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mardi, 04 mai 2010

Chenin : le Roi Ligérien

les loges.jpgLes amateurs de bon vin sont forcément des amateurs de vins de la Vallée de la Loire. Si les chinon, bourgueil ou touraine, élaborés à partir des cépages cabernet franc, gamay et côt, sont les premiers qui viennent à l’esprit lorsqu’on évoque cette région du nord-ouest de la France, les blancs, élaborés, eux, à partir des cépages sauvignon et chenin, ne sont pas en reste. Concentrons-nous sur ce dernier, pure merveille, comme à Montlouis sur Loire. Lire la suite sur VinSurVin 2.0...

samedi, 18 avril 2009

Savennières : pas de manières !

loireloire.jpgLe Domaine de Belle Rive, qui sied au bord de la Loire, a eu l’excellente idée de faire goûter ses vins à VinSurVin. Bien lui en prit puisque ses savennières m’ont enchanté, notamment par leur propension à exprimer leur terroir et épouser leur millésime. 2004, 2005  : passés au crible. Lire la suite sur VinSurVin 2.0.

lundi, 23 mars 2009

Un Rosé, un Blanc.

rosée du matin.jpgAlors que d'aucuns ont à l'esprit que seul le bon rosé est produit en Provence, il n'est pas inintéressant de se tourner vers le travail de vignerons opérant là où il fait moins chaud. Après le rosé, le blanc : un mercurey de chez David Déprés que vous dégusterez à Paris dans quelques jours. Lire la suite...

jeudi, 13 novembre 2008

TupperWine 12.0 : jouir du meilleur.

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Les TupperWine fêtaient hier leur premier anniversaire autour d'un public en extase, acquis à la cause de l'accord vin et chocolat qui leur était proposé. Deux talentueux vignerons, et un artiste-chocolatier qui ne l'est pas moins, avaient fait, pour l'événement, le déplacement du Roussillon, de la Loire et de Montmartre. Une soirée délicieuse, bien au delà des rêves et des fantasmes de votre humble serviteur. Paroxisme et symbole de la soirée : une belle-maman dit s'être retrouvée au bord de l'extase suprême.

Une cave voûtée du 17ème Siècle, des invités triés sur le volet, du vin, du chocolat... Non, il ne s'agissait pas d'une soirée S.M. (Sauterne, Minervois) hier soir aux T3.jpgCaves Elzevir, qu'Alexis, tenancier des lieux, pourtant habitué des folles soirées parisiennes, aurait organisé, mais simplement du TupperWine 12.0 de VINSURVIN. Contrairement aux onze précédents, le vin n'était pas le seul roi de la soirée puisque le maître-chocolatier Arnaud Larher, Meilleur Ouvrier de France 2007, était venu avec trois pièces de chocolat. Accorder deux rivesaltes (de Pierre Schneider, Château Saint-Nicolas, Roussillon) et un coteau de l'aubance (de Didier Richou, Anjou, Loire) et des ganaches de très grande qualité, tel était le pari de cet artiste modeste et surdoué et de votre humble serviteur.

Nous ouvrons le bal avec un Rivesaltes 100% muscat, du Domaine Saint-Nicolas, à la robe très claire et très brillante. Ce muscat est rond, suave mais présente également une certaine fraicheur. Avec ses notes florales, puis chaudes de fruits blancs confits (abricot, mirabelle), sa complexité laisse entrevoir des notes de miel et de feuille de menthe. Robusta, un Grand Cru de chocolat noir du Venezuella apporte au vin une noble amertume qui lui sied à merveille. L'accord a cela d'intéressant que vin et chocolat se dissocient très bien en bouche, presque de façon paralèle. 

T1.jpgNous quittons, temporairement, le Roussillon pour la Loire, chez Didier Richou. Les Violettes 2005, un coteau de l'aubance 100% chenin avait été le coup de coeur d'Arnaud Larher, lors de la préparation de la soirée, dans son laboratoire. Ce vin blanc à peine moëlleux est une pure merveille de fruits compotés, de fraicheur et de complexité. Notre choix s'était porté sur une ganache au zest de citron vert. Contrairement au premier accord de la soirée, la ganache et le vin entre fusion pour ne plus faire qu'un. Le vin fait ressortir le citron vert de la ganache ou serait-ce cette dernière qui fait jaillir les notes d'agrume de ce chenin ? En tous cas, la fraicheur et la tonicité de l'accord sont remarquables.

Nous retournons dans le Roussillon pour déguster Elixir du Roy, un Rivesaltes 2003 du Domaine Saint-Nicolas. Le vin doux, naturel (passé 18 mois en barriques de deux-trois vins) de Pierre Schneider est élaboré à partir d'un grenache blanc pur : une couleur tuilée, ambrée, il nous emmène vers des notes subtilement madérisées, de pruneau, d'orange amère, de fruits confiturés tout en gardant une superbe frâicheur et une acidité bien calibrée ; un vin à cigare, un digestif, un vin qui se satisfait à lui-même, un vin de dimanche après-midi automnal,  que l'on sirotte assis au bord d'un feu cheminée, ou debout devant la fenêtre, celle qui donne sur la forêt, balayée par la pluie. Arnaud nous soumet Epicière, un chocolat confit aux agrumes, citron, orange et pain d'épice (grillé au four et broyé). A ce moment là, c'est un peu l'apothéose aux Caves Elzevir. Un groupe d'amis rit aux éclats. Le regard d'une femme très blonde croise celui d'une autre, aux superbes yeux émeraudes. Deux hommes, plongés dans une conversation importante, se reservent un verre. De la musique techno parvient difficilement aux oreilles de celui qui vaque de groupes en groupes. Soudain, on entend des femmes employer des champs lexicaux à caractère sexuels pour exprimer ce qu'elles ressentent devant le spectacle qui s'offre à leurs sens exacerbés. Un couple sextagénère dégénère. La charmante dame n'en peut plus. Trois chocolats, trois verres de vin modérés, elle arbore un sourire émerveillé, confondu ; elle ne trouve plus les mots pour exprimer ce qui l'envahit. Certainement un mélange de plaisir, de sensualité et de jouissance... 

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Cave Elzevir, 16 rue Elzevir, 75003 Paris - info@cave-elzevir.fr; Tél : +33 (0)1 42 78 25 04.

Domaine Didier Richou, route de Dénée, 49610 Mozé sur Louet, domaine.richou@wanadoo.fr, 02 41 78 72 13.

Chateau Saint-Nicolas, Route de Canohès, 66300 Ponteilla. Tél/Fax: +33-4-68-53-47-61 Mobile: +33-6-34-47-06-97

Arnaud Larher, 53 rue Caulaincourt 75018 Paris, 01 42 57 68 08.  contact@arnaud-larher.com

Photos (d'Anne de DINDONSWINE), 1 : de gauche à droite : Didier Richou, Arnaud Larher, Pierre Schneider. De dos : M. VINSURVIN. 

Prochain TupperWine : le 2 décembre. Benoit Tarlant vient à Paris nous faire découvrir ses champagnes...

dimanche, 02 novembre 2008

La Soirée Vin et Chocolat arrive !

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LE 12 NOVEMBRE PROCHAIN, DANS UN LIEU CHARMANT ET DEDIE AU VIN, L'OCCASION VOUS SERA DONNEE DE DEGUSTER 3 VINS ET TROIS CHOCOLATS EXCEPTIONNELS. DANS QUELQUES JOURS, LES MODALITES POUR PARTICIPER A CET EVENEMENT... 

VINSURVIN et le maître chocolatier Arnaud Lahrer, Meilleur Ouvrier de France 2007 (MOF), se sont retrouvés il y a quelques jours autour de vins doux et de gourmandises, afin de préparer leur grande soirée dégustation qui aura lieu le mercredi 12 novembre, à Paris : trois accords magiques entre trois vins et trois chocolats.

L'accord met et vin n'est pas une science exacte. Le choix du flacon qui accompagnera un repas s'avère parfois très compliqué. Celui d'unPhoto010.jpg dessert encore plus. Nous verrons mercredi 12 novembre si Arnaud Larher et votre humble serviteur y seront parvenus ! Lors de notre rencontre chez Julie McIvor, en décembre 2007, puis en avril 2008 au Loft Moncey, je suggère à Arnaud, un homme simple, drôle et d'une grande générosité, de lui faire déguster quelques vins à accorder avec ses talents de maître chocolatier. Nous pourrions organiser une soirée autour de ce thème, qui sait ? Ni une, ni deux, Arnaud se montre de suite intéressé. Problème, lorsqu'on est sacré Meilleur Ouvrier de France, l'agenda déborde et le temps manque ! A ma grande joie, Arnaud parvient à me consacrer du temps lundi soir dernier.

Photo008.jpgRendez-vous est donné à 18h00 à Montmartre, dans sa boutique de la rue Caulaincourt. Arnaud me conduit dans l'arrière boutique et semble déjà excité à l'idée de découvrir ce que j'ai à lui faire goûter. Nous démarrons avec l'Elixir du Roy, un Rivesaltes 2003 du Domaine Saint-Nicolas. Le vin doux, naturel (passé 18 mois en barriques de deux-trois vins) de Pierre Schneider est élaboré à partir d'un grenache blanc pur : une couleur tuilée, ambrée, il nous emmène vers des notes d'agrumes, de pruneau, d'orange amère, de fruits confiturés tout en gardant une superbe frâicheur et une acidité bien calibrée. Arnaud est immédiatement sous le charme, lui qui déguste un rivesaltes pour la première fois. Après diverses tentatives, dont une amande aux trois épices absolument divine, nous retenons l'Epicière, un chocolat confit aux agrumes, citron, orange et pain d'épice (grillé au four et broyé).

Nous poursuivons avec un Rivesaltes 100% muscat, toujours du Domaine Saint-Nicolas, à la robe très claire et très brillante. Ce muscat estPhoto009.jpg rond, moëlleux et suave. Avec ses notes florales, puis chaudes de fruits blancs confits, sa complexité laisse entrevoir des notes de miel et de feuille de menthe. Une ganache caramel salé, chocolat noir est proposée. Et puis, fianlement, le Robusta, un Grand Cru de chocolat noir du Venezuella se fait enrober par l'onctuosité et le fruit mûr du vin et donne à ce dernier une touche d'amertume qui lui sied à merveille. On se regarde. On est d'accord !

Photo007.jpgLe troisième et dernier flacon de la soirée nous emmène au bord de la Loire, chez Didier Richou, que j'avais eu la joie de rencontrer, chez lui, au printemps dernier. J'ouvre Les Violettes 2005 à Arnaud, un coteau de l'aubance 100% chenin. Et c'est le coup de coeur pour Arnaud Larher, qui est abasourdi par ce qu'il est entrain de déguster ! C'est vrai que ce vin blanc moëlleux est une pure merveille de fraicheur, de complexité et de générosité. La tâche est rude mais si excitante pour Arnaud, et pour moi-même, car au-delà de la recherche de la plus belle association met et vin qui soit, c'est le respect et la fascination que l'on porte à ce que l'on est entrain de boire et de manger qui dominent. Mêlés d'un plaisir immense, cela va de soi. Arnaud me soumet de suite Une ganache au zest de citron vert, qui apporte fraicheur et tonicité à un vin qui n'en manque pas, mais qui retient notre attention par sa structure et ses notes de mirabelles et d'abricots confiturés. La ganache et le chenin sont faits pour être ensemble. Voilà, nous avons trouvé nos associations, qui seront dégustées par les quelques happy few présents à cette soirée ! A ce sujet, d'ici quelques semaines, 10 invitations seront à gagner, donc restez connectés à VINSURVIN

En attendant de savoir si Pierre Schneider et Didier Richou seront des nôtres le 12 novembre prochain, ne reste plus qu'à trouver le lieu qui conviendra à cette soirée exceptionnelle. Une terrasse avec vue imprenable sur Paris ? Un loft avec piscine ? Une cave voûtée dans le Marais ? Une chambre de bonne dans le 16 ème ? N'hésitez pas à me faire savoir si vous possédez, vous, ou vos amis, un tel lieu pour acceuillir ce TupperWine 12.0.  

lundi, 30 juin 2008

Route des Vins : l'Anjou vous ouvre ses portes !

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Les vacances d'été sont l'occasion pour les amateurs de vin, novices ou éclairés, de pousser la porte des vignerons de France et de Navarre et de découvrir un monde pittoresque et fascinant. Derrière ces mots qui laissent rêveur (la Loire, les vignes, les dégustations à la propriété...), qui sont les hommes et les femmes qui élaborent ces vins délicieux ? A quoi ressemblent ces terroirs et ces vignobles ? Où se trouvent ces régions et ces villages estampillés sur nos bouteilles ? Organisez votre parcours initiatique à l'aide de VINSURVIN.

Quelle différence y a-t-il entre un vin acheté dans un supermarché et un vin achété à la propriété ? Qui a dit "ils sont meilleurs dans le deuxième cas" ?! Réponse : une histoire. Car qu'a t-on à raconter à ses convives lorsque le vin posé sur la table vient d'un hyper ? "Oh, la queue à la caisse samedi après-midi à Carouf ! 1h30 à poirotter ! Et pis, le rayon vin, il est encore plus long que le rayon accessoires de bagnoles. Du coup, j'ai pris au pif ! Heureusement qu'c'est pas aussi difficile pour l'huile de vidange, t'imagines la Xantia avec de l'huile de friteuse ?!"

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Ce week-end, destination Anjou ! Depuis Angers, filez vers le sud ! Traversez la Loire, direction Mûrs-Erignés pour aller goûter les vins de Marc Houtin et Julien Bresteau. La Grange aux Belles disposent d'un arsenal de vins blancs et rouges (authentiques, non filtrés, non collés...) qui ne laissent personne insensible. Cabernet, grolleau (gro quoi?!), sauvignon, chenin... goûtez les Pink Fluid (6€), La Chaussée Rouge (7€), 53 (8€), Fragile (9€). Et Merci (9€) ! ICI, l'histoire de VINSURVIN chez ces deux vignerons, sympatoches comme tout ! 

Ci-dessous : à gauche, la gamme des vins Grange aux Belles ; au milieu, Julien Bresteau et l'ami Fred, autour d'un casse-croûte dégustation ; à droite : Marc Houtin dans ses vignes. 

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Nous quittons Mûrs-Erigné pour Saint-Jean des Mauvrets (à l'Est). Impossible de ne pas se rendre dans une des appellations les plus prestigieuses de la Loire : l'Anjou Village de Brissac. Un détour par le château (XIè siècle) est également recommandé. Nous nous rendons chez J.Y Le breton pour y déguster La Croix de Mission : un nez bienfaisant qui associe fruits noirs et rouges. Des notes de sous-bois subtilement réglissées. La bouche est suave, ample et grasse. Et quelle matière! Epoustouflant. Les Millerits (rouge) : c'est d'abord la robe grenat sombre de ce 100% cabernet franc qui interpelle l'amateur. Puis le nez : puissant, complexe et typé. Un passage en carafe le sublimera encore plus. Un méli-mélo de fruits rouges et noirs très murs. Des notes assez viriles de réglisse et de tabac sont manifestes. De la richesse, du gras, mêlés à beaucoup de finesse. Enorme. Profitons-en pour tremper nos lèvres dans le sensuel coteau de l'aubance, un avant-gôut de ce que notre prochain vigneron a à nous offrir, en la personne de Didier Richou. Allez, direction Mozé-sur-Louet, au sud-ouest !

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Il faudra passer un petit coup de fil à Didier (et aux autres) pour s'annoncer et obtenir les indications : faudrait pas se perdre ! Je vous conduis au Domaine Richou, à Mozé-sur-Louet, afin que vous y goûtiez ses chenins secs et demi-secs mais aussi (et surtout) ses coteaux de l'aubance moëlleux (Les Trois Demoiselles) : pomme verte acidulée, poire mûre, pêche blanche confite, mirabelles cuites, abricots, pâtes de fruit, fraises des bois juteuses, douces épices ! Des arômes soutenus et équilibrés par une acidité (sorte de colonne vertébrale du vin) précise, fraîche et parfois mentholée, le tout en parfaite harmonie. Voilà, quoi. L'amateur de vin n'ayant jamais goûté pareille chose est un orphelin. Ma rencontre avec Didier Richou : ICI.

 

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A gauche, Didier Richou fait goûter, à la pipette, les Rogeries 2006 à Frédéric : il est encore en fûts et déjà tellement excellent ! La primeur, des anecdotes, un acceuil chaleureux : voilà ce que vous réservent les vignerons. 

225338757.JPGOn ne peut pas se trouver dans la région et ignorer les vins de Savennières. Un sol chaud et peu profond, composé de schistes verts et pourpres, l'influence de la Loire, un savoir-faire : autant d'éléments qui rendent ce terroir exceptionnel et d'une grande typicité. Le représentant le plus connu est sans conteste le savennières coulée-de-serrant et son domaine du même nom, dirigé, en biodynamie, par Nicolas Joly. De l'or devant les yeux, des fruits jaunes et exotiques à humer, de la complexité, de la douceur et de l'élégance en bouche. Il faut goûter cela un jour ! Passez également rendre visite à Loïc Mahé, au Domaine du Gué d'Orger, un jeune vigneron plein de talent. 

Voilà donc une idée de ce que l'on peut trouver rives droite et gauche de la Loire, à une encablure d'Angers : un monde magique, si ce n'est féérique, pour l'amateur de vin. Il va de soi que sur votre route, vous découvrirez un grand nombre de domaines. Le hasard faisant aussi parti du voyage, tentez votre chance et découvrez votre propre vigneron, votre propre vin ! Je ne saurai vous recommander de recracher ce que vous dégustez : mirer, humer, goûter, cracher sont les quatre temps de la dégustation. N'oubliez pas que vous êtes en voiture. Ayez bien mangé avant de déguster également. Le cas échéant, partez avec d'autres conducteurs. Bonne dégustation ! Bon séjour ! Et passez leur bien le bonjour de ma part !

 

La Grange Aux Belles (MM. Houtin-Bresteau), Les Chatelliers, 49610 Mûrs Erigné ; lagrangeauxbelles@gmail.com ; 02.41.80.05.72 ; 06.76.84.61.07.

Domaine des Rochelles (M. J.Y Lebreton), 49320 St Jean des Mauvrets ; jy.a.lebreton@wanadoo.fr ; 02.41.91.92.07.

Domaine Richou (M. Didier Richou) Chauvigné, Route de Dénée, 49610, Mozé sur Louet ; domaine.richou@wanadoo.fr ; 02.41.78.72.13.

Coulée de Serrant, (M. Nicolas Joly), Château de la Roche aux Moines, 49170 Savennières ; http://www.coulee-de-serrant.com/ ; 01.41.72.22.32.

Domaine du Gué de l'Orger (M. Loïc Mahé), La Piquellerie, 49130 Ste Gemmes sur Loire, gue.dorger@wanadoo.fr ; 06.14.76.66.01.

dimanche, 22 juin 2008

Jolies rencontres aux Abbesses

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Les Abbesses célébraient le vin le week-end dernier. Ils étaient une vingtaine à camper sur la Place, entre les badauds chinois aux yeux écarquillés et aux regards gênés, les confréries venues s'encanailler d'un verre de chablis ou de côtes-du-rhône, et les jeunes couples parisiens les bras pleins de bébés. Trois domaines auront retenu l'attention de votre humble serviteur : le Domaine du Petit-Barbaras (Côtes du Rhône), La Vinçonnière (Muscadet-sur-Lie),  et Château Nicolas (Rivesaltes). Bémol : le passage obligé par l'achat d'un verre à 3€, une fâcheuse tendance à Montmartre.

Ca fait toujours plaisir de retrouver "ses" vignerons sur Paris, et encore plus lorsque ceux-ci se retrouvent ensemble autour de vous ! Vincent Laroche (Chablis) a pu faire la connaissance d'Emmanuel Rybinski (Clos Troteligotte, Cahors) alors que je tapais le bout de gras avec ce dernier. Deux vignerons VINSURVIN qui parlent boulot devant leur fan : un moment savoureux ! L'occasion d'aborder avec eux le prochain projet de VINSURVIN : organiser un week-end dégustation réunissant tous les TupperVignerons de VINSURVIN à côté de Chartres courant 2009. J'évoque fin juin, début juillet. Vincent me conseille début décembre : s'il fait chaud en juin, il n'y aura personne. Début décembre, le budget boissons pour les fêtes est encore au beau fixe et il y a peu, voire pas, de salons à cette époque. Enfin, en dehors de QUI, A BÛ, BOIRA? de Laurent Baraou, effectivement, Chartres n'est pas gâté par les salons des vins. Et bien, c'est un bon début pour ce projet qui germe et qui j'espère verra le jour !

261423936.jpgLoin d'avoir fait le tour de tous les exposants samedi 14 et dimanche 15 juin derniers, trois d'entre eux auront retenu mon attention. Parmi tous ces vignerons indépendants médaillés au dernier Salons Vignerons Indépendants, le Rhodanien Domaine du Petit-Barbaras. situé à Bouchet dans la Drôme. Son côtes du rhône blanc 2006, assemblage classique de marsanne et de roussanne sur des sols argilo-calcaires, se décline sur deux cuvées. La première est fermentée en cuve inox. Sur le fruit, tel que la pomme et les agrumes, elle peine néanmoins à exprimer une vivacité qui titillerait nos papilles. Sur la fraîcheur, juteuse, elle est d'une plaisante densité. A boire de suite. La deuxième est, elle, fermentée en fûts de chêne, qui acceuillirent jadis un millésime, un seul, d'un vin liquoreux, celui de Château d'Yqem. Les fûts sont évidemment soigneusement lavés et personne ne saurait reconnaître des traces de sauternes. Ce côtes-du-rhône 2.0 est très aromatique. Plus gras, plus consistant, il présente une attaque assez souple mais l'acidité compense, offrant un bon équilibre et une bonne fraîcheur. Des notes de pomelo et de fleurs blanches se dégagent. Beaucoup de plaisir au final.

Le muscadet tarde à avoir bonne presse en France. Et sur VINSURVIN. Notamment à cause des cafés, bars, brasseries français qui nous1761549742.jpg servent, en règle générale, du vin médiocre, et du muscadet indigne, en particulier. Celui qui brûle la gorge. Pendant deux jours. Point besoin de s'y connaître ni d'aimer le vin pour tenir un café en France. C'est comme s'il n'était pas nécessaire pour un moniteur d'auto-école d'avoir le permis pour enseigner la conduite ("La marche arrière ? Ah, bah, je sais pas, attends je vais pousser). Exactement pareil. Ou de savoir parler anglais pour l'enseigner ("Excuse me, sir, but I think the protagonist is being ironic here, not sarcastic." "What? Tu peux parler franglais comme tout le monde?"). Du coup, si l'on se fie à ces marchands de pinard, les idées reçues ont de beaux jours devant eux. Le muscadet ? Beurk, c'est du vin de comptoir !

Heureusement, il y a des vignerons qui nous démontrent le contraire. Comme Laurent Perraud, à Clisson, qui produit un magnifique muscadet-sur-lie, cépage melon de bourgogne. Et c'est peu dire. Sélection les Egards 2006 ouvre le bal sur de la fraîcheur, de la tonicité, de la tension. L'aspect perlé offre de la gouleyance et un frissonnement sur la langue. Par ailleurs, le vin n'est pas dénué de profondeur. Des notes minérales et juteuses entrent dans la danse. L'enthousiasme gagne le dégustateur ! Domaine de la Vinçonnière 2007 dégage la même énergie. Un nez frais sur un bouquet de fleurs blanches et de fruits fraîchement cueillis (pomme, citron vert, et peut-être même de melon, de pastèque). Une bouche vivante, juvénile, jazzy. Conquis ! Quart d'heure américain avec des muscadets de dix ans d'âge. Les bougres, ils gardent toute leur verve ! Sélection des Egards 1997 présentent une couleur plus foncée, paille. Le nez nous guide vers du fruit sec, du foin coupé évoluant vers la fraîcheur de l'agrume et de la minéralité. Une belle texture ; plus de gras, de complexité et beaucoup d'élégance. La finale est longue et évoque les épices douces. Avec de tels vins, le déficite de notoriété du muscadet sera vite réparé. Bravo Laurent ! Pour finir, il y a fort à penser que les TupperWiners de VINSURVIN auront l'occasion de goûter tous ces vins sous peu ! Vous voyez comme je m'occupe bien de vous ?! De beaux muscadets ICI aussi.  

Pour terminer, en beauté : de la douceur, de la soie, de la noblesse avec les Rivesaltes du Château Saint-Nicolas dans le Roussillon. Situé dans les Astres, à Ponteilla, au sud de Perpignan, pour être précis, Pierre Schneider a repris le domaine de son grand-père il y a peu de temps. Elixir du Roi, qui n'est plus mon cousin après avoir trempé mes lèvres dans 100% petit-grain (pas d'alexandrie en effet, cépage typique de la région), Rivesaltes 2000 (grenaches noir et blanc) et Elixir du Roi 2003 (barriqué 18 mois en barriques de deux-trois vins) élaboré à partir d'un grenache blanc pur ont des couleurs tuilées, ambrées et nous emmènent vers des notes de plantes macérées, d'agrumes, de pruneau, d'orange amère, de cerise, d'abricot, de fruits confiturés tout en gardant une superbe frâicheur et une acidité bien calibrée : quel voyage au pays des arômes, des saveurs et de la gourmandise ! Des vins à découvrir bientôt sur VINSURVIN et lors d'un TupperWine magique où nous découvrirons les rivesaltes de Pierre Schneider et les coteaux de l'aubance et Didier Richou !

vendredi, 09 mai 2008

La Grange aux Belles, c'est tout naturel.

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Impossible de se rendre sur la rive gauche de la Loire en Anjou sans passer dire bonjour aux Dupond et Dupont de Mûrs Erigné, Marc Houtin et Julien Bresteau.  Avec leurs vins atypiques, fraternels et déroutants, les deux comparses s'inscrivent dans le naturel et l'affirment haut et fort, à tel point que chaque cuvée est comme une promenade, une aventure, une rencontre. Dégustation au tour d'un casse-croûte campagnard puis tour du propriétaire.

2008860559.JPGVous connaissiez les vins bio, vous connaissiez les vins en agriculture raisonnée, mais connaissiez-vous les vins d'Houtin-Bresteau ? Si ce n'est encore fait, session de rattrapage immédiate et dégustation cet été lors d'un Tup**R-PiKnIk parigot. Vous apporterez les mets, j'apporterai le vin... de la Grange Aux Belles ! Au bord de la Chaussée Rouge, on fera avec les Moyens du Bord : du Vin de Jardin nous boirons, Fragile comme Pépé, mais auquel vous direz Merci pour le plaisir procuré.

Il est quand même 13h30 quand VINSURVIN arrive à la Grange Aux Belles. La fantastique dégustation chez Didier Richou a duré plus longtemps que prévu : ça change de ces vignerons taciturnes qui vous servent deux fonds de bouteille et ne se montrent pas des plus loquaces ! "Ah, il est bon, hein... Il a bien le goût de raisin, quoi. On sent bien, le..., la...," "Ben ouais, c'est pas du vin'd'pédé." "Heu, oui, c'est une analyse..." 

L'estomac dans les talons, nous pénétrons dans le caveau, basé en zone industrielle (première originalité). Une rillette de porc de chez JP Grenet (en angevin dans le texte) nous attend ainsi qu'un pâté de chevreuil, spécialité du père de Marc. J'espère qu'il va pas nous sortir un bocal de batraciens confis... De toute façon, je mangerais n'importe quoi.770177262.jpg

"Bon, on commence avec les vins de bistrots," entame Julien. Moyens du Bord, un chenin de comptoir pour autochtones. Humble, terroir, amical.

Pink Fluid et son étiquette fun est un rosé vineux, plein de jus, espiègle. Un dimanche après-midi sur un sandwich pâté de campagne, au bord de la rivière, en taquinant la truite.

Le décuvage du Vin de Jardin se fait en petite caissette. Comme dans le temps. 80% gamay, 20% grolleau, on pourrait lui trouver un manque de corps et de matière (surtout à 10,8°) mais l'esprit est d'offrir du raisin, du fruit, du jus. Déroutant.

La Chaussée Rouge 2007: 100% cabernet. 100% gourmand. Ca sent le fruit, le raisin, le moût. Vas-y Juju,  remets-en un verre! Et puis, la terrine, là, super !

53 (2006) est un cabernet franc planté sur schiste ardoisier vinifié en macération traditionnelle et vous n'y comprenez rien mais c'est normal moi non plus je vous rassure mais vous pourriez quand même faire un effort pour suivre.

Princé 2007 et son côté Purple Rain nous dirige sur des airs plus groovy. La bouche est ample, grasse et suave. Les fruits noirs traduisent une certaine complexité. Pas encore sur le trône mais devrait y accéder et régner en maître d'ici peu.

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Fragile 2007 : mon chouchou. Un blanc précieux, sensible, glamour, parfumé, mentholé, frais, capricieux, ananas, Le Marais, shirtlifter, on s'appelle? non je suis straight, too bad. Fragile ? J'adore.

Pas étonnant que ce coteau de l'Aubance soit appelé La Belle Adorée avec son nez confis d'ananas, de pêche cuite, et puis ses notes d'exotisme, sa belle densité en bouche, son équilibre et ses hanches... Belle demoiselle.

Pépé n'a rien à envier aux jeunes loups précédemment dégustés. Le vieux est un vin doux naturel, non muté, non souffré, avec des notes de noix et de promenade dans les bois. Une personnalité singulière, typique de la Grange aux Belles. Adotpé par de grands restaurateurs.

Merci (Julien, c'était super!) Un sauvignon, moëlleux, de fruit jaune très mûr (prune, mirabelle), grosse présence de sucres résiduels. Avec un gâteau de grand-mère un mercredi pour l'anniversaire du p'tit.

Reflet de leur terroir et de leur éclectisme, les vins de la Grange Aux Belles possèdent une philosophie affirmée et sincère. Jeunesse, fraîcheur et personnalité sont également des maîtres mots chez les Houtin-Bresteau. Et puis, avec leurs étiquettes fun, des prix modérés et l'acceuil roots au domaine, en voilà qui ont tout pour faire un carton. De douze.

La Grange Aux Belles, Les Chateliers, 49610 Mûrs Erigné - lagrangeauxbelles@gmail.com - 02.41.80.05.72.

Photos VINSURVIN. 1. Le vignoble de la Grange Aux Belles (retouche photoshop) 2. Au caveau 3. Julien Bresteau, contemplatif, dans ses vignes 4. Marc Houtin en plein travail dans ses vignes.

mardi, 06 mai 2008

Deux Bijoux d'Anjou.

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Suite des périgrinations de VINSURVIN dans les vignobles de France et de Navarre. Jeudi 5 mai, destination l'AOC Anjou-Villages de Brissac, au sud d'Angers, où cabernet franc et chenin règnent en véritables ducs, d'Anjou, ça va sans dire. Direction le Domaine Richou et la Grange Aux Belles pour déguster des  vins que diversité géologique,  méthodes de travail et objectifs finaux rendent très différents. Récit.

2121970155.JPGIl est 10h30 quand j'arrive chez Didier Richou. J'avais rencontré notre vigneron au Salon des Vins de Loire d'Angers début 2008. La dégustation (sommaire) de ses vins, notamment de ses côteaux de l'Aubance, m'avait séduit ! Il fallait que je me rende chez lui afin d'en apprendre davantage sur ce domaine. 

Nous prenons place autour d'une grande table en bois et Didier se met à disserter sur les sols qui voient pousser ses vignes. Cartes géologiques et morceaux de roches à l'appui, nous abordons une partie fascinante de ce qu'est le "terroir" : un sol, un climat, une région, une culture, des méthodes... Au sud du massif armoricain, les sols sont composés d'une gamme diverse de schistes. On y trouve même du quartz et de la pierre volcanique. C'est cette topologie qui donne au vin ces notes de minéralité. Au nez se dégage des notes d'ardoise, de pierre à fusil, comme vous avez certainement pu le constater avec les sauvignons du Centre-Loire (Pouilly Fumé, Sancerre, Ménetou-Salon...).

Vient alors la dégustation et ce n'est pas parce que, nettoyage tardif de printemps oblige, VINSURVIN a basardé les trois pages de notes prises lors de la dégustation de trois heures #*¤$}+;-(%arghhhhh##/!§ qu'un compte-rendu ne s'impose pas. Les échantillons que Didier aura bien voulu me laisser seront donc doublement les bienvenus !1742803754.jpg

100 % chenin, d'une robe paille claire et brillante, les Rogeries 2005 se présente entre minéralité, fraîcheur et vivacité. Le nez est aérien et nous rappelle lamenthe sauvage, l'eucalyptus. Des notes d'agrumes (citron vert) se manifestent d'entrée pour laisser place à plus de chaleur et de rondeur et nous signifier la poire. Sa jolie trame minérale et son acidité douce amère apporte fraîcheur et longueur en finale. Un vin net, vif et élégant.

Nous passons au chai pour goûter les Rogeries 2006, qui me réjouit instantanément. Son bouquet de fleurs blanches, de fruits exotiques et d'épices douces (poivre blanc)... La bouche est pleine, ample et grasse. L'ananas, la pêche blanche mûre dominent la bouche avant que des notes de pamplemousse viennent équilibrer la bouche de façon succincte mais non négligeable. Un régal !

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Après les gamays (minéral, fruits noirs et épicés) et les anjou rouges, et village brissac (corps, amplitude, réglisse, torréfaction...), sur lesquels nous reviendrons ultérieurement, Didier Richou va s'atteler à nous faire déguster ses Coteaux de l'Aubance.

Vous connaissiez les coteaux du Layon, les Sauternes, les vins de glace et autres vendanges tardives, qu'en est-il des coteaux de l'Aubance qui trouvent leur lie au sud de la Loire. "Ici en Aubance, on a constaté un changement de climat vers 1994. Et c'est à partir de ce moment qu'on s'est relancé dans les aubances. Un peu trop d'ailleurs. Comme souvent, l'homme a souvent tendance à tomber dans les excès et nos aubances manquaient singulièrement d'acidité. On a donc fait marche arrière," explique Didier Richou. Ces vins blancs sont en effet liquoreux grâce à des taux de sucre résiduels élevés. Mais lorsqu'ils ne rencontrent aucune acidité, ils sont écoeurants et sans intérêts.

Des Coteaux de l'Aubance Sélection (sur lie pendant une vingtaine de mois) aux Trois Demoiselles (déclinées ce matin là jusque 1997!), les sensations éprouvées auront été remarquables. Ces vins passent en revue les fruits qui parsèment les étales des marchés et nos souvenirs d'enfance: de la pomme verte acidulée, de la poire mûre, de la pêche blanche confite, des mirabelles cuites, des abricots, des pâtes de fruit, des fraises des bois sucrées, de douces épices, j'en passe et des meilleurs... Du sucre, oui, maus pas uniquement. Ces arômes sont soutenus et équilibrés par une acidité (sorte de colonne vertébrale du vin) précise, fraîche et parfois mentholée, le tout en parfaite harmonie. Autant de souvenirs intacts de cette journée que des notes écrites auraient peut-être un peu trahis.

Il est l'heure de quitter Didier Richou pour nous rendre à la Grange Aux Belles chez Marc Houtin et Julien Bresteau, dont nous parlerons dans quelques jours sur VINSURVIN. Mais notre vigneron insiste pour courir chez lui (juste à côté) afin de nous faire goûter un Trois Demoiselles 1997  et avant de revenir sur le 2003 pour trouver un point de comparaison. Est-ce bien raisonnable ? Le millésime 1997 a une sublime couleur or foncé. Il a épaissi, présente un nez d'orange et d'abricot fort mûr, offrant généreusement des notes de confiture de mirabelles de grand-mère tout en maintenant une jolie trame en acidité : c'est suave, c'est doux, c'est du velour ! Bravo Didier ! Et merci de m'avoir traité comme un Duc !

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Photo illustration : VINSURVIN, depuis la colline de la Treille (49). Retouche photoshop.
Photo pierres : VINSURVIN.

dimanche, 27 avril 2008

Chinon Underground

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Alors que dans chaque grande région viticole de France et de Navarre, un ou deux noms de vigneron  se dégagent systématiquement, entraînant de facto un snobisme précaire ("quoi, t'as jamais bu un Monsanto ? Oh, l'autre !") et une certaine uniformisation du goût et de la pensée ("Attends dans le Cantal, à part Duchnoc, je vois pas..."), l'on trouve, dans l'ombre, des vignerons qui font un travail extraordinaire. A des prix caveau extraordinaires, eux aussi.

Lorsque l'on évoque les vins de Chinon, et surtout de Cravant-les-Coteaux, les Bernard Baudry et Phillippe Alliet se taillent la part belle en terme de réputation et de popularité sur l'échelle de Richter franco-vinicole. Et c'est bien normal : il suffit de goûter une fois dans sa vie un Grézeaux ou un Huisserie... Pendant ce temps là, les Pérais-Sourdais taillaient, les Gilloire vignifiaient et les Shadocks pompaient. Ces vignerons au talent immense mais qui pour des raisons diverses et variées (hors mis qualitatives) demeurent dans l'ombre. On pourrait les appeler les vignerons underground. Dieu merci, VINSURVIN est là pour les mettre sous les feux de la rampe.

Pour accompagner un veau à la sauge, il était question d'ouvrir un jeune bourgogne ce midi. Un Ladoix 2002 semblait approprié. Mais la descente à la cave, quelques 50 mètres plus bas, entraîne parfois des modifications incontrôlables. En effet, après l'allumage de la lampe à gaz (type camping), une idée lumineuse m'apparut comme une évidence : servir un grand vin de Loire. Ni une, ni deux : j'empoignai un Chinon Vieilles Vignes 2005 de Laurent Gilloire, acheté chez monsieur le 26 février 2007, 5,00€ pièce, facture à l'appui. "5,00€ ? Arrête!". "J't'assure".

Sa robe est couleur grenat clair. Un premier nez terreux, de sous-bois, de chanterelles s'impose comme une (autre) évidence. Une touche minérale également s'extirpe de cette complexité ligérienne.  Place aux fruits noirs ensuite, notamment la cerise croquante et fruitée. La bouche est fraîche, minérale, complexe et poivrée. La cerise s'affiche comme le fruit dominant. Large, volumineux et puissant, ce vin semble s'offrir corps et âmes au dégustateur. Dorothée le trouve austère, bourru, mais aussi très fruité. Je le trouve viril. Viril, certes, mais la finesse du fruit et de sa chair n'en font pas un vin charnu, plombé et lourd. Pas du tout, il reste aérien en bouche.

Laurent Gilloire n'a pas qu'un tour dans son chapeau puisque la Cuvée des Cigales (7,20€) réserve également de très agréables surprises... Dans la série vignerons de l'ombre, on s'intéressera également à une viticultrice tout aussi discrète que Laurent Gilloire : Christelle Pérais-Sourdais, également basée à Cravant les Coteaux. Un Moulin à Tan 2005 à 4,30€. Si ce n'est pas donné, ça !  

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Photos VINSURVIN.

mardi, 22 avril 2008

Wine in Bû is Bûtiful. Part II.

 

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Suite et fin (ou presque) de la dégustation des vins Laurent Baraou dans le petit village de Bû en Eure et Loir. Après les blancs dont la qualité a été largement évoquée sur VINSURVIN, petit tour d'horizon des rouges. Avec un gros coup de coeur pour un vin de... Bordeaux ! Un extra-terrestre dans une région décimée par l'uniformité.

  • Domaine des Roches Neuves 2007, Saumur Champigny Thierry Germain.

Longez la Loire après avoir passé le village de Candes Saint-Martin. Inaccessible en voiture, il vous faudra marcher à la découverte d'un des plus beaux villages de France. Ensuite vous prendrez la route pour Saumur, superbe ville siégeant les bords de Loire. Frissons garantis. Vous traverserez la ville pour vous rendre à Varrains. Varrains est une mine d'or. VINSURVIN élisait (timidement !), il y a pile deux ans, la Cuvée Pelo du Petit Saint-Vincent comme bouteille de la semaine. Aujourd'hui, c'est un homme de Varrains lui aussi qui est honoré : Thierry Germain.

Il fallait oser présenter un millésime auquel les cartomanciennes ne prédisent pas un bel avenir. La robe des Roches Neuves 2007 est profonde et d'une belle brillance. Le nez est concentré, ample et promet déjà beaucoup de plaisir. En effet, les arômes de fruits noirs mûrs sont intenses et purs. Des notes de tabac et de bois sec se dévoilent dans une grande complexité olfactive. Quelle fraîcheur également ! La bouche nourrie de ce nectar riche et voluptueux exulte devant tant d'énergie et de fougue ! Mâchez ce vin : son gras, sa chair, son corps sont les ambassadeurs du moût, du raisin et de la lie. On ne peut non plus s'empêcher de penser au travail qui a été fait en vigne. Ca crève les sens. VINSURVIN espère vous présenter, un jour, à Paris, Saint-Germain, dont le vin n'est pas prêt d'être relégué en VDQS, sorte de ligue 2 du vin. A moins que les cartomanciennes ne me contredisent.

  • Alain Chabanon, Coteaux du Languedoc (Montpeyroux).

On aime le Languedoc sur VINSURVIN. Et c'est peu dire. On s'embourgeoise aussi. Cet Esprit de Font Claude 2003 vaut quand même 24€. Justifiés. . Un nez puissant et complexe de garrigue, de pin, de romarain, puis de fruits rouges sauvages. En bouche, la matière est élégante, avec des tanins  précieux. Ce vin exprime sa personnalité à travers sa puissance et sa délicatesse, dont se dégage une force singulière. En finale, Font Claude n'en finit pas de nous conter l'arrière-pays montpeliérain avec ses notes gourmandes, réglissées et grillées. Le caractère un peu serré laisse augurer un beau potentiel de garde, caractéristique des grands Montpeyroux.

On pourra également se tourner vers Les Boissières 2004 et Campredon 2006, qui ont montré tout le talent d'Alain Chabanon.

  • Dominique Bertram, Château Nogues, Bordeaux (Supérieur).

Vous connaissez la passion de VINSURVIN pour les vins de Bordeaux. Sourtout pour les supérieurs. Pourtant, votre humble serviteur vantait récemment la qualité des Château Toumilon, en Graves. Par ailleurs, dans quelques mois, nous goûterons probablement les vins d'Alexia Eymas, de Château Maisonneuve, des blaye rapidement abordés il y a quelques semaines à l'Assiette Aveyronnaise du grand Dorian. Les échantillons d'Alexia viennent de quitter Bordeaux : je les attends avec impatience ! Et pour boucler la boucle, le vin ayant, et de loin, impressionné VINSURVIN à Bû est un vin élaboré non loin de Graves, celui de Dominique Bertram.

Pour connaître mes impressions sur ce fameux Bertram : patience ! L'article paraîtra dans quelques jours. En attendant, et pour vous faire patienter, rendez-vous ICI, pour découvrir une jolie présentation de l'homme et de son travail.

Enfin, nous parlerons très bientôt des Châteauneuf du Pape du Domaine de Villeneuve, de Stanislas Wallu. En vue sur VINSURVIN : une dégustation des vins de Stanislas (attention, bijou) en duo avec les côtes du rhône et chateauneuf du pape du Domaine de la Milière.

 

 

lundi, 10 mars 2008

Vin de Loire dort comme un...

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Comme les hommes (qui a dit "et contrairement aux femmes"? Ah, non, je ne le tolérerai pas.), le vin a souvent besoin de quelques années pour exprimer tout son potentiel, offrir le meilleur de lui-même, trouver une certaine forme de plénitude. Lorsque certains vins nécessitent du repos des décennies durant, l'amateur patientant ne serait-ce que trois ans peut tout à fait profiter de cette sagesse. 

Il est des vins qui vieillissent mieux que d'autres. Pire, il en est que l'âge bonifie! Les années passant, et après avoir traversé plusieurs phases, le nectar objet de tous nos désirs va atteindre ce que l'on appelle son apogée. De là à dire qu'il n'est pas "buvable" lors de sa prime jeunesse, il y a un pas. Mais, les spécialistes, dont votre humble serviteur ne fait pas partie, s'accordent à dire, qu'effectivement, un vin ayant sommeillé dans d'excellentes conditions de garde pendant de longues années (dix, vingt, quarante années, voire bien plus), conduira le dégustateur vers des contrées bachiques rarement explorées. Parmi les millésimes exceptionnels, on compte notamment 1921, 1949, 1959 et 1990 (sur l'ensemble du territoire),  1995 (Loire et Rhône), 1996 (Bordeaux), 2000 (Bordeaux, Chateauneuf du Pape, Gigondas), 2003, 2005 (Bordeaux, Bourgogne, Loire, Rhône). Comparativement, 1956 fut catastrophique, 1980 médiocre et 2002 moyen à médiocre. Entre autres. On dit aussi que les millésimes de 1939 à 1945 n'eurent pas pas bon goût.

Parallèlement, il est des vins qui ne peuvent pas, et qui ne doivent pas, passer certains caps temporels. Ce ne sont pas des vins de garde. Attention, ce n'est pas parce qu'un vin n'est pas de garde qu'il n'est pas de qualité. Tout naturellement, il ne possède pas les critères (cépage, appellation, terroir, sucre résiduel, acidité, vinification) qui font d'un vin un vin de garde. De même qu'on n epeut pas décréter que certaines régions françaises (comme la Loire) ne sont pas propices à la garde. Certains Chinon peuvent tenir dix années. Et si les vignerons ligériens se gardent bien de vous promettre 15, 20 ans de garde, je ne serais pas étonné de trouver dans leurs caves des étiquettes affichant des millésimes inférieurs à 1990, et pas uniquement par esprit de collectionneurs.

Le flacon ouvert aujourd'hui affichait 2004. Un gamin me direz-vous! Sauf que ce Saint-Nicolas de Bourgueil (Les Graviers, de chez David Drussé) n'a pas vocation à vieillir. En 2005, votre humble serviteur décrivait une robe rubis éclatant, un nez expressif et pur, des arômes de fruits rouges évoluant vers des notes d'épices et de fruits macérés dans l'alcool, une bouche ronde et grasse se développant avec un équilibre parfait et une élégance rare. Une trame tanique présente mais pas outrancière (Archives). Mars 2008 : la couleur est aubergine, claire. Le nez est plus discret mais nourrit toujours des arômes de fruits rouges mûrs. Dans un parfum homogène et discret, le côté "fruits macérés" persiste et le nez demeure épicé. Fraîcheur et vivacité se sont amenuisées. En bouche, le vin a conservé un beau volume mais n'a plus ni l'attaque, ni la chair "d'antant". Le fruit est là mais il se confond avec d'autres notes, offrant à l'ensemble une certaine complexité. La puissance typique du cabernet fait un peu défaut. Les tannins se manifestent mais qu'est-ce qu'ils se sont arrondis. Ce Gravier est devenu ce qu'on appelle volontier un "vin léger", souple et agréable à boire. Les qualités intrinsèques du vin, celles que l'on devine et que l'on estime si prometteuses chez les grands vins de garde dans leurs premières années, ne se sont pas exacerbées. Au contraire, elles se sont joliment fondues dans un décor très harmonieux. Pour être franc, bien qu'encore très agréable, il est temps de boire ce vin qui a désormais quatre ans. Pour l'anecdote, ce vin avait fait l'unanimité lors du Tupperwine 3.O. Ce vin de Loire a donc peu, mais assez, et bien vieilli. En l'espace de quatre ans, il a finalement trouvé une certaine sagesse pour devenir vraiment agréable, et n'a rien perdu de son caractère.   

 
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