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vendredi, 05 décembre 2008

South World Wines plaque VINSURVIN !

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Gaëtan TURNER, de South World Wines, a récemment réagi au portrait que VINSURVIN tirait du chardonnay australien Green Point, dégusté au Grand Tasting, et vu comme "un classique australien. Du bois, du bois, et encore du bois. Aucun intérêt." Il me parassait important de publier les précisions de Gaëtan, qui déplore la sévérité de VINSURVIN. Droits de réponse.

Je trouve que vous êtes un peu dur avec le green point chardonnay 2005. Contrairement de ce que vous avancez, l'effet millésime joue un rôle très important - les raisins proviennent de la région fraîche de la Yarra Valley à l'est de Melbourne avec une influence maritime de l'eau froid (océan antartique) couplé avec l'altitude (350-500m). A savoir ce vin est un assemblage de deux parcelles de la Yarra - une partie des sols alluviaux de la valley (arômes de fruits à noyau - pêche blanche, nectarine blanche...) et l'autre partie de la 'Upper Yarra', plus élevée en altitude (350m-400m) sur des sols rouge et granitique (caractères d'agrumes, citron, et un côté minérale). Vendanges début mars 2005 en grappe entières, pressé en cuves inox, et ensuite fermentation en barriques de fûts français & muids de 500L (15% neuf, 85% old) en utilisant des levures indigènes; battonage pendant 5 mois. Neuf mois en barrique et ensuite l'assemblage finale avec mise en bouteille janvier 2006.

Votre humble serviteur, comme tout à chacun, ne dégustera jamais tous les vins de l'hémisphère sud, cela va sans dire. Mais, je suis au regret de constater que de nombreux vins australiens, blancs comme rouges, ont un défaut commun : la marque persistante du bois, et ce,  dans un registre de 7 à 30€. Simple constat. Le passage en fûts n'est pas interdit ! S'il est même parfois "nécessaire", il ne doit pas se faire au détriment de la nature même du vin, ni s'imposer comme the critère gustatif number one. On n'attire pas les mouches avec du vinaigre. En revanche, un nez flatteur, parfumé à outrance, suivi d'une explosion d'arômes en bouche séduiront plus d'un dégustateur, et d'une dégustatrice. Et certains l'ont bien compris. Or, un vin ne se résume pas à ces simple facteurs. Quid de la marque du terroir et du millésime ? Quid des arômes secondaires et tertiaires? Quid de la complexité et la persistance en bouche, pour ne citer que peu de critères primordiaux ?

rugby2..jpgNe nous méprenons pas : point de patriotisme ou de chauvisnisme ici ! Le but n'est pas de condamner les vins australiens et encore moins SWW, qui possède par ailleurs de très bonnes choses dans ses rangs. Quand bien même, deux des quatre vins dégustés étaient clairement marqués par le bois, ce que je trouve rédhibitoire. A l'image du goût de bouchon. A choisir, l'odeur de réduction me paraît moins gênante, voire plus noble. En revanche, il est des boisés subtils, fondus, à propos, qui peuvent ne pas laisser l'amateur de fruit et de terroir indifférent, comme on les trouve dans certains vins chiliens mais aussi dans de nombreuses régions françaises : la syrah, par exemple, a parfois besoin d'être canalisée après des étés de fortes chaleurs ; un passage en fût modéré exacerbe des notes de torréfaction ou de réglisse (de "zan") qui s'accordent à merveille avec (et n'occultent en rien) des arômes de fruit noir, des notes de cuir, de tabac. Le grenache blanc passé 18 mois en fûts en rivesaltes permet au vin de révéler des notes incomparables. Certains vins de Michel Louison aux Estanilles (Faugères) sont délicatement passés en fûts, rien d'outrancier, tout en finesse... Lire par ailleurs cette noteVINSURVIN regrette que les vins de Sutton Grange Winery ne soit pas davantage passés en fûts !

En substance, le sentiment qui domine est que trop de vins du Sud (à commencer par l'Espagne) ne font pas dans la demie mesure côté bois, au point d'anihiler totalement l'expression, l'identité même du vin. Trop souvent, terroir, sol, minéralité, végétal, floral, complexité sont tout simplement négligés. Le passage en fûts de chêne (surtout neufs) se résume alors à une forme de maquillage. Un habillage que l'on croirait destiné à cacher les défauts du vin, ce dernier devenant un véritable ersatz. Rappelez-vous ce que Dominique Bertram (Château Noguès) me confiait pendant les vendanges 2008 : "Il y a eu beaucoup de pourriture dans les vignes et les cabernet-sauvignons vont avoir le goût de poivron dans plus d'une bouteille. Mais mélangé à la sauce copeau, tout le monde n'y verra que du feu et on va nous vendre un millésime fantastique." Les responsables de ces dérives : l'influence de Robert Parker (d'où l'intérêt croissant pour ces vins) et surtout la mondialisation et à la récupération commerciale visant à transformer le vin produit culturel en un simple et banal produit vecteur de profits.

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vendredi, 12 octobre 2007

Suttan Grange et mon tomahawk.

 

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Tonton Joseph (alias Sitting Bull).

 

Avec ses airs de lieux mythiques perdus dans la Death Valley (Nevada), un tout jeune domaine australien, mené de main de maître par un bourguignon, tente aujourd’hui de percer le marché français. Découverte.

Sutton Grange Winery Estate (SGWE) pourrait être le titre d’un film avec John Wayne dans lequel les Yankees massacreraient les Indiens à coup de winchester plus rutilantes les unes que les autres mais où à la fin John Wayne, le méchant qu’aimait-pas-les-gens-qui-n’étaient-pas-de-bons-vrais-américains (et-qui-en-plus-avaient-une-couleur-de-peau-pas-pareille-que-le-blanc), se feraient littéralement dépecer par un Mohican brandissant le scalpe de ce bouseux pour triompher de tous les oppresseurs de la planète. Dans le genre moins gore, Sutton Grange Winery Estate n’est autre qu’une propriété de 12.5 hectares située au nord de Melbourne. Ce jeune domaine viticole (winery en anglais), fondé en 1998, se trouve depuis 2001 entre les doigts de Gilles Lapalus, un bourguignon du Mâconnais qui exerça jadis ses talents de vinificateur (comme l’indique le dossier de presse) en Bourgogne, en Médoc, en Toscane et au Chili. Ce dernier faisait goûter ses vins, mardi dernier,  dans un super petit bar à vin de la rue Richelieu (Paris I), le Juvenile’s, dont on reparlera sur vinsurvin.

Pour situer le vignoble géologiquement, ce dernier est situé en coteau, sur les flancs du Mount Alexander (sorte de grosse roche granitique), à 300m au-dessus du niveau de la mer, à deux heures de là, et n’ayant, d’après Gilles Lapalus, aucune influence sur la vigne. Le climat y est de type méditerranéen, avec des printemps soumis au gel et des étés chauds et secs. En biodynamie, on y cultive des cépages français (cabernet-sauvignon, syrah, merlot et viognier) et des cépages italiens (sangiovese et fiano). 

La dégustation commence par le Fairbank Viognier 2006. Le nez est très agréable, charmeur et vif. Relativement « conforme » aux caractéristiques de ce cépage que l’on rencontre beaucoup en Ardèche, il exulte de fruits exotiques tel que la mangue, le kaki, le charron, le litchi : une très belle palette aromatique. En bouche, surprise. Alors que, pour être franc, l’on est en droit de s’attendre à quelque chose de rond, exubérant de fruits exotiques, de sucre (limite butter-scotch) frisant l’écœurement au bout de deux gorgées, je me retrouve avec un vin vif, frais, d’une jolie complexité et sur de guillerettes notes d’agrumes, le tout enrobé d’une délicate acidité. Pamplemousse, citron, certes, mais sans rapport avec ce que le sauvignon peut présenter du côté de Pouilly-Fumé ou d’Amboise.

Je ne cache pas mon étonnement (et mon plaisir) à Gilles Lapalus qui me sert et m’accompagne dans ma dégustation. La dichotomie entre le nez et la bouche est saisissante et assez rare dans l’hémisphère sud pour être soulignée. Il me confirme que c’est l’esprit de SGWE en général et de Fairbank en particulier. 

Nous allons ensuite découvrir les rouges : Fairbank Syrah 2004, puissante, tannique, animale, sur des fruits noirs en quête de maturité, racée, bien équilibrée. Parfaite avec des viandes rouges grillées pendant la troisième mi-temps. Fairbank Cabernet-Sauvignon 2003, année marquée par les fortes chaleurs en Australie comme en France, souffre de tanins assez belliqueux à mon goût (caractéristique constante des Fairbanks), surtout pour un vin déjà âgé de trois ans. Mais ce dernier « compense » par sa jolie structure et sa belle longueur en bouche. Et le sentiment, qu’à l’image de ses homologues, il ravirait plus d’un amateur.

Le Sangiovese 2005 m’apparaît comme la cuvée la plus aboutie : généreusement fruité, non dénué de complexité, probe, il se pare de tanins souples et fondus. Gras et puissant, il se mâche littéralement. Ce cépage italien tolèrerait-il mieux la configuration géologique et climatique de la région ? Simple supputation.

Elevés en cuves en béton, les vins de Fairbank ne souffrent pas d’un boisé excessif! Bien au contraire, on n’en viendrait presque à regretter que ces vins ne soient pas davantage passés en fûts afin de les arrondir un tout petit peu et d'adoucir leurs tanins parfois excessifs. Si chaque cuvée suggère une réelle personnalité dans sa structure et une réelle complexité aromatique, les notes de fruits (noirs, juvéniles, acidulés) sont souvent similaires. Un léger regret bien moins « problématique » que les prix affichés : pas moins de 20€ pièce, en moyenne. Le prix de la qualité et du savoir-faire français ? 

Ravi de ces rencontres, l’impression d’avoir bu dans un calumet, je saisis mon tomahawk, enfourchai mon scooter (sans sabot dieu merci) et disparus dans ma ville pleine de "Big Dukes" en furie, que cette dégustation aurait sans doute apaisé. Tipi pour eux.

Sutton Grange Winery, Carnochan's Lane, Sutton Grange, Victoria 3448, Australie.

Le Juvenile's, 47 rue de Richelieu, Paris I (métro Palais-Royal, Bourse, Pyramide).

 

samedi, 08 septembre 2007

L'Amour du Risque.

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Vin en canette, épisode 2. Après la découverte purement esthétique, après l'expérience ergonomique et la phase économique d'un nouveau produit appelé "Wine in Pack", FLEG, le personnage principal de notre série qui n'avait pas peur de prendre des risques pour ces (sept) lecteurs, va découvrir la phase dégustation. 

FLEG a dégusté dans sa vie. Cependant, dans cet épisode, il sent qu'il met non seulement sa vie en danger mais aussi sa réputation de fin gourmet. Ménager la chèvre et le chou n'est pas toujours chose facile pour FLEG. Entre rester fidèle au terroir, aux valeurs, aux conservatisme franco-français (en somme, se faire passer pour un has been) et afficher une image moderne, progressiste et même avant-gardiste, FLEG est souvent le héros de ses propres péripéties. Une lapalissade de plus.

Fleg rentre chez lui après une journée harassante (deux heures de cours).

- Bonsoir, Monsieur. Monsieur a passé une bonne journée?

- Bonsoir Georges. Journée classique, Georges. Faire parler des français en anglais s'apparente de plus en plus à une forme de torture psychologique. Pour eux, et pour moi.

- Je compatis, Monsieur, je compatis. J'ai dû, moi-même, faire parler des soldats bretons qui ne parlaient pas un mot de français pendant la première guerre, je sais ce que c'est. Désirez-vous que je vous apporte quelque chose à boire, Monsieur? 

- Volontiers Georges. Apportez-moi une de ces canettes de wine in can, vous serez gentil.

- Tout de suite, Monsieur.

FLEG se rendit dans le salon ocre, ôta ses chaussures, s'installa confortablement dans son bergère Louis XVI et ouvrit le premier journal qui lui vint sous la main, le Washington Post de la veille. Non loin de lui, dans une pièce appelée la Salle aux mille et un Vins, FLEG entendit le bruit métallique de la capsule que Georges déchirait de sa canette. Cela ne vaut pas un bon bruit de bouchon, se dit-il, mais quand-même, ce son n'est pas désagréable. Je le trouve même... contemporain. Puis Georges pénétra dans la pièce.

- Votre vin, Monsieur. Un chardonnay semillon australien. Une robe relativement pâle, si vous me le permettez.

- Georges, vous avez fait partie des sommeliers les plus réputés de Paris, je ne vous ai pas embauché pour que vous vous reteniez! Prenez un verre dans la Christal Room et venez vous joindre à moi.

- Monsieur...

- Pas de ça avec moi Georges. Faites ce que je vous dis.

- Bien Monsieur.

Deux minutes plus tard, FLEG et Georges passaient la robe et le disque du vin en revue.

- Cela ressemble davantage à un "test", un "essayage", une "scéance d'essai" plus qu'à une dégustation, mon bon Georges, ne croyez-vous pas? Je classerai mon rapport dans la catégorie "Pot-de-Vin" bien que l'idée de créer la rubrique "Nouvelles Technologies" fasse de plus en plus son chemin. Cependant, "Accords Packaging et Vin" ou "J'ai Testé Pour Vous" me semblent également très adéquates! Une couleur un peu ambrée et manquant d'éclat. Un vin passé plusieurs mois en fûts de chêne, manifestement. Un nez fortement boisé. Aucune note de fruit. Pas de trace de fleur ou de minéralité... Serait-ce un vin de synthèse? De laboratoire? Georges, il va falloir que nous enquêtions!

- Entièrement d'accord avec vous Monsieur. Un nez mielleux, édulcoré, de caramel rond.

- Le butterscotch? Complètement. Cela plairait à des novices mais c'est franchement formaté. Aucune acidité, pas de longueur, une rondeur excessive, un boisé prononcé comme un placage de pilier Wallaby.

- Par contre, il n'a pas de goût de bouchon!

- Vous voulez dire de métal ou d'alluminium, Georges. En effet. Aucun arrière-goût.

- Bilan?

- Bilan : les australiens savent faire des choses bien meilleures, comme du rugby ou du surf! Maintenant, si le vin proposé dans ces canettes n'est pas mauvais, il ne ravira pas les amateurs de bon vin, c'est certain. Rappelez-vous le cabernet shiraz merlot : ces notes de barbe-à-papa, ces arômes de mashmallows. Le Bubbly Wine qui s'est révélé écoeurant... Mais je pense que ce type de contenant n'altérera pas le goût du vin. Et d'un bon à plus forte raison. La canette en elle-même ne me répulse pas. D'ailleurs, je n'aime pas les petites bouteilles de vin. Je ne m'y fais pas. Une contenance de 25cl est parfaite pour un repas et les couleurs sont vives et jolies. C'est pourquoi, à condition d'y mettre du vin de meilleure qualité, je ne suis pas contre.

- Monsieur, vous allez vous mettre les puristes à dos!

- Et bien soit, Georges! L'Amour du Risque, Georges, c'est ça qui me fait avancer! A ce sujet, allez me chercher l'Armagnac en poudre, on va voir ce qu'il vaut.  

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mercredi, 02 mai 2007

Achat de vin étranger online

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Si vous venez sur VINSURVIN de temps en temps, vous savez sans doute que j'abhorre le régionaliste oenologique. Surtout celui qui ne jure que par les vins de Bordeaux. Celui là, c'est le pire. Il en va de même pour le nationaliste oenologique: défendre l'idée selon laquelle les français sont les seuls à savoir faire du vin démontre une méconnaissance totale du vin. Et une sacré étroitesse d'esprit. D'abord parce que certains producteurs français créent des vins absolument immondes. Ensuite parce qu'en Europe (en Italie et Espagne notamment) et en Outre-Europa (Californie, Chili, Argentine, Afrique du Sud, entre autres) l'on fait du vin à faire rougir plus d'un vigneron gaulois. Et puis ce genre de préjugés révèle souvent une autre forme de nationalisme... Aimer les vins français ne nécessite pas qu'on aie à les défendre. Car lorsqu'on aime le vin, un jour où l'autre, on ressent le besoin d'aller goûter ailleurs. Même lorsque l'on est loin d'avoir "fait le tour" du vignoble français. Parfois, le vin étranger vient lui même à vous. A travers des rencontres, des choix (comme au restaurant), ou des voyages. Par ailleurs, la découverte de vins Chiliens, Californiens ou Australiens à ceci d'excitant (en dehors du fait qu'elle offre une formidable variété d'arômes et de plaisirs) qu'elle permet certainement d'anticiper ce que sera le vin français de demain. Alors, boire du vin étranger, je veux bien, me direz-vous, mais où puis-je l'acheter? VINSURVIN s'est chargé de vous concoqueter une petite liste de quelques lieus et sites internets où trouver d'excellents flacons.

LES SITES FRANCAIS, ANGLAIS.

LES MAGASINS, A PARIS

  • Lavinia, 3/5 Bd de la Madeleine, Paris 01.
  • Les Caves Pouchet, 47 rue Pouchet, Paris 17.
  • Nombreux sont les cavistes à proposer des vins du Nouveau Monde. Il suffit de demander.

Note publiée le 14.10.2006 sur vinsurvin, et réactualisée ce jour.

 
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