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lundi, 08 juin 2009

Bordeaux mérite un titre

cadillac 75.jpgA l’occasion du Week-End des Grands Amateurs, le Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (C.I.V.B) avait mis en place une opération de charme en conviant les oenoblogueurs français parmi les plus influents à venir passer trois jours à Bordeaux et dans le vignoble, les  15, 16 et 17 mai derniers. VinSurVin et le bordeaux : une nouvelle histoire d’amour ? Lire la suite sur VinSurVin 2.0.

jeudi, 06 novembre 2008

Enfin un Musée du Vin à Bordeaux !

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C'est difficile à croire, mais Bordeaux, la ville symbole du vin à travers le monde par excellence, n'avait pas de musée du vin. Jusqu'à très récemment. En effet, le "Musée du vin et du négoce" vient d'ouvrir au coeur du quartier historique des Chartrons. C'est l'affichiste Jean-Pierre Got qui a réalisé, pour le musée, "Jour d'ouverture".

Un musée du vin et des négociants au coeur de Bordeaux…une vraie nouveauté au 41, rue Borie, dans le mythique quartier des Chartrons, où travaillèrent tonneliers, courtiers et marchands pendant plus de quatre cents ans. Touristes, amateurs du vin et de la ville y trouveront de quoi satisfaire leur curiosité puisque le musée constitue une occasion rêvée d’allier détente et enrichissement culturel. C’est un atout de plus pour Bordeaux, ville classée au Patrimoine de l’UNESCO depuis un an et qui en recueille déjà des retombées positives au niveau de la fréquentation touristique. Une exploration atemporelle !

Niché au coeur d’un bâtiment du XVIII° siècle, très représentatif de l’architecture du négoce bordelais, le Musée est composé de trois belles caves voûtées où se côtoient de multiples témoignages du passé et du présent avec nombre de documents, d’objets et de panneaux explicatifs. Lieu de mémoire et d’histoire, le musée se veut aussi résolument tourné vers l’avenir. Un film présente d’une manière à la fois originale et innovante le quai des Chartrons à partir d’une peinture de Pierre Lacour, réalisée en 1804. La technologie 2D permet ainsi de suivre l’animation intense des quais, d’assister au déchargement des gabarres… Enfin, une dégustation de vins de négociants disponibles à la boutique met une touche finale des plus agréables à la visite.

Le musée du vin et des négociants s’inscrit dans l’élan de renouveau dans ce quartier de Bordeaux à découvrir ou à redécouvrir. C’est chose faite pour tous les visiteurs qui peuvent se laisser porter par les explications des guides spécialisés. Un bon moyen d’appréhender « la vie aux Chartrons » hier et aujourd’hui.

L'occasion également de découvrir les affiches de Jean-Pierre Got, comme "Jour d'Ouverture", qui montre un négociant en vins de 1770 inscrivant les dernières informations sur le mur de ces chais qui abritent désormais les collections. On peut également admirer des "affiches du vin" de Jean-Pierre Got sur son site internet. Où à Bordeaux !

Le Musée du Vin et du Négoce, 41 rue Borie, 33000 Bordeaux. Ouvert tous les jours de 10h à 18h.

Individuel :
Adulte : 7 €
Enfant et étudiant : 3,5 €

Groupe : (19 personnes)

Adultes : 6 € par personne
Scolaires, enfants, étudiants : 3 € par personne

mercredi, 27 août 2008

Un trésor, ce Quintet girondin !

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Après Château la Freynelle 2007, suite des dégustations ApéroBordeaux avec Quintet, Bordeaux Blanc 2007 et Dourthe N°1, Bordeaux blanc 2007. Vous rappeler le concept d'ApéroBordeaux : chaque mois, 15 internautes sont sélectionnés parmi les inscrits sur ce site Internet. Est alors envoyé à leur domicile un kit de dégustation composé de 3 bouteilles de vin de Bordeaux. Vous dégustez puis envoyez vos commentaires sur ApéroBordeaux, photos à l'appui si le coeur vous en dit. Une très belle initiative pour découvrir des vins simples-et-bons-et-pas-cher.

Rappelons que l'auteur de ce blog n'est pas un adepte du bordeaux, à première vue. Rappelons également que Château La Freynelle, Bordeaux blanc 2007 s'était vu attribuer la note très satisfaisante de 14,5/20. Pas une habitude les notes sur VINSURVIN, mais puisqu'il s'agit d'un jury, et que c'est bientôt la rentrée... Pour commencer cette deuxième session : Quintet, Bordeaux blanc 2007, 100% sauvignon. Je vous épargne la symphonie un peu ringarde autour du champ lexical de la musique, lisible sur la contre-étiquette, qui donne envie d'ouvrir... un chardonnay. En fait, loin d'être jazzy, ce vin produit rapidement l'effet d'une chansonnette au creux de l'oreille.

Passons sur la robe, relativemement pâle, mais l'habit ne fait pas toujours le moine. Concentrons-nous plutôt sur le nez de ce vin, qui reçoit, à 1027927091.jpgl'unanimité, les félicitations du jury. Quel bouquet ! Quels parfums ! Pour un peu, on se satisferait de ces superbes arômes de fleurs fraîchement coupées, de citron, de menthe sans même porter le verre à nos lèvres, par peur de ne pas retrouver le même plaisir en bouche. Le déséquilibre né/bouche est parfois frustrant. En effet, un vin présentant un nez extrêmement flatteur peut s'avérer décevant en bouche : un beau-parleur, en somme. Ce ne sera pas le cas, ici. La bouche de ce Quintet est fraîche, tonique, puis s'arrondit doucettement. Citron, agrumes pressés, finale épicée, tendue et d'une belle longueur : c'est tout mais c'est tellement bon ! Une personnalité nette et sans détour, de la gouleyance, de la jeunesse, de la joie ! Je m'incline, un vin très très réussi. 17/20. Cerise sur le gâteau : ce vin ne coûte que 3,30€ !

Restait le vin le plus cher sur le papier (6,70€) mais pas à mes yeux : Dourthe N°1, un bordeaux blanc 2007, également 100% sauvignon. Un vin qui m'a laissé perplexe. Il ne recueillerait pas la moyenne. Référons-nous plutôt à certains commentaires apparaissant sur APERO-BORDEAUX : "simple, très bon équilibre qui se termine par une fraîcheur agréable." ; "trés bon bordeaux blanc" ; "la bouche n'est pas en reste avec une belle attaque vive et franche puis enrobée avec élégance par cette minéralité caillouteuse qui donne du relief et de la puissance." CQFD.

Conclusion : on ne peut passer sur le fait que le vin qui recueille, à mes yeux, les meilleures impressions est le vin le moins cher et que celui qui se voit recallé par le jury est le plus cher ("recallé" mais non condamné, il faudra le regoûter ou goûter d'autres cuvées de ce domaine, qui doivent être très bonnes, au demeurant). Je suis ravi de voir que l'on peut boire des vins délicieux (à Bordeaux) pour des sommes modiques. C'est une bonne nouvelle. Au final, deux vins très bons sur les trois présentés : c'est une belle réussite. Enfin, le sauvignon étant le cépage roi dans ces trois vins, je ne puis que vous conseiller de goûter le sauvignon lorsqu'il est vinifié en Centre-Loire : pouilly fumé, ménetou-salon, quincy... et sancerre, bien entendu !  

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mercredi, 20 août 2008

C'est bordeaux blanc et blanc bordeaux

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Sympa, Apéro-Bordeaux a invité VINSURVIN à déguster trois bordeaux blancs et à faire parti du jury ! Du sauvignon, du sémillon juteux, fruités et fort agréables : il y a de la découverte dans l'air...

La première bouteille ouverte n'a pas un goût de bouchon. Normal c'est un bouchon à vis  ! La classe. Avant de déguster, je passe en mode castorama : je visse, je dévisse, je visse, je dévisse... Un peu plus et je descendais à la cave chercher la perceuse ou un tournevis : bah ouais, j'arrive pas à l'ouvrir avec mon super tire-bouchon screwpull. Et ce bruit métallique du bouchon sur le verre de la bouteille... superbe. Ca me rappelle la micheline rouge et blanche qui passait devant chez mes grands-parents, sur la ligne Guingamp-Lannion, quand j'étais petit. On était en train de manger. Et tous les jours, à 12h07, on entendait ce iiiiiiiiiiiiiiihhhhhh (inimitable), parce que, avant la maisonnette de mon grand-père et de ma grand-mère, il y avait un virage serré, donc la micheline, elle devait freiner, sinon, elle finissait dans le séjour de mon grand-père et ma grand-mère. Et le machiniste, il mangeait le jambon-macédoine avec nous (elle faisait ça, en entrée, ma grand-mère : jambon-macédoine). Mais sans bordeaux. Avec du cidre.

Alors, ce bordeaux blanc, parlons-en. Le premier (tiré au sort sur les trois reçus par, hum, la Poste) s'appelle Château La Freynelle. Freynel ? C'est le nom de mon médecin quand j'étais gamin ! Ce vin blanc aurait-il des vertues médicinales ? Fort possible. La robe jaune pâle témoigne de la jeunesse de ce 2007. Très propre au demeurant. Le nez est très aromatique, d'une belle puissance : agrumes, pamplemousse, ça saute au nez. Puis herbe sèche, foin coupé. Le vin s'ouvre tranquillement pour laisser apparaître de subtiles notes chaudes et grasses de fruits blancs, d'ananas en finale. Cela augure d'une belle bouche. Effectivement, l'attaque est vive, marquée par les agrumes mais un peu dominée par l'acidité, la faute à la jeunesse et peut-être à un millésime pas des plus géniaux, avec un mois d'août humide, rattrappé de justesse par un mois de septembre ensoleillé et par les soins des bons vignerons. Malheureusement, cette acidité ne permet pas de retrouver ces notes chaudes annoncées en introduction olfactive... La bouche, fort agréable au demeurant, est d'une bonne densité, d'une certaine richesse. Au final, un vin très raisonnable pour l'apéro, voire avec poisson ou une viande blanche en sauces. Et puis à 4,70€, pourquoi se priver ? Pas l'habitude de donner des notes sur VINSURVIN, et encore moins un 20/20 ! Mais, puisqu'il s'agit d'un jury, alors adjugeons la note de 14,5/20 (très bon rapport qualité/prix). Suite des dégustations apero-bordeaux/vinsurvin avec Quintet et Dourthe n°1 : des noms de vin, ça ?! Prochainement sur VINSURVIN.

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samedi, 07 juin 2008

Des rosés qui n'ont pas à rougir.

Décriés par les puristes, adorés par les femmes, les "rosés" n'ont pas toujours bonne presse et éprouvent certaines difficultés à se faire une place au soleil, entre les blancs, stars des apéritifs et des plats de poissons, et les rouges, maîtres incontestés en la matière. Alors que nous approchons tant bien que mal de l'été, VINSURVIN passe en revue quelques rosés dégustés grâce aux échantillons reçus, chaque semaine plus nombreux.

1261282311.jpgLe rosé, c'est pour les femmes. Ou pour les tapettes ; le rosé, c'est un mélange de blanc et de rouge ; le rosé, ça manque de personnalité.  Pléthore sont les stéréotypes dont souffre le troisième sexe de la viticulture. Sorte d'androgynes ni blanc, ni rouge, si les rosés ont souvent été le parent pauvre du vin, on lui prête aujourd'hui un peu plus d'attention. Dégustés l'été en apéritif, avec des grillades, des salades ou même des desserts, certains d'entre eux sont aussi les parfaits accompagnateurs, quelle horreur cette formule, de plats épicés comme les tagines.

Aujourd'hui, le "travail" VINSURVIN est loin de celui tiré des rencontres avec les vignerons. Mais, nombreux étant les échantillons à arriver chaque semaine à Paris, il est normal de faire honneur à ceux qui valent le détour. Reçu il y a quinze jours, Roselya mérite que l'on s'arrête sur lui ; ou sur elle. Féminin ou efféminé, ce bordeaux rosé signé Terroirs de Tutiac de couleurs framboise claire présente un nez gourmand et généreux de fruits mûrs, de fraise. En bouche, c'est farandole de fruits rouges acidulés mais aussi de griottes, qui donnent du gras à un vin très concentré par ailleurs, chose rare dans ce type de vin. La finale est poivrée et gouleyante. Un bon rosé.

Le Mâcon rosé de Jean Gonard, des Caves Charnay-les-Mâcon, est d'une belle brillance et il arbore une couleur tuile claire. Un nez marqué par le fruit rouge mais aussi par des notes de sous-bois et d'amande grillées, de noisettes comme on le retrouve, et c'est surprenant, dans les blancs du Mâconnais. Un rosé léger, rond, poivré, qui remplira très bien son rôle cet été.

En attendant de déguster, entre autres, l'Arbois Rosé d'Henri Maire, les rosés de Provence de Château Bas, le rosé ardéchois du Château de la Selve, mais aucun Tavel, il ne faut pas hésiter à mettre quelques-uns de ces vins au frais, surtout sous les grosses chaleurs.

jeudi, 24 avril 2008

Château Noguès : un bordeaux supérieur (à la moyenne).

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La dégustation chez l'artisan-caviste (débroussailleur, trouveur de pépites) Laurent Baraou aura été l'occasion de découvrir des vins de très grande qualité, ce qui tomba bien puisqu'on ne s'était pas déplacé de Paris pour boire des fonds de cuves dits "supérieurs" ou "bourgeois". Mais au-delà des sublimes Pouilly Fuissé de Phillippe Greffet, Vouvray sec du Domaine Huet, Saumur Champigny de Thierry Germain et Languedoc d'Alain Chabanon se hissa un vigneron sorti de son Lille : Dominique Bertram. Si le vin n'est que question de sens (et non de "goût", approche trop galvaudée), rarement ce jour ceux de votre dégustateur indépendant n'auront été aussi en communion que face au vin du Château Noguès.

Puisqu'il ne faut en retenir qu'un, alors ce sera lui : Dominique Bertram. Advitam Eternam. On l'avait croisé en train de se délecter des chablis de Daniel-Etienne Defaix. Il avait l'air sidéré. Pas étonnant quand on connaît les vins de cette résurrection cistercienne. Je n'eus pas de visions lorsque vint le moment de porter à mes lèvres le Château Flaujac 2003, mais j'eus un peu l'impression d'entrer dans la lumière. Ou de sortir de l'obscurité (si ce n'est l'obscurantisme) dans lequel nous noient trop de vins bordelais. Un nez complexe et subtil de fruits flétris, de pruneaux puis une bouche ample, large et profonde au contour de fruits noirs et de garrigue. De la mâche, de la matière, de la longueur. Quel régal !

Le Château Noguès 2002 est plus léger, généreusement fruité avec des notes réglissées. Il permet surtout de se rendre compte de la diversité des vins  du domaine. "Mes vignes sont plantées sur des terres pauvres, nous précise Dominique Bertram, ce qui donne chez moi des vins juteux". Hétéroclites et délicieux, a-t-on de suite envie d'ajouter. 

Le coup de grâce arrive avec la cuvée Château Noguès "Or", 2003. Le nez est fantastique : fumé, torréfié et quel volume ! En bouche, puissance, volume, complexité sont les maîtres mots. Il nous conduit vers des notes de truffes, d'olives noires, de tapenade. Je lui trouve des touches animales (cuir) et cacao amer. Pour le coup, on se croirait en Languedoc ! La finale, avec ses notes salines, trouve le moyen d'évoquer de nouvelles notes, subreptices, qui avec le temps s'affirmeront.

Peut-on attendre quelque chose du vin ? Doit-on attendre quelque chose du vin ? Ce serait s'exposer à trop de désillusions. En revanche, au moment le plus inattendu, le vin peut, lui, nous offrir des instants qui dépassent toute explication rationnelle. Le vin demeure plus une question de sens, qu'une vulgaire question de goût car, finalement, réduire une impression à un simple "j'aime" ou "j'aime pas", c'est ignorer et anéantir outrageusement toute l'activité sensorielle développée lors d'une dégustation. De toute façon, ce Noguès là, je ne l'aime pas. Je l'adore.

Veronique et Dominique Bertram
Château Noguès
33690 Auzac - Grignols.
Tél.: +33 (0)5.56.25.56.17
Fax.: +33 (0)5.56.25.61.32
Chateaunogues@aol.com

Photo (www.mistelle.fr) : Dominique Bertram, à gauche, en pleine conversation.

mardi, 22 avril 2008

Wine in Bû is Bûtiful. Part II.

 

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Suite et fin (ou presque) de la dégustation des vins Laurent Baraou dans le petit village de Bû en Eure et Loir. Après les blancs dont la qualité a été largement évoquée sur VINSURVIN, petit tour d'horizon des rouges. Avec un gros coup de coeur pour un vin de... Bordeaux ! Un extra-terrestre dans une région décimée par l'uniformité.

  • Domaine des Roches Neuves 2007, Saumur Champigny Thierry Germain.

Longez la Loire après avoir passé le village de Candes Saint-Martin. Inaccessible en voiture, il vous faudra marcher à la découverte d'un des plus beaux villages de France. Ensuite vous prendrez la route pour Saumur, superbe ville siégeant les bords de Loire. Frissons garantis. Vous traverserez la ville pour vous rendre à Varrains. Varrains est une mine d'or. VINSURVIN élisait (timidement !), il y a pile deux ans, la Cuvée Pelo du Petit Saint-Vincent comme bouteille de la semaine. Aujourd'hui, c'est un homme de Varrains lui aussi qui est honoré : Thierry Germain.

Il fallait oser présenter un millésime auquel les cartomanciennes ne prédisent pas un bel avenir. La robe des Roches Neuves 2007 est profonde et d'une belle brillance. Le nez est concentré, ample et promet déjà beaucoup de plaisir. En effet, les arômes de fruits noirs mûrs sont intenses et purs. Des notes de tabac et de bois sec se dévoilent dans une grande complexité olfactive. Quelle fraîcheur également ! La bouche nourrie de ce nectar riche et voluptueux exulte devant tant d'énergie et de fougue ! Mâchez ce vin : son gras, sa chair, son corps sont les ambassadeurs du moût, du raisin et de la lie. On ne peut non plus s'empêcher de penser au travail qui a été fait en vigne. Ca crève les sens. VINSURVIN espère vous présenter, un jour, à Paris, Saint-Germain, dont le vin n'est pas prêt d'être relégué en VDQS, sorte de ligue 2 du vin. A moins que les cartomanciennes ne me contredisent.

  • Alain Chabanon, Coteaux du Languedoc (Montpeyroux).

On aime le Languedoc sur VINSURVIN. Et c'est peu dire. On s'embourgeoise aussi. Cet Esprit de Font Claude 2003 vaut quand même 24€. Justifiés. . Un nez puissant et complexe de garrigue, de pin, de romarain, puis de fruits rouges sauvages. En bouche, la matière est élégante, avec des tanins  précieux. Ce vin exprime sa personnalité à travers sa puissance et sa délicatesse, dont se dégage une force singulière. En finale, Font Claude n'en finit pas de nous conter l'arrière-pays montpeliérain avec ses notes gourmandes, réglissées et grillées. Le caractère un peu serré laisse augurer un beau potentiel de garde, caractéristique des grands Montpeyroux.

On pourra également se tourner vers Les Boissières 2004 et Campredon 2006, qui ont montré tout le talent d'Alain Chabanon.

  • Dominique Bertram, Château Nogues, Bordeaux (Supérieur).

Vous connaissez la passion de VINSURVIN pour les vins de Bordeaux. Sourtout pour les supérieurs. Pourtant, votre humble serviteur vantait récemment la qualité des Château Toumilon, en Graves. Par ailleurs, dans quelques mois, nous goûterons probablement les vins d'Alexia Eymas, de Château Maisonneuve, des blaye rapidement abordés il y a quelques semaines à l'Assiette Aveyronnaise du grand Dorian. Les échantillons d'Alexia viennent de quitter Bordeaux : je les attends avec impatience ! Et pour boucler la boucle, le vin ayant, et de loin, impressionné VINSURVIN à Bû est un vin élaboré non loin de Graves, celui de Dominique Bertram.

Pour connaître mes impressions sur ce fameux Bertram : patience ! L'article paraîtra dans quelques jours. En attendant, et pour vous faire patienter, rendez-vous ICI, pour découvrir une jolie présentation de l'homme et de son travail.

Enfin, nous parlerons très bientôt des Châteauneuf du Pape du Domaine de Villeneuve, de Stanislas Wallu. En vue sur VINSURVIN : une dégustation des vins de Stanislas (attention, bijou) en duo avec les côtes du rhône et chateauneuf du pape du Domaine de la Milière.

 

 

vendredi, 04 janvier 2008

Deux rebelles à Saint-Emilion!

2cea53b4383f37540cb82e37da8f16be.jpgIl y a quelques temps, je recevais un commentaire de Danielle et Richard Dubois, viticulteurs à Saint-Emilion. En substance, le commentaire disait que tous deux étaient prêts à relever le défi Tupperwine. En employant le terme "défi", Danielle et Richard Dubois laissaient sous-entendre qu'ils avaient bien compris que si VINSURVIN vise à défendre, vanter et, surtout, faire découvrir les vins de France et de Navarre, son auteur éprouve une certaine réticence, si ce n'est une réticence certaine, face aux vins de Bordeaux. Certes, le lecteur assidu sait pertinemment que votre humble serviteur goûte et apprécie certains bordeaux, car certains sont intéressants. Mais, la consommation unilatérale de bordeaux du français lambda et son ignorance de la richesse de la viticulture française, la standardisation du goût bordelais, la tristesse et la fadeur de centaines de clones bordelais, ce vin imbuvable en têtes de gondoles des supermarchés à 1,00€ et qui n'a aucune raison d'être, le mensonge de la mention "grand vin de Bordeaux", la médiocrité de la plupart des crus bourgeois, l'hégémonie bordelaise au détriment de la diversité du terroir français, en autres, m'obligent à remettre le bordeaux lambda à sa vraie place, celle d'un vin de table ni plus ni moins ordinaire et sans intérêt gustatif.

Après un petit tour sur le site de ce couple de vignerons, je ne me suis plus étonné de leur commentaire. J'ai même été très attiré par leur philosophie, et étonné par ce qu'ils appellent leur "constat". Ce dernoer est édifiant et s'inscrit complètement dans ce que je reproche à la région en question. Je en vous propose ici un copié / collé tiré, donc, de http://www.terroirsenliberte.com/index.php.

Le constat

Les Grands Vins de bordeaux s’éloignent de plus en plus de la tradition, du respect des équilibres entre le terroir, les cépages, et le vigneron, responsable de l’élevage.
En ce qui concerne la qualité, la conceptualisation technologique du vin a permis un grand bond en avant.
Hélas l’arrivée de quelques ‘‘gourous’’, conséquence de la mondialisation, amène les concepteurs de vin à penser de façon ‘‘uniforme’’. Qu’il soit de Bordeaux ou de Taïwan, il faut faire le vin selon leurs critères, leurs absolutismes, pour qu’il se vende, et cher.
Cette vue à court terme, où seul l’intérêt économique dirige, n’est pas pour nous plaire. Nous ne voulons pas de standardisation dans la création d’un Grand Cru.



L’élaboration d’un cru est un art !

L’art de laisser s’exprimer la synergie entre le sol, le ou les cépages et l’élevage. L’art de permettre à la vigne de faire une Grande Baie. L’art de ne rien faire ou le moins possible pour laisser le fruit s’exprimer de manière optimum. L’art d’élever et non de soumettre !


La réalisation

Nous avons donc choisi, sur la commune de Saint Sulpice de Faleyrens(le Pied de St Emilion), une magnifique croupe graveleuse sur laquelle nous avons, jour après jour, utilisé tout notre savoir-faire ancestral et notre interprétation des usages modernes pour permettre à ce mamelon de nous offrir le plus grand fruit possible !
Enfin, pour respecter au maximum ce grand fruit, nous bannissons tout appareil mécanique (érafloir, pompe, etc…).
Nous espérons ainsi vous confier une ŒUVRE UNIQUE et non un grand produit correspondant à des ‘‘critères mondiaux de qualité’’ !

Pas de langue Dubois : voilà donc une politique pleine de bons sens et de jolies promesses. Pour un peu, ces deux là passeraient pour des rebels! Ne nous reste plus qu'à goûter les vins de Danielle et Richard... prochainement dans un Tupperwine?!

mardi, 18 décembre 2007

Un "Château" en Espagne.

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Souvenez-vous. Il y a quelques mois, VINSURVIN proposait une critique de la publicité papier pour les vins de Bordeaux. En feuilletant un journal gratuit londonien cette semaine, Metro pour ne pas le nommer, sur quoi tombe-je ? La copie conforme de la publicité en question. Quel pouvoir d’attraction une telle publicité peut-elle avoir sur les british ? Pourquoi tant d’acharnement à jouer la carte de l’apparence ?

Vin commercial.  Je suis verte et blanche, j’affiche un château sur mon étiquette, je fais 23cm de haut, 15 de large. Je suis, je suis… Non, il ne s’agit pas de la nouvelle venue des bouteilles de bordeaux. Simplement de la publicité pour le vin le plus connu au monde : le bordeaux. Petit budget, relance sur le marché anglais, ou simple manque d’imagination ? En tous cas, cette même affiche était placardée dans la presse française il y a de cela un an. Et elle n’a pas été remise au goût du jour ! Preuve en est le millésime sur la table : toujours un 2005 ! 

Les châteaux sont en Loire, pas à Bordeaux. A gauche du programme TV de Metro, toujours cet austère cliché noir et blanc, cette écriteau qui masque les chevilles de la demoiselle et ce décors type "Monsieur Meuble". Le jeune homme n’a pas pris une ride. Il a toujours la même idée derrière la tête (ouvrir un bourgogne). La jolie jeune femme, elle, affiche toujours cet air blasé. Guère besoin de mots pour nous faire comprendre son affliction : "Qu’est-ce qu’il est lourd ce mec. En plus, il a mauvaise haleine : on dirait mon prof d’éco à Paul Langevin.". Le slogan lui-même n’a pas changé d’un iota. Et il a été traduit du Français vers l’anglais mot pour mot. Certains vous offrent juste un verre. D’autres vous offrent un château devient dans la langue de Shakespeare : Some offer you just a drink. Others offer you a château. Le flegme anglais vous répondra certainement qu’un drink, c’est déjà pas mal, certains ne vous offrant simplement rien du tout. Et puis en anglais, on offer pas un drink. On pay un drink… Quant au vin, pas un canon-fronsac, toujours pas un entre-deux-mers, encore moins un pomerol. Non. Toujours un bordeaux. Soit le vin générique représentant le quart des appellations contrôlées françaises et pouvant être produit n’importe où dans les 130 000 ha du vignoble bordelais. Issu d’une grande variété de terroirs, plus ou moins bien élaboré, on trouve sous son étiquette le meilleur, et surtout, le pire. La qualification « château », symbole de grandeur et de puissance est donc présomptueuse, voire mensongère, tant la plupart sont en ruines. En fait, plus j’y pense et plus je me dis qu’un "château", un vrai, pour l’œnophile un brin amateur d’Histoire de France, c’est un vin de Loire.

Femme morose, femme moderne. Un peu comme la plupart de ses vins, bordeaux.com continue d’axer sa campagne sur l’image des vins bordelais plus que sur leur personnalité. Sur leur apparence plutôt que sur leur matière. La forme prévaut sur le fond : leitmotiv bordelais par excellence. D’où cette scène un peu superficielle, où le vin est relégué à l’état de bouteille sur le coin d’une table. On ne peut s’empêcher de se demander quelle image bordeaux veut donner à son vin. Le blanc du canapé : métaphore de la fadeur ? La morosité de la jeune femme : symbole des sensations éprouvées en dégustant un cabernet-merlot de Bordeaux ? Ou de la nouvelle femme moderne bordelaise ? La nature sombre en arrière plan : allusion à des lendemains pénibles ? La France , pays aux habitants torturés, noyant leur déprime dans un triste vin rouge : nouveau cliché Outre-Manche ? Je conçois que l’on veuille ici mettre en avant un moment privilégié, intime, amical. Le problème, c’est que la scène ne véhicule qu’hostilité, apparat et ennui. 

La vache, nouveau symbole de puissance. Comparativement, la publicité pour les vins de Bourgogne dans Bourgogne Aujourd’hui de décembre 2007 offre (comme ses vins) plus de complexité, et n’hésite pas à mettre le terroir en avant (les champs gras et riches ; la vache, qui dégage une superbe puissance). On insiste également sur la robe du vin (comme dans une publicité précédente), la couleur "intense et éclatante". Par ailleurs, le cépage "pinot noir" y joue un rôle prépondérant. La Bourgogne , incisive, va jusqu’à revendiquer sa paternité en assénant qu’il "donne le meilleur de lui-même sur la terre de Bourgogne". Autres méthodes, autre philosophie, autre monde. 

Oh la la, la Deurdeugne , le chardeuneille, l’affreux mage! Les concepteurs de cette affiche se sont-ils au moins posé la question de savoir ce qui attire les anglais end France. Il est curieux en effet de croire qu’un message et une photo puissent s’adresser indifféremment aux français et aux anglais. Comme si les anglais voyaient la France à travers le prisme d’un jeune couple qui s’ennuie. Quid des amis, des copains, de la famille, du repas, du partage, de la convivialité ? Et nos régions, nos routes, nos villages, nos fromages ? Les aspects culturels fondamentaux relatifs à l’esprit du vin en France sont littéralement laminés. Pas étonnant alors que les anglais soient de plus en plus nombreux à aller chercher leurs châteaux… en Espagne.

mercredi, 21 novembre 2007

Parker : une bille?

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Ma lecture de Robert Parker, Anatomie d’un Mythe est quasiment terminée et les anecdotes se font plus croustillantes les unes que les autres. Entre éclairage sur les qualités hors normes du dégustateur (mais aussi remise en question de cet état de fait – les régions satellites de bordeaux telles que Canon-Fronsac, Pomerol, Saint-Emilion sont abordées très sommairement), règlements de compte vachards (Parker n’a pas rendu à Madame Agostini le vin qu’elle lui a « prêté »), et mise en avant de son charisme (de même que constat de sa perte d’influence dans les régions dont il ne s’occupe plus - Parker est persona non grata en Bourgogne), le portrait de l’américain qui fait tant couler d’encre oscille entre complaisance et inimitié.

« Wine doesn’t make me fart ! » Comment penser qu’un Yankee nourri au coca et au cheeseburger, et qui prend sa première cuite au Cold Duck, sorte de débouche-canalisations pétillant à 2 Francs, va devenir le plus célèbre dégustateur du monde ? Malformation génétique (« votre enfant possède une qualité inconnue dans ce pays : il a du goût ») ? Pur produit informatique (« Parker, le Steve Austin des années 2000 ») ? Parker, l’Arnaque du Siècle (« nom de code : KGB007-13° ») ?

La découverte de la France en 1967 se fait grâce à sa femme, Patricia, qui étudie le français. Malgré de très maigres moyens (ils logent dans un hôtel très médiocre), c’est dans le quartier latin que l’américain découvre avec horreur que le coca est très cher en France. Patou lui suggère alors de prendre un verre de vin rouge. Il adore de suite, d’autant plus que cela ne lui occasionne aucun ballonnement. Romantisme à l’américaine : « I love this wine, Pat, all the more as it doesn’t make me fart!” En outre, et c’est là que le bât blesse, la preuve est donc faite que Parker n’a aucun goût, puisque je vous laisse imaginer la médiocrité du vin rouge que Parker dégusta en 1967, lui qui était doté de très maigres moyens, qui était inculte en vin, et, qui plus est, dégusta dans l’attrape touristes de quartier latin. « Waoh ! Excellent ce vin, normal c'est un "4 étoiles" ! » Et voilà comment est née la légende… Sans compter que Parker décrètera plus tard aux journalistes que c’est là qu’il a tout compris de la France. Mais fallait-il lire : « Pas moyen de boire du vin convenable dans les bars-restaurants parisiens » ? Dans ce cas, je m’incline.

Style simple et vocabulaire restreint. Les années 70 voient la naissance de nombreux magazines spécialisés pour répondre à un réel besoin d’informer le nombre croissant des amateurs de vin en Amérique. Le plus célèbre de ces magazines est le Robert Finigan’s Private Guide to Wine (1972). En 1977, il est diffusé sur tout le territoire américain et même à l’étranger. Le bi-mensuel California Grapewine est publié dès 1973. Le mensuel Connoisseur’s Guide to California est lancé en 1974. En 1978, Parker rédige le premier numéro de The Baltimore / Washington Wine Advocate. Reprochant le style intellectualisé de certains critiques en vin, Parker opte pour un style simple et un vocabulaire restreint. Parker privilégie donc une expression directe, sans fioriture. Mais le premier numéro souffre d’un style répétitif, d’un vocabulaire limité et de fautes d’orthographes dans les noms de régions viticoles : des carences qui s’améliorent dès le deuxième numéro. Le leitmotiv de l’ancien avocat ? La transparence vis à vis du consommateur et l’indépendance vis à vis des producteurs. Et puis, il y a ce système de notation sur 100 qui séduit nombre d’amateurs et de professionnels. Aujourd’hui, le barème se décline de la façon suivante : 50 à 59 décrit un vin à éviter, 60 à 69, un vin inférieur à la moyenne, 70 à 79, un vin moyen, 80 à 89, juste au-dessus de la moyenne à très bon, 90 à 95, excellents, 96 à 100, exceptionnels. D’où la naissance du dicton : au-dessous de 90, un vin est invendable. Au-dessus, il est introuvable. 

A legend is born. C’est le millésime 1982 qui va propulser Parker au sommet de la critique viticole en même temps qu’elle signera le déclin de certains de ses concurrents, comme Robert Finigan.

En mars 1983, Parker est à Bordeaux pour déguster les 82. Il est étonné par la puissance, la robe sombre et le fruité généreux de ces vins jeunes. Il comprend immédiatement qu’il a affaire à un millésime grandissime, l’année la plus grandiose pour le bordelais depuis 1961 comme il le couche dans le Wine Advocate. Robert Finigan fait l’éloge des 1982 dans un premier temps, avant de les trouver « étranges », de se rétracter et de conseiller à ses lecteurs de se rabattre sur les 1980 « plus charmeurs » et sur les « superbes » 1981. Au Wine Speactator, on estime que les 79 représentent les « meilleures affaires ». Dans l’ensemble, les critiques américains dénigrent les 82, qu’ils qualifient de « californiens ».

Les archives de Haut-Brion rassurent Parker puisqu’elles confirment que les 1929 suscitaient dans leur petite enfance les mêmes interrogations que les 1982. Il réitère alors ses conseils d’achat, conseillant à ses lecteurs d’en acquérir autant que leur moyens le leur permettent, déclenchant une frénésie chez les collectionneurs américains. Consommateurs et professionnels s’intéressent de plus près à Parker. On est au cœur d’une bataille d’opinion.

Au final, entre 1983 et 2002, le prix des 1982 a augmenté de 2012%. Pour la première fois, Parker se distingue, non seulement par ses qualités de dégustateur, mais aussi par le pouvoir qu’il exerce sur la marché. En 1990, le PrivateGuideToWine de Finigan cesse de paraître…

Quoi qu’il en soit, à la lecture des commentaires radicalement différents d’éminents dégustateurs sur le Pavie 2003, un bordeaux dont l’inculte que je suis n’avait jamais entendu parler auparavant, qu’est-ce qui fait que l’on doit plus donner raison à l’un qu’à… Parker ? Ce dernier est dithyrambique, attitude dite « classique » chez lui. Il voit dans ce Pavie « une réussite hors norme (…), l’un des trois 2003 les plus grandioses de la rive droite. » Rien que ça. James Lawther du Decanter est technique et très objectif : «Un nez riche de fruits confits noirs nuancé de chêne vanillé aux notes de réglisse. » Si Michael Broadbent vante « un nez profond, extraordinaire » il insiste cependant sur des « arômes et des nuancés de goudron ». Enfin, Clive Coates, de The Vine, nous livre un verdict sans détour, si ce n’est par Monkton, village natif de Parker, pour lui passer le bonjour : « Quiconque pense que ce vin est bon devrait se faire greffer un cerveau et un palais. Le spécimen en question sera tout simplement comme étant imbuvable. » CQFD.

Chose certaine : l’amateur de vin - je veux parler de celui qui aime les vins de France et de Navarre, à distinguer de celui qui ne connaît que le vin rouge fait chez les girondins - s’agace de la trop grande part réservée au bordeaux dans cette ouvrage. Si ce n’est pour faire référence au fait que Parker est banni de Bourgogne, qu’il apprécie le Châteauneuf-du-Pape et les vins d’Alsace, aucune expérience avec des vins d’autres régions n’est mentionné. On s’étonne également de l’absence totale de référence totale aux vins blancs. Quid des Condrieu, des Chablis, des Pouilly Fuissé et Fumé, des Sancerre ? Manifeste reflet de la culture Parker, Anatomie d’un Mythe est surtout éloquent par les régions qu’il n’aborde pas, tout du moins, dont Parker n’éprouve que peu d’intérêt. De là à dire que Parker est une bille.

Les phrases en italiques sont, bien entendu, tirées de l'ouvrage d'Hannah Agostini, Robert Parker, Anatomie d'un Mythe, aux éditions Scali.

vendredi, 29 juin 2007

Bordeaux en bord d'Ouen.

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Vin fabriqué à la chêne.

Toi qui parfois viens errer sur ce blog, tu connais ma position sur le phénomène "bordeaux". Pour toi qui viens d'échouer ici pour la première fois, on dit que j'aurais une certaine dent contre les vins de cette région. Un complexe oenolo-freudien non résolu qui aurait engendré une phobie des vins situés entre la Garonne et la Gironde. D'après mon caviste. Mais cela est faux! La preuve en fut ce Saint-Estèphe, Château Clauzet 2003, Cru Bourgeois (Supérieur) du baron Velge dégusté le week-end dernier et qui offrit toutes les garanties économiques escomptées : ie d'un bon rapport qualité/prix. En effet, des "Vous nous comblez, Fabrice", "Magnifique: l'alliance de l'élégance et du caractère m'émeuvent presque, mon gendre (adoré)", ou encore "Un délice, Fabrice, tu ne cesses de me surprendre après treize mois de mariage" fusèrent dans l'assemblée réunit autour du flacon. Pas du genre à flatter mon égo, mon public ne tarit donc point d'éloges pour un vin qui ne m'offrit néanmoins aucune extase hédonisto-gustative. Mon côté "control-freak". Une très jolie robe griotte sombre aux reflets violets manifestes. Un nez franc, qui ne triche pas, marqué par les fruits noirs (cassis, mûre) ainsi que par la banane, le café fraîchement torréfié. Une bouche ample et concentrée d'un très bon équilibre avec une très belle longueur en bouche. Des tannins marqués mais délicats. La belle machine, quoi. La belle mécanique bien huilée, propre, qui tient la route, en fout plein la vue, type BMW, Mercedes. Cet épisode, aussi bref fut-il, m'interrogea sur mes goûts. Pendant qu'on se régalait autour de ce qui convenait d'appeler un très bon vin (enfin, un vin cher...), j'en étais à regretter un petit vin de pays d'Oc que je trouve à 4,30€ dans le bourg d'Aniane. Et dont je rafolle.

Qu'à cela ne tienne, les vignerons ayant cédé aux appels des sirènes Parkeriennes, la politique de "terroir-caisse" (dixit l'Expansion) de Michel Rolland, les marques produisant tout sauf du vin, les vins stéréotypés, asceptisés, sans aucun goût ni relief (bien que malhonnêtement qualifiés de "grands" ou de "bourgeois"), l'adulation girondophile des consommateurs lambdas mal avisés (voire floués) au détriment de vins issus d'autres régions françaises, sont autant de raisons qui me poussent naturellement à critiquer le tout-bordeaux (qui allie excellence et exécrable) et mettre en valeur les autres régions viticoles de France et de Navarre.

Il s'avère que je bois j'ouvre pas mal de bordeaux en ce moment eu égard à l'arrivage massif de vins issus de cette région ces derniers temps (j'ai encore trouvé une palette "Euro" devant mon immeuble ce matin). Certains rencontrent mon assentiment, d'autres finissent dans l'évier. Ou dans le civet de lapin fermier breton comme ce week-end. Avantage du bordeaux, c'est un vin passe-partout. Viande blanche, rouge, légumes, féculents, mets épicés, sucré-salé : le bordeaux n'est pas difficile. Peut-être car moins complexe, moins compliqué et intrinsèquement et gustativement plus abordable finalement qu'un vin de Bourgogne, un Languedoc ou un Chinon. A ce propos, j'ai remarqué qu'à chaque fois que je servais un bordeaux (qu'il m'arrivait donc parfois de trouver moi-même quelconque) on le trouvait "bon" autour de la table. Que le fait que de servir un bordeaux rendait les convives exempts de tout doute sur la qualité du vin. Par contre, on se méfie d'un vin issu d'une autre région. On n'ose pas. On esquisse un rictus gêné. Le bordeaux jouit incontestablement d'une formidable notoriété! A part chez le dernier récalcitrant avenue de Saint-Ouen!

dimanche, 24 juin 2007

Apéro Bordeaux

 

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Chaque mois, 15 candidats sont sélectionnés pour être membre du jury, organisent un apéro entre amis (arrosés de trois bordeaux supérieurs, NDLR) et font part de leur note de dégustation et photos sur l’Apéro Blog.

J'ai de la chance, Apéro Bordeaux m'avait épargné la sélection et fait parvenir trois bouteilles de bordeaux rouge par la poste. Je ne me souviens pas du nom du premier goûté il y a quelques mois déjà. Et quand je ne me souviens pas du nom d'un vin, ce n'est pas bon signe! Château La Verrière, c'était je crois. Par contre, je me rappelle très bien qu'il n'était tout simplement pas bon. Vous savez, ces vins fadasses, dépressifs, perclus. Le pauvre, il m'avait fait pitié et je plaignais le pauvre (encore) vigneron qui devait se donner du mal pour, au final, produire un truc aussi banal. Ou peut-être le faisait-il exprès. Car, entre nous, certains ont tellement de talent pour faire de la merde qu'il doivent s'appliquer pour presser des jus de raisin aussi sordides.

Deuxième vin ouvert ce week-end: Domaine des Chapelles, 2004, bordeaux supérieur. J'adore la mention "supérieur"! Bonjour la modestie. Quand on est capable de qualifier un vin imbuvable de supérieur, c'est que franchement on ne boit pas de son propre vin et qu'on se moque du monde. Cela laisse augurer des problèmes digestifs que crée la consommation de bordeaux non supérieurs! Ce classement est franchement ridicule.

Premier point négatif pour cette bouteille, elle porte la mention rédibitoire, mensongère et prétentieuse "grand vin de Bordeaux". Quel leurre! Tout d'abord, comment oser qualifier de "grands" des vins exécrables? Que cette appellation fasse le tri, alors! Seuls les (grands) crus classés de 1855, voire les crus bourgeois exceptionnels, symbolisent les Grands Vins de bordeaux. Les autres peuvent s'avérer excellents, très bons, mais en aucun cas sont-ce des "grands" vins. Les mots ont un sens. Bordeaux se prend la liberté d'usurper le sens des mots, je trouve cela insupportable.

Deuxième point négatif: cette pastille qui nous apprend que ce vin fut médaillé de bronze à un concours du côté de Bordeaux. Médaille de bronze? Seulement? Loser! A la rigueur, on peut se targuer d'être médaillé d'or (et encore, ce n'est pas très modeste), mais médaillé de bronze! Surtout s'ils étaient quatre à concourir! (Hum, pardonnez mon cynisme, mais certains tendent des bâtons pour se faire battre...).

Point positif pour ce flacon: il ne porte pas la mention "vieilli en fûts de chêne". Dommage pour les suceurs de bâtons de bois et de vanille. Tant mieux pour les amateurs de vin qui préfèrent le fruit. Cela ne veut pas dire que le vin n'a pas été passé en barrique mais ne pas l'indiquer témoigne d'une certaine philosophie: refuser ces liquides liquoreux, sucrés à l'excès, qui plaisent à ceux qui n'aiment pas le vin.

Voilà ce qu'on pouvait dire sur ce Domaine des Chapelles. Pardon? Si je l'ai goûté? S'il était bon? Mais cela est accessoire! On n'est pas là pour boire du bon vin! Du bon vin?! Cela ne vient même plus à l'esprit de certains! On est là pour faire du commerce! Nuance.

PS: Allez, en toute honnêteté, j'ai été très agréablement surpris par ce Domaine des Chapelles. Vraiment. Un très joli nez de fruits noirs très mûrs. Des arômes de griotte réhaussés d'un boisé assez discret et harmonieux. Une bouche grasse et ample. Une belle concentration.  Des tannins riches qui fondent progressivement en final pour laisser place à une belle impression d'équilibre et générosité. Pour un grand vin de Bordeaux, (seulement) médaillé de bronze, et non vieilli en fût de chêne, voilà qui est surprenant! En plus, il n'a même pas le goût de vanille.

 
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