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mardi, 26 août 2008

Le vignoble Alsacien en images...

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L'Alsace a fait son entrée sur VINSURVIN en mars dernier à l'occasion d'une très belle dégustation organisée à Paris par le CIVA. L'occasion pour votre humble serviteur de rencontrer, entre autres, Martine Becker, qui nous gratifia en juillet d'un TupperWine qui restera dans les annales ! Déguster les grands crus Froehn, les VT et autres feu-tokays étaient une chose. Mais fouler le sol alsacien, flâner dans ses vignes et entrer chez ses viticulteurs en était une autre. C'est désormais chose faite après ce (trop court) séjour dans le Haut-Rhin ! Basé à Thannenkirch, charmant village frontière entre les Vosges et l'Alsace, point de départ idéal pour se rendre dans le vignoble, VINSURVIN vous propose un petit diaporama des villages et des vignes visités. De Saint-Hippolyte à Soultzmatt , en passant par Hunawihr, Riquewihr, Zellenberg, Ammerschwihr, Niedermorschwihr, Turkheim, cette région, splendide, chaleureuse et acceuillante, m'a enchanté. Avant de vous proposer une interview (exclusive !) de l'incomparable Seppi Landmann, petite revue photographique...
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mercredi, 20 août 2008

C'est bordeaux blanc et blanc bordeaux

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Sympa, Apéro-Bordeaux a invité VINSURVIN à déguster trois bordeaux blancs et à faire parti du jury ! Du sauvignon, du sémillon juteux, fruités et fort agréables : il y a de la découverte dans l'air...

La première bouteille ouverte n'a pas un goût de bouchon. Normal c'est un bouchon à vis  ! La classe. Avant de déguster, je passe en mode castorama : je visse, je dévisse, je visse, je dévisse... Un peu plus et je descendais à la cave chercher la perceuse ou un tournevis : bah ouais, j'arrive pas à l'ouvrir avec mon super tire-bouchon screwpull. Et ce bruit métallique du bouchon sur le verre de la bouteille... superbe. Ca me rappelle la micheline rouge et blanche qui passait devant chez mes grands-parents, sur la ligne Guingamp-Lannion, quand j'étais petit. On était en train de manger. Et tous les jours, à 12h07, on entendait ce iiiiiiiiiiiiiiihhhhhh (inimitable), parce que, avant la maisonnette de mon grand-père et de ma grand-mère, il y avait un virage serré, donc la micheline, elle devait freiner, sinon, elle finissait dans le séjour de mon grand-père et ma grand-mère. Et le machiniste, il mangeait le jambon-macédoine avec nous (elle faisait ça, en entrée, ma grand-mère : jambon-macédoine). Mais sans bordeaux. Avec du cidre.

Alors, ce bordeaux blanc, parlons-en. Le premier (tiré au sort sur les trois reçus par, hum, la Poste) s'appelle Château La Freynelle. Freynel ? C'est le nom de mon médecin quand j'étais gamin ! Ce vin blanc aurait-il des vertues médicinales ? Fort possible. La robe jaune pâle témoigne de la jeunesse de ce 2007. Très propre au demeurant. Le nez est très aromatique, d'une belle puissance : agrumes, pamplemousse, ça saute au nez. Puis herbe sèche, foin coupé. Le vin s'ouvre tranquillement pour laisser apparaître de subtiles notes chaudes et grasses de fruits blancs, d'ananas en finale. Cela augure d'une belle bouche. Effectivement, l'attaque est vive, marquée par les agrumes mais un peu dominée par l'acidité, la faute à la jeunesse et peut-être à un millésime pas des plus géniaux, avec un mois d'août humide, rattrappé de justesse par un mois de septembre ensoleillé et par les soins des bons vignerons. Malheureusement, cette acidité ne permet pas de retrouver ces notes chaudes annoncées en introduction olfactive... La bouche, fort agréable au demeurant, est d'une bonne densité, d'une certaine richesse. Au final, un vin très raisonnable pour l'apéro, voire avec poisson ou une viande blanche en sauces. Et puis à 4,70€, pourquoi se priver ? Pas l'habitude de donner des notes sur VINSURVIN, et encore moins un 20/20 ! Mais, puisqu'il s'agit d'un jury, alors adjugeons la note de 14,5/20 (très bon rapport qualité/prix). Suite des dégustations apero-bordeaux/vinsurvin avec Quintet et Dourthe n°1 : des noms de vin, ça ?! Prochainement sur VINSURVIN.

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mardi, 19 août 2008

Un Morey sauce Lubéron

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N'allons pas croire que le Luberon (sud) ne se résume qu'aux trois domaines abordés sur VINSURVIN. Après les Vadons, la Dorgonne et Fontvert, restait un certain nombre de rendez-vous à prendre afin de continuer à explorer les trésors que cette région voudrait bien me révéler. Débordé et sur le point de se rendre en Bourgogne, sa terre natale, Sylvain Morey eut néanmoins la gentillesse de m'accorder un peu de son temps. C'eût été dommage de passer à côté d'un tel talent.

Dans la Famille Morey, je voudrais... le fils ! Avec un papa (Jean-Marc), vigneron dans la mythique Chassagne-Montrachet, pas facile de se faire un prénom. Pire encore, avec du sang bourguignon dans les veines, comment diable accorder ses violons avec une région telle que le Luberon ? Défi à relever, pari à gagner, Sylvain se devait d'associer son patrimoine familial à son propre savoir-faire, sur un terroir radicalement différent de celui qui le vit grandir. Défi relevé, pari gagné, Sylvain présente des vins en effet fortement influencés par la 806997714.JPGBourgogne (il n'y a qu'à goûter son 100% chardonnay !) mais également très représentatifs de la région (Malacare, Les Claux...).

Un bourguignon ne renie jamais ses origines ! Lorsque j'hume le nectar de chardonnay 2006 made by Sylvain Morey de la Bastide du Claux, je lui demande s'il ne vient pas de me servir un puligny ! Difficile à élever sur ces terres chaudes (et parfois arides) du Luberon, le chardonnay est ici est pleine zénitude : à croire que la fraîcheur des nuits est inscrite dans les gènes de ce délicieux vin blanc. Où serait-ce dû à la main du vigneron ? La robe est limpide et d'une belle brillance. Le nez est intense de fleurs blanches (acacia), de fruits à chair blanche mûris à point (pêche, poire). Viennent ensuite des notes briochées et délicatemement vanillées. La bouche est vive, fraîche (agrumes) avant d'évoluer vers des notes plus rondes et grasses tels que le miel et le fruit cuit. Un très joli vin.  

Les Claux 2006 est certainement le vin de Sylvain le plus typé Luberon. Né d'un assemblage classique de grenache (60%) et syrah (40%), la1586383382.JPG robe est sombre et profonde. Le nez est frais et surprend par sa complexité. Fruit noir, tabac, sous-bois et épices s'animent à l'ouverture. Le vin va prendre son temps pour s'ouvrir. La bouche est d'abord un peu serrée, sur du fruit noir et frais. Elle est plutôt du style gouleyante que ronde, fine que grasse, tendue qu'opulente. Mais elle offre de la matière, de la profondeur, de la complexité. Finalement, pour un vin que je trouve "typé Luberon", sa structure (la forme) est plutôt bourguignonne ! Le fond respire le sud. Après ces fruits noirs, des notes de bois secs, de fruits confis, de cuir, d'épices douces s'associent dnas une une bouche d'une très belle densité.

Un petit mot sur le rosé de Sylvain, qualifié de "superbe" dans les carnets gourmands de Gilles Pudlowski (le Point). Un petit mot car il est étonnant de boire des rosés dont le nez (fleur blanche, fruits blancs) et la structrure (finesse, légèreté, fruité) rappellent des blancs. Elevé et vinifié comme tel, le rosé de la Bastide du Claux donne un résultat assez spectaculaire.

L'équation est donc simple : savoir-faire bourguignon + matière première luberonnaise = vin Sylvain Morey ! Vous le constaterez vous même lors du prochain TupperWine dont la rentrée sera exclusivement réservée aux vins du Luberon.    

LA BASTIDE DU CLAUX, Campagne le Claux che Moulin neuf 84240 LA MOTTE D'AIGUES - 04 90 77 70 26.  

Photos VINSURVIN, juillet 2008. 1. La Bastide sur les hauteurs de Cucuron, Vaucluse. 2. Marché à Lourmarin, Vaucluse. 3. Vignoble luberonnais.   

lundi, 18 août 2008

Tout pour plaire, la Toupie !

 

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Au rayon esthétique, le négoce en vin Hekla a décidé d'habiller les bouteilles de "vrais" vignerons français. Sérigraphiées de fines bandes de couleurs, les bouteilles rebaptisées "toupies" contiennent des vins dits "ludiques, de plaisir, aromatiques pour des moments de partages entre amis, en famille". Reste à voir si l'habit fait le moine.

Pub. Comme une célibataire au beau milieu d'une foule d'anonymes sur le trottoir d'une ville de Province, pas facile pour une bouteille de vin577229658.jpg échalandée sur un rail métallique de faire de l'oeil aux clients. On peut concéder en effet que 90% (chiffre VINSURVIN !) des étiquettes de vin français ne sont pas folichonnes. Sans compter qu'en plus d'être souvent moches, elles sont illisibles pour le français lambda. Alors, ces étiquettes divisent les buveurs de vin en deux camps : ceux qui se fichent de l'esthétique pourvu que le vin soit bon (et les autres). Et ceux dont le choix d'un vin se fait selon la "beauté" de l'étiquette, le contenu passant au second plan, pour ne pas dire important peu.

Associer bon goût et bon vin semble donc être le pari de ces "toupies". Dans un premier temps, et avant l'arrivée d'un vin effervescent et d'un rosé de Provence, la gamme se décline sur trois vins. Le bordeaux rouge de Xavier Jaubert (Ladaux, 33) est un vin "de plaisir, à dominance merlot, équilibré et fruité". Le bordeaux clairet de Jean Marc Alicandri (Saint Quentin du Baron, 33) est un rosé "façon bordeaux, puisant ses origines au Moyen Age, qui dévoile des fruits rouges, aussi bien pendant un repas qu'à l'apéritif." Enfin, le côte de gascogne blanc de François Morel (cela ne s'invente pas !) à Cazaubon (32) est issu de colombard et d'ugni blanc. On lui trouve "des arômes de fruits exotiques et une bouche acidulée".

Des vins de "vrais" vignerons, des vins présentés dans de "jolies" bouteilles, des vins soignés ayant pour but de ravir leurs consommateurs : tout cela part donc d'un très bon sentiment. Pas de quoi s'alarmer que certains veuillent égayer nos apéritifs ou nos repas et redonner un peu de gaieté à ces bouteilles souvent vieillottes et tristounettes. Ne reste plus qu'à leur souhaiter de ne pas avoir à aller se rhabiller. 

Hekla, 10 rue Harmens Rembrandt, 33150 Cénon, France. contact@heklavin.com

lundi, 11 août 2008

Belle est la vie en Bellet.

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Ce minuscule vignoble de 48 ha, en terrasses, sur les hauteurs de Nice, ne fait pas beaucoup parler de lui. Il est vrai qu'en dehors de Nice, difficile d'en trouver quelconque production. Des blancs que rolle et chardonnay rendent délicieux ; des rosés frais et croquants ; des rouges fins, profonds, exquis auxquels les locaux braquet et folle noire apportent charme et typicité. Ils s'accorderont forcément avec les plats niçois tels que pissaladière, socca ou tian de légumes. Mais ils trouveront également leur place Outre-PACA avec une cuisine élégante et raffinée.

Chemin de Crémat ou Chemin de Saquier ? A gauche ou à droite ? C'est vous qui voyez : toutes ces routes mènent à Saint-Roman-de-Bellet ! Rendez-vous fut pris avec madame Dalmasso, au Domaine de la Source, une propriété d'un peu plus d'1/3 d'ha, piloté aujourd'hui par le fils, Eric. Courtoise et acceuillante, madame Dalmasso n'échangerait sa place pour rien au monde, le calme et la sérénité des lieux étant1901681912.JPG "incomparables". On veut bien la croire. Il est 11h, elle nous convie dans le frais caveau pour la dégustation de quatre vins.

Nous commençons par le blanc, un 100 % rolle planté sur un sol de gallets roulés, mélangés à une terre très claire, appelée poudingue. Une robe pure et brillante, un nez très aromatique, associé à une subtile minéralité. Des notes de fruits mûrs (abricot, pêche), d'agrumes (mandarine, pomelo) et de fleur (rose) composent un bouquet délicieux et rafraichissant. La bouche est vive, ample, zestée. D'une belle longueur, des notes de poivre blanc et de garrigue pointent leur nez dans une jolie finale.

1750069875.jpgPlanté sur un même sol que son homonyme blanc, le cépage braquet donne un rosé au nez charmeur de minestrone de fruits (fraises, mandarine, pêche...) à laquelle la minéralité apporte du caractère. La bouche est ample, harmonieuse et frétillante.

Folle noire, braquet, grenache composent ce Domaine de la Source, rouge, 2006. La robe, aux teintes rubis, est élégante. Le nez, puissant, très aromatique, est marqué par des touches grillées, la torréfaction, le café, le baton de réglisse. Cerise et fruits noirs dominent également dans un saupoudrage d'épices douces. La caractéristique première de ce 2006 est l'association entre la matière et la finesse. Car la bouche est riche, croquante et complexe, sans être charnue. Ce vin me rappelle les vins de Sartène, en Corse. 

La robe du 2004 a foncé avec le temps. Il présente plus de complexité, de profondeur et de gras. Les fruits sont confiturés (coing), grillés, avec des relents de cacao amer. Amplitude, générosité et toujours cette élégance dominent en bouche. Deux vins remarquables. 

Associés aux vins du Lubéron, nous (re) découvrirons ces vins ensemble à la rentrée, lors d'un TupperWine très provençal !

Domaine de la Source, 303 Chemin de Saquier, Saint-Roman-de-Bellet, 06200 Nice. Tél : 04.93.29.81.60 ; domainedelasourcevindebellet@wanadoo.fr. 

Photos vignobles (Bellet) : VINSURVIN, juillet 2008 ; photo grappes de braquet : Domaine de la Source.

dimanche, 10 août 2008

Colissimo : nulissimo.

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Ils sont de plus en plus à proposer leurs vins à des amateurs, comme votre humble serviteur, estimant que ces derniers ont aussi leur mot à dire, insinuant au passage que la dégustation n'est pas une "activité" élitiste, mais bel et bien à la portée de tout le monde, si tant est que l'on s'intéresse "un peu" au sujet. Aussi étonnant que cela puisse paraître, leur souci principal n'est pas tant l'opinion du dégustateur, mais l'assurance que leurs colis arriveront bien à destination, la Poste faisant régulièrement preuve d'incompétence, dont seule cette vieille machine en ruine a le secret.

Stéphanie Ponson et Frédéric Porro, du Mas des Agrumelles, à Argelliers (34), en ont du courage. VINSURVIN n'ayant pu honorer leur invitation à Vinisud 2008, ils décident de me faire parvenir huit échantillons par la Poste. Chose proprement scandaleuse et malhonnête, ceux-ci mettront quatre mois à arriver et il faudra si reprendre à trois fois. Colis non livrés, colis volés, colis perdus, colis endommagés : la Poste nous aura fait la totale. Comment peut-on faire preuve d'autant d'incompétence et de je-m'en-foutisme ? Amis vignerons, je vous invite donc à faire preuve de la plus grande prudence si vous devez faire appel aux "services" de la Poste : cette vieille machine en ruine vous vend des nounours, des petites voitures, des casquettes, mais elle n'est pas fichue de vous livrer un colis ou de vous remettre une lettre.

1726707042.jpgMais revenons à nos moutons et surtout à ce Vin de Pays d'Oc, Carmin 2006 (syrah, grenache, carignan, cabernet sauvignon) des Agrumelles. Situé à deux pas du fameux Mas Daumas Gassac, à Aniane, la région ne se contente plus de bénéficier d'un formidable terroir : désormais, elle l'exploite avec la plus grande attention, à la recherche de la qualité et dans l'optique de redorer son blason. Il suffit de sillonner les routes de l'Hérault, d'entrer chez les vignerons et de déguster leurs cuvées pour constater qu'il est bien loin le temps où le Languedoc  produisait des vins sans intérêt. A la lumière du Lubéron, le Languedoc participe à l'agrandissement des gammes de régions viticoles françaises de qualité. C'est l'impression qui domine lorsque l'on voyage en France : l'homogénéité de la qualité des vins proposés est désormais une évidence. En l'espace de vingt ans, la France a changé de visage. Sa réputation mondiale reposait jadis sur le Bordelais, la Bourgogne et la Champagne. Certes, des français y ajouteraient l'Alsace, la Loire, le Sud-Ouest... Et leur région, commune ou vin préféré.  Mais force est de constater qu'il faut désormais, à la liste des grands noms français, inclure un grand nombre d'appellations régionales et communales, qui s'inscrivent pleinement dans l'identité du vin à la française.

Il ne faut pas craindre de déguster des vins de pays ! Sachez que sous la complexité administrative de l'AOC et son côté parfois un peu rigide, certains vignerons ne font pas la démarche de passer en AOC, et se contentent de l'appellation VDP, comme Guilhem Coste, à Saint-Félix de Lodez. Notre Carmin s'ouvre sur la mûre, le cassis noire, puis évolue subtilement vers les fruits à l'alcool. La bouche est ample, puissante. Du fruit, du tabac blond, du réglisse avec une pointe de minéralité dans un bon équilibre. Une entrée gamme simple et efficace. Ce vin n'est pas sans nous rappeller les vins de Marc Cros (Domaine de l'Horgrand) à Montpeyroux. Suite des dégustations made in Mas des Agrumelles et Mas Nicot, bientôt sur VINSURVIN. 

S. Ponson, F. Porro, Mas des Agrumelles, 34380 Argelliers.

vendredi, 08 août 2008

Rosé, rosas, rosa...

 

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Son rosé 2007 a été médaillé d'or au Concours Général Agricole 2008. Elle connaît tout le monde en Provence et elle a convié votre humble serviteur à un séjour en famille dans ses pénates. "Elle", c'est Mireille Martin, régisseuse au Domaine de l'Anticaille. Dévouée, généreuse, amoureuse de sa région et de son métier, elle n'a de cesse de marteler que le rosé est à classer au même rang que le rouge et le blanc. Cela restait à prouver ! Pour se faire, visites de domaines, rencontres à Aix et dégustations (de rosé). Impressions plus que satisfaisantes ! 

Baux de Provence, Bandol, Bellet, Cassis, Côtes de Provence, Coteaux d'Aix en Provence, Coteaux de Pierrevert, Coteaux Varois, Fréjus, Palette, Sainte Victoire... Pas facile de s’y retrouver dans l’AOC des côtes de Provence ! Qu’à cela ne tienne, avec une guide comme Mireille Martin pour défricher l’appellation et vous présenter ses préférés de la région, cela devient un jeu d’enfant. Motivation première lors de ce séjour, essayer de saisir l’esprit "Provence" et de rompre avec les idées reçues selon lesquelles le rosé, tant convoité au pays de l'OM, serait classé en Ligue 2. Chose accomplie ? Si la Ligue des Champions est encore loin, la Ligue 1 est à portée de main !

 

VINSURVIN n'a pas attendu de séjouner au pied de la Montagne Sainte-Victoire pour s'intéresser à ce "troisième sexe" ! Les rosés de M.1878504062.JPG Louison à Faugères (domaine des Estanilles) sont parmi ce qui se fait de mieux en la matière, et le sujet est régulièrement abordé ici. On ne va pas retracer l'histoire de ce vin ; cependant, considéré en Provence comme le premier vin élaboré par les romains (qui ne maîtrisaient pas encore suffisamment bien les méthodes de vinification pour faire du rouge), on a dans cette région une idée précise du vin que l'on aime et que l'on veut faire. Il est saisissant de voir que le rosé est une véritable institution dans la région, comme le champagne à Reims ou le vin jaune dans le Jura. Qui a dit "et le bas de tableau pour le PSG" ?!

 

La concentration n'est pas ce qu'il faut rechercher dans les rosés de Provence, même si certains offrent en bouche une belle structure et une sacré richesse. Là-bas, on s'attache dans un premier temps à faire un vin d'une couleur soignée, limpide, d'une belle brillance, et de teinte "pomelo". Le nez se veut frais, riche de petits fruits mûrs (fraise, framboise, abricot) et secs (amande) ; il est gourmand, flatteur. La bouche est vive, rafraichissante, gouleyante, composantes essentielles dans une région où il fait "cagnard". Mais elle est parfois ronde, souple, cette bouche. Elle nous conduit vers des notes chaudes de fruits très mûrs puis s'équilibre avec une acidité agrumée.  

 

1714730901.JPGNous avons dégusté trois rosés avec Mireille. Que l'on pourrait qualifier de "gammes différentes". Notez les différences radicales de couleur (sur les photos) ! Des différences, on en retrouve également en bouche : la palette d'arômes est bel et bien variée. 

 

Fruité Défendu : couleur pomelo. Asssemblage de petit grain, grenache, syrah. Après que le gaz se soit évaporé (classique en rosé de Provence), on note un nez outrancier de fruits très (trop?) mûrs, puis d'alcool : assez déconcertant. L'attaque est souple, la bouche ronde, de fruits secs. 6,25€ ? Un peu cher. CQFD.

 

Domaine de l'Anticaille, 2007 (7€) : Mireille n'est pas contente de l'échantillon, le vin ne réagit pas bien, ce sont des choses qui arrivent. D'une belle brillance, le nez est chaud de fruits rouges puis d'agrumes. La bouche est ronde, souple et mériterait plus de fraîcheur. Un bon potentiel. Vivement 2008 ! Par ailleurs, l'échantillon de ce rosé (pourtant) vendu "à la négoce" (dégusté au domaine) m'a bien plu.

 

Château Ferry Lacombe, Cascaï, 2007. Attention, les choses deviennent sérieuses. La robe est d'une brillance remarquable. Le nez est très aromatique, élégant, fleuri (pétales de rose). En bouche, légère déception : l'attaque est un peu mollasonne. On aimerait plus de peps et de vivacité. Mais finesse, fruit et gras compensent. De même que la belle persistance en bouche. 

 

Cette dégustation ne saurait être complète sans le coup de coeur de VINSURVIN à Cours Mirabeau à Aix-en-Provence. Affaire à suivre, ainsi que les Bellet, de Nice...

 

 

 

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Photos VINSURVIN, juillet 2008. 
1. A l'Anticaille, Mireille Martin monte sur les chais pour soutirer un échantillon de rosé.
2 et 3. Vignoble et un vieux pressoire au domaine de l'Anticaille, Trets, Bouches-du-Rhône.
4. Les trois flacons dégustés.

  

jeudi, 07 août 2008

Réforme de l'AOC : conversation avec Olivier Nasles

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Mireille Martin, du Domaine de l'Anticaille à Trets (13), m'avait prévenu, avant de me rendre chez elle à Saint-Savournin (13) : je te présenterai du monde lorsque tu seras chez moi, au pied de la Montagne Sainte-Victoire. Mireille n'a qu'une parole ! A peine débarqués sur le Cours Mirabeau à Aix-en Provence, à l'occasion du marché des vignerons, elle me glisse à l'oreille qu'elle vient de croiser Olivier Nasles et que ce dernier est d'accord pour m'accorder une interview. Oenologue-vigneron provençal et membre du comité national de l'INAO, Olivier Nasles est aussi connu pour avoir claqué la porte du conseil municipal d'Aix (UMP), trois jours après l'avoir rejoint, la maire Maryse Joissains n'ayant pas respecté, selon lui, un certain nombre de ses engagements. L'AOC, sa réforme, vin et grandes surfaces, vin et jeunes, lobbys anti vin : nombreux furent les sujets abordés avec un homme disponible et chaleureux.


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mercredi, 06 août 2008

Le TGV PACA tracera dans les vignes !

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Le projet d'une nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) au pied de la montagne Sainte-Victoire (Bouches-du-Rhône), sur un site d'exception classé, met les riverains et les vignerons en colère. Ils manifesteront le 22 août, haut-parleurs crachant le bruit du TGV à l'appui !  

1295565365.jpgGénial ! Une nouvelle ligne TGV va voir le jour (et la nuit) entre Paris et Nice ! Ca, c'est une bonne nouvelle, surtout pour nous, les parisiens (et les banlieusards), dont le quotidien est fait d'heures coincés dans les bouchons autour de, dans et sous Paris, d'infinissables trajets entassés comme du bétail dans la fournaise du métro ou du RER. Vous comprendrez alors pourquoi nous aimons la fraîcheur du Midi et l'espace des plages méditéranéennes. 1 m2 pour nous tout seul pour poser serviettes, bouées, et siège de mami : le luxe !

Cependant, il paraît que la nouvelle ligne à très grande vitesse (qu'ils devraient aussi penser à construire sur le périf, le PGV !) va emprunter des sites classés, détruire des vignes et incommoder les pauvres riverains. Laissez-moi rire ! Comment ils font, eux, à Gonesse, quand, toutes les 4 mn (et, ça, c'est pas aux heures de pointe) ils voient, respirent et entendent le balai des A340 ? Et au Bourget quand les avions-cargo rentrent d'Afghanistan ? Sans compter qu'à la place des agrandissements de pistes, ils pourraient nous construire des Carrefour ou des Cora, ça éviterait aux gens de la petite et de la grande couronne d'aller courir à perpette pour faire les courses le samedi après-midi (parce que, nous, en banlieue, le week-end, on aime bien, aller dans les zones commerciales, faire la queue sur les parkings et aux caisses pendant des heures -ça nous rappelle un peu la Côte d'Azur). Alors, comment donc expliquer que le TGV, merveille de technologie, vecteur de superbes ouvrages architecturaux, envié par le monde entier, est vu comme la peste et le mildiou par les autochtones ? 

Pour rejoindre la Promenade des Anglais depuis Paris, plusieurs tracés furent mis à l'étude jusqu'à ce qu'une coupe nette à travers les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritime (voir carte ci-dessus) soit "définitivemement" retenue. Conséquences, des dégâts et des nuisances irrémédiables pour les riverains. Impactées par ce projet, pas moins de vingt huit communes, avec un nombre considérable d'expropriations, considérées plus que problématiques en tant que telles mais aussi en raison des dédommagements financiers, jugés nettement insuffisants. 

Par ailleurs, les travaux relatifs au chantier constituent une source de désagrément que l'on n'imagine pas, à commencer par le bruit, comme celui généré par des tirs d'explosifs ! A 300 km/h, le passage du TGV en lui-même correspond à 94,5 db, niveau considéré comme "pénible" dans l'échelle des décibels. Pour exemple, c'est le bruit d'un baladeur à puissance maxi... En outre, les mûrs anti-bruits et autres "merlons" sont des réponses "trop simples" selon le site http://lemechanttgvpaca.free.fr/. A la litanie des désagréments, déjà pourtant pléthores, s'ajoutent l'augmentation des risques d'incendies, la dépréciation du foncier,  l'épuisement des nappes phréatiques, la disparition d'espèces animales et végétales protégées et une consommation d'énergie non négligeable (1% de la consommation d'électricité du Var et des Alpes-Maritimes). Côté viticulture, des vignobles se verront littérallement scinder en deux, ou disparaîtront complètement. Dédommagements et replantations ne suffiront pas à calmer la colère des vignerons concernés. Retrouver un sol de qualité ne se fait pas comme ça, surtout près de chez soi. De plus, une vigne nouvelle ne donne du raisin qu'au bout de trois années en moyenne, qualitativemement moins "rentable" qu'une vigne de 10, 20 ou 50 ans. Et quid des pertes de récoltes pendant les années de vaches maigres ?  

Or, chose assez étonnante, malgré les dégâts et les nuisances causés par ce projet, certains, comme M. MAURICE (membre des Amis de la Terre Val d'Oise) s'insurgent contre la "désaffection de la « chose publique »" : "il n’est pas normal que certaines enquêtes se déroulent sans que personne ne se dérange, ne serait-ce que pour s’informer de ce qui se décide dans son village, dans sa ville, dans son secteur. C’est laisser des décideurs, tout légitimes qu’ils soient, agir à leur guise. (...) Les AMIS DE LA TERRE, conscients du danger d’une telle situation, souhaitent une réaction et se proposent de venir en aide à des associations locales qui seraient confrontées à des enquêtes qui leur posent problème."

La construction de cette ligne à grande vitesse ne se fera donc pas sans heurts. Pour répondre à ce que certains qualifient de véritable "agression", une pétition a été mise en ligne et le site http://lemechanttgvpaca.free.fr/ nous éclaire un peu plus sur la situation. Enfin, une manifestation qui partira du péage de la Barque à Saint-Maximin (13), contre la LGV PACA, aura lieu le 22 août prochain, avec sono à l'appui, crachant le bruit qu'un TGV peut faire lancé à plus de 300 à l'heure. Cela permettra aux riverains de se rendre compte des nuisances générées par un tel bolide. Ou de commencer à s'y habituer. 

mardi, 05 août 2008

Accord met et vin... rosé

Pendant que la moitié sud de la France se régale de salades fraîches et de vin rosé, la moitié nord en est presque à resortir les gros pulls, cuisiner des boeufs bourguignons et sortir les cahors. Cependant, certains resistants ont décidé qu'ils continueraient d'accompagner leurs plats de vin "rosé", comme votre humble serviteur.

1495430106.gifEst-ce parce que VINSURVIN est de retour d'Aix en Provence que le rosé lui monte à la tête, où est-ce simplement dans l'air du temps ? Ce midi, filet mignon de porc et sa fondue de courgettes et tomates à l'huile d'olives (AOC Provence, ça va de soi...). Cerise sur le gâteau, la fondue a légèrement caramélisé, offrant aux gourmets à table un bouquet d'arômes absolument délicieux. Pour accompagner ce plat (chaud), choisissons un vin... frais. Un rosé, frais. Oui, mais, lequel ?

Si, aujourd'hui, de Cahors à Bourgueil en passant par l'Arbois, les vignerons de France et de Navarre ont décidé de "sortir" leur rosé, parfois très réussi comme parfois obsolète, il est assez étonnant de constater que non seulement le rosé est un vin culte en Provence (faisant, avec le Pastis et l'OM, partie intégrante de la culture méridionale, comme nous le verrons ultérieurement sur VINSURVIN) et que ce "troisième" vin (après le rouge et le blanc) est élaboré par les provençaux avec le plus grand soin.

Affublé des pires noms d'oiseaux (vin féminin, donnant mal à la tête, léger, secondaire -voire "sans intérêt" pour les362741882.jpg puristes), seul le rosé peut pourtant magnifier (et s'accorder avec) un très grand nombre de plats, que rouge et blanc ne toléreraient pas. Le rosé devient donc une excellente alternative. Quel rosé pour habiller ce plat mêlant viande blanche et légumes parfumés, dotés d'une certaine acidité et d'une touche de caramel ? Au hasard, c'est la Cuvée du Temple de Château Bas (Vernègues, 13) qui trôna sur la table, Marilyne Lottin m'ayant fait parvenir, via les Caves Parisiennes de Radu, à Château Rouge (rue Muller, Paris XVIII), les derniers opus de la maison.

Choix judicieux puisque l'accord fut sensationnel. Sa couleur serait d'un tuile clair mais en jetant un oeil sur cette étude (p. 10), on la qualifierait alors de pelure d'oignon. Dieu merci, il ne le sent pas. Au contraire, le nez de cet assemblage de syrah et de cabernet est très aromatique et chaud, de fruits rouges mûrs. Sa bouche est vive, puis elle présente de la rondeur et une matière riche et opulente,  soutenue par une acidité qui n'est pas sans rappelée l'amertune des peaux d'agrumes. Le vin se fond avec le met puis tranche, se dissocie pour apporter fraîcheur et tonicité. "C'est le rosé qu'il fallait", entend-on autour de la table.

Si la blanquette de veau, la poule au pot et le boeuf bourguignon demeurent des classiques indétrônables de la cuisine française, cette dernière n'en reste pas moins une cuisine évolutive, non figée et ouverte aux autres cultures. L'apport de la gastronomie orientale, de la cuisine chinoise ou japonnaise permettent à des vins de retrouver une seconde jeunesse. C'est tout à fait le cas des vins rosés. Mais n'oublions pas qu'avec des plats aussi "simples" que celui présenté aujourd'hui, ce dernier joue un rôle prépondérant dans le plaisir de la table.

lundi, 04 août 2008

Promenade bucolique à la Dorgonne

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Après Le Domaine des Vadons, à Cucuron, Château Fontvert à Lourmarin, l'heure était venue de se rendre au Domaine de la Dorgonne, d'abord pour une balade dans ses vignes. Dans le respect de l'élaboration du vin et de la nature, le domaine situé à la Tour d'Aigues invite l'amateur de vin à fouler son sol, sableux et caillouteux, à contempler les vignes et humer les parfums qui l'accompagnent dans sa promenade. Après cette rencontre avec le terroir, avec le berceau du vin, l'oenophile naturaliste, sera certainement plus à même de découvrir enfin les vins qui découlent de ce pélerinage. La philosophie de la Dorgonne est inscrite dans le marbre à travers une charte qui désigne la nature "comme un socle, un environnement qui exclut tout produit chimique". Errance au coeur des vignes et rencontre avec Nicolas Parmentier, chargé de communication à la Dorgonne, c'est le programme que VINSURVIN vous propose aujourd'hui.

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1. De nombreuses fleurs sauvages parsèment le parcours fléché dans le vignoble. 2. Sur les hauteurs, la vue est dégagée et offre un superbe panorama. 3. Parcours ombragé, on ne souffre pas de la chaleur pour admirer, ici, le cabernet-sauvignon. 4. Vue sur l'oliveraie de la Dorgonne.

dimanche, 03 août 2008

Rencontres à Château Fontvert

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Leur grand-père était chirurgien à Paris. Un jour, dans les années 50, il prit ses clics et ses clacs, et la route du sud. Sa soif de grand air et de ciel bleu le conduit à Lourmarin, dans le sud-Luberon. En 1999, Jérôme Monod et ses trois fils, Fabrice, Guillaume et Donatien, guidés par la même passion, décident de vinifier eux-même, insufflant par là-même une énergie nouvelle à Château Fontvert. Epaulés par un rigoureux et expérimental Yoann Malandain, les Monod font le pari de la qualité et du bio et s'inscrivent pleinement dans le renouveau de l'AOC Côtes-du-Luberon. VINSURVIN les a rencontré au domaine : deux heures passionnantes passées avec Fabrice Monod, Yoann Malandain et Carol Dutreuil, consacrées à la conversation, la visite du domaine et la dégustation.

VINSURVIN : Pouvez-vous nous présenter le domaine ?

Yoann Malandain : Le domaine fait 25 ha, dont 23 en production, entièrement en AOC Côtes-du-Luberon, avec une grosse majorité de cépages rouges (80%) : syrah, grenache, mourvèdre. En blanc, on est sur des cépages assez classiques pour la région, qui sont le grenache blanc et le vermentino (également appelé rolle, ndlr). En ce qui concerne la distribution, elle se fait au caveau, bien entendu, puisqu'on bénéficie de l'attractivité de la région. Elle se fait également dans des restaurants, chez des cavistes et à l'export (Belgique, Grande Bretagne, USA, Chine).

VINSURVIN : Au sujet de l'exportation, est-ce que vous adaptez vos vins aux goûts de l'étranger ?

YM : C'est une chose que l'on ne fait pas mais à la quelle on pense de plus en plus.

VINSURVIN : S'adapter au marché étranger : comme cela se traduit-il ? 

YM : Prenons l'exemple du rosé que l'on aime pâle en France. A l'étranger, ce type de rosé n'est pas demandé. On préfère un rose "flashy", une couleur plus marquée. De fait, ce type de vin serait typiquement le type de produit qui pourrait être adapté à une clientèle étrangère.

VINSURVIN : Voilà donc un exemple concret pour que les vins du Luberon trouvent leur place sur le marché étranger. Quoi faire encore pour que le Lubéron décolle ?

YM :  Aujourdhui, le Luberon possède de plus en plus de petits domaines qualitatifs (vingt domaines aujourd'hui contre cinq il y a 20 ans). Sur le long terme ce travail va bien finir par payer. L'appellation part de très loin : méconnue, pas très importante par sa superficie, elle ne peut pas jouer sur les volumes mais sur la qualité, pour se faire connaître. Les caves coopératives qui produisaient des vins ultra basiques commencent à se remettre en question et proposer des produits qui ne sont pas des grands vins, mais qui sont sympas et bien markettés (des vins de plaisir). Ces coopératives ne nuisent pas à la renommée de l'appellation.

VINSURVIN : Quelle est la philosophie de Château Fontvert? Quel type de vin avez-vous envie de faire ?

YM : Nous souhaitons faire des vins "naturels". La conversation en bio aura lieu en  2011. Le bio n'est pas pas très difficile à mettre en oeuvre dans la région de par le climat. Nous vinifions avec le moins de produits et de traitements possible  : blanc d'oeuf pour le collage et souffre pour vinifier.

VINSURVIN : Comment combattre le mildiou avec des méthodes bio ?

YM : D'une manière générale, cela demande plus de suivi ; c'est à dire être très attentif à ce qui se passe dans les vignes, repérer le moindre symptôme pour être le plus réactif possible. Ces pratiques permettent de bien s'en sortir en bio car il suffit ensuite de faire les traitements adaptés.

VINSURVIN : En ce qui concerne les vinifications, votre regard se porte-t-il vers d'autres régions ?

YM : Notre "vinif" est très typée bordeaux, peut-être parce que Monsieur Prudhomme, notre oenologue conseil, a vinifié à Mouton Rothschild. Mais on s'en affranchit peu à peu pour parvenir aux vins que l'on veut faire. Par exemple, nous réduisons notre parc de barriques (et n'en utilisons pas de neuves) car les gens recherchent de moins en moins de vins boisés, à la faveur de vins plus sur l'expression du terroir.

VINSURVIN : Comment inciter le consommateur lambda à se tourner vers les vins du Luberon ?

YM : En faisant le pari de l'originalité et de l'authenticité. Se démarquer de ce qui se fait ailleurs.

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