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jeudi, 17 avril 2008

Quel nom pour les dégustations de VINSURVIN ?

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Chers lecteurs, chères lectrices, (chers papa et maman),

 

Ce n'est pas sans une vive émotion ni sans une grande tristesse que je viens (par la présente), vous annoncer la fin de TUPPERWINE. La mort dans l'âme, sous les conseils de Papa VINSURVIN, il a bien fallu que je me résoude, résolvât, résolûs, fasse une raison en acceptant de me faire à l'idée que les dégustations de VINSURVIN commençaient à faire de l'ombre à un marchand de boîtes en plastique. Américain. An American plastic box maker. Ce n'était pourtant que le début ! Car j'étais justement entrain de réfléchir à un contenant en plastique permettant de transporter son vin sans risque de casser la bouteille (voir photo ci-dessus).

 

Dans un courier adressé à Dart Industries, Inc., ce jour, j'ai donc promis, juré, craché, sur la Bible (I swear to ****in God), que je m'engageais à lâcher l'affaire (pour faire court) et qu'accessoirement (c'est le cas de dire) je ne lancerai pas sur le marché (américain) ma super invention : le Easy Wine Plastic Carrier, by VINSURVIN Industries, Inc.

 

Qu'à cela ne tienne, les Tupp (mince, il va falloir que je me fasse à l'idée...) dégustations de VINSURVIN, elles, continuent. Nous serons le 13 mai dans une gallerie d'art de Montmartre à déguster à la santé de ces mal propres de Yankees. A  ce sujet, j'inviterai les présents à se munir d'une boîte Tupperware, en signe de deuil pour notre (déjà) regretté Tupperwine. Me voici donc contraint de réfléchir et de trouver un autre nom pour les dégustations de VINSURVIN. Pff, trop facile !

 

 

A moins que vous, chers lecteurs, chères lectrices aient des suggestions à me faire. Ainsi, si vous trouviez le nouveau nom (the new name) des dégustations de VINSURVIN ou mettiez VINSURVIN sur la piste, vous seriez alors récompensés. Encore faut-il que je trouve la récompense... Une nuit journée avec la rédaction de VINSURVIN ? Une caisse de bordeaux supérieur à 12,60€ (la caisse) ? Un passe à vie pour les dégustations en question ? A vous de voir et à vos plumes! Voyez grand, voyez beau, voyez bon !

mardi, 15 avril 2008

Chèque en bois (suite, et fin).

  

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Récapitulatif de votre commande.

JE VOUS LAISSE APPRECIER (1) L'ABSURDITE DU "CADEAU" MADE IN LAVINIA : J'EN AI POUR PLUS CHER DE LIVRAISON QUE DE VIN !!! LAVINIA AURAIT DÛ ETRE PLUS CLAIR AVEC NOUS EN NOUS INFORMANT TOUT SIMPLEMENT QUE LA LIVRAISON ETAIT GRATUITE EN CE MOMENT SUR LE SITE WWW.LAVINIA.FR ... A QUOI BON NOUS FAIRE MIROITER QUE L'ON A GAGNE UN BON D'ACHAT QUAND SA VALEUR EST - COMME PAR HASARD - IDENTIQUE AUX FRAIS DE PORT ?

RESULTAT, JE NE VAIS PAS PROFITER DE MON BON. JE VAIS JUSTE M'ASSOIR DESSUS. EFFECTIVEMENT, CE BON N'EST PAS VALABLE DANS LES MAGASINS. DE PEUR QUE L'ON CONSTATE LA JOIE DE VIVRE DU PERSONNEL. PAUVRE EDOUARD QUI ME DEMANDAIS DE COMMUNIQUER (2) SUR L'OPERATION EN QUESTION. (DONT ACTE). PEUT-ETRE N'AVAIT-IL PAS LU CETTE NOTE REDIGEE IL Y A PILE DEUX MOIS ? VINSURVIN EST CRUEL, JE SAIS, MAIS IL Y EN A QUI ONT L'ART ET LA MANIERE DE TENDRE LE BÂTON... 

 

Produit Qté Prix en € Ss-total
J-B Sénat La Nine 2006 Rouge 0,75L 1 11,90 € 11,90 €
    Sous-total 11,90 €
Normal   Frais de port 12,00 €
    Total en € 23,90 €
*TVA 3,92 €

 

Adresse de livraison :


Adresse de Facturation :


Fabrice LE GLATIN
.........................

75017, PARIS

Photo : Robert Doisneau.

Fabrice LE GLATIN
.........................

75017, paris


 

 

 

(2) Bonjour,

Nous avons lancé un QUIZZ sur le vin sur notre site.
Cela peut peut être intéresser vos lecteurs !
N'hésitez pas à vous en faire l'écho.
Le quizz est disponible à cette adresse :
http://www.octelio.com/extranet/lavinia/Quizz/index.php 
ou directement sur notre site : www.lavinia.fr

Cordialement,

Edouard de Chauvigny.

lundi, 14 avril 2008

A l'Ecole Bourguignonne II

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Après les superbes blancs dégustés mercredi dernier à l'Ecole du Vin, Cour Saint-Emilion, Paris XII, la deuxième partie du cours portait sur les rouges. Inutile de sortir de Saint-Cyr pour savoir que les vins rouges de Bourgogne sont parmi les meilleurs sur la planète. Si ce n'est, les meilleurs. Analyse des vins dégustés. Avec l'aide d'Olivier Thienot, notre professeur (et directeur) de l'Ecole du Vin. Ames sensibles, ne pas s'abstenir.

Côte Chalonnaise, Mercurey 2005, Albert Bichot. Le vin a la couleur de sa jeunesse, ruby, dense et d'une belle brillance qui laisse entrevoir une certaine acidité. Un nez de fruits rouges, de cerise, épicé, fumé. En bouche, ce mercurey a du corps, une belle matière. Il est épicé, effectivement. Un vin avec beaucoup de caractère, rustisque, dans le sens noble du terme.

Côte de Beaune, Pommard 1er Cru 2002. Domaine Mazilly, Les Poutures. Une robe marronnée, presque tuilée, témoin des années qui passent. Fruits noirs puis terre, humus, écorce se manifestent au nez. Le monde de la chasse exibe ses plus nobles atouts. La bouche est suave et s'équilibre dans une belle acidité. Quatre, cinq années pour se vêtir d'une belle matière et mettre à jour des notes de nois de muscat et de sous-bois.

La Côte de Beaune regorge de trésors inestimables. On pourra également déguster des marsannay (même des rosés!), des fixin, des chambolles-musigny (élégants, soyeux, d'une belle étoffe), des auxey-duresses, sans oublier les aloxe-corton...

La dégustation s'achève avec la Côte de Nuits. C'est un Chambolle-Musigny, les Sentiers 1er Cru 2002 qui nous est servi. Chose assez étonnante, bien que du même millésime que le pommard, la couleur de ce chambolle-musigny laisse croire qu'il est plus jeune. Des parfums de fruits noirs, de griotte exultent au nez. Des notes de cuir, animales, s'expriment en bouche jusqu'à ce qu'un bouquet de violette et de rose s'offre à nous. Un vin jamais brutal, délicat, complexe, doté d'un corps sublime. En moi raisonne le mot "énorme". Ce vin est énorme. 

La cloche a sonné. Les élèves vont rentrer chez eux. Chouette pas de travail à faire à la maison ! Mais je serais prêt à parier que ces vins ont continué de cheminer sur les papilles des têtes blondes (et poivrées !) des heures durant, et continuent encore aujourd'hui. Car s'il est une particularité dans les vins de Bourgogne, c'est qu'ils demeurent gravés à jamais dans l'esprit de l'amateur, et le transforment au point d'en faire un être différent.    

Mon mercurey :

Mercurey, Clos Rochette, Domaine Faiveley.

Mon beaune rouge :

Aloxe-Corton, Les Valozières 1er Cru, Domaine Comte Sénart.

Mon nuits rouge

Gevrey-Chambertain, Lavaux Saint-Jacques 1er Cru, Domaine Dupont-Tisserandot.

Photo avec l'aimable autorisation de Jean-François Noël : le Village de Bercy de 1979 à 1983..

A l'Ecole Bourguignonne I

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De grands vins de Bourgogne, des élèves attentifs, un excellent professeur : les conditions de dégustation étaient idéales mercredi dernier, à l'Ecole du Vin, lieu d'apprentissage et de plaisir oenophiles aux abords du très agréable Cour Saint-Emilion. Au programme : les cinq zones de la Bourgogne à travers  trois blancs et trois rouges. Aujourd'hui, le blanc.

Chablis 1er Cru, Vau de Vey 2004Jean Durup.

Robe jaune pâle. Un nez minéral de pierre, de roche. Une mer se trouvait ici il y a des millions d'années : l'iode est inscrite au patrimoine génétique de la Bourgogne. Un nez de fleurs blanches, fugace, est également perceptible. Je lui trouve des notes de beurre et d'amande. En bouche, fraîcheur et acidité dominent. Le vin est long et vif (grâce aux notes d'agrumes). Ce chablis est droit, élégant. Je retiens l'expression de notre professeur, Olivier Thieniot : ce vin est un sabre. C'est vrai que la longueur et la finesse du Vau de Vey, 100% chardonnay, tranchent avec des vins ronds. Et puis, quelle complexité, quelle palette d'arômes! C'est du grand art. Ce vin accompagnera des coquillages, des poissons, des sushis. Un premier vin remarquable. Et nous ne faisons que commencer...

Saint-Véran, Les Cras 2006. Domaine des Valanges. Michel Paquet.

La couleur de ce mâconnais est plus prononcée que celle du chablis. Elle transmet plus de chaleur. Cela est dû au passage en fût de chêne. D'où la nécessité de goûter ce vin après le chablis dont la minéralité n'aurait pu être perçue à sa juste valeur après un blanc boisé et plus onctueux. Le nez présente des notes de fruits cuits, "à cause" du passage en fût. Fruits sucrés exultent (pomme, ananas, puis abricot mûr, pêche mûre). Au-dessus, plus aériennes, des notes manifestes d'infusion : jasmin, tilleul, camomille. En bouche, le vin "tapisse le palais" comme nous le commente Olivier Thienot. D'une belle densité, le vin est plus riche. Son onctuosité semble caresser le palais. Le vin est plus exhubérant mais il est moins long que le chablis. Il est plus charmeur. Il accompagnera des poissons plus gras, des quenelles, des viandes blanches, un Saint-Marcelin...

Meursault, les Meurgers 2005. Domaine Mazilly.

Nous passons désormais en Côte de Beaune. La couleur de ce meursault 100% chardonnay est assez intense. Des parfums d'agrume (citron) et de fleurs blanches s'offrent au nez mais aussi de beurre, de noisette, d'amande. Franchement, cela coupe le souffle. Le vin est corsé, puissant et gras. Du corps qui donne l'impression de le mâcher, de le manger. D'une complexité incroyable. Si nous ne sommes pas là pour "juger" les vins, mais en analyser leurs caractéristiques, difficile de ne pas saluer le travail de ces trois vignerons et la qualité exceptionnelle de leur vin. En même temps, faire des dégustations avec des vins moyens ou médiocres seraient fâcheux, et ce, pour deux raisons : le cours coûte 59€ (durée 2h30), et comment pourrions-nous alors découvrir la complexité et la richesse de la Bourgogne ? Ne pas se tromper : je n'ai jamais dit de mal du passe-tout-grain, du beaujolais ou de l'alligoté ! Mais bon...   

Mes chablis à moi :

Monts de Milieu, Vaucoupin, Domaine de la Meulière.

Les Lys, Les Grenouilles, Daniel-Etienne Defaix.

Mon Saint-Véran :

Les Brûlés, Domaine Sangouard.

Mon beaune blanc :

Pernand-Vergelesses, Les Belles Filles, Domaine Philippe Girard.

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En Bourgogne, le Mâconnais. (Photo VINSURVIN)

samedi, 12 avril 2008

TUPPERWINE : 72 heures pour survivre.

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Alors que Tupperwine vient de fêter sa cinquième dégustation, votre humble serviteur se voit inquiéter par la société américaine Dart Industries, Inc, une filiale de Tupperware Brands Corporation, basé à Orlando, en Floride, qui demande  à VINSURVIN de retirer la marque TUPPERWINE de l'INPI. Au delà de l'aspect risible, voire absurde, de la situation , c'est la rencontre avec le monde de la propriété industrielle et le côté David contre Goliath que l'on peut retenir, a prori. Alors, que faire ? Céder ? Ou lutter ? 

Je ne sais pas vous, mais moi, devoir aller chercher un courier en A-R à la poste ne me rend jamais joyeux. Alors, cette nuit, je n'ai pas très bien dormi. A cela deux raisons. Tout d'abord, l'idée d'avoir à patienter deux heures au bureau de poste de l'avenue de Saint-Ouen pour retirer un courier n'a rien d'exaltant. Disons que cela vous laisse tout le temps de psychoter sur la nature du document en question. Avoir de l'imagination, c'est bien, mais quand elle déborde comme la mienne, cela peut vite devenir handicapant : "Ca y est, je me suis fait flasher sur les maréchaux à 37km/h avec mon Piaggio 125, je suis bon pour la taule." ; "Cher Monsieur, après étude de vos récentes déclarations d'impôts, nous sommes au regret de vous annoncer un différentiel de 12 560€, à régler dans les 24 heures." ; "Monsieur, votre appartement étant situé sur une zone irradiée, nous vous conseillons expressément de vous débarrasser de tout produit consommable (vin en particulier) dans les plus brefs délais." 

En fait, le courier provenait du Cabinet Plasseraud, Conseil en Propriété Intellectuelle, siégeant à Paris. Son objet : Demande d'enregistrement française "TUPPERWINE". Comme vous le savez certainement, sous les conseils de nombreuses personnes ayant trouvé le nom et le concept Tupperwine original, VINSURVIN a en effet déposé la marque TUPPERWINE à l'INPI en janvier dernier, afin d'en protéger l'identité. On peut aussi préciser qu'un malin dans le sud de la France a repris le nom à son compte en le renommant Tupper Wine Party. Différence majeure avec le concept de VINSURVIN, depuis quatre mois, pas une trace de dégustation sur le site de cet usurpateur...

M'écrivant au nom de Dart Industries Inc., le Cabinet Plasseraud m'informe que sa cliente me demande de :

          - retirer cette demande d'enregistrement dès que possible.

          - [m']engager à cesser immédiatement toute exploitation de cette marque pour les services couverts par cette dernière et

          - ne pas exploiter ou déposer à l'avenir cette marque ou toute marque similaire qui entrerait en conflis avec les droits antérieurs de notre cliente.

Sur le coup, je me sentis un peu comme Jessica Lange, en 1976, entre les mains de King Kong. J'eus également l'impression de me retrouver au coeur d'un film traitant de l'espionnage industriel, mais aussi dans la peau du pauvre corniaud français intimidé par le géant américain. Le pot de terre contre le pot de fer. Après l'émotion vint la réflexion. Reprenant les points un par un, je m'aperçus qu'aucun ne concernait les TUPPERWINE de VINSURVIN : "Retirer cette demande d'enregistrement" ? Mais, je ne suis plus au stade la de "demande", mon concept est inscrit sous le N° 08/3549506. "Cesser toute exploitaiton de cette marque" ? Mais je "n'exploite" rien, surtout d'un point de vue commercial et financier : il s'agit d'une bande d'amateurs de vin qui dégustent une fois par mois de 20h à 23h dans une pièce de 15m2 ! "Ne pas exploiter ou déposer à l'avenir cette marque (c'est la même requête que la précédente !) ou toute marque similaire (genre TupperLoire, remarquez VINSURVIN parle de TupperPiknik, TupperChampagne, Tupperdutôveste? Faut que je me  méfie...).

Puis vient la partie Intimidation ("Intimidation", en anglais) :

          En l'absence d'une copie de votre demande de retrait de cette demande d'enregistrement portant le cachet de l'INPI reçue avant le 17 avril 2008 (Ahhhh, dans 5 jours !!! Mais l'INPI est fermé le samedi et demain c'est dimanche... Il ne me reste plus que 72 heures pour agir... Le compte à rebours à démarré ... 72 hours to save the skin of my ass... Call me Jack Bauer, Bruce Willis or Wonderwowan), notre cliente nous a donné instructions ("Instructions", j'adore le terme, on se croirait dans Mission Impossible !!! J'attends la partie cet e-mail s'auto-détruira dans 25 secondes... Instructions de quoi? De m'éliminer? De faire sauter mon scooter ? De ne me coller que des classes d'intellos l'année prochaine?) de faire opposition. Ouf ! Je m'attendais au pire.

VINSURVIN a donc décidé de  se battre. Certes c'est du Armstrong contre Moreau dans le Tour 2005 mais aussi du Carquefou contre Marseille. Alors, allez savoir, il ne faut jamais partir vaincu et impossible n'est pas français. VINSURVIN n'a pas le choix. Sinon, il va falloir trouver un nouveau nom à nos dégustations mensuelles. Remarquez, j'ai réfléchi et j'ai quelques pistes, mais je me dois de mener ce combat contre la Tupperware Brands Corporation, c'est peut-être mon dernier. J'ai donc quelques nouveaux noms à vous suggérer. J'ai pensé à Coca Colwine, Mc Dowine ou BMdoubleWine. Non?

Sur les bancs de l'Ecole du Vin

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A croire que VINSURVIN est maso. Essuyant depuis près d'une semaine les affres de l'actualité lycéenne, votre humble serviteur a décidé de retourner à l'école. Sauf que celle là est moins ch barbante puisqu'il s'agit de l'Ecole... du Vin. Premières leçons mercredi soir dernier, Cour Saint-Emilion, vous savez, ce petit coin de province dans le 12ème arrondissement. Au programme : un véritable voyage à travers la Bourgogne, guidé par l'excellent professeur Olivier Thienot.

Le ministre de l'Education Nationale n'a qu'à bien se tenir : ça va finir par péter. Feignant de ne pas entendre les nombreux avertissements que lui adressent les élèves à l'absentéisme chronique et aux résultats peu reluisants ("Darkosse, tes foutu, les éléve son dans la rut !", "Licée  en graive !", "Ont veu des proffes !"), la tension est montée d'un cran ce matin puisque même mes 2nde €uros (accent américain, fashion crazy, ambiance jet set) a décidé de se mettre en grève à son tour et de ne pas se présenter à l'atelier théâtre. Crime de lèse-majesté par excellence. Dieu merci, mercredi, c'était Burgundy.

J'entre dans la salle de classe à 20h00 et prends place à une table ou sept personnes sont déjà installées. Il doit y avoir trois autres tables comme celle-ci. Ca fait donc 32 élèves par classe : on est mieux loti que dans l'Education Nationale. Un homme, la quarantaine, en costume, sans cravate, se tient devant sa classe, attentive et avide d'apprendre. 32 élèves, silencieux, cahiers ouverts, crayons à la main, n'ayant d'yeux que pour le professeur : le rêve. Personnellement, j'en ai quatre, des sages, sur 170 au total. Mais j'en ai un cinquième qui devrait être mûr fin mai. Notre professeur n'a pas de tableau noir, ni de craie blanche : on est en 2008, il travaille sur PowerPoint. Son seul outil est sa télécommande. Moi, j'ai un failli bout de craie blanche, une allergie chronique et un radio-cassette (Pathé-Marconi 1956). Devant nous, un dossier, un crayon et sept verres INAO. Il y a aussi des bouteilles d'eau et des crackers.

Petit quiz sur la Bourgogne en guise de warm up. Nous passons au cours d'histoire : origine antique de la Bourgogne, Moyen Age, Ducs de Bourgognes, l'Après Révolution... Viens ensuite l'étude du terroir, des cépages. Cours de Géographie : la Bourgogne est composée de cinq zones, dont le Beaujolais ! Après un rapide coup d'oeil sur la classification des appellations (de l'AOC régionale à l'AOC Grands Crus), nous passons à l'atelier des arômes. Vient enfin le moment tant attendu : la dégustation ! Au programme : trois blancs (Chablis 1er Cru, Vau de Vey, 2004, M. Durup ; Saint-Véran, Les Cras 2006, Domaine des Valenges, M. Paquet ; Meursault, les Marger, 2005, Domaine Mazilly) et trois rouges (Mercurey 2005, Albert Bichot ; Pommard 1er Cru, Les Poutures 2002, Domaine Mazilly ; Chambolle-Musigny, Les Sentiers 1er Cru, Hervé Sigant). Une dégustation riche d'enseignements et de plaisir que je vous compterai dans quelques jours sur VINSURVIN.  

© ECOLE DU VIN DE PARIS - 48 rue Baron Le Roy 75012 Paris - Tél : 01 43 41 33 94

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Photo Robert Doisneau.

vendredi, 11 avril 2008

TUPPERWINE : vous n'avez pas fini de déguster.

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Rencontrés ces dernières semaines au salon des Vignerons Indépendants (S.V.I.) de la Porte de Champerret, au Salon des Vignerons Indépendants Européens (Carrousel du Louvre), à Rhône en 4 (Brasserie Hausmann) , ou encore sous le superbe dôme du Grand Hôtel à Opéra (Vins d'Alsace), ou encore et encore chez eux (Champagne), il est l'heure de faire un peu le point sur les dégustations qui vous attendent dans les semaines et les mois à venir. Et de rendre hommage à tous ces vignerons et vigneronnes de toute la France qui ont dit oui aux Tupperwine. Rendez-vous compte : le concept n'a que cinq mois et il est overbooké jusqu'à mi 2009...

Domaine des Jougla : Fantaisie des Jougla, un rosé-muscat de Saint-Chinian atypique et rigolo. Au programme d'un Tupperwine languedocien début 2009.

Domaine la Millière. Châteauneuf du Pape : le 2005 est un vin fin, complexe et délicat. Du cote du rhône et du "pape" à déguster fin 2008 à Paris, chez VINSURVIN.

Domaine Valambelle : un Faugères dont seul le Languedoc a le secret. A goûter en 2009.

Domaine de la Meulière : le Chablis de Vincent et Nicolas Laroche m'épatte un peu plus chaque année. Nicolas sera avec nous maîtres chablisiens. Nicolas sera parmi nous le 13 mai pour un Tupperwine afin de nous faire découvrir l'Art du Chablis selon la famille Laroche, de Fleys.

Domaine Amadieu : une farandole de cotes du rhône septentrionaux et méditerranéens à déguster le 02 décembre, lors du Tupperwine... 12.0 !!! Imaginez un peu : Saint-Joseph, Crozes-Hermitage, Gigondas, Vacqueyras...

Domaine de Font-Sane : Le Gigondas de Véronique Cunty est d'une élégance à couper le souffle. Le  Côte de Vantoux  est déroutant. En dégustation chez VINSURVIN dans les plus brefs délais.

Chateau Bas : des AOC de Provence blancs d'une finesse époustouflante. Progammé en 2009.

Hydromels, Kirikino Ilargian, Sud-Ouest : un vin atypique à découvrir cet été, lorsque Paris se sera vidé de ces automobiles et qu'en vélib nous nous retrouverons dans un square autour d'une nappe et d'un piknik.

Champagne Telmont : Quel bonheur pour votre humble serviteur de savoir que Bertrand Lhopital se joindra à nous en juin pour un TupperChampagne exceptionnel.

Chateau de la Selve : L'Ardèche cache des trésors... je vous en ai déterré un.

Marc Houtin- Julien Bresteau, La Grande Aux Belles, Anjou : du frais, du fruit, du style : au programme d'un TupperPiknik cet été.

Chateau d'Agel : du Minervois blanc et rouge à tomber par terre. J'en fais un peu trop? Bon, alors... heu... Le Roussillon nouslivre ici une de ses plus belles perles. Trop classique (genre RVF) ? Vous commencez à minervoer... Réservez plutôt une soirée en août afin de pouvoir dire : "J'y étais" !!

Chemin de Bassac, Isabelle et Rémi Ducellier, des VDP Cotes de Thongue (sous Faugères et Saint-Chinian dans le Languedoc) : laissez-moi le temps de leur envoyé un mail et leur dire tout le bien que je pense de leur vin. Je leur ai déjà dit au Louvre ? Alors, je le leur répéterai.

Alsace, Domaine Becker : la sympathique Martine Becker vient en juillet à Paris pour rendre visite à sa tante. Et à VINSURVIN. Des grands crus d'Alsace à découvrir ICI dans un premier temps. Puis lors du TupperAlsace N° One.

Alsace, Domaine Pfister : laissez-vous guider et séduire avant dégustation en septembre chez VINSURVIN, comme cela semble se dessiner... N'est-ce pas Mélanie ?!

Alsace, Ardèche, Bourgogne, Champagne, Languedoc, Loire, Rhône, Roussillon, Sud-Ouest... La richesse du terroir et de la viticulture française : c'est lors des TUPPERWINE de VINSURVIN. Chaque premier mardi du mois. A Paris.

Photo : Emmanuel Denis, un amateur de vin rencontré au S.V.I. venu de son 5ème arrondissement, très bien équipé !

jeudi, 10 avril 2008

Gagnez un chèque (en bois) !!!

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La boutique aux vendeurs hyper motivés informe VINSURVIN qu'elle lance un quiz permettant aux amateurs (de vin ?) de gagner un bon de 12€ ! Génial ! Sauf que chez lavinia.fr, il n'y a rien à acheter en-dessous de 25€. De quoi s'interroger sur les étranges méthodes commerciales et de communication du supermarché du vin parisien, du boulevard de la Madeleine. Surtout lorsqu'on sait que VINSURVIN émettait déjà des réserves il n'y a pas très longtemps.

Quiz : mais qui donc se cache dans la peau du chargé de communication de Lavinia ? Mickey Mouse ? Frank Dubosc ?Georges Bush ? Alors que nombreux sont les clients à se plaindre de l'acceuil exécrable que réserve le blasé et peu disponible personnel de Lavinia, le magasin qui déroule le tapis rouge aux Japonnais, aux américains et aux costards-cravates du quartier nous gratifie d'une idée aussi lumineuse qu'un bordeaux ouvert depuis quinze jours : gagner un bon de 12€, à dépenser sur le site de la maison en question. Bon plan ? Il suffit de se rendre sur le site pour se rendre compte du pschitt.

Avouons-le tout de suite : le quiz Lavinia n'est pas si simple. VINSURVIN obtient un modeste 18/20 : il faudra retourner à Saint-Emilion et y goûter l'Angelus, et revoir les grands crus blancs de Bourgogne ... M'enfin, au final, le bouchon de la bouteille de champagne en incruste a sauté. Et c'est ce qui compte. Cherchons maintenant comment dépenser notre bon. Tapons Alsace. Premier choix : domaine Marcel Deiss : 15,75€. Mince, il me manque 3,75€. A moi de mettre au bout peut-être? Deuxième choix : un Gewurztramminer, 21,20€. Ah, quand même. Au final, un seul vin sur les 10 premiers présentés à moins de 12€, un sylvaner à 11,40€. Il reste 4 pages à consulter. Je n'ai pas que ça à faire. Alors, je ne m'offrirai pas un Alsace avec mon bon d'achat.

Allons en Beaujolais, nous devrions trouver notre bonheur ! Avec tout le respect que j'ai pour cette région (demandez à Didier Desvignes), point besoin de dépenser des fortunes pour acquérir un bon morgon, brouilly ou saint-amour. Idem pour les chinons où pour 4,95€, VINSURVIN vous fait boire des choses dont vous vous souviendrez toute votre vie. Premier choix laviniasque : un Chiroubles à 14,45€. Puis 14,65€, puis 21,25€ !!! Très drôle. Ah, enfin un Beaujolais abordable : un Fleurie à 7,30€. Je suis vraiment mauvaise langue. Mais à bien y regarder, il s'agit d'une demie-bouteille !!! Pathétique.

Bourgogne : seuls deux modestes "bourgognes" à 9,50 et 10,20€ (dont l'origine n'est absolument pas mentionnée) se fourvoient parmi de "simples" cotes chalonnaises à 23,80€. Bourgogne : inabordable avec mon bon. Je l'ai mauvaise avec mon bon à rien. Va-t-il falloir que je browse toutes les régions de France? Puis que je passe en vin du monde ? Ca tombe bien, j'ai trois heures  devant moi. Allez, pour le fun, allons faire un tour en Sud-Ouest. Je trouve un tariquet à 5,25€. Malheureusement, un tariquet à ce prix est souvent fade et insipide. Pourtant, ce vin blanc sec et fruité peut être une petite merveille. Acheter celui-ci et c'est se mettre l'appellation à dos. Il reste deux bergerac autour des 6€. A la limite. Mais ce n'est pas ce que je cherche. Et puis, j'ai un peu peur de tomber sur des choses très moyennes. Cependant, je vais peut-être me laisser convaincre par ces deux richard. Peut-être. Mais seulement pour pouvoir vous en reparler. Et rigoler boire un bon coup.

Il ne nous reste plus qu'à cliquer sur la section "moins de 10€" (qui aurait pu être transformée en "moins de 12€" le temps de l'opération...). Alors, que peut-on acheter pour moins de 12€ chez Lavinia? Réponse : tout, sauf du vin. Dolin, Vermouth de Chambéry blanc : 9,90€. Moi qui ai toujours rêver d'en acheter, je suis comblé. Pour 8,50€ : quatre stop-gouttes ! Idéal pour les parkinsoniens. Pour 7€ : une caisse en bois 2 bouteilles ! Parfait pour faire du feu l'hiver prochain. Encore mieux : "Albert, l'astucieux sommelier" ! Une enveloppe de dix adhésifs ! Fantastique pour occuper vos enfants les longs mercredis d'hiver. Vivement la prochaine opération Lavinia ! Laissez-moi deviner... Une dégustation de vin breton (très sur la pomme, cette année) ? Un casting sur M6 pour recruter de nouveaux vendeurs (pour éliminer Jean-Claude, tapez-le...) ? Une carte de fidélité (au bout de 3000€ d'achat, sur trois mois : un bon d'achat de 12€) ?  

mercredi, 09 avril 2008

Mathilde et la Fourmi.

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Un roman de VINSURVIN.

Aux Editions Tupperwine.

Chapitre 1

Nils arriva à l’Eternel Retour, une accueillante librairie de la rue Lamarck tenue par Olivier et Cyril, partagé entre la hâte de goûter du bon vin de Cahors et l’impression d’avoir (un peu égoïstement, comme il se l’avouait) abandonné sa femme, fiévreuse et déjà affublée d’une jambe cassée. Il espérait qu’elle s’en sortirait quand même, avec leur trois enfants, âgés de cinq, trois ans et sept mois. Sa petite dernière (Choupinette, comme il l’appelait) était vraiment une sacré petite pirate, et pas facile à gérer avec ses dents qui se mettent à pousser ! Les deux autres, deux garçons adorables, avaient tendance à en profiter un peu en l’absence de leur père, et jouer à Tarzan avec le lustre et les rideaux étaient leur passion du moment ! Pas arrivé depuis cinq minutes, sa femme l’avait déjà appelé à trois reprises. Comme elle ne semblait pas en mesure de faire face à ses tâches les plus quotidiennes et familiales qu’il soit, il tenta de la rassurer en lui promettant de ne pas rentrer tard. Elle pouvait le rappeler bien sûr, ça allait de soi, mais il n’était pas sûr d’entendre son téléphone : attentionné, il, s’en excusait par avance. Lui souhaitant bon courage alors qu’elle semblait ne pas en avoir terminé avec lui, il raccrocha. C’est alors qu’un autre téléphone retentit dans la librairie. Il trouva cela un peu impoli et décida d’éteindre le sien. Et puis, Nils était venu accompagné de son ami Laurent, un homme souriant et sympathique d’une trentaine d’années, installé aux Batignoles. Il fallait quand même qu’il s’intéresse à lui, qui participait à son premier Tupperwine.

Chapitre 2

Olivier et Cyril, dont la librairie est spécialisée sur les livres de philosophie, ont disposé des ouvrages relatifs au vin sur la grande table. Celui intitulé Vin et Cigares me plaît particulièrement. Quant au Robert Parker, encore dans son cellophane, il remplit à merveille son rôle de pose-verre. Comme quoi, les ouvrages de Parker ne servent pas à rien, comme trop le prétendent. La dégustation commence par le Tradition de la maison Lacapelle-Cabanac, dont la particularité est de travailler en agriculture biologique. 90% malbec, 10% merlot, le Tradition présente une robe sombre. Les officionados lui trouvent un nez discret de fruits noirs tels que la mûre. La bouche est souple et d’une bonne consistance. Si l’on tarde à retrouver les notes de fruits que le nez promettait, une palette de notes plus terroirs s’affichent, elles, généreusement : sous-bois, champignon et une touche minérale. On est d’accord pour dire que ce vin léger accompagnera volontiers des salades et des grillades cet été.  

Olivier a beaucoup aimé le premier cahors. Cyril se délecte du deuxième opus de Lacapelle-Cabanac : Cuvée Prestige. Nos yeux plongent dans une couleur encre noire. Chacun s’empresse de tourner les premières pages. L’influence de Malbec (non, pas de Houellebecq !) et de Merlot (et non Berlioz) est incontestable. Rédigé en 12 à 18 mois en fûts de chêne, le vin intrigue ceux qui découvrent la bio. Le narrateur fait effectivement dans la langue de bois, au nez comme en bouche. Sa plume est ronde, grasse et opulente. On n’est pas dans la littéculture à l’eau de rose, mais tout cela est quand même vanillé. En substance, joli romance que ce Prestige de Simon-Vérax.

Chapitre 3

Mathilde s’arrêta devant la devanture de l’Eternel Retour, sa librairie de la rue Lamarck. Elle scruta les livres exposés puis décida d’entrer. Elle était à la recherche d’un livre de Paul-Alain Jacques, ou Jacques-Alain Paul. Ou était-ce Paul-Jacques Alain ? Son regard s’arrêta sur la première personne en face d’elle. Ou peut-être sur les verres et les bouteilles de vin posés sur la grande table. Elle prit cette homme pour le libraire. Mais ce n’était pas lui. Etait-ce le vigneron, alors ? Non ? Où suis-je tombée, dut-elle alors se demander. Elle ne fut pas contre un verre de Fourmi, ce cahors rouge, du Clos Troteligotte. Immédiatement, elle l’adora. C’est vrai que l’assemblée se délecta des Fourmi et Perdrix. Du fruit au nez comme en bouche, de la joie, de la gouleyance, une belle mâche, de l’épice, du fruit noir. Mathilde en revoulait, mais la Fourmi n’étant pas prêteuse… 4,95€ pour le premier, 7,50€ le deuxième : un rapport qualité/prix époustouflant. Puis vint le K-Or (7,80€), passé un an en fût de chêne (agé de 2, 3 millésimes). Un boisé fin, fondu, maîtrisé. Sans compter le CQFD (22€), véritable Rolls Royce de la maison Rybinski, qui nous conduit vers des notes de réglisse, de tabac, de torréfaction. Quelle cuvée ! Quelles cuvées ! Mathilde était déjà reparti avec son ami, Frank, passé la rejoindre et tombé immédiatement sous le charme de la Perdrix. Un peu comme nous tous de Mathilde, qui virent ce personnage débarquer, deus ex machina, dans la librairie et donner à l’intrigue une épice digne des cahors.

Sans tragédie ni coup de théâtre, la dégustation eut le dénouement des histoires qui se finissent bien. Personne ne se maria ni n’eut d’enfants mais le sentiment de s’être lié d’amitié avec chacun des personnages présents et mentionnés, mêlé au effluves de griottes, de tabac et de réglisse, parfuma la librairie. Nils ralluma son portable et sa messagerie agacée ne tarda pas à se manifester. Il lui faudrait désormais ouvrir un autre livre, dans lequel trois juvéniles héros, au beau milieu d’un séjour ressemblant à un champ de bataille, piaffent d’impatience de revoir leur papa, pendant que leur maman rigole avec ses copines, autour d’une bonne bouteille de vin.

lundi, 07 avril 2008

Vin de messe.

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Souper à Emmaüs, Caravage. 1601. National Gallery, Londres.

- Ca ne vas pas du tout Le Dantec,  hurlait le curé de l'église de Limeray au téléphone. Pas du tout! Vous me prenez pour un ivrogne? Ou seriez-vous entrain de me confondre avec un hérétique? L'anathème sur vous risque de frapper Le Dantec si vous continuez ainsi!

- Mais c'est votre préféré, mon père! 

- Mon préféré? Ignare! C'est pas une raison! Les beaux jours arrivent et vous me remettez dix cartons de Vacqueyras! C'est bien trop puissant! C'est plus l'époque! Surtout pendant les enterrements! Le quatorze degrés me fait dormir entre les chants. Du coup, j'm'y perds complètement dans mes psaumes. Ca ne va pas, faites quelquechose!

Nicéphore Le Cep était un client de longue date. Il avait assuré le service de ma grande communion en 1982. La fête avait failli tourné au vinaigre quand le curé nous avait surpris, mon cousin Félix et moi, en train d'uriner généreusement dans son calice. Quelques années plus tard, il m'en tenait encore rigueur, mais s'approvisionnait quand même en vin dans la petite boutique de vin que j'avais ouverte à Amboise, Citizen Kave.

M. Le Cep, ancien sommelier reconverti dans le catholicisme "laïque", comme il aimait à me le répéter, était un quidam de soixante quinze ans. Petit, rond et trapu, comme une bouteille de Montpeyroux, il avait toujours refusé de boire du vin de messe médiocre avant l'extrême-onction, cette piquette cible de ces aigreurs ecclésiastiques. Il avait même recraché un Pommard de 1976 un jour en pleine messe, sous prétexte qu'il était trop frais. Nom de Dieu! Le Dantec, c'est pas une armoire à vin que vous m'avez vendu, c'est un freezer, m'avait-il beuglé à dix centimètres du visage, quelques temps après l'incident. V's avez qu'à me vendre du coca tant que vous y êtes, m'avait-il ensuite vociféré. Rouge écarlate, perdant presque son latin, il avait failli avoir une attaque. Non de Dieu de bordel de merde Le Dantec, débouchez-moi une prune, j'sens qu'j'vais y passer.

- Je rentre un Gevrey-Chambertain de chez Dupont-Tisserandot la semaine prochaine, vous l'aimez bien, je vous en mets un carton? Lui demandai-je alors, gêné et essayant de rattrapper le coup.

- Du bourgogne, en avril? Mais vous ne vous êtes pas trompé de métier Le Dantec? Vous voulez transformer mes messes en karaoké? En surprise-partys? Trouvez-moi autre chose. TROUVEZ-MOI AUTRE CHOSE!!!

- Je cherche, je vous rappelle. Au rev...

- Biiip, biiip, biiip...

Je m'affairai donc à lui trouver la perle rare. Le curé aimait des vins en accord avec le service. Les funérailles étaient ponctuées par un calice de Veuve Cliquot ou de Corbières. Les enfants étaient baptisés à l'eau de vie, les unions scellées au Limoux. Par ailleurs, hors de question de boire deux fois la même bouteille la même année. Et comme si cela ne suffisait pas, prière de servir un vin de l'année de naissance du défunt les jours d'enterrement, tâche qui s'avérait de plus en plus difficile tant l'espérance de vie s'allongeait, ou, plutôt, tant les dates de naissances s'éloignaient dans le temps. Trouver un vin pour ce poilu né en 1896, cette ancienne secrétaire de mairie morte à l'âge de 102 ans, ces palanquées de villageois nés dans les années folles était souvent missions impossibles! "Le vieux ici c'est le vin ; le jeûne (J.E.U. --accent circonflexe-- N.E.), c'est seulement pendant le carême", répétait-il à qui voulait l'entendre.

Les messes du saint père macéraient dans des vins venus des quatre coins du monde. Les italiens étaient appréciés lorsque le curé rentrait de la Place Saint-Paul, les allemands après un discours bien appuyé de Benoît XVI, et les portugais doux et cuits pour attendrir une soeur qui ne jurait que par le Porto. En outre, le vin devait être carafé au cierge. Mon Père était donc très exigeant et je ne pouvais le décevoir tant sa consommation de vin mettait du beurre dans mes épinards. Cependant, il me convia un jour dans le confessionnal et me fit une bien étrange révélation.

- Je vais vous dire quelquechose, Le Dantec. Le vin, pour moi c'est sacré. In vino veritas. Vous le savez bien. C'est bien là un des rares "plaisirs" que je m'octroie. Toutefois, vous ne pourrez vous tromper qu'une seule fois. Le jour où je serai mort. A mon enterrement. Ce jour là, je ne serai pas là pour le goûter!!! Ha!!!

Je n'ai pas encore réfléchi au flacon que je verserai dans le calice le jour où monsieur le curé rejoindra le Christ et ses fidèles. Le Cep mériterait un vin aux arômes de sous-bois, de champignon. Mais le caractère bien trempé de l'homme me conduisait à penser qu'un vin charpenté et corpulent ferait l'affaire, tel qu'un Chateauneuf du Pape. De toute façon, malgré ma plus grande vigilence et mes plus grands soins apportés au choix du dernier vin de messe, j'étais certain de finir par entendre mon bon vieux Nicéphore m'invectiver d'un outre-tombe "Nom de Dieu, Le Dantec, mais qu'est-ce que c'est cette piquette divinement immonde? Pour mon enterrement?! Vous auriez pu faire un effort!!!" 

Auteur : Fabrice Le Glatin. Le 15.04.2007.

 

vendredi, 04 avril 2008

Du vin, des livres et des amateurs.

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Un poète sommeille en Toi. Le prochain TUPPERWINE aura lieu le mardi 8 avril, à deux pas de Montmartre, entouré de romans et de bons mots. Vous pouvez d'ores et déjà réserver votre place (pour 2 personnes) en rédigeant, par commentaire, un poème de quatre vers dans lequel vous exprimerez votre intérêt, ou votre amour, pour vinsurvin le vin! Par mail, vous recevrez alors votre invitation.

Programme. Petit changement de programme pour des raisons purement logistiques. Alors que l'Anjou et l'Ardêche se profilaient à l'horizon, nous nous dirigerons vers d'autres terroirs : seront-ce le Sud-Ouest, la Bourgogne, la Loire, la Provence, le Rhône ? VINSURVIN est en pleine réflexion. Vous faire découvrir des régions, des cépages, des vignerons et des vins peu ordinaires restent la motivation principale quoi qu'il en soit. En clair, vous allez vous régaler.

A vos plumes et à très vite!

 

dimanche, 30 mars 2008

Vente de vin sur Internet : bientôt interdite ?

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Après l'interdiction de parler du vin sur Internet : l'interdiction de vendre du vin sur Internet. A quand l'interdiction de produire et de consommer du vin ? C'est le quotidien le Parisien de ce jour qui met les pieds dans le plat en nous apprenant qu'une récente décision de justice contre le site Heineken.fr pourrait stopper net les ventes de vin français par Internet. Une fois de plus, à travers des lois à l'emporte-pièce, inadaptées et discriminatoires, l'Etat français met à mal toute une économie génératrice d'emplois et de croissance ainsi qu'un des plus beaux joyaux culturels français. Le gouvernement actuel saura-t-il s'attaquer au fléau que représente, pour la vinviticulture française, cette loi Evin ? Inquiétude chez les viticulteurs. Mais pas que.

Un article de Boris De La Cruz, tiré du Parisien du dimanche 30 mars 2008.

«Si on supprime nos sites Internet, nous sommes mal ! En restant dans sa cave, même en faisant le meilleur vin du monde, un vigneron n'attire personne, explique Serge Cosialls, directeur des caves Terra Ventoux, dans le Vaucluse. Internet permet de nous faire connaître. »

Des viticulteurs de la région sont inquiets depuis que la cour d'appel de Paris a confirmé, le 13 février, la condamnation du brasseur Heineken pour avoir fait de la publicité vantant ses produits sur la Toile.

D'ailleurs depuis, le site Heineken.fr - qui était poursuivi par l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) - est inaccessible.

« Une épée de Damoclès au-dessus de la tête »

Les vignerons craignent que cette décision ne fasse jurisprudence, donnant un sacré coup d'arrêt à ce nouveau canal de vente qui marche très fort. On estime que le nombre de sites de vente de vin en ligne en France est désormais de plusieurs centaines. Leur chiffre d'affaires progresse sur un rythme d'environ 30 %. Un débouché précieux à l'heure où la viticulture française subit les assauts de la concurrence étrangère.

« La machine est lancée, on ne sait pas où elle s'arrêtera. C'est le monde à l'envers. Si on ferme les sites de vin français, les consommateurs étrangers ne pourront plus nous découvrir alors que les Français pourront facilement commander en ligne les vins californiens et étrangers », s'emporte Michel Blanc, président des producteurs de vins de Châteauneuf-du-Pape. « Depuis quatre ans, on a multiplié par quatre nos ventes sur Internet. On touche une autre clientèle », renchérit Christiane Théodosiou, responsable de la cave de Visan, dans l'Enclave des papes.

« Tous les sites Internet vendant vins et alcools ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête, confirme l'avocat spécialisé Pascal Goyard. La loi Evin, adoptée en 1991, ne mentionnait pas Internet puisque ce support n'existait quasiment pas à l'époque. Donc, tout ce qui n'a pas été prévu par cette loi n'est normalement pas autorisé. »

La solution pour échapper aux poursuites judiciaires consisterait à créer un site Internet en anglais, en «.com », qui bloquerait l'accès aux internautes français, en détectant l'origine de l'adresse. Certains vignobles du Bordelais auraient déjà opté pour cette solution, tout comme le brasseur irlandais Guinness... « Ils se privent de la clientèle française mais ne pourraient être menacés de poursuites », explique l'avocat.

En tout, trois sénateurs du Languedoc-Roussillon ont déposé fin février une proposition de loi pour inclure Internet dans les supports autorisés de la loi Evin.

ET VOUS ? ACHETEZ-VOUS DU VIN SUR INTERNET ? J'attends vos réponses et commentaires sur VINSURVIN.

 
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