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samedi, 08 novembre 2008

Back to the Kasbah

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Quitter la France pour d'autres horizons nous coupe souvent d'un certains nombres de pratiques habituelles, comme celle de boire du vin. Le retour sur ses terres est alors ponctué par l'envie folle de manger un plat particulier. Et d'ouvrir une bonne bouteille ! Alors, ce week-end, après plus de dix jours "d'abstinence", un dîner fut accompagné d'un blanc provençal du Domaine Peyblanc et d'un rouge languedocien du Domaine Gayda. Quel bonheur.

Ah, ce tajine d'agneau aux figues et aux noix! Ces parfums, ces senteurs, ces arômes ! Par contre, le merlot autochtone... Et ce couscous qui nous emmena vers d'autres cieux (oui, enfin, faut peut-être pas exagérer non plus). En revanche, ce cabernet local... Le Maroc a certainement de très bons vins à nous faire découvrir. Personnellement, je ne m'étais pas rendu dans ce somptueux pays pour en faire le tour de son vignoble. Cependant, dans les restaurants fréquentés (bien que rares à proposer du vin, comme autour de Jemma El Fna, religion oblige) et même dans les riads (de très bonnes factures), pas de quoi s'extasier avec les rouges locaux, dont l'acidité et le manque de matière invitent rapidement le touriste à consommer de l'eau.

Le vin servit à l'apéritif hier soir se devait de nous offrir, si ce n'est le soleil de la Vallée du Draa, en tous cas, la chaleur qui nous fait bien défaut aujourdhui. Le choix se porta sur Le Blanc 2006 un vin blanc du Domaine Peyreblanc (Giusiano Vignerons), un coteau d'Aix En Provence découvert dans cette même ville, sur le Cours Mirabeau, l'été dernier. Quel dommage que le(s) cépage(s) n'apparaisse(nt) pas sur la contre-étiquette ! Elaboré à partir du cépage rolle (également appelé vermentino), qualifier ce vin d'austère serait se méprendre. Car derrière cette façade aigre-douce comme les chefs aiment à travailler certains mets, caractérisée ici par le zest de l'agrume, du citron vert (qui apportent beaucoup de fraicheur et de tonicité), c'est une variété de notes ensoleillées qui s'épanouissent en bouche. Un vin sincère que j'aurais beaucoup de plaisir à reboire.

Autour de ce curry d'agneau madras, pomme-banane, riz, pas question de sortir la caraffe d'eau ! Une Cuvée Occitane 2005 de Domaine Gayda (Vin de Pays d'Oc) s'annonçait comme la parfaite associée. Le vin est d'une bouche redoutable. Puissante, complexe et d'une matière riche, les fruits noirs, mûrs et concrets en bouche, associés à des notes de maquis et de tabac permettent aux mets et au vin de se dissocier et de créer une jolie complémentarité. Si on ne serait pas contre plus de finesse et d'allonge pour faire obstacle à une certaine surpuissance de la matière (un peu plombante) elle-même, les convives ne sont pas dérangés par cette remarque outre mesure. Soit !

En règle générale, de retour à la maison après être sorti des frontières de l'hexagone, l'esprit oscille entre nostalgie, plaisir fou de reprendre le travail, et bonheur de retrouver les siens. Finalement, le seul moment qui nous fait véritablement prendre conscience que l'on est bel et bien rentré, en dehors des factures et de la tronche de la voisine, est celui où l'on se retrouve à table, avec sa tribue, autour d'un délicieux repas et de vins qui ne le sont pas moins. Alors, même si l'on peut, parfois, trouver à redire sur ces derniers, n'empêche que courts en bouche ou pas, tanins virulants ou pas, bouche asséchante ou pas, ils font systématiquement naître en nous la même réflexion : c'est bon d'être rentré !    

vendredi, 26 septembre 2008

ALERTE TGV NICE !

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ALERTE TGV A SAINTE-VICTOIRE

Communes de Trets, Peynier, Rousset, Puyloubier,

Châteauneuf-le-Rouge, Fuveau, Pourrières, Pourcieux,

Saint Maximin la Sainte-Baume, etc…

LES VENDANGES

DE LA COLERE !

 

DIMANCHE 28 SEPTEMBRE

 

Rendez-vous à 9h00 pour la formation du cortège

au carrefour de la Barque (commune de Fuveau) à côté de la station service.

Défilé jusqu’au rond-point du Canet et conférence de presse

à 10h30. Dissolution de la manifestation à 12h.

Association du Vignoble Sainte-Victoire
Vinothèque Sainte-Victoire 1, Boulevard Etienne Boyer BP n°25 13530 TRETS
Tél : + 33 442 613 760 / Fax: + 33 442 546 885 / Portable de l'association : + 33 628 322 105
contact par mail

lundi, 11 août 2008

Belle est la vie en Bellet.

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Ce minuscule vignoble de 48 ha, en terrasses, sur les hauteurs de Nice, ne fait pas beaucoup parler de lui. Il est vrai qu'en dehors de Nice, difficile d'en trouver quelconque production. Des blancs que rolle et chardonnay rendent délicieux ; des rosés frais et croquants ; des rouges fins, profonds, exquis auxquels les locaux braquet et folle noire apportent charme et typicité. Ils s'accorderont forcément avec les plats niçois tels que pissaladière, socca ou tian de légumes. Mais ils trouveront également leur place Outre-PACA avec une cuisine élégante et raffinée.

Chemin de Crémat ou Chemin de Saquier ? A gauche ou à droite ? C'est vous qui voyez : toutes ces routes mènent à Saint-Roman-de-Bellet ! Rendez-vous fut pris avec madame Dalmasso, au Domaine de la Source, une propriété d'un peu plus d'1/3 d'ha, piloté aujourd'hui par le fils, Eric. Courtoise et acceuillante, madame Dalmasso n'échangerait sa place pour rien au monde, le calme et la sérénité des lieux étant1901681912.JPG "incomparables". On veut bien la croire. Il est 11h, elle nous convie dans le frais caveau pour la dégustation de quatre vins.

Nous commençons par le blanc, un 100 % rolle planté sur un sol de gallets roulés, mélangés à une terre très claire, appelée poudingue. Une robe pure et brillante, un nez très aromatique, associé à une subtile minéralité. Des notes de fruits mûrs (abricot, pêche), d'agrumes (mandarine, pomelo) et de fleur (rose) composent un bouquet délicieux et rafraichissant. La bouche est vive, ample, zestée. D'une belle longueur, des notes de poivre blanc et de garrigue pointent leur nez dans une jolie finale.

1750069875.jpgPlanté sur un même sol que son homonyme blanc, le cépage braquet donne un rosé au nez charmeur de minestrone de fruits (fraises, mandarine, pêche...) à laquelle la minéralité apporte du caractère. La bouche est ample, harmonieuse et frétillante.

Folle noire, braquet, grenache composent ce Domaine de la Source, rouge, 2006. La robe, aux teintes rubis, est élégante. Le nez, puissant, très aromatique, est marqué par des touches grillées, la torréfaction, le café, le baton de réglisse. Cerise et fruits noirs dominent également dans un saupoudrage d'épices douces. La caractéristique première de ce 2006 est l'association entre la matière et la finesse. Car la bouche est riche, croquante et complexe, sans être charnue. Ce vin me rappelle les vins de Sartène, en Corse. 

La robe du 2004 a foncé avec le temps. Il présente plus de complexité, de profondeur et de gras. Les fruits sont confiturés (coing), grillés, avec des relents de cacao amer. Amplitude, générosité et toujours cette élégance dominent en bouche. Deux vins remarquables. 

Associés aux vins du Lubéron, nous (re) découvrirons ces vins ensemble à la rentrée, lors d'un TupperWine très provençal !

Domaine de la Source, 303 Chemin de Saquier, Saint-Roman-de-Bellet, 06200 Nice. Tél : 04.93.29.81.60 ; domainedelasourcevindebellet@wanadoo.fr. 

Photos vignobles (Bellet) : VINSURVIN, juillet 2008 ; photo grappes de braquet : Domaine de la Source.

vendredi, 08 août 2008

Rosé, rosas, rosa...

 

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Son rosé 2007 a été médaillé d'or au Concours Général Agricole 2008. Elle connaît tout le monde en Provence et elle a convié votre humble serviteur à un séjour en famille dans ses pénates. "Elle", c'est Mireille Martin, régisseuse au Domaine de l'Anticaille. Dévouée, généreuse, amoureuse de sa région et de son métier, elle n'a de cesse de marteler que le rosé est à classer au même rang que le rouge et le blanc. Cela restait à prouver ! Pour se faire, visites de domaines, rencontres à Aix et dégustations (de rosé). Impressions plus que satisfaisantes ! 

Baux de Provence, Bandol, Bellet, Cassis, Côtes de Provence, Coteaux d'Aix en Provence, Coteaux de Pierrevert, Coteaux Varois, Fréjus, Palette, Sainte Victoire... Pas facile de s’y retrouver dans l’AOC des côtes de Provence ! Qu’à cela ne tienne, avec une guide comme Mireille Martin pour défricher l’appellation et vous présenter ses préférés de la région, cela devient un jeu d’enfant. Motivation première lors de ce séjour, essayer de saisir l’esprit "Provence" et de rompre avec les idées reçues selon lesquelles le rosé, tant convoité au pays de l'OM, serait classé en Ligue 2. Chose accomplie ? Si la Ligue des Champions est encore loin, la Ligue 1 est à portée de main !

 

VINSURVIN n'a pas attendu de séjouner au pied de la Montagne Sainte-Victoire pour s'intéresser à ce "troisième sexe" ! Les rosés de M.1878504062.JPG Louison à Faugères (domaine des Estanilles) sont parmi ce qui se fait de mieux en la matière, et le sujet est régulièrement abordé ici. On ne va pas retracer l'histoire de ce vin ; cependant, considéré en Provence comme le premier vin élaboré par les romains (qui ne maîtrisaient pas encore suffisamment bien les méthodes de vinification pour faire du rouge), on a dans cette région une idée précise du vin que l'on aime et que l'on veut faire. Il est saisissant de voir que le rosé est une véritable institution dans la région, comme le champagne à Reims ou le vin jaune dans le Jura. Qui a dit "et le bas de tableau pour le PSG" ?!

 

La concentration n'est pas ce qu'il faut rechercher dans les rosés de Provence, même si certains offrent en bouche une belle structure et une sacré richesse. Là-bas, on s'attache dans un premier temps à faire un vin d'une couleur soignée, limpide, d'une belle brillance, et de teinte "pomelo". Le nez se veut frais, riche de petits fruits mûrs (fraise, framboise, abricot) et secs (amande) ; il est gourmand, flatteur. La bouche est vive, rafraichissante, gouleyante, composantes essentielles dans une région où il fait "cagnard". Mais elle est parfois ronde, souple, cette bouche. Elle nous conduit vers des notes chaudes de fruits très mûrs puis s'équilibre avec une acidité agrumée.  

 

1714730901.JPGNous avons dégusté trois rosés avec Mireille. Que l'on pourrait qualifier de "gammes différentes". Notez les différences radicales de couleur (sur les photos) ! Des différences, on en retrouve également en bouche : la palette d'arômes est bel et bien variée. 

 

Fruité Défendu : couleur pomelo. Asssemblage de petit grain, grenache, syrah. Après que le gaz se soit évaporé (classique en rosé de Provence), on note un nez outrancier de fruits très (trop?) mûrs, puis d'alcool : assez déconcertant. L'attaque est souple, la bouche ronde, de fruits secs. 6,25€ ? Un peu cher. CQFD.

 

Domaine de l'Anticaille, 2007 (7€) : Mireille n'est pas contente de l'échantillon, le vin ne réagit pas bien, ce sont des choses qui arrivent. D'une belle brillance, le nez est chaud de fruits rouges puis d'agrumes. La bouche est ronde, souple et mériterait plus de fraîcheur. Un bon potentiel. Vivement 2008 ! Par ailleurs, l'échantillon de ce rosé (pourtant) vendu "à la négoce" (dégusté au domaine) m'a bien plu.

 

Château Ferry Lacombe, Cascaï, 2007. Attention, les choses deviennent sérieuses. La robe est d'une brillance remarquable. Le nez est très aromatique, élégant, fleuri (pétales de rose). En bouche, légère déception : l'attaque est un peu mollasonne. On aimerait plus de peps et de vivacité. Mais finesse, fruit et gras compensent. De même que la belle persistance en bouche. 

 

Cette dégustation ne saurait être complète sans le coup de coeur de VINSURVIN à Cours Mirabeau à Aix-en-Provence. Affaire à suivre, ainsi que les Bellet, de Nice...

 

 

 

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Photos VINSURVIN, juillet 2008. 
1. A l'Anticaille, Mireille Martin monte sur les chais pour soutirer un échantillon de rosé.
2 et 3. Vignoble et un vieux pressoire au domaine de l'Anticaille, Trets, Bouches-du-Rhône.
4. Les trois flacons dégustés.

  

jeudi, 07 août 2008

Réforme de l'AOC : conversation avec Olivier Nasles

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Mireille Martin, du Domaine de l'Anticaille à Trets (13), m'avait prévenu, avant de me rendre chez elle à Saint-Savournin (13) : je te présenterai du monde lorsque tu seras chez moi, au pied de la Montagne Sainte-Victoire. Mireille n'a qu'une parole ! A peine débarqués sur le Cours Mirabeau à Aix-en Provence, à l'occasion du marché des vignerons, elle me glisse à l'oreille qu'elle vient de croiser Olivier Nasles et que ce dernier est d'accord pour m'accorder une interview. Oenologue-vigneron provençal et membre du comité national de l'INAO, Olivier Nasles est aussi connu pour avoir claqué la porte du conseil municipal d'Aix (UMP), trois jours après l'avoir rejoint, la maire Maryse Joissains n'ayant pas respecté, selon lui, un certain nombre de ses engagements. L'AOC, sa réforme, vin et grandes surfaces, vin et jeunes, lobbys anti vin : nombreux furent les sujets abordés avec un homme disponible et chaleureux.


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mercredi, 06 août 2008

Le TGV PACA tracera dans les vignes !

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Le projet d'une nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) au pied de la montagne Sainte-Victoire (Bouches-du-Rhône), sur un site d'exception classé, met les riverains et les vignerons en colère. Ils manifesteront le 22 août, haut-parleurs crachant le bruit du TGV à l'appui !  

1295565365.jpgGénial ! Une nouvelle ligne TGV va voir le jour (et la nuit) entre Paris et Nice ! Ca, c'est une bonne nouvelle, surtout pour nous, les parisiens (et les banlieusards), dont le quotidien est fait d'heures coincés dans les bouchons autour de, dans et sous Paris, d'infinissables trajets entassés comme du bétail dans la fournaise du métro ou du RER. Vous comprendrez alors pourquoi nous aimons la fraîcheur du Midi et l'espace des plages méditéranéennes. 1 m2 pour nous tout seul pour poser serviettes, bouées, et siège de mami : le luxe !

Cependant, il paraît que la nouvelle ligne à très grande vitesse (qu'ils devraient aussi penser à construire sur le périf, le PGV !) va emprunter des sites classés, détruire des vignes et incommoder les pauvres riverains. Laissez-moi rire ! Comment ils font, eux, à Gonesse, quand, toutes les 4 mn (et, ça, c'est pas aux heures de pointe) ils voient, respirent et entendent le balai des A340 ? Et au Bourget quand les avions-cargo rentrent d'Afghanistan ? Sans compter qu'à la place des agrandissements de pistes, ils pourraient nous construire des Carrefour ou des Cora, ça éviterait aux gens de la petite et de la grande couronne d'aller courir à perpette pour faire les courses le samedi après-midi (parce que, nous, en banlieue, le week-end, on aime bien, aller dans les zones commerciales, faire la queue sur les parkings et aux caisses pendant des heures -ça nous rappelle un peu la Côte d'Azur). Alors, comment donc expliquer que le TGV, merveille de technologie, vecteur de superbes ouvrages architecturaux, envié par le monde entier, est vu comme la peste et le mildiou par les autochtones ? 

Pour rejoindre la Promenade des Anglais depuis Paris, plusieurs tracés furent mis à l'étude jusqu'à ce qu'une coupe nette à travers les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritime (voir carte ci-dessus) soit "définitivemement" retenue. Conséquences, des dégâts et des nuisances irrémédiables pour les riverains. Impactées par ce projet, pas moins de vingt huit communes, avec un nombre considérable d'expropriations, considérées plus que problématiques en tant que telles mais aussi en raison des dédommagements financiers, jugés nettement insuffisants. 

Par ailleurs, les travaux relatifs au chantier constituent une source de désagrément que l'on n'imagine pas, à commencer par le bruit, comme celui généré par des tirs d'explosifs ! A 300 km/h, le passage du TGV en lui-même correspond à 94,5 db, niveau considéré comme "pénible" dans l'échelle des décibels. Pour exemple, c'est le bruit d'un baladeur à puissance maxi... En outre, les mûrs anti-bruits et autres "merlons" sont des réponses "trop simples" selon le site http://lemechanttgvpaca.free.fr/. A la litanie des désagréments, déjà pourtant pléthores, s'ajoutent l'augmentation des risques d'incendies, la dépréciation du foncier,  l'épuisement des nappes phréatiques, la disparition d'espèces animales et végétales protégées et une consommation d'énergie non négligeable (1% de la consommation d'électricité du Var et des Alpes-Maritimes). Côté viticulture, des vignobles se verront littérallement scinder en deux, ou disparaîtront complètement. Dédommagements et replantations ne suffiront pas à calmer la colère des vignerons concernés. Retrouver un sol de qualité ne se fait pas comme ça, surtout près de chez soi. De plus, une vigne nouvelle ne donne du raisin qu'au bout de trois années en moyenne, qualitativemement moins "rentable" qu'une vigne de 10, 20 ou 50 ans. Et quid des pertes de récoltes pendant les années de vaches maigres ?  

Or, chose assez étonnante, malgré les dégâts et les nuisances causés par ce projet, certains, comme M. MAURICE (membre des Amis de la Terre Val d'Oise) s'insurgent contre la "désaffection de la « chose publique »" : "il n’est pas normal que certaines enquêtes se déroulent sans que personne ne se dérange, ne serait-ce que pour s’informer de ce qui se décide dans son village, dans sa ville, dans son secteur. C’est laisser des décideurs, tout légitimes qu’ils soient, agir à leur guise. (...) Les AMIS DE LA TERRE, conscients du danger d’une telle situation, souhaitent une réaction et se proposent de venir en aide à des associations locales qui seraient confrontées à des enquêtes qui leur posent problème."

La construction de cette ligne à grande vitesse ne se fera donc pas sans heurts. Pour répondre à ce que certains qualifient de véritable "agression", une pétition a été mise en ligne et le site http://lemechanttgvpaca.free.fr/ nous éclaire un peu plus sur la situation. Enfin, une manifestation qui partira du péage de la Barque à Saint-Maximin (13), contre la LGV PACA, aura lieu le 22 août prochain, avec sono à l'appui, crachant le bruit qu'un TGV peut faire lancé à plus de 300 à l'heure. Cela permettra aux riverains de se rendre compte des nuisances générées par un tel bolide. Ou de commencer à s'y habituer. 

mardi, 05 août 2008

Accord met et vin... rosé

Pendant que la moitié sud de la France se régale de salades fraîches et de vin rosé, la moitié nord en est presque à resortir les gros pulls, cuisiner des boeufs bourguignons et sortir les cahors. Cependant, certains resistants ont décidé qu'ils continueraient d'accompagner leurs plats de vin "rosé", comme votre humble serviteur.

1495430106.gifEst-ce parce que VINSURVIN est de retour d'Aix en Provence que le rosé lui monte à la tête, où est-ce simplement dans l'air du temps ? Ce midi, filet mignon de porc et sa fondue de courgettes et tomates à l'huile d'olives (AOC Provence, ça va de soi...). Cerise sur le gâteau, la fondue a légèrement caramélisé, offrant aux gourmets à table un bouquet d'arômes absolument délicieux. Pour accompagner ce plat (chaud), choisissons un vin... frais. Un rosé, frais. Oui, mais, lequel ?

Si, aujourd'hui, de Cahors à Bourgueil en passant par l'Arbois, les vignerons de France et de Navarre ont décidé de "sortir" leur rosé, parfois très réussi comme parfois obsolète, il est assez étonnant de constater que non seulement le rosé est un vin culte en Provence (faisant, avec le Pastis et l'OM, partie intégrante de la culture méridionale, comme nous le verrons ultérieurement sur VINSURVIN) et que ce "troisième" vin (après le rouge et le blanc) est élaboré par les provençaux avec le plus grand soin.

Affublé des pires noms d'oiseaux (vin féminin, donnant mal à la tête, léger, secondaire -voire "sans intérêt" pour les362741882.jpg puristes), seul le rosé peut pourtant magnifier (et s'accorder avec) un très grand nombre de plats, que rouge et blanc ne toléreraient pas. Le rosé devient donc une excellente alternative. Quel rosé pour habiller ce plat mêlant viande blanche et légumes parfumés, dotés d'une certaine acidité et d'une touche de caramel ? Au hasard, c'est la Cuvée du Temple de Château Bas (Vernègues, 13) qui trôna sur la table, Marilyne Lottin m'ayant fait parvenir, via les Caves Parisiennes de Radu, à Château Rouge (rue Muller, Paris XVIII), les derniers opus de la maison.

Choix judicieux puisque l'accord fut sensationnel. Sa couleur serait d'un tuile clair mais en jetant un oeil sur cette étude (p. 10), on la qualifierait alors de pelure d'oignon. Dieu merci, il ne le sent pas. Au contraire, le nez de cet assemblage de syrah et de cabernet est très aromatique et chaud, de fruits rouges mûrs. Sa bouche est vive, puis elle présente de la rondeur et une matière riche et opulente,  soutenue par une acidité qui n'est pas sans rappelée l'amertune des peaux d'agrumes. Le vin se fond avec le met puis tranche, se dissocie pour apporter fraîcheur et tonicité. "C'est le rosé qu'il fallait", entend-on autour de la table.

Si la blanquette de veau, la poule au pot et le boeuf bourguignon demeurent des classiques indétrônables de la cuisine française, cette dernière n'en reste pas moins une cuisine évolutive, non figée et ouverte aux autres cultures. L'apport de la gastronomie orientale, de la cuisine chinoise ou japonnaise permettent à des vins de retrouver une seconde jeunesse. C'est tout à fait le cas des vins rosés. Mais n'oublions pas qu'avec des plats aussi "simples" que celui présenté aujourd'hui, ce dernier joue un rôle prépondérant dans le plaisir de la table.

mercredi, 02 juillet 2008

J'ai testé pour vous...

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Entre les rencontres impromptues dans les salons de moleskine, les échantillons passés de main à main Place de Clichy, les colis dans la boîte à lettres, et ceux livrés par les coursiers des boîtes de com, la difficile tâche de VINSURVIN se voit aujourd'hui étendue. Si on est loin des errances dans les vignes ou des goûte-moi-ça dans les troglo, ces échantillons réservent parfois de belles surprises. Revue des derniers dégustés -et appréciés. Avec mes remerciements.

1084671118.JPGChampagne Thienot Brut Rosé. Boudé par les puristes, négligé par l'acheteur lambda, adulé par les femmes, le champagne rosé tarde à se faire une vraie place dans le paysage oeno-culturel français. Et c'est dommage, car ce vin, expression du charme et de la séduction, peut surclasser bon nombre de champagnes. Si celui de Bertrand Lhopital est un exemple de fraîcheur, de fruité et de raffinement, difficile de bouder celui des Thienot. Assemblage des trois cépages champenois (chardonnay, pinoit noir, pinot meunier), ce champagne rosé ouvre le bal sur de petites bulles nerveuses, mais, qualité essentielle, sans développer l'effervescence (type alcaselzer) des champagnes lambda. C'est d'abord sa vivacité, son côté explosif en bouche qui ravit le dégustateur, aspect que l'on retrouve d'ailleurs dans le Brut. Petits fruits rouges, puis griotte, framboise tapissent le palais dans une matière onctueuse, si ce n'est crémeuse. Des notes que l'on aimerait faire durer en bouche. Associé à des biscuits roses de Reims, comme ceux de la Maison Fossier, et voilà un moment des plus plaisant. Pour faire sobre.

Les arômes de ce Champagne Thienot Brut, produit de l'assemblage des trois cépages champenois également, sont vifs, gais et somme toute assez marqués.  Mais ce champagne surprend essentiellement par la fraîcheur, la densité, et la profondeur de sa matière. La bouche est fleurie, juvénile et d'une belle puissance, qui mériterait d'être un peu canalisée. Difficile une fois de plus de bouder son plaisir avec de tels vins.

Découverts au Salon des vignerons Indépendants du Carrousel du Louvre, les blancs de Château Bas, Coteaux d'Aix en Provence, nous1172876218.jpg prouvent une fois de plus la diversité, la complexité et la richesse du terroir français. Ouvert à l'apéritif, alors que le soleil tape sur les carreaux, Pierre du Sud intrigue le dégustateur. Pour un peu, il le laisserait dubitatif. C'est aussi pour ce genre de réaction que l'on aime le vin. Car quoi de pire que quelqu'un qui ponctue sa première gorgée d'un "ah, il est bon !" puis enchaîne sur un "et le boulot, ça va ?".

Pierre du Sud n'amasse pas mousse mais ne s'embarasse pas de fioritures non plus. Le nez exprime d'abord des notes franches et fraîches d'agrumes, notamment de citron jaune, puis viennent les fleurs blanches, le tilleul, avant que n'exultent des notes plus chaudes, comme l'ananas. La bouche est ardente nette et sans détour. De la fraîcheur, du zest, du citron jaune pressé. On en mettrait dans sa gourde pour aller arpenter le massif des Maures. A suivre sur VINSURVIN, les rosés de Château Bas...

130215527.gifOn finit avec le Domaine du Grand Guilhem, 2005, un fitou (rouge) des montagnes qu'Arnaud Vivancos m'a confié, la semaine dernière. Son architecte, Gilles Contrepoids, qui opérait dans l'informatique à Paris il y a une quinzaine d'années, rêvait d'avoir un domaine. Après avoir passé ses diplômes et vinifié à droite à gauche, il lance son premier millésime en 1998. La gamme des vins de ce reconverti est assez large : cru fitou, fitou grand guilhem, divers rivesaltes, corbières blancs et rosés...

On ne parle pas beaucoup du fitou sur VINSURVIN, la plus vieille appellation du Languedoc, au même titre que les corbières, c'est vrai. Ces deux appellations souffrent probablement du fait que les gros rendements de carignan donnent souvent des vins fades et sans reliefs. On entend et lit, çà et là, que Fitou vécut son heure de gloire dans les années 80 et que de nombreux vignerons se seraient endormis sur leurs lauriers... Mais Gilles Contrepoids éveille nos sens avec ce fitou Domaine Grand Guilhem. Il exprime des notes assez viriles et une certaine puissance à l'ouverture. D'ailleurs, des notes de cuir dominent nettement l'ensemble en premier lieu... Fruits noirs, kirsch, garrigue (thym, laurier), poivre noir s'invitent pour créer une agréable richesse aromatique. La bouche est ronde mais pas grasse comme certains faugères, les tanins sont un peu mous, et le fruit noir qui domine les premiers instants manque un peu de maturité, à mon goût. Des notes réglissées enrobent  une matière équilibrée et droite. Le vin est d'une certaine corpulence et s'exprime dans une longueur tout à fait honorable. Un beau potentiel qui pourrait s'avérer encore plus abouti dans les millésimes à venir. Je demande à goûter les 2003 et 2004 !     

Voilà, j'ai testé pour vous, mais n'oubliez pas que, chaque mois, vous pouvez également tester les vins de VINSURVIN lors des TupperWine. Prochaine édition, mardi 8 juillet, dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Renseignements et inscriptions ICI.

A suivre sur VINSURVIN,  Mas Nicot : 70 % grenache, 30% syrah, un excellent rosé languedocien qu'il faudra vite se procurer.

 

 
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