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vendredi, 01 mai 2009

Dans le Tricastin, j'me tracasse pas

mascàgaz.jpgLe Tricastin se remet doucement de la mauvaise publicité dont il a bénéficié l’été dernier, suite à l’incident survenu sur le site d’Areva. Puisqu’il faut savoir donner de sa personne, j’ai (re) dégusté un Hémard et Cook. Lire la suite sur VinSurVin 2.0...

lundi, 02 février 2009

I Love Rhône'n'Roll

Assure.jpg

Parfois, les mots vous manquent ! Exprimer un sentiment ne requiert pas toujours la prise de parole. Un geste, un regard, une musique sont tout aussi évocateurs pour traduire ce que le corps et l'esprit ont momentanément ressenti. Etait-ce la structure du vin, sa richesse, le rythme imprimé par ses différentes tonalités ? Quoi qu'il en soit, quand certains vins évoquent Strauss, Trénet ou Thelonious Monk, ce côtes du rhône village 2003 de Michel Arnaud m'a de suite fait penser à A Certain Romance, un morceau des Arctic Monkeys. En tous cas, m'a donné envie de l'écouter. Pur produit de mon imagination, delirium aigu, ou réalité, peu importe. Le plaisir fut à son comble.

millière.gifPourquoi une telle comparaison ? Comment peut-on diable associer un tel morceau pop rock avec un côte-du-rhône ? Vous l'aurez compris, il faut une bonne dose d'imagination. Ou être complètement barge. Les amateurs de cigares, de cognacs ou de grands vins auront toujours un morceau de musique à l'esprit pour accompgner leur Yquem ou leur Cohiba. Musique et vin vont de paire. L'oenophile est un mélomane averti. Et vice versa.

Le nez de ce côtes-du-rhône ravit d'emblée : il est gourmand de petits rouges frais et croquants (fraise, framboise, cerise). Après aération, de subtiles notes de maquis, rythmées par des tonalités animales, entrent en scène. Un poivre doux met un peu d'épice à l'ensemble, savamment orchestré par le grenache (85%) la syrah (10%) et le mourvèdre (5%). Et quelle fraicheur !

Loin des sonorités technologiques, les parcelles de ce côtes du rhône sont vendangées manuellement et les baies fontarcticmonkeys.jpg l’objet d’un tri sélectif à la vigne. La vendange, totalement éraflée, est vinifiée de façon traditionnelle dans les cuves béton la cave de la Millière. La fermentation des baies, de 10 à 15 jours, fait place à un élevage adapté en cuve permettant de produire un vin souple, tout en fruit, facile à boire mais avec une belle structure. Tout au plus 1 an après la date de vendange, l'opus de Michel Arnaud est mis en bouteille.

En bouche, richesse, profondeur, matière, fraicheur, cadancées par une très belle souplesse évoquent la parfaite association basse/batterie, guitare/chant du meilleur groupe du monde. La finale est intense, longue, ecstatique. A seulement 6,50€ au départ Domaine de la Millière, on aurait tort de se priver.

L'occasion vous sera donnée de déguster les vins de Michel Arnaud le mardi 2 juin prochain : ses côtes-du-rhône, ses CdR Villages et ses Chateauneuf du Pape (rouges et blancs) seront au programme du TupperWine 19.0.

 

lundi, 12 janvier 2009

Le Rhône à l'honneur au TupperWine 14.0

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Avec toujours le même souci de faire découvrir des régions, des vignerons et des vins à ses lecteurs et lectrices, VINSURVIN a emmené ses TupperWiners, mardi 6 janvier,  sur les routes de la Vallée du Rhône, de Crozes-Hermitage (Drôme) à Pertuis (Vaucluse) via Rasteau et Gigondas. Cerise sur le gâteau, dans les mûrs de findawine, le jeune vigneron rhôdanien, Pierre Doumenge, avait fait le déplacement jusqu'à Paris, afin de nous parler de sa dernière née, Mantes Dégustation 2008. Mais aussi de son aîné, MD 2007. Prochain TupperWine, mardi 3 février.

_DSC2617.jpgDes gens du monde du vin (Pierre Doumenge de Mantes, Christophe et Isabelle Tison, du Domaine Bérénas, l'équipe de findawine.com ou encore Sylvain Mauger, d'ochato.com) et plein d'amateurs de vin avides de se donner une idée, à travers quelques flacons, des tendances rhôdaniennes actuelles. Au programme : huit vins, millésimés entre 2003 et 2007, puissants et soyeux, complexes et gouleyants, réputés et intimistes, élaborés par des vignerons connus et moins connus ; un cliché du Rhône septentrional, et de son cousin méridional.  

Nous démarrons avec Nouvelère 2006, un Crozes-Hermitage du Domaine Philippe et Vincent Jaboulet, un nom réputé s'il en est dans la région. Un nez puissant de fruits (framboises, groseilles, que l'on retrouve en bouche), de vanille et tabac. La bouche est riche, intense, tannique, sur des notes de chocolat, de café. On lui souhaite de s'harmoniser et de se fondre avec le temps.   

Nous descendons vers le sud, à Rasteau, où le Domaine Wilfried élabore des vins de terroir, reflétant au plus près les caractéristiques_DSC2868.jpg du sol de cette région, avec le souci de mettre en lumière l'identité et le potentiel de ses cépages.  Son Cairanne 2005, à la couleur foncée et profonde, développe un nez de fruits noirs sur des notes fumées et grillées. En bouche, le boisé est prononcé et le temps fera son travail pour le fondre. Passé cette sensation, les notes de groseille et de réglisse ravissent. C'est un vin qui se dégustera cet été avec des grillades et des copains. A ouvrir deux heures avant service.

Toujours dans la famille Wilfried, je voudrais... le Rasteau (2005) ! Un nez qui présente une légère réduction (empyreumatique diront certains). Assemblage de Grenache (60%), Syrah (20 %), Mourvèdre (10 %) et Carrignan (10%), le vin est plus souple en bouche que ne l'est son homologue. Cette bouche est plus harmonieuse, plus aboutie peut-être. Les tannins sont moins virulents que sur le cairanne, et le bois nettement moins outrancier, ce qui lui confère une certaine élégance. Un vin agréable à déguster avec des plats en sauce. Cairanne et Rasteau, deux appellations à ne manquer sous aucun prétexte.

_DSC2601.jpgIl s'appelle Pierre Doumenge, VINSURVIN vous avait conté en avril dernier ses péripéties lors de la sortie de son premier opus, Mantes Dégustation 2007. Ce jeune vigneron basé à deux rangs de vigne de Cairanne était monté à Paris, nous présenter son dernier né, MD 2008. Nous commençons avec MD 2007 : 60% grenache, 40% cinsault, c'est une véritable explosion de fruits au nez ! On dirait un beaujolais ! C'est rafraichissant et surtout très étonnant. Pierre travaille en bio sans vouloir en faire trop état, mais sa philosophie est claire : traduire le terroir et le millésime. Un vin gouleyant, soyeux, net. Du très joli travail, assurément. Voici venu le moment de goûter au petit dernier, MD 2008, fraîchement prélevé sur cuve pour les TupperWiners. On retrouve la trame du 2007 (la corbeille de fruits rouges et juteux), mais plus en retenu cette fois-ci, avec des notes plus garriguées et une certaine minéralité. La bouche est très élégante, fondue, avec des notes minérales et fraîches, puis plus tertiares, de thym, de bois sec, avec une délicate pointe poivrée en finale qui lui redonne de l'élan. On ne mentira pas en disant que tout le monde autour de la table est conquis par ce vin. Autour de 9€, un très, très bon placement.

Nous poursuivons notre périple pour nous diriger au pied des Dentelles de Montmirail, à Gigondas, un village viticole qui a toujours_DSC2608.jpg été mythique à mes yeux, puisque c'est un grand vin de Gigondas qui me fit tomber amoureux du vin il y a vingt ans. Séquence nostalgie terminée ! Alors, on ne renie pas ses origines et on ouvre la Cuvée Grand Romane 2004 du Domaine Pierre Amadieu. Un nez complexe sur le chocolat, le café, la truffe. La bouche, puissante, délivre graduellement sa richesse. On déguste. Evidemment, la bouche est encore "jeune" tant ce Grand Romane révèlera toute sa classe dans quelques années. Grand vin du Rhône, grand vin de garde.

_DSC2612.jpgDifficile, voire impossible, de consacrer une soirée à une région viticole où l'on fait parmi les meilleurs vins du monde, du nord au sud, sans célébrer son embassadeur. C'est avec un vin de Stanislas Wallut, proposé par le fameux caviste Laurent Baraou (que je remercie au passage), qui est présenté ce soir : Domaine de Villeneuve, Chateauneuf du Pape, "Les Vieilles Vignes" 2003. La robe évoque la couleur de la brique. Au nez, des notes kirchées précèdent un bouquet aromatique de fruits rouges, d'abord, puis noirs, racés mais gourmands également. Dans un millésime difficile à maîtriser par les fortes chaleurs de 2003, l'impression de fruits très mûrs, compotés ne domine pas outre mesure car le vin est parfaitement équilibré, avec cette acidité (due au stress hydrique, au travail dans les vignes et les chais) qui lui offre une droiture assez incomparable. La bouche est riche, la finale persistante et fraîche. Un régal !

Après cette palette de très bons vins, le huitième et dernier flacon se devait de tenir la dragée haute, notamment face aux deux_DSC2621.jpg derniers, dotés d'une sacré réputation. Votre humble serviteur propose un vin du Luberon, glané en juillet dernier, lors de cette visite au Chateau Grand Callamand, à Pertuis. Joli hasard, Sylvain, présent à son premier TupperWine, est originaire de Pertuis. Cette cuvée Nous, 2005, est étonnante. Elle fait bien plus que tenir la dragée haute à ses prédécesseurs. Est-ce l'effet "présentation à l'aveugle" ? Les TupperWiners disent que non. Ils sont touchés par les arômes, la fraicheur, l'élégance, l'équilibre, le caractère de ce vin, jusqu'à en faire un de leurs préférés ce soir. Une véritable découverte pour ces amateurs de vin. Je suis le premier surpris, le premier ravi.  

_DSC2614.jpgFin des périgrinations oenophiles de VINSURVIN sur les routes de la Vallée du Rhône avec ses vins racés et profonds, tellement distingués et élégants. Au revoir le Rhône, et merci ! A présent, le Languedoc, puisque c'est Alain Chabanon, de Montpeyroux, qui animera le TupperWine 15.0, mardi 3 février prochain.

Un grand merci à Damien et Julien de findawine pour leur acceuil toujours aussi chaleureux. Findawine ? Un moteur de recherche unique sur lequel sont référencés des milliers de vin, avec l'adresse où les trouver, où les acheter. Un grand merci à Julien également pour la qualité de ses photos, remarquables.

mercredi, 15 octobre 2008

En bref, au fil des jours...

mire-television-2209845.jpgDégustations, rencontres, coups de coeur, projets... les news, en bref et en vrac, sur VINSURVIN.

Jeudi 9 octobre, ventealapropriete.com fait dans la communication dans un restaurant du 7èmepoussier.jpg arrondissement. On y rencontre les entrepreneurs du site, Henri-Claude Quinson et Christophe Viet, mais aussi (qui a dit "et surtout"?), le très abordable Olivier Poussier (Meilleur Sommelier du Monde 2000 à Montréal) et le prolixe Bruno Quenioux, créateur de la cave Lafayette Gourmet et auteur d'ouvrages sur le vin. Mettre en avant la philosophie du site, la qualité des vins, l'attractivité des prix et la sélection faite par Poussier et Quénioux, telle était l'ambition de cette petite réunion très décontractée, autour de vins vendus sur le site, comme ce délicieux Chardonnay du Luberon, de chez Guffens, s'il vous plaît... 

manteswarhol.jpgSamedi 11 octobre, je m'en vais finir le travail des postiers. C'est désormais une certitude, les colissimos ne sont plus livrés à votre domicile, même si vous êtes chez vous le jour où un gars glisse son avis de passage, avec la case "vous étiez absent" cochée, dans votre boite aux lettres. Après trois quarts d'heure de queue, rythmés par le courroux des clients et les noms d'oiseaux entre gens bien élevés, j'accède enfin au guichet, la boule au ventre, la peur de m'entendre dire "désolé, monsieur, votre colis n'est pas dans notre bureau". Mais, ouf, il est là, et bien là, même s'il a déjà été ouvert... Serait-ce les échantillons promis par Guilhem Coste, de Saint-Félix de Lodez (34) ? Non, il s'agit de deux bouteilles de Mantes Dégustation 2007, un côte-du-rhône élaboré par Pierre Doumenge, dans le Vaucluse. Pierre m'avait déjà confié deux bouteilles prélevées sur cuve qui s'étaient montrées délicieuses. En quelques mois, c'est la structure de Mantes Dégustation qui évolué : le vin est devenu suave avec cette impression de velour sur la langue, apportant une élégance folle au vin. Par ailleurs, si le réglisse est encore très présent, ce sont désormais les notes de fruits noirs et de garrigue qui l'emportent. Après une longue ouverture, le vin s'est aéré et a évolué sur des pointes végétales. Les tanins enveloppent la bouche et la finale est aérienne. Un soupçon de grain, de fibre, de profondeur en plus, témoins du sol, ne seraient pas pour me déplaire ! Ce vin, premier opus de Pierre, il ne faut pas l'oublier, est une vraie réussite. Que certains trouvent, dans cette élégance veloutée qui caractérise Mantes Dégustation, des points communs avec certains chateauneuf du pape, ne m'étonnerait pas.   

Mardi 14 octobre, Jean-Pierre Vailhé m'a donné rendez-vous à l'Hardi Vin (Paris 17) pour me faire déguster, en la présence desA La Mie, Henri_de_Toulouse-Lautrec_001.jpg sympathiques tenanciers Olivier et Jérôme, ses premières cuvées (2007) depuis qu'il a repris une exploitation en main propre. Mais qui est Jean-Pierre Vailhé ? Vigneron à Tressant (Cabrières, Languedoc), dans l'Hérault, Jean-Pierre cherche à élargir ses horizons, notamment sur Paris, ce qui est bien normal. Un moteur de recherche sur lequel il tape "vin languedoc" et il tombe, entre autres, sur VINSURVIN. Le concept des TupperWine fait mouche. Un mail à votre humble serviteur et une semaine plus tard, nous voici attablés chez les cavistes les plus cools de la rue des Dames. Rosae Rosam, un rosé de saignée, élevé sur lie et batonné pendant trois mois, scintille dans mon verre et surprend par son gras, sa chaleur, sa rondeur et cette acidité toute en fraicheur qui vient ensuite, droite et tendue, donner cette colonne vertébrale au vin. Praélude, 100% clairette du languedoc, est également d'une belle brillance, un nez de fruits blancs (pêche de vigne). Sa bouche est souple, minérale et envelopée avec un à propos végétal. Le plaisir se poursuit grâce à cette bouche fraiche, ventée, aérienne. Et on est tout ragaillardi lorsqu'en aspirant de l'air, des notes mentholées viennent exulter sur la langue ! Brindille, (syrah, cinsault, grenache) est juteux à souhait : cerise, framboise, fraise, t'en veux du fruit, en v'là ! On dirait un beaujolais ! Comme dit Jérôme, "tu t'en sers un verre, t'en veux un autre tout de suite derrière", tellement c'est gouleyant, joyeux et espiègle ! Nous finissons par Pas de Deux, un VDP d'Oc, à base de cinsault, syrah, grenache, cabernet sauvignon. De la griotte plein le nez mêlée à une corbeille de fruits rouges et des arômes plus complexes de garrigue derrière. L'attaque n'est pas très vigoureuse, comme chez ses homologues, mais la bouche est riche, harmonieuse, croquante. Il sera intéressant de reboire ces vins dans six mois, un an, pour voir, notamment, s'ils évoluent sur la fruit ou la complexité (notes animales...). Quoi qu'il en soit, cette dégustation fut fort sympathique et je ne serais pas étonné qu'on entendre encore parler de Jean-Pierre prochainement sur VINSURVIN.

 

samedi, 13 septembre 2008

Domaine La Millière Villages : re-mar-quable !

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Rencontré lors d'un salon des vignerons indépendants, Michel Arnaud m'avait confié la "lourde tâche" de faire déguster ses vins à Paris. En attendant un très prochain TupperWine réservé à la Vallée du Rhône et aux vins de ce natif de Châteauneuf du Pape, VINSURVIN n'a pas résisté à l'envie de déguster le côte-du-rhône villages du Domaine La Millière. Afin de se (re)donner une idée précise et dans l'espoir de passer un bon moment.

michelarnaud.jpgMichel Arnaud l'évoque haut et fort sur son site : "mes vins sont le reflet de la plus pure expression de cette terre où je suis né. Ils révèlent la puissance de ses terroirs, l'élégance de ses vieilles vignes et le caractère de son environnement unique". Je n'aurais peut-être pas dû commencer par citer Michel. Car en deux phrases, tout est dit ! Puissance, élégance et caractère sont effectivement des termes qui viennent facilement à l'esprit pour qualifier les vins du Rhône en général, et ceux de cet autochtone consciencieux, en particulier.

Installées en terrasses, les vignes se situent à quelques pas du terroir de Châteauneuf-du-Pape. Sur un peu plus d’un hectare, les vieux ceps du vignoble (âgés de plus de 100 ans!) s’enracinent dans un sol caractéristique d’argiles brunes et de sable, à forte dominante caillouteuse. Totalement éraflée, la vendange est vinifiée dans des cuves béton. La période de fermentation, comprise entre 15 et 20 jours, est suivie d’une cuvaison longue permettant d’extraire au mieux la typicité de son terroir.

Issu de l'association de trois cépages (90 % de grenache, 5 de mourvèdre, 5Bouteille Millière.gif de cinsault), ce côte-du-rhône villages 2006 du Domaine la Millière s'ouvre sur une corbeille de fruits des bois frais et croquants, de baies rouges, de cerise même. Des notes plus "terroir" tels que le thym et les épices ponctuent l'ensemble. En bouche, c'est luxe, calme et volupté. La bouche est ronde et souple. Les tanins ne sont pas en reste mais il sont déjà bien fondus. La minéralité apporte finesse et structure. La finale rappelle le nez avec ses notes de réglisse, de thym, de poivre blanc. Un travail rigoureux et soigné.

Mais là où le vin révèle tout son potentiel, et toute sa classe, c'est le lendemain. La dégustation du lendemain peut s'avérer fatale pour un vin, ouvert depuis 24 heures : certains se sont effondrés ou n'ont plus rien à ajouter. Celui qui nous intéresse s'est magnifié : il a gagné en puissance, en complexité et en concentration. Le nez présente des notes bien plus animales, à présent. Ces arômes chocolatés et de boite à cigare lui donne une fière allure. Grasse et suave, la bouche est "pleine", ample et riche. Ces vieilles vignes ont encore plein de secrets à livrer ! Chose remarquable, la minéralité s'est comme ciselée pour faire face à autant de matière : la nature est incroyable.

Ce vin est re-mar-quable! J'ai désormais une idée plus précise des vins que je présenterai bientôt à mes TupperWiners. Et j'ai passé un moment formidable ! Quand je pense que je n'ai pas encore goûté les chateauneuf du pape de Michel Arnaud... Ce sera chose faite lors d'un prochain TupperWine. Et les veinards présents pourront se faire une idée. Et passé un moment formidable eux aussi, je l'espère.

Michel Arnaud, propriétaire-récoltant. Quartier Cabrières - Le Grès 84100 ORANGE -

Tél.+33 (0)4 90 34 53 06 - Fax +33 (0)4 90 34 85 57

la-milliere.arnaud@wanadoo.fr

mardi, 09 septembre 2008

Tu seras une femme, ma fille...

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La photo de la semaine (réalisée sans trucage) n'est nulle autre que celle d'Hortense Le Glatin, 14 mois et demi, fille de Fabrice Le Glatin, auteur de ce blog, lui-même petit-fils de feu Alphonse I et fils d'Alphonse II .

C'est un réflexe chez cette petite fille lorsque son papa débouche une bouteille : Hortense se saisit du bouchon et le sent. Je ne lui ai rien appris. De deux choses l'une : ou il s'agit d'un simple mimétisme, ou nous avons affaire à une sommelière sourdouée. Précisons qu'il s'agissait de l'excellent côtes du rhône village 2006, du Domaine la Millière, élaboré par Michel Arnaud (sur lequel le papa de cet enfant jeune et innocente reviendra ultérieurement).

Un petit "coucou" aux rombières de service et aux associations de prévention contre l'alcoolisme et la toxicomanie qui seront certainement outrées par de telles images. Je leurs répondrai que la prévention contre les déviances se fait dès le plus jeune âge et que ces enfants auront au moins le privilège d'être dotés d'une très belle culture oenologique. 

Je rappelle que le frère d'Hortense, Hippolyte, 4 ans, possède (déjà) également un certain nombre de réflexes oenologiques, comme repérér les arômes dans un verre de vin rouge (détails, ICI). Décidément, c'est une manie dans cette famille...

vendredi, 04 juillet 2008

Offrez-vous un bon Rhône Movie !

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Quitter l'autoroute et la lassitude de la ligne droite pour prendre les pittoresques départementales. Basculer dans un sud délicieusement accablant. Admirer la vigne bousculée par un mistral vivifiant, hostile et dominateur. Conjugaison d'une culture ancestrale, d'un paysage complexe et apaisant, et d'un vignoble séduisant, le Rhône méridional est un incontournable dans la panoplie de l'oenophile.

765107836.2.JPGA choisir entre rester coincé dans les bouchons de la Vallée du Rhône et palper les bouchons des vins du Rhône, le choix est vite fait. Nous appellerons les trois premières appellations rhôdaniennes à ne pas manquer les 3 V : Valréas, Visan, Vinsobres. En venant de Valence, quitter l'A7 avant Donzères, direction Nyons, en empruntant la D133. La légende raconte qu'en revenant de Lyon, le Pape Jean XXII, très fatigué, recouvra la santé, grâce aux vins de Valréas, où l'on trouve aujourd'hui des côtes-du-rhône-villages rouges délicieusement fruités et floraux. Pour trouver son bonheur, rendez-vous chez les Vignerons de l'Enclave des Papes, Rte d'Orange, Valréas. A Visan, rendez-vous, entre autres, au Domaine la Florane (Vallon Notre-Dame) afin d'y déguster, notamment, Domaine la Florane et Terre Pourpre. Enfin, à Vinsobres, vous dégusterez les vins du Domaine de Deurre, et vous m'en direz des nouvelles. Les vins dits de l'Enclave des Papes, qui valent à cette région et à Chateauneuf du Pape quelques frictions, sont une fois de plus la preuve de la richesse du terroir français.

Nous quittons le Tryptique des trois V pour nous rendre à Rasteau, puis Cairanne, après un passage "obligé" par1424396751.JPG Vaison-la-Romaine, deux appellations difficilement contournables des Côtes-du-Rhône villages, qui mériteraient largement l'appellation communale. Rasteau et Beaumes-de-Venise sont les deux seules communes qui produisent aussi des vins doux naturels. A Rasteau, n'hésitez pas à aller rendre viste au Domaine Wilfried. Goûtez le CdR Village Rasteau 2005 (7€), le CdR Village Cairanne 2004 (7,50€) et, cela va de soi, le Vin Doux Naturel Rasteau Doré 1995 (15€). Il ne faudra, sous aucun prétexte, oublier de passer mon bonjour à ce charmant couple (ainsi qu'au "prof d'anglais") et aller se promener sur les hauteurs de Cairanne, dans les vignes : lieu idéal pour un pique-nique. Et une sieste ! Suite des pérégrinations également dans le très mignon Domaine de la Magnaneraie, à Cairanne, ou Madame Armand vous acceuillera "des cigales plein la bouche".

284866508.JPGOn pourra évidemment faire une halte à Sablet et Séguret sur le chemin de Gigondas (au sud) mais l'oenotourisme a cela de frustrant que l'on ne peut s'arrêter partout. Il faut donc faire des choix ! A moins de s'installer un semaine dans la région ! Protégé par ses remparts du XIVè siècle, avec ses ruelles étroites et ombragées ponctuées de fontaines, Sablet possède un charme fou. Ses plus beaux atours s'observent sur la route de Séguret, un autre village des Côtes-du-Rhône, un des plus beaux de France.

Depuis les hauteurs de Gigondas, le panorama sur le vignoble et les1425085226.JPG Cévènnes est grandiose. Les ruelles grimpent à l'assaut du campanile, dévoilant les Dentelles de Montmirail, barre de calcaire jurassique. Au creux des coteaux, de gros ceps semblent se tordre de douleur (dixit PTT). Gigondas est l'autre grande appellation de la rive gauche du Rhône. Les vignobles gagnés sur d'anciennes oliveraies furent d'abord classés Côte-du-Rhône, puis en 1966 Côte-du-Rhône Villages et, enfin, entrèrent en 1971 dans le club très fermé des AOC.

L'encépagement, très proche de celui du Châteauneuf-du-Pape, est dominé par le grenache noir, la syrah, le mourvèdre et le cinsault. La production est à majorité composée de vins rouges puissants et d'une grande finesse aromatique.609098102.JPG Vous aurez, en outre, l'occasion de déguster des vacqueyras chez grand nombre de vignerons de Gigondas. Domaine Amadieu, Domaine de Font-Sane, Domaine du Pesquier et Domaine du Grapillon d'Or font partie des préférés de VINSURVIN.

 

 

Outre les dégustations de vins de qualité remarquable et les multiples plaisirs qui en découlent, la visite des caves s'inscrit dans la découverte d'une France riche d'une Histoire, d'une géographie, d'une culture et d'une identité incomparable. En s'attaquant de toutes parts à notre vin, les lobbies anti-alcool et les alatoyas du monde propre et sécurisé s'attaquent à ce que nous avons de plus précieux : notre culture et notre identité. Il ne s'agit pas, ici, de défendre la consommation d'alcool, voire d'inciter quelconque lecteur à s'ennivrer lors de ces dégustations mais au contraire, dans un registre culturel et hédoniste, de s'ouvrir au monde fantastique, sensoriel, onirique et convivial de l'oenophilie.       

Photos VINSURVIN, aôut 2007. 1. L'entrée du domaine du Grapillon d'Or à Gigondas ; 2. Vue depuis les hauteurs de Cairanne ; 3. Acceuil chez le propriétaire ; 4. Panorama depuis les hauteurs de Gigondas ; 5. Le village de Gigondas et les Dentelles de Montmirail.

La Vallée du Rhône sur VINSURVIN, c'est ICI, pour d'autres bonnes d'adresses, plus d'informations et de commentaires de dégustations.

 

dimanche, 22 juin 2008

Jolies rencontres aux Abbesses

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Les Abbesses célébraient le vin le week-end dernier. Ils étaient une vingtaine à camper sur la Place, entre les badauds chinois aux yeux écarquillés et aux regards gênés, les confréries venues s'encanailler d'un verre de chablis ou de côtes-du-rhône, et les jeunes couples parisiens les bras pleins de bébés. Trois domaines auront retenu l'attention de votre humble serviteur : le Domaine du Petit-Barbaras (Côtes du Rhône), La Vinçonnière (Muscadet-sur-Lie),  et Château Nicolas (Rivesaltes). Bémol : le passage obligé par l'achat d'un verre à 3€, une fâcheuse tendance à Montmartre.

Ca fait toujours plaisir de retrouver "ses" vignerons sur Paris, et encore plus lorsque ceux-ci se retrouvent ensemble autour de vous ! Vincent Laroche (Chablis) a pu faire la connaissance d'Emmanuel Rybinski (Clos Troteligotte, Cahors) alors que je tapais le bout de gras avec ce dernier. Deux vignerons VINSURVIN qui parlent boulot devant leur fan : un moment savoureux ! L'occasion d'aborder avec eux le prochain projet de VINSURVIN : organiser un week-end dégustation réunissant tous les TupperVignerons de VINSURVIN à côté de Chartres courant 2009. J'évoque fin juin, début juillet. Vincent me conseille début décembre : s'il fait chaud en juin, il n'y aura personne. Début décembre, le budget boissons pour les fêtes est encore au beau fixe et il y a peu, voire pas, de salons à cette époque. Enfin, en dehors de QUI, A BÛ, BOIRA? de Laurent Baraou, effectivement, Chartres n'est pas gâté par les salons des vins. Et bien, c'est un bon début pour ce projet qui germe et qui j'espère verra le jour !

261423936.jpgLoin d'avoir fait le tour de tous les exposants samedi 14 et dimanche 15 juin derniers, trois d'entre eux auront retenu mon attention. Parmi tous ces vignerons indépendants médaillés au dernier Salons Vignerons Indépendants, le Rhodanien Domaine du Petit-Barbaras. situé à Bouchet dans la Drôme. Son côtes du rhône blanc 2006, assemblage classique de marsanne et de roussanne sur des sols argilo-calcaires, se décline sur deux cuvées. La première est fermentée en cuve inox. Sur le fruit, tel que la pomme et les agrumes, elle peine néanmoins à exprimer une vivacité qui titillerait nos papilles. Sur la fraîcheur, juteuse, elle est d'une plaisante densité. A boire de suite. La deuxième est, elle, fermentée en fûts de chêne, qui acceuillirent jadis un millésime, un seul, d'un vin liquoreux, celui de Château d'Yqem. Les fûts sont évidemment soigneusement lavés et personne ne saurait reconnaître des traces de sauternes. Ce côtes-du-rhône 2.0 est très aromatique. Plus gras, plus consistant, il présente une attaque assez souple mais l'acidité compense, offrant un bon équilibre et une bonne fraîcheur. Des notes de pomelo et de fleurs blanches se dégagent. Beaucoup de plaisir au final.

Le muscadet tarde à avoir bonne presse en France. Et sur VINSURVIN. Notamment à cause des cafés, bars, brasseries français qui nous1761549742.jpg servent, en règle générale, du vin médiocre, et du muscadet indigne, en particulier. Celui qui brûle la gorge. Pendant deux jours. Point besoin de s'y connaître ni d'aimer le vin pour tenir un café en France. C'est comme s'il n'était pas nécessaire pour un moniteur d'auto-école d'avoir le permis pour enseigner la conduite ("La marche arrière ? Ah, bah, je sais pas, attends je vais pousser). Exactement pareil. Ou de savoir parler anglais pour l'enseigner ("Excuse me, sir, but I think the protagonist is being ironic here, not sarcastic." "What? Tu peux parler franglais comme tout le monde?"). Du coup, si l'on se fie à ces marchands de pinard, les idées reçues ont de beaux jours devant eux. Le muscadet ? Beurk, c'est du vin de comptoir !

Heureusement, il y a des vignerons qui nous démontrent le contraire. Comme Laurent Perraud, à Clisson, qui produit un magnifique muscadet-sur-lie, cépage melon de bourgogne. Et c'est peu dire. Sélection les Egards 2006 ouvre le bal sur de la fraîcheur, de la tonicité, de la tension. L'aspect perlé offre de la gouleyance et un frissonnement sur la langue. Par ailleurs, le vin n'est pas dénué de profondeur. Des notes minérales et juteuses entrent dans la danse. L'enthousiasme gagne le dégustateur ! Domaine de la Vinçonnière 2007 dégage la même énergie. Un nez frais sur un bouquet de fleurs blanches et de fruits fraîchement cueillis (pomme, citron vert, et peut-être même de melon, de pastèque). Une bouche vivante, juvénile, jazzy. Conquis ! Quart d'heure américain avec des muscadets de dix ans d'âge. Les bougres, ils gardent toute leur verve ! Sélection des Egards 1997 présentent une couleur plus foncée, paille. Le nez nous guide vers du fruit sec, du foin coupé évoluant vers la fraîcheur de l'agrume et de la minéralité. Une belle texture ; plus de gras, de complexité et beaucoup d'élégance. La finale est longue et évoque les épices douces. Avec de tels vins, le déficite de notoriété du muscadet sera vite réparé. Bravo Laurent ! Pour finir, il y a fort à penser que les TupperWiners de VINSURVIN auront l'occasion de goûter tous ces vins sous peu ! Vous voyez comme je m'occupe bien de vous ?! De beaux muscadets ICI aussi.  

Pour terminer, en beauté : de la douceur, de la soie, de la noblesse avec les Rivesaltes du Château Saint-Nicolas dans le Roussillon. Situé dans les Astres, à Ponteilla, au sud de Perpignan, pour être précis, Pierre Schneider a repris le domaine de son grand-père il y a peu de temps. Elixir du Roi, qui n'est plus mon cousin après avoir trempé mes lèvres dans 100% petit-grain (pas d'alexandrie en effet, cépage typique de la région), Rivesaltes 2000 (grenaches noir et blanc) et Elixir du Roi 2003 (barriqué 18 mois en barriques de deux-trois vins) élaboré à partir d'un grenache blanc pur ont des couleurs tuilées, ambrées et nous emmènent vers des notes de plantes macérées, d'agrumes, de pruneau, d'orange amère, de cerise, d'abricot, de fruits confiturés tout en gardant une superbe frâicheur et une acidité bien calibrée : quel voyage au pays des arômes, des saveurs et de la gourmandise ! Des vins à découvrir bientôt sur VINSURVIN et lors d'un TupperWine magique où nous découvrirons les rivesaltes de Pierre Schneider et les coteaux de l'aubance et Didier Richou !

mercredi, 14 mai 2008

Le Festival de Zan

 

953954760.jpgPendant que Sean Penn monte les marches sur la Croisette, VINSURVIN descend celles de sa cave et se fait des films pour trouver des nouveaux talents dans le vin-gtième art. Loin des paillettes et des stars bordelaises ou bourguignonnes, braquons les projecteurs sur le tout premier opus de Pierre Doumenge. Dans ce rhône-movie vif et réglissé, loin des mantes à l'eau, le vinéaste entraîne le vinéphile dans une histoire de mûre fraîche et délicieuse.

Ce Mantes Dégustation 2006, élaboré à deux pas de Cairanne, assemblage de grenache (60%) et de cinsault (40%), est encore en tournage quand je le débouche, pour ne pas dire en fin de malo (1) ! Mais Pierre m'avait prévenu. Cette mise en bouteille un peu prématurée n'était destinée qu'à VINSURVIN, Pierre profitant de son week-end à Paris pour me glisser quelques échantillons. Une fois aéré, le vin perd cette impression effervescente.

A l'ouverture, un léger nez de réduction se fait sentir, mais c'est normal, c'est la mode : ça a "renardé" un petit peu hier soir sur un chablis, de même que sur ce 53 il ya une semaine en Anjou. La loi des séries. On ne formalise pas, au bout de deux, trois minutes, cette odeur désagréable s'est évaporée. Le vin libère ensuite des arômes frais, de fruits noirs (cassis, sureau) et de poivre. Puis, ce sont des notes animales, de nouveau, qui surgissent (le cuir notamment), et le réglisse, le zan : un vrai festival au bout d'un quart d'heure.1453623297.jpg

L'attaque en bouche est toute en souplesse. La bouche est riche, puissante, et on ressent beaucoup de concentration. Le milieu est en cohérence avec le nez, sur le fruit noir, la mûre, le bois sec, la torréfaction (notes de grillé). La bouche est somme toute assez complexe. Les tanins sont déjà très mûrs. La fin de bouche est insistante, bien que le vin soit plus sur la largeur, notamment grâce à sa robustesse. Il accompagnera de bonnes viandes rouges grillées.

Mantes Dégustation 2006 laisse au jury une première impression favorable. Pour un premier millésime, c'est le meilleur scénario auquel Pierre pouvait rêver. Un synopsis recherché, mais étoffable. Une intrigue bien menée malgré quelques faiblesses dans la direction des acteurs. Des dialogues encore peaufinables et une musique qui rythme le tout avec une certaine allégresse. En substance, il nous fait passer un bon moment, ce qui est l'essentiel. La palme ne sera peut-être pas pour cette année, mais il faudra, incontestablement, compter sur Mantes Dégustation et son jeune réalisateur, qui se fera peut-être l'Interprète d'une nouvelle génération, ou qui sait, le bad boy de sa région.

(1) En vinification, la fermentation malolactique est la transformation de l'acide malique en acide lactique par l'intermédiaire de bactéries anaérobies appelées bactéries lactiques comme par exemple Oenococcus oeni. Se traduisant par une diminution de l'acidité, elle permet une stabilisation et un assouplissement du vin, particulièrement recherchés pour la vinification en rouge.

Pierre Doumenge, Mantes, sur la commune de Sérignan du Comtat, Vaucluse (84). pierredoumenge@hotmail.fr

dimanche, 27 avril 2008

C'est leur Premier Millésime !

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VINSURVIN s'intéresse aujourd'hui à des vignerons qui viennent de sortir leur tout premier millésime ou qui sont sur le point. Les « neo-vignerons » Stéphane Loisel (Roussillon), Pierre Doumenge (Vallée du Rhône) et Josh Hermsmeyer (Sonoma Valley, Californie) travaillent d'arrache-pied pour réaliser leur rêve : élaborer leur toute première cuvée. Des peines, des joies, des galères, des bonheurs : VINSURVIN a décidé de suivre leur extraordinaire aventure.

Votre producteur de chroniques oenophiles tirait son chapeau cette semaine au normando-roussillonnais Stéphane Loisel, 31 ans, dont la première cuvée, Pica Pica, est juteuse et joyeuse. Lui qui en Septembre 2007 écrivait sur son blog pour mon premier millésime, j’ai envie de faire un vin sur le fruit, relativement facile à boire, un vin de soif, il ne s’était pas trompé, le bougre !

Un mois plus tôt, Stéphane avait validé son premier post : Ca y est, j'ai un blog moi aussi!! (...) Je me lance dans une nouvelle aventure, et quelle aventure !!! LE VIN et pas n’importe où, dans le Roussillon ! (...) En fait, cette aventure a commencé il y a maintenant bientôt 3 ans, lorsque j’ai décidé de changer de métier.

Plus tard, Stéphane nous expliquait pourquoi et comment, lui, le normand, en était arrivé là : Et oui, pourquoi ? Je suis Normand, né près du Havre (...) En fait, le virus m’a piqué lorsque j’avais 17-18 ans environ, et tout ça à cause de mon papa. Son activité professionnelle l’emmenait près des grands fleuves français : le Rhône, la Loire, la Garonne… Et comme il est amateur de vin, il ramenait toujours quelques bouteilles de ses pérégrinations. Je me souviens très bien le moment où j’ai vraiment ressenti une émotion en goûtant un vin. C’était un Gigondas de la cave des Vignerons de Gigondas, un choc, une révélation.

Stéphane, qui achète des raisins et à qui Hervé Bizeul met à disposition une cuve ainsi que tout le matériel nécessaire (dans le nouveau chai de Rivesaltes dédié à Walden), nous annonçait en juillet : Et oui, ça y est ! Après moult péripéties, le vin est dans ses bouteilles. Peca Peca 2006 est née !

Concentré sur son deuxième millésime, Stéphane aura certainement l’occasion de nous parler de son aventure plus en détail très prochainement sur VINSURVIN.

Pierre Doumenge est installé dans le Rhône, tout près de Cairanne, au Nord Est d'Orange. Après une dizaine d'années passée à7b95a4120121ccdd3f28ee567b34b606.jpg rêver en dégustant le vin des autres, voici venu le moment de rêver en dégustant le mien... nous prévient Pierre. Sur son blog, Pierre nous raconte les joies et les peines qu’il rencontre dans son entreprise. Le 24 avril dernier, le post est intitulé : Une Journée de M… Tout commence par une visite à ma boîte postale suite à mon entretien téléphonique avec la société qui produit mes capsules, au sujet d’une énième validation de commande… Pas de courrier de leur part dans la boîte aux lettres. Arrivé au bureau, j’apprends qu’ils ont en leur possession l’accusé de réception de leur courrier signé, ce qui signifierait que j’ai  bien reçu leur colis avec les échantillons de capsules pour validation finale. (…)

Je vais faire un essai de capsules sur les bouteilles qui sont arrivées chez mon fournisseur. Les bouteilles super, mais les bouchons… ils sont marqués avec « Mis en bouteille à la propriété » et la loi ne m’autorise pas à inscrire cette mention, car la mise se fait chez mon prestataire de service.

Le lendemain, on peut lire en titre Une Bien Belle Journée : photo à l’appui, Pierre nous annonce que de l’AOC Côtes du Rhône vous sera proposée pour le millésime 2007, je viens de recevoir l’attestation du centre de dégustation qui confirme l'agrément de mon vin…

Aux dernières nouvelles, par mail, Pierre nous informe qu'entre les malos qui tardent à se terminer et les diverses galères dans mon approvisionnement en matières sèches, je ne pense pas pouvoir mettre mon vin en bouteille avant la fin Mai. Dès qu'il est dans son flacon je le laisse un peu se reposer quelques jours puis te l'adresse accompagné d'une fiche technique et d'un petit dossier de presse sur le vignoble Mantes... Je pense également faire une présentation de mon premier millésime au cours d'un apéro vigneron dans les vignes le 14 juin alors si tu es dans le coin d'Avignon...

Voilà deux ans et demi que Josh et Candace Hermsmeyer, jeunes vignerons dans la Sonoma Valley en Californie, se sont lancés dans l’aventure de la viticulture. Partis de zéro, ils espèrent mettre leur première cuvée en bouteille en 2010. C’est grâce à Internet que Josh et VINSURVIN ont « fait connaissance ». Très bientôt sur ce blog, une interview de Josh afin vous faire découvrir son univers de Josh. Pour vous mettre le jus à la bouche, extraits :

d8415954dd8ced748237890b93e9abbd.jpgNotre vignoble fait environ 7 hectares, ce qui est relativement petit par rapport à la moyenne (à part peut-être en Bourgogne). Nous ne cultivons que du pinot noir. Le vignoble est situé dans la portion de la Sonoma appelée Laguna Ridges, sur des sols limono-sableux, qui procurent un excellent drainage.

Pour ce qui est du style de vin, nous avons une topologie très variée. Vu que mes goûts en matière de pinot noir sont divers, je ferai deux styles de pinot noir. Un léger, plus floral, clair. L’autre sera plus sombre, plus riche, plus opulent, plus typique du style californien.

Bien sûr que j’ai un oeil sur ce qui se fait en France ! La France est le lieu de naissance des grands vins et il n’y a pas plus parfaite expression du pinot noir qu’en Bourgogne ! Vu le statut de la France, il serait idiot de ma part d’ignorer les vins et les techniques bourguignonnes. Je m’inspire d’Henri Jayer, en particulier (vigneron à Vosnes Romanée, ndlr).

Des hauts, des bas, des bonheurs, des souffrances : un vigneron passent par bien des difficultés avant que nous, simples consommateurs, ayons le plaisir d’ouvrir leurs bouteilles. Suite des aventures de nos neo-vignerons dans les jours à venir sur VINSURVIN.

Traduction interview Josh Hermsmeyer : VINSURVIN. Photo 1 : Stéphane Loisel ; Photo 2 : Pierre Doumenge ; Photo 3 : Josh Hermsmeyre (Josh et son fils, Jackson).

lundi, 24 mars 2008

Le tuyau de la semaine

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Alors que madame toulemonde, qui erre dans les rayons vin des supermarchés comme un homme  dans une boutique de sous-vêtements (pour femmes), se dirige vers un gewürtz pour accompagner la lotte de dimanche midi, puis un bordeaux supérieur (attention, c'est du bon, le supérieur) pour aller avec le fromage (le bordeaux avec le fromage, il n'y a rien de mieux pour faire remonter la lotte), VINSURVIN ambitionne aujourd'hui de faire faire à Odette quelques pas de plus dans le rayon vin et de pousser le chariot jusqu'aux appellations Sud-Ouest et Rhône (je sais, je suis utopiste, voire naïf). Pendant que Monsieur s'évertue à chercher une chemise de nuit pour madame, rose.

Convie ta colloc. Du blanc. Du rouge. Côtes du Rhône. Sud-Ouest. Mes quatre bonheurs de ce week-end. Souvenez-vous, madame Armand, qui m'avait acceuilli l'été dernier chez elle à Cairanne des cigales plein la bouche : la douce vient de me mailer pour savoir ce que je pensais du blanc qu'elle m'avait gentiment envoyé en échantillon il y a déjà quelques temps. Un seul flacon ne permettant malheureusement pas d'organiser un TUPPERWINE, je me suis organisé un Home Tupperwine ce week-end. Alors, le Home Tupperwine : what is it? C'est simple. Vous organisez une dégustation, dans votre salon, avec votre femme, votre colloc, votre concubine, votre voisine. Enfin, quelqu'un quoi, vous n'allez pas déguster tout seul. Parce que là, ça serait triste quand même. Et surtout très selfish. (Oh, le con, il nous soule à parler anglais). Du vin, à deux, dans un salon, ça s'appelle prendre l'apéro? Bon, alors, si vous le prenez comme ça...

Comme un voile de mariée. Ce cairanne blanc 2006 du Domaine Armand, classé "village" quand il mériterait largement l'"appellation Cairanne", est issu d'un assemblage de clairette et de marsanne (pas de viognier?). Nous l'ouvrons sur un dos de cabillaud en papillotte (pointe de crème fraîche, herbes de Provence), fondu de poireaux - carottes et riz. Première sensation : sa couleur est d'un doré éclatant. C'est époustouflant. Le premier nez oscille entre minéralité et garrigue avant que des fleurs et des fruits blancs (aubépine, violette, pêche, poire...) ne viennent adoucir le bouquet. Promenade en Vaucluse assurée. En bouche, le vin présente un très beau volume. La bouche est ample, large. Le fruit blanc est marqué en effet et on lui trouve des notes d'ananas. Un vin blanc net, bien équilibré, sans fioritures : comme un voile de mariée. Sa minéralité lui permet de bien se démarquer du poisson et le fruit se marie formidablement bien avec le fondu de légumes. L'accord marche également très bien avec l'ananas servi en dessert. Moralité : pensez aux blancs du Rhône! Crozes-Hermitage, Saint-Joseph et Côtes du Rhône Village sont l'assurance de grands moments oenophiles.

La grenouille qui se prenait pour un boeuf. Nous allons accompagner des lasagnes maison avec un vin de Cahors : Les Perdrix 2003 du Clos Troteligotte (100% malbec). Le vin diesel par excellence! Voilà un vin qui me plaît par le temps qu'il prend avant de livrer le meilleur de lui-même. Pas intellectuel, pas complexe pour autant, juste un peu dilettante, il faudra le caraffer une petite demie-heure avant ouverture. Blancs et rouges ont souvent besoin de passer par cette phase, de s'aérer afin de s'ouvrir et de révéler tous leurs charmes. Ce cahors est mou et anarchique à l'ouverture. Comme en plein rêve, en pleine réflexion, il est un peu brouillon au réveil. Dans une impression de truisme et d'ennui, les cerises et les fraises des bois font ce qu'elles peuvent pour se montrer mais c'est insuffisant. Les tanins sont viriles et le tout fait flop derrière! Le vin semble pourtant charpenté! Comme la grenouille qui se prenait pour un boeuf. Mais après avoir pris l'air et s'être remis les idées en place, le vin s'est transformé : il a gagné en concentration, comme s'il s'était habillé. Les fruits sont gouleyants et les tanins se sont fondus dans une harmonie soyeuse. Des fruits noirs et des épices entrent dans la danse. Belle matière, belle richesse, belle concentration (caractériqtique constante dans les 2003, le millésime de la caniciule) mais rien de présomptueux ou de fat. Pire, d'indigeste. Voilà un cahors comme on les recherche, tout simplement. Sans vouloir stéréotyper ce vin, La Perdrix 2003 répond à l'idée que je me fais d'un cahors. Il n'est pas sans me rappeler un Château Quattre, référence en la matière. Enfin, je dois bien avouer que je serai fier de présenter ce vin et ses acolytes, lors d'un prochain TUPPERWINE.

Le vin vous contera une histoire. Le lendemain, le cairanne a épaissi et nous livre une palette de fruits blancs très mûrs et sucrés. Un délice! Le cahors offre lui après plus de 24 heures en bouteille un  bouquet fantastique de griotte, de tabac et de torréfaction. Il est superbement concentré et a tourné au velour en bouche. Bon sang! Fantastique expérience. N'ayez pas crainte d'ouvrir une deuxième bouteille à table. Elle ne sera pas perdue s'il en reste. Au contraire, c'est un superbe investissement olfactif et gustatif. Car le vin continue de s'éveiller, d'évoluer, de vivre. Et après plus de vingt heures d'ouverture, les meilleurs n'hésitent pas à vous dire des histoires, à vous, qu'entouré de tout ce monde votre vin n'aura osé conter la veille.

Photo : Pierre Amadieu.

mardi, 18 mars 2008

Mon Rhône à la cote.

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Gigondas et les Dentelles de Montmirail.

 

Quatre appellations mythiques du Rhône étaient représentées à la Brasserie du Printemps Haussman, lundi soir. Entre puissance et élégance, matière et finesse, fruit et garrigue, du nord au sud, les trois derniers millésimes sont époustouflants. L'occasion pour votre humble serviteur de passer dire bonjour aux viticulteurs et viticultrices que l'on ne présente plus sur VINSURVIN et de faire de remarquables découvertes. Carnet de dégustation, crayons (et verre) en main, tel un journaliste en herbe, mais loin d'écrire un roman-fleuve, embarquons sur le Rhône! 

Crozes-Hermitage, Gigondas, Saint-Joseph, Vacqueyras... autant de villages et de vins qui sonnent comme la promesse de moments incomparables. Alors quand mademoiselle Olive m'adressa un mail et une invitation à cet événement, j'eus quelques frissons à l'idée d'observer, d'humer et de me délecter de ce qui fait de mieux sur la planète. Pourquoi tant d'éloge à l'égard de ces vins? Pour faire simple : parce qu'ils sont succulents.  Plus prosaïquement, parce qu'ils dégagent de tels arômes (fruits rouges, fruits noirs, thym, laurier, sauge, tabac...) qu'ils ne peuvent laisser nulle âme insensible. Par ailleurs, ils accompagnent merveilleusement un boeuf braisé, un magret de canard, ou encore, de la cuisine asiatique. On est loin de ces vins trompe-l'oeil qui n'ont de supérieurs ou de cru que la mention sur l'étiquette.

Que le consommateur lambda, timide et estimant "ne rien y connaître en vin" se sente écrasé par l'hégémonie vitico-commerciale du seigneur aquitain est une chose! Mais qu'il passe à côté de ce que son pays a de plus beau à lui offrir est un crime. Qu'il ignore les joyaux du Sud-Est est une hérésie. Qu'il ne puisse pas un jour se prosterner devant un Gigondas, un Crozes, un Rasteau ou un Saint-Joseph est un drame culturel. Ne jamais avoir bu un Cairanne, un Cornas, un Vinsobres (passé cru en 2006, merci SVIR, et félicitations!), ou même un village (Rasteau, Sablet, Visan...) devrait être aussi invraisemblable que de ne pas être fichu de nommer le premier ministre ou de siffler la marseillaise!

Sous l'immense dôme de verre de la Brasserie Haussman, je file d'abord rendre visite à Pierre Amadieu, avec qui nous conquetons un prometteur Tupperwine pour dans les mois à venir. Petit tour d'horizon.

  • LES VINS PIERRE AMADIEU.

Gigondas, Grande Réserve 2004. Grenache, syrah. Nez intense de fruits noirs et mûrs (pruneaux). Bouche veloutée ou fruit et notes de garrigue se marient à merveille.  Longueur et finale poivrée. Bel équilibre nez-bouche. Générosité et simplicité sont associées ici pour rendre un vin d'une très grande qualité.

Gigondas, Grand Romane, 2005. 65% grenache, 20% mourvèdre, 15% syrah. Un vin atypique, au nez extrêmement parfumé. Fruits noirs, fruits rouges, enrobés de vanille laissent place à des notes de romarin, d'olive noire. Une finale tout en longueur sur du réglisse et de la menthe sauvage. Quel vin! Symbole du Gigondas par excellence. 

Egalement degustés : Saint-Joseph, 2005,100% syrah. Fruits noirs, minéral, granitique, herbacé, encore un peu fermé. Terroir et complexité. Crozes-Hermitage 2006, 100% syrah. Fruits rouges, cerise, sous-bois, thym, garrigue. Volume et fraîcheur.  Gigondas Romane-Machotte 2006, grenache 80%, syrah 20%. Des tannins avant que le suave et le fruit ne viennent séduire le palais. Vin à suivre. Personnalité et subtilité. Vacqueyras 2006. Grenache 70%, syrah 25%, cinsault 5%. Un nez encore pudique dévoilant des notes de fruit noir et de garrigue. La bouche est ronde et dévoile le velouté du grenache. Sans austérité, avec une certaine complexité, fruit noir, laurier, thym et sauge se confondent en bouche. Du cacao apparaîtra sur le temps. Le vin doit encore se mettre en place mais s'avère prometteur.

  • DOMAINE DE FONT-SANE, M. et Mme Cunty : la découverte! Monsieur est aux vignes, madame à la vignification. Sympathique moment passé avec ce charmant couple de vignerons dont le vin présente beaucoup de caractère et de féminité.

Gigondas, Tradition 2005. Un assemblage de cinq (des sept) terroirs de Gigondas. Derrière de flatteuses notes de sous-bois, des arômes de fruits rouges et noirs (myrtille, mûre), de garrigue et d'épices. Des tanins déjà mûrs et fondus. De l'originalité, de la finesse : ce vin déroutant ne laisse pas insensible. Je me délecte et grifonne peu de choses dans mon carnet sinon TB !!! Je suis conquis.

Terrasses des Dentelles 2005. Encore un vin que j'ai dégusté sans prendre la moindre note, si ce n'est "finesse" et "complexité"! L'échange avec Véronique Cunty est riche et il n'est pas rare que nous tombions tout à fait d'accord sur la personnalité de ce vin. Ce vin nous réservera bien d'autres surprises avec le temps, c'est manifeste. Superbe vin. A découvrir impérativement. Affaire à suivre sur VINSURVIN et lors d'un TUPPERWINE...

  • CAVE DES CLAIRMONTS

Un très joli Crozes-Hermitage bio 2005 qu'il faudra suivre de près. Un nez présentant une formidable palette aromatique. Une bouche fine, nette, fruitée. L'impression de boire un vin pas comme les autres. Mais, c'est ça le Rhône : l'impression de boire des vins pas comme les autres!

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Vignoble de la Machotte, Gigondas. 

 

Photo 1 : VINSURVIN. Photo 2 : P. Amadieu.

 
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