (Fuissé, Vinzelles, Chaintré – à croire qu’il les invente), de se lover sur son canapé avec un verre de Chânes tel un Polnareff nu sur une couverture de Match, de séduire pléthores de bouteilles comme on ne fait plus la court aux femmes aujourd’hui. Mais qu’en est-il vraiment de la qualité de ces « nectars » tel que monsieur les appelle?

 

De facto, application de la méthode vinsurvin pour accueillir ce jeune couple dont vous avez l'homme sous votre aile au travail depuis quelques temps. Ce dernier, pédant et arrogant avec son pull sur les épaules comme ces jeunes requins aux meetings de certains partis, avec sa mèche lui couvrant la moitié du visage, a un peu plus de trente ans. Il débarque de la  la com ou de l’événementiel ou de la télé, on ne sait pas trop et lui non plus d’ailleurs. Elle, s'octroyant un "break" (sponsorisé par papa), n'a jamais travaillé. Cependant, elle se consacre à des activités caritatives, organisant moult cocktails rive gauche visant à soulever des fonds pour des enfants du XVIème ayant sombré dans l’alcool et la drogue sous l’égide de leurs subordonnés du 9-3. Aisés mais d’une pauvreté culturelle abyssale, leur ignorance ne vous empêchera pas de vous faire plaisir. En effet, (et là, changement de voix, grave mais chaude et rassurante, comme celle du monsieur de la Gare Saint-Lazare qui vous annonce que votre train partira avec quelques minutes de retard voie 2 mais la sncf vous remercie de votre compréhension et vous souhaite une bonne journée) la  rédaction précise qu’il va de soi que le profil des invités ici mentionné n’est là qu’à titre indicatif et que votre simple collègue de boulot ayant gentiment accepté de vous remplacer lundi prochain pour vous permettre de finir la chambre du petit mérite également tous les égards. Il y a d’ailleurs des chances qu’on se marre plus avec ce couple, certes un peu kitch, mais tellement nature, que le couple version Ile de la Tentation qui passeront le plus clair de leur temps à parler d'eux et de leur vie matériellement trépidente sans aucune espèce d'intérêt pour ce dont vous pouvez bien vous intéresser. Le duo peut donc être en parfaite inadéquation avec le vin servi. De toute façon, Ken et Barbie ne sauront apprécier votre vin, vous répéteront à l'envi qu'en dehors des bordeaux (et des médocs, ah les médocs, hein chéri? le saint-emilion de ton père), et trouveront quelques clichés affligeants à vous servir, avec la certitude de dire vrai. 

Je répète, qu’intrinsèquement, le but est que vous vérifiiez si l’auteur du blog que vous consultez au moins sept fois par semaine ne raconte pas que des âneries comme c’est présentement le cas.   

Accessoirement, le vin retenu pour cet apéritif et lors de cette note qui n’aura que trop tardé à cause d'un verbiage que l'on prête pourtant davantage aux politiciens est un Pouilly-Vinzelles 2005 de chez Béatrice et Gilles Mathias, ou, pour les plus chanceux, un Mâcon-Chânes 2006 de chez Dominique Cornin (lire par ailleurs cette note). Rondeur, sensualité et gras pour le premier, accompagnés d’un joli arôme de bouquets de fleurs blanches cueillies sur le bord de la route entre Chaintré et Leynes. Le second, vif et doté d’une jolie acidité, offre des notes extrêmement fleuries et fruitées (tilleul, pêche, vanille, noisettes), minérales (légère mais manifeste pierre à fusil), d’une complexité et d’un équilibre remarquable. En fait, l’auteur du blog en question dit « ne pas avoir bu une chose pareille depuis bien longtemps». Dominique Cornin est un géni. Après avoir goûté à son art, Chânes étonnera personne.

 

mardi, 11 septembre 2007

Un Cornin 1er Cru.

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Madame Mathias, du Domaine du même nom (et que je venais de quitter chargé comme une mule de Pouilly Vinzelles, de Pouilly Fuissé et de Crémant de Bourgogne), lui passa gentiment un coup de fil pour savoir où il se trouvait et lui annoncer ma visite. "Il est au caveau. Bougez pas, je vais vous faire un plan pour y aller." Cinq minutes plus tard, je me trouvais devant Dominique Cornin.

La dégustation commence par un Mâcon Chaintré (100% chardonnay, comme tous les autres vins à suivre). A l'image des vins de Dominique, ce premier vin présente un nez riche, puissant et complexe. D'une belle vivacité, la bouche est formidablement ample. Marquée par des arômes de fleurs blanches, elle est aussi minérale (pierre à fusil). La richesse et la structure du vin offrent également une généreuse longueur en bouche. Le vin est excellent.

Accompagné du beau-père de Dominique, la suite de la dégustation (que je ne pourrai entièrement dévoiler ici par pur secret oenophile) nous emmène vers de grands Pouilly Fuissé. Les Chevrières 2004 me fait de suite penser à des Chablis 1er Crus. La complexité aromatique, le gras, l'équlibre, la densité, la finesse, l'élégance, la longueur n'ont d'égal que la joie, si ce n'est l'honneur, de boire de telles choses. Les symptômes indiquant l'exceptionnelle qualité d'un vin sont connus de tous les amateurs de vin : palpitation du coeur, picottements cérébraux, affolement du cortex, vacillage de la rétine.

Après une heure de discussions dédiées à Dionysos et de dégustations désopilantes, il me faut quitter Dominique. Et charger la voiture de "quelques" flacons. L'impression d'avoir découvert et un vin hors du commun et un vigneron à part domine... Les vins de Dominique enchanteront vos amis à l'apéro, d'autant plus qu'on ne peut pas dire que ces derniers (en dehors du Pouilly Fuissé peut-être) soient très connus. Cela attisera donc la curiosité de vos convives et leur donnera l'impression d'être particulièrement bien chéris.

La France compte un choix de vins blancs absolument remarquables que je ne saurais que plus vous conseiller : le Mâconnais offre en outre d'excellents AOC Mâcon, Mâcon Supérieurs et Villages auxquels il, faut ajouter les Mâcons suivis de noms de communes (Solutré, Lugny...). Comparativement, et pour ne citer qu'elle, la Vallée de la Loire (et son cépage sauvignon) se fend de vins du même acabit, avec ses Pouilly-Fumé, Sancerres, Ménétou-Salon, Quincy, Reuilly, Touraine et Muscadet. A partir de 6€, chacun peut largement trouver son bonheur. Chablis en Bourgogne, quoique plus onéreux, est aussi dans la même veine. En attendant et comme le panneau l'indique, une autre "région" nous tend les bras. Le gamay y est roi. La fraîcheur y est reine. Bonjour Saint-Amour, Julienas, Moulin à Vent!   

Dominique Cornin, Domaine de Lalande, Chemin du Roy de Croix, 71570 Chaintré. Tel/fax: 03.85.37.43.58 ; dominique@cornin.net

mardi, 04 septembre 2007

Tu (re)connais le Mâconnais?

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Lorsque l'on est sur le point de pénétrer dans un village viticole réputé (ou simplement une région parfois), une forme d'appréhension mêlée d'excitation vous envahit. Pour la première fois dans votre vie d'amateur de bon vin, vous allez poser le pied dans des contrées dont le vin un jour vous a transformé. Point de Pétrus ou de Cheval Blanc ici pour extasier l'amateur. La simple évocation de Chinon, Cahors ou Saint-Chinian, et des frissons me parcourent le corps. Certes, Gevrey-Chambertin, Puligny-Montrachet ou encore Vosnes-Romanée ont également la capacité de mettre l'oenophile en transe. Et c'est toujours la même chose! Un noeud dans le ventre, le poul qui s'accélère, la difficulté à trouver ses mots, l'impression d'être paralysé. Et ce, avant le plaisir, avant le bonheur, avant l'extase! C'est un peu comme un fan qui va rencontrer son acteur ou sa chanteuse préférée. Certains compareraient même cet instant magique à un premier rendez-vous : c'est vrai qu'elle peut vite vous souler.

Nulle n'est parfait, ma première visite de château fut à Pomerol, Château Taillefer. J'y ai gardé un souvenir impérissable. Et un faible pour les Pomerol (avec leurs cousins de Canon-Fronsac), je dois bien vous l'avouer, moi le pourfendeur du bordelais! Je venais d'avoir 18 ans, j'étais beau comme un enfant, fort comme un hooooomme, et l'on m'en demanda 100F pour un Taillefer en 1989. 100F?! Une somme à l'époque! Alors qu'aujourd'hui, pour 15€, t'as plus rien. Ou alors, si, un bordeaux.

Le ciel avait été d'un bleu limpide depuis le sud de la France pour remonter vers Pouilly et ses satellites. La hâte d'enfin conduire dans ces petites routes de campagne bordées de vignes commençait à m'envahir. Des vignes, à perte de vue! Mais en fin d'après-midi, lorsque nous quittâmes l'A7 pour entrer dans le Mâconnais, la campagne se vêtit d'un manteau de brume. Bonjour la prose. Quel spectacle! Sauf que, bon, on n'y voyait rien. Et que mes extases en prirent un coup.

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jeudi, 09 août 2007

Femme, je mets le Paquet.

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A bien y regarder, il faut quand même que je fasse un kilomètre à pied pour trouver un très bon caviste dans le quartier. Que de la côte en plus! Pour un peu, il s'agirait presque du troisième parcours oeno-touristique de la saison (après la Loire Valley et le Languedoc): La Route des Vins en Montmartre! Pour se rendre Cave Caulaincourt, descendre l'avenue de Saint-Ouen vers La Fourche, prendre la rue Etex à gauche en face de la Poste. Longer le cimetière Montmartre. En haut, bifurquez à droite, un tout petit bout de rue Joseph de Maistre, puis tout de suite à gauche, rue Tourlaque. En haut: à gauche, rue Caulaincourt. Trottoir de droite, grimpez jusqu'au 50, chez Vincent Chartier, première halte de notre parcours oeno-touristique montmartrois. Nous nous rendrons ensuite aux vignes, puis chez Jojo (rue des Trois Frères). 

Un vin plus meilleur. Tout ça pour acheter un Mâcon-Chaintré... Non, parce que j'aurais pu aller au Champion ou au Nicolas en bas de chez moi, qui proposent le même type de produits ; quoi que, Champion est quand même un ton au-dessus. Surtout sur le bordeaux à 1,99€. Et puis, le gars du rayon surgelé s'y connaît quand même mieux que les deux VRP de la rue Guy Môquet (Ah, ouais, ça c'est du bon vin! Celui-là? Différent, mais plus meilleur.) 

Too bad. Vincent Chartier est vraisemblablement en vacances. Le chaland est acceuilli par une femme. Heum. Anglaise! C'est bon, j'me casse. Charmante. Je reste. Et puis je sais ce que je veux. Je n'ai pas besoin de conseils. Nous serons trois à prendre l'apéro ce soir. Dont un homme. Il me faudrait donc un blanc, fruité, vif, voire fleuri pour les deux personnes m'accompagnant. En l'occurence, ma femme, et Anne-Marie, ma voisine de palier. Je pense à un chardonnay. Une région? Bourgogne. J'ai envie d'un Savigny-lès-Beaune. Il n'y en pas en blanc. Too bad. Va pour Pouilly Fuissé, alors. Quoi qu'un Mâcon-Solutré me ferait plaisir. Mon caviste est approvisionné par un certain Jean-Paul Paquet dont j'ai jadis goûté le Pouilly-Vinzelles, un joli petit vin. Je repère son Mâcon-Chaintré, Domaine des Granges, 2005. 10,50€ en magasin. Vous m'en mettrez un. Merci. Good-bye.

Trop propre pour un homme. Le vin a beaucoup plu à ces deux dames. Normal quand on met le Paquet. Et c'était bien le but : trouver un vin qui s'adresse à elles. Et ce vin? Très souple (trop à mon goût), rond (bien trop), manquant de vivacité, d'acidité et de longueur en bouche. Bon cependant, floral, doté d'une certaine élégance, mais trop "propre" à mon goût. Pour un homme, quoi. Un vin intéressant lorsque l'on veut découvrir le domaine : mâconnais comme oenophile. Il faudra désormais goûter le Pouilly-Fuissé de Jean-Paul Paquet, qui, malgré ce "petit" Chaintré, n'aura vraisemblablement pas besoin de le mettre pour me contenter.

La Cave Caulaincourt, 50 rue Caulaincourt, 75017 Paris, 01.42.54.74.36.

 
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