Avertir le modérateur

mardi, 24 juin 2008

Vin Turc : la surprise de l'Euro

2106221761.jpg

 

La demi-finale de l'Euro qui opposera la Turquie à l'Allemagne est inédite. La qualification de la Turquie à ce niveau de la compétition est une surprise. Ce vin turc dénommé Yakut, Kavaklidere me surprit également un jour par sa vivacité sur les ailes, sa technique et sa longueur en touche. L'occasion pour VINSURVIN de remettre un post au goût du jour sur un vin délicieux.

J'avais bu du vin canadien, j'avais ouvert du vin grec, j'avais goûté du vin ouzbekistanais, mais jamais du vin turc. J'avais pris le train à Montparnasse, j'avais fait la queue rue de la Gaité, j'avais mangé rue des Canettes, mais jamais flané rue Pernety. Le moment passé avec mon ami Fabrice Bonardi m'aura non seulement permis de découvrir son quartier, aux antipodes du mien (au propre comme au figuré), mais aussi un vin, dénommé Yakut, Kavaklidere, 2006. En effet, Monsieur m'acceuillit en face de l'Entrepot (convoitise Tupperwinienne) un vin turc sous le paletot : délicate pensée destinée à lui dire ce que j'en pense (du vin). Mais offrir une bouteille de vin est pour moi le plus beau signe d'amitié que l'on puisse faire à un homme. 

Montparnasse : ses ateliers d'artistes, ses crêpes bretonnes, ses théâtres. Et son quartier Pernetty. La Turquie : sa Cappadoce, son Besiktas, ses têtes. Et son vin. J'étais loin de deviner en me rendant dans le sud parisien cet après-midi, au bout de la ligne 13, que je découvrirais un quartier aussi vivant et aussi agréable. Une rue bordée de commerces de proximité. Ce fromager, ce poissonnier, cet épicier, ce caviste! Et vas-y que je te fasse une bise par ci ("une poète iranienne", me glisse Fabrice à l'oreille), une bise par là ("un Asturien qui joue de la cornemuse", m'apprend mon guide). Ambiance cordiale, ambiance village : pour un peu on se croirait dans le Nord (de la Seine). Vous savez, la rive gauche, c'est un peu comme certains vins de Bordeaux : aseptisé, pale, américanisé. Alors, nous, les braves gens de la rive droite (Est), on ne s'y risque pas souvent. On préfère profiter de l'air exotique et coloré de nos 17ème (est), 18ème, 19ème, 20ème, voire 11 et 12ème arrondissements. Que les rive-gauchistes se rassurent : ce n'est pas parce que le 5ème risque de basculer à droite que nous réclamerons son annexation pour autant. Ou alors pour boire un thé à la mosqué.

Je suis rentré chez moi le coeur léger, mon Turc sous le paletot, et comme c'était samedi, et comme on allait se cuisiner un bon petit dîner, c'était l'occasion rêvée d'ouvrir ce Yakut, Kavaklidere, un vin fait par un français. En l'ouvrant, la musique du film d'Alan Parker, Midnight Express, envahit mon esprit. Un léger frisson me parcourt le dos. J'avale ma salive. Qu'on fasse du vin autour d'Ankara et d'Istambul ne m'étonne guère, mais quel vin? Le dernier Grec ne m'avait pas laissé que des bons souvenirs. L'Ouzbeck avait été une sacré expérience. Quel sort me réservait ce Turc? Pas le même qu'à Michel Strogoff espérais-je.

Le Turc arbore une robe rubis, d'une belle brillance, (mais) sombre... Les choses s'engagent bien mais ne nous fions pas aux apparences. Sous cette laïcité de façade pourrait bien se révéler des notes plus obscures. Les arômes ne se dévoilent pas de suite. La cerise domine nettement le bouquet, très joli au premier abord. Puis on perçoit des notes de cuir, de tabac. Le nez est rond, soutenu par de subtiles notes de menthe sauvage. La bouche offre peu de vivacité mais elle est fraîche. La cerise domine, effectivement. Les tanins sont discrets, pas agressifs et une jolie acidité équilibre l'ensemble. Le vin est très plaisant, léger et d'une longueur très honorable. Je ne puis m'empêcher de penser à un jeune cairanne (Côte de Rhône). Une chair fine, un vin frais, une matière qui demande à s'épaissir, avec le temps. Je suis très agréablement surpris par la qualité de ce vin. Vraiment. A l'aveugle, j'aurais cherché en France. Le flacon n'est pas bu entièrement et il sera intéressant de le goûter demain, à l'apéritif, par exemple.

Le lendemain, notre flacon n'a pas dépéri. Au contraire. Il est suave, très élégant sur la langue. Il m'évoque des chinons. Est-il fait à partir de cabernet, de merlot? Son nez me rappelle des Saint-Nicolas de Bourgeuil! Que sur du fruit, simple, pure et noble. Après coup d'oeil sur le site, je lis que ce vin est élaboré à partir de Öküzgözü, Boğazkere et Carignan : comment n'ai-je pas pensé aux deux premiers? Vraiment un très bon vin! La bouche est bouclée. Mes a priori sur les turcs ont donc volé en éclat après avoir dégusté ce délicieux vin! J'ai beau avoir une tête de cochon... Comme quoi, certains auraient besoin d'un coup de Yakut pour revoir leur copie quant à leur refus de voir ce pays intégrer l'Europe. Car un pays qui fait du si bon vin, fut-ce par un français (certains en font du imbuvable), mérite bien d'aller en finale ! Allez la Turquie !

424643fdf3c0c7406da24a04d0c7e945.jpg4c60e937844266ebba6ef4432b55d6b7.jpg
Note parue le 16 mars 2008 : Ce Turc a eu ma tête (de cochon) ; Crédit photo ("bras turque") R. Hartmnn/AFP - 20minutes.fr

jeudi, 19 juin 2008

Desvignes qui donne du bon vin.

1540234052.jpg

Voilà quelques mois déjà que Madame Desvignes a eu la gentillesse de me confier quelques échantillons du travail de son mari, Didier : des chirouble, des morgon, des brouilly, des moulin à vent dont la droiture et la générosité marquent systématiquement l'esprit. Ce soir, sur un clafoutis au champignon, c'est Morgon, Clos des Charmes. De Didier Desvignes. Et du charme, ça n'en manque pas.

Le brouilly fut très tendance il fut une époque dans les bistrots parisiens. Ils en avaient tous un ! Aujourd'hui, le chinon est en vogue. Des tendances, comme ça, allez savoir pourquoi, comment. Les douze vins du Beaujolais ont longtemps bénéficié de ma considération. Pendant ma période bistrot. Et puis, cette attirance s'est estompée, au profit de vins tout simplement moins intrinsèquemement fruités, moins sur le primaire, plus sur le tertiaire (c'est ma nouvelle période ça, primaire, tertiaire, ça fait mec qui maîtrise, donc le lecteur est impressionné et se dit qu'effectivement le gars, il sait de quoi il parle), plus complexes, plus franc du collier, plus mâle. Quoi. (Ca aussi, c'est ma nouvelle tendance : mettre en avant des vins en ayant dans le fût, la tendance étant aujourd'hui les vins jeunes, les vins faciles à boire, les vins n'ayant pas le goût de vin).  

Et puis, j'ai rencontré Didier Desvignes. Enfin, sa femme. Enfin, j'veux dire, nous avions longuement parlé au téléphone alors que Didier était1027005936.jpg sur Paris, le couple se montrant très intéressé par les TupperWine. Et puis Didier a oublié de bifurquer par l'avenue de Saint-Ouen. Alors au Salon des Vignerons Indépendants je me suis rendu et madame j'ai rencontré. Et là, j'ai eu un flash. Je me suis réconcilié avec les vins de cette région. Enfin, après. Chez moi. Quand j'ai ouvert ce premier chiroubles. Un panier de fruit juteux à croquer, de la matière plein la bouche, sur les lèvres, dans le cou, sur le torse.  J'ai adoré. Je repensais à cette première rencontre, dans le salon, sur la canapé. Mais ce soir, c'est clafoutis.

Morgon, Clos des Charmes 2006. Didier Desvignes. Couleur grenat foncée aux reflets violacés. Ouverture classique, sur des arômes primaires. Mais pas de la petite fraise des bois, framboise, cassis rouge que le dégustateur de base décèle dans le premier beaujolais venu avec ses airs satisfaits et l'air d'en connaître un rayon en gamay - genre j'ai fait une thèse sur le sujet. Mais mon pauvre, le beaujolais, c'est pas que d'la banane. Non, là, on est sur du fruit noir, amer, racé, type sureau, cassis de Provence, airelles, avec une amertume soyeuse, un rien chienne mais contenue. Et ce nez, ce n'est pas le fruit que ces malheureux achètent dans les supermarchés, qui le caractérise, non, ce nez exulte de réglisse, de chocolat amer et de poivre blanc. Et puis ces notes de fleurs, c'est de la Jaguar, de la Bentley, de la Triumph. Pas du Scenic ou du C4 qu'on va croiser sur l'A6 cet été roulant à 120 sur la voix du milieu.

La bouche est ample, elle est riche, distinguée, fière et droite ; et d'une belle structure. Les tanins sont puissants mais pas virulents. Le zan domine, puis le chocolat avec un fumé et des notes kirschées en finale. Du grand art. Il est 22h00. Mon verre est vide. Ce post touche à sa fin. Ce vin me laissera un excellent souvenir. Dieu merci, il y en aura encore demain midi. Avec le clafoutis. Et puis, peut-être même demain soir. Du clafoutis. Mais, là, c'est moins drôle.

lundi, 16 juin 2008

Je bougonne en Bourgogne...

79194215.gif

Question : est-ce un gage de qualité que d'acheter un grand vin dans une région de France exceptionnelle ? La réponse apportée par cet Aloxe-Corton 1er Cru, Valozières, 2000, de chez Comte Sénard, est : pas sûr.

Avril 2004. VINSURVIN n'est pas né. Hippolyte non plus : il est encore dans le ventre de sa maman. La pauvre ! Elle va vivre le week-end le plus frustrant de sa vie : sillonner les côtes de Beaune et de Nuits sans pouvoir déguster les somptueux vins "au programme" de ce week-end oenophile. Certes, elle goûtera bien qui un 1er cru par ci, un grand cru par là, mais de façon extrêmement responsable et modérée. Chose étonnante alors que la laide effigie de la femme enceinte n'apparaissait pas encore sur les étiquettes. Ma femme (sage-femme de métier) est-elle donc avant-gardiste ? Moins bête que la moyenne ? Ou dotée d'un bon sens tout ce qu'il y a de plus élémentaire ? 

Avant les Nuits-Saint-Georges du Domaine Faiveley et les Gevrey-Chambertin de Dupont-Tisserandot, notre périple nous conduit chez Comte979537599.jpg Sénard d'où nous resortirons munis de quelques Aloxe-Corton 1er Cru, les Valozières 1999 et 2000 (25€ en moyenne / flacon). Les premiers "grands" achats d'un jeune oenophile reste un souvenir impérissable. Quel bonheur, quelle fierté que de quitter cette grande maison bourguignonne, de telles bouteilles à la main. Séquence nostalgie terminée.

Il est aujourd'hui temps de commencer à les ouvrir. Les vins de Bourgogne ayant des capacités de garde exceptionnelles, il n'empêche que le pinot noir n'est pas un cépage tannique, élément primordial dans la conservation du vin. C'est pourquoi, certains vins de cette région n'exéderont pas les dix années de garde. Et puis, le vin, c'est fait pour être bu.

A l'ouverture de cet Aloxe-Corton 1er Cru, 2000les Valozières, confirmation est faite que le vin ne se dégrade pas dans son :lieu de conservation : ma cave ! Il ne s'est pas imprégné de mauvaises odeurs. Il ne présente pas de mauvais goûts non plus (papier, carton...). C'est un premier constat important pour un vin exposé dans cet endroit depuis près de cinq ans. C'est aussi une chance à Paris.

1976134416.jpgSa couleur est somptueuse, maronnée, avec un disque tuile foncée. Des notes tertiaires, animales, qui confèreraient presque à la réduction, vont s'estomper dans les minutes qui suivent l'ouverture. Les arômes primaires ont pour ainsi dire disparu bien que la griotte très mûre, le kirsch s'expriment avant des notes de truffes, de sous-bois. Le nez est souple, chaud, et promet une belle concentration. L'attaque est encore très vive et l'acidité est presque trop marquée ! Les notes évoquées précédemment structurent effectivement la bouche. Le vin est souple et fin mais il manque de matière et de profondeur. Je m'attendais vraiment à autre chose, comme à plus de complexité, de personnalité. Dorothée, qui peut enfin s'adonner aux joies de la Bourgogne, le trouve remarquable. Je le trouve moyen.

Robe superbe. Nez admirable. Bouche convenue. On peut invoquer des goûts purement personnels qui évolueraient, des préférences pour des types de vin, mais aussi -et surtout- un millésime (2000), qui souffrit de la versatilité du climat (fortes pluies en juillet et en août), et qualifié de convenable, en rouge, en Bourgogne. Comme quoi, même dans la région viticole considérée comme une des (si ce n'est la) plus grandes au monde, l'on trouve parfois, chez ses plus beaux représentants, des vins un peu décevants. Tout le contraire des vins stéréotypés que l'on rencontre chez sa grande rivale.

samedi, 07 juin 2008

Lya du bon vin chez mon caviste.

28e8828307e87b3ffaf5f21df06f9166.jpg

Parce qu'à Paris on trouve ce qui se fait de mieux et ce qui se fait de pire, pas de raison que le monde des cavistes échappe à la règle. Quand on ne maîtrise pas trop les vins de France et de Navarre, et encore moins ceux de l'étranger, le parisien lambda se réfugie souvent chez un caviste connu, comme celui portant le même prénom que notre président. Entre gens n'y connaissant pas grand chose en vin, on se comprend. Pour les autres, mais aussi pour la catégorie précédemment citée, il y a nos chers cavistes indépendants, qui, en règle générale, ont le chic de nous faire découvrir des vins sortis de nulle part. Parmi les préférés de VINSURVIN, il y a CAVE LYA, aux Abbesses.   

On aurait pu également intituler cette rubrique "j'ai du bon tabac dans ma tabatière" ou, plus probant, "j'ai du très bon vin chez mon p'tit caviste." Parce qu'il faut rendre à César ce qui appartient à César : ces deux flacons dégustés un week-end de janvier dernier, et le plaisir énorme qui en découla, furent glanés chez Fabrice, Cave Lya, Paris XVIII. Ce qui démontre la maîtrise du maître des lieux dans son domaine.

Ouverte en premier avec un apéritif dînatoire (copa corse, cake salé maison, homous / pain libannais, palette de légumes crus en dipping, etc...) : un FAUGERES 2005 de chez Alain Ollier, du Domaine Taillefer. Mon acolyte Christophe (alias Sancho Panza de las Gonnesses), présent pour l'occasion, a le délicat souvenir de me rappeler que nous faillîmes goûter leur vin en 2006 lors de notre périple héraultais. Mais nous avions opté pour le (délicieux) Domaine de Valambelle et pour le (superbe) Domaine des Estanilles, de M. Louison, à la place. Next time...

La robe de ce faugères est sombre et profonde. Dès l'ouverture, le nez est exubérant de notes de garigues, de tabac et de cuir, pour laisser place ensuite aux fruits noirs. C'est drôle car Christophe ressent d'abord le fruit, puis les notes que je décrivais en premier lieu! Les sens de chacun ne détectent pas les mêmes arômes au même moment, où est-ce notre sensibilité, guidée par notre instinct, notre expérience de la vie, nos simples inclinations, qui déterminent nos premières impressions? Mystère.

La bouche est ample, presque charnue, oncteuse et grasse. Presque compotée, elle offre une jolie complexité, celle qui nous fait toujours dire "si, si, il y a un truc, mais, attends, je n'arrive pas à le définir...". Certains appellent ça l'ignorance! Ca doit être ça... On savait 2005 une année exceptionnelle sur le territoire, mais parvenir à un tel équilibre et une telle maturité (avec seulement 12,5% d'alcool), après si peu de temps de bouteilles, nous le confirme. Et prouve assurément la grande maîtrise des hommes et des femmes derrière ce vin. Bravo! Les Collines d'Alain Ollier retiennent donc toute notre attention. Parisiens : accourez Cave Lya pour vous en procurer. Autour des 7€, voilà un excellent rapport qualité-prix.

Vient ensuite le Château des Légendes, un Terrasses du Larzac 2005 (appellation trompeuse, ces vins n'étant pas faits à Millau, mais en Côteau du languedoc), de chez Christophe Fontaine. Le nez est plus floral, plus aérien, plus subtil peut-être. La bouche est assez légère à l'ouverture, sur une jolie palette de fruits noirs avant de nous guider vers des notes plus herbacées, plus épicées. Une jolie finesse, de l'élégance. Quelle maîtrise ici encore. Il m'en faudrait deux cartons! Autour des 9€ pièce, ça les vaut largement. Rendez-vous Cave Lya pour s'en procurer.

Ces deux vins sont, une fois de plus (et il suffit de les goûter ou de cliquer sur Les Vins du Languedoc pour s'en rendre compte) de fantastiques preuves que le Languedoc est bel et bien en pleine révolution. Finie l'image de ces vins de table destinés aux clochards ou à la cuisine, bonjour les VDP de grande qualité. Au prix d'énormes sacrifices, de peines et de souffrances, les languedociens ont su prendre le taureau par les cornes. A tel point que cette région qui était sur le point de recevoir le coup de grâce il y a encore peu de temps se pare aujourd'hui d'un somptueux habit de lumière. 

CAVE LYA, 64 rue d'Orsel - 75018 Paris / Tél : 01.42.52.53.76

Lire par ailleurs : Côté Cépage / Sol & Mio

samedi, 17 mai 2008

Petits Sommeliers ne deviendront pas grands.

1644450256.jpg 

Dans un monde où tout est bon pour se faire de l'argent, le vin n'échappe pas aux spéculateurs sans scrupules. La preuve avec cette série de vins technologiques lancée par le groupe Casino. A travers les Petits Sommeliers, à qui l'on donnerait le bon dieu sans confession, le terminator du consumérisme impulsif et vorace invite, sur son site, le consommateur muni de son gros caddie plein de fruits et légumes bien moins chers que chez les petits commerçants à déguster des vins de plaisir, délicieusement aromatiques et gourmands. VINSURVIN s'est dévoué.  

703695971.jpgLa curiosité est un vilain défaut. Et VINSURVIN vient d'en payer les frais. Ne voyageant pas avec ma cave dans mes bagages, il m'arrive, le lundi, quand le caviste du bled est fermé ou inexistant, d'avoir des réflexes de consommateurs lambda. Je sais, c'est tout un mythe qui s'écroule. Luchon, Haute Garonne, mars 2008, 18h58. Un petit supermarché de province dans lequel les accros de la roulette russe déposent leurs courses sur le tapis vert. Ma soif (d'aventure) va me pousser à commettre l'invraisemblable : m'enquérir d'une bouteille de ce Pinot Noir, vin de Pays d'Oc, autour des 4€. Pas de trace de la mention "récoltant". Un vague nom de lieu de mise en bouteille. On se joue de la législation pour embrouiller le consommateur.  Il y en a toute une série de ces VDP à l'étiquette sympa : cinsault, grenache, syrah, muscat, viognier... L'occasion de griffouiller une petite note sur VINSURVIN et de constater si cette énième version (non) estampillée vins de cépages vaut le détour. Chroniquer, c'est risquer.

1594217669.gifLe nez de ce pinot n'est pas complexe. Il est plutôt simple, voire simplet, car très sur le Tang à l'ouverture. Il nous conduit ensuite vers des notes de sirop de grenadine, de fraises Tagada, de yaourt leader price arôme framboise. C'est très 80's comme concept, ce qui n'est guère étonnant si l'on pense à l'âge des managers marketing item packaging design qui ont dû, comme moi, être élevés aux Casimir, Goldorak et autres Chantal Goya. Etonnant par contre que ce vin ne soit pas conditionné en brick ou en sachet (type Royco Minute Soupe,168040381.jpg avec l'air).

L'attaque du vin est lisse, savonneuse (type Mon Savon, Oil of Olaz) et inconsistante. Les notes d'arômes de fruits rouges en conserve type E200, E203, E220 défilent en rang serré dans la bouche, faisant grincer les dents au passage et provocant, dès la première gorgée, un renvoi d'anhydride sulfureux. Ouvrant la bouche pour aspirer un peu d'air, c'est une bouffée de poudre orangeâtre qui s'échappe, comme un dioxyde de carbone de véhicule tuningé. On ne peut évoquer ni la longeur ni la largeur du vin, aspects non pris en compte par les datas. Il est plutôt triangulaire (ouvre, goûte, jette). Ce vin semble numérisé. Fait de bits et de bracs, à classer dans la catégorie technologique. Ses consepteurs jouent sur 1086536346.pngles faux-semblants : un peu comme le canada dry, ce produit a la couleur du vin, l'odeur du vin, certains croiront même qu'il a le goût de vin, mais ce n'est pas du vin. Et il coûte 4€ !! Quand son prix de revient ne doit pas exéder les 0,20€. Cependant, on peut croire qu'il plaît puisqu'en jetant un oeil sur le site de Casino, on relève une forte progression du chiffre d'affaires au 4ème trimestre 2007 : +18,4% ainsi qu'une très forte progression du chiffre d'affaires au 1er trimestre 2008 : +25,2%. C'est donc bien cela : les grandes surfaces se contentent de vendre des produits médiocres à des prix démentiels pendant qu'une poignée de malfrats admirent les chiffres s'affoler, au grand dam des défenseurs de la qualité et du pouvoir d'achat. Et dire que les hypermarchés à l'américaine vont sortir de terre, en France, dans quelques mois. Tout cela va dans le bon sens.

 

vendredi, 25 avril 2008

Un vigneron, un jour.

 

df18f154795153902a35abf4a1277255.jpg

VINSURVIN tenait à vous présenter le vin d'un vigneron rencontré par le plus grand hasard. J'aurais aimé vous en parler plus tôt, mais la Poste aura mis quinze jours à me faire parvenir Peca Peca. C'est bien, on progresse. Le Roussillon est encore trop rare sur VINSURVIN, et c'est un tort au vue de la régalade offerte par le vin de Stéphane Loisel. Chérie, prépare les valises, on s'en va.

On est loin des découvertes de VINSURVIN : un été, en plein cagnard, frapper à la porte d'un vigneron à midi, se présenter en simple touriste et demander à goûter son vin, converser, faire naître une rencontre... La découverte d'un vin tient parfois à peu de choses. C'est en fait l'ami d'une amie d'une cousine d'un collègue d'une lectrice de VINSURVIN qui insista pour que votre dégustateur indépendant goûte ce Côtes du Roussillon. Le vin est arrivé hier. Et comme disait mon grand-père : il ne faut jamais remettre à demain...

Un des intérêts de cette dégustation réside dans le fait que cette cuvée est tout simplement la première de Stéphane Loisel. Par ailleurs, les raisins de Stéphane se trouvent sur le village de Maury, fameux pour ses doux naturels, comme le Mas Amiel. Stéphane précise tout de même sur la fiche technique ce qui doit être les noms des parcelles : Pech Lauzie et Cabirou Bas. Pour les puristes.

Sur des schistes et des marnes schisteuses se trouvent les grenaches noirs, carignans noirs et syrah de Stéphane, dont Peca Peca est fait respectivement à 70, 25 et 5%. Pour continuer dans la partie technique, Le vigneron évoque, pour cette cuvée 2006 vendangée manuellement les 16 et 17 septembre, que la macération fut de 15 jours avec deux remontages quotidiens et un délestage par jour en phase préfermentaire. L'élevage, lui, se fait en cuve.

Place au vin ! La robe de Peca Peca (La pie Rouge) est cerise noire. Le nez est gourmand, de fruits noirs réhaussés par des notes végétales et animales. D'une bonne attaque, la bouche est riche et d'une bonne souplesse. Une explosion de cerises et de fruits rouges en bouche. Sa belle persistance nous conduit vers des notes de tabac, de bois sec. Les tanins sont souples et élégants. Un quart d'heure plus tard, le fruité explosif donne l'impression d'avoir à faire à un gamay : à l'aveugle, je serais peut-être parti vers un Fleuri.

Pour sa première cuvée, on peut dire que c'est une réussite. Ce vin gourmand, espiègle et généreux s'appréciera cet été avec des copains autour de salades et de viandes blanches.

Photo : S. Loisel.

La Pie Rouge, Peca Peca 2006, Stéphane Loisel ; 0-624-914-757 - stephaneloisel@tele2.fr.

lundi, 24 mars 2008

Le tuyau de la semaine

3686479978099f167deae778e0a1ce62.jpg

Alors que madame toulemonde, qui erre dans les rayons vin des supermarchés comme un homme  dans une boutique de sous-vêtements (pour femmes), se dirige vers un gewürtz pour accompagner la lotte de dimanche midi, puis un bordeaux supérieur (attention, c'est du bon, le supérieur) pour aller avec le fromage (le bordeaux avec le fromage, il n'y a rien de mieux pour faire remonter la lotte), VINSURVIN ambitionne aujourd'hui de faire faire à Odette quelques pas de plus dans le rayon vin et de pousser le chariot jusqu'aux appellations Sud-Ouest et Rhône (je sais, je suis utopiste, voire naïf). Pendant que Monsieur s'évertue à chercher une chemise de nuit pour madame, rose.

Convie ta colloc. Du blanc. Du rouge. Côtes du Rhône. Sud-Ouest. Mes quatre bonheurs de ce week-end. Souvenez-vous, madame Armand, qui m'avait acceuilli l'été dernier chez elle à Cairanne des cigales plein la bouche : la douce vient de me mailer pour savoir ce que je pensais du blanc qu'elle m'avait gentiment envoyé en échantillon il y a déjà quelques temps. Un seul flacon ne permettant malheureusement pas d'organiser un TUPPERWINE, je me suis organisé un Home Tupperwine ce week-end. Alors, le Home Tupperwine : what is it? C'est simple. Vous organisez une dégustation, dans votre salon, avec votre femme, votre colloc, votre concubine, votre voisine. Enfin, quelqu'un quoi, vous n'allez pas déguster tout seul. Parce que là, ça serait triste quand même. Et surtout très selfish. (Oh, le con, il nous soule à parler anglais). Du vin, à deux, dans un salon, ça s'appelle prendre l'apéro? Bon, alors, si vous le prenez comme ça...

Comme un voile de mariée. Ce cairanne blanc 2006 du Domaine Armand, classé "village" quand il mériterait largement l'"appellation Cairanne", est issu d'un assemblage de clairette et de marsanne (pas de viognier?). Nous l'ouvrons sur un dos de cabillaud en papillotte (pointe de crème fraîche, herbes de Provence), fondu de poireaux - carottes et riz. Première sensation : sa couleur est d'un doré éclatant. C'est époustouflant. Le premier nez oscille entre minéralité et garrigue avant que des fleurs et des fruits blancs (aubépine, violette, pêche, poire...) ne viennent adoucir le bouquet. Promenade en Vaucluse assurée. En bouche, le vin présente un très beau volume. La bouche est ample, large. Le fruit blanc est marqué en effet et on lui trouve des notes d'ananas. Un vin blanc net, bien équilibré, sans fioritures : comme un voile de mariée. Sa minéralité lui permet de bien se démarquer du poisson et le fruit se marie formidablement bien avec le fondu de légumes. L'accord marche également très bien avec l'ananas servi en dessert. Moralité : pensez aux blancs du Rhône! Crozes-Hermitage, Saint-Joseph et Côtes du Rhône Village sont l'assurance de grands moments oenophiles.

La grenouille qui se prenait pour un boeuf. Nous allons accompagner des lasagnes maison avec un vin de Cahors : Les Perdrix 2003 du Clos Troteligotte (100% malbec). Le vin diesel par excellence! Voilà un vin qui me plaît par le temps qu'il prend avant de livrer le meilleur de lui-même. Pas intellectuel, pas complexe pour autant, juste un peu dilettante, il faudra le caraffer une petite demie-heure avant ouverture. Blancs et rouges ont souvent besoin de passer par cette phase, de s'aérer afin de s'ouvrir et de révéler tous leurs charmes. Ce cahors est mou et anarchique à l'ouverture. Comme en plein rêve, en pleine réflexion, il est un peu brouillon au réveil. Dans une impression de truisme et d'ennui, les cerises et les fraises des bois font ce qu'elles peuvent pour se montrer mais c'est insuffisant. Les tanins sont viriles et le tout fait flop derrière! Le vin semble pourtant charpenté! Comme la grenouille qui se prenait pour un boeuf. Mais après avoir pris l'air et s'être remis les idées en place, le vin s'est transformé : il a gagné en concentration, comme s'il s'était habillé. Les fruits sont gouleyants et les tanins se sont fondus dans une harmonie soyeuse. Des fruits noirs et des épices entrent dans la danse. Belle matière, belle richesse, belle concentration (caractériqtique constante dans les 2003, le millésime de la caniciule) mais rien de présomptueux ou de fat. Pire, d'indigeste. Voilà un cahors comme on les recherche, tout simplement. Sans vouloir stéréotyper ce vin, La Perdrix 2003 répond à l'idée que je me fais d'un cahors. Il n'est pas sans me rappeler un Château Quattre, référence en la matière. Enfin, je dois bien avouer que je serai fier de présenter ce vin et ses acolytes, lors d'un prochain TUPPERWINE.

Le vin vous contera une histoire. Le lendemain, le cairanne a épaissi et nous livre une palette de fruits blancs très mûrs et sucrés. Un délice! Le cahors offre lui après plus de 24 heures en bouteille un  bouquet fantastique de griotte, de tabac et de torréfaction. Il est superbement concentré et a tourné au velour en bouche. Bon sang! Fantastique expérience. N'ayez pas crainte d'ouvrir une deuxième bouteille à table. Elle ne sera pas perdue s'il en reste. Au contraire, c'est un superbe investissement olfactif et gustatif. Car le vin continue de s'éveiller, d'évoluer, de vivre. Et après plus de vingt heures d'ouverture, les meilleurs n'hésitent pas à vous dire des histoires, à vous, qu'entouré de tout ce monde votre vin n'aura osé conter la veille.

Photo : Pierre Amadieu.

mercredi, 13 février 2008

2003, odyssée de l'espace. D'un instant.

14d0501e25dd77ff49e0b439e3fabfd9.jpg

Cette bouteille est ouverte depuis hier soir. Soit, depuis 24h. A présent, il en reste un fond dans mon verre. Un open up de chez feu Mikasa. Et que sens-je? De la liqueur de cerise, du kirsch, associés à de subtiles notes de cacao et de torréfaction. Le tout est nettement enrobé de réglisse. En faisant légèrement tournoyer le vin dans mon verre, ce sont des effluves de café qui refont surface. Ce nectar dans le fond de mon verre est épais et gras. Comme une crème de liqueur ou un coulis. Si je m'en ressers, le premier nez est sur du fruit noir très mûr, de la griotte juteuse, mais pas macéré. La bouche est d'abord riche... de fruits rouges! Puis de tabac, de sous-bois. Elle est concentrée mais jouit d'une jolie finesse. Elle est suave, grasse et terriblement épicée. Les tanins ont littéralement fondu sous le poids de la concentration et du sucre. L'acidité est très faible. L'ensemble produit un effet remarquable. Je pense que ce vin n'est plus très loin de sa maturité. S'il ne l'a pas déjà atteinte. Souvenez-vous. 2003, année de la canicule. Rendements faibles. Grosse maturation. Hauts taux d'alcool. Potentiel de vieillissement irrégulier et incertain selon les régions. Mais, résultats fantastiques.

Je suis entrain de sirotter un vin que j'ai acheté au domaine en 2004 : un Crozes-Hermitage, 2003, du Domaine Collonge, La négociale, 26600 Mercurol, Drôme.

dimanche, 16 septembre 2007

Ze bottle of ze wik.

medium_DSCF0101.4.JPGEt bien, elles sont deux bouteilles de la semaine, cette semaine, une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule. Il s'avère que j'ai été confronté à un accident cette semaine. Rien de grave, je vous rassure. Un ami breton, fraîchement rentré de Berlin, a débarqué mercredi midi à la maison. Je n'allais pas lui faire boire l'Evian d'Hortense, ma fille (également fraîchement arrivée) de trois mois. Elle se porte bien, la maman aussi, merci beaucoup. A ce sujet, l'idée selon laquelle le vin est mauvais pour les femmes enceinte est vraiment reçue : malgré ma consommation hebdomadaire de vin (le dimanche devant le Jour du Seigneur) et quasi nulle de ma femme (et là, je suis sérieux), mes enfants sont en excellente santé, beaux et particulièrement bien éveillés! Pour preuve, Hippolyte a trois ans et sait compter (déjà) jusque deux. En même temps, leur père, enfin, je veux dire, bon, les chats ne font pas des chiens. 

Don't worry, Fleg. Une descente (en rappel) à la cave et le choix fut... relativement simple. Il faut dire que six étages en ascenseur, et quelques marches dans la fraîcheur de la cave, permettent une réflexion efficace. Je me suis vu, un jour, arriver en sueur au deuxième n'ayant pas encore trouvé ce que j'allais remonter de ma grotte d'Ali Baba. "Fuck, Georges, we are at ze second floor and we still haven't found the bottle of ze wik, come on, please, do something about it!" " Don't worry, Fleg. I guess I got it." "Oh, Georges, you're wonderful! What is it?" "It's a bottle of wine." "...".

Jennifer confond "beach" et "bitch". La première bouteille de la semaine nous vient d'Ardèche. Conseillée par l'ami Jean-medium_domaine_Forey.2.jpgDuc de Casteljau, elle fut découverte un jour de grand soleil alors que le nord expérimentait l'automne en plein mois d'août. Ouverte sur un steak de cheval (+ haricots verts au sel de guérande et pommes dauphines), elle s'est avérée bien plus que la bouteille de la semaine : c'est la surprise du mois (ou du chef). Quelle est-elle cette bouteille? Et bien, il s'agit d'une bouteille de vin. Pour ceux qui n'auraient pas suivi. Ceux qui sont assis au fond, auprès du radiateur. Ce vieux chauffage à bain d'huile âgé de quatre-vingts ans et tout pourri. Chaque hiver, lorsque l'administration le remet en route, on l'entend glousser, tousser, puis flancher dans une douleur noble mais touchante. C'est Moustapha qui s'est assis près de Arlette cette année (j'ai fini par lui donner un nom, celui de l'ancienne proviseure, on se connaît depuis tellement longtemps lui et moi). Problème, il ne permet pas une approche sereine de la langue anglaise. Voyez le pauvre Kevin l'année dernière qui ne savait toujours pas compter jusque deux en fin de terminale. Jennifer, une blonde souffrant d'un léger strabisme, qui confondait "beach" et "bitch". Basile, qui à "what's your name?" répondait "I live in Nanterre." 

Chaque gorgée est un délice. Une bouteille de vin, disions-nous. De vin rouge. Enfin, "rouge". Rubis foncé, soutenu, profond. Il s'agit en fait d'un vin de pays, 100% merlot, issu du village de Beaulieu, dans l'Ardèche-Sud, à deux pas du Gard, et élaboré au Domaine de Peyre Brune, par Marina et Régis Quentin (photo, ci-dessus). Le nez est gourmand. La palette olfactive (je viens de lire ça sur un blog, pompeux mais précis, non?) est généreuse : la cerise et les fruits rouges priment. C'est une délice. Nous sommes tous les trois le nez dans le verre, nous régalant de ces arômes. La bouche est vive, grasse et ample. Je la trouve même opulente. Le vin est puissant, charnu et bien équilibré. Chaque gorgée est un délice. Fredo me dit que j'aurais dû en ramener plus (que trois). Sauf que sur le coup, je lui trouvai un beau potentiel mais ne m'attendais pas à ça. Tout le contraire du Château de la Selve (Grospierre, 06, cuvée Beaulieu), qui me séduisit lors de la dégustation mais que j'ai trouvé décevant et surfait par la suite... 

La deuxième bottle of ze wik est également une belle surprise. Un pinot noir (Apellation Bourgogne Contrôlée, 2004, Domaine Forey, propriétaire à Vosne-Romanée), acheté cave Pouchet à deux pas de chez moi, que j'avais un peu délaissé (si ce n'est snobé) à la faveur de mes gevrey-chambertins et autres aloxe-cortons... que je regarde vieillir bien sagement. Ce midi, certains incultes auraient sorti la cavalerie bordelaise avec le boeuf-carottes de ma dame. Mais comment ne pas faire prôner un bourgogne sur la table? Comment donc? La surprise ne tient pas seulement dans ce nez discret, minéral et de petit fruit rouge. Rien de charpenté, d'ample et de gargantuesque : je suis interloqué par l'équilibre entre l'humilité, la finesse, la légèreté du vin et la richesse aromatique qu'il développe en bouche (fraise notamment). Gourmande et effilée, cette dernière est posée et insistante. Après renseignement, je lis que Régis Forey est un magicien dans le monde très fermé de la Vosne-Romanée. Tenant des méthodes traditionnelles d'élevage de la vigne et vinificateur talentueux, ses vins font partie des meilleurs du monde. Rien que ça.

La bouteille de la semaine vous intéresse? Le vin abordé sur ce blog vous met à l'eau à la bouche? Malheureusement, ce n'est pas toujours chose facile de se le procurer dans votre ville ou votre région. Entrer en contact avec VINSURVIN via vinsurvin2006@yahoo.fr, et qui sait, il pourrait se retrouver sur votre table incessemment sous peu.

mercredi, 28 mars 2007

Pas de l'à-peu-près le Picpoul de Pinet!

 

medium_picpoul.jpg

Bien malin qui pourrait définir sans coup férir les Coteaux du Languedoc nous défie le site www.picpoul-de-pinet.com! Alors je ne m'y risquerai pas. Toujours est-il que le Montrouby 2004 ouvert ce midi se maria formidablement bien avec un filet de flétan passé au four, arrosé d'un filet d'huile d'olive et d'une pincée d'origan. Le tout accompagné de pommes de terre à l'eau et d'épinard frais.

Situation géographique. Au bord de la mer Méditerranée, au fond du Golfe du Lion, en bordure de l'Etang de Thau, s'étend le vignoble de l'A.O.C. Picpoul de Pinet sur une surface de 1300 Ha. C'est la plus grande région de vin blanc du Languedoc, située au milieu d'un triangle AGDE - PEZENAS - SETE.

Cépage tardif. Vieux cépage Languedocien, présent au bord de l’étang de Thau depuis l’Antiquité, le cépage Piquepoul est surtout développé sous la couleur blanche (mais il existe aussi en gris et noir). En 1618, le cépage Piquepoul est cité parmi les six cépages les plus réputés du Languedoc dans le « Sylve plantarium », ouvrage du botaniste J.B. Maniol. Cépage tardif, il est implanté dans un climat sec et profite de l’humidité de l’arrière saison pour finir sa maturation.

Dégustation. Belle robe vert pale cristalline, mon Montrouby est doré avec des teintes ambrées. Assez complexe finalement, ce 2004 associe des arômes de pomme acide, d'ananas, de fougère et de pin. Floral, il évoque l'aubépine, l'acacia. La bouche est fraîche, vive, iodée et d'une bonne longueur. Elle rappelle des fruits acidulés réhaussés par des parfums de garigue (thym, romarin). Au final, un vin très réussi qui se boira également volontier à l'apéritif.  

medium_carte_picpoul.gif



 

mardi, 26 septembre 2006

FAUGERES: VRAI GENRE.

medium_Faugeres.2.jpg
Photo Bertrand Celce.

Chers amateurs de bon vin! Chacun mettra ce qu'il veut derrière l'adjectif "bon", le but étant de distinguer les bons des mauvais. Et oui, ici, nous faisons dans l'ostracisme! A mort les vulgaires chardonnays servis dans les café parisiens! Pendez les faiseurs de Sauvignon de comptoir! Au pilori les négociants de fonds de barriques! Place à la nouvelle vague, à la subtilité et la complexité. Dieu me garde d'un quelconque ellitisme satisfait! Un vulgaire exemple de prix pour justifier l'humilité dont je me prévaux me semblerait déplacé. Mais j'insiste, il n'est point nécessaire de grimper dans les hautes sphères pécuniaires pour trouver son plaisir. Réservons cela aux incultes manants des salons de moleskine. Je ne me fatiguerai donc  jamais de  signifier à ces établissements français et parisiens qui croient hisser haut les couleurs des terroirs français qu'ils nous servent trop de vins éreintés, misérables et insipides. Je les ai (suffisamment? je ne crois pas!) montré du doigt pour ne pas omettre de distinguer, ne serait-que que lexicalement, les vins mauvais des vins très bons. A y regarder de près, il y a du travail dans la distribution du vin français.  

Aujourd'hui, je vous redirige vers le blog de Bertrand Celce, photographe et grand amateur de vin, blog classé dans le Top 7 de Food and Wine, s'il vous plaît! Bertrand et sa femme aiment à flâner chez les vignerons français. Il en ressort des posts très riches en explications, informations et anecdotes ainsi que de superbes photos. Attention, blog réservé aux anglophiles!  

En browsant un peu les posts, je suis tombé sur un dédié à Faugères, d'où la photo ci-dessus. Je cherchais des photos sur le Domaine des Estanilles, à Lenthéric (34), que j'ai visité cet été et qui a accompagné le repas d'anniversaire d'Hippolyte dimanche dernier. Sans Michel Louison, propriétaire de ce domaine et natif de Tours, l'appellation Faugères n'aurait jamais connu une telle notoriété. Sur une tajine d'agneaux aux abricots et aux épices absolument exquise (et maison, cela va sans dire, n'est-ce pas Dorothée?!), nous nous sommes littéralement délectés du Rosé Prestige de Michel Louison. Une jolie robe brique foncée. Un nez très expressif d'orange sanguine mais aussi de garrigue, de thym et d'épices. Une attaque sur des notes d'agrumes se prolongant vers les impressions aromatiques du maquis. Une bouche gourmande, généreuse et fraîche, sur des arômes de sous-bois, de cigare et d'épice douce. Un vin... bon, pour reprendre les termes de l'introduction, mais en réalité, il faut le dire, assez extraordinaire. Voire sublime. L'accord parfait en outre avec la tajine. Une classe à lui. Un genre à part.

medium_estanilles.gif

lundi, 26 juin 2006

Pouilly Fumé: du bonheur assuré!

medium_DSCF0003.JPG 
Entre Cosnes-Cours-sur-Loire et La Charité-sur-Loire, sur la N7, Sancerre à l'ouest, Pouilly-sur-Loire à l'est.

Chardonnay ou Sauvignon? 

Après avoir vanté les bonheurs épicuriens qu'offraient les vins de Chablis, je me voyais dans l'obligation d'aborder celui que l'on pourrait (en tant qu'amateur) considérér un peu comme son cousin, même si on lit parfois "concurrent". Ne nous méprenons pas! Si parfois les arômes et la minéralité de l'un ou de l'autre peuvent nous faire hésiter sur leur identité, difficile de les confondre une fois en bouche. En fait, le lien de parenté est purement hédoniste! Leur point commun réside effectivement dans le plaisir que ces deux Maîtres que sont les cépages Chardonnay et Sauvignon peuvent offrir lorsqu'issus des meilleures maisons.

Sauvignon: complexité et finesse. 

Le cépage sauvignon possède des arômes extrêmement intenses. Dans sa jeunesse et lorsqu'il est vendangé prématurément, il exprime des notes végétales et herbacées caractéristiques. Sur les rives gauches et droites de la loire, entre Sancerre et Pouilly-sur-Loire, de même qu'autour de Reuilly, Quincy et Menetou-Salon (bien à l'ouest de Sancerre), le sauvignon peut déployer une intensité complexe et une finesse que l'on retrouve rarement ailleurs, ou alors, à Chablis!

Pouilly Fumé: un bouquet et une bouche exceptionnels. 

Le sauvignon occupe trois terroirs distincts du Sancerrois, mais les vins sont souvent issus d'assemblages de plusieurs sites. A l'ouest dominent les sols argileux et de marnes calcaires d'où proviennent les vins les plus rigoureux. Autour de la ville elle-même (perchée sur une colline), on trouve le silex qui transmet au vin la fameuse odeur d'éclat de silex aussi appelée pierre à fusil qui rappelle l'odeur d'une allumette que l'on gratte.  Entre les deux zones, la présence de cailloux et de calcaire permet d'éléborer les vins les plus délicats de l'appellation. Difficile parfois de faire la différence entre certains Pouilly Fumé et Sancerre tant les premiers peuvent également développer cet odeur de pierre à fusil. Cependant, le vin fait autour de Tracy-sur-Loire (comme au Domaine Jean-Pierre Bailly) développe sa propre typicité autour notamment de notes d'agrumes et de douces épices. Comme c'est le cas en 2004 et 2005, ces notes de citron vert, de pamplemousse offrent un bouquet et une bouche exceptionnels. Autre magie de ces superbes vins blancs, les couleurs éclatantes qu'ils offrent! Les yeux, le nez, la bouche sont autant d'étapes à respecter pour apprécier ces vins à leur  juste valeur. Personnellement, je regrette les années où la rondeur s'exprime de façon un peu outrancière (comme 2003, où 2004 en Sauvignon de Touraine.) Attention à ne pas confondre le Pouilly Fumé avec le Pouilly-sur-Loire comme on en sert dans certains restaurants parisiens, essayant au passage de vous faire croire que vous buvez du sauvignon! Ce vin, certes très noble, est conçu à partir d'un cépage en voix de disparition: le chasselas, produit sur 41 ha contre 1094 pour le Sauvignon. Ce dernier n'est qu'un petit vin de pays que l'on servait d'antan dans les café de Paris lorsque vous commandiez "un petit vin blanc", et qui atteint d'ailleurs à peine les 12%! Oui Madame! De même que Pouilly Fumé et Pouilly Fuissé n'ont rien à voir. En effet, la seconde est une commune du Mâconnais bourguignon, où le cépage dominant est le chardonnay.

Guide Fleurus: florilège de commentaires sur certains Pouilly Fumé du Domaine A. Cailbourdin.

1999. Robe or pâle aux reflets intenses et brillants. Nez de fruits blancs, de fleurs et d'agrumes, réhaussé d'une légère note boisée. Bouche minérale, complexe, équilibrée et d'une grande pureté. Fianle longue et fraîche.

2000. Robe jaune pâle aux reflets verts. Nez expressif de fruits frais, d'ananas et de fleurs blanches. Bouche grasse, ample et dotée d'une matière riche, dominée par des arômes exotiques.

Tel que je définirais le Domaine Jean-Pierre Bailly, 2004. Robe dorée, brillante et profonde. Nez expressif d'agrumes, de citron vert. Attaque franche et généreuse soutenue par une acidité friande. Finale longue évoluant vers des notes végétales (verveine) et d'épice douce. (Voir lien vers son site dans "mes 20 sites préférés".

Proposition d'accords mets et Pouilly Fumé sur http://www.vignobletiquette.com/autvin/listplats.php?app=... et sur http://www.winedecider.com/fr/accord-mets-vins/index.htm?...

Proposition d'accords mets et Sancerre sur http://www.winedecider.com/fr/accord-mets-vins/?appSessio...

medium_pouilly.JPG
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu