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samedi, 06 septembre 2008

Ce week-end, c'est foire aux vins ! (Mais pas celle qu'on croit).

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Ce week-end, les amateurs de vin ont le choix : se faire marcher sur les pieds, au propre comme au figuré, dans les grandes surfaces, afin de profiter des foires aux vins (animées par le responsable quincaillerie) ou respirer l'air frais de Bercy Village où se déroulent Les Festi'bacchus 2.0.

Les masos ont rendez-vous à Carrefour ce week-end ! Ou Leclerc, ou Cora... Comme à chaque rentrée, les grandes surfaces font leur beurre,929348028.jpg pendant que les vignerons, qui seraient les bienvenus pour nous conseiller, se trouvent dans les vignes à vendanger ! A croire que ces hauts lieux du rassemblement pour foules lobotomisées le font exprès. Mon conseil pour ces foires aux vins ? Ne pas y aller ! A quoi bon se faire bousculer par des caddies incontrôlés et se faire marcher sur les pieds par des mioches au nez morveux et au regard vicelard ? Vous savez, ces diablotins qui vous tirent la langue ou vous font des "nanana". Moi, je les repère tout de suite, ceux-là, et je m'arrange pour les pincer ou leur balancer des regards de tueur. Jusqu'à ce qu'ils pleurent. Parfois, j'ouvre un paquet de bonbons. Ils m'adressent alors des yeux de chiens battus, espérant que je sois altruiste. Alors, je sors un bonbon, le débarrasse de son papier, le fourre délicatement et lentement dans ma bouche, en faisant un "huuuuuuumm", et passe mon chemin. Je tends alors l'oreille pour constater la réaction du môme, qui souvent, pique une crise de nerfs, mettant les parents dans une situation très embarrassante.

Question vin, on nous ressort les stocks invendus et on n'y trouve que du bordeaux. Analyse sommaire, certes, mais conforme à l'intérêt que l'on doit porter à ces rassemblements infernaux. 192530707.2.jpgPersonnellement, cet après-midi, je serai en dédicace dans une foire aux vins, certes, mais en plein air, et en petit comité.

Les Festi'Bacchus accueillent les appellations de l'ensemble des régions vinicoles françaises et s'attachent à faire découvrir, déguster et apprécier le vin à des curieux et  des amateurs de vin, sur trois jours.  L'occasion, comme l'année dernière, de faire de jolies découvertes et de faire connaissance avec quelques vignerons qui n'ont pas encore commencer à vendanger. Les conseils de VINSURVIN quant à quels domaines aller voir ? Allez rendre visite au Domaine Gayda, basé à deux pas de Carcassonne, Château d'Agel (Roussillon), Domaine Berthoumieu (Madiran) et Clos Troteligotte (Cahors)... Une bonne vingtaine d'appellations présentes, des conférences, des débats, des dégustations et du jazz, Festi Bacchus a tout pour attirer l'oenophile.   

Festi'bacchus
La fête des vins de France
Les 5, 6 et 7 septembre 2008
PARIS – BERCY VILLAGE
Prix d'entrée : 5€ donnant droit à un verre de dégustation.

dimanche, 22 juin 2008

Jolies rencontres aux Abbesses

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Les Abbesses célébraient le vin le week-end dernier. Ils étaient une vingtaine à camper sur la Place, entre les badauds chinois aux yeux écarquillés et aux regards gênés, les confréries venues s'encanailler d'un verre de chablis ou de côtes-du-rhône, et les jeunes couples parisiens les bras pleins de bébés. Trois domaines auront retenu l'attention de votre humble serviteur : le Domaine du Petit-Barbaras (Côtes du Rhône), La Vinçonnière (Muscadet-sur-Lie),  et Château Nicolas (Rivesaltes). Bémol : le passage obligé par l'achat d'un verre à 3€, une fâcheuse tendance à Montmartre.

Ca fait toujours plaisir de retrouver "ses" vignerons sur Paris, et encore plus lorsque ceux-ci se retrouvent ensemble autour de vous ! Vincent Laroche (Chablis) a pu faire la connaissance d'Emmanuel Rybinski (Clos Troteligotte, Cahors) alors que je tapais le bout de gras avec ce dernier. Deux vignerons VINSURVIN qui parlent boulot devant leur fan : un moment savoureux ! L'occasion d'aborder avec eux le prochain projet de VINSURVIN : organiser un week-end dégustation réunissant tous les TupperVignerons de VINSURVIN à côté de Chartres courant 2009. J'évoque fin juin, début juillet. Vincent me conseille début décembre : s'il fait chaud en juin, il n'y aura personne. Début décembre, le budget boissons pour les fêtes est encore au beau fixe et il y a peu, voire pas, de salons à cette époque. Enfin, en dehors de QUI, A BÛ, BOIRA? de Laurent Baraou, effectivement, Chartres n'est pas gâté par les salons des vins. Et bien, c'est un bon début pour ce projet qui germe et qui j'espère verra le jour !

261423936.jpgLoin d'avoir fait le tour de tous les exposants samedi 14 et dimanche 15 juin derniers, trois d'entre eux auront retenu mon attention. Parmi tous ces vignerons indépendants médaillés au dernier Salons Vignerons Indépendants, le Rhodanien Domaine du Petit-Barbaras. situé à Bouchet dans la Drôme. Son côtes du rhône blanc 2006, assemblage classique de marsanne et de roussanne sur des sols argilo-calcaires, se décline sur deux cuvées. La première est fermentée en cuve inox. Sur le fruit, tel que la pomme et les agrumes, elle peine néanmoins à exprimer une vivacité qui titillerait nos papilles. Sur la fraîcheur, juteuse, elle est d'une plaisante densité. A boire de suite. La deuxième est, elle, fermentée en fûts de chêne, qui acceuillirent jadis un millésime, un seul, d'un vin liquoreux, celui de Château d'Yqem. Les fûts sont évidemment soigneusement lavés et personne ne saurait reconnaître des traces de sauternes. Ce côtes-du-rhône 2.0 est très aromatique. Plus gras, plus consistant, il présente une attaque assez souple mais l'acidité compense, offrant un bon équilibre et une bonne fraîcheur. Des notes de pomelo et de fleurs blanches se dégagent. Beaucoup de plaisir au final.

Le muscadet tarde à avoir bonne presse en France. Et sur VINSURVIN. Notamment à cause des cafés, bars, brasseries français qui nous1761549742.jpg servent, en règle générale, du vin médiocre, et du muscadet indigne, en particulier. Celui qui brûle la gorge. Pendant deux jours. Point besoin de s'y connaître ni d'aimer le vin pour tenir un café en France. C'est comme s'il n'était pas nécessaire pour un moniteur d'auto-école d'avoir le permis pour enseigner la conduite ("La marche arrière ? Ah, bah, je sais pas, attends je vais pousser). Exactement pareil. Ou de savoir parler anglais pour l'enseigner ("Excuse me, sir, but I think the protagonist is being ironic here, not sarcastic." "What? Tu peux parler franglais comme tout le monde?"). Du coup, si l'on se fie à ces marchands de pinard, les idées reçues ont de beaux jours devant eux. Le muscadet ? Beurk, c'est du vin de comptoir !

Heureusement, il y a des vignerons qui nous démontrent le contraire. Comme Laurent Perraud, à Clisson, qui produit un magnifique muscadet-sur-lie, cépage melon de bourgogne. Et c'est peu dire. Sélection les Egards 2006 ouvre le bal sur de la fraîcheur, de la tonicité, de la tension. L'aspect perlé offre de la gouleyance et un frissonnement sur la langue. Par ailleurs, le vin n'est pas dénué de profondeur. Des notes minérales et juteuses entrent dans la danse. L'enthousiasme gagne le dégustateur ! Domaine de la Vinçonnière 2007 dégage la même énergie. Un nez frais sur un bouquet de fleurs blanches et de fruits fraîchement cueillis (pomme, citron vert, et peut-être même de melon, de pastèque). Une bouche vivante, juvénile, jazzy. Conquis ! Quart d'heure américain avec des muscadets de dix ans d'âge. Les bougres, ils gardent toute leur verve ! Sélection des Egards 1997 présentent une couleur plus foncée, paille. Le nez nous guide vers du fruit sec, du foin coupé évoluant vers la fraîcheur de l'agrume et de la minéralité. Une belle texture ; plus de gras, de complexité et beaucoup d'élégance. La finale est longue et évoque les épices douces. Avec de tels vins, le déficite de notoriété du muscadet sera vite réparé. Bravo Laurent ! Pour finir, il y a fort à penser que les TupperWiners de VINSURVIN auront l'occasion de goûter tous ces vins sous peu ! Vous voyez comme je m'occupe bien de vous ?! De beaux muscadets ICI aussi.  

Pour terminer, en beauté : de la douceur, de la soie, de la noblesse avec les Rivesaltes du Château Saint-Nicolas dans le Roussillon. Situé dans les Astres, à Ponteilla, au sud de Perpignan, pour être précis, Pierre Schneider a repris le domaine de son grand-père il y a peu de temps. Elixir du Roi, qui n'est plus mon cousin après avoir trempé mes lèvres dans 100% petit-grain (pas d'alexandrie en effet, cépage typique de la région), Rivesaltes 2000 (grenaches noir et blanc) et Elixir du Roi 2003 (barriqué 18 mois en barriques de deux-trois vins) élaboré à partir d'un grenache blanc pur ont des couleurs tuilées, ambrées et nous emmènent vers des notes de plantes macérées, d'agrumes, de pruneau, d'orange amère, de cerise, d'abricot, de fruits confiturés tout en gardant une superbe frâicheur et une acidité bien calibrée : quel voyage au pays des arômes, des saveurs et de la gourmandise ! Des vins à découvrir bientôt sur VINSURVIN et lors d'un TupperWine magique où nous découvrirons les rivesaltes de Pierre Schneider et les coteaux de l'aubance et Didier Richou !

dimanche, 15 juin 2008

la Revue des Vins de Fabrice

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En attentant d’aller parcourir les vignobles de France et de Navarre cet été, VINSURVIN ronge son frein en écumant les dégustations parisiennes. Avant d’aborder la dégustation de vins bio aux caves Augier et sur le marché des vignerons indépendants aux Abbesses, le Salon de la RVF fut l’occasion de rencontrer de nouvelles têtes et de découvrir la partie immergée du travail de nouveaux vignerons. Revues des Vins de Fabrice.

Avec le Palais Brongniart comme décor, il y en avait pour toutes les bourses samedi 17 mai à Paris. Peu enclin à jouer les traders mais plutôt à analyser le marché des vins de la Revue du Vin de France, le cours de l’or rouge, comme celui du blanc, atteignirent de jolis sommets au regard de l’affluence ce jour là. Surtout en bordeaux, jouissant de la confiance des investisseurs de la RVF comme aucune autre région.

Première cotation avec Antoine Vincent qui représente Château Fuissé, de J.J. Vincent, dont la réputation n’est plus à faire. Un pouilly fuissé sur lequel on serait bien inspiré de mettre un billet.

Belle flambée d’arômes ensuite avec les côtes du rhône d’ Yves Jean Houser, du Domaine des Amadieus, qui présente, avec passion, ses cairanne puissants, amples mais tout en souplesse et en longueur. Un authentique représentant de la région.

Les marchés s’animent avec les vougeot, vosne-romanée et chambolle-musigny (entre autres) du Domaine Bertagna, situé à Vougeot. Pas l’idéal pour appréhender de tels vins, mais le peu dégusté laisse rêveur et annonce de beaux moments en perspective.

Le Domaine d’Aupilhac (Montpeyroux, Languedoc) n’est pas prêt de connaître pas la crise. Ses vins élevés en altitude ont retenu toute mon attention : les Cocalières sont vifs, aériens et vigoureux. Beaucoup d’originalité et des tonalités rares.

1006326365.2.gifInflation dans les sensations avec les dégustations des vins d’Alain Chabanon (Jonquières, Languedoc), déjà rencontré à Bû. Les Boissières et l’Esprit de Font-Claude sont aujourd’hui reconnus comme parmi les tous meilleurs languedoc. Si entre les coteaux de l’aubance et les coteaux du layon, les premiers rencontrent ma préférence, les mots manquent pour qualifier les savennières de Jo Pithon (Anjou, Loire). Enormes, sublimes, extra-ordinaires. Du jamais bu. Pithon et Chabanon : deux grands domaines sur lesquels nous reviendrons sur VINSURVIN.

vendredi, 13 juin 2008

Enfin du bon vin aux Abbesses

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Décidément, les Abbesses sont le théâtre des bonnes dégustations à Paris, en ce moment. Après le TupperWine 7.0 de VINSURVIN, où une vingtaine d'oenophiles ont pu apprécier une jolie verticale de champagne de 1999 à 1988, c'est au tour de vignerons venus de toute la France de nous présenter leurs vins les 14 et 15 juin prochains, Place des Abbesses. A goûter plus particulièrement, des vins de Chablis et de Cahors, dégustés lors des TupperWine 5 et 6.0, vins que l'on conseillera aux grosses brasseries du quartier (celles qui portent des noms en l'honneur de la Vallée de la Loire) dont les cartes des vins font vraiment pitié.

Les Abbesses, par les rues Joseph de Maistre, des Martyrs ou Lepic bien sûr, sont une des plus belles balades dans Paris. Regorgeant de coins tranquilles, reculés et à l'abri du bruit, elles seront le parfait endroit pour acceuillir nos quelques vingt vignerons indépendants, le week-end prochain. Parmi eux, Vincent Laroche, vigneron à Chablis (Bourgogne), et Emmanuel Rybinski, vigneron à Cahors (Sud-Ouest), tous deux très appréciés sur VINSURVIN. Pour ceux et celles que le vin laisse indifférents, il y aura toujours le manège, à la sortie du métro. 

Vincent Laroche vous fera découvrir ses Chablis et Chablis 1er Crus de très grandes qualités, dont se délectèrent les lecteurs de VINSURVIN, le mois dernier. ICI, les notes sur cette dégustation. Si j'ai un faible pour les Monts-de-Milieu, on ne saurait se priver de goûter les Fourchaumes, les Fourneaux et les Vaucoupins, parmi lesquels chacun trouvera chaussure à son pied. Minéralité, fraîcheur, complexité, équilibre, élégance, sont autant de substantifs qui caractérisent les vins des Laroche.

Les Cahors d'Emmanuel Rybinski sont épatants ! Il ne faudra manquer la Perdrix et la Fourmi sous aucun prétexte. Du fruit, de la mâche, beaucoup de finesse, des épices, de la joie, de la goulayance, du bonheur ! Du gras, de la concentration, des notes de tabac et de cacao : c'est K-Or et CQFD. Attention, talent. Comme s'il en fallait encore, plus de détails : ICI.

Connaisseurs, novices, amateurs, professionnels se réuniront donc à Montmartre ce week-end pour un programme par ailleurs très chargé entre des conférences sur le réchauffement de la planète, l'élection de la reine des Confréries de l'Ile de France et le défilé des confréries. En outre, il est à souhaiter que les professionnels de la terrasse montmartroise trouveront cinq minutes pour aller se fendre de quelques verres d'Alsace, de Fronsac ou encore de côtes du Rhone afin de donner un peu de couleur à leur cartes des vins qui nous privent trop souvent de vrais bons moments. L'occasion pour nous de boire enfin du bon vin aux Abbesses.

C'est la fête aux Abbesses ce week-end. Va encore falloir sortir les tickets de manège pour les enfants et le carnet de chèque pour papa. Mais chacun rentrera heureux, de sa balade, de ses trouvailles et surtout, de ses tours de manège.

 

ICI, des renseignements sur ce week-end oenophile. Photo : merci à Jacques Rodier.

jeudi, 24 avril 2008

Château Noguès : un bordeaux supérieur (à la moyenne).

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La dégustation chez l'artisan-caviste (débroussailleur, trouveur de pépites) Laurent Baraou aura été l'occasion de découvrir des vins de très grande qualité, ce qui tomba bien puisqu'on ne s'était pas déplacé de Paris pour boire des fonds de cuves dits "supérieurs" ou "bourgeois". Mais au-delà des sublimes Pouilly Fuissé de Phillippe Greffet, Vouvray sec du Domaine Huet, Saumur Champigny de Thierry Germain et Languedoc d'Alain Chabanon se hissa un vigneron sorti de son Lille : Dominique Bertram. Si le vin n'est que question de sens (et non de "goût", approche trop galvaudée), rarement ce jour ceux de votre dégustateur indépendant n'auront été aussi en communion que face au vin du Château Noguès.

Puisqu'il ne faut en retenir qu'un, alors ce sera lui : Dominique Bertram. Advitam Eternam. On l'avait croisé en train de se délecter des chablis de Daniel-Etienne Defaix. Il avait l'air sidéré. Pas étonnant quand on connaît les vins de cette résurrection cistercienne. Je n'eus pas de visions lorsque vint le moment de porter à mes lèvres le Château Flaujac 2003, mais j'eus un peu l'impression d'entrer dans la lumière. Ou de sortir de l'obscurité (si ce n'est l'obscurantisme) dans lequel nous noient trop de vins bordelais. Un nez complexe et subtil de fruits flétris, de pruneaux puis une bouche ample, large et profonde au contour de fruits noirs et de garrigue. De la mâche, de la matière, de la longueur. Quel régal !

Le Château Noguès 2002 est plus léger, généreusement fruité avec des notes réglissées. Il permet surtout de se rendre compte de la diversité des vins  du domaine. "Mes vignes sont plantées sur des terres pauvres, nous précise Dominique Bertram, ce qui donne chez moi des vins juteux". Hétéroclites et délicieux, a-t-on de suite envie d'ajouter. 

Le coup de grâce arrive avec la cuvée Château Noguès "Or", 2003. Le nez est fantastique : fumé, torréfié et quel volume ! En bouche, puissance, volume, complexité sont les maîtres mots. Il nous conduit vers des notes de truffes, d'olives noires, de tapenade. Je lui trouve des touches animales (cuir) et cacao amer. Pour le coup, on se croirait en Languedoc ! La finale, avec ses notes salines, trouve le moyen d'évoquer de nouvelles notes, subreptices, qui avec le temps s'affirmeront.

Peut-on attendre quelque chose du vin ? Doit-on attendre quelque chose du vin ? Ce serait s'exposer à trop de désillusions. En revanche, au moment le plus inattendu, le vin peut, lui, nous offrir des instants qui dépassent toute explication rationnelle. Le vin demeure plus une question de sens, qu'une vulgaire question de goût car, finalement, réduire une impression à un simple "j'aime" ou "j'aime pas", c'est ignorer et anéantir outrageusement toute l'activité sensorielle développée lors d'une dégustation. De toute façon, ce Noguès là, je ne l'aime pas. Je l'adore.

Veronique et Dominique Bertram
Château Noguès
33690 Auzac - Grignols.
Tél.: +33 (0)5.56.25.56.17
Fax.: +33 (0)5.56.25.61.32
Chateaunogues@aol.com

Photo (www.mistelle.fr) : Dominique Bertram, à gauche, en pleine conversation.

mardi, 22 avril 2008

Wine in Bû is Bûtiful. Part II.

 

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Suite et fin (ou presque) de la dégustation des vins Laurent Baraou dans le petit village de Bû en Eure et Loir. Après les blancs dont la qualité a été largement évoquée sur VINSURVIN, petit tour d'horizon des rouges. Avec un gros coup de coeur pour un vin de... Bordeaux ! Un extra-terrestre dans une région décimée par l'uniformité.

  • Domaine des Roches Neuves 2007, Saumur Champigny Thierry Germain.

Longez la Loire après avoir passé le village de Candes Saint-Martin. Inaccessible en voiture, il vous faudra marcher à la découverte d'un des plus beaux villages de France. Ensuite vous prendrez la route pour Saumur, superbe ville siégeant les bords de Loire. Frissons garantis. Vous traverserez la ville pour vous rendre à Varrains. Varrains est une mine d'or. VINSURVIN élisait (timidement !), il y a pile deux ans, la Cuvée Pelo du Petit Saint-Vincent comme bouteille de la semaine. Aujourd'hui, c'est un homme de Varrains lui aussi qui est honoré : Thierry Germain.

Il fallait oser présenter un millésime auquel les cartomanciennes ne prédisent pas un bel avenir. La robe des Roches Neuves 2007 est profonde et d'une belle brillance. Le nez est concentré, ample et promet déjà beaucoup de plaisir. En effet, les arômes de fruits noirs mûrs sont intenses et purs. Des notes de tabac et de bois sec se dévoilent dans une grande complexité olfactive. Quelle fraîcheur également ! La bouche nourrie de ce nectar riche et voluptueux exulte devant tant d'énergie et de fougue ! Mâchez ce vin : son gras, sa chair, son corps sont les ambassadeurs du moût, du raisin et de la lie. On ne peut non plus s'empêcher de penser au travail qui a été fait en vigne. Ca crève les sens. VINSURVIN espère vous présenter, un jour, à Paris, Saint-Germain, dont le vin n'est pas prêt d'être relégué en VDQS, sorte de ligue 2 du vin. A moins que les cartomanciennes ne me contredisent.

  • Alain Chabanon, Coteaux du Languedoc (Montpeyroux).

On aime le Languedoc sur VINSURVIN. Et c'est peu dire. On s'embourgeoise aussi. Cet Esprit de Font Claude 2003 vaut quand même 24€. Justifiés. . Un nez puissant et complexe de garrigue, de pin, de romarain, puis de fruits rouges sauvages. En bouche, la matière est élégante, avec des tanins  précieux. Ce vin exprime sa personnalité à travers sa puissance et sa délicatesse, dont se dégage une force singulière. En finale, Font Claude n'en finit pas de nous conter l'arrière-pays montpeliérain avec ses notes gourmandes, réglissées et grillées. Le caractère un peu serré laisse augurer un beau potentiel de garde, caractéristique des grands Montpeyroux.

On pourra également se tourner vers Les Boissières 2004 et Campredon 2006, qui ont montré tout le talent d'Alain Chabanon.

  • Dominique Bertram, Château Nogues, Bordeaux (Supérieur).

Vous connaissez la passion de VINSURVIN pour les vins de Bordeaux. Sourtout pour les supérieurs. Pourtant, votre humble serviteur vantait récemment la qualité des Château Toumilon, en Graves. Par ailleurs, dans quelques mois, nous goûterons probablement les vins d'Alexia Eymas, de Château Maisonneuve, des blaye rapidement abordés il y a quelques semaines à l'Assiette Aveyronnaise du grand Dorian. Les échantillons d'Alexia viennent de quitter Bordeaux : je les attends avec impatience ! Et pour boucler la boucle, le vin ayant, et de loin, impressionné VINSURVIN à Bû est un vin élaboré non loin de Graves, celui de Dominique Bertram.

Pour connaître mes impressions sur ce fameux Bertram : patience ! L'article paraîtra dans quelques jours. En attendant, et pour vous faire patienter, rendez-vous ICI, pour découvrir une jolie présentation de l'homme et de son travail.

Enfin, nous parlerons très bientôt des Châteauneuf du Pape du Domaine de Villeneuve, de Stanislas Wallu. En vue sur VINSURVIN : une dégustation des vins de Stanislas (attention, bijou) en duo avec les côtes du rhône et chateauneuf du pape du Domaine de la Milière.

 

 

dimanche, 20 avril 2008

Wine in Bû is Bûtiful.

 

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Le maître caviste Laurent Baraou organisait samedi 19 avril à Bû en Eure-et-Loir et pour la deuxième année consécutive une rencontre entre quelques-uns des très nombreux vignerons dont il vend le vin sur baraou.fr. L'occasion pour amateurs et professionnels de faire la rencontre de vignerons confirmés et de vignerons certes plus jeunes mais dotés d'un talent et d'une détermination inoxydables. Un assemblage osé, mais réussi, dont la trame indiscutable aura été la très grande qualité des vins exposés.

Bû, en Eure et Loir (28). Son église. Son terrain de foot. Sa salle des fêtes. Ils sont onze producteurs à avoir pris place dans le lieu qui voit valser le club du troizième âge le dimanche après-midi, et qui reçoit, une fois l'an, les noces d'or de ces charmants couples octogénaires entourés de leurs dizaines de petits-enfants. Pour un peu, on se croirait au 13h de Pernaut. Il y a là aussi Wilfried, d'Oenoline, et ses t-shirts estampillés vin. On "tombe" également sur Daniel-Etienne Defaix, qui baptisa les feu-Tupperwine un soir de décembre 2007 avec ses Chablis venus d'un autre monde. On croise Monsieur Septime armé de son inséparable appareil-photo. Une dégustation très "people", en somme.

Accompagné du sommelier Emmanuel Delmas, votre humble serviteur fait d'abord le tour du propriétaire afin d'organiser sa dégustation. Les conditions sont idéales, les vins à bonne température, et les vignerons tout à fait enclin à prendre leur temps avec les dégustateurs. VINSURVIN vous propose aujourd'hui ses coups de coeur en blanc. Demain, les rouges, avec la palme, et vous n'en croirez pas vos écrans, qui revient à un vin de Bordeaux !

     N°1 : Ceps Eternels 2006, Pouilly Fuissé, Domaine la Source des Fées (Philippe Greffet).

Un nez rond et chaud de fruits cuits, de pêche, d'ananas, mais de fleurs blanches également et de miel d'acacia. La bouche est vive, grasse et tendue. La minéralité laisse place à la chaleur exotique des fruits humés précédemment. Beaucoup d'élégance, de complexité et de profondeur se dégagent de ce 100% chardonnay bourguignon. Un superbe Pouilly Fuissé.

Phillippe Greffet nous gratifie également d' Innocence Sauvage, un Saint Véran 2006 au nez qui manque un peu de vivacité. Foin coupé et paille au nez. Agrume et minéralité en bouche. Classique. L' Excellence Antique, un Pouilly Fuissé 2005 passé quelques mois en fûts de chêne 100% neuf, est vif, frais, épicé et nous conduit vers des promenades dans les bois et des contrées exotiques.

     N°2 : Le Mont 2006, Vouvray Sec, Domaine Huet (Jean-Bernard Berthomé).

Ce 100% chenin présente des notes fruits jaunes mûrs associés à une belle fraîcheur. Au contact du palais, rondeur et onctuosité tapisse la bouche dans un subtil équilibre avec l'acidité : pêche et zest confis s'associent dans un délicieux accord doux amer. Un très, très joli vin qui accompagnera des desserts ou se dégustera pour lui-même un dimanche après-midi.

Le Clos du Bourg 2001, un vouvray demi-sec est assez extraordinaire aussi avec ses notes d'abricot, de miel, de prunes noirs, de fruits macérés dans l'alcool, comme le coing, la figue, la datte.

     N°3 : Les Lys 2000, Chablis 1er Cru, D.E. Defaix.

L'attaque est vive sur des saveurs intenses dominées par la minéralité. Iode et coquillage exultent au nez. La bouche est minérale avant de laisser place au monde de la rondeur et de l'onctuosité. Dans ce suave cocon se distinguent les agrumes, le cerfeuil, le fenouille, la menthe, l'anis... Fermez les yeux et laisser vous guider : ce vin invite au voyage. 

Daniel-Etienne Defaix est également venu avec un Chablis Vieilles Vignes 2004 dont la minéralité, l'iode et le coquillage sont inscrits dans les gênes. De la fleur en sus, de la fraîcheur et de la bonhommie. Que du plaisir. Les Vaillons 99 Chablis 1er Cru comble le gourmet avec ses notes de noisettes mais aussi et surtout de humus, de feuilles mortes...

JE VEUX BOIRE CES VINS !!!

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Sommelier Emmanuel Delmas et votre huble serviteur, à Bû.
(photo : Monsieur Septime.)

vendredi, 28 mars 2008

Salon des Vignerons Indépendants : les vins 20/20.

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C'est le Salon des Vignerons Indépendants vient d'ouvrir ses portes (de Champerret), et VINSURVIN ne vous a pas glissé un ou deux tuyaux? Mais à quoi sert ce blog? Merci de voir avec le service consommateurs pour les réclamations. De retour du salon, et après quelques jolies trouvailles, VINSURVIN se rue sur son ordinateur, alors qu'il devrait être en train de corriger des copies. Vous me direz, dans les deux cas, il faut du rouge. Prenez une feuille, et notez : "Le monsieur me conseille deux cuvées par domaines."

Chablis. Domaine de la Meulière. Chablis 2006 : démonstratif à l'apéritif. Chablis 1er Cru, Fourchaume. A enfermer dans un coffre fort. (E29)

Saint-Chinian, Domaine des Jougla. Fantaisie des Jougla, un rosé-muscat... pas comme les autres! l'AOC Saint-Chinian rouge "Initiale" : terroir, vraie, du pur languedoc. (J3)

Faugères, Domaine de Valambelle. Fleur de Campanette, un blanc qui sent la pomme à cidre! Florentin Abbal Du réglisse Zan en finale! (B10)

Minervois, Château d'Agel. Les Bonnes, prenez-vous pour un nantis. Caudios : du soleil ce week-end! (D32)

Chateauneuf du Pape, Domaine la Millière. Côtes du Rhône Village : une entrée de gamme symphonique. Châteauneuf du Pape 2005 : de la griotte à en croquer. (B7)

Beaujolais, Didier Desvignes  ; Cahors, Lacapelle-Cabanac (H4)Graves, Chateau Toumillon (C13) : des valeurs sûres.

A défaut d'être muni de votre GUIDE DES VINS VINSURVIN (en vente dans toutes les bonnes  librairies), suivez les conseils de VINSURVIN ! Vous trouverez les emplacements de ces vignerons sur les grands panneuax à l'intérierudu salon. Bonne dégustation, bonnes trouvailles!

samedi, 09 février 2008

Vin d'Anjou : tu m'enjoues!

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L'invitation au Salon des Vins de Loire à Angers (dimanche 3 février) aura été l'occasion de poursuivre la découverte de cette vaste région. Nulle autre, en effet, n'offre une palette de vins aussi riche : depuis l'Océan Atlantique et le muscadet, après un crochet par les fiefs vendéens, en passant par  l'Anjou, la Touraine, le Centre et jusque l'Auvergne, Roanne et le Forez, a-t-on assez d'une vie pour en faire le tour? Alors, si n'avoir qu'à traverser une simple allée pour passer de Quincy à Saumur manque de poésie, cela s'avère bien pratique. Et oui, je dois bien me rendre à l'évidence : on peut faire de très nobles découvertes, même dans les foires et les salons. Petit bilan des errances de VINSURVIN à Moquette sur Loire.

J.Y.-A. Lebreton, Domaine Des Rochelles. Anjou Villages Brissac, Les Millerits (rouge) : c'est d'abord la robe grenat sombre de ce 100% cabernet franc qui interpelle l'amateur. Puis le nez : puissant, complexe et typé. Un passage en carafe le sublimera encore plus. Un méli-mélo de fruits rouges et noirs très murs. Des notes assez viriles de réglisse et de tabac sont manifestes. De la richesse, du gras, mêlés à beaucoup de finesse. Je suis vraiment séduit par ce vin. Une fois de plus, le Vin m'a offert une expérience extraordinaire. Il me faut ce vin dans ma cave! Et aux Tupperwine, ça va de soi! Car vin que j'aime, vin tu goûteras!

J.Y.-A. Lebreton, Domaine des Rochelles. Anjou Villages Brissac, La Croix de Mission (rouge) : Parler autour de soi d'un vin qui nous a plu, émerveillé ou fait chavirer : telle devrait être la mission de tout bon français qui se respecte! Hors de question de faire une croix sur celui-ci. Voilà un nez bienfaisant : dans la veine des Millerits, il associe fruits noirs et rouges (mûre, sureau, fraise, cassis). Des notes de sous-bois subtilement réglissées. La bouche est suave, ample et grasse. Et quelle matière! De façon assez étonnante, ces deux vins me font un peu penser, par leur structure, par la richesse de leur chair et par l'association fruit/tabac, aux vins espagnols comme on les trouve en Castilla y Leon (comme Val de los Frailes).

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Marc Houtin- Julien Bresteau, La Grande Aux Belles, Anjou :

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Pink Fluid, Le Vin de jardin, 53, La Chaussée Rouge, Merci, Fragile... Mais de quoi s'agit-il? De vin gay? De vin de jardinier? De déménageur? "On n'a pas les terroirs, ni les structures pour faire des grands crus, alors on fait des vins qui nous ressemblent" me dit Marc, barbe de trois jours, cheveux longs et lunettes trendy. Sorte de Vincente Lizarazu sorti de son champs, Marc fait partie de ces jeunes artisans-vignerons très enthousiastes qui voient le vin comme un art. Pour preuve ces étiquettes faites maison et compètement décalées. Et croyez-moi, si le contenant a de la gueule, le contenu aussi. Des vins jeunes, fruités, d'entre potes, de soif, de fête, agréables, faciles à boire. Et fun! A part La Belle Adorée, un chenin blanc liquoreux qui vous coûtera 10€, vous ne trouverez rien au-dessus de 6,50€.

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Domaine Richou. Le chenin est un cépage incroyable. Un vrai caméléon. Sec, fruité et minéral? C'est un Savennières. Ou un Jasnières. Effervescent? C'est un Crémant de Loire. Liquoreux? C'est un Coteaux de l'Aubance (blanc)! C'est ce dernier que j'avais à coeur de goûter. Vous connaissez certainement les Monbazillac, les Sauternes, les Coteaux du Layon. Un bon Coteaux de l'Aubance est liquoreux mais pas écoeurant. Sucré mais pas mielleux. Est-ce dû à la spécificité du cépage, les blancs d'Anjou du Domaine Richou sont des vins intellectuels, comme le sont certainement grand nombre de blancs similaires de la région. La litanie des arômes est mécanique, précise et stimulante en bouche. S'expriment d'abord des notes de fruits. De fruits rouges. Et de fleurs blanche. Et de paille séchée. Vient ensuite l'acidité. Elle crée une sorte de transition, de pont, entre le fruit et le sucre avant que ce dernier ne vienne englober le tout, de façon discrète et progressive. L'acidité demeure ensuite, créant un subtil équilibre entre une sensation d'agrumes et de fruits exotiques. On marie ces vins avec des poissons grillés, des viandes blanches, des fromages. Mais, une douceur un dimanche après-midi ou en fin de soirée... (Vins dégustés : Les 3 Demoiselles, les Rogeries, La Sélection.)

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Domaine Jean-Pierre Bailly, Pouilly Fumé : les Coteaux du Giennois (vin rouge à base de pinot), les Pouilly sur Loire, les Pouilly Fumé (cépage sauvignon, blanc) de Monsieur Bailly et de son fils (et sa Cuvée Spéciale) offrent toujours autant de fraîcheur, de vivacité et d'équilibre. Faites l'expérience à l'apéritif ou sur des fruits de mer.

Pascal Janvier, Jasnières (blanc). Pascal Janvier, c'est du vintage 70's revisité. La première fois que je l'ai vu, j'ai cru qu'il était sorti du poster de l'AS Saint-Etienne qui prônait au-dessus de mon lit quand j'étais enfant. Pascal Janvier, c'est un mélange de Christian Lopez et de Patrick Révelli, avec du Audiard entre les dents. "Ah, mais, ché pas c'que j'fais là : j'ai rien à vendre! J'leur dis aux gars, moi, oh, oh, faut freiner là!" Un gars extra! Comme son vin. Son Jasnières est à tomber raide. La robe s'admire comme la pelouse de Jauffroy-Guichard. Le nez offre une symphonie de supporters en délire, la bouche est franche comme une frappe de Jean-Michel Larqué des 25 mètres. Et ça fait mouche! Jaaaanvier!

Domaine du Gué d'Orger, Savennières (blanc). Une rencontre impromptue. Un premier contact très favorable. Une dégustation que le manque de temps à écourter mais qui permit de se rendre compte que les premières impressions étaient très favorables. A regoûter dans de meilleures conditions.

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Pas de bourgeuil, pas de chinon : pas mes priorités. Pas de muscadet : j'ai bien essayé... Pas de gamay de Touraine : hors de question de faire des infidélités à Madame Percereau, de Limeray! Pas de Saumur-Champigny : j'ai rendu visite à Thierry Dézé, du Domaine de la Bessière, en chemin. Je vous en reparlerai quand j'aurai redégusté son vin... chez moi! Pas de Coteaux du Layon : j'ai plus un faible pour ceux de l'Aubance. Pas de fiefs vendéens : pas le temps, mais je vous recommande l'excellentissime Domaine Saint-Nicolas. Pas de Menetou-Salon, de Quincy, de Reuilly : je me réserve un petit périple sur place très prochainement... Pas tout ça, donc, mais beaucoup de plaisir à me retrouver avec des professionnels, disponibles, et manifestement intéressés à l'idée de participer aux Tupperwine. Affaire à suivre! En direct de Moquette sur Loire, c'était VINSURVIN

dimanche, 20 janvier 2008

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4, 5 ET 6 FEVRIER 2008 - Angers, France, Salon des Vins de Loire.

Avec ses 68 Appellations d'Origine Contrôlée en rouge, rosé, blanc sec ou moelleux, tranquille ou fines bulles, le Val de Loire, classé par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité, est la 3ème région viticole de France, avec une production de vins à la personnalité marquée, qui ont tous un point commun : leur fraîcheur, leur vivacité et leur élégance.

La qualité de ce vignoble, sa richesse et sa diversité, justifient l'organisation, chaque année à Angers, du Salon des Vins de Loire, rendez-vous incontournable de l'ensemble des professionnels de la filière vin. Tous les ans, près de 10.000 acheteurs français et étrangers se retrouvent dans ce salon propice aux échanges commerciaux, en toute convivialité, pour rencontrer les 600 exposants : viticulteurs, caves coopératives, négociants, qui représentent l'offre la plus complète en Vins du Val de Loire.

Seul salon européen consacré à une région de production, le Salon des Vins de Loire 2008 poursuit son rôle de lieu d'affaires et de transactions, au travers d'un programme ambitieux, dont la ligne directrice repose sur un axe économique fort, avec la volonté de stimuler et de faciliter encore plus les échanges entre les acteurs de la filière.

dimanche, 02 décembre 2007

Grand Tasting. Grand Casting.

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A Paris, les dégustations s’accumulent, se ressemblent et suscitent la réflexion: entre assistances apprêtées, ambiances tropicales et déroulages de poncifs, ces réunions aussi bondées que la Place de l’Etoile à 18h00 interpellent davantage l’esprit de l’auteur que celui du dégustateur, qui parvient, somme toute, isolé dans son scaphandre de gourmet, à se satisfaire de jolies découvertes, fussent-elles vinicoles ou humaines. 

Mon avant-dernière dégustation en date s’est déroulée dans le bar d’un hôtel chic de la rue de Rivoli où le vin était excellent et l’ambiance antinomique avec sa région d’origine. La dernière en date s’est déroulée hier au Carrousel du Louvre dans des conditions à la Wine Spectator  : sous 3, 10m de faux-plafond, à la lumière sélénite des néons aveuglants, dans un rassurant cocon de moiteur et d’hygrométrie à trois chiffres.

L’environnement de certaines dégustations a quelque chose qui tient de la commedia dell'arte ou du grotesque. Le casting de rêve, en quelque sorte, pour l’observateur. Madame de la Rombière de Lassant la Sueur juxtapose les clichés comme on aligne les chrysanthèmes sur les tombes le premier novembre ; des jeunes cadres dynamiques, pompeux, racontent leurs expériences bordelaises comme on éructe un cours de marketing ; des grands propriétaires inintéressés par l’amateur lambda le méprisent au point de ne lui adresser la moindre considération ; des nababs examinent, reniflent, ingurgitent un puligny 2006 avant de se gargariser, deus ex machina, d’un « encore un peu jeune » ; des quidams égarés réclament le « meilleur » qu’ait le vigneron, à la question « qu’aimeriez-vous déguster messieurs, dames ? », et sera alors servie de la confiture à des cochons. Le Grand Tasting porte bien son nom : tout y grand. Grandiloquent même. Surtout dans la forme.

Côté vin, presque accessoire, ce n’est pas parce que le blanc, supposé sec, d’un lauréat du Roussillon (le Clos des Fées), était sirupeux, rond et quelconque, que ses rouges étaient concentrés, bordelais et dénués de fruit (les premiers véritables effets du réchauffement climatique ?), que l’on peut se réserver le droit de décrier tous les vins étalés. Car, objectivement, le peu que je goûtai fut dans l’ensemble de bonne qualité.

A mon arrivée dans la foire, je me posai d’abord la question de savoir si je ne m’étais pas trompé d’adresse. On se serait cru au rayon cosmétique du Printemps, boulevard Haussman. Ma première envie fut de faire demi-tour. Mais je ne pouvais pas ne pas honorer l’accréditation offerte par la délicieuse Aurélie, de Vizioz Communication, qui par la suite, allait me présenter Philippe Guillon de chez Riedel (les verres). Et voilà, malgré mes réserves, je ne pouvais plus faire demi-tour et plongeai dans le monde de la dégustation à la parisienne. Il fallait à présent que je me décide à me mettre aux diapasons des gens présents : me faire plaisir et profiter.

Un premier Puligny-Montrachet d’un domaine dont j’ai oublié le nom me ravit complètement. Mais sur le stand, le neveu du propriétaire (absent à cet instant) m’irrita rapidement avec ses plaisanteries grasses et son insistance à se faire passer pour un alcoolique. Déplacé pour un vin d’une si grande qualité. Leur chablis montra de suite ses limites face au puligny.

Je retiendrai le Domaine Charles Joguet, de Chinon, où j’ai goûté des vins délicieux, notamment les Varennes du Grand Clos et le Clos de la Dioterie, que je dois impérativement redéguster, sur place.

Chez Aegerter, où obtenir un droit à la considération prit un temps considérable, le nuits-saint-georges 2006 souffre d’effluves d’alcool outrecuidantes (au nez comme en bouche), et non de fruit comme on tenta vainement de me corriger. Vin capiteux : problème récurrent semble-t-il en 2006 sur le territoire et nouvel ennemi numéro un chez le vigneron.

Les vin du Domaine Chapoutier (Côte-Rôtie, Saint-Joseph, Ermitage, Crozes-Ermitage, entre autres) nécessiteront également de plus amples dégustations, de même que ceux de chez Ferraton, père et fils.

A l’antithèse du Grand Tasting : les Tupperwine de VINSURVIN, Producteur de Chroniques Oenophiles. Se retrouver en petit comité d’amateurs éclairés ou complètement novices mais avides de découvrir des vins, dans un endroit à taille humaine, en la présence d’un ou deux professionnels (le vigneron, le caviste ; un sommelier, un œnologue…), entouré de bouteilles de vin, de casiers en bois et d’ardoises estampillés noms de vins de France et de l’étranger : telle est l’ambition des Tupperwine. Un Petit Casting, pour un petit Tasting.

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Peinture : La Commedia Dell'arte, par Pitro Longhi, 1757, National Gallery, Londres.

Photo: les heureux gagnants des Grands Prix Bettane et Desseauve, vendredi 30 décembre 2007.

lundi, 26 novembre 2007

J'étais dans le Salon.

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En entrant dans ce hall du parc des expositions de la Porte de Versailles, où se déroulait tout ce week-end le salon des vignerons indépendants, rendez-vous des amateurs de vins de France et de Navarre, on ne pouvait que se réjouir du succès de cette foire au vu de l’affluence, considérable. Si les dégustations se déroulent dans des conditions relativement exécrables (pour le vigneron, le chaland et le vin), ce salon n’en demeure pas moins une véritable vitrine de la variété et de la complexité du terroir français, permettant aux amateurs de faire de belles découvertes, mais aussi de belles affaires. Les producteurs, eux, ne sont pas en reste non plus puisque l’œnophile ne semble pas s’esbroufer devant des tarifs parfois dispendieux. Ce qui nous fait nous interroger sur les véritables fondements de cette crise du vin.

A l’entrée du parc, on dirait le chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens. Alors que pénètrent des hordes de dégustateurs qu’on devine en herbe ou plus pointus, une bande de potes aux airs réjouis quittent le domaine en tirant leurs chariots bien remplis de cartons estampillés Côte du Rhône, Val de Loire et autres Champagne. Un couple de retraités foulent les pavés affublés de sacs bien remplis. Les uns conserveront certainement leur vin quand les autres l’ouvriront dès ce week-end. Tout le monde semble y avoir trouvé son compte.

La géographie du site me fait faire ma première halte chez Philippe Girard , propriétaire-récoltant à Savigny-lès-Beaune (Côte de Beaune, Bourgogne). Je commence par un Pernand-Vergellesses, blanc, Les Belles Filles, et je tombe immédiatement sous le charme : la robe de ce chardonnay est d’une brillance extraordinaire ; nous nous éclipsons sous une pluie de fleurs blanches et d’épices douces : je l’emmène dans mon palais. Après le Savigny-lès-Beaume, je suis amoureux. Ma décence me prive d’en dire davantage. Je remplis mon chèque, m’en vais le cœur léger et le nez empli d’acacia. J’ai peut-être mis la barre un peu haute pour commencer. Effectivement, désireux de goûter des vins de l’Auxerrois, je m’arrête au domaine Sorin-Coquard de Saint-Bris-le-Vineux (Auxerrois, Bourgogne). Et là, c’est le drame. Chardonnay et sauvignon blancs me laissent perplexes, pour faire court, et le cépage césar, sorte d’assemblage de côteau du giennois en fin de vie et saint-pourçain agonisant nous confirme que Rome n’est plus une puissance depuis des lustres. " Ca vous plaît ? " me surprend le mari de la sympathique dame qui me sert. Je bafouille un " heu, oui, enfin, non, enfin, j’veux dire, c’est pas pareil que… " A ces mots, l’homme reprend sa conversation avec mon voisin. Il a compris. Je salue la dame et quitte les lieus, passablement éhonté.

VINSURVIN oblige, je m’empresse d’aller saluer et remercier les vignerons présents qui participent au Tupperwine, sans savoir que de jolies surprises m’y attendent. Vincent Laroche du domaine de la Meulière (Chablis, Bourgogne) me fait passer derrière le stand. " Bon alors, qu’est-ce qu’il te faut ? " me demande-t-il en traînant sur le dernier " o " de " faut ", caractéristique de l’accent bourguignon. Vincent me parle un peu de 2007, me conseille de garder mes Vaucoupin 1er crus 2001 et, tout en me faisant déguster ses nouveautés, se propose de monter à Paris en janvier pour animer un Tupperwine, " avec quelques bouteilles un peu spéciales en prime, si ça te dit ! Et ne t’embête pas à prendre du vin pour ta cave maintenant, je te monterai tes cartons en même temps ! " Je suis comblé, le roi n’est plus cousin. Bon salon, Vincent, et à bientôt sur Paris !

Au stand Lacapelle-Cabanac (Cahors, Sud-Ouest), j’entends Philippe dire " ah, les Tupperwine ! C’est lundi, non ? " Oui, en huit.  Thierry Simon & Philippe Vérax se proposent de venir animer un Tupperwine d’ici à mars. Je n’en attendais pas tant. Merci les gars !

Après mon expérience traumatisante en auxerrois, je vais déguster un superbe chenin (vin blanc) appelé Savennières, puis un Chaume, chez Hervé Tijou, du Château de Bellevue, un domaine situé sur la rive gauche de la Loire, à l’ouest d’Angers. J’espère compter ces deux vins dans un futur Tupperwine.

Je vais finir en beauté au domaine de la Roncière de Jean-Louis et Geoffrey Canto, de Châteauneuf-du-Pape. On a beau être sous un bon 25 degrés, le bruit et les néons, pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre qu’on n’a pas affaire à n’importe quoi. Il faudra attendre au moins cinq (longues) années pour que les Châteauneuf Tradition et Fleur de Ronce offrent toutes leurs qualités. Et alors ?!

J’oubliais un passage au Mas de Daumas Gassac, Aniane, Languedoc. Le blanc offre un nez prodigieux, mais la quantité ridicule de vin dans le verre ne permet pas de... goûter convenablement. Je ne suis plus vraiment en mesure de juger le rouge. Je n’en ai même pas envie. Je préfèrerais passer au domaine, à deux pas de Saint-Guilhem du Désert , dans l’Hérault. Et puis, à pas moins de 30€ la bouteille, ce n’est franchement ni le lieu, ni le moment de déguster, de juger et d’apprécier un tel vin.

En substance, même si comme me le dit Vincent Laroche, " on aurait pu faire un tennis dans les allées jeudi ", l’affluence de ce week-end au salon des vignerons indépendants témoigne du succès incontestable des vins français. Des vins à 30, 50€ et même bien plus dans les grandes appellations, qui partent comme des petits pains, nous indiquent que la filière viticole française dans son ensemble ne subit pas la crise qu’on veut bien lui faire porter. On se dit aussi que l’on a beaucoup de chance de pouvoir acheter des vins aussi sensationnels à des prix, somme toute, abordables, comparé à ceux que les paient les étrangers. En Angleterre, Aux Etats-Unis, au Canada, les vins cités ci-dessus (pour ne mentionner qu’eux) coûtent a moins trois fois plus cher.

Après ces dégustations, on ne peut être que fasciné par le nombre incroyable de régions viticoles que compte la France. Emerveillé par la richesse et la complexité des senteurs et arômes que ces quelques vins m’ont offerts. Pour terminer, je retiendrai la présence de nombreux acteurs parmi les exposants cette année. J’ai pu en effet croiser Girard Philippe, Pierre Richard et José Garcia. Cependant, le vrai acteur de ce salon était assurément le vin, et lui seul.

 
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