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dimanche, 09 septembre 2007

Festi Bacchus : à boire et à manger.

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Dans le 13ème arrondissement de Paris, sur la jolie place des vins de France, entourée de chapiteaux Bambou blancs, des jeunes gens sont installés à même la pelouse. Ils discutent autour d'une bouteille de vin. Des enfants chahutent non loin de là pendant que des notes de jazz bercent les visiteurs sous un joli soleil. Une bonne vingtaine d'appellations présentes, des conférences, des débats, des dégustations et du jazz, Festi Bacchus avait tout pour attirer l'oenophile.   

Après un petit tour du propriétaire pour repérer des appellations que je ne visiterai pas dans les mois à venir, je m'arrête au Chateau d'Agel de l'appellation Minervois. Dégustation expresse des Bonnes, un assemblage de Carignan, de syrah et de grenache, ouvert depuis plusieurs heures et à température plus qu'ambiante. Un rapide mot sur le domaine avec la propriétaire avant qu'une anglaise ne vienne nous interrompre à la recherche d'un vin blanc dont les caractéristiques lui échappent complètement : what do I wanna say? Je m'empare d'un fascicule et déguerpis. Direction Bruguairolles, dans l'Aude.

Première rencontre, avec Arnaud Vivancos qui vient de quitter Carcassonne pour s'installer à Paris et y vendre le vin du Domainemedium_gayda1.2.jpg Gayda. "Bonjour, je vous fais goûter notre blanc?" me demande Arnaud, un petit bonhomme aux allures de pillier de rugby à XIII. "Je viens de boire du rouge, lui réponds-je désolé,  je ne vais tout de même pas enchaîner sur un blanc! M'enfin, heu, qu'est-ce que c'est?" "L'Archet: un 100% maccabeo planté sur des sols schisteux..." "Dans ce cas!" Un joli nez minéral mais aussi de fleurs blanches qui ravirait plus d'un amateur. Je ne serais pas contre avoir cet Archet dans ma cave : pas inutile d'avoir plusieurs cordes à son arc. A suivre : la Cuvée Occitane, florilège des cépages de la région : 40% grenache, 30% syrah, 15% carignan, 10% mourvèdre, 5% cinsault. Elle est gouleyante et fruitée, et se boira autour d'un plat simple avec des amis. Enfin, nous finissons par le Chemin de Moscou, un Vin de Pays de grande qualité, qui mérite de meilleures conditions pour l'apprécier à sa juste valeur. Asssemblage de syrah (50%), de grenache (40%) et de cinsault (10%), cette cuveé d'un faible rendement, vendangée, triée à la main et élevée 22 mois en fût de chêne français, offre effectivement un très grand potentiel. Des notes de cerise et déjà de subtiles effluves de cacao, on est indéniablement sur un grand vin. Le terroir français offre décidément des choses imprévisibles. Du jamais bu, en quelques sorte. Oh, j'oubliais! Pour les gens de passage dans la région : vous rendre chez les parents d'Arnaud au Moulin de Trèbes. Il paraît qu'on y mange très bien, les pieds dans l'eau du Canal du Midi!

Quittons l'Oc pour le Sud-Ouest, le Gers. Dans la série j'en-n'ai-pas-dans-ma-cave (surtout parce que je n'ai pas encore trouvé celui qui me fera chavirer), j'ai nommé un bon Madiran. La Cuvée Charles de Batz 2004 du Domaine Berthoumieu est conforme à ce qu'offre le cépage tannat. La robe est intense, foncée, d'un rubis profond. Le nez est typé, puissant, aux arômes de fruits noirs (cassis, mûre) réhaussés par des notes animales (cuir) et épicées. Une étonnante complexité aromatique! Les tannins sont virils mais élégants en finale. Un vin qui s'assouplira avec le temps. Je repars également avec un Tanatis, un vin de liqueur du sud-ouest, dans la veine du Maury, qui sera parfait sur un dessert à base de chocolat. Un joli placement assurément, pour 25€.

Suite et fin de nos dégustations en plein air. Nous restons en Sud-Ouest mais remontons au nord, pour Cahors. Je repars avec trois flacons du Clos Troteligotte qui m'ont paru tout simplement très bons, et même excellents, dans des conditions qui restent celles des foires, et ce pour 8 (Tradition), 9 (K-or) et 20€ (CQFD). En effet.

Et enfin, je ne mentionnerai pas ce malotru de vigneron des Côteaux du Tricastin, un rustre sorti de ses montagnes dont le but était vraisemblablement d'aller cuver les litres de vin ingurgités pendant cette longue journée. Le Mas des Mûriers : des vins conviviaux. Pas comme leur propriétaire qui vous fait déguster des fonds de bouteilles de vin chaud.

Après cette soirée passée à Festi Bacchu, sorte de fête des vins dans lesquels les vignerons et leurs agents vous font goûter des ersatz de leurs production, à deux pas du Cours Saint-Emilion, il m'est apparu que si certains exposants parvenaient à délester les parisiens de quelques dizaines d'euros, cette foire avait avant tout pour but d'aller boire un coup et de faire quelques rencontres. Cependant, présenter cette manifestation comme un événement incontournable pour les amateurs de vin me paraît légèrement exagéré.

samedi, 09 juin 2007

Ze niouz of la semaine.

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Ouf, c'est vendredi! Ce n'est pas pour me déplaire tant cette semaine oenophile fut riche en événements. Et en infos relatives au vin. Dieu merci, en rentrant à la maison ce soir, je fus, dès ma sortie de l'ascenseur, saisi par une délicieuse odeur de senteurs du sud: ma tendre épouse avait cuisiné un somptueux cake aux tomates confites et pesto, accompagné d'une roquette sauce balsamique. Quelle image d'épinale. Cette famille de trois, middle-class, judéo-chrétienne, autour de la table, partageant le diner que la femme, enceinte jusqu'au cou, a préparé pour le chef de famille qui revient d'une dure journée de travail dans les vignes à écouter des monologues interminables de lycéens passant leur oral d'anglais devant un professeur n'ayant qu'une question à l'esprit: qu'est-ce que je vais bien ouvrir comme bouteille ce soir?  "Ze text we ave to dil wiz iz a text. It was binn teiking of ze niuoz pépeure ze gwardieune. Dou iou want aï ridd?" "Hein? What? Quoi? Oui, heu, yes, heu, rid ze ol bouque." "Ze ole bouque? Is you choure?" "Yes, gé di, ze ole bouque. You want a ziro or ouat?"

Comme si cela ne suffisait pas, un gros colis m'étant adressé prône fièrement dans le séjour. Quinze jours pour arriver du boulevard Haussman à l'avenue de Saint-Ouen, c'est beau le progrès avec la Banque Postale. Mikasa n'a qu'une parole: ce colis contient un lot de quatre superbes verres Open Up (Universal Tasting, 8€ pièce pour être précis). Ni une, ni deux. Direction la cave (ze kèïv), à la recherche d'un languedocien. Après un passage en revue de mes petites bouteilles adorées (je ne suis pas encore au point de leur donner un nom tel un Fernandel ou un bon vieux paysan breton amoureux de ces bêtes, mais je n'en suis pas loin). Alors... Montpeyroux, Saint-Chinian, Faugères, Puéchabon, Corbières, Minervois, Côteaux du Languedoc ("Tiens c'est quoi ça? Assemblage Merlot, Carignan... Pour plus tard, quand l'altruiste qui me l'a offert repassera), vin de pays, vin de table (Guilhem Coste, pièce de musée, pas touche...). Oh, c'est pas vrai, je ne trouve pas mon bonheur. J'opte pour un Sangre del Toro de chez Torres ramené d'Espagne. En espérant qu'il soit meilleur que ce Ribeira del Duero ouvert il y a quelques temps, imbuvable car sucré et boisé à l'excès. Ce Sangre 2005 est excellent. Un nez généreux, et même exubérant, de fruits rouges. Effectivement les arômes se concentrent et se densifient magnifiquement au coeur du verre. La bouche est riche mais pas opulente. Gouleyante, pétulente, impétueuse. Les petits fruits rouges sont superbement mis en valeur. Beaucoup d'élégance à relever également. Il s'associa fort bien avec le cake (la crainte avec le cake, c'est qu'il soit sec, et il était tout le contraire: moëlleux et tellement parfumé). Trouvable chez Sol et Mio, rue Legendre Paris 17 ou chez Lavinia, Bd de la Madeleine. (Heu, le vin, pas le cake.)    

Le journal de la semaine.

L'absurdité de la semaine. Souvenir de cette émission consacrée au vin, sur Arte, la semaine dernière: Ce vigneron qui vit dans une caravane, qui a perdu 12.000€ sur l'année, à qui l'on a donné des primes en 84 pour faire de la qualité et qui aujourd'hui se voit remettre des primes pour arracher, alors qu'il vient d'atteindre la qualité. No comment.

Le mauvais goût de la semaine. La dernière idée à la mode des producteurs de vin qui ne savent plus quoi inventer pour enterrer la viticulture française: questionner les gens pour leur demander ce qu'ils préfèrent dans le vin. "Bon alors, les enfants, qu'est-ce que vous aimeriez manger aujourd'hui?", "Des friiiiiiiiiiiiiites!!!", "Et demain? Des friiiiiiiiiiiiiiiiiites!!!" "D'accord, c'est vous qui savez ce qui est bon pour votre santé." 

Le surplus de la semaine. Selon les estimations de Bruxelles, la surproduction structurelle de l'Union européenne atteint 15 millions d'hectolitres par an, soit 8,4% de la production. Pour diminuer la production, la Commission propose l'arrachage de 400.000 hectares de vignes -- soit près de 12% des 3,4 millions d'hectares dans l'UE -- dans les 5 ans à venir, assorti d'aides d'un montant maximal de 2,4 milliards d'euros.

Le mail n'importe-quoi de la semaine. Vous restez collé à nous les oenofilles, permettez que cela ne nous plaise pas...!!!
Ok c'est de la provocation car vinsurvin n'a pas besoin de faire de la récup. à moins que !!!...
Soyez assez correct pour arrêter de jouer au chat et à la souris, internet n'est pas ce monde du tout permis dont vous semblez user en dépis des bons usages...

Le commentaire le plus sympa de la semaine. J'ai bien l'impression que c'est à la mode de critiquer le métro, et de mépriser les Agents RATP; certes tous n'ont pas inventés l'eau chaude. De là à faire une généralité, il ne faut pas avoir soi-même inventé le fil à couper le beurre.

Les bonnes nouvelles de la semaine.

1. Jeudi 14 juin. jflurton.com organisent une dégustation à l'Ambassade des USA (15h-19h) à la Résidence de l'Ambassadeur des USA, 41, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8e. Les vins dégustés seront : Private Reserve Chardonnay 2004, Private Reserve Cabernet 2002, Bancroft Ranch Merlot 2002, Napa Valley Fume Blanc 2005, Napa Valley Chardonnay 2005.

2. Du dimanche 17 au jeudi 21 Juin. Le Riedel Tasting Bar: Un tasting 100% personnalisé à Vinexpo 2007, sur le stand Riedel.

3. Mercredi 20 juin 2007, Vinexpo 2007,  Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano, “Vino Nobile di Montepulciano: l’excellence toscane” Une prestigieuse dégustation pour promouvoir la connaissance d’une des plus anciennes et réputées appellations de Toscane organisée par Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano et Regione Toscana, Provincia di Siena, Comune di Montepulciano.

4. Lundi 18, mardi 19 et mercredi 20 juin de 11h à 14h, dégustation de 9 crus classés de Provence à Vinexpo. Mercredi 20 juin, présence d'Andreas Larrson, élu meilleur sommelier du monde 2007.

Mauvaise nouvelle de la semaine: Pas facile de faire le tri dans cette avalanche de dégustations. Et pas d'invitation "Vittel"...

mercredi, 02 mai 2007

Un Vayres à Dégustation.

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Qui a dit que je critiquais les vins de Bordeaux? Qui?!
En même temps, il s'agit de dégustation de vins étrangers. Alors j'y serai peut-être. (Hey, humour.)

vendredi, 13 avril 2007

Des Vins Animés à Marseille!

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Un salon des vins où on en goûte, où on en boit, où on en parle...

"Des vins animés", c'est un salon des vins? Oui, mais pas seulement.
C’est une manifestation autour du bien boire et bien manger.
Aller à la rencontre des Marseillais pour faire partager notre passion du vin et de la gastronomie.

Du vin, oui mais surtout du vin respectueux du terroir et de son identité.
Respectueux de la nature, à l'abri des technologies modernes de vinifications et de viticultures.
Du vin vivant et libre, avec un petit supplément d'âme et un fort caractère.

Pour cette troisième année, des p'tits nouveaux, des jeunes premiers, des sérieux, des établis.
Toutes les régions viticoles de France sont représentées...ou presque!
Vous aurez même l'occasion de goûter du vin Tchèque.

Notre salon grandit petit à petit...une vingtaine de vignerons seront présents cette année. Sans compter, en matière culinaire, les dernières trouvailles ibériques de Raymond Lecoq et les pains bios de Bernard Bellhasen.

Le 13 et le 14 mai 2007, Marseille va se régaler! 

vendredi, 30 mars 2007

"Nîmes s'anime": précisions

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"La crise? Quelle crise?"

A lire certains vignerons (dixit Iris), j'ai eu semble-t-il une interprétation un peu trop pittoresque, onirique, ou littéraire de l'affiche de la Remise 2OO7, le jeudi 29 mars dernier; la situation des viticulteurs étant bien différente. Enfin, en même temps, qui va faire rêver les internautes si les vignerons ne peuvent plus le faire?! Donc, là où je devinais un homme "suspendu à un fil et muni d'une perche, [semblant] évoquer le subtil équilibre qui compose les vins du sud", les gens du métier verraient, eux, "un viticulteur suspendu sur une corde raide" et financièrement au bord du précipice. Là où j'évoque un vigneron "perché au-dessus de son pays, de ses vignes et de son histoire", d'autres voient un homme qui "comtemple une dernière fois son paysage aimé" avant "de se précipiter en bas". La situation est-elle si désespérée? Les amateurs de vin se mettent-il le doigt dans l'oeil en élevant la viticulture au rang des métiers mytiques?

Entre vision idéaliste et discours réaliste, entre passion et raison, enthousiasme et pessimisme, il semble que l'image que se font certains amateurs de vin soient loin du quotidien vécu par certains producteurs. Cependant, à bien y regarder, on a tout de même du mal à comprendre comment le pays roi de la viticulture par excellence depuis toujours soit atteint par une crise de la sorte. Si l'émergeance des vins du nouveau monde, de modifications dans les comportements sociaux ou encore de la peur du gendarme jouent des rôles prépondérants, difficile somme toute de justifier cette crise uniquement par ces seuls événements. On est efffectivement en droit se demander si la France, qui a les moyens de ne produire que du bon vin, n'aurait pas intérêt à vanter davantage les bienfaits du vin (français) et à élever considérablement le niveau de l'AOC afin de redonner à ce seigneur ses lettres de noblesse. En attendant, je vous propose un petit passage en revue "évolutif" de la situation sur l'état de la crise viticole en France.

  1. Ca va mal. 

La confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF), réunie en congrès national à Labège, dans la banlieue toulousaine, entend lutter contre la grave crise frappant la viticulture, par une refonte complète de sa stratégie. wineatlas.net, 12/07/06.

« La situation est catastrophique : à l'exception de quelques niches comme le Chablis, ce sont aujourd'hui 80 % des viticulteurs qui sont en difficulté, y compris dans des régions prestigieuses telles le Beaujolais ou le Bordeaux », explique Denis Verdier, président de la confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF). wineatlas.net, 12/07/06.

     2. Enfin, ça dépend pour qui...

Dominique Bussereau, le ministre de l'Agriculture, confiait encore récemment qu'« en réalité, nous parlons de crise viticole mais il y a aussi, à l'intérieur du vignoble français, des viticulteurs en bonne santé », wineatlas.net, 07/2005

De Châteauneuf-du-Pape à Rasteau, en passant par Tavel et Gigondas où les vendanges se poursuivent, les vins de la vallée du Rhône (sud-est), dopés par des marchés étrangers en forte progression et portés par les crus célèbres entrevoient la sortie de crise mais restent fragiles. wineatlas.net, 21/09/06.

     3. C'est la faute du consommateur: il est trop con pour savoir lire une étiquette. Il faut tout lui expliquer.

Pour Denis Verdier, président de la CCVF, « il faut simplifier l'offre, faire émerger des marques sur des produits de cépage, car le consommateur non initié est aujourd'hui perdu devant la complexité de ce qui lui est proposé dans les magasins ». wineatlas.net, 12/07/07.

Languedoc-Roussillon, Sud de France. Telle est désormais la dénomination du premier vignoble mondial qui s’unit pour partir à la conquête de nouveaux marchés, seule alternative à la sévère crise viticole actuelle. wineatlas.net, 27/02/07.

vinsurvin: Il n'y a qu'à carrément enlever "Languedoc-Roussillon", ni les français, ni les étrangers ne savent où sait. Même de Montpellier à Perpignan, on se demande. On pourrait écrire "Mauvais / passable / convenable / satisfaisant / bon / très bon / excellent / exceptionnel / inclassable vin rouge du sud de la France", en entourant la mention utile. Mais pas sûr que les gens comprennent.

     4. Il faut demander au client ce qu'il aime, et le lui faire. Comme à l'école, c'est l'élève qui décide quoi apprendre.

La solution prônée par la CCVF marque un tournant : il faut abandonner la culture de producteurs, encore trop tournée vers la défense syndicale, au profit de la culture d'entreprise tournée vers la satisfaction des besoins clients. wineatlas.net, 12/07/07

Il me faudrait des grands crus de Bourgogne aux alentours de 2€ pièce. Là, je serais satisfait. C'est possible?

     5. La solution: remplacer le vin par une boisson pour jeunes! Le jeune, il y verra que du feu, le jeune!

Cette recherche des goûts du client est illustrée par une communication faite lors du congrès sur le concept « WineHot », lancé par les Jeunes vignerons coopérateurs de l'Hérault qui vont prochainement déposer la marque : il s'agit d'un cocktail à base de deux tiers de vin, d'eau gazeuse et de sirop destiné au marché des jeunes adultes. wineatlas.net, 12/07/07.

C'est décidé, pour éviter que mes élèves ne boivent de cette infâme potion qui n'aura que pour effet de les habituer au sucre (comme si ce n'était déjà fait), de nuire à leur santé et de les éloigner encore plus du goût du vin, j'envoie une classe visiter un vignoble l'année prochaine. J'estime qu'il est aussi du devoir de l'Education Nationale d'initier ses jeunes citoyens à la connaissance d'un symbole aussi ancré, profond et fondamental de la culture française. L'occasion également de créer du lien et de la cohésion sociale autour d'un seul et même symbole. Qui pour acceuillir des lycéens de banlieues au printemps 2008?!

PS: A noter que le sujet avait déjà été abordé, ici, sur vinsurvin, le 1O décembre 2OO6.

dimanche, 25 mars 2007

I survived the Salon of the Vignerons Indépendants!

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Pas que je m'étais juré de ne jamais y mettre les pieds. Je me disais juste que les conditions de dégustations étaient effroyables et que je préférais tout simplement l'intimité d'une rencontre avec un(e) vigneron(ne), chez lui/elle. Mais l'invitation de Sancho Pança fut tentante et, pas du genre à m'enferrer (ni à refuser un verre de rouge), c'est avec une certaine excitation que je me rendai Porte de Champerret: mon caddie à ma gauche, mon oenologue (Hippolyte, 2 ans 1/2) à ma droite. Dois-je préciser qu'il ne m'avait pas fallu deux heures pour browser ma cave et m'apercevoir que Patrimonio (Corse du Nord), Morgon (ou quelques-uns de ses onze cousins), et Cahors s'y faisaient rares ces temps-ci. Et puis, je ne voyais aucun inconvénient à déguster des choses originaires de Saint-Chinian, du Minervois ou de la Bourgogne. Et encore moins à découvrir des elixirs de contrées lointaines et retirées. En gros, j'étais open. Formidablement open. Pas comme mon compte en banque. A mon grand désespoire.

Sur place, un joueur d'orgue de barbarie accueille le chaland. Nous remplissons nos invitations, nous munissons de verres INAO et pénétrons dans le temple du vin. Première impression: s'il y a du monde en ce samedi matin, ce n'est pas la foule. Voilà qui est rassurant. Ah, un vigneron corse. Du sud. Au secours, le vin est âpre, extrêmement tannique, sec, amidonné. Je recrache un pur produit du maquis pour autochtone. Merci, au revoir! J'ai soudainement l'impression de ne pas avoir bu depuis trois jours tant ma bouche est devenue sèche. Y a-t-il un producteur d'eau minérale dans l'assemblée? 

medium_Clos_Siguier.gifCerise et minéralité à Cahors. Première halte dans l'appellation Cahors (Sud-Ouest), chez monsieur Bley, de Montcuq. Ce gentil monsieur à l'accent chantant nous fait goûter le deux millEU quatrEU enm premier. Allez, va pour le 2004. Puis 2003, puis... on va arrêter là. D'autant plus que mon oenologue a la tête dans le seau servant de crachoir, crachant lui aussi en expert mais respirant au passage les effluves d'un alcool composé de plusieurs millésimes et de salives diverses et variées. Le Clos Siguier 2003, 100% malbec, n'est pas mal. Très marqué par la cerise, minéral (des notes de pierre à fusil), mais manquant singulièrement de structure et d'épaisseur (12° oblige?), il ferait un petit vin de table sympathique, et ça changerait. Surtout à 4,6O€ pièce. Sancho et moi nous regardons. Va pour une caisse à deux? Va. Ce sera notre philosophie tout au long de la matinée: un carton pour deux. Merci Monsieur Bley et au plaisir.

Nous tombons ensuite sur le domaine Leccia, Pietra Bianca (Patrimonio, Haute Corse). Le premier vin goûté est outrageusement tannique, vert et ne satisfait tout simplement pas mon palet. Le deuxième semble avoir été coupé au sirop de grenadine. Les conditions de dégustation à la Wine Spectator seraient-elles en train d'opérer (lumière, chaleur, capacité d'analyse réduite par l'accumulation ou simple ignorance de ma part?) Le prix, de fait rédhibitoire par rapport au plaisir retiré n'aide pas non plus. Poursuivons nos déambulations. A la recherche de Yves Leccia.

medium_img_prestige.jpgCahors de nouveau. Nous rencontrons Thierry Simon et Philippe Vérax, de Château de Lacapelle (Cabanac). Concentrons-nous sur le meilleur des trois vins dégustés: Prestige 2003. Une dominante malbec assemblé à une touche de merlot. Une couleur d'un noir exceptionnellement intense, comme de l'encre. Un nez complexe marqué par les fruits noirs, comme les pruneaux et les cerises à l'eau de vie. En bouche, le vin est très bien structuré, relativemement riche, avec des tannins soyeux et élégants. Les notes de fruits rouges (voire mûrs) se confirment et l'impression que l'on déguste un très très joli vin se fait très vite sentir. "Ah ouais", Sancho et moi éructons en coeur! Le vin est discrètement boisé et présente une une belle longueur aromatique. Bon et bien, va pour un carton de 6. De l'ordre de 12€ / pièce.   

On réentendra parler de ce Cahors sur vinsurvin, sans aucun doute.

C'est pendant la pause sandwich de l'oenolgue de 2 ans 1/2 que nous faisons connaissance avec Marie-France Sevenet-Lateyron, du Chateau Toumillon à Graves (33). Elle offre un verre d'eau à Hippolyte et nous propose de goûter son vin. Je suis réticent. Je ne puis m'empêcher de lui dire que l'image du bordelais dans son ensemble souffre des marques qui fabriquent des liquides marqués de façon outrancière par le bois et les arômes de vanille. Si c'est donc ce genre de vin qu'elle conçoit, je préfère m'abstenir. J'ai du vin passé en fûts nous répond-elle mais j'en ai aussi plus porté sur le fruit, le Château Toumillon 2003, une dominante de cabernet Sauvignon accompagné de merlot et de cabernet franc. Pourquoi donc refuser, c'est dit si gentiment. La première chose qui me sidère, c'est la couleur du vin: rouge ambré, tuilé. Le nez est aromatique, complexe, entre minestrone de fruits frais et fleurs fraîches. La bouche est fraîche, plutôt ample et offre des notes de fruits noirs (pruneaux) et animales. Un vin d'une très jolie structure et doté de beaucoup d'élégance. Nous sommes manifestement très agréablement surpris. Je ne serais pas étonné que ce vin coûte dans les 15, 18€ / pièce. Prix: 10€. Va pour une caisse de 6. Nous goûtons le 2000, qui ne déçoit pas non plus. Mais plus âgé, il sera à boire plus rapidement.       

Nous sommes sur le point de rentrer quand un stand où prônent de magnifiques bouteilles de Morgon attire notre attention. "On s'arrête?" "Vite fait alors." Nous goûtons un Chiroubles (Domaine du Calvaire) qui jubile de fruits rouges: parfait pour finir la dégustation! Il s'agit du vin de Didier Desvignes. Madame insiste pour nous faire goûter un premier Morgon, puis un second (Clos Les Charmes 2005), qui retient notre attention, car moins austère que le premier et plus racé. Nous panachons Chiroubles et Morgon puis rentrons à la maison.

Total: Des rencontres, des dégustations, des découvertes, des surprises et l'impression d'avoir passé un excellent moment. Côté budget, bon, une petite centaine d'€ de dépensés, enfin, d'investis! Soit, environ 8€ / bouteilles et l'assurance de boire de très bonnes choses dans les semaines à venir. 

 

mardi, 21 novembre 2006

Salon des Vignerons Indépendants Porte de Versailles du jeudi 23 au lundi 27 novembre 2OO6 (piqûre de rappel)

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Comme chaque année, et du jeudi 23  au lundi 27 novembre, c'est la foire d'empoigne au salon des vignerons indépendants porte de Versailles à Paris. Des centaines d'exposants (1OOO, indique l'invitation), des dizaines de régions viticoles représentées et surtout, l'enfer sur terre avec ces milliers de visiteurs qui vous marcheraient dessus pour gratter un morceau de saucisson avec un verre de pinard. C'est bien comme cela que ça se passe? Et pourtant je n'y suis jamais allé. C'est certainement le dernier endroit sur terre où faire une dégustation. A l'image des journalistes du Wine Spectator qui "dégustent" des vins dont les bouteilles sont enveloppées dans des sacs type Mc Do, à la lumière des néons et à température climatisée, les conditions de dégustations dans les salons sont rédibitoires. Cependant, ces foires n'ont pas que des inconvénients. Surtout les vendredi ou lundi après-midis où l'atmosphère devrait être un peu plus civilisée. Cette biennale du vin français permet de rendre visite à ces vignerons que l'on voit d'habitude chez eux, échanger le bout de gras, rester en contact. Après avoir passé commande par téléphone, il n'y aura plus qu'à aller chercher ses cartons. On n'aura donc pas de mauvaises surprises. On complètera également sa cave auprès de vignerons issus de régions lointaines, comme la Corse par exemple. Et puis, allez, on boira bien un p'tit coup de quelquechose. Même sous les néons!

Je n'ai pas de cave, mais j'irais bien y faire un tour pour me faire plaisir. Comme m'y prends-je et qu'achète-je?

Conseil pratique numéro un: éviter samedi et surtout dimanche, donc. Si en plus le temps devait être maussade ce week-end, votre promenade dominicale aura vite fait de se transformer en crise d'agoraphobie aiguë. Conseil numéro deux: allez rendre visite à ces gens là, vous ne devriez pas être déçu!

LA BOURGOGNE................................................................................................

CHABLIS: Domaine de la Meulière. De superbes  "Chablis" à partir de 9,OO€. Des gens très sympathiques.  Allée  G, stand 55. (G-55). Je m'arrête à Fleys (89) depuis 5 ans.

GEVREY-CHAMBERTIN: Domaine Dupont-Tisserandot. Des grands vins de Bourgogne à partir de 25 €, pour les grandes occasions. Je souffre d'avoir décidé d'attendre quelques années avant d'ouvrir les 1ers Crus. (Petite Chapelle entre autre) (A-21) 

LES COTES-DU-RHONES...................................................................................

GIGONDAS et CROZES-HERMITAGE: DOMAINE GRAND ROMANE. (R-30). On peut faire confiance à la famille Amadieu dont la réputation n'est plus à faire. Dès le mois de novembre et jusqu'en mars, ces vins aromatiques, charpentés, ayant du corps et de la grâce feront merveille avec vos viandes rouges et plats en sauces. 

LE LANGUEDOC..................................................................................................

FAUGERES: Chateau Haut-Fabregues. (N-23). A Cabrerolles, on ne fait que du bon vin. Oui, Monsieur. Voir note sur Faugères par ailleurs.

LE BEAUJOLAIS.................................................................................................

MORGON: Domaine de Leyre-Loup. Corcelette 2OO4: Rouge soutenu, au nez très plaisant de cerise et de canelle. Un vin qui ne joue pas sur la puissance mais se montre très réussi pour le millésime, avec sa bouche ronde et aromatique, élégante et bien équilibrée. Guide Hachette 2007. (L-19)

LE VAL DE LOIRE................................................................................................

Nous entrons dans l'automne et vous prendrez beaucoup de plaisir à boire certains vins avec des omelettes aux champigons, des tourtes ou des quiches aux saveurs automnales. Malheureusement, "mes" producteurs ne seront pas là, je pense notamment à Laurent Gilloire et Sandrine Soudrais de Cravant-les-Coteaux, et aux Drussé de Saint-Nicolas de Bourgueil. A vous donc de dégotter un(e) vigneron(ne) sympa, de Chinon ou Saint-Nicolas de Bourgeuil, qui vous plaise et dont le vin vous parle! Il y en aura forcément un(e)!

CORSE...............................................................................................................

PATRIMONIO: Domaine Leccia. Superbe. Tout simplement! Lire note par ailleurs. (B-59)

mercredi, 13 septembre 2006

Foire aux Vins Carrefour (Saint-Denis)

medium_logo.jpgJe suis allé faire un tour sur le site de Carrefour et il est intéressant de noter l'effort consenti pour orienter et conseiller au mieux le client. Comment se composer une cave, accorder un met et un vin, conseils de sommelier sont autant d'infos plus ou moins utiles et distillées sur  le site du grand manitou de la consommation. Ca me fait un peu mal de dire ça tant j'abhorre ce genre de grandes surfaces. D'ailleurs, le jeu en ligne vous permettant de gagner une euro-cave est réservé aux titulaires des différentes cartes de fidélité... voilà le genre de la maison.

Ceci dit, je suis rentré du Carrefour de Saint-Denis (93) ce matin avec des choses qui devraient accompagner des apéros ou des petites bouffes informelles de façon fort satisfaisante. Je m'étais dit, pas plus de 50€, j'en ai bouffé 500. Et c'est là que j'ai besoin de vous. 1. Comment dire à ma femme? 2. Comment combler le trou de 450€ qui devait servir à acheter un coffre de toit pour le Scénic? J'attends vos commentaires.

Je plaisante!!! En vérité, je suis rentré avec 9 bouteilles et ai dépensé 46€, soit 5€/pièce. Décompte:

 - 3 Chardonnay "Ernest et Julio Gallo", Sierra Valley 2004, Californie, USA. Un vin décrit comme ayant "des arômes d'amande, de noisette et de pamplemousse. Une bouche ronde, bien grasse avec une jolie finale fraîche" et que l'on nous conseille avec des "grillades de porc simplement poëllées". Moi je dis qu'on peut aussi se le servir à l'apéro!

- 2 Trapiche Mendoza, rouge, 2005. Pour le 100% Malbec. Les Argentins sont les seuls à le réussir sans assemblage. L'Alamos est excellent également.

- 1 Chiroubles 2004, Domaine Gobet. Le Beaujolais est très bien représenté, dans une fourchette de prix autour des 7,00€. Fleurie, Juliénas et Morgon à tenter aussi. A boire avec un copain, avec charcutaille et fromage, devant un match de l'Equipe de France. Ou une copine devant "Desparate Housewives".

- 1 Pécharmant, Château des Hautes Fargues 2002. Par pure curiosité, avant de me rendre dans la région (Sud-Ouest) prochainement. Un nez de cuir et d'épice. A garder.

- 2 Pomerol, Château Petit Mayne, 2004. Si on me prend par les sentiments, je suis prêt à consentir un petit faible pour les vins situés sur la rive droite de la Dordogne, à commencer par les Canon Fronsac. Mon faible pour le Pomerol vient certainement du fait que c'est là que j'y ai visité ma première cave, mon premier château. Château Taillefer. Un vin du millésime d'Hippolyte, que j'espère conserver une petite dizaine d'années.

En substance, des vins pour l'apéro (Chardonnay du Nouveau Monde) et pour des consommations entre amis, à boire dans l'année (Trapiche, Chiroubles) + un peu de vin de garde (Pécharmant, Pomerol) rejoindront  les amplettes de la semaine dernière tournées, elles, vers l'Argentine et le Chili. Vous noterez qu'avec un budget raisonnable, on sera parvenu à se faire plaisir. Quoi que... le vrai plaisir se consommera lorsque vous dégusterez ces bouteilles entre amis! Avec modération toujours, bien sûr!

lundi, 11 septembre 2006

J'ai craqué pour...

medium_Chili.gifIl y a des moments dans l'année qu'on attend avec impatience. A commencer par la fin de l'année. Mais avant, j'avancerais deux, trois autres moments clé. Courant avril, début mai, période de mon anniversaire, je me surprends à faire des détours avec ma femme par chez mon spécialiste préféré rue Pouchet. En ce moment un superbe Shiraz-Zinfandel de la  Shenandoah Valley (CA) me tend les bras - je l'ai même entendu s'adresser à moi, me suppliant presque de l'emmener avec moi et de l'installer confortablement dans ma cave auprès de ses amies bourguignonnes, languedociennes et tourangelles. "S'il te plaît, ne me laisse pas ici, je vais finir par tourner au vinaigre." "Ecoute, t'as qu'à faire de l'oeil ma femme...") En novembre, lorsque mes amis vignerons s'apprêtent à monter Porte de Versailles, je sens comme une certaine jubilation à l'idée d'aller me procurer la commande effectuée préalablement. Cette semaine, la foire aux vins a démarré. J'étais déjà bien dans les starting-blocs, là, je suis carrément dans le caddie et je déambulle dans les allées de Lavinia avant d'investir celles d'autres magasins dans le coup.

Les Chardonnays du Nouveau Monde.

Cette année, j'ai décidé de tourner le dos aux vins français. J'entends déjà les "Traître!", "Célérat!", "Maroufle!". Plaît-il vil gredin? Que néni! Point en moi l'idée de snober ou de reléguer les vins d'Outre-Gironde au rang de picrates à bouzeux! Je ne suis pas de Bordeaux, moi, Monsieur! Il ne s'agit là que d'une simple envie de changer, d'un désir d'exotisme, d'une volonté de sortir des sentiers battus! Voyons! D'autant plus que l'année 2006 m'aura vu (moi et mon fidèle accolyte) traverser les terres de France et de Navarre en quête du Sacré Gral. (Trouvé? Ce n'est pas la question. Et les questions, c'est moi qui les pose, manan!) Nous sommes, effectivement, rentrés avec moult flacons qui ne verront le jour que dans quelques décennies.

Les vins du Nouveau Monde, disions-nous?! De retour de chez Lavinia, je pense que ce Valdivieso, Chardonnay 2005 (Chili, Curico)  et ce Catena, Alamos Chardonnay 2004 (Argentine, Mendoza) ne devraient pas décevoir à l'apéritif. Sur le fruit et des notes très minérales, il sera intéressant de faire la comparaison avec nos Pouilly et nos Chablis. Par ailleurs, étant radicalement tombé sous le charme des Argentins de la région de Mendoza, je ne serais pas surpris que ce Catena, Alamos Ridge (100%) Malbec ne nous régale avec une viande rouge ou un fromage des Pyrénées.

La prochaine date clé pour nous tous est incontestablement vendredi (pour les plus chanceux) et samedi (pour les autres!) et entre les foires aux vins et les bons restos sur Paris, vous devriez trouver de quoi vous réjouir. Et vous allez inviter qui pour déguster ce petit Chardonnay argentin? Moi? Oh, non, ça me gêne! Vous insistez? Et bien écoutez, ça doit pouvoir s'arranger, je suis libre vendredi!

samedi, 26 août 2006

Foires aux Vins

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(Photo Henry Comte) 

Si Septembre est synonyme de rentrée, il rime aussi (et surtout) avec Foires aux Vins. Facicules et autres brochures réservées à cet événement commencent à parsemer ma boite aux lettres. Avant que les Carrefours ou Champions ne se manifestent, c'est le Savour Club du Bld du Montparnasse qui remporte la palme de la rapidité cette année, suivi, de très près, par le Lavinia du Bld de la Madeleine. Après consultation des deux catalogues, j'ai pensé qu'une petite sélection ne serait pas pour vous déplaire. N'ayez crainte, je ferai de mon mieux pour ne pas sombrer dans le catastrophisme à la M6, du type: "Foires aux Vins: attention aux arnaques!" ou "Vins bradés: nous avons enquêté sur un réseau d'Europe de l'Est: c'est édifiant."

Il va de soi que cette sélection est faite de critères subjectifs, que je n'ai pas goûté les vins sélectionnés et qu'un produit qui peut me sembler satisfaisant à première vue peut ne pas vous plaire du tout. Je ne suis qu'un modeste oenophile! Alors, me demanderez-vous, quels critères sont retenus pour cette sélection? C'est simple: 1. la couleur des étiquettes. 2. le prénom du viticulteur 3. le prix au litre.

Plus sérieusement: 1. Le désir de vous faire découvrir des régions ou des appellations vers lesquelles on n'ose aller, par peur de se tromper. 2. Le cépage (sauvignon et chardonnay pour le blanc par exemple garantissent d'excellents moments. Désolé pour le chenin et le romorantin, que je trouve, dans l'ensemble, imbuvables.) 3. le prix (ou potentiel rapport qualité/prix, mais là ça sonne un peu Ecole de Commerce) 4. l'audace, car je vois parfois dans mon supermarché local ces quidams, l'air hagard, seuls au monde, devant un rayonnage de trente mètres de long et de trois mètres de haut, qui se demandent quelle bouteille ils vont bien pouvoir acheter. Ils aimeraient faire preuve d'audace ("Bon, allez, je me lâche, je prends un Côtes du Rhône. Ouais, mais si il est pas bon? Je vais avoir l'air con, moi. Bon, ben, un Bordeaux. Ouais, un Bordeaux! Ou un Côtes de Bordeaux? Heu, d'accord, mais y'en a cinq cent. Je prends lequel, moi?") mais ce n'est pas chose facile.

Trêve de plaisanterie, sachez également que je reviendrai avec une "sélection foires aux vins supermarchés" dès que j'aurai mis la main sur leurs prospectus. Enfin, des informations sont disponibles sur les termes soulignés et de couleur rose, en cliquant simplement sur le terme en question.

LAVINIA. 3, bld de la Madeleine, 75001, PARIS.

Languedoc-Roussillon, Vin de Pays (VDP) Côtes-de-Thongue, Les Chemins de Barsac, Isa, 2004, rouge. 5,00€. Dans cette magnifique région du Languedoc (voir notes par ailleurs), les vins de pays ne sont pas à sous-estimer. Bien  au contraire. On trouve des choses très bien faites, et en Côtes de Thongue notamment. Assemblage de syrah, grenache et cabernet-sauvignon ou merlot. Des vins dégageant des arômes de fruits rouges et noirs (groseille, mûre, cassis) réhaussés de notes légèrement poivrées. Bouche structurée et fruitée. A boire sur des viandes blanches, fromages légers.

Languedoc -Roussillon, Faugères, L'Ancienne Mercerie, Les Petites Mains, 2004, rouge. 7,10€. L'appellation Faugères est à retenir. AOC (avec Saint-Chinian) depuis seulement 1982, les vignerons ont su axer leur travail sur la qualité de leur produit et relever la notoriété de l'appellation, alors en pleine perdition. Voici une bonne façon d'aborder Faugères, terre minérale de part le schiste qui compose ses sols. Nez de fruits noirs mûrs et d'épices, ou arômes de fruits compotés (original et agréable).  Structure élégante, souple, parfois grasse. Bouche ample. Finale parfois mentolée. Cépages: grenache, syrah, mourvèdre, en règle générale.

Languedoc-Roussillon, Saint-Chinian, Domaine Yannick Pelletier, L'Oiselet 2005, rouge.  8,00€. Appellation voisine de Faugères, ces vins s'avèrent souvent excellents. Yannick Pelletier est un tout jeune viticulteur (avec une bonne bouille). Son assemblage de vieilles vignes de grenache, accompagnées de cinsault donnent (selon Lavinia) "un rouge savoureusement frais, fruité et élégant." Banco! Ca me suffit pour faire confiance à ce jeune vigneron. Devrait convenir sur une viande rouge et vos fromages. 

Argentine, Mendoza, Catena Zapata, Alamos Malbec 2004, rouge. 9,90€. Dans ces régions du monde où il fait très chaud, je suis de plus en surpris par la qualité des vins produits dans le pays de Diego Maradonna, en général, et dans la région de Mendoza, en particulier. Le dernier Chardonnay provenant de cette région, dégusté cet été, a conquis les trois amateurs qui m'accompagnaient. De plus, alors que le cépage Malbec est cultivé en très petite quantité en France (notamment  dans le bordelais, pour ses caractéristiques tanniques),  les argentins parviennent à magnifier ce cousin du côt (Val de Loire) et en faire un vin rassé et élégant, comme j'ai pu le constater, encore cet été, en Equateur. Des vins à découvrir impérativement.

Vous aurez relevé que la sélection ne contient pas de vins de Bordeaux. Vous commencez à me connaître: ils ne m'intéressent pas. Disons que je les garde pour mes vieux jours! Pas de rouges du Val de Loire non plus, ni du Rhône, du Maconnais, du sud-ouest... La raison? Lavinia n'en suggère quasiment pas. Par contre, gros effort sur les vins du Nouveau Monde cet année. La sélection de vins issus d'Italie, d'Espagne, d'Australie, d'Argentine ou encore des Etats-Unis est pléthorique.

Vins du Nouveau Monde: A SUIVRE!

Vins blancs: je regrette de voir que la gamme de prix des premiers blancs sélectionnés par Lavinia commence à 11,00€. J'en sélectionnerai deux, pour ceux et celles qui veulent se faire plaisir. On pourra les boire à l'apéritif ou sur un poulet au citron par exemple.

Loire, Sancerre, Domaine Paul Prieur et fils, 2005, blanc. 11,00€. Un vrai, bon Sancerre peut dérouter les premières fois. Vin minéral s'il en est, son côté pierre-à-fusil peut en decontenancer plus d'un (e). Mais les arômes de fruits (notamment d'agrumes ou de pomme selon les millésimes) qu'il dégage au nez et en bouche n'ont pas leurs pareils. (En Pouilly Fumé aussi? Je vous l'accorde!).

Bourgogne, Chablis, Domaine William Févre, 2005. 11,90€. Je vais me faire des ennemis du côté de Fleys, mais croyez-moi Monsieur Laroche (Nicolas), je ne pouvais pas ramener plus de cartons que cela la dernière fois! Pour ce Chablis là, disons que je vante l'appellation dans son ensemble (pour ratisser large!). J'ai assez vanté les qualités de ce chardonnay reconnu dans le monde entier. A ce prix là, on va dire que ça reste raisonnable. A ouvrir une demie-heure avant service. Frais. Sans cacahuètes salées et autres tueurs de vin du même type. 

La bonne idée de Lavinia: proposer des "coffrets cépages" de trois bouteilles issues de pays différents. Personnellement, je craquerais bien sur leur coffret sauvignon (Espagne, Afrique du Sud, Suisse, 33,90€) ou chardonnay (Etats-Unis, Argentine, Israël), 31,90€. En voilà une bonne façon que découvrir des vins issus des quatres coins de la planète!

Et pour finir, la sélection PREMIUM. J'ai nommé un Bordeaux, Pomerol, Petrus, 1995. Prix: 1390,00€ (au lieu de 1600,00€!!! Ca, c'est une affaire!). Papa, si tu lis cette note...

Bons achats, bonnes dégustations! 

 

 
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