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samedi, 08 mars 2008

Ballade-apéro-ballade-à table (BaBà)

medium_DSCF0036.JPGCe soir, c'est soirée BaBà. Le BaBà est un concept vieux comme le monde mais que nous négligeons encore trop, surtout lorsque, contrairement à moi, l'on possède une voiture. Le BaBà est né de cette fâcheuse manie qu'ont les parisiens d'arriver au restaurant à l'arrache. En d'autres termes, après une journée bien remplie, un saut à la maison et trois heures à tourner en rond pour trouver une place (pour ceux qui habitent Boulevard Voltaire et qui se rendent rue de la Roquette en voiture, ou qui considèrent qu'Avenue d'Italie-Butte aux Cailles, ça ne se fait pas à pied!), on a besoin de mettre tous les éléments de son côté pour bien débuter la soirée. Et surtout pour la finir puisque l'on trouvera au mieux une prune sur le pare-brise, au pire un sabot, pour stationnement gênant. Alors comment procéder?

Ta caisse au parking tu laisseras. 

D'abord, on ne va pas prendre sa "caisse"(objet roulant, bruyant, puant et polluant). On va prendre le métro. Voire un bus pour se rendre sur le premier lieu de rendez-vous. Vous allez voir: vous allez sortir de la bouche de métro et chercher une place pour vous garer avant de vous rendre compte que vous ne sortez pas de votre "caisse" mais d'une rame de métro, et que, accessoirement, il n'est pas besoin de garer le métro, il le fait tout seul. Résultat: un stress d'économisé. Maintenant, nous n'allons pas nous précipiter dans un restaurant! Il est bien trop tôt! Nous allons boire l'apéro dans un petit bar dans le quartier. Pour ce faire, il va falloir marcher un peu. "Quoi, marcher? On peut pas aller en caisse?". Finalement vous vous laissez gagner par le calme de cette rue et par le bien-être que procure cette petite ballade. "Ca a l'air sympa le quartier! Cool cette petite rue bordée de maisons: ça existe ça à Paris?" Effectivement, dans votre "caisse", difficile de voir quoi que ce soit - occupé que vous êtes à chercher une place et à vous détendre sur le gros c... qu'avance à rien devant. L'apéro s'est très bien  passé dans ce petit troquet aux airs de province. Maintenant, direction le restaurant! "On prend la caisse?" Vous avez encore des réflexes d'automobiliste. C'est tout à fait normal. Figurez-vous que le restaurant n'est qu'à un quart d'heure à pied. "Put..., ça fait ch..., c'est super loin 1/4 d'heure, ça peut prendre une heure si y'a des embouteillages." N'ayez crainte. Cela n'existe pas dans le monde des marcheurs. "Waoh, comment c'est paisible ici! Ca change du périf!" On est arrivé! "Déjà?". Vous allez pouvoir passer à table sans être rongé par ces douloureuses questions qui vous taraudent du genre "Est-ce que j'ai bien fermé ma caisse?" "J'espère que je vais pas me la faire voler", "Oh, c'est pas vrai, je suis sûr que je suis garé sur une  place pour handicapés." Passablement éméché en sortant du restaurant, vous commencez à chercher votre voiture avec laquelle, évidemment vous allez rentrer. "Et m..., ch'uis garé où?" Le métro va vous ramener, vous allez composer le code en bas de chez vous, vous glisser dans l'ascenceur, puis dans votre lit. Sans avoir eu à tourner trois heures pour trouver une place autour de votre immeuble arrondissement. Vous aurez fait une soirée BaBà et pas une seule fois ne l'aurez eu dedans car c'est là tout le principe de la soirée BaBà, dire bye-bye aux tracas habituels.

medium_poncet-07.jpgExemple de parcours Babà un dimanche en fin d'après-midi. On peut de passer de la première étape ce soir.

- Arrivée métro Père Lachaise. Déambuler. Se rendre sur la tombe d'Oscar Wilde (Avenue Carette). Par exemple.

- Remonter le Boulevard de Ménilmontant jusqu'au bistrot "Les Lucioles" (102, bld de Ménilmontant). Pause.

- Continuer la remontée du boulevard en direction de celui de Belleville, jusque la station "Couronnes". Prendre à gauche, rue Jean-Pierre Timbaud. Apprécier les librairies coraniques. En approchant de la rue Saint-Maur, repérer les restaurants et se laisser tenter. Exemple: Juan et Juanita (au 82). Un mélange des genres original.  Un endroit très relax. Et côté cuisine, on prend son pied.

Rediffusion. Note parue le 15.09.2006.

vendredi, 07 mars 2008

Tupper'Quiz

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Saisi dernièrement par la crainte de ne pas trouver de boutiques pour déguster de bons petits vin de France et de Navarre, VINSURVIN a eu la joie de vendanger cette semaine. Et la récolte fut bonne. Le milésime 4.0, qui se déroulera le 11 mars prochain chez le roi du gigot d'agneau de sept heures à Paris, se présente sous les meilleurs auspices, de même que les prochains millésimes, techniques modernes oblige, ne devraient pas être piqués des hannetons non plus. 

Mon prochain roman. Cela devient un rite immuable : les conditions d'inscription au prochain Tupperwine ont un agréable arôme de violette, de fraise des bois et de sous-bois, même de mon 6ème étage parisien. De même que  votre humble serviteur doit bien avouer que la préparation d'un Tupperwine a quelquechose de magique et d'excitant. En même temps, c'est parfois un peu le stress que de ne pas savoir où il se déroulera. Tupperwine : dégustations anxiogènes sera d'ailleurs le titre de mon  prochain roman, à paraître aux Editions Dubois. Trouver un lieu où goûter le meilleur des vins de France, voilà qui relève parfois de l'impossible. Souvenez-vous que le 3.0 avait bien failli se dérouler dans une laverie automatique avant qu'Arno ne suggère son 110m2 (excusez du peu) dans le 10ème. Certes, nous fûmes acceuillis dans la cuisine... qui faisait, elle, la taille de mon appartement.

Rendre à César. A m'écouter, les prochains Tupperwine se dérouleraient dans les catacombes, sur les toits de Paris, au Père Lachaise, au bout de l'Ile de la Cité, sous un tunnel de la petite ceinture (facile d'accès par les Buttes Chaumont), au sommet de Notre-Dame ou de la Tour Eiffel, dans les Arènes de Lutèce, dans une station de métro désaffectée, j'en passe et des meilleures. Pourquoi de tels lieus? Pour leur côté insolite et riche d'Histoire, évidemment. Pour rendre à César ce qui appartient à César, obligatoirement.

J'ai rendez-vous avec Verlaine. Dans la même veine, je n'ai pas trouvé mieux, mais je n'ai pas trouvé pire, loin de là, puisqu'après l'excellent restaurant aveyronnais qui a la délicate attention de nous acceuillir mardi 11 mars, les prochains Tupperwine se dérouleront chez deux sympathiques libraires situés au pied des vignes de Montmartre. Puis nous dégusterons entourés d'oeuvres impressionnistes (mais pas impressionnantes), dans une galerie d'art à 12m du Sacré Coeur, en mai. Une autre galerie célébrant le street art en plein coeur de Saint-Germain des Prés s'est montré très intéressée pour acceuillir un Tupper'art en juin. Je kiffe pour une autre, rue de Seine. Wait and see. L'âme de Léo Ferré planera vraisemblablement au-dessus de nos verres : J'habite à Saint-Germain-des-Prés, Et chaque soir j'ai rendez-vous, Avec Verlaine. Ce vieux Pierrot n'a pas changé, Et pour courir le guilledou, Près de la Seine, Souvent on est flanqué, D'Apollinaire.

Demandez le programme! Au programme de ce Tupperwine 4.0, des vins du sud de la France, du Var pour être plus précis. Du blanc, du rosé, du rouge, il y en aura de toutes les couleurs. N'exagérons rien, mais j'ai lu récemment que les vins du Château Thuerry sont des grands vins de Provence marriant avec une grande efficacité l’audace, pour leurs assemblages très originaux, et la finesse, pour le plaisir gustatif qu’ils génèrent. C'est vrai qu'outre le fait que je fus séduit lorsque je découvris ce vin (et ce cégage rolle), il va de soi que je ne vous proposerai jamais un vulgaire grand vin de B. lors d'un Tupperwine, ou un produit élaboré dans les laboratoires de certains marchands de sirop de raisin boisé et vanillé, non, mais, mon cher, c'est une gallégeade? 

Pour participer aux prochains Tupperwine, rien de plus simple : il vous suffit, en toute courtoisie, et par commentaire, de répondre à ce quiz hyper difficile (ex : 1A ; 2C ; 3B ; etc...). Mine de rien, ces dégustations sont quand même réservées à des intellos. Merci également de laisser un mail valide afin que je puisse vous envoyer votre invitation, le cas échéant. Enfin, auriez-vous la gentillesse de me prévenir par mail vinsurvin2020@yahoo.com, dans la mesure du possible, si toutes fois vous aviez un empêchement? Et ce, afin de libérer de la place ; quatre gagnants ne s'étant pas déplacés la dernière fois... Clôture du quiz : lundi 10 mars, 19hOO. Seront sélectionnés Les 10 premiers gagnants.  Bon quiz et bonne chance!

1. Le vendangeur a un travail : A. mensuel ; B. saisonnier ; C. quotidien ?

2. Le beaujoias est fait à partir du cépage : A. gamay ; B. pinot ; C. merlot ; D. cabernet ?

3. L'élevage minimum du vin jaune est de : A. 4 ans ; B. 6 ans ; C. 8 ans ? 

4. A l'analyse gustative, la rétro-olfaction détermine et affine : A. les arômes ; B. les saveurs ; C. la robe ?

5. Avec du raisin noir, on peut faire : A. du vin blanc ; B. du vin blanc ou du vin rosé ; C. du vin blanc, du vin rosé ou du vin rouge ?   

NB : ce quiz est tiré du Grand QCM du Vin, par Kilien Stengel, aux Editions Dunod.

jeudi, 06 mars 2008

Comment j'ai remplacé le fumoir du lycée par un buvoir.

medium_nonfumeur.jpgInterdire la cigarette dans les lieus publics, c'est bien. Pensez-vous, lorsqu'on a arrêté de fumer un paquet de marlboro light par jour voilà trois ans (et quatre mois), on a l'impression que (pour une fois) la société se met de votre côté. Alors, ce n'est pas sans une certaine émotion que j'ai fait mes premiers pas dans l'ancien fumoir jeudi à 10h00. Quand je suis entré dans ce qu'il convient d'appeler à présent la nouvelle salle des profs, une joie non dissimulée règnait dans ce lieu. Des "ah, on respire à présent!" et des "Ah bah ça change!" ne cessaient de ponctuer les vas et les viens des uns et des autres. Fenêtres ouvertes, bien que dans une salle petite, exigüe et bas de plafond, on s'accomodait bien de deux, trois clopes. Mais l'effet pot d'échappement jouait à plein notamment le midi lorsque le nombre de fumeurs dépassaient... les bornes.  

Produit de substitution. Arriva alors la première pause déjeuner sans tabac. Les discussions autour du bon air retrouvé battaient leur plein (bien que, contaminée à ce point, cette salle devrait demeurer cancérigène pendant quelque dix bonnes années encore). Les fumeurs, priés de l'écraser, nous avaient carrément quitté pour consummer sur le trottoir. Mais, point de  triomphalisme  dithyrambique. Point de satisfaction dans ce qui ressemble aussi à une certaine forme de ségrégation. L'ancienne salle fumeur n'était pas devenue plus conviviale. Moins animée non plus, comme on a pu l'entendre ou le lire çà et là. Mais il est vrai que les collègues tabacco-dépendants manquaient à l'appel. Il fallait faire quelquechose pour les faire revenir. Trouver un produit de substitution en quelque sorte.

Salle Margot. C'est alors que me vint une réflexion. Pourquoi ne pas remplacer la salle mégot, par la salle margot? Ou bistrot? Ni une ni deux, tous les collègues alentour adhérèrent au projet. Il faut dire que (comme par hasard), ces derniers sont tous des amateurs de vin! Quelle chance! On ne trouve pas cela dans tous les lycées! Après cotisation générale (et avant la tournée du même nom), on me chargea (encore bibi comme par hasard) de faire le tour du vignoble français et de faire livrer quelques flacons pour le lendemain, vendredi 02 février. Des collègues proposèrent d'agrémenter le bistrot de posters glanés au gré de leur périples oenophiles. D'autres se rendirent chez des amis cavistes et cafetiers afin de récolter quelques verres. Hors de question de consommer dans des gobelets en plastique! Quelqu'un eut un mauvais réflexe: "J'peux avoir des cendriers!"

De si jolis sourires. Vendredi matin, vers onze heures. Le bistrot était fin prêt! Rutilant, acceuillant, chaleureux et surtout convivial. Nous l'appelâmes VINSURVIN! A midi la salle était comble! Néo-non-fumeurs, sevrés, non-fumeurs, personnel de l'administration, élèves majeurs... ils étaient tous là! Pour la première, j'avais proposé que chaque discipline se verrait attribuer "sa" région viticole. Du côté des langues, l'Allemagne eut l'Alscace (mais pas la Loraine), les anglo-saxons la Californie (sans son gouverneur), les espagnols la Ribeira del Dureo bien que certains eurent préféré l'Argentine ou le Chili. Les historiens écopèrent de la Loire et ses chateaux, les profs de français d'un bon bordeaux, les SVT d'un vin bio. Les maths apprécièrent leur 13°, la physique-chimie dégusta un mousseux et les profs d'économie se partagèrent un bag-in-box pour son rapport qualité-prix. Au final, les profs de sport (branchés rugby) héritèrent de l'Australie. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu tous ces garants du savoir et de la culture arborer de si jolis sourires, malgré tous les signes d'amitié, de reconnaissance et de respect que la société française et ses candidats à la présidentielle (surtout sa candidate) lui adressent actuellement. "Travailler trente cinq heures?" entendis-je, "cela ne sera jamais assez pour boire tout ça!" La pause déjeuner battait son plein et l'idée du bar à vin faisait un tabac. Mais une inquiétude me vint soudainement: mes collègues ne risquaient-ils pas de voir rouge en classe cet après-midi? 

Rediffusion. Note parue le 03.02.2007

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"Alors, tu la trouves comment la 2nde 6 cette année?" "Depuis le 02 février: nettement mieux!" 

mercredi, 05 mars 2008

Vin: un goût féminin?

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Ntsiki Biyela est la première femme noire oenologue d'Afrique du Sud

Des viticultrices? Des femmes cavistes? Des femmes oenologues? Rien de nouveau dans tout cela. Même s'il reste à inventer les termes féminins. On trouve effectivement aujourd'hui pléthore de femmes à la tête de nombreux domaines de France et de Navarre. Sur ce blog, vous trouverez des références à Cathy Cros (Montpeyroux, Languedoc), Nathalie Drussé (Saint-Nicolas de Bourgeuil, Loire) ou encore à Nathalie Omasson (Bourgeuil, Loire), sans compter l'influence des épouses des différents vignerons mentionnés sur vinsurvin! Il est toujours très intéressant de se rendre dans le domaine d'une de ces aficionadas et de les écouter nous conter leur philosophie et la vision qu'elle se font du vin et de leur vin. Même si les termes techniques restent les termes techniques, les mots employés pour qualifier l'esprit insufflé à leurs productions ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux empruntés par les hommes. On ne saurait évoquer une dialectique féminine à proprement parler. Mais lorsqu'arrive le moment de poser des mots et des images sur ce gamay que l'on déguste ou ce cabernet fraîchement ouvert, l'imaginaire féminin emprunte d'abord à la pudeur, à la réserve, pour laisser place à un univers presque maternel. La vigne qui donne le vin n'est-elle pas un mot féminin? 

Femmes des villes et femmes des champs. Nombreuses aujourd'hui sont donc ces femmes devenues de redoutables amateurs de vin. Avant de réfléchir sur les oenofilles, il est intéressant de constater que la présence de femmes derrière les comptoirs des cavistes tels que Nicolas ou Lavinia se fait de plus en plus récurente. La dernière m'ayant conseillé tient une très jolie épicerie italienne rue Legendre dans le 17ème, non loin d'ailleurs de l'épicerie espagnole SOL & VINO. Cette jeune dame m'a parlé des vins italiens avec la sensibilité  de ceux qui aiment leur pays. Je quittai ces lieus munis de deux jolis flacons du sud: Abbruzes et Pouilles. Le spécialiste (à mon goût) des vins espagnols au Lavinia du Boulevard de la Madeleine est une spécialiste: une petite bonne femme à l'accent du sud-ouest qui sait de quoi elle parle. Combien de bodegas ne m'a-t-elle fait découvrir dont les arômes et les tanins sont désormais ancrés dans ma fiche génético-vinicole. Les femmes ont-elles une approche du vin différente de celles des hommes? Pas certain. On lit çà et là qu'il semble que la gent féminine soit séduite par des vins subtils, porteurs d’une palette aromatique complexe, de tannins fondus et d’une structure souple, et que ces messieurs préfèrent le registre plus percutant de la puissance et l’expression d’une matière plus dense. Certes, certains vins corpulents, charpentés, vineux trouveront plus d'échos chez les hommes comme les blancs liquoreux ou ronds séduiront plus les femmes, mais comme dans de nombreux domaines, les stéréotypes vont bon train sur la question. En tous cas, ce superbe Val de los Frailes de la Castilla y Leon eut le même effet sur les hommes que sur les femmes le week-end dernier!

En Afrique du Sud, les métiers du vin ont longtemps été réservés aux blancs et majoritairement aux hommes. Aujourd'hui, même si les femmes sont encore peu représentées dans le monde du vin, les choses évoluent, notamment grâce à aux programmes de discrimination positive. Aussi, le fait qu'une femme noire soit parvenue à s'imposer dans ce milieu très fermé ne passe pas inaperçu. Agé de trente ans, Ntsiki Biyela (photos) est la première femme noire oenologue d'Afrique du Sud. La seule femme noire oenologue au monde! Issue d'une famille pauvre, la juen femme n'en est pas moins bonne élève, ce qui lui permet d'obtenir une bourse d'études de la compagnie aérienne South Africa Airways. Ce financement lui permet alors de suivre des études universitaires en oenologie à Stellenbosch, en plein coeur des vignobles de Cap Town.Par la suite, elle devient maître de chai du vignoble Stellekaya. Désormais, elle milite pour une plus grande démocratisation du vin au pays de Nelson Madella.

 

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Première parution le 06.02.2007.

Photo 1 : AFP. Trouvable également sur http://www.daylife.com/topic/Stellenbosch/photos/all/1

Photo 2 : www.stellekeya.com 

lundi, 03 mars 2008

Quel vin le premier soir?

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Moi and Jennifer, Monte Carlo, 1974.

The bottle inoubliable. Mon expérience, non négligeable, en matière de plantes (que sont les vignes), ajoutée à mes 36 années de bouteille, me permettent aujourd'hui d'avoir un regard considérablement alambiqué sur le flacon: sa forme, sa robe, son parfum n'ont plus de secret pour votre serviteur. Alors, si le premier dîner avec l'être cher se doit d'être impeccable, il ne saurait être parfait sans la bouteille (the bottle) qui fera de votre première soirée en tête à tête un moment inoubliable.

"Oh, John, dear, this wine is marvelous."

"I know, darling, I chose it specially for me." 

Séduites par des vins aromatiques. Vinsurvin nous indiquait récemment que les vins prisés par les femmes seraient subtils, porteurs d’une palette aromatique complexe, de tannins fondus et d’une structure souple. Une certaine Isabelle Forêt (oenologue) considère que comme les femmes ont un nez plus développé que les hommes, elles sont plus séduites par des vins très aromatiques, flatteurs; des vins de plaisir immédiat, qui ont des tannins veloutés et soyeux en bouche et une belle persistance fruitée. Intéressant. Problème de ces vins flatteurs:  en bouche, ils nous font vite déchanter. En outre, le vin doit-il se limiter à une "palette aromatique"? Le vin ne doit-il faire appel qu'aux sens? N'est-il pas aussi une invitation au rêve et au voyage? L'espagne, l'Italie, l'Argentine, la Californie! Ainsi la combinaison arômes fruités / pays du sud ne peuvent-ils pas conduire au plaisir? La question est posée.

"Oh, John, this red wine gives me the impression of being in Venice or Barcelona!"

"Yes, bien que we are only in la Garenne-Colombes, my love."

Battre la chamade. Après ces quelques réflexions, il semble qu'un très bon vin du Languedoc puisse correspondre à l'être tant prisée. Mais si le Languedoc est une terre exceptionnelle de beauté, de parfums et d'émotions, ils ne répondent pas intrinsèquement au critère "tannins veloutés ou fondus". Ils peuvent s'avérer un peu trop francs pour une première soirée. Le deuxième soir, par contre... De fait, en l'état actuel des choses, j'opterais sans hésiter une seconde pour un vin espagnol. Veloutés, élégants, soyeux, mais non dénués de personnalité et de virilité, ils sauront s'adresser subtilement à l'inconscient de celle qui battre la chamade votre coeur fait. Je pense de fait à un vin qui se voit abondamment vanter sur vinsurvin: VAL DE LOS FRAILES de la région Castilla y Leon. Cependant un SANGRE DEL TORO, de Cataluna (Bodega Torres) convaincra votre héroïne.

"Oh, John, take me in your arms!"

"I would love to, but you know I lost my right arm at the war in Bosnia."

Voilà, si après dégustation de telles merveilles les choses devaient tourner au vinaigre, la rédaction ne saurait être responsable des dommages inhérents aux échecs de ses lecteurs.

Le semaine prochaine: quel vin pour rompre?

Rediffusion. Première parution le 14.02.2007.

samedi, 01 mars 2008

La décision que je n'ai pu prendre.

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VINSURVIN EST EN VACANCES. DIEU MERCI, J'AI FINI PAR TROUVER LE SEUL CAFE INTERNET DANS CES MONTAGNES PYRENEENNES. IL FAUT DIRE QU'IL ETAIT BIEN CACHE. INUTLE DE VOUS DIRE QUE VOTRE HUMBLE SERVITEUR SE REGALE AVEC LES VINS DU SUD-OUEST... JE SUIS TOMBE SUR UN PECHARMANT !!! SANS COMPTER CE PETIT COTES DE SAINT-MONT. COMPTE-RENDU A LA RENTREE !

N'OUBLIEZ PAS LE PROCHAIN TUPPERWINE DU 11 MARS 2008 ET LE QUIZ QUI VOUS PERMETTRA DE DECROCHER UNE INVITATION. C'EST LES VACANCES, ALORS JE VOUS PROPOSE UNE REDIFFUSION D'UNE PETITE NOUVELLE FAITE-MAISON. ET PUIS, IL Y A DE QUOI LIRE PAR AILLEURS!  A TRES BIENTOT.

    L'heure était grave. J'en aurais tiré les rideaux, fermé les volets, mis les drapeaux en berne tant un séisme s'apprêtait à bouleverser ma vie. Simple évolution chimique ou vrai désir de changement, j'étais en train de devenir différent. Ou complètement fou. Déraisonnable. Ou psychotique. En tous cas, je m'apprêtais à prendre une terrible décision.

   Voilà longtemps que l'idée germait, que je me disais franchement ce serait mieux comme ça. Réfléchis, la vie ne serait pas pire, tu ne t'en porterais que mieux. Bien sûr, au début tu éprouverais quelques difficultés, mais avec le temps... Et puis tel un Jack the Beanstalk, le projet mûrit, l'objectif germa. Et la sentence tomba, un beau matin, au levé du lit, comme ça, soudainement. Sur le coup cela me surprit  un peu. Je m'étais déjà senti capable de grandes décisions, de prises de position franches et définitives (comme débarrasser la table ou descendre les poubelles une fois par semaine) mais cette attitude radicale ne ressemblait pas aux traits de caractère que l'on m'attribue volontier. Non, c'est vrai, je suis plutôt du style consensuel, diplomate, souple. Empreint d'un caractère certes affirmé, trempé même à bien des égards, je suis d'une tendance vigoureusement nonchalente, voire énergiquement flegmatique- par déformation professionnelle certainement. Peut-être finalement avais-je trop abusé. Peut-être avais-je accumulé un certain nombre de signaux forts qui devaient un jour resurgir, comme ça, un matin, à 6h50, au son de France Info.

   J'essayai de m'interroger sur cet état de fait, sur cette transformation, pour ne pas dire, cette mutation. Vers Dorothée, ma femme, je me tournai.

   "Mais oui, c'est ça, et demain tu y reviendras. Tu en es tout simplement incapable!" me dit-elle, l'air circonspect.

Je consultai un ami passé par cette phase voilà quelque temps et son verdict fut sans appel:

   "Ce n'est pas une décision facile, c'est certain," m'avoua cet ami fidèle," mais si tu sens que c'est le moment, il ne faut pas hésiter. Ceci dit, je suis assez surpris que cela te prenne à l'âge que tu as. Peut-être faudrait-il que tu prennes conseil auprès de ton médecin?"

   L'idée m'avait effleuré l'esprit mais les mots prodigués par un ami (ayant vécu le même syndrome qui plus est) me confirmèrent dans l'idée qu'il fallait effectivement que je me penchât sur la question plus en profondeur.

   "Ecoutez, pour ne rien vous cacher, il est vrai que vous commencez un peu tôt. Je n'y vois pas pour autant de signes avant-coureurs de quelconque traumatisme symptomatique d'un dérèglement psychomatique. Bien au contraire..." analysa le Dr Chardonnet. 

   "Vous me rassurez, docteur!" l'interrompai-je avant qu'il ne poursuive.

   "Cependant, je préférerais que vous fassiez des examens complémentaires." Ces derniers ne donnèrent rien et mon médecin traitant ne vit pas d'inconvénients à ce que j'appliquât mon plan.

   Le premier week-end ne fut pas facile mais je parvins à combler ce léger manque par des substitutions très convaincantes. Je ne remplaçai pas un élément par un autre, loin de là, mais je sus je pense ouvrir les yeux sur des apsects gustatifs de la vie que j'avais négligés, voire méprisés, jusqu'à présent. Ma femme ne me regarda pas d'un si bon oeil et finit par me dire qu'elle se sentait un peu inquiète. Au fil des semaines, elle me trouva différent. Pas mieux, pas pire. Simplement, différent.

   Un mardi soir, après que nous eûmes accompagné nos convives sur le pas de la porte, Dorothée se tourna vers moi et me dit d'un air grave:

   "Il faut qu'on parle. Ca ne peut pas durer comme ça."

   "Mais bien sûr ma chérie, de quoi s'agit-il?" lui demandai-je l'air inquiet mais ayant toute fois une vague idée du sujet qu'elle s'apprêtait à aborder.

   "Ecoute, depuis que tu as pris cette décision, je te l'ai déjà dit, je te trouve..."

   "Différent." l'interrompis-je d'un ton affirmatif.

   "Différent. Je te trouve, je ne sais pas, comme habité par une certaine mélancolie. Les dîners entre amis manquent de cette patte qui était la tiennne lorsque l'avant repas était ponctué de ce rite immuable." confia-t-elle un peu désabusée.

   "Mais, écoute, laisse moi un peu le temps de m'adapter, de m'accoutumer à ces nouveaux usages." rétorquai-je.

   "Je ne suis pas certaine que cela te convienne et que cela soit une bonne chose pour ta santé et pour notre vie sociale." argumenta-t-elle.

   Cette conversation revint sur le tapis à plusieurs reprises non seulement entre moi et ma femme mais également dans la bouche de mes amis les plus proches. Je sentais en effet que Dorothée se faisait de plus en plus vindicative et que mes amis tendaient à décliner mes invitations de plus en plus régulièrement. Je dus donc bien me rendre à l'évidence et revenir sur ma décision. Ce ne fut pas une chose facile. Je me voyais face à un vrai dilemne: m'enferrer dans mon jusqu'au-boutisme au risque de perdre mes amis - voire ma femme - ou m'assouplir et revenir sur un aspect de ma vie sociale qui, il est vrai, avait jusque là suscité bien des polémiques. Ma tête et mes jambes m'en tiendraient certainement rigueur: c'est pour elles que j'avais pris cette décision. Elles qui m'avaient parfois fait tant souffrir les lendemains de "bouffes" entre copains ou de diverses fêtes en famille.  Migraines et crampes, en effet, agrémentaient souvent les petits déjeuners, et les longues heures qui les suivaient. Elles furent de fait les facteurs déclenchant.  Cependant, je dois avouer que  j'étais nostalgique de ces parfums, ces arômes et ces découvertes sans cesse renouvelées que mon ancienne vie me procurait. Ma décision était prise, j'allais revenir sur ma décision!

   Je décidai alors d'organiser un grand dîner pour fêter la nouvelle. Et de remettre à table l'élément qui avait suscité tant de controverses: le vin.   

 

mercredi, 27 février 2008

Viens chez moi, je déguste chez une copine.

 

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VINSURVIN prospecte à la recherche de lieus chaleureux susceptibles d'acceuillir les Tupperwine, ces dégustations de vins de vignerons, entre lecteurs de VINSURVIN. Entre les Batignolles, la Place du Tertre, Saint-Germain des Prés, le 14ème, le 20ème, etc... VINSURVIN oeuvre pour que ses chers lecteurs, et ses chères lectrices, dégustent le meilleur du vin français dans les meilleures conditions. VINSURVIN cherche des lieus chaleureux, intimistes et originaux (une terrasse avec vue sur le tout-Paris est recherchée!!!) : passez le message à votre caviste, à votre bouquiniste, votre patron, votre meilleure amie, votre grand-mère, que sais-je, afin que perdure la tradition des mythiques Tupperwine! Bien sûr, les vignerons et les vigneronnes désireux de faire découvrir leur vin à des amateurs parisiens (et ziennes) sont invités à me mailer à VINSURVIN2020@yahoo.com. Demain, les modalités d'inscription du prochain Tupperwine!

LES DATES EN 2OO8 :

lundi 7 janvier P Daniel-Etienne Defaix, Chablis, à l'Hardi Vin, Paris 17.

mardi 5 février P Saint-Nicolas de Bourgueil (D. Drussé) et Chinon

(B. Baudry), chez des lecteurs!

mardi 11 mars P Des Coteaux Varois, du Domaine Thuerry, à l'Assiette Aveyronnaise, Paris I.

mardi 8 avril : Contraste Est-Ouest : Domaine Mathias, Pouilly Fuissé & Clos Troteligotte, Cahors.

Dans une librairie, à Paris.

mardi 13 mai : Vincent Laroche, Domaine de La Meulière, Chablis. Dans une galerie d'art, à Paris.

mardi 10 juin : SURPRISE !!! Mesdames, tenez-vous prêtes...

mardi 8 juillet :  Petit meurtre entre amis : des Vins de Pays Ardéchois, Château de la Selve.

mardi 5 août : Tupperpiknik dans un square parisien. Vins de soif ! La Loire?

mardi 9 septembre : Rentrée des classes. Interro, dégustation à l’aveugle.

mardi 7 octobre : Chateau d'Agel, Minervois.

mardi 4 novembre

mardi 2 décembre

LES IMPRESSIONS DES DEGUSTATEURS

TUPPERWINE 3.0

TUPPERWINE 2.0

A Paris,  Fabrice Le Glatin est une des personnalités des plus dynamiques sur le net avec son blog VINSURVIN et son club TUPPERWINE. Il regroupe un club d’œnophiles fins connaisseurs  et bloggeurs à leurs heures. Il a organisé un Super Tupperwine en l’honneur des Chablis Daniel-Etienne Defaix pour commencer l’année 2008. Pour lire l’article et pour les rejoindre  faire un clic sur : http://vinsurvin.20minutes-blogs.fr/archive/2008/01/08/re...

Daniel-Etienne Defaix, alias "Monsieur" Chablis. 

Laviniattitude En Désuétude (suite).

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Suite à l'article du 15 février dernier, intitulé ma laviniatittude tombe en désuétude, dont vous n'aurez pas manqué les nombreuses réactions  et commentaires sur VINSURVIN, j'ai reçu un e-mail de M. Branchereau, directeur général de Lavinia. N'ayant pas reçu de commentaires de ce dernier sur VINSURVIN, chose assez étrange d'ailleurs dans cette société de communication que de ne pas se prévaloir d'un droit de réponse et d'un recentrage, j'aimerais vous soumettre les échanges que nous avons entretenus. Au risque de croire que je me charge de la "com" de Lavinia.

Mail N° 1 de M. Branchereau, le 22.02.08 :

Cher Monsieur,
Après avoir lu attentivement votre article "Ma Laviniattitude" je serais heureux de pouvoir en discuter autour d'un déjeuner dans notre magasin de la Madeleine
Dans l'attente de vos nouvelles
Y Branchereau

Directeur Général de LAVINIACher Monsieur,

Réponse de VINSURVIN, le 22.02.08 :

J'ai bien pris note de votre invitation, et je vous en remercie. Malheureusement, je ne pourrai l'honorer, pour des raisons purement éthiques.

(...) J'ai ressenti le besoin d'écrire cette note en arrivant chez moi, après mes achats chez Lavinia, tant j'étais affligé par le moment que je venais d'y passer : accueil, service, notamment, étant très loins de mes attentes.

Cependant, je serais ravi de m'entretenir avec vous dans un bar à vin parisien, afin de poursuivre cet échange avec vous.

Sincères et oenophiles salutations,
Fabrice Le Glatin.
PS : il va de soi que je vous invite vivement à vous exprimer sur VINSURVIN, en laissant un commentaire, une réaction à cet article.
.
Mail n°2 de M. Branchereau (en français dans le texte), le 22.02.08 :

Cher Monsieur,

Je vous remercie pour votre réponse, je ne suis pas froisser par vos commentaires. Je comprends que l'attitude de plusieurs collaborateurs LAVINIA ont été très désagréables à votre encontre et je tiens à m'en excuser. Nous ne tenons pas à faire fuir nos clients.

L'objectif de Lavinia est de s'améliorer et surtout de défendre le VIN, pour cela j'aimerais m'entretenir avec vous pour discuter de votre perception de notre métier. A LAVINIA dans notre bar à vin ou dans un autre lieu, comme vous le souhaitez, je vous laisse mes coordonnées téléphoniques 01 42 (...).
Sincères salutations

Y Branchereau.

 
Voilà, on en est là à ce jour. Toujours pas  de commentaires de M. Branchereau sur VINSURVIN. Quand à une éventuelle rencontre, elle reste d'actualité. CQFD.

mardi, 26 février 2008

Vin de cépage à la page.

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Stratégie marketing, phénomène de mode ou signe des temps, la mode est aux vins de cépage. Les merlots, cabernets et autres sauvignons fleurissent dans les rayons comme les 4x4 dans Paris. Les marchands de vins seraient-ils donc pris d'une soudaine envie d'éduquer les français aux types de vignes qu'ils trouveront dans leurs verres ou s'agit-il d'une simple politique au rabais visant à semer le trouble sur l'origine même des vins?

L'idée de mettre en avant le type de vigne au détriment du village ou de la région semble donc faire son chemin, notamment parmi les adeptes de la pensée facile (1), voire de l'aseptisation cérébrale. Ca y est, la mode du vin de cépage est bel et bien lancée. Le magasin Nicolas a sorti récemment la gamme Grains de Cépage. Ne pas confondre avec des maillots de bains ou des crêmes solaires. Visuel attrayant, palettes de couleur évoquant le vin, conseils dégustations : la nouvelle collection Nicolas a tout pour plaire. Considérant que le vin n'est pas immuable et qu'il n'y a pas de raison qu'il ne subisse pas non plus les effets de mode (ni les fluctuations de la bourse, ndlr), le-magasin-d'en-bas-de-chez-nous pousse même le bouchon jusqu'à parler d'évolution. Une confusion lexicale qui ne cache pas le fait que le changement ne va pas forcément dans le bon sens.  

Fumer du vin tue. Le catalogue printemps-été de Nicolas nous décline donc toute une gamme de cépages à assortir (avec votre nappe ou votre chemisier, ndlr) en toute saison, le tout, accompagné de leçons sur le caractère de ces cépages. Le cabernet sauvignon est souple et charnu, il développe des arômes de cassis et de mûre. Il faut que je contacte David Drussé pour lui dire que son Saint-Nicolas de Bourgeuil n'est pas fait à partir d'un vrai cabernet-sauvignon. En effet, le sien est gras et ample et il développe des arômes de fruits rouges et de tabac. Mais dites aux consommateurs qu'un vin peut présenter des notes de tabac, vous! Surtout aux anciens fumeurs ("Tu refumes?!" "Ouais, j'ai repris depuis que je bois du cabernet de chez Drussé. Du coup, je le poursuis en justice : la mention "fumer du vin tue" n'apparaissait pas sur ses étiquettes").

Jeunisme. Le catalogue ne redoute aucun cliché (Le gamay est fruité et léger, aux arômes de violette et de fraise, il est d'une grande fraîcheur.), de tels commentaires confèrant au clonage et au formatage. Mais je prends Nico au mot : si je ne trouve pas ces arômes dans un gamay made in Nicolas, je demande remboursement et je le poursuis en justice! En effet, la mention "Nicolas ne garantit pas la présence systématique des arômes mentionnés dans le catalogue" devrait apparaître sur les flacons! En outre, si les étiquettes du vieux caviste (qui verse dans le jeunisme) mentionne, par exemple, "Ile de Beauté", cela demeure quand même un peu vague. Je veux savoir s'il s'agit-il de gamay de Touraine, du beaujolais, de Saint-Pourçain ou encore du Languedoc. Et quid de la main de l'homme? Serait-ce du gamay de synthèse?

Faire simple. Vue de loin, on peut considérer que l'inclination stratégico-marketting de Nicolas part d'un bon sentiment. Si le gamay est, en effet, décrit comme un vin fruité et léger, aux arômes de violettes et de fraises, et d'une grande fraîcheur : rien de faux ni de scandaleux dans tout cela, mais on flirte avec une certaine stéréotypisation du goût. En fait, ce qui dérange dans le procédé, c'est la crainte de la mise en avant du cépage seul, le dénigrement des régions productrices, donc de leur identité et de leurs propriétés. Mais cela a le mérite de susciter la réflexion : en somme, le concept est inverse à ce qui fait depuis des années en France.  Le but est manifestement de simplifier l'étiquette à la française. Faire simple. Toujours plus simple... A plus grande échelle, il est de se positionner face aux vins du Nouveau Monde, qui eux, en, effet, n'ont pas ni terroir ni histoire à vendre. Que du cépage. Et des prix attractifs. Alors, la guerre de l'étiquette aura-t-elle lieu? Il semble en tous cas qu'un créneau se dessine : concepteur d'étiquettes. Que l'on pourrait consulter... dans un catalogue.

 

(1) Dans un entretien d'une rare violence, sur lequel VINSURVIN reviendra ultérieurement, Alain-Dominique Perrin, magnat du luxe, propriétaire et fabricant (je vous laisse disserter sur l'horreur du terme) de "vin", acolyte de Michel Rolland (fabricant de "vin", à Bordeaux ; apôtre de Robert Parker...) déclare dans la Revue du Vin de France de ce mois-ci que 75% de l'humanité identifie le vin par cépage et que la ménagère [étrangère] ne connaît pas la Bourgogne mais Burgundy, et qu'en somme elle s'en fout de nos régions, pour faire (très) court. Ce qu'elle veut c'est du cépage. Pas de régionnalisme, pas d'identité, pas de culture. Lire entre les lignes que ce que veut l'industriel, c'est de l'argent, au détriment de sa propre culture. C'est vrai que le touriste étranger s'en fout de savoir si la Tour Eiffel est à Paris, du moment qu'il y monte. Idem pour les châteaux de la Loire qu'on démontera bientôt pour les remonter dans le sud, car il y fait meilleur et qu'on se fout qu'ils se trouvent à Chenonceau ou à Azay-le Rideaux, du moment qu'on peut les prendre en photo.

Représentation : Ceci N'est Pas Une Pomme de l'artiste surréaliste André Magritte.

11:55 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (5)

lundi, 25 février 2008

RADIO VINSURVIN

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- Chères auditrices, chers auditeurs de VINSURVIN, bonsoir! C'est avec un plaisir non dissimulé que je prends l'antenne ce soir. Je profite donc pleinement de cette tribune, tant que le droit m'est encore donné! En effet, la censure ambiante pourrait bien conduire les internautes parlant de vin (et donc d'alcool) à être interdits d'expression. Ils pourraient même être poursuivis, jugés, condamnés et jetés en prison pour publicité interdite. Alors, de la publicité pour du vin, je vais en faire! Je vais même vous dire de consommer du vin sans modération (mais de façon réfléchie!). Buvez du vin! Buvez du vin tous les jours! Oui, une fois par jour! Un verre par jour! Rien de meilleur pour la santé!

Le thème de l'émission est simple : le vin! Un conseil accord met/vin? Quel vin à l'apéritif? Une idée parcours touristique dans les vignes? Une idée lecture pour les vacances? Composez le 20 sur votre téléphone pour joindre notre standard, c'est Jean-Claude qui décrochera. Parlez un peu fort, il est sourd. Avant d'écouter notre premier auditeur, une page de publicité.

DONNEZ UN PEU DE GAIETE A VOTRE QUOTIDIEN. BUVEZ DU VIN DE FRANCE ET DE NAVARRE.

LE VIN, C'EST LA VIE.

TOUTE L'ANNEE, CONSOMMEZ DU VIN SANS MODERATION

(MAIS A PETITE DOSE,

faudrait pas qu'il en manque pour ce week-end).

De nouveau sur l'antenne de VINSURVIN FM. Bienvenue si vous nous rejoignez. Une première question au standard :

- Allo, bonsoir, quel est votre nom?! Et d'où nous appelez-vous?

- Oui, bonjour, ici, c'est Bernard, de Saint-Ouen dans le quiatre vin trèïze. Ma femme fait un tadjine ce week-iend, quiel vin me cionseillez-vous avec? Je pensais à un bordeaux supééérieur.

- Je n'irai pas par quatre chemin, mon cher Bernard : il vous faut un rosé du Languedoc. Par expérience, je vous conseille un Château des Estanilles de chez Michel Louison. Vous le trouverez chez Nicole Lhoste, de Côté Cépage, 96 rue Legendre, Paris 17. Et le bordeaux supérieur, gardez-le pour le bourguignon. Bonne journée, Bernard. Au revoir. ... Question suivante! Allo? A qui ai-je l'honneur? 

- Oui, bonjour VINSURVIN, (voix à la Amanda Lear), vous mé réconnaissez, c'est Fernando. J'organise une petite sauterie avec mes amis brésiliens et puerto-ricains de l'avenue de Clichy, genre un apéritif amélioré. Que me conseillez-vous?

- Alors, tout d'abord, Fernando, j'aimerais que vous cessiez de me suivre dans le quartier, ça commence à bien faire. Pour ce qui est de la petite fête à la brésilienne, je vous propose un apéritif dînatoâre. TOUT EST LA! Il n'y a plus qu'à se servir! Bonne soirée, Fernando. Et n'oubliez pas ce que je vous ai demandé...

- Merci, VINSURVIN! Pas de souci mon lapin, j'te laisse tranquille.

- Question suivante? Bonsoir, qui êtes-vous, d'où appelez-vous?

- Bonsoir, Kevin, 28 ans, et Fleur, 27 ans, Mairie de Montreuil, 93.

- Nous allons du côté de Tours pendant les vacances, un petit conseil "route des vins" (sur vin)?!

- Vous ne pouvez pas mieux tomber : c'est une excellente période pour se rendre au bord de ce superbe fleuve! ICI, votre parcours, avec, s'entend, les bonnes adresses de vignerons!

- (En coeur), Merci VINSURVIN!

- Prochain appel... Allo? Aaalloo?

- C'est ça, ouais, casse-toi, pauvre con! 

- Pardon?! Monsieur Sarkozy, on se calme... Un petit conseil courtoisie peut-être? (La main sur le micro : Jean-Claude, tu me débarrasses de ce fléau, merci.)

- Prochain auditeur?

- Allo?

- Allo, oui, bonjour, Monsieur...

- Madame...

- Euh, oh, pardon... j'aurais juré... votre question Mon, MAdame...

- Quelle est la différence entre le Pouilly Fuissé et le Pouilly Fumé?

- En fait, ils n'ont rien à voir : le Fuissé est fait en Bourgogne, dans le Mâconnais, avec le cépage chardonnay. Le Fumé est fait en Centre-Loire (près de Sancerre) avec du sauvignon. Pour plus de détail, rendez-vous ICI.

- Une dernière question et il sera déjà l'heure de quitter. Qui est à l'appareil?

- Bonjour, VINSURVIN! Un petit conseil lecture autour du vin pour que le voyage vers les Pyrénées soit moins long?

- Bonjour. En dehors de VINSURVIN, je ne vois pas! Notamment les nouvelles littéraires de VINSURVIN : l'idéal pour voyager!

- Merci! Au revoir!

- Au revoir, et bonnes vacances! Voilà, c'en est fini pour aujourd'hui. Avant de nous quitter : les rendez-vous et les dates à retenir sur VINSURVIN : du vendredi 29 février au 9 mars, ce sera best of sur VINSURVIN car votre humble serviteur sera en vancances. Le 11 mars : TUPPERWINE 4.0 ; modalités cette semaine sur VINSURVIN.

Chers auditeurs, chères auditrices, merci pour votre fidélité, et n'oubliez pas : a glass of wine a day keeps the doctor away! Bye! 

dimanche, 24 février 2008

Japanese Wine Bar Paris

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Il faut parfois savoir être bref.
Je le serai moins après avoir testé ce bar à vin! 
VINOS
29 rue d'Argenteuil
75001 Paris
Phone 01 42 97 52 43
Métro : Pyramides
PHOTO et INFO, Bertrand Celce.

samedi, 23 février 2008

Le vin sur Internet : c'est interdit.

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Alors que l'air du temps est à l'aseptisation mentale, à la lobotisation psycho-sociale et au dénigrement de notre propre culture, VINSURVIN s'intéresse aux secteurs qui subissent cette nouvelle vague. Avant, qui sait, de fermer ses portes pour publicité illégale sur Internet. Et discours impolitiquement correct.

Mes années stress. Il y eut mai 68. Ce vent de liberté qui souffla sur les Etats-Unis, l'Europe, l'Afrique... Il y eut les nons juvéniles à la guerre du Vietnam, les droits civiques, l'émancipation de la femme, la plage sous les pavés, les velléités d'indépendance des colons...  Et puis il y eut le milieu des années 1970 et l'inflation à 14%, la crise du pétrole, la sécheresse, Giscard... Je n'étais pas né en mai 68. Je suis né juste deux ans plus tard. Mon vent de liberté, je l'ai ressenti un mois de mai aussi. Le jour même de mon onzième anniversaire. La génération en question découvrit les radios libres, la fin de la peine capitale, les 39h00, la retraite à 60 ans, la chute du mur de Berlin... Vinrent les années 90, mes années stress, que je traversai le nez dans les livres, sur les bancs de la fac, à attendre les résultats de mes partiels. Dieu merci, les années 90, c'est aussi ma grande découverte du vin.  

Ne pas manger l'emballage. Et puis, il y eut février 2OO8 et l'interdiction de faire la promotion du vin sur Internet. Les années 2OOO, c'est un peu l'antipode des 60's. Les années 2OOO, c'est l'ère du poliquement correct. Une forme de puritanisme à la française qui s'exprime dans de très nombreux domaines et se traduit sous différentes formes. Le PC (lire pi-ci), véritable aseptisation socio-cuturelle, c'est l'obligation de préciser sur les paquets de cigarettes que le tabac tue, de mentionner qu'il ne faut pas ingurgiter l'emballage de la barquette de lasagnes, que consommer du vin en quantité déraisonnable peut nuire à la santé d'une maman et de son bébé. Par ailleurs, hors de question que la série télévisée Ugly Betty soit traduit par Betty la Moche, Betty le Boudin, Betty le Tromblon : on ne sait jamais, un collectif de blondes pourrait s'offusquer pour discrimination, car la tendance, Elle, est à la grande perche cosmopolitaine blonde. Cette prise en main permanante et infantilisante du consomamteur le lobotomise et le contraint à une baisse récurrente de sa vigilence et de sa réflexion. 

Purification lexicale. Dans le même esprit, il y a ces doublages de films ou de séries dont les gros mots sont banis : son of a bitch devient tête de turc (et encore, c'est limite, il ne faudrait pas froisser la communauté turque de France). Mother fucker? Enfoiré! Kiss my ass? Tu peux toujours rêver... : la purification lexicale est en marche. Ambitionne-t-elle la proprété phonique, la sérénité des saintes-ni-touche, l'amélioration du niveau de langue des plus faibles? Aucune idée. Les exemples de situations dans lesquelles, par seul souci de protection juridique, notre société se fourvoie de façon extrême et ridicule, sont pléthores.

Le vin, véritable fléau pour notre société. Aujourd'hui, le vin est victime de cette stérélisation socio-intellectuelle. La publicité pour le vin est une vraie galère pour nos producteurs car il est fini le temps où le vin faisait partie de la culture française. Mondialisation (c'est à dire européanisation et américanisation) oblige, le vin est devenu un produit comme les autres. Il est désormais classé au rang des paquets de lessives et des lave-linges. Par conséquent, il est soumis aux mêmes règles commerciales et juridiques que ces acolytes mercantiles. Pire, composé d'alcool, il est traité de la même façon qu'une vulgaire kronembourg ou qu'un ricard. Comprendre, le vin est un véritable danger pour la société française.

VINSURVIN, condamné à fermer boutique. Comme chacun sait, la publicité du vin est soumise à un cadre légal stricte, surtout depuis la loi Evin. Rappelons qu'elle est autorisée dans la presse écrite mais pas à la télé, ni sur Internet. Et c'est là que le bât blesse puisque, en faisant l'éloge (voire l'apologie) du vin (à travers des dégustations, par exemple), et sans mentionner systématiquement "à consommer avec modération" ou "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé", VINSURVIN pourrait se voir condamner à fermer. En décembre 2OO7, le Parisien s'est vu condamné pour avoir paru un article considéré comme faisant de la publicité pour l'alcool. Un article parlant d'alcool sur un ton positif peut donc être requalifié de "publicité". Ainsi, faire la promotion du vin sur Internet est désormais bel et bien interdit, surtout depuis une décision de la Cour d’Appel de Paris rendue le 13 février 2008.

A travers ces décisions, c'est la liberté d'expression sur Internet qui est en cause. Et la liberté d'expression tout court, en France. C'est pourquoi, pour que parler du vin reste un plaisir sans modération et sans restriction, je vous invite à signer la pétition que vous trouverez ICI, avec en prime, un topo très intéressant de Julien, de findawine.com.  En espérant que les années 2010 soient des années de sérénité, de discernement, et d'ouverture. De bouteilles de vin, cela va de soi!

 

 
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