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jeudi, 20 novembre 2008

Il est arrivé ! (Super)

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T'AS UN BON PLAN BAR A VIN A PARIS (NOTAMMENT RIVE GAUCHE, ON VA ME PRENDRE POUR UN RACISTE !!)
N'HESITE PAS A LAISSER UN COMMENTAIRE. POUR LA RIVE DROITE AUSSI, D'AILLEURS.
ET BONNE SOIREE ! (Michel, tu'm'mettras un Moulin à Vent 82 de chez Didier Desvignes! Chuis pas très banane, moi.)
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jeudi, 26 juin 2008

Un Moulin dans le vent.

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Après son morgon à la bouche ample, riche, distinguée, fière et droite, passons aujourd'hui au moulin à vent, les Charmes 2005 de Didier Desvignes. Et tentons de chasser les idées reçues sur le beaujolais, une région capable (coupable?) du pire, certes, mais surtout du meilleur. 

Avant de débuter cet article, et afin de m'octroyer un peu de temps pour en trouver la trame, je vous invite à observer la photo ci-dessus. Elle fut prise le samedi 21 juin dernier, à l'heure de l'apéro, avant de monter sur Montmartre, fête de la musique oblige. Annonçait-elle que ça allait saigner ? Tout se passa bien, je vous rassure. Mais quand même : remarquez cette goûte de vin qui est remontée à la surface du bouchon de liège de ce moulin à vent. Bouteille bien, voire trop, remplie ? Appel d'air ? Préméditation meutrière ? Le sang de la terre, tout simplement. En tous cas, il est rare de voir le vin s'extraire de la sorte d'un bouchon. Cette scène méritait bien une photo.

Moulin à Vent serait considéré comme le "seigneur" des crus du Beaujolais. Moi, je veux bien, mais voilà comment naissent les idées reçues. Et si je préfère le morgon ? Et si je trouve le fleury plus noble ? Et si j'estime que le chiroubles, c'est royal ? Et le julienas, c'est pas bon le juliénas ? Goûtez-y pour voir, un peu frais, c'est l'époque ! Quoi qu'il en soit, voilà un vin / des vins que je vous conseille à l'apéro et qui s'accordent magnifiquement bien avec de la coppa corse, par exemple. Ajoutez-y des petits légumes croquants et frais. Et une terrine !

Robe rubis foncé, ce vin ouvre le bal sur des arômes de petits fruits rouges mûrs. Classique me direz-vous pour un vin de cette région. Et je serai d'accord avec vous. Mais le gamay a bien plus d'arguments que cela. Ici, passé la sensation "corbeille de fruits juteux", on passe à des notes de cassis et de groseille ; puis les tonalités se font plus "nobles", plus profondes, sauvages et minérales. Des notes d'épices et de grillé se mêlent dans une bouche persistante, équilibrée, laissant place à une belle harmonie.

En substance, si effectivement le beaujolais et ses remorques de villages plombent un peu l'ambiance du côté de Beaujeu, ce serait une ineptie que de condamner cette région, qui offre des choses remarquables (lire ci-dessus). Et puis, entre nous, ces tonnes d'hectolitres de vins à goût de banane sont essentiellement destinés à l'export. Alors, n'est-ce pas là une bonne idée que d'exporter ses vins les plus modestes, au lieu d'arracher les vignes, de garder des emplois, et de réserver les meilleurs (vins), comme ce moulin à vent de chez Didier Desvignes, à la France ?! 

jeudi, 19 juin 2008

Desvignes qui donne du bon vin.

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Voilà quelques mois déjà que Madame Desvignes a eu la gentillesse de me confier quelques échantillons du travail de son mari, Didier : des chirouble, des morgon, des brouilly, des moulin à vent dont la droiture et la générosité marquent systématiquement l'esprit. Ce soir, sur un clafoutis au champignon, c'est Morgon, Clos des Charmes. De Didier Desvignes. Et du charme, ça n'en manque pas.

Le brouilly fut très tendance il fut une époque dans les bistrots parisiens. Ils en avaient tous un ! Aujourd'hui, le chinon est en vogue. Des tendances, comme ça, allez savoir pourquoi, comment. Les douze vins du Beaujolais ont longtemps bénéficié de ma considération. Pendant ma période bistrot. Et puis, cette attirance s'est estompée, au profit de vins tout simplement moins intrinsèquemement fruités, moins sur le primaire, plus sur le tertiaire (c'est ma nouvelle période ça, primaire, tertiaire, ça fait mec qui maîtrise, donc le lecteur est impressionné et se dit qu'effectivement le gars, il sait de quoi il parle), plus complexes, plus franc du collier, plus mâle. Quoi. (Ca aussi, c'est ma nouvelle tendance : mettre en avant des vins en ayant dans le fût, la tendance étant aujourd'hui les vins jeunes, les vins faciles à boire, les vins n'ayant pas le goût de vin).  

Et puis, j'ai rencontré Didier Desvignes. Enfin, sa femme. Enfin, j'veux dire, nous avions longuement parlé au téléphone alors que Didier était1027005936.jpg sur Paris, le couple se montrant très intéressé par les TupperWine. Et puis Didier a oublié de bifurquer par l'avenue de Saint-Ouen. Alors au Salon des Vignerons Indépendants je me suis rendu et madame j'ai rencontré. Et là, j'ai eu un flash. Je me suis réconcilié avec les vins de cette région. Enfin, après. Chez moi. Quand j'ai ouvert ce premier chiroubles. Un panier de fruit juteux à croquer, de la matière plein la bouche, sur les lèvres, dans le cou, sur le torse.  J'ai adoré. Je repensais à cette première rencontre, dans le salon, sur la canapé. Mais ce soir, c'est clafoutis.

Morgon, Clos des Charmes 2006. Didier Desvignes. Couleur grenat foncée aux reflets violacés. Ouverture classique, sur des arômes primaires. Mais pas de la petite fraise des bois, framboise, cassis rouge que le dégustateur de base décèle dans le premier beaujolais venu avec ses airs satisfaits et l'air d'en connaître un rayon en gamay - genre j'ai fait une thèse sur le sujet. Mais mon pauvre, le beaujolais, c'est pas que d'la banane. Non, là, on est sur du fruit noir, amer, racé, type sureau, cassis de Provence, airelles, avec une amertume soyeuse, un rien chienne mais contenue. Et ce nez, ce n'est pas le fruit que ces malheureux achètent dans les supermarchés, qui le caractérise, non, ce nez exulte de réglisse, de chocolat amer et de poivre blanc. Et puis ces notes de fleurs, c'est de la Jaguar, de la Bentley, de la Triumph. Pas du Scenic ou du C4 qu'on va croiser sur l'A6 cet été roulant à 120 sur la voix du milieu.

La bouche est ample, elle est riche, distinguée, fière et droite ; et d'une belle structure. Les tanins sont puissants mais pas virulents. Le zan domine, puis le chocolat avec un fumé et des notes kirschées en finale. Du grand art. Il est 22h00. Mon verre est vide. Ce post touche à sa fin. Ce vin me laissera un excellent souvenir. Dieu merci, il y en aura encore demain midi. Avec le clafoutis. Et puis, peut-être même demain soir. Du clafoutis. Mais, là, c'est moins drôle.

dimanche, 25 mars 2007

I survived the Salon of the Vignerons Indépendants!

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Pas que je m'étais juré de ne jamais y mettre les pieds. Je me disais juste que les conditions de dégustations étaient effroyables et que je préférais tout simplement l'intimité d'une rencontre avec un(e) vigneron(ne), chez lui/elle. Mais l'invitation de Sancho Pança fut tentante et, pas du genre à m'enferrer (ni à refuser un verre de rouge), c'est avec une certaine excitation que je me rendai Porte de Champerret: mon caddie à ma gauche, mon oenologue (Hippolyte, 2 ans 1/2) à ma droite. Dois-je préciser qu'il ne m'avait pas fallu deux heures pour browser ma cave et m'apercevoir que Patrimonio (Corse du Nord), Morgon (ou quelques-uns de ses onze cousins), et Cahors s'y faisaient rares ces temps-ci. Et puis, je ne voyais aucun inconvénient à déguster des choses originaires de Saint-Chinian, du Minervois ou de la Bourgogne. Et encore moins à découvrir des elixirs de contrées lointaines et retirées. En gros, j'étais open. Formidablement open. Pas comme mon compte en banque. A mon grand désespoire.

Sur place, un joueur d'orgue de barbarie accueille le chaland. Nous remplissons nos invitations, nous munissons de verres INAO et pénétrons dans le temple du vin. Première impression: s'il y a du monde en ce samedi matin, ce n'est pas la foule. Voilà qui est rassurant. Ah, un vigneron corse. Du sud. Au secours, le vin est âpre, extrêmement tannique, sec, amidonné. Je recrache un pur produit du maquis pour autochtone. Merci, au revoir! J'ai soudainement l'impression de ne pas avoir bu depuis trois jours tant ma bouche est devenue sèche. Y a-t-il un producteur d'eau minérale dans l'assemblée? 

medium_Clos_Siguier.gifCerise et minéralité à Cahors. Première halte dans l'appellation Cahors (Sud-Ouest), chez monsieur Bley, de Montcuq. Ce gentil monsieur à l'accent chantant nous fait goûter le deux millEU quatrEU enm premier. Allez, va pour le 2004. Puis 2003, puis... on va arrêter là. D'autant plus que mon oenologue a la tête dans le seau servant de crachoir, crachant lui aussi en expert mais respirant au passage les effluves d'un alcool composé de plusieurs millésimes et de salives diverses et variées. Le Clos Siguier 2003, 100% malbec, n'est pas mal. Très marqué par la cerise, minéral (des notes de pierre à fusil), mais manquant singulièrement de structure et d'épaisseur (12° oblige?), il ferait un petit vin de table sympathique, et ça changerait. Surtout à 4,6O€ pièce. Sancho et moi nous regardons. Va pour une caisse à deux? Va. Ce sera notre philosophie tout au long de la matinée: un carton pour deux. Merci Monsieur Bley et au plaisir.

Nous tombons ensuite sur le domaine Leccia, Pietra Bianca (Patrimonio, Haute Corse). Le premier vin goûté est outrageusement tannique, vert et ne satisfait tout simplement pas mon palet. Le deuxième semble avoir été coupé au sirop de grenadine. Les conditions de dégustation à la Wine Spectator seraient-elles en train d'opérer (lumière, chaleur, capacité d'analyse réduite par l'accumulation ou simple ignorance de ma part?) Le prix, de fait rédhibitoire par rapport au plaisir retiré n'aide pas non plus. Poursuivons nos déambulations. A la recherche de Yves Leccia.

medium_img_prestige.jpgCahors de nouveau. Nous rencontrons Thierry Simon et Philippe Vérax, de Château de Lacapelle (Cabanac). Concentrons-nous sur le meilleur des trois vins dégustés: Prestige 2003. Une dominante malbec assemblé à une touche de merlot. Une couleur d'un noir exceptionnellement intense, comme de l'encre. Un nez complexe marqué par les fruits noirs, comme les pruneaux et les cerises à l'eau de vie. En bouche, le vin est très bien structuré, relativemement riche, avec des tannins soyeux et élégants. Les notes de fruits rouges (voire mûrs) se confirment et l'impression que l'on déguste un très très joli vin se fait très vite sentir. "Ah ouais", Sancho et moi éructons en coeur! Le vin est discrètement boisé et présente une une belle longueur aromatique. Bon et bien, va pour un carton de 6. De l'ordre de 12€ / pièce.   

On réentendra parler de ce Cahors sur vinsurvin, sans aucun doute.

C'est pendant la pause sandwich de l'oenolgue de 2 ans 1/2 que nous faisons connaissance avec Marie-France Sevenet-Lateyron, du Chateau Toumillon à Graves (33). Elle offre un verre d'eau à Hippolyte et nous propose de goûter son vin. Je suis réticent. Je ne puis m'empêcher de lui dire que l'image du bordelais dans son ensemble souffre des marques qui fabriquent des liquides marqués de façon outrancière par le bois et les arômes de vanille. Si c'est donc ce genre de vin qu'elle conçoit, je préfère m'abstenir. J'ai du vin passé en fûts nous répond-elle mais j'en ai aussi plus porté sur le fruit, le Château Toumillon 2003, une dominante de cabernet Sauvignon accompagné de merlot et de cabernet franc. Pourquoi donc refuser, c'est dit si gentiment. La première chose qui me sidère, c'est la couleur du vin: rouge ambré, tuilé. Le nez est aromatique, complexe, entre minestrone de fruits frais et fleurs fraîches. La bouche est fraîche, plutôt ample et offre des notes de fruits noirs (pruneaux) et animales. Un vin d'une très jolie structure et doté de beaucoup d'élégance. Nous sommes manifestement très agréablement surpris. Je ne serais pas étonné que ce vin coûte dans les 15, 18€ / pièce. Prix: 10€. Va pour une caisse de 6. Nous goûtons le 2000, qui ne déçoit pas non plus. Mais plus âgé, il sera à boire plus rapidement.       

Nous sommes sur le point de rentrer quand un stand où prônent de magnifiques bouteilles de Morgon attire notre attention. "On s'arrête?" "Vite fait alors." Nous goûtons un Chiroubles (Domaine du Calvaire) qui jubile de fruits rouges: parfait pour finir la dégustation! Il s'agit du vin de Didier Desvignes. Madame insiste pour nous faire goûter un premier Morgon, puis un second (Clos Les Charmes 2005), qui retient notre attention, car moins austère que le premier et plus racé. Nous panachons Chiroubles et Morgon puis rentrons à la maison.

Total: Des rencontres, des dégustations, des découvertes, des surprises et l'impression d'avoir passé un excellent moment. Côté budget, bon, une petite centaine d'€ de dépensés, enfin, d'investis! Soit, environ 8€ / bouteilles et l'assurance de boire de très bonnes choses dans les semaines à venir. 

 

vendredi, 17 novembre 2006

Beaujolais bis

 

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Trêve de plaisanterie, y'a (quand même) le beaujo qui débarque, et là, ça rigole plus. Les puristes, les chômeurs, les gars en vacances ou en RTT l'ont goûté hier, ça va de soi: c'est quand même des purs et eux le respect de la tradition, et ben, y savent encore qu'est-ce que c'est. C'est pas comme ces bourgeois qui ne sortent que le week-end dans des salons de thé, et qui, en plus, ne boivent (surtout) pas de bojo, (parce que c'est absolument rédibitoire ou que ça a le goût de lessive) mais du Brouilly. J'ai même vu un type boire du Morgon un coup, alors là, j'ai pas pu m'empêcher de lui dire. Les purs étaient donc du côté du Marché Saint-Honoré parce que en bars à vin célébrant le B.N., affectivement, il y a ce qu'il faut, même sous la pluie comme c'était le cas hier soir. Pour les autres, jetez donc un oeil sur votre droite, dans la colonne "catégories" puis cliquez sur BAR A VIN ou ICI pour les rebels. La préférence va quand même pour le Baron Rouge, place du Marché d'Aligre dans le 12ème, parce que, bon, voilà, quoi. Allez, à la vôtre! (PS: l'abus d'alcool est dangeureux pour la santé. Buvez avec modération. Non, mais, d'accord, mais moi j'conduis pas.)

Beaujolais nouveau à Paris

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Toutes mes excuses à ceux et celles qui se sont précipités sur VINSURVIN pensant dénicher une bonne adresse sur Paris pour fêter l'arrivée du Beaujolais Nouveau. La vérité, c'est que j'ai bien failli le snober. Peu enclin à boire un "coup" en semaine (quand bien même serait-ce du vin) et blasé de boire des liquides rapeux, complétés aux sulfites et garantissant une migraine le lendemain, le beaujolais ne serait pas d'actualité cette année. Problème: si tu ne vas pas au beaujolais, le beaujolais viendra zà toi.

Déboulant à 18h00 et des poussières dans le prodigieux hall de la gare d'Auber - une espèce de cathédrale moderne bleue et orange illuminée de néons faibles et agonisant vous mettant dans un état léthargique oscillant entre cafard automnal et  dépression chronique urbaine, une dame arborant un tablier Nicolas me tend un gobelet de la substantifique potion et me dit "c'est du Village, il est bon!". Trois insultes simultanées en à peine 5 secondes: je ne pouvais donc qu'afficher une moue condescendante, voire un regard dédaigneux, et passer mon chemin. Mais il n'en fut rien! Ces cinq secondes me suffirent en effet pour entendre raisonner au plus profond de moi-même que si ça se trouve tu vas te faire écraser par un bus dans l'avenue de l'Opéra, sans même avoir bu un dernier petit canon, le dernier remontant à... déjà fort longtemps, ce serait vraiment ballot, arrête-toi, goûte-le et rien ne t'empêche de poursuivre ta route les mains vides. Au son de mon moi caverneux - mais lucide -  je m'exécutai tel un robos décérébré. Les yeux sur le fluide puis le nez dans le gobelet, j'avalai ma vénielle dosette et m'apprêtai à délivrer ma sentence quand la dame au tablier m'interrompit: 

     "Je vous sers du Nouveau, mais vous verrez, il est moins bon. Goûtez".

Coupé dans mon élan, je n'avais semble-t-il pas d'autre choix que d'obtempérer. Je me trouvai bien docile soudainement et allai jusqu'à lui répondre, fébrilement:

     "En effet, il est nettement moins bon". "Vous voyez, je vous avais dit."

Je l'aurais servi en premier me dis-je mais ne voulant me lancer dans un combat perdu d'avance ajouté à l'incapatité intellectuelle d'argumenter sur quoi ce fut, molusque de fin de journée que j'étais, je me tus. Quelle culture oenologique, réussis-je à me formuler, quelle culture du produit et surtout, quel bouquet lexical. 

     "Je vous en mets un Village alors? Voilà, 5,60€... merci, et voilà 40 qui font 6. Bonne soirée!"

Affublé de mon sac jaune et de mon cartable, je me retrouvai à marcher le long de cet interminable couloir, dans lequel s'entremêlaient les bruits de pas et la voix de ce personnage ayant vraisemblablement capté l'attention d'un autre molusque, encore plus écervelé cependant, puisque je n'entendis que "je vous en mets trois Nouveau alors? Voilà..."

 
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