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mardi, 21 avril 2009

Le bon plan vin de la semaine

berenas.jpgEn voilà une idée qu’elle est bonne. Le languedocien Domaine Bérénas lance l’opération “1001 Caisses Découvertes” : 6 bouteilles achetées, et Bérénas passe à la caisse en vous remboursant l’équivalent en bons d’achat. L’occasion de déguster, sans se ruiner. Lire la suite sur VinSurVin 2.0...

vendredi, 03 avril 2009

Le rosé, vin androgyne

marilyn-manson.jpgSouvent méprisé à cause de son côté mi-blanc, mi-rouge, mi-figue, mi-raisin, sorte de tafiolle de la winosphère mondiale, le rosé n’en possède pas moins un atout non négligeable, être la parfaite alternative entre blanc et rouge. Point de patriotisme débordant, mais les rosés français enfilés depuis le retour des beaux jours sont très excitants. Lire la suite sur VinSurVin 2.0...

vendredi, 23 janvier 2009

Un Brindille Qui Fait le Poids

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Alors que le français moyen ne jure que par son bordeaux (supérieur), que le CSP + lambda croit inventer l'eau chaude avec ses médocs, nombreux sont les vins confidentiels vers lesquels ces derniers devraient se tourner. Pour goûter autre chose que du merlot et du cabernet, et pour se cultiver un peu. Ce soir, je n'aurais rien échangé contre ce coteaux du Languedoc, un cabrières élaboré à Tressan, avec le plus gand soin, par Jean-Pierre Vailhé, du Mas de Valbrune. 

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Le Punch of Heart de la semaine va pour un vin élaboré par un vigneron aux mains puissantes, rouges moût, burinées par le travail dans les vignes et dans les chais. Je sais, je les ai vues, et observées, le jour où Jean-Pierre est venu à Paris, expressément de son Languedoc natal, pour me présenter son travail. Quel honneur. Retour sur une cuvée, parmi les quatres précédemment goûtées ICI.

Brindille 2007, ce coteau du Languedoc, Cabrières, exulte de fruits rouges frais et juteux. Cet assemblage de syrah, cinsault, grenache évolue ensuite vers des notes de pin, de terreau de la garrigue. Après aération, il évolue vers de manifestes notes de réglisse, subtilement viandées, puis de boîte à cigare. En bouche, la colonne est fraiche, légère. Une sensation de souplesse (mais pas de rondeur) se dégage. Derrière ce côté gouleyant, facile, presque oisif, se dégage une très belle matière, riche, puissante, racée. Ce vin n'est pas complexe. Il est étéroclyte. Noble. Droit. Et cette finale, poivrée... Cette persistance sur la garrigue, la minéralité. Ce Brindille 2007 évoque l'Espagne, la Toromachie. C'est toute la puissance du Languedoc. Tout le savoir-faire de ses vignerons.

Brindille est trouvable à l'HardiVin, 109 rue des Dames, Paris 17.

mercredi, 21 janvier 2009

Un Vin de Merde

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Entre les salons des vins, les foires au vin, l'acceuil au caveau, les dégustations ou encore la presse, le vigneron multiplie les opérations afin de se faire connaître et de vendre son vin. Certains ont trouvé un moyen on ne peut plus original en lançant sur le marché... le vin de merde.

Il y a quelque temps, les vignerons du Languedoc en ont eu assez. La baisse des chiffres d'affaire, la mauvaise publicité faite sur le vin par le monde de l'hygiénisme et le cliché périmé selon lequel les vins du Languedoc seraient inférieurs à la moyenne ont fait réagir Jean-Marc Speziale, restaurateur à Aniane, le délicieux village du fameux Mas Daumas-Gassac. Pas qu'il ait décidé d'offrir à qui veut des Vins du Sud, une marque destinée à informer les incultes que Montpellier n'est pas situé dans le Pas-de-Calais mais bel et bien dans l'Hérault. Non, cet homme, plein d'imagination, a juste fait dans la provocation en lançant le vin de merde !

Pour éviter le caca nerveux et vous prouver (comme si c'était encore nécessaire) que les vins du Languedoc sont bel et bien des vins délicieux, rendez-vous le 3 février prochain chez un caviste Parisien pour le TupperWine 15.0 dédié à Alain Chabanon (10 invitations à gagner par simple mail à VINSURVIN), qui n'est autre que vigneron à Montpeyroux... dans le Languedoc. Et c'est bien connu, sur VINSURVIN, on n'a pas des goûts de chiotte. Reportage sur France 24.

samedi, 10 janvier 2009

Un Superbe Languedoc Nommé Bérénas

 

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Christophe Tison, propriétaire du Domaine Bérénas, à Nébian, ce petit village languedocien situé à deux pas des Gorges de l'Hérault, a convié VINSURVIN, fin décembre, à une dégustation de ces blancs et de ses rouges, rue Saint-Georges. Difficile de faire la fine bouche ou de se faire prier quand on connaît la personnalité des vins de ce domaine, repris, de main de maître, il n'y a que quatre années. En attendant un TupperWine Bérénas, retour sur ce délicieux moment. Et faites comme moi, allez découvrir les superbes vins de Christophe Tison, dans le 9ème arrondissement !

IMG_0320.JPGCollines d’Oc 2005, présente une belle brillance aux reflets dorés. Assemblage osé de sauvignon blanc (60%) et de chardonnay (40%) il présente d’entrée son atout principal : un nez vif et gourmand. Végétal avec ses notes de clou de giroffle, le nez évolue ensuite vers les agrumée (pomelo) pour laisser place à des notes beurrées. Un malheur à l’apéro. Et à 6€ pièce : un excellent rapport qualité / prix.

L’Iris 2005, dominante de viognier (80%), complété par du chardonnay (10%) et du sauvignoncarteaniane.jpg blanc (10%) présente un nez subtilement vineux, rond, gras, de pêche de vigne et de cerise jaune, complété par des notes de tabac blond et de bois sec. La bouche est fraîche, riche et rigoureusement équilibrée. De la belle mécanique bien huilée qui évoque le travail précis et régulier dans les vignes et le suivi de l'élevage. Impressionnant. 

pontdudiable.jpgL'Impatiens 2005 (85% de chardonnay, 10 de viognier, 5 de sauvignon) exhibe un premier nez un peu boisé à mon goût, mais, chose assez étrange, ce sont les deux cépages "mineurs" (en pourcentage) qui parviennent à s’extirper de la dominante bourguignonne, cépage capricieux s’il en est ! Un délicieux mélange de mangue et de citron vert parfume notre bouche, ronde et suave. De la chair, du gras ! La bouche évoque également l'abricot, la mirabelle. C’est le blanc le plus languedocien de Bérénas, peut-être le plus complexe aussi ; il nous emmène vers la garrigue, l’olive, le thym. A présent, des notes de pain et de brioche exultent dans le verre, car le nez ne cesse d'évoluer. Un vin qui évoque le passé et la modernité. De très bons moments en perspective, sur des viandes blanches ou des poissons en sauce. 

La gamme des vins du Domaine Bérénas se décline également en rouges, brillants, profonds, riches et tellement élégants. Un vrai coup de coeur ! Je vous invite à suivre l'actualité de ce domaine sur VINSURVIN, d'autant plus que Christophe réfléchit actuellement à une opération découverte originale qui permettra aux amoureux des vins du Languedoc, ou simples curieux, de goûter tous ses vins, en famille ou entre amis, dont VINSURVIN vous tiendra évidemment au courant. L'occasion vous sera également donnée de rencontrer Christophe et de déguster ses vins lors d'un prochain TupperWine. En attendant, rendez-vous, pour vérifier les propos de VINSURVIN, se faire plaisir et pourquoi pas remplir votre cave, du mercredi au samedi, de 19h00 à 22h00, 46 rue Saint-Georges (métro L. 12, St-Georges) dans le 9ème arrondissement. C'est facile, il y a deux tonneaux et des bougies à l'entrée !

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www.berenas.com

Photo 1 : VINSURVIN et Christophe Tison ; photos 2 : Saint-Guilhem-le-Désert, Montpeyroux, Puéchabon, Aniane... autant de villages mythiques pour qui aime les (grands) vins du Languedoc et cette splendide région ; photo 3 : Le Pont du Diable enjambeant l'Hérault. Un lieu magique. 

samedi, 08 novembre 2008

Back to the Kasbah

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Quitter la France pour d'autres horizons nous coupe souvent d'un certains nombres de pratiques habituelles, comme celle de boire du vin. Le retour sur ses terres est alors ponctué par l'envie folle de manger un plat particulier. Et d'ouvrir une bonne bouteille ! Alors, ce week-end, après plus de dix jours "d'abstinence", un dîner fut accompagné d'un blanc provençal du Domaine Peyblanc et d'un rouge languedocien du Domaine Gayda. Quel bonheur.

Ah, ce tajine d'agneau aux figues et aux noix! Ces parfums, ces senteurs, ces arômes ! Par contre, le merlot autochtone... Et ce couscous qui nous emmena vers d'autres cieux (oui, enfin, faut peut-être pas exagérer non plus). En revanche, ce cabernet local... Le Maroc a certainement de très bons vins à nous faire découvrir. Personnellement, je ne m'étais pas rendu dans ce somptueux pays pour en faire le tour de son vignoble. Cependant, dans les restaurants fréquentés (bien que rares à proposer du vin, comme autour de Jemma El Fna, religion oblige) et même dans les riads (de très bonnes factures), pas de quoi s'extasier avec les rouges locaux, dont l'acidité et le manque de matière invitent rapidement le touriste à consommer de l'eau.

Le vin servit à l'apéritif hier soir se devait de nous offrir, si ce n'est le soleil de la Vallée du Draa, en tous cas, la chaleur qui nous fait bien défaut aujourdhui. Le choix se porta sur Le Blanc 2006 un vin blanc du Domaine Peyreblanc (Giusiano Vignerons), un coteau d'Aix En Provence découvert dans cette même ville, sur le Cours Mirabeau, l'été dernier. Quel dommage que le(s) cépage(s) n'apparaisse(nt) pas sur la contre-étiquette ! Elaboré à partir du cépage rolle (également appelé vermentino), qualifier ce vin d'austère serait se méprendre. Car derrière cette façade aigre-douce comme les chefs aiment à travailler certains mets, caractérisée ici par le zest de l'agrume, du citron vert (qui apportent beaucoup de fraicheur et de tonicité), c'est une variété de notes ensoleillées qui s'épanouissent en bouche. Un vin sincère que j'aurais beaucoup de plaisir à reboire.

Autour de ce curry d'agneau madras, pomme-banane, riz, pas question de sortir la caraffe d'eau ! Une Cuvée Occitane 2005 de Domaine Gayda (Vin de Pays d'Oc) s'annonçait comme la parfaite associée. Le vin est d'une bouche redoutable. Puissante, complexe et d'une matière riche, les fruits noirs, mûrs et concrets en bouche, associés à des notes de maquis et de tabac permettent aux mets et au vin de se dissocier et de créer une jolie complémentarité. Si on ne serait pas contre plus de finesse et d'allonge pour faire obstacle à une certaine surpuissance de la matière (un peu plombante) elle-même, les convives ne sont pas dérangés par cette remarque outre mesure. Soit !

En règle générale, de retour à la maison après être sorti des frontières de l'hexagone, l'esprit oscille entre nostalgie, plaisir fou de reprendre le travail, et bonheur de retrouver les siens. Finalement, le seul moment qui nous fait véritablement prendre conscience que l'on est bel et bien rentré, en dehors des factures et de la tronche de la voisine, est celui où l'on se retrouve à table, avec sa tribue, autour d'un délicieux repas et de vins qui ne le sont pas moins. Alors, même si l'on peut, parfois, trouver à redire sur ces derniers, n'empêche que courts en bouche ou pas, tanins virulants ou pas, bouche asséchante ou pas, ils font systématiquement naître en nous la même réflexion : c'est bon d'être rentré !    

mercredi, 22 octobre 2008

A l'Assemblée Vinicole

 

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Robert Lecou, député UMP de la 4ème circonscription de l'Hérault, avait convié, hier soir, dans les salons de l'Assemblée Nationale, deux vignerons de sa région : Jean-Pierre Vailhé du Mas de Valbrune et Léon Calage du Domaine Calage Ressiguier ; une petite opération de communication visant à promouvoir, auprès de ses homologues députés, les vins d'une région encore victime "d'une image peu reluisante". Le retour de la publicité du vin à la télévision : info ou intox ? Un seul média sur place pour le vérifier, VINSURVIN !

"On a quand même assisté à quelquechose de très rare aujourd'hui !", s'exclame, tout sourire, Robert Lecou, en entrant dans l'appartement 3G de l'Assemblée Nationale. "526 voix contre 4 en première lecture sur le Grenelle de l'environnement ! C'est historique !" Les premiers arrivés aquiescent. "Et qui a voté contre?", interroge une voix dans l'assemblée. Robert Lecou, costume rayé et cheveu blanc, fait le tour des convives pour leur souhaiter la bienvenue, avant que ne s'entame une conversation autour de la viticulture héraultaise. Votre humble serviteur met les pieds dans le plat. Attentif, disponible et visiblement intéressé, Robert Lecou n'élude pas les questions.

VINSURVIN : Monsieur le Député, le vin français est attaqué de toute part, menez-vous aujourd'hui une réflexion pour qu'on cesse de le stigmatiser ? 

Robet Lecou : Le vin est un art de vivre qui a grandement évolué ces dernières années. Il y a 50 ans, le vin est un aliment à part entière. Les paysans, qui travaillaient dur aux champs, buvaient de grande quantité de vin, non pas pour se souler, mais pour y trouver de la force. Et puis, ils éliminaient à force de travail. Par ailleurs, le vin produit était médiocre. On recherchait pas la qualité à l'époque, mais la quantité ! Il n'était pas rare d'entendre des vignerons se demander aux uns et aux autres combien d'hectolitres ils avaient produits : 150, 180, 200hl/ha ?! Aujourd'hui, on boit moins mais mieux. Un combat est mené contre les excès. Mais ce combat pour la sécurité, pour la modération, ne doit pas mener à la stigmatisation du vin."

VINSURVIN : Pourtant, il est quasiment impossible de boire du vin aujourd'hui sans se faire rappeler à l'ordre. Récemment, c'est un logo de femme enceinte qui est apparu sur les étiquettes ; dernièrement Seppi Landmann (1) me confiait qu'il a tiré un trait sur sa fête annuelle du vin dans son village car les gendarmes se postaient à la sortie du village ; certains réclament un taux d'alcoolémie au volant de zéro...

R. Lecou : Dans tous les domaines, il y a de l'extrémisme. Il faut communiquer sur la modération, mettre en avant le raisonnable et le modéré, sans nécessairement tomber dans l'excessif.  

VINSURVIN : Peut-on imaginer un jour le retour de la publicité du vin à la télévision ?

R. Lecou : Et bien, je devais, cet après-midi, m'entretenir avec un collaborateur, sur la question, chose qui ne s'est pas faite pour des raisons indépendantes de ma volonté. Mais, pour répondre à votre question, le retour de la publicité du vin à la télévision est une réflexion que je mène.

Arrive alors Bernard Acoyer, Président de l'Assemblée Nationale.

VINSURVIN : Monsieur le Président, quelle vision avez-vous du sort qui est réservé à la viticulture française aujourd'hui ?

Monsieur Acoyer : L'acceuil qui est réservé, ici, aujourd'hui, à ces deux viticulteurs, démontre toute l'attention que l'Institution porte au vin français, qui demeure un pan important de notre économie. En matière d'alcool, je suis préoccupé par l'excessif mais on doit trouver un équilibre pour ne pas tomber dans l'excès, qui ferait barrage au vin français. La clé réside dans l'éducation et la prévention.

Le ballet des arrivées et départs de nombreux députés et députées suivit son cours autour d'un buffet réunissant les vins de Léon Calage et de Jean-Pierre Vailhé, preuve que les élus français ne sont pas les derniers à déguster un bon verre de vin et à grignotter les bons produits du terroir français. Ne reste plus qu'à souhaiter qu'ils montent au créneau pour défendre ce que la France a de plus cher au monde.

(1) Lors d'un entretien avec le vigneron Alsacien, chez lui, en août 2008.

Photo, Mathieu Vernin : les Sièges de "Assemblée Nationale", station de métro sur la Ligne 12.

mercredi, 15 octobre 2008

En bref, au fil des jours...

mire-television-2209845.jpgDégustations, rencontres, coups de coeur, projets... les news, en bref et en vrac, sur VINSURVIN.

Jeudi 9 octobre, ventealapropriete.com fait dans la communication dans un restaurant du 7èmepoussier.jpg arrondissement. On y rencontre les entrepreneurs du site, Henri-Claude Quinson et Christophe Viet, mais aussi (qui a dit "et surtout"?), le très abordable Olivier Poussier (Meilleur Sommelier du Monde 2000 à Montréal) et le prolixe Bruno Quenioux, créateur de la cave Lafayette Gourmet et auteur d'ouvrages sur le vin. Mettre en avant la philosophie du site, la qualité des vins, l'attractivité des prix et la sélection faite par Poussier et Quénioux, telle était l'ambition de cette petite réunion très décontractée, autour de vins vendus sur le site, comme ce délicieux Chardonnay du Luberon, de chez Guffens, s'il vous plaît... 

manteswarhol.jpgSamedi 11 octobre, je m'en vais finir le travail des postiers. C'est désormais une certitude, les colissimos ne sont plus livrés à votre domicile, même si vous êtes chez vous le jour où un gars glisse son avis de passage, avec la case "vous étiez absent" cochée, dans votre boite aux lettres. Après trois quarts d'heure de queue, rythmés par le courroux des clients et les noms d'oiseaux entre gens bien élevés, j'accède enfin au guichet, la boule au ventre, la peur de m'entendre dire "désolé, monsieur, votre colis n'est pas dans notre bureau". Mais, ouf, il est là, et bien là, même s'il a déjà été ouvert... Serait-ce les échantillons promis par Guilhem Coste, de Saint-Félix de Lodez (34) ? Non, il s'agit de deux bouteilles de Mantes Dégustation 2007, un côte-du-rhône élaboré par Pierre Doumenge, dans le Vaucluse. Pierre m'avait déjà confié deux bouteilles prélevées sur cuve qui s'étaient montrées délicieuses. En quelques mois, c'est la structure de Mantes Dégustation qui évolué : le vin est devenu suave avec cette impression de velour sur la langue, apportant une élégance folle au vin. Par ailleurs, si le réglisse est encore très présent, ce sont désormais les notes de fruits noirs et de garrigue qui l'emportent. Après une longue ouverture, le vin s'est aéré et a évolué sur des pointes végétales. Les tanins enveloppent la bouche et la finale est aérienne. Un soupçon de grain, de fibre, de profondeur en plus, témoins du sol, ne seraient pas pour me déplaire ! Ce vin, premier opus de Pierre, il ne faut pas l'oublier, est une vraie réussite. Que certains trouvent, dans cette élégance veloutée qui caractérise Mantes Dégustation, des points communs avec certains chateauneuf du pape, ne m'étonnerait pas.   

Mardi 14 octobre, Jean-Pierre Vailhé m'a donné rendez-vous à l'Hardi Vin (Paris 17) pour me faire déguster, en la présence desA La Mie, Henri_de_Toulouse-Lautrec_001.jpg sympathiques tenanciers Olivier et Jérôme, ses premières cuvées (2007) depuis qu'il a repris une exploitation en main propre. Mais qui est Jean-Pierre Vailhé ? Vigneron à Tressant (Cabrières, Languedoc), dans l'Hérault, Jean-Pierre cherche à élargir ses horizons, notamment sur Paris, ce qui est bien normal. Un moteur de recherche sur lequel il tape "vin languedoc" et il tombe, entre autres, sur VINSURVIN. Le concept des TupperWine fait mouche. Un mail à votre humble serviteur et une semaine plus tard, nous voici attablés chez les cavistes les plus cools de la rue des Dames. Rosae Rosam, un rosé de saignée, élevé sur lie et batonné pendant trois mois, scintille dans mon verre et surprend par son gras, sa chaleur, sa rondeur et cette acidité toute en fraicheur qui vient ensuite, droite et tendue, donner cette colonne vertébrale au vin. Praélude, 100% clairette du languedoc, est également d'une belle brillance, un nez de fruits blancs (pêche de vigne). Sa bouche est souple, minérale et envelopée avec un à propos végétal. Le plaisir se poursuit grâce à cette bouche fraiche, ventée, aérienne. Et on est tout ragaillardi lorsqu'en aspirant de l'air, des notes mentholées viennent exulter sur la langue ! Brindille, (syrah, cinsault, grenache) est juteux à souhait : cerise, framboise, fraise, t'en veux du fruit, en v'là ! On dirait un beaujolais ! Comme dit Jérôme, "tu t'en sers un verre, t'en veux un autre tout de suite derrière", tellement c'est gouleyant, joyeux et espiègle ! Nous finissons par Pas de Deux, un VDP d'Oc, à base de cinsault, syrah, grenache, cabernet sauvignon. De la griotte plein le nez mêlée à une corbeille de fruits rouges et des arômes plus complexes de garrigue derrière. L'attaque n'est pas très vigoureuse, comme chez ses homologues, mais la bouche est riche, harmonieuse, croquante. Il sera intéressant de reboire ces vins dans six mois, un an, pour voir, notamment, s'ils évoluent sur la fruit ou la complexité (notes animales...). Quoi qu'il en soit, cette dégustation fut fort sympathique et je ne serais pas étonné qu'on entendre encore parler de Jean-Pierre prochainement sur VINSURVIN.

 

dimanche, 10 août 2008

Colissimo : nulissimo.

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Ils sont de plus en plus à proposer leurs vins à des amateurs, comme votre humble serviteur, estimant que ces derniers ont aussi leur mot à dire, insinuant au passage que la dégustation n'est pas une "activité" élitiste, mais bel et bien à la portée de tout le monde, si tant est que l'on s'intéresse "un peu" au sujet. Aussi étonnant que cela puisse paraître, leur souci principal n'est pas tant l'opinion du dégustateur, mais l'assurance que leurs colis arriveront bien à destination, la Poste faisant régulièrement preuve d'incompétence, dont seule cette vieille machine en ruine a le secret.

Stéphanie Ponson et Frédéric Porro, du Mas des Agrumelles, à Argelliers (34), en ont du courage. VINSURVIN n'ayant pu honorer leur invitation à Vinisud 2008, ils décident de me faire parvenir huit échantillons par la Poste. Chose proprement scandaleuse et malhonnête, ceux-ci mettront quatre mois à arriver et il faudra si reprendre à trois fois. Colis non livrés, colis volés, colis perdus, colis endommagés : la Poste nous aura fait la totale. Comment peut-on faire preuve d'autant d'incompétence et de je-m'en-foutisme ? Amis vignerons, je vous invite donc à faire preuve de la plus grande prudence si vous devez faire appel aux "services" de la Poste : cette vieille machine en ruine vous vend des nounours, des petites voitures, des casquettes, mais elle n'est pas fichue de vous livrer un colis ou de vous remettre une lettre.

1726707042.jpgMais revenons à nos moutons et surtout à ce Vin de Pays d'Oc, Carmin 2006 (syrah, grenache, carignan, cabernet sauvignon) des Agrumelles. Situé à deux pas du fameux Mas Daumas Gassac, à Aniane, la région ne se contente plus de bénéficier d'un formidable terroir : désormais, elle l'exploite avec la plus grande attention, à la recherche de la qualité et dans l'optique de redorer son blason. Il suffit de sillonner les routes de l'Hérault, d'entrer chez les vignerons et de déguster leurs cuvées pour constater qu'il est bien loin le temps où le Languedoc  produisait des vins sans intérêt. A la lumière du Lubéron, le Languedoc participe à l'agrandissement des gammes de régions viticoles françaises de qualité. C'est l'impression qui domine lorsque l'on voyage en France : l'homogénéité de la qualité des vins proposés est désormais une évidence. En l'espace de vingt ans, la France a changé de visage. Sa réputation mondiale reposait jadis sur le Bordelais, la Bourgogne et la Champagne. Certes, des français y ajouteraient l'Alsace, la Loire, le Sud-Ouest... Et leur région, commune ou vin préféré.  Mais force est de constater qu'il faut désormais, à la liste des grands noms français, inclure un grand nombre d'appellations régionales et communales, qui s'inscrivent pleinement dans l'identité du vin à la française.

Il ne faut pas craindre de déguster des vins de pays ! Sachez que sous la complexité administrative de l'AOC et son côté parfois un peu rigide, certains vignerons ne font pas la démarche de passer en AOC, et se contentent de l'appellation VDP, comme Guilhem Coste, à Saint-Félix de Lodez. Notre Carmin s'ouvre sur la mûre, le cassis noire, puis évolue subtilement vers les fruits à l'alcool. La bouche est ample, puissante. Du fruit, du tabac blond, du réglisse avec une pointe de minéralité dans un bon équilibre. Une entrée gamme simple et efficace. Ce vin n'est pas sans nous rappeller les vins de Marc Cros (Domaine de l'Horgrand) à Montpeyroux. Suite des dégustations made in Mas des Agrumelles et Mas Nicot, bientôt sur VINSURVIN. 

S. Ponson, F. Porro, Mas des Agrumelles, 34380 Argelliers.

mercredi, 02 juillet 2008

J'ai testé pour vous...

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Entre les rencontres impromptues dans les salons de moleskine, les échantillons passés de main à main Place de Clichy, les colis dans la boîte à lettres, et ceux livrés par les coursiers des boîtes de com, la difficile tâche de VINSURVIN se voit aujourd'hui étendue. Si on est loin des errances dans les vignes ou des goûte-moi-ça dans les troglo, ces échantillons réservent parfois de belles surprises. Revue des derniers dégustés -et appréciés. Avec mes remerciements.

1084671118.JPGChampagne Thienot Brut Rosé. Boudé par les puristes, négligé par l'acheteur lambda, adulé par les femmes, le champagne rosé tarde à se faire une vraie place dans le paysage oeno-culturel français. Et c'est dommage, car ce vin, expression du charme et de la séduction, peut surclasser bon nombre de champagnes. Si celui de Bertrand Lhopital est un exemple de fraîcheur, de fruité et de raffinement, difficile de bouder celui des Thienot. Assemblage des trois cépages champenois (chardonnay, pinoit noir, pinot meunier), ce champagne rosé ouvre le bal sur de petites bulles nerveuses, mais, qualité essentielle, sans développer l'effervescence (type alcaselzer) des champagnes lambda. C'est d'abord sa vivacité, son côté explosif en bouche qui ravit le dégustateur, aspect que l'on retrouve d'ailleurs dans le Brut. Petits fruits rouges, puis griotte, framboise tapissent le palais dans une matière onctueuse, si ce n'est crémeuse. Des notes que l'on aimerait faire durer en bouche. Associé à des biscuits roses de Reims, comme ceux de la Maison Fossier, et voilà un moment des plus plaisant. Pour faire sobre.

Les arômes de ce Champagne Thienot Brut, produit de l'assemblage des trois cépages champenois également, sont vifs, gais et somme toute assez marqués.  Mais ce champagne surprend essentiellement par la fraîcheur, la densité, et la profondeur de sa matière. La bouche est fleurie, juvénile et d'une belle puissance, qui mériterait d'être un peu canalisée. Difficile une fois de plus de bouder son plaisir avec de tels vins.

Découverts au Salon des vignerons Indépendants du Carrousel du Louvre, les blancs de Château Bas, Coteaux d'Aix en Provence, nous1172876218.jpg prouvent une fois de plus la diversité, la complexité et la richesse du terroir français. Ouvert à l'apéritif, alors que le soleil tape sur les carreaux, Pierre du Sud intrigue le dégustateur. Pour un peu, il le laisserait dubitatif. C'est aussi pour ce genre de réaction que l'on aime le vin. Car quoi de pire que quelqu'un qui ponctue sa première gorgée d'un "ah, il est bon !" puis enchaîne sur un "et le boulot, ça va ?".

Pierre du Sud n'amasse pas mousse mais ne s'embarasse pas de fioritures non plus. Le nez exprime d'abord des notes franches et fraîches d'agrumes, notamment de citron jaune, puis viennent les fleurs blanches, le tilleul, avant que n'exultent des notes plus chaudes, comme l'ananas. La bouche est ardente nette et sans détour. De la fraîcheur, du zest, du citron jaune pressé. On en mettrait dans sa gourde pour aller arpenter le massif des Maures. A suivre sur VINSURVIN, les rosés de Château Bas...

130215527.gifOn finit avec le Domaine du Grand Guilhem, 2005, un fitou (rouge) des montagnes qu'Arnaud Vivancos m'a confié, la semaine dernière. Son architecte, Gilles Contrepoids, qui opérait dans l'informatique à Paris il y a une quinzaine d'années, rêvait d'avoir un domaine. Après avoir passé ses diplômes et vinifié à droite à gauche, il lance son premier millésime en 1998. La gamme des vins de ce reconverti est assez large : cru fitou, fitou grand guilhem, divers rivesaltes, corbières blancs et rosés...

On ne parle pas beaucoup du fitou sur VINSURVIN, la plus vieille appellation du Languedoc, au même titre que les corbières, c'est vrai. Ces deux appellations souffrent probablement du fait que les gros rendements de carignan donnent souvent des vins fades et sans reliefs. On entend et lit, çà et là, que Fitou vécut son heure de gloire dans les années 80 et que de nombreux vignerons se seraient endormis sur leurs lauriers... Mais Gilles Contrepoids éveille nos sens avec ce fitou Domaine Grand Guilhem. Il exprime des notes assez viriles et une certaine puissance à l'ouverture. D'ailleurs, des notes de cuir dominent nettement l'ensemble en premier lieu... Fruits noirs, kirsch, garrigue (thym, laurier), poivre noir s'invitent pour créer une agréable richesse aromatique. La bouche est ronde mais pas grasse comme certains faugères, les tanins sont un peu mous, et le fruit noir qui domine les premiers instants manque un peu de maturité, à mon goût. Des notes réglissées enrobent  une matière équilibrée et droite. Le vin est d'une certaine corpulence et s'exprime dans une longueur tout à fait honorable. Un beau potentiel qui pourrait s'avérer encore plus abouti dans les millésimes à venir. Je demande à goûter les 2003 et 2004 !     

Voilà, j'ai testé pour vous, mais n'oubliez pas que, chaque mois, vous pouvez également tester les vins de VINSURVIN lors des TupperWine. Prochaine édition, mardi 8 juillet, dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Renseignements et inscriptions ICI.

A suivre sur VINSURVIN,  Mas Nicot : 70 % grenache, 30% syrah, un excellent rosé languedocien qu'il faudra vite se procurer.

 

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