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mardi, 19 février 2008

Rock'n'Roll Saumur.

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Revenons à nos premiers amours. Revenons à l'essence même de ce blog : la vigne, le vigneron et le vin. C'est grâce à un (trop court) périple en Loire, début février, que VINSURVIN s'est penché sur la question du Saumur-Champigny, vin rarement abordé ici. Fort d'une modeste, mais jolie découverte, les envolées pastorales de VINSURVIN retrouvent enfin un peu de leur superbe. Surtout avec Interpol aux trousses.

Bon gars cherche travail dans les vignes. Ces derniers temps, je dois vous avouer qu'il a quand même fallu meubler un peu. En pleine période de vraie vie, appelée métro - boulot - dodo, pour certains, scooter / teenager / baby-sitter, pour votre serviteur, les escapades dans les vignes se sont faites rares. A ce sujet, si un(e) vigneron(ne) cherche un bon gars, travailleur et rigoureux pour travailler dans les vignes deux, trois jours la semaine prochaine, en échange du gîte, du couvert et de quelques bouteilles de sa production, je suis son homme. VINSURVIN se doit d'aller sur le terrain! Mince, c'est un véritable appel au travail au noir! Bon, alors, je me contenterai de regarder travailler les vignerons, pendant qu'équipé de mon laptop, je rendrai compte de mes expériences à mes lecteurs.

Perdu en conjoncture. Il fallait donc remédier à cette nouvelle manie de déguster du vin chez des cavistes, dans des salons ou des lobbies d'hôtels. Le dernier Interpol en (à) fond sonore dans la 207hdi de beau-papa (non tuningée), lunettes (imitations Ray Bans) sur le nez, fenêtre ouverte (ambiance Easy Rider), je conduis à vitesse modérée de Saint-Nicolas de Bourgeuil à Champigny, via Candes-Saint-Martin. Arrivé près de Saumur, je ne sais pas chez qui je vais me rendre. Je n'ai aucune adresse, aucune recommendation, j'erre au petit bonheur la chance. Il faut savoir laisser sa place au hasard lorsque l'on va déguster du vin au domaine. Il faut même ne pas hésiter à se perdre. Ce qui m'arrive à un moment puisque j'ai volontairement quitté la "route touristique" après avoir vu deux de ces petits panneaux qui ornent les bords des routes et vous indiquent la direction à suivre pour vous rendre chez un producteur. VINSURVIN n'hésite donc pas à prendre des risques pour vous conter la viticulture française. Il est dans les 15h30, je dois être à Angers pour 18h00, je suis dans les temps.

Instinct de guerrier. Perché sur une colline, prône fièrement le Domaine de la Bessière, de Thierry Dézé. Arrivé là-haut, on domine des hectares de terre : la vue panoramique est superbe. Des kilomètres de vigne à perte de vue. Un sahara de raisins en  devenir s'offre à mes yeux et je suis en son sommet, tel un empereur dominant fièrement son empire. Je saisis mon sabre, me vêtis de ma cape et enfourche mon cheval. Je vais aller m'aérer dans mes vignes et voir si ces manants du bordelais et de Californie ne sont pas entrain de faire des prélèvements de sève : le cabernet d'Anjou étant nettement supérieur à ce qu'on peut trouver en Gironde, il paraît que des gens mal intentionnés élèvent du vin en Loire et le font passer pour du bordeaux. Je n'aurai qu'à leur trancher la carotide et faire couler leur sang dans des bouteilles que mon messager se fera un plaisir de catapulter chez ces scélérats. Ahhhh! Je me sens un instinct de guerrier prêt à régner sur les terres du Duc d'Anjou, quand soudainement j'entends : "Hè, oh! Faut pas se garer là, ça gêne le passage." 

Un vin bon et soigné. Je retiendrai le Clos de la Croix 2006, cuvée la mieux aboutie à mon humble avis. Sur du calcaire et du gréseux, bénéficiant d'un microclimat, le vin présente une belle robe rubis. Le nez, légèrement alcooleux au repos, ne se joue pas de fioritures et nous emmène de suite vers une corbeille de fruits rouges de saison, prêts à se faire croquer. Les notes de fraise juteuse, de fraise des bois, de cassis rouge explosent au nez. Le deuxième nez est plus "terroir", sous-bois, humus. L'ensemble est harmonieux. Pas de déséquilibre notoire entre le nez et la bouche : on retrouve bien cette gourmandise de fruits rouges, relativement mûrs, réhaussée de notes végétales et épicées. La bouche est franche et fraîche aux tanins étonnement fondus pour 2006. La matière est dense et savoureuse. L'impression de boire un vin bon et soigné domine. A 5€ pièce, voilà un excellent rapport qualité/prix.

Une fois de plus, le hasard a bien fait les choses. Ce qui a quand même quelque chose d'étrange et de surréaliste. Enrichi de ma dégustation avec et chez l'artisan Thierry Dézé, je charge quelques cartons, allume le contact et glisse un cd d'Editors dans le mange-disque intégré. Mon pure-sang hdi piaffe d'excitation à l'idée de galoper dans ces contrées indomptables. Un léger coup de pied : direction Angers. En essayant de ne pas se perdre. Parce que là, ce serait plus rock'nroll, et moins pastoral.

lundi, 18 février 2008

Bio en bisbille.

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L'article de divine-comédie.com intitulé vins de Bourgogne : le bio peut-il devenir l'ennemi du bien? a suscité l'intérêt chez de nombreux lecteurs, à en croire les commentaires. Et c'est tant mieux.

L'auteur de ce blog n'est pas pro-bio. Je dirais même au contraire. Pas que la protection de l'environnement ne soit pas un leitmotiv chez VINSURVIN : l'arrivée en trombe du bio sur les marchés et les étales des grandes surfaces, sans compter les coopératives bio, il y a quelques années, a traduit une prise de conscience non négligeable et salvatrice pour la protection des sols et des consommateurs. De ce point de vue, l'entrée dans une nouvelle ère fut noble. Je ne vous ferai pas une thèse sur le sujet. Cependant, divers éléments me dérangèrent lors du boom du phénomène bio.

Le premier fut l'effet de mode indéniable. Au moment où le transgénique économico-industriel faisait lui son entrée en force dans notre quotidien, le bio apparaissait comme une recette, louable, mais un peu paillette, face aux dents longues des gros groupes agro-alimentaires. Des consommateurs écologiquement négligeants jusqu'à présent (tri des déchets baffoué, utilisation de la voiture à outrance, gaspillage ostentatoire de l'eau et de l'énergie) se découvraient soudainement une passion pour l'environnement. Il devenait de bon ton de le mentionner dans les dîners en ville. La révolution était plus culturelle, sociétale, tendance, que profondément écologique. Après les bobos, les bio-bios. Cela ferait un feu de paille.

Le second critère qui me fit tiquer concernait la nouvelle ségrégation qui venait s'instaurer entre les consommateurs : le bio s'adressait, et s'adresse toujours, à des gens ayant les moyens de se payer des légumes jusqu'à deux fois plus chers que d'autres. Je caricature peut-être un peu, mais, en somme, vous avez de l'argent, vous mangez non pollué. Vous êtes pauvre, à vous les nitrates. La recherche de la qualité est une chose que je défends, ce n'est pas le problème. Seulement, elle se fait trop souvent au détriment de la majorité. Economiquement, je vous laisse apprécier les écarts bio/non bio avec ce comparatif de Diane Mottez de linternaute.com

Produits

Marchand bio (Naturalia)
Supermarché en ligne (Ooshop)
Produit bio (logo AB))
Grande marque
Marque distributeur
Huile d'olive vierge extra 75cl
7.47 euros

5.83 euros

5.68 euros
(Maille)

3.7 euros

4 yaourts nature
(4 x 125 g)
1.6 euro
          1.31 euro             0.86 euro
         (Danone)

               0.65 euro

6 oeufs (calibre gros)
2.27 euros
2.20 euros
2.02 euros
(Loué)

1.19 euro

emmental rapé 100 g (45 % de mat. grasse) 1.82 euro 1.35 euro 1.1 euros
(Entremont)

0.9 euro

Camembert 250 g
(45 % de mat. grasse)
2.95 euros 2.03 euros
(pas de produit bio)
2.03 euros
(Rustique)
1.8 euro
2 steaks hachés frais 200 g
(5 % de mat. grasse)
3.95 euros 3 euros 2.17 euros
(Fleury Michon)
2.17 euros
(pas de marque distributeur)
Jus d'orange 1 L (100 % pur jus) 3.28 euros 2.27 euros 2.35 euros (Andros)

1.75 euro

Total
23,34 euros
17,99 euros
16,21 euros

12,16 euros

Note : Nous avons pris des produits tout à fait équivalents (poids, teneur en matière grasse...) En cas d'absence du produit correspondant, nous avons pris le produit de marque disponible. Sur la globalité de notre panier, la différence de prix entre le bio acheté dans un magasin spécialisé et des produits équivalents de marque distributeur est de 48 % !

Le troisième aspect qui me dérangea avec le bio était que, venant de Bretagne, je connais nombre de paysans ou de simples gens lambda qui vous vendent des poulets, des lapins ou des légumes d'une qualité irréprochables pour des sommes modiques. Pas de pulvérisations de produits, que du 1OO% naturel, des produits exceptionnels, non labellisés bio pour autant. Et ce malgré les épandanges peu regardant d'un certain nombre d'agriculteurs, dégradant considérablement la nappe phréatique et les bors de mer.

Côté vin, je ne prêche pas pour le bio. Les plus grands crus bordelais et bourguignons sont-ils issus de l'agriculture biologique? Pas à ma connaissance. Il m'arrive d'en goûter (du vin bio). Comme tout vin, parfois, un bio me plaît, parfois non. C'est aussi simple que cela. Par expérience, on reprochera à certains vins issus de l'agriculture biologique  de destabiliser l'amateur et de s'éloigner de ce que l'on attend d'un vin. Mais ce n'est pas une règle générale. Avec le vin, le bio se doit donc d'être très bien maîtrisé, car il peut révéler des goûts quelque peu... étranges. Certains des vins dont VINSURVIN parlent sont bio, mais je n'éprouve pas le besoin de le préciser. Beaucoup des vins abordés sur VINSURVIN sont issus d'une agriculture dite "raisonnée". Ce qui est le cas des "vignerons indépendants". Mais quelle est la valeur de ce type d'agriculture sur le terrain? Peut-être eux nous le diront.

Lorsque l'on discute avec les vignerons, ils abordent de plus en plus l'aspect écologique de leur métier : moins de souffre, de pulvérisations, une vigne un peu plus livrée à elle-même... Ne pas se leurrer, la motivation est également économique : les produits chimiques coûtent très chers. Alors, quand on peut s'en passer... Par ailleurs, un peu comme les poumons d'un ancien fumeur, lorsqu'un terroir a été saturé de produits chimiques des années durant, a-t-on idée du temps qu'il faut à la terre pour s'affranchir de ces saloperies? 

En substance, on ne peut que se féliciter de la volonté des agriculteurs et des vignerons de travailler dans le respect de l'environnement et de notre santé. Si le bio est strictement réglementé, l'agriculture dite "raisonnée" ne va pas dans le mauvais sens non plus. Enfin, on peut également espérer que, dans les rayonnages, les vins bio ne se trouvent pas plus bieaux que les autres.

 

dimanche, 17 février 2008

Vins de Bourgogne : le bio peut-il devenir l’ennemi du bien? (Par Divine Comédie.com)

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C’est une notion très à la mode mais dangereuse quand on y pense. Le bio est dans toutes les bouches mais peu savent en réalité ce qui se cache derrière cette grande notion pleine de vertu. À commencer par une clientèle anglo-saxonne qui ne jure que par ça. Sous-entendu, tout ce qui n’est pas bio n’est pas bon. C’est une erreur. Le bio est aujourd’hui une tendance complexe. Il y a ceux qui le sont sans l’être, ceux qui ont obtenu ou vont obtenir la certification (AB pour agriculture biologique) et ceux qui ont opté pour la biodynamie. Cela fait beaucoup pour le consommateur. 

Le bio est une évidemment une prise de conscience louable : produire en respectant le sol, la vigne et donc… le consommateur. Mais savez-vous que certains produits bio cachent volontiers les produits qui entrent dans sa composition ? Étrange. Le bio est en bonne voie mais tout n’est pas encore réglé. Nombre de viticulteurs se montrent aujourd’hui prudents. Il ne faut tout de même pas faire n’importe quoi sous la pression des journalistes et de certains clients qui n’ont jamais mis les pieds dans un vignoble.

Le bio est intéressant car il appelle la viticulture à repenser ses méthodes de travail mais n’est en aucun cas un gage de qualité : il y a d’ailleurs des producteurs qui s’affirment bio et qui ne le sont pas. Mais la tendance est intéressante, elle appelle au retour à une viticulture propre, le terme de viticulture raisonnée n’étant plus guère employé. La majorité des domaines a pris conscience qu’il valait mieux prévenir que guérir… Fini donc les pesticides vaporisés systématiquement pour éviter les maladies et autres agressions, le vigneron surveille et apporte des réponses adaptées aux diverses attaques qui surviennent sur sa vigne ; utilise l’herbe pour protéger ses parcelles, utilise à bon escient le cuivre. Certains vont même pulvériser du quartz pour renforcer la plante. Peu importe la méthode pourvu que les vins soient faits le plus naturellement du monde. Le bio n’est donc pas un label mais une philosophie. Les grands domaines font du bio sans le dire et ce n’est pas plus mal comme ça. L’essentiel est là : garantir aux consommateurs que le produit mis en bouteille a été fait en respect avec l’environnement. Cette notion paraît évidente aujourd’hui, pas besoin de logo pour cela.

Nota Bene : Cet article est tiré de www.divine-comedie.com, le site des vins de Bourgogne et leur univers. Créé par des professionnels de la communication (journalistes, éditeurs, graphistes et spécialistes de la vidéo), il offre un contenu éditorial adapté et à forte valeur ajoutée. Il s’adresse aux amateurs, qu’ils soient éclairés ou débutants. Divine-Comedie.com propose des reportages, des vidéos, des guides (domaines, restaurants, hôtels, chambres d’hôtes) et une partie pédagogique afin de mieux comprendre les bourgognes. Un site pour une fois 100% Made in Bourgogne.

(Photo Fotolia.com)

vendredi, 15 février 2008

Ma Laviniattitude tombe en désuétude.

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Après plusieurs années de bons et loyaux achats chez le géant du vin parisien, j'ai été soudainement pris d'une grosse crise de panique, hier soir. Tout à coup, perdu au milieu des côtes du rhône, des vins australiens et des vins chers, je me suis soudain senti anachronique, hors sujet. Je me suis demandé ce que je faisais (pour rester poli) dans ces Galeries Lafayette du vin. Moi le défenseur des petits viticulteurs et des petits cavistes, j'étais là, entrain de me fourvoyer. Lavinia, c'est fini? Pas nécessairement. Car le magasin de la Madeleine trouve essentiellement sa place sur le marché des (vins) étrangers et des vins spécifiques. 

J'étais entre Saint-Lazare et Opéra. Dans l'impasse. Car j'atteignais le dernier jour pour mener à bien la mission qui m'avait été confiée : acheter du vin pour l'anniversaire de mon ami X. X n'a rien d'érotique et encore moins de pornographique (malgré un physique avantageux), c'est juste qu'amateur de bons petits vins lui-même et défenseur du commerce de proximité, il lui est interdit de livrer ses confessions et d'exprimer ses convictions et opinions en public : il travaille pour un gros groupe de distribution dont le sens de la démocratie nous rappellent quelque peu le droit d'expression à la russe et à la chinoise. 

Pour un long apéritif dînatoire entre copains, Y (dont je dois taire l'identité et masquer le visage car la grande société pour laquelle elle travaille ne tolérerait pas que son nom soit associé à celui d'une femme qui consomme du vin, chose qui demeure encore très impolitiquement correct dans les hautes sphères de l'entreprise ; d'ailleurs, à ce sujet, un jour &#?%U$+°)M^#f***U --- COMMISSION DE CENSURE ETAT FRANCAIS / VOTRE QUOTA DE MEDISANCE EST ATTEINT) m'avait donc confié un budget de 90€ pour environ six bouteilles, soit 15€ par unité. For some reason, j'avais envie de mettre une touche exotique à cet anniversaire. Je téléphonai donc à Yasmina, Nu Ahn Wu et Katarina  me dirigeai donc vers le département des vins étrangers mais trouvai malheureusement porte close pour "réembellissement". Première déception. Certes, je trouverais bien quelques Ribeira del Duero, Pouilles et autres Mendoza au sous-sol, mais le choix serait plus restreint. L'amertume me gagna.

Lorsque j'accédai au rez-de-chaussé, le lieu me sembla froid. Les tons sont foncés, les lumières faibles (ce qui pour le vin n'est pas une mauvaise chose en soi mais cela crée une impression chlostrophobique) et le personnel absent.  Je commençai par la Bourgogne. En dehors d'un pinot noir (un peu maigre pour l'occasion), rien n'entrait dans mon budget. Un Auxey-Duresses aurait peut-être fait l'affaire, mais son prix était trop élevé. A ma grande surprise, j'étais très restreint pécuniairement : Languedoc, Rhône et Loire étaient à peine à ma portée. J'eus soudain souvenir d'avoir acheté de bons vins espagnols dans cette maison à partir de 7€! La France deviendrait-elle inabordable?! Pas en-dessous de 11,00€ pour un Chinon ou un Bourgeuil. Idem pour un Pic-Saint-Loup. A ce prix, pas mieux qu'un Côtes-du -Rhône, les Cairanne et Saint-Joseph ne m'inspirant pas confiance. Surtout en millésime 2006.

Si les prix sont donc rédhibitoires, on ne peut pas dire que l'amabilité et la prise d'initiative soient le fort de la maison. A la recherche d'un Anjou Village de Brissac, le monsieur-plongé-dans-ses-chiffres ne lève même pas la tête pour me répondre. Il me marmonne presque une réponse et ne cherche pas à me diriger vers un autre vin. Je demande à jeter un oeil sur les vins tenus au frais, comme le caviste, chaleureux et aimable comme une porte de prison. En caisse, le garçon prend le chaland de haut et daigne faire son paquet cadeau. Ce qui n'est pas le cas de ces étrangers à qui l'on déroule le tapis rouge.

En substance, l'autre soir, j'ai eu comme l'impression de faire mes courses chez Carrefour. Acceuil, conseil et considération, éléments essentiels pour moi, furent tout simplement négligés : je fus considérablement choqué par la médiocrité du service. La maison se positionne donc davantage sur les marchés de l'étranger-plein-de-dollars, du nouveau monde et des vins prestigieux. Ce qui laisse finalement beaucoup de place pour les autres : les petits cavistes qui vendent du bon vin sans estorquer le client. Avec le sourire en prime.

jeudi, 14 février 2008

Amateurs militants

 

 

AMATEURS MILITANTS

Première rencontre des Amateurs militants du vin à Paris, organisée par Philippe Barret !

La rencontre aura lieu dans une salle de dégustation privée sur le thème "Une bouteille coup de coeur" : les participants devront donc dénicher et apporter un flacon coup de coeur dans la droite ligne de la charte des AMV, et la partager avec les autres membres.

Participation : 10 euros/pers. pour le local (verres, carafes, vaisselle, etc) et 20 euros/pers. pour un repas sur le pouce mais de bons produits. Règlement sur place en arrivant.

IMPORTANT : le nombre de place étant limité, seules les 13 premières demandes d'inscription seront retenues (une liste d'attente de 4/5 pers. sera mise en place pour palier aux désistements éventuels).

http://www.oenoline.com/blog/index.php/post/2008/01/20/Et...

21:06 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (1)

La caviste de la semaine.

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Ne ressentez-vous jamais cette impression en entrant chez un caviste? La profusion de bouteilles a quelquechose d'intimidant, pour ne pas dire d'effrayant. Elles prônent sur leurs étagères, au garde à vous les unes à côté des autres et elles vous fixent du regard. Celles postées en haut sont les plus impressionnantes. A les regarder, on en aurait presque le tourni. Lorsque le magasin est vide et que le caviste est occupé à faire ses comptes ou à ranger ses bouteilles, elles semblent s'adresser à vous.

"Ne me prends pas, non seulement je suis trop chère pour toi, mais en plus, je suis bien trop subtile : tu ne me comprendrais pas.

"Moi, moi, moi! Achète-moi s'il te plaît! Il fait tellement chaud dans ce magasin. Et la lumière me fait tellement mal aux yeux. Regarde ma robe, elle est passée."

"Hè, bidule! T'as d'jà vu un magnum comme moi? Regarde-moi un peu le bidon! Et à l'intérieur, que du bon vin! Du charnu, du qu'a du goût de raisin, pas de chaussette!"

Et puis arrive le caviste. Le caviste, c'est une sorte de Père Noël. Mais parfois de Père Fouettard. Ou il vous sort un joli sourire, un joli conseil et une jolie bouteille. Ou il se traîne un migraine de la dégustation de la veille et se montre particulièrement impatient.

J'arrive de chez MA caviste locale. Elle se trouve 96 rue Legendre, dans le 17ème arrondissement de Paris. La rue Legendre fait le lien entre le 17ème populaire des Epinettes et le 17ème dit "bobo" des Batignoles. Nicole Lhoste, de Côté Cépage est loin d'être perdue dans le quartier et dans la variété pléthorique des vins français. "Je vends le vin que j'aime", ne cesse-t-elle de marteler. Nicole et moi aimons le même vin. Car je trouve chez elle des vins que je connais, et que j'ai dans ma cave. Car lorsque Nicole me conseille un vin, ça fait toujours mouche.

Le dernier conseil en date? Je sortais du traiteur italien quelques numéros plus bas (au 90, Premiata Drogheria Di Meglio). Nicole me dit : Avec ça? Domaine Sant' Armetu, un corse de Sartene. Tout bon. Superbe.

Ce soir, j'y suis retourné. Je voulais ce corse. Je l'ai trouvé puis Nicole m'a parlé du vin que ses copains et ses copines font. Dans  le Languedoc. Car, le Languedoc est la région de prédilection de Nicole. Et vu que je vénère cette région... Elle m'a parlé de ces vins, je l'ai écouté, j'ai bu ses paroles et suis resorti avec :

- Mon Corse. Sartene 2OO5 (Domaine Sant'Armettu),  de chez les Frères Seroin (9€).

- Triade, Domaine de Valensac (environ 9€), 2005, vin de pays d'Oc.

- Domaine Coston, Vin de Pays de Saint-Nicolas le Désert, 2005 (6€)

Alors, Mère Noël ou Mère Fouettard, Nicole? Réponse après dégustation des vins cités ci-dessus... Mais j'ai déjà une vague idée.

Côté Cépage, 96 rue Legendre, 75017 Paris. T. O1.4O.27.99.27 - 1O:3O-13hOO / 16:OO-2Oh3O.

Photo VINSURVIN, La Route de Navacelles, Hérault.

mercredi, 13 février 2008

2003, odyssée de l'espace. D'un instant.

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Cette bouteille est ouverte depuis hier soir. Soit, depuis 24h. A présent, il en reste un fond dans mon verre. Un open up de chez feu Mikasa. Et que sens-je? De la liqueur de cerise, du kirsch, associés à de subtiles notes de cacao et de torréfaction. Le tout est nettement enrobé de réglisse. En faisant légèrement tournoyer le vin dans mon verre, ce sont des effluves de café qui refont surface. Ce nectar dans le fond de mon verre est épais et gras. Comme une crème de liqueur ou un coulis. Si je m'en ressers, le premier nez est sur du fruit noir très mûr, de la griotte juteuse, mais pas macéré. La bouche est d'abord riche... de fruits rouges! Puis de tabac, de sous-bois. Elle est concentrée mais jouit d'une jolie finesse. Elle est suave, grasse et terriblement épicée. Les tanins ont littéralement fondu sous le poids de la concentration et du sucre. L'acidité est très faible. L'ensemble produit un effet remarquable. Je pense que ce vin n'est plus très loin de sa maturité. S'il ne l'a pas déjà atteinte. Souvenez-vous. 2003, année de la canicule. Rendements faibles. Grosse maturation. Hauts taux d'alcool. Potentiel de vieillissement irrégulier et incertain selon les régions. Mais, résultats fantastiques.

Je suis entrain de sirotter un vin que j'ai acheté au domaine en 2004 : un Crozes-Hermitage, 2003, du Domaine Collonge, La négociale, 26600 Mercurol, Drôme.

mardi, 12 février 2008

La Provence s'invite chez VINSURVIN.

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Il y a des gens qui ont le don et la manière de vous faire goûter de très bons vins. Après ceux de Bérénas, de subtils et modernes vins du Languedoc (dont VINSURVIN eut un jour dit beaucoup de bien), Eric Daguenet, de MALTS et CEPAGES, m'a fait dernièrement découvrir les vins de Château Thuerry, des coteaux varois. Pour info, la philosophie de MALT et CEPAGES est très proche de celle de VINSURVIN. Cette petite entreprise familiale a pour objectif de proposer à ses clients une sélection de vins exclusivement issus de petits producteurs indépendants (pour la plupart des domaines familiaux à faible production). Le site, très bien pensé par Carole, permet d'accéder rapidement aux régions qui nous intéressent grâce à la carte des vignobles de France. La première page met en avant le coup de coeur du moment, souvent une trouvaille qui tient à coeur au couple installé dans la Vallée de Chevreuse. 

Je me souviens donc de ce Château Thuerryl'Exception, un vin blanc issu d'un assemblage sémillon, rolle (célèbre à Cassis). Des arômes vifs, presque nerveux! Beaucoup de fraîcheur, des fleurs, des fruits rouges, une belle acidité qui soutient une bonne longueur en bouche. Je me souviens surtout d'être entrain de faire une sacré découverte et de passer un excellent moment autour de ce blanc du sud de la France. Conquis.

Puis il y avait eu l'Exception, rouge : un assemblage gourmand de cabernet sauvignon et de merlot qui avait fait mouche également. Une belle chair, du gras, de la vivacité. Du beau travail, en somme. Ce vin m'avait parlé. Je me sentais concerné, et frustré de savoir que je ne le regoûterais pas d'ici tôt. Signe que le vin vous a plu. 

Mais la frustration ne durera pas longtemps, puisqu'Eric Daguenet a eu la gentillesse de me proposer un Tupperwine autour de Château Thuerry. Ce sera le prochain, d'ailleurs. Dans un restaurant. En espérant que ce Thuerry soit une tuerie! Et qu'il vous plaise...

VINSURVIN tient également à remercier Emmanuel Rybinsky du Clos Troteligotte, à Cahors, qui vient de me faire parvenir 12 échantillons de ses délicieux vins. Bientôt au programme des Tupperwine. Merci également à Estelle Deheyer, du Château d'Agel, grâce à qui nous goûterons des Minervois (Roussillon), lors d'un prochain Tupperwine. Dans la série je-remercie-chaleureusement-mes-vignerons-préférés, alors, merci à Didier Desvignes (Fleurie, Morgon, Chiroubles...) :  le Beaujolais dans toute sa splendeur, c'est très bientôt sur Tupperwine! Merci à Florence du Château de la Selve, en Ardêche, qui va compléter la collection d'échantillons déjà envoyés avec les blancs de la Selve. Je pense également à Benoît Tarlant, des champagnes Tarlant qui s'est montré particulièrement intéressé par un Tupperwine. A Bertrand Lhôpital des champagnes de Telmont...

Certes, il manque aux Tupperwine le Jura, l'Alsace, la Corse, la Savoie, l'Auvergne... Mais VINSURVIN ne désespère pas de vous les faire goûter un jour! Patience... Quoi qu'il en soit, VINSURVIN a désormais de quoi passer l'hiver et vous faire découvrir ce que le terroir français a de meilleur à offrir.

 

lundi, 11 février 2008

Un vin de Loire, Chinon rien.

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Dis-moi où tu habites, je te dirai quel vin tu bois! Nos origines géographiques et notre lieu de résidence influencent-ils nos goûts en matière de vin? On va finir par se poser la question sur VINSURVIN. Puisque c'est de la Loire dont il est encore question aujourd'hui. Né en Bretagne et vivant à Paris, il est vrai que la Vallée de la Loire s'avère facilement accessible depuis ces régions. Mais c'est aussi le cas pour la Bourgogne et la Champagne. En tous, cas, depuis Paris. Cela dit, l'influence de Paris sur les vins abordés sur VINSURVIN n'est pas si évidente si l'on se reporte au nombre de notes que comptent VINSURVIN sur des régions telles que le Languedoc ou le Sud-Ouest, pire, la Californie ou l'Amérique du Sud! On finira d'ailleurs ce post par la Provence. Comme quoi, la ségrégation par l'origine ne s'exerce pas sur ce blog. Par contre, par la qualité et le plaisir procuré, oui. 

TUPPERWINE in the LOIRE VALLEY. La dégustation de mardi dernier s'est poursuivie par trois Chinon de chez Bernard Baudry. VINSURVIN a maintes fois abordé le travail de M. Baudry et on va finir par croire qu'un contrat en est à l'origine! Je n'ai même pas eu l'honneur de le rencontrer! Je l'ai croisé à Angers le week-end dernier mais il était très affairé. Je serais même près à parier qu'il n'a jamais entendu parler de ce blog! Alors, vous pensez bien!

Le Chinon, c'est super bon. Nous commençons cette Spéciale Baudry par les Granges 2OO6. 100% cabernet franc, le nez est charnu et animal, sur des notes de sous-bois, de terre. La bouche offre une certaine fraîcheur. Le vin est ample, puissant, charpenté même. Une bonne chair sur des notes qui demeurent animales. On peut lui souhaiter de gagner en finesse avec le temps. La robe des Grézeaux 2005 est sombre et dense. Des notes de fruits noirs, mûrs, s'en dégagent, mais aussi d'herbe coupée. En bouche, c'est l'élégance qui lui sied à merveille. Il est plus complexe et d'un matière très riche. Il nous conduit sur des épices. La finale est vanillée. Le Clos Guillot 2005 obtient un 16/20 avec Raphaël. Il trouve le nez un peu truffé, pierre à fusil, minéral. Je lui retrouve les caractéristiques qui m'ont fait crasquer lorsque je l'ai goûté au domaine à Cravant les Côteaux : ce nez aérien, mentholé associé à des notes d'eucalyptus. Ce nez est un régal. La bouche est griottée, chocolatée et poivrée. Veloutée, soyeuse et dotée d'une finale persistante, je rajouterai 2 points de bonus à la note de Raphaël! Plus sérieusement, ce vin qui ne coûte pas plus de 12€ au domaine est à ne manquer sous aucun prétexte.Reverrons-nous les vins de Bernard Baudry aux Tupperwine? Le stock est écoulé, mais je me ferai violence pour en ravoir!

Encore merci à ces deux vignerons de bien vouloir jouer le jeu des Tupperwine.

David Drussé, 1 Impasse de la Villatte, 37140 Saint-Nicolas de Bourgeuil. Tél : 02.47.97.98.24 

Bernard Baudry, 9 Coteau de Sonnay, Cravant les Coteaux, 37500 Chinon. Tél : 02.47.93.15.79

Photo Christophe Roux.

samedi, 09 février 2008

Vin d'Anjou : tu m'enjoues!

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L'invitation au Salon des Vins de Loire à Angers (dimanche 3 février) aura été l'occasion de poursuivre la découverte de cette vaste région. Nulle autre, en effet, n'offre une palette de vins aussi riche : depuis l'Océan Atlantique et le muscadet, après un crochet par les fiefs vendéens, en passant par  l'Anjou, la Touraine, le Centre et jusque l'Auvergne, Roanne et le Forez, a-t-on assez d'une vie pour en faire le tour? Alors, si n'avoir qu'à traverser une simple allée pour passer de Quincy à Saumur manque de poésie, cela s'avère bien pratique. Et oui, je dois bien me rendre à l'évidence : on peut faire de très nobles découvertes, même dans les foires et les salons. Petit bilan des errances de VINSURVIN à Moquette sur Loire.

J.Y.-A. Lebreton, Domaine Des Rochelles. Anjou Villages Brissac, Les Millerits (rouge) : c'est d'abord la robe grenat sombre de ce 100% cabernet franc qui interpelle l'amateur. Puis le nez : puissant, complexe et typé. Un passage en carafe le sublimera encore plus. Un méli-mélo de fruits rouges et noirs très murs. Des notes assez viriles de réglisse et de tabac sont manifestes. De la richesse, du gras, mêlés à beaucoup de finesse. Je suis vraiment séduit par ce vin. Une fois de plus, le Vin m'a offert une expérience extraordinaire. Il me faut ce vin dans ma cave! Et aux Tupperwine, ça va de soi! Car vin que j'aime, vin tu goûteras!

J.Y.-A. Lebreton, Domaine des Rochelles. Anjou Villages Brissac, La Croix de Mission (rouge) : Parler autour de soi d'un vin qui nous a plu, émerveillé ou fait chavirer : telle devrait être la mission de tout bon français qui se respecte! Hors de question de faire une croix sur celui-ci. Voilà un nez bienfaisant : dans la veine des Millerits, il associe fruits noirs et rouges (mûre, sureau, fraise, cassis). Des notes de sous-bois subtilement réglissées. La bouche est suave, ample et grasse. Et quelle matière! De façon assez étonnante, ces deux vins me font un peu penser, par leur structure, par la richesse de leur chair et par l'association fruit/tabac, aux vins espagnols comme on les trouve en Castilla y Leon (comme Val de los Frailes).

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Marc Houtin- Julien Bresteau, La Grande Aux Belles, Anjou :

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Pink Fluid, Le Vin de jardin, 53, La Chaussée Rouge, Merci, Fragile... Mais de quoi s'agit-il? De vin gay? De vin de jardinier? De déménageur? "On n'a pas les terroirs, ni les structures pour faire des grands crus, alors on fait des vins qui nous ressemblent" me dit Marc, barbe de trois jours, cheveux longs et lunettes trendy. Sorte de Vincente Lizarazu sorti de son champs, Marc fait partie de ces jeunes artisans-vignerons très enthousiastes qui voient le vin comme un art. Pour preuve ces étiquettes faites maison et compètement décalées. Et croyez-moi, si le contenant a de la gueule, le contenu aussi. Des vins jeunes, fruités, d'entre potes, de soif, de fête, agréables, faciles à boire. Et fun! A part La Belle Adorée, un chenin blanc liquoreux qui vous coûtera 10€, vous ne trouverez rien au-dessus de 6,50€.

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Domaine Richou. Le chenin est un cépage incroyable. Un vrai caméléon. Sec, fruité et minéral? C'est un Savennières. Ou un Jasnières. Effervescent? C'est un Crémant de Loire. Liquoreux? C'est un Coteaux de l'Aubance (blanc)! C'est ce dernier que j'avais à coeur de goûter. Vous connaissez certainement les Monbazillac, les Sauternes, les Coteaux du Layon. Un bon Coteaux de l'Aubance est liquoreux mais pas écoeurant. Sucré mais pas mielleux. Est-ce dû à la spécificité du cépage, les blancs d'Anjou du Domaine Richou sont des vins intellectuels, comme le sont certainement grand nombre de blancs similaires de la région. La litanie des arômes est mécanique, précise et stimulante en bouche. S'expriment d'abord des notes de fruits. De fruits rouges. Et de fleurs blanche. Et de paille séchée. Vient ensuite l'acidité. Elle crée une sorte de transition, de pont, entre le fruit et le sucre avant que ce dernier ne vienne englober le tout, de façon discrète et progressive. L'acidité demeure ensuite, créant un subtil équilibre entre une sensation d'agrumes et de fruits exotiques. On marie ces vins avec des poissons grillés, des viandes blanches, des fromages. Mais, une douceur un dimanche après-midi ou en fin de soirée... (Vins dégustés : Les 3 Demoiselles, les Rogeries, La Sélection.)

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Domaine Jean-Pierre Bailly, Pouilly Fumé : les Coteaux du Giennois (vin rouge à base de pinot), les Pouilly sur Loire, les Pouilly Fumé (cépage sauvignon, blanc) de Monsieur Bailly et de son fils (et sa Cuvée Spéciale) offrent toujours autant de fraîcheur, de vivacité et d'équilibre. Faites l'expérience à l'apéritif ou sur des fruits de mer.

Pascal Janvier, Jasnières (blanc). Pascal Janvier, c'est du vintage 70's revisité. La première fois que je l'ai vu, j'ai cru qu'il était sorti du poster de l'AS Saint-Etienne qui prônait au-dessus de mon lit quand j'étais enfant. Pascal Janvier, c'est un mélange de Christian Lopez et de Patrick Révelli, avec du Audiard entre les dents. "Ah, mais, ché pas c'que j'fais là : j'ai rien à vendre! J'leur dis aux gars, moi, oh, oh, faut freiner là!" Un gars extra! Comme son vin. Son Jasnières est à tomber raide. La robe s'admire comme la pelouse de Jauffroy-Guichard. Le nez offre une symphonie de supporters en délire, la bouche est franche comme une frappe de Jean-Michel Larqué des 25 mètres. Et ça fait mouche! Jaaaanvier!

Domaine du Gué d'Orger, Savennières (blanc). Une rencontre impromptue. Un premier contact très favorable. Une dégustation que le manque de temps à écourter mais qui permit de se rendre compte que les premières impressions étaient très favorables. A regoûter dans de meilleures conditions.

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Pas de bourgeuil, pas de chinon : pas mes priorités. Pas de muscadet : j'ai bien essayé... Pas de gamay de Touraine : hors de question de faire des infidélités à Madame Percereau, de Limeray! Pas de Saumur-Champigny : j'ai rendu visite à Thierry Dézé, du Domaine de la Bessière, en chemin. Je vous en reparlerai quand j'aurai redégusté son vin... chez moi! Pas de Coteaux du Layon : j'ai plus un faible pour ceux de l'Aubance. Pas de fiefs vendéens : pas le temps, mais je vous recommande l'excellentissime Domaine Saint-Nicolas. Pas de Menetou-Salon, de Quincy, de Reuilly : je me réserve un petit périple sur place très prochainement... Pas tout ça, donc, mais beaucoup de plaisir à me retrouver avec des professionnels, disponibles, et manifestement intéressés à l'idée de participer aux Tupperwine. Affaire à suivre! En direct de Moquette sur Loire, c'était VINSURVIN

Le mail de la semaine.

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Pour ceux qui s'intéressent au vin d'un peu plus près, Emmanuel Delmas, c'est d'abord un grand sommelier. En témoigne un petit extrait de son riche parcours ci-dessous... Mais Emmanuel Delmas, c'est aussi la simplicité et la disponibilité pour les amoureux du vin. Qu'un sommelier avec un parcours aussi prestigieux laisse régulièrement des commentaires sur VINSURVIN, un site on-ne-peut-plus amateur, le prouve. Dernière gentillesse en date, ce message de félicitations laissé sur mon facebook, hier, vendredi 8 février. Il est vrai que j'avais quelque peu harcelé Emmanuel pour qu'il participe à un Tupperwine (fallait pas laisser des commentaires sur VINSURVIN!!). Très occupé, cela n'a pas été possible jusqu'à présent. Il se montre aujourd'hui près à nous rejoindre lors d'un prochain Tupperwine. C'est la fête. Merci Emmanuel! Et à très vite, alors!

 

Bonjour Fabrice,


Après Olif, voici Fabrice ! Bravo et sincères félicitations pour le Président...quelle responsabilité !

J'espère avoir la possibilité de pouvoir participer à un Tupperwine dès que je trouverai le temps. Nous aurons ainsi l'occasion d'échanger autour de vins.
Pour le 1er, j'étais parti à Montlouis quelques jours. Bonne excuse ! ,-() et preuves à l'appui avec les vidéos en ligne et d'autres à venir encore.

Continue d'alimenter ton blog comme tu le fais, et pense surtout à bien l'archiver.

A bientôt,

Emmanuel Delmas.

2000 AWARD OF EXCELLENCE WINE LIST du WINE SPECTATOR MAGAZINE
1998 TROPHEE RUINART DU MEILLEUR JEUNE SOMMELIER DE FRANCE (finaliste régional)

1996 Concours CHAPOUTIER du meilleur étudiant sommelier de France en vins et spiritueux, finaliste 4è place

 Commis sommelier chez Guy Savoy (3* Michelin) en 1997, à la Tour d'Argent (2* Michelin) en 1997-1998, sommelier chez Ducasse au Plaza Athénée (3* Michelin) en 2000-2001... 

Actuellement chef-sommelier au restaurant FOUQUET'S BARRIERE Champs Elysées.

10:50 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (4)

jeudi, 07 février 2008

Tupperwine 3.0 : première partie.

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Les heureux élus qui avaient décroché leur ticket pour le Super Tuesday de mardi dernier ont dégusté deux grands ambassadeurs, si l'en est, des vins de Loire. Au nord de la Loire : Saint-Nicolas de Bourgeuil. Au nord de la Vienne : Chinon. Des amateurs, souvent fort jeunes, participaient à leur première dégustation de vin, l'oeil gourmant, le nez souvent précis et la bouche en coeur! Récit d'une soirée dégustation dans une atmosphère détendue entre novices.

La Loire, c'est ce fleuve imposant qui vous fait osciller entre émerveillement, crainte et respect. La Loire, c'est une force tranquille qui, même les jours de pluie, lorsque le ciel bas et le fleuve épais ne font presque plus qu'un, dégage une lumière incomparable. Et puis, il y a la Vienne. Qui se jette dans la Loire, vers Montsureau. Mais pas à corps perdu. Au confluent des deux rivières, postez-vous sur les hauteurs du somptueux village de Candes-Saint-Martin et observez le phénomène. Les deux rivières multiplient les palettes de couleurs et il faut du temps avant qu'elles ne se fondent, densité des alluvions oblige. Là-haut, dans un champ parsemé de mille fleurs qui nous rappelle le bocage normand, c'est un paysage impressionniste qui s'offre à nos yeux. Bientôt, nourris des émotions ressenties face à eux, ces paysages referont surface dans notre esprit : lorsque nous examinerons des robes, humerons des bouquets et sirotterons moults nectars. 

Nous débutons la dégustations par les vins de David et Nathalie Drussé, deux jeunes et charmants vignerons de Saint-Nicolas de Bourgeuil. Leur caveau est facile à trouver, juste après Ingrandes-de-Touraine. Si vous avez de la chance (le vigneron est un homme très occupé), l'un des deux vous conduira dans leur cave troglodyte, en voiture. Un gruyère de tuffeau ou reposent des hectolitres de vin! A la pipette, vous goûterez le vin, directement issu du fût en bois... Leurs vins n'excèdent pas les 5,50€ et offrent un excellent rapport qualité/prix.

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Les Graviers, rosé, 2006.

Un nez réservé qui révèle des notes de fraises des bois. De la fraîcheur. Une bouche ronde, grasse et dominée par des notes de sous-bois. Entre 8 et 10°, ce rosé accompagnera des grillades et des charcuteries. 

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Les Graviers, rouge, 2006.

Une robe rubis soutenue. Un nez puissant et complexe de fruits rouges, frais et gourmands. Une bouche ample et grasse, sur des petits fruits rouges enrobés de tanins présents mais pas outranciers, qui se fondent délicatement. La bouche est d'une jolie longueur et la finale est poivrée. Un vin qui accompagnera à merveille une viande blanche. Premier rouge dégusté et l'impression est très favorable.  

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Les Graviers, rouge, 2004 (épuisé, comme le 2005).

C'est le moment de le boire! Robe grenat foncé aux reflets violacés. Un nez de fruits rouges mûrs. Un excellent millésime qui réprésente bien le travail des Drussé. Une bouche encore d'une belle attaque, grasse et riche. Du fruit, de la fraîcheur et des tanins bien fondus. Une jolie longueur, puissante et épicée. Il s'accorde avec la cuisine de tous les jours.

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Vieilles Vignes, rouge, 2005.

Le Vieilles Vignes séduit l'assemblée de dégustateurs en herbes par sa puissance et son nez de cerises, de cassis noirs. L'attaque est vive et nous conduit vers des notes de sous-bois et tabac. Boisé et minérale, elle est opulente et gracieuse. Beaucoup d'élagance habille ce vin. La finale est longue, sur la griotte. Accompagné d'une viande rouge grillée, l'accord sera délicieux. Un rapport prix/plaisir imbattable!

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Les Graviers, rouge, 2007 (en bouteille en mars 2008). 

Mis en bouteille par votre hôte dimanche dernier (désolé pour le bouchon un peu plié à l'intérieur!), ce 2007 est déroutant par la maturité qu'il présente. Sa robe est brillante et pourpre. Son nez regorge de petits fruits rouges acidulés. D'une jolie finesse, la bouche n'en est pas moins généreuse et bien structurée. Gouleyant, marqué par des arômes fruités, on boira rapidement ce vin entre amis cet été, un peu frais, à l'apéro, sur des charcuteries ou des salades. Comparé par la suite avec le 2006, je le trouve plus féminin et plus léger. Un vin  assurément prometteur.

Compte-rendu de la suite de la dégustation, les superbes Chinon de Bernard Baudry, dans la semaine! En attendant, on se délectera des impressions des Tupperwiners présents mardi dernier chez Julien et Damien, par commentaires sur VINSURVIN. Encore merci et David et Nathalie, pour leur envoi de (nombreux) échantillons. 

DRUSSE David et Nathalie. Vignerons indépendants. 1, impasse de la Villatte, 37140 ST NICOLAS DE BOURGUEIL. Tél. : 02 47 97 98 24 - Email : drusse@wanadoo.fr

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Un acceuil très chaleureux chez Julien et Damien, bien aidés par Julie!
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St-Nicolas de Bourgeuil 2006, à gauche, 2007, à droite.
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Chinon, Les Grézeaux, 2005
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Déguster, ce n'est pas que "boire". C'est faire appel à tous ses sens,
notamment l'olfactif.
Regardez comme ces amateurs réfléchissent aux arômes que dégagent le vin!
De vrais professionnels!
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VINSURVIN présentait fièrement le WINE BLOG TROPHY,
soigneusement ramené du Salon des Vin de Loire d'Angers!
 
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