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lundi, 14 janvier 2008

Legendre idéale.

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Maintenant que VINSURVIN est entré dans le club (très fermé - j'ai trouvé porte close ce matin) des blogs ayant franchi le cap des 1OO OOO visites (désolé pour le réflexe auto-promotionnel), cela ne l'autorise pas à ne plus philosopher sur les petits bonheurs de la vie! D'ailleurs, la dernière virée gastronomique dans Paris, pas plus tard qu'hier, a soulevé un certain nombre de réflexions en votre humble serviteur... Entre bonheur de (re)découvrir de charmantes petites boutiques et la crainte de mourir, Paris offre toujours une certaine richesse événementielle. 

Les bonnes manières. Paris a cela de magique qu'il nous permet de traverser les cultures comme on traverse des passages piétons. Sauf qu'on risque moins de se faire renverser dans le premier cas (à part par les prix, certes) que lorsque confrontés au monde sauvage de l'automobilisme parisien. Ah, l'automobiliste parisien! Ce spécimen, encore très (trop) présent, toujours à la recherche d'un confrère, d'un cycliste, d'un motard, mieux, d'un piéton. Le piéton : la cible, la proie préférée de l'auto-homo-bilis. A pied, vous, le bipède, traversez tranquillement (naïvement) la rue quand le bonhomme passe au vert. Tel un Beatles, en homme civilisé avide d'apprendre les bonnes manières à ses progénitures, vous entammez la traversée infernale. Un vrai Pont de la Rivière Kwaï. Lorsqu'un(e) un zombi(e) affublé(e) d'une carapace de métal vous mitraille de coups de klaxons et manque de justesse de vous faire voler cinquante mètres plus bas. Si le comportement primaire de ce lunatic vous permet de gagner du temps (vous arrivez plus vite de l'autre côté de la rue), il ne garantit pas que vous y parveniez vivant. Cependant, avec l'habitude et un peu de roublardise, l'homo-erectus parisien parvient à se frayer un chemin.

Etouffe-chrétien. Je suis donc parvenu rue Legendre, dans le XVIIème arrondissement. Objectif, me rendre chez le meilleur traiteur italien du quartier : Premiata Drogheria Di Meglio. Suivi de près par Il Pomo d'Oro (Bd des Batignolles)... Une fois dans la boutique tenue par une sympathique italienne à l'accent transalpin, je me tourne vers les anti-pasti. J'opte pour les artichauds marinés. Côté pâtes, ce sera gnocchi pour moi (des pâtes préparées avec un mélange de farine de blé dur, ou de blé tendre, et de pomme de terre, généralement gratinées au four avec du fromage). Un peu étouffe chrétien, j'en conviens. Je prends également des penne accompagnés de leur assortiment miraculeux légumes/sauce à l'italienne. Tiramisu et ricotta en dessert. Le tout pour seulement 24€. Pour le vin, je me servirais bien parmi le joli choix entreposé, mais les prix sont un peu prohibitifs.

Je me rends alors chez Côté Cépage, toujours rue Legendre. J'aimerais boire un Languedoc avec mes mets mais "y'a mieux" émet la maîtresse. La Corse. Alors va pour ce Sartene 2OO5 (Domaine Sant'Armettu),  de chez les Frères Seroin, propriétaires-récoltants à Olmetto. Je ne serai pas déçu par ce vin. Le conseil fut pile, poil. Assemblage de sciacarellu, nielluclu (2 cépages typiques de la Corse), syrah et grenache, le nez présente plein de fraîcheur et s'ouvre sur une joyeuse farandolle de fruits rouges. Puis viennent s'immiscer des notes plus sauvages de cuir et de maquis. En bouche, beaucoup de finesse et de légèreté associées à la matière. Le vin est élégant, gras et souple, et doté d'une bonne acidité. Aromatique, généreux et complexe, ce vin est un pure régal. Grâce aux conseils de ma caviste, je passe un moment délicieux, d'autant plus que l'accord avec les anti-pasti, puis les pâtes, est formidable. Il me faut ce vin en cave! 

Enfin, comme si cela ne suffisait pas, je vais m'arrêter chez Sol et Vino, mon épicerie espano-corse préférée, toujours rue Legendre, pour m'enquérir de coppa corse, fumée dans la cheminé du cousin du grand monsieur à la petite moustache qui vous offre tout le temps une belle tranche de coppa en attendant votre commande. On trouvera également de très bons vins espagnols dans cette bodega parisienne.

Ne me restait plus alors qu'à rentrer à la maison. En chemin, le vin me fit rêver à ces somptueux paysages corses, ces vieux joueurs  de cartes sur une placette bordée d'arbres. Je me surpris également à anticiper sur la bonne cuisine  italienne que j'allais dévorer en arrivant et me dis qu'un petit week-end à Rome un de ces quatres ne serait pas pour me déplaire. Sans savoir pourquoi, le film "l'Auberge Espagnole" me revint à l'esprit. Ah, Barcelone, Madrid, l'Andalousie! Je me dis que les gens qui vivaient dans ces pays en avaient de la chance. Des gens chaleureux, heureux de vivre, pas stressés comme ici à Paris. Je me disais que c'était la belle vie, lorsqu'une Alfa Romeo Rouge immatriculée en Espagne et dont le aillon arrière portait un autocollant Corsica Nazione faillit me renverser. A peine eus-je le temps de dire "ouf" que j'entendis le conducteur me lancer un "va fanculo, filio de putana di Parigi!!". L'Italie, l'Espagne, la Corse en l'espace de 5OO mètres, et sur le même trottoir, c'est rue Legendre dans le 17ème arrondissement de Paris.

Premiata Drogheria Di Meglio 90 r Legendre 75017 Paris, 01.53.31.02.00

Sol et Vino, 164 r Legendre 75017 Paris, 014.2.63.93.80

Côté Cépage, 96 rue Legendre, 75017 Paris, 01.40.27.96.25

 

 
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