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samedi, 02 août 2008

Conversation avec Brémont à Cucuron dans le Luberon

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Raconter l'expérience vécue dans le sud-Luberon pendant ces dix jours ne sera pas chose facile! Les rencontres oenophiles furent nombreuses, riches et passionnantes, et l'acceuil aux domaines chaleureux et irréprochable. Aujourd'hui, VINSURVIN vous propose l'interview de Louis-Michel Brémont, du domaine Les vadons, très sympathique vigneron dans le magnifique village de Cucuron (84), qui m'acceuillit au domaine, à l'ombre sur la terrasse. Nous avons abordé un très grand nombre de sujets tels que son parcours professionnel, ses méthodes de travail et les raisons du choix du bio, la place du Luberon dans le paysage viticole français et bien d'autres choses encore.

Vous rencontrez des problèmes techniques pour écouter les podcasts ? Merci de me laisser un commentaire pour me les signaler...


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Les vins de Louis-Michel Brémont :

Les Vadons, blanc / Les Vadons, rosé / Aquarelle, rouge / Tradition, rouge / La Melchiorte, rouge / Le Fourest, rouge / Aromasyline, rouge / Cuvée Réservée, rouge. Commentaires de dégustations bientôt sur VINSURVIN et lors d'un TupperWine Lubéron. 

 

vendredi, 01 août 2008

Le Luberon fait sa révolution

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Longtemps reléguée au rang des régions mineures du paysage viticole français, l'heure est venue de revoir notre copie et de nous pencher, que dis-je, de nous précipiter, sur les vins modernes, nouveaux et de grande qualité d'une région qui fait sa révolution depuis une petite vingtaine d'années : le Luberon. Non stéréotypés, et encore moins formatés, les vins expriment d'un domaine à l'autre des personalités très différentes, des charactère bien trempés et beaucoup d'élégance, à tel point que l'on pourrait bien qualifier cette région du Vaucluse de laboratoire de la viticulture sudiste à la française. Sous un ciel que nul nuage ne vient obscurcir, le concert des cigales et des grillons plonge le quidam dans une sérénité qu'il croyait perdue.   

1417114424.JPGCucuron, la Tour d'Aigues, Pertuis, Lourmarin... autant de noms de villages qui, contrairement aux "nordistes" chateauneuf-du-pape, gigondas et autres crozes-hermitage, sonnent comme des patelins inconnus du grand public. Promue AOC en 1988, composée de trente six communes, s'étendant sur les versants nord et sud du massif calcaire du Luberon (prononcer "Lubeuron"), l'appellation côtes-du-luberon  (3000 ha déclarés en 2006 pour une production de 123 500 hl) cultive principalement un encépagement de qualité (grenache et syrah) sur un terroir original, bercé par de grosses chaleurs et des nuits fraîches, première charactéristique maison. A travers le rolle, l'ugny et la clairette, voire le grenache blanc, le chardonnay et la roussanne, la région dispose d'un joli arsenal de vins blancs. Tendance et n'échappant à l'influence des côtes-de-provence voisins, le rosé trouve également une place non négligeable.

La question est quand même de savoir comment il se fait qu'en l'espace de vingt ans le64006731.2.JPG sud-luberon a réussi sa révolution, un véritable coup de force qui le propulse aujourd'hui à un tel niveau de qualité et en fait un prétendant aux classiques de la viticulture française. Car au sortir de la deuxième guerre, le Luberon viticole se satisfait de vivre en autarcie et de produire de simple vins de table, consommés (et appréciés) par les autochtones, les viticulteurs se contentant de cultiver la vigne, comme on cultiverait des navets ou des rutabagas, et de l'emmener à la coopérative pour la grande lessive. Sans compter qu'à l'époque, la policulture domine l'économie agricole de la région : associés à la vigne sont cultivés de nombreux fruits et légumes.

1999132407.JPGLouis-Michel Brémont, viticulteur à Cucuron et auteur d'un délicieux Vadon, pour ne citer que cet assemblage de grenache et de syrah, est sans doute l'épitomie de cette transformation. Lorsqu'en fils unique il reprend l'exploitation familiale en 1998, son père est tout étonné de le voir "mettre des vignes par-terre" et de laisser pousser les herbes dans les allées. "Je veux bien reprendre le domaine, mais à condition que l'on me laisse faire comme je l'entends", avait prévenu Louis-Michel, dont acte. Reflet de la typicité du terroir, d'un travail en bio et d'une idée précise du travail du vigneron, les vins de Louis-Michel sont un exemple de qualité.

Le bio, tendance répendue et gage de réussite dans le Luberon, peut-être. Mais pa234850164.JPGs seulement. Car nombreux sont les voyageurs, les rêveurs et les investisseurs à avoir contribué au renouveau, ou plutôt à la (re)naissance du Luberon. Ils sont plusieurs, un beau jour, à avoir posé leurs bagages dans cette sublime région, pour ne jamais en repartir. Qu'ils soient tombés amoureux de ses villages, comme le grand-père de Fabrice Monod (Château Fontvert) qui vendit même sa première maison à Albert Camus (enterré à Lourmarin), qu'ils aient décidé d'y faire du vin pour leurs compatriotes britanniques et d'Outre-Manche, comme l'Ecossais Allan Wilson (Saint-Estève de Néri), qu'ils aient tout plaqué pour leur passion comme les Souzan (Grand Callamand), qu'ils marchent sur les traces de leurs ancêtres bourguignons, comme Sylvain Morey (la Bastide du Claux), ou qu'ils aient suivi un oncle comme le Wallon Nicolas Parmentier (la Dorgonne), tous ont un profond respect pour ce terroir et une volonté de bien faire. VINSURVIN les a, souvent longuement, rencontré, afin de goûter leur vin, certes, mais aussi et surtout de les écouter nous conter leur histoire, leur passion, leur région. Direction le Luberon !

Photos VINSURVIN, juillet 2008.

1. route des vignobles du Luberon ; 2. maison sur la place de Cucuron ; 3. vignoble sur la route de Tour d'Aigues ; 4. Grand Callamand, à Pertuis ; 5. Moulin sur la route de Saint-Estève de Néri.

 


 

mardi, 15 juillet 2008

Septime se sublime.

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Le TupperWine 9.0 a célébré un domaine, celui de Jean Becker, dévoilé deux cavistes, Jérôme et Olivier, révélé un photographe, Arnaud Septime. Amateur de vin, concepteur de sites internet et passionné de photos, l'homme-qui-photographiait-des-plafonds, comme j'aime lui dire sur le ton de la plaisanterie, nous a gratifié d'une série de portraits d'oenophiles en pleine dégustation, plus remarquables les uns que les autres. Quand deux formes d'art se rencontrent.

Je vais finir par me prendre pour une star. Pas une seule dégustation sans que je tombe sur Arnaud, alias Monsieur Septime. C'est devenu une habitude, Arnaud ne me dit jamais bonjour quand nous nous rencontrons. Il me prend en photo. Ou, plus modestement, il prend une photo, avec votre humble serviteur au milieu. C'est sa façon de me saluer. De saluer les gens. Cadrer. Appuyer sur la gâchette. Mitrailler. Bû, avril 2008, à peine descendu de la voiture de Laurent Baraou, mon Septime est sur le parking, caché derrière son appareil. Et ce n'est pas pour Emmanuel Delmas, trop peu photogénique. Dernier salon des vignerons indépendants en date, porte de champerret, il me refait le coup ! Mardi dernier, rue Lamarck, Arnaud, comme d'habitude, est le premier sur les lieux. Il veut capter les tout premiers arrivants et leur refaire le portrait.

Jeudi dernier, Arnaud est encore en position de primo-arrivant, pas couché sur un capot de voiture pour avoir le meilleur angle, mais presque. Et là, il se fait plaisir, il nous fait plaisir en nous offrant cette série de photos et de portraits. Vous lirez toute l'attention des dégustateurs qui boivent les paroles de Martine Becker. Vous remarquerez la concentration avec laquelle les TupperWiners hument les parfums qui s'échappent de leur verre. Vous saisirez tout le plaisir qui se dégage de cette expérience qu'est la découverte d'un vin.  Vous ne manquerez pas la convivialité qui se dégage de ces dégustations. Quand on pense que certains allumés essaient pathétiquement de mettre à sac la viniculture française. A défaut de les mépriser, difficile en tous cas de ne pas ressentir pitié et agacement. Assez parlé. A toi l'artiste, et mille fois merci !

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Jérôme (à gauche) et Olivier, qui viennent de reprendre la boutique de Christophe, l'Hardi Vin, il y a à peine une semaine, s'affairent pour acceuillir les TupperWine dans les meilleures conditions.

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Justine (venue exprès du Canada) et Julien de findawine ne boudent pas leur plaisir.
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Fabrice Bonardi serait-il entrain de chercher de la matière pour son prochain roman ?
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Raphaël (alias Laflutte, dit la Sténo) n'a pas écrit grand chose, trop occupé à écouter Martine et déguster ses vins !
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Votre humble serviteur, Céline (toute nouvelle TupperWineuse) et Christophe (alias Sancho Panza).
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De nombreuses (jeunes) femmes avaient fait le déplacement. En dehors d'Anne (et d'Ariane - absente sur ces photos),
c'était une première pour elles. En illustration (photo N° 1), peut-être la plus belle photo : séquence plaisir avec Christophe, en pleine réflexion, la bouche pleine, faisant tournoyer son vin dans la bouche, à la recherche des notes que lui évoquent ce nectar, la tête dans les étoiles...
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Pour terminer, un homme comblé, votre humble serviteur, qui part dès mardi sur les routes de France et de Navarre (Provence, Lubéron, pour commencer) pour vous dénicher de bons petits vins de chez nous, à découvrir lors des prochains TupperWine et  sur VINSURVIN !
Bonnes vacances à toutes et à tous, et merci pour votre fidélité à VINSURVIN, Producteur de Chroniques Oenophiles.

 

samedi, 12 juillet 2008

Un Nouveau Wine Blog !

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Elle s'appelle Anne, elle vit à la Défense, elle adore le vin, elle est TupperWineuse assidue, et depuis quelque temps, elle anime un blog dans lequel elle nous conte ses dégustations, ses coups de coeur, ses aventures (oenophiles). Une fille, jeune, qui aime le vin et le dit : voilà une bonne nouvelle ! Bienvenue à DINDONSWINE, bienvenue à Anne, dans la Winosphère !

 

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Anne, lors du TupperWine 9.0 Off, à l'Hardi Vin : les (jeunes) femmes
sont de plus en plus nombreuses à s'intéresser au vin.

Martine monte à Paris.

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Strasbourg-Paris en TGV : 2h20 ; Dégustation Martine Becker : 2 heures de TGV (très grands vins). Il ne fallait pas arriver en retard jeudi dernier au TupperWine 9.0 Off menée par un train d'enfer et de main de maître par l'excellente Martine Becker du quadri-centenaire Domaine Jean Becker (Zellenberg). Des Grands Crus Sonnenglanz, Froehn, Schlossberg, du riesling, du tokay -pardon, du pinot gris-, du gewurztraminer, présentés à un parterre d'amateurs médusés : c'est quand le prochain TupperWine qu'on se régale encore ?  

626760289.jpgL'occasion fait parfois le larron. Il aura suffit d'un e-mail de Martine Becker (photo de dte) le 4 juillet dernier, dans lequel elle m'informait de sa venue à Paris, pour ameuter la troupe et organiser un TupperWine 9.0 Off une semaine plus tard. Bien en prit à votre humble serviteur puisque ce ne sont pas moins de vingt cinq personnes qui se retrouvèrent chez Jérôme et Olivier, les très sympathiques nouveaux locataires de l'HardiVin, fraîchement arrivés dans la très féminine rue des Dames. Monsieur Christophe, anciens maître des lieux, si tu m'entends, mes amitiés. A noter également, et vous le constaterez par vous-même, les magnifiques clichés du désormais photographe officiel des TupperWine, Arnaud Septime de mistelle.fr.

La dégustation démarre avec un rince-gueule nommé Gentil, et c'est vrai qu'il ne fait pas de mal. Un schlück (en alsacien dans le texte) de cet assemblage de riesling, de gewurtz et de muscat annonce la couleur : reflets dorés, brillance, limpidité, minéralité, notes de fruits à chair blanche (pêche, poire...), on ne va pas s'ennuyer.

2056137193.jpgAllez, spretzig ! Après cette gorgée pour se mettre en jambes (fines sur la paroie du verre), premier arrêt en gare de Schönenbourg, un riesling Grand Cru 2004, beau comme un joli château. Un superbe nez de fruits mûrs (mirabelles, prunes jaunes), une bouche fraîche, dotée d'une jolie acidité. Pas encore gradé "général", mais fera assurément un "très bon caporal". Dixit Martine ! La version 2001 présente une couleur plus marquée. Le nez est plus ouvert mais plus complexe également. Des notes de foins coupés, de fleurs blanches. La bouche est bien plus grasse. Grand Cru Froehn Reisling 2001 fait l'unanimité dans l'assemblée, notamment auprès de ces dames, très nombreuses une fois de plus, jeudi soir. Des notes de torréfaction, une bouche agrume-citron jaune, de la fraîcheur associée à une belle matière. C'est vrai que ce vin a beaucoup de charme.   

Grand Cru Schlossberg Riesling 2004 nous confirme la typicité du cépage (riesling, donc), comme ressenti à travers les trois premiers Grands Crus. Cépage rhénan par excellence, on le dit "fidèle" au terroir. Evidemment, selon la nature des sous-sols, il s'exprimera différemment, mais une belle et longue structure acide qui lui donne beaucoup de race, de la puissance, des arômes très nobles de canelles, d'écorces d'orange mais aussi d'acacia et d'exotisme tapissent le palais du dégustateur.

Nous ponctuons cette farandole de rieslings avec une vendange tardive qui nous conduit vers une1207764070.jpg palette aromatique de fruits à chair blanche cuits, de confitures de coing, soutenus par une belle acidité. Si Martine nous prend par les sentiments, evidemment...

Spretzig ! Place au pinot gris ! Grand Cru Froehn 2002 et Sonnenglanz 2002, Ce "sultan" de froehn 2002 me séduit par son nez fin, élégant, tendu. La bouche est ronde mais finit par une entourloupe de retour sur la fraîcheur (j'me comprends...) qui donne un plaisir fou. Le nez de sonnenglanz est très expressif de fruits confits et de coing. La bouche est ample et empreinte d'une longue finale très épicée. Il est étonnant de constater que ce cépage pinot gris fait le pont entre le riesling et le gewurtz. Possédant des caractéristiques de l'un (finesse, fraîcheur) et de l'autre (rondeur, ampleur).

Correspondance pour le cépage gewurtztraminer, moment où votre humble serviteur a posé son carnet et son stylo pour... laver des verres ? servir les petit-fours ? prendre l'air ? Ou tout simplement profiter pleinement des vins et des convives. Gewurztraminer Grand Cru Sonnenglanz 2004, son nez fleuri de fleurs blanches, ses notes manifestes de litchi, sa finale épicée. Gewurztraminer Grand Cru Schoenenbourg 2003, la rue des Dames, ses restaurants, j'ai faim, ses passantes, j'ai soif, son air frais, j'ai chaud. Gewurztraminer Grand Cru Froehn 2004, Gewurztraminer Rimelsberg... Was ist loss ? Spretzig ? Kein problem ! Ich bin alein oder ein Berliner ? Neun und neunzich luftballons... 

Domaine Jean Becker, 4 route d'Ostheim, 68340 Zellenberg ; vinsbecker@aol.com

L'HardiVin, 109 rue des Dames, 75017 Paris.

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vendredi, 11 juillet 2008

TupperWine 8.0 : les photos !

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Rassembler autour d'un vigneron des gens de tous horizons, dans des lieus divers et variés de la capitale ; l'écouter nous conter son travail, sa passion, sa vie ; lui poser des questions, goûter son vin : voici l'objectif simple de VINSURVIN. Les photos d'un événement, aussi jolies soient-elles, ne remplaceront jamais les bons moments vécus, je vous l'accorde. Mais pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus par les TupperWine de VINSURVIN, ou qui joueraient les timides, petite revue de clichés made in mistelle.fr. 

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Benoit Chazallon, votre humble serviteur, et Florence Chazallon, qui m'avait fait parvenir cinq échantillons (un par cuvée) en décembre 2007, gardés précieusement en cave parisienne. Complétés par deux Serre de Berty (2002, 2003) reçus avant ce TupperWine 8.0 : sept flacons seront donc au programme.
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Benoit assure le service et se montre très disponible pour répondre aux questions, nombreuses, des TupperWiners.
L'occasion est donnée aux dégustateurs de rencontrer un vigneron, parfois pour la première fois,
et de trouver réponses à leurs interrogations.
A gauche, C-Drick (médaillé de l'assiduité) et Daniel, à droite,
un petit nouveau que l'on reverra sans doute !
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Aujourd'hui, si tu veux réussir, il faut assurer la com.
Votre humble serviteur vous présente Suzie,
une toute nouvelle Tupperwineuse.
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"Pour apprendre le vin ? Il faut dé-gus-ter, Jean. DE-GUS-TER ! Tu comprends ? Répète..."
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"Ben voilà... t'as tout compris !" 
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Un TupperWine 8.0 éminemment jeune et féminin :
les clichés sur la relation
des femmes et des jeunes avec le vin volent en éclat.
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Prochain Tupperwine (10.0) le 09 Septembre 2008.

Benoit Chazallon : l'Ardéchois qui attend le vent.

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Pendant que certains ne jurent que par le bordeaux (supérieur) ou par le côtes-du-rhône-et-rien-d'autre (pour changer de disque), d'autres se promènent et se régalent dans le vignoble français à la découverte de cépages et de régions qu'on aurait peine à situer sur la map-France. Et quand ça fait un peu de route pour y aller, et bien, on invite les vignerons à Paris ! A l'Eternel Retour, sorte de caviste du livre, retour des non moins éternels TupperWine, et arrivée Benoît Chazallon,  accompagné de sa ravissante épouse, Florence.

 

1564498425.jpgLes Bahamas, ses plages de sable fin, ses eaux transparentes, sa sérénité. Métro Lamarck-Caulaincourt : ses usagers usagés, son crachin estival, son air de s'en foutre. Il en fallait une dose de courage pour débarquer de Roissy, après un voyage de noces dans un  endroit paradisiaque, dans un Paris triste et maussade, et avant de retrouver une Ardèche chaude et Joyeuse. C'est pourtant l'exploit qu'on réalisé les Chazallon du Domaine de la Selve mardi dernier. Et tout ça pour un modeste TupperWine 8.0, chapeau et merci ! 

Comme un caviste chez lequel on trouverait des vins des plus rares aux1240033524.jpg flacons les plus attendus, l'Eternel Retour, échoppe estampillée philosophie, donne l'impression que l'on trouvera forcément son bonheur : l'Illiade et l'Odyssée, d'Homer ;  l'Histoire des Beach Boys ; les Sept Péchés du Chocolat et même des Monsieur et Madame !! Du bonheur, c'est effectivement c'est qu'est venue chercher une bonne vingtaine de personnes, avides de savoir quels vins se cachent derrière cette Ardèche, trop souvent et banalement réduite à ses gorges, sa rivière enjambée par son (Vallon Pont d') Arc et ses campings ambiance ricard-pétanque-merguez.  

Le rosé Maguelonne, le blanc Saint-Régis, les rouges Palissaire, Beaulieu et Serre de Berty : la litanie des vins du Château de la Selve est illustrée et commentée par un Benoit Chazallon prolixe, pédagogue et convaincant. Le jeune vigneron (à peine 30 ans), élevé à l'école bourguignonne, insiste sur le labeur effectué, dans le respect du terroir et de l'environnement. Le travail en culture organique est pratiqué en n'utilisant ni insecticides, ni engrais chimique afin de favoriser l'activité et l'équilibre du sol par la biodiversité. Les vignes subissent une taille et un ébourgeonnage sévère. Les rendements naturels à 40 hectos/hectare en moyenne permettent la meilleure expression des terroirs. A toute les étapes (vendange, vinification, et élevage), on travaille sur le "ressenti", à tel point que les cycles lunaires jouent un rôle prépodérant dasn les différentes étapes du travail dans les vignes. Résultat : des vins vivants alliant complexité, finesse et élégance.

C'était le retour des TupperWine à l'Eternel Retour, mardi 8 juillet ! Retour pour l'éternité, pas sûr, mais les locataires du 77 rue Lamarck entendent bien recevoir les TupperWine une troisième fois ! Prochain TupperWine, mardi 9 septembre.

DOMAINE DU CHÂTEAU DE LA SELVE, 07120 Grospierres ; m.chazallon@chateau-de-la-selve.fr ; Tél : 04.75.93.02.55 ; Fax : 04.75.93.09.37

Des détails de la dégustation sur DINDONSWINE.

jeudi, 10 juillet 2008

Devenir devin en vin.

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Nombreux sont aujourd'hui les gens à vouloir en savoir un peu plus sur le vin. C'est une bonne nouvelle pour le vin en général, et la viniculture française en particulier. Mais, si tant est que ce puisse être le cas un jour, comment "s'y connaître en vin", comment devenir "un amateur éclairé", voire "un spécialiste" ?  Clothilde (23 ans) m'a demandé mardi soir lors du TupperWine 8.0, ou était-ce son frère, Jean (20 ans), quels ouvrages acheter pour s'y connaître en vin ? Si une visite régulière de VINSURVIN permet de poser les premiers jalons (répondit-il en toute modestie), une autre réponse s'impose : aucun. En tous cas, pour commencer. 

Première constatation avant d'aborder la question qui nous intéresse, la présence d'au moins cinq personnes n'éxcédant pas les 25 ans d'âge, 1851362414.jpgsoit un quart des présents, hier soir au TupperWine 8.0. Le vin, un truc de vieux ? Cliché. Nombre de personnes "s'y connaissant en vin" ? Aucune importance. Car on ne s'y connait en vin que face à deux types de personnes. Un(e) novice : "cite-moi un vin blanc très connu de bourgogne", "Fôcile : un gewürtz. J'ai bon ?". Et soi-même, car il est important de définir ses propres envies, ses besoins, ses attentes. Alors, comment s'y prendre pour répondre autre chose qu'"un bordeaux, pour un bon repas", "un alsace avec le poisson", "un coteau du layon avec le foie gras" ? Comment cesser de passer pour une bille en société lorsque certains brillent d'un "j'ai dégusté, pas plus tard qu'hier midi avec un cordon bleu-petits pois du jardin, un Romanée-Conti 1957. Pas mal, singulier nonobstant son origine, mais les tertiaires étaient sur le déclin et la bouche était un peu asséchante" ou d'un "il faut arrêter de dire que les AOVDQS n'ont pas leur place dans le paysage viticole français quand le classement des grands crus 1855 est lui-même remis en question" ?

Le vin est un élément culturel à part entière. Un événement culturel, même. Il est à classer au même rang que l'art, la musique, le cinéma, les voyages : si vous passez votre temps à lire des magazines spécialisés au lieu de voir des expositions ou visiter des musées, au lieu d'écouter des disques et d'aller à des concerts, au lieu d'aller au cinéma, au lieu de prendre des trains ou des avions, vos connaissances seront encyclopédiques (certes) mais vos expériences et anecdotes d'une pauvreté déconcertante, vos connaissances incomplètes, dénuées de l'essentiel. Sans vouloir verser dans l'élitisme, aujourd'hui, l'amateur de vin est un amateur de rencontres et de culture. L'amateur de vin à soif. Soif de savoir, de découvertes, de surprises, de jouissances, d'inconnu, d'échanges, d'extases et de plaisir. L'amateur de vin n'est pas un légume motivé par l'oisiveté culturelle et intellectuelle.

704247486.jpgA la question de ces très jeunes adultes - comment faire pour apprendre le vin ? - j'ai répondu "il faut déguster", déguster des vins de toute la France, ce qui permet en plus de revoir  sa géographie ! Munissez-vous d'une bonne carte des vignobles de France et choisissez une première région à explorer. On ne saurait être exhaustif ici en citant les AOC, les VDP, les VDT, etc, à déguster afin d'aiguiser son palais et d'affiner sa culture. Sélectionnez des régions la rubrique "catégories" sur VINSURVIN et baladez-vous au gré des régions de France et de Navarre.

Se concentrer sur une région viticole, c'est aussi se concentrer sur un terroir, un cépage, des méthodes de travail. C'est découvrir les stupéfiantes caractéristiques que peut prendre un cépage selon le sol sur lequel il pousse et selon les dates auquel il est vendangé. Tout le monde pense au cépage chenin : goûtez un savennières, puis un quart de chaume. Un jasnière, puis un coteau de l'aubance... sensations assurées.

A défaut de se rendre sur place, chez les vignerons, acheter son vin chez un caviste indépendant. Ils sont nombreux à vendre de très bons1396286942.jpg vins et, surtout, à savoir en parler, ce qui vous familiarisera avec le lexique du vin. En lui précisant bien pour quel type d'occasion le vin est destiné, votre caviste vous proposera deux, trois vins. Il vous expliquera peut-être que ce vigneron travaille en agriculture raisonnée, ou en biodynamie, que son vin est sur le fruit, léger voire gouleyant, mais avec une belle matière, un gras et une jolie longueur en bouche, et qu'on pourra le boire avec une viande blanche ou de la charcuterie. Il vous parlera de ce pouilly fumé, minéral, élaboré en Centre Loire avec du sauvignon, à ne pas confondre avec un pouilly fuissé, fleuri, fait en Bourgogne avec du chardonnay. Tout cela sera impossible dans un supermarché.

Acheter son vin dans les bons endroits, déguster, modérément, régulièrement, échanger, commenter, critiquer, parler avec des mots simples, laisser parler ses sentiments, ses impressions, faire preuve de curiosité, se pencher sur l'identité du vin, son terroir, son cépage, son vigneron : voilà quelques recettes qui feront de vous, si ce n'est un spécialiste, un fin connaisseur !

(1) cépage roi en Loire (2) cépage du muscadet.

Photos 4, 3 et 2 : Clothilde, Jean et leur soeur (dont j'ai oublié le prénom, pardon ;-)). Photos : Monsieur Septime de Mistelle.fr (merci Arnaud !) prises à la librairie l'Eternel Retour, 77 rue Lamarck, Paris 18.

dimanche, 06 juillet 2008

TupperWine : le Quiz pour déguster (du bon).

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TupperWine 8.0 a lieu mardi prochain ! Du vin d'Ardèche à découvrir ! A Paris, une quinzaine de personnes, dans un lieu tenu secret jusqu'au dernier moment (ça, c'est pour le mythe), découvriront une pépite élaborée au Château de la Selve, en Ardèche. Mais qu'est-ce donc que ce truc et comment peut-on y participer, que l'on soit un amateur éclairé ou une bille totale en vin ?

Pour y participer, rien de plus simple. Il vous suffit de répondre à ce petit quiz sur l'Ardèche, région dont les vins seront au programme. Rassurez-vous, cette dégustation n'est pas une opération marketing déguisée ! Il n'y a rien à vendre, juste à déguster !

 LE QUIZ...

1. Parmi ces cépages, un seul n'est pas élevé en Ardèche. Du quel s'agit-il ?

a.  Syrah ; b. Grenache ; c. Merlot ; d. Carménère ; e. Chatus.

2. Parmi ces appellations, une ne fait pas partie des Coteau de l'Ardèche. Laquelle ? 

a. Côtes-du-Rhône ; b. Côtes-du-Vivarais ; c. Côtes de Beaune.

3. Parmi ces cinq villages ardéchois, un ne fait pas partie des VDP de cette région. Lequel ?

a. Labeaume ; b. Millau ; c. Beaulieu ; d. Grospierres ; e. Joyeuse.

4. Parmi ces 5 vins, un n'est pas éléboré par le Château de la Selve. Lequel ?

a. Serre de Berty ; b. Beaulieu ; c. Palissaire ; d. Saint-Régis ; e. Condrieu 

5. Créer ce quiz ne fut :

a. pas facile ; b. pas facile ; c. pas facile ; e. pas facile.  

Répondez simplement (1/a ; 2/b ; etc...) par commentaire. N'omettez pas de laisser une adresse e-mail valide afin que je puisse vous envoyer l'adresse où se déroulera ce TupperWine 8.0. Fin du quiz : mardi 7 juin : minuit.

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 TupperWine 7.0 : Cave Lya, le Retour. Champagne ! L'équipe de "findawine" presque au complet (manque Julie, cachée). 
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TupperWine 6.0 : un impressionniste chablis 1er Cru Gallerie Roussard,
à deux pas du Sacré Coeur.
TupperWine 4.0 : Carine et Fabrice suivent la présentation
du prochain coteau varois avec beaucoup d'intérêt.
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TupperWine 3.0, chez findawine.com. La Loire au centre du débat : 
Chinon (B. Baudry) et Saint-Nicolas de Bourgueil (D. Drussé). Un TupperWine, hyper open-minded :
des hommes, des femmes, des jeunes, des quadra (des quinquas?!),
il y a même un employé de chez Nicolas. C'est vous dire.
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Décembre 2007, un TupperWine 2.0 assez exceptionnel à l'HardiVin, rue des Dames (Paris 17)
avec une verticale de 1er crus de Chablis de chez Monsieur Daniel-Etienne Defaix ! Nils, Christophe,
Laurent, Fred au premier plan. C-Drick au centre (arrière plan).
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Novembre 2007, TupperWine 1.0 Cave Lya. Christophe, Fabrice et Raph. Pouilly Fuissé et Cahors bio au programme. Nous sommes neuf ! 

APRES UN TUPPERWINE, ILS / ELLES ONT DIT :

Bien qu'il s'agisse du Tupperwine 7.0 organisé par VINSURVIN, c'était pour moi ma première participation : quelle découverte!! Une ambiance conviviale avec des produits de qualité présentés par des professionnels passionnés à des amateurs éclairés... bref, tout pour plaire. Edward.

Merci encore, Fabrice, pour cette soirée. Je me dis de plus en plus que tu as eu une excellente idée, le jour où tu as inventé ces rencontres : 1 cavistes + 1 vigneron + des dégustateurs, que seul réunit un commun intérêt pour le vin, quelle belle idée ! Julie.

Alors que je m'engouffrai dans mon taxi vers 1H00 du matin, après un resto où nous nous sommes retrouvés avec quelques Tupper-dégustateurs après la première Tuperwine, je ne pensais qu'à une chose: la prochaine... Christophe, Alias Sancho Panza.

Comme j'aurais aimé pouvoir venir... une autre fois peut-être. Encore que, si la lecture de ce billet m'a donné des envies de descente chez un bon caviste, je me suis sentie toute petite en connaissances. Cécile.

Photos : C-Drick et Monsieur Septime.

 

vendredi, 04 juillet 2008

Offrez-vous un bon Rhône Movie !

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Quitter l'autoroute et la lassitude de la ligne droite pour prendre les pittoresques départementales. Basculer dans un sud délicieusement accablant. Admirer la vigne bousculée par un mistral vivifiant, hostile et dominateur. Conjugaison d'une culture ancestrale, d'un paysage complexe et apaisant, et d'un vignoble séduisant, le Rhône méridional est un incontournable dans la panoplie de l'oenophile.

765107836.2.JPGA choisir entre rester coincé dans les bouchons de la Vallée du Rhône et palper les bouchons des vins du Rhône, le choix est vite fait. Nous appellerons les trois premières appellations rhôdaniennes à ne pas manquer les 3 V : Valréas, Visan, Vinsobres. En venant de Valence, quitter l'A7 avant Donzères, direction Nyons, en empruntant la D133. La légende raconte qu'en revenant de Lyon, le Pape Jean XXII, très fatigué, recouvra la santé, grâce aux vins de Valréas, où l'on trouve aujourd'hui des côtes-du-rhône-villages rouges délicieusement fruités et floraux. Pour trouver son bonheur, rendez-vous chez les Vignerons de l'Enclave des Papes, Rte d'Orange, Valréas. A Visan, rendez-vous, entre autres, au Domaine la Florane (Vallon Notre-Dame) afin d'y déguster, notamment, Domaine la Florane et Terre Pourpre. Enfin, à Vinsobres, vous dégusterez les vins du Domaine de Deurre, et vous m'en direz des nouvelles. Les vins dits de l'Enclave des Papes, qui valent à cette région et à Chateauneuf du Pape quelques frictions, sont une fois de plus la preuve de la richesse du terroir français.

Nous quittons le Tryptique des trois V pour nous rendre à Rasteau, puis Cairanne, après un passage "obligé" par1424396751.JPG Vaison-la-Romaine, deux appellations difficilement contournables des Côtes-du-Rhône villages, qui mériteraient largement l'appellation communale. Rasteau et Beaumes-de-Venise sont les deux seules communes qui produisent aussi des vins doux naturels. A Rasteau, n'hésitez pas à aller rendre viste au Domaine Wilfried. Goûtez le CdR Village Rasteau 2005 (7€), le CdR Village Cairanne 2004 (7,50€) et, cela va de soi, le Vin Doux Naturel Rasteau Doré 1995 (15€). Il ne faudra, sous aucun prétexte, oublier de passer mon bonjour à ce charmant couple (ainsi qu'au "prof d'anglais") et aller se promener sur les hauteurs de Cairanne, dans les vignes : lieu idéal pour un pique-nique. Et une sieste ! Suite des pérégrinations également dans le très mignon Domaine de la Magnaneraie, à Cairanne, ou Madame Armand vous acceuillera "des cigales plein la bouche".

284866508.JPGOn pourra évidemment faire une halte à Sablet et Séguret sur le chemin de Gigondas (au sud) mais l'oenotourisme a cela de frustrant que l'on ne peut s'arrêter partout. Il faut donc faire des choix ! A moins de s'installer un semaine dans la région ! Protégé par ses remparts du XIVè siècle, avec ses ruelles étroites et ombragées ponctuées de fontaines, Sablet possède un charme fou. Ses plus beaux atours s'observent sur la route de Séguret, un autre village des Côtes-du-Rhône, un des plus beaux de France.

Depuis les hauteurs de Gigondas, le panorama sur le vignoble et les1425085226.JPG Cévènnes est grandiose. Les ruelles grimpent à l'assaut du campanile, dévoilant les Dentelles de Montmirail, barre de calcaire jurassique. Au creux des coteaux, de gros ceps semblent se tordre de douleur (dixit PTT). Gigondas est l'autre grande appellation de la rive gauche du Rhône. Les vignobles gagnés sur d'anciennes oliveraies furent d'abord classés Côte-du-Rhône, puis en 1966 Côte-du-Rhône Villages et, enfin, entrèrent en 1971 dans le club très fermé des AOC.

L'encépagement, très proche de celui du Châteauneuf-du-Pape, est dominé par le grenache noir, la syrah, le mourvèdre et le cinsault. La production est à majorité composée de vins rouges puissants et d'une grande finesse aromatique.609098102.JPG Vous aurez, en outre, l'occasion de déguster des vacqueyras chez grand nombre de vignerons de Gigondas. Domaine Amadieu, Domaine de Font-Sane, Domaine du Pesquier et Domaine du Grapillon d'Or font partie des préférés de VINSURVIN.

 

 

Outre les dégustations de vins de qualité remarquable et les multiples plaisirs qui en découlent, la visite des caves s'inscrit dans la découverte d'une France riche d'une Histoire, d'une géographie, d'une culture et d'une identité incomparable. En s'attaquant de toutes parts à notre vin, les lobbies anti-alcool et les alatoyas du monde propre et sécurisé s'attaquent à ce que nous avons de plus précieux : notre culture et notre identité. Il ne s'agit pas, ici, de défendre la consommation d'alcool, voire d'inciter quelconque lecteur à s'ennivrer lors de ces dégustations mais au contraire, dans un registre culturel et hédoniste, de s'ouvrir au monde fantastique, sensoriel, onirique et convivial de l'oenophilie.       

Photos VINSURVIN, aôut 2007. 1. L'entrée du domaine du Grapillon d'Or à Gigondas ; 2. Vue depuis les hauteurs de Cairanne ; 3. Acceuil chez le propriétaire ; 4. Panorama depuis les hauteurs de Gigondas ; 5. Le village de Gigondas et les Dentelles de Montmirail.

La Vallée du Rhône sur VINSURVIN, c'est ICI, pour d'autres bonnes d'adresses, plus d'informations et de commentaires de dégustations.

 

mercredi, 02 juillet 2008

J'ai testé pour vous...

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Entre les rencontres impromptues dans les salons de moleskine, les échantillons passés de main à main Place de Clichy, les colis dans la boîte à lettres, et ceux livrés par les coursiers des boîtes de com, la difficile tâche de VINSURVIN se voit aujourd'hui étendue. Si on est loin des errances dans les vignes ou des goûte-moi-ça dans les troglo, ces échantillons réservent parfois de belles surprises. Revue des derniers dégustés -et appréciés. Avec mes remerciements.

1084671118.JPGChampagne Thienot Brut Rosé. Boudé par les puristes, négligé par l'acheteur lambda, adulé par les femmes, le champagne rosé tarde à se faire une vraie place dans le paysage oeno-culturel français. Et c'est dommage, car ce vin, expression du charme et de la séduction, peut surclasser bon nombre de champagnes. Si celui de Bertrand Lhopital est un exemple de fraîcheur, de fruité et de raffinement, difficile de bouder celui des Thienot. Assemblage des trois cépages champenois (chardonnay, pinoit noir, pinot meunier), ce champagne rosé ouvre le bal sur de petites bulles nerveuses, mais, qualité essentielle, sans développer l'effervescence (type alcaselzer) des champagnes lambda. C'est d'abord sa vivacité, son côté explosif en bouche qui ravit le dégustateur, aspect que l'on retrouve d'ailleurs dans le Brut. Petits fruits rouges, puis griotte, framboise tapissent le palais dans une matière onctueuse, si ce n'est crémeuse. Des notes que l'on aimerait faire durer en bouche. Associé à des biscuits roses de Reims, comme ceux de la Maison Fossier, et voilà un moment des plus plaisant. Pour faire sobre.

Les arômes de ce Champagne Thienot Brut, produit de l'assemblage des trois cépages champenois également, sont vifs, gais et somme toute assez marqués.  Mais ce champagne surprend essentiellement par la fraîcheur, la densité, et la profondeur de sa matière. La bouche est fleurie, juvénile et d'une belle puissance, qui mériterait d'être un peu canalisée. Difficile une fois de plus de bouder son plaisir avec de tels vins.

Découverts au Salon des vignerons Indépendants du Carrousel du Louvre, les blancs de Château Bas, Coteaux d'Aix en Provence, nous1172876218.jpg prouvent une fois de plus la diversité, la complexité et la richesse du terroir français. Ouvert à l'apéritif, alors que le soleil tape sur les carreaux, Pierre du Sud intrigue le dégustateur. Pour un peu, il le laisserait dubitatif. C'est aussi pour ce genre de réaction que l'on aime le vin. Car quoi de pire que quelqu'un qui ponctue sa première gorgée d'un "ah, il est bon !" puis enchaîne sur un "et le boulot, ça va ?".

Pierre du Sud n'amasse pas mousse mais ne s'embarasse pas de fioritures non plus. Le nez exprime d'abord des notes franches et fraîches d'agrumes, notamment de citron jaune, puis viennent les fleurs blanches, le tilleul, avant que n'exultent des notes plus chaudes, comme l'ananas. La bouche est ardente nette et sans détour. De la fraîcheur, du zest, du citron jaune pressé. On en mettrait dans sa gourde pour aller arpenter le massif des Maures. A suivre sur VINSURVIN, les rosés de Château Bas...

130215527.gifOn finit avec le Domaine du Grand Guilhem, 2005, un fitou (rouge) des montagnes qu'Arnaud Vivancos m'a confié, la semaine dernière. Son architecte, Gilles Contrepoids, qui opérait dans l'informatique à Paris il y a une quinzaine d'années, rêvait d'avoir un domaine. Après avoir passé ses diplômes et vinifié à droite à gauche, il lance son premier millésime en 1998. La gamme des vins de ce reconverti est assez large : cru fitou, fitou grand guilhem, divers rivesaltes, corbières blancs et rosés...

On ne parle pas beaucoup du fitou sur VINSURVIN, la plus vieille appellation du Languedoc, au même titre que les corbières, c'est vrai. Ces deux appellations souffrent probablement du fait que les gros rendements de carignan donnent souvent des vins fades et sans reliefs. On entend et lit, çà et là, que Fitou vécut son heure de gloire dans les années 80 et que de nombreux vignerons se seraient endormis sur leurs lauriers... Mais Gilles Contrepoids éveille nos sens avec ce fitou Domaine Grand Guilhem. Il exprime des notes assez viriles et une certaine puissance à l'ouverture. D'ailleurs, des notes de cuir dominent nettement l'ensemble en premier lieu... Fruits noirs, kirsch, garrigue (thym, laurier), poivre noir s'invitent pour créer une agréable richesse aromatique. La bouche est ronde mais pas grasse comme certains faugères, les tanins sont un peu mous, et le fruit noir qui domine les premiers instants manque un peu de maturité, à mon goût. Des notes réglissées enrobent  une matière équilibrée et droite. Le vin est d'une certaine corpulence et s'exprime dans une longueur tout à fait honorable. Un beau potentiel qui pourrait s'avérer encore plus abouti dans les millésimes à venir. Je demande à goûter les 2003 et 2004 !     

Voilà, j'ai testé pour vous, mais n'oubliez pas que, chaque mois, vous pouvez également tester les vins de VINSURVIN lors des TupperWine. Prochaine édition, mardi 8 juillet, dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Renseignements et inscriptions ICI.

A suivre sur VINSURVIN,  Mas Nicot : 70 % grenache, 30% syrah, un excellent rosé languedocien qu'il faudra vite se procurer.

 

lundi, 30 juin 2008

Route des Vins : l'Anjou vous ouvre ses portes !

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Les vacances d'été sont l'occasion pour les amateurs de vin, novices ou éclairés, de pousser la porte des vignerons de France et de Navarre et de découvrir un monde pittoresque et fascinant. Derrière ces mots qui laissent rêveur (la Loire, les vignes, les dégustations à la propriété...), qui sont les hommes et les femmes qui élaborent ces vins délicieux ? A quoi ressemblent ces terroirs et ces vignobles ? Où se trouvent ces régions et ces villages estampillés sur nos bouteilles ? Organisez votre parcours initiatique à l'aide de VINSURVIN.

Quelle différence y a-t-il entre un vin acheté dans un supermarché et un vin achété à la propriété ? Qui a dit "ils sont meilleurs dans le deuxième cas" ?! Réponse : une histoire. Car qu'a t-on à raconter à ses convives lorsque le vin posé sur la table vient d'un hyper ? "Oh, la queue à la caisse samedi après-midi à Carouf ! 1h30 à poirotter ! Et pis, le rayon vin, il est encore plus long que le rayon accessoires de bagnoles. Du coup, j'ai pris au pif ! Heureusement qu'c'est pas aussi difficile pour l'huile de vidange, t'imagines la Xantia avec de l'huile de friteuse ?!"

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Ce week-end, destination Anjou ! Depuis Angers, filez vers le sud ! Traversez la Loire, direction Mûrs-Erignés pour aller goûter les vins de Marc Houtin et Julien Bresteau. La Grange aux Belles disposent d'un arsenal de vins blancs et rouges (authentiques, non filtrés, non collés...) qui ne laissent personne insensible. Cabernet, grolleau (gro quoi?!), sauvignon, chenin... goûtez les Pink Fluid (6€), La Chaussée Rouge (7€), 53 (8€), Fragile (9€). Et Merci (9€) ! ICI, l'histoire de VINSURVIN chez ces deux vignerons, sympatoches comme tout ! 

Ci-dessous : à gauche, la gamme des vins Grange aux Belles ; au milieu, Julien Bresteau et l'ami Fred, autour d'un casse-croûte dégustation ; à droite : Marc Houtin dans ses vignes. 

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Nous quittons Mûrs-Erigné pour Saint-Jean des Mauvrets (à l'Est). Impossible de ne pas se rendre dans une des appellations les plus prestigieuses de la Loire : l'Anjou Village de Brissac. Un détour par le château (XIè siècle) est également recommandé. Nous nous rendons chez J.Y Le breton pour y déguster La Croix de Mission : un nez bienfaisant qui associe fruits noirs et rouges. Des notes de sous-bois subtilement réglissées. La bouche est suave, ample et grasse. Et quelle matière! Epoustouflant. Les Millerits (rouge) : c'est d'abord la robe grenat sombre de ce 100% cabernet franc qui interpelle l'amateur. Puis le nez : puissant, complexe et typé. Un passage en carafe le sublimera encore plus. Un méli-mélo de fruits rouges et noirs très murs. Des notes assez viriles de réglisse et de tabac sont manifestes. De la richesse, du gras, mêlés à beaucoup de finesse. Enorme. Profitons-en pour tremper nos lèvres dans le sensuel coteau de l'aubance, un avant-gôut de ce que notre prochain vigneron a à nous offrir, en la personne de Didier Richou. Allez, direction Mozé-sur-Louet, au sud-ouest !

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Il faudra passer un petit coup de fil à Didier (et aux autres) pour s'annoncer et obtenir les indications : faudrait pas se perdre ! Je vous conduis au Domaine Richou, à Mozé-sur-Louet, afin que vous y goûtiez ses chenins secs et demi-secs mais aussi (et surtout) ses coteaux de l'aubance moëlleux (Les Trois Demoiselles) : pomme verte acidulée, poire mûre, pêche blanche confite, mirabelles cuites, abricots, pâtes de fruit, fraises des bois juteuses, douces épices ! Des arômes soutenus et équilibrés par une acidité (sorte de colonne vertébrale du vin) précise, fraîche et parfois mentholée, le tout en parfaite harmonie. Voilà, quoi. L'amateur de vin n'ayant jamais goûté pareille chose est un orphelin. Ma rencontre avec Didier Richou : ICI.

 

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A gauche, Didier Richou fait goûter, à la pipette, les Rogeries 2006 à Frédéric : il est encore en fûts et déjà tellement excellent ! La primeur, des anecdotes, un acceuil chaleureux : voilà ce que vous réservent les vignerons. 

225338757.JPGOn ne peut pas se trouver dans la région et ignorer les vins de Savennières. Un sol chaud et peu profond, composé de schistes verts et pourpres, l'influence de la Loire, un savoir-faire : autant d'éléments qui rendent ce terroir exceptionnel et d'une grande typicité. Le représentant le plus connu est sans conteste le savennières coulée-de-serrant et son domaine du même nom, dirigé, en biodynamie, par Nicolas Joly. De l'or devant les yeux, des fruits jaunes et exotiques à humer, de la complexité, de la douceur et de l'élégance en bouche. Il faut goûter cela un jour ! Passez également rendre visite à Loïc Mahé, au Domaine du Gué d'Orger, un jeune vigneron plein de talent. 

Voilà donc une idée de ce que l'on peut trouver rives droite et gauche de la Loire, à une encablure d'Angers : un monde magique, si ce n'est féérique, pour l'amateur de vin. Il va de soi que sur votre route, vous découvrirez un grand nombre de domaines. Le hasard faisant aussi parti du voyage, tentez votre chance et découvrez votre propre vigneron, votre propre vin ! Je ne saurai vous recommander de recracher ce que vous dégustez : mirer, humer, goûter, cracher sont les quatre temps de la dégustation. N'oubliez pas que vous êtes en voiture. Ayez bien mangé avant de déguster également. Le cas échéant, partez avec d'autres conducteurs. Bonne dégustation ! Bon séjour ! Et passez leur bien le bonjour de ma part !

 

La Grange Aux Belles (MM. Houtin-Bresteau), Les Chatelliers, 49610 Mûrs Erigné ; lagrangeauxbelles@gmail.com ; 02.41.80.05.72 ; 06.76.84.61.07.

Domaine des Rochelles (M. J.Y Lebreton), 49320 St Jean des Mauvrets ; jy.a.lebreton@wanadoo.fr ; 02.41.91.92.07.

Domaine Richou (M. Didier Richou) Chauvigné, Route de Dénée, 49610, Mozé sur Louet ; domaine.richou@wanadoo.fr ; 02.41.78.72.13.

Coulée de Serrant, (M. Nicolas Joly), Château de la Roche aux Moines, 49170 Savennières ; http://www.coulee-de-serrant.com/ ; 01.41.72.22.32.

Domaine du Gué de l'Orger (M. Loïc Mahé), La Piquellerie, 49130 Ste Gemmes sur Loire, gue.dorger@wanadoo.fr ; 06.14.76.66.01.

 
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