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mardi, 02 octobre 2007

Chânes étonnera personne.

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Prenons un cas classique. Vous recevez des amis ce week-end à l’apéro. Il va de soi que vous n’allez pas leur servir un vulgaire, pauvre ricard (avec des cacahuètes). Pas de snobisme aucun. C’est juste que le ricard, c’est franchement dégueulasse, à part pour les gens dépourvus de papilles gustatives et que le pastis? à la rigueur, mais noyé, avec plein de glaçon, sous 45 degrés, dans le désert l’amateur de bonnes choses que vous êtes et l’amitié que vous portez à vos amis vous interdisent de leur servir autre chose qu’un de ces fabuleux vins blancs que vous avez trouvé cet été sur la route. Ou celui vivement conseillé par votre petit caviste, ce gars réservé et pas bien loquace, mais qui a le don de vous conseiller des bouteilles dont je ne vous dis que ça. Ou pourquoi pas un de ces Mâconnais dont le rédacteur de ce blog vous a encore parlé dernièrement?

Non parce que, pas qu’il s’y connaisse super bien en vin ce blogueur, mais on sait qu’il est plutôt amateur, et que ces vins blancs du centre de la France ont tendance à le rendre extatique. Voire dithyrambique. A la lumière d’un Ian Curtis au bord de la crise d’épilepsie, la découverte de nouveaux vins et vignerons semble lui procurer des sentiments et des sensations qu’il faut bien dire vous seriez bien curieux de connaître aussi. Alors, vous allez lui faire confiance, pour une fois. Afin de vérifier si cet espèce de troubadour urbano-rural des temps modernes ne raconte pas que des sornettes. Non  parce que c’est bien gentil de se pavaner devant des bouteilles aux noms plus farfelus les uns que les autres (Fuissé, Vinzelles, Chaintré – à croire qu’il les invente), de se lover sur son canapé avec un verre de Chânes tel un Polnareff nu sur une couverture de Match, de séduire pléthores de bouteilles comme on ne fait plus la court aux femmes aujourd’hui. Mais qu’en est-il vraiment de la qualité de ces « nectars » tel que monsieur les appelle?

 

De facto, application de la méthode vinsurvin pour accueillir ce jeune couple dont vous avez l'homme sous votre aile au travail depuis quelques temps. Ce dernier, pédant et arrogant avec son pull sur les épaules comme ces jeunes requins aux meetings de certains partis, avec sa mèche lui couvrant la moitié du visage, a un peu plus de trente ans. Il débarque de la  la com ou de l’événementiel ou de la télé, on ne sait pas trop et lui non plus d’ailleurs. Elle, s'octroyant un "break" (sponsorisé par papa), n'a jamais travaillé. Cependant, elle se consacre à des activités caritatives, organisant moult cocktails rive gauche visant à soulever des fonds pour des enfants du XVIème ayant sombré dans l’alcool et la drogue sous l’égide de leurs subordonnés du 9-3. Aisés mais d’une pauvreté culturelle abyssale, leur ignorance ne vous empêchera pas de vous faire plaisir. En effet, (et là, changement de voix, grave mais chaude et rassurante, comme celle du monsieur de la Gare Saint-Lazare qui vous annonce que votre train partira avec quelques minutes de retard voie 2 mais la sncf vous remercie de votre compréhension et vous souhaite une bonne journée) la  rédaction précise qu’il va de soi que le profil des invités ici mentionné n’est là qu’à titre indicatif et que votre simple collègue de boulot ayant gentiment accepté de vous remplacer lundi prochain pour vous permettre de finir la chambre du petit mérite également tous les égards. Il y a d’ailleurs des chances qu’on se marre plus avec ce couple, certes un peu kitch, mais tellement nature, que le couple version Ile de la Tentation qui passeront le plus clair de leur temps à parler d'eux et de leur vie matériellement trépidente sans aucune espèce d'intérêt pour ce dont vous pouvez bien vous intéresser. Le duo peut donc être en parfaite inadéquation avec le vin servi. De toute façon, Ken et Barbie ne sauront apprécier votre vin, vous répéteront à l'envi qu'en dehors des bordeaux (et des médocs, ah les médocs, hein chéri? le saint-emilion de ton père), et trouveront quelques clichés affligeants à vous servir, avec la certitude de dire vrai. 

Je répète, qu’intrinsèquement, le but est que vous vérifiiez si l’auteur du blog que vous consultez au moins sept fois par semaine ne raconte pas que des âneries comme c’est présentement le cas.   

Accessoirement, le vin retenu pour cet apéritif et lors de cette note qui n’aura que trop tardé à cause d'un verbiage que l'on prête pourtant davantage aux politiciens est un Pouilly-Vinzelles 2005 de chez Béatrice et Gilles Mathias, ou, pour les plus chanceux, un Mâcon-Chânes 2006 de chez Dominique Cornin (lire par ailleurs cette note). Rondeur, sensualité et gras pour le premier, accompagnés d’un joli arôme de bouquets de fleurs blanches cueillies sur le bord de la route entre Chaintré et Leynes. Le second, vif et doté d’une jolie acidité, offre des notes extrêmement fleuries et fruitées (tilleul, pêche, vanille, noisettes), minérales (légère mais manifeste pierre à fusil), d’une complexité et d’un équilibre remarquable. En fait, l’auteur du blog en question dit « ne pas avoir bu une chose pareille depuis bien longtemps». Dominique Cornin est un géni. Après avoir goûté à son art, Chânes étonnera personne.

 

samedi, 22 septembre 2007

En été, fais ce qu'il te plé. En septembre?

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Je sais pas vous, mais moi, en ce moment, je sais pas trop quel(s) vin(s) boire. Cette réflexion m'est venue ce soir alors que j'étais en pleine descente (vers la cave). Tandis que l'ascenceur s'enfonçait dans les entrailles de mon immeuble (ce bon vieil immeuble, sorti de terre en 1893, approximativement l'année de naissance de Joseph, mon arrière grand-père, revenu passablement irrité de la guerre de 14, qui ne devait boire que du cidre sans digresser comme je passe mon temps à le faire), j'étais là, seul, dans cet cage d'acier et de moquette murale rouge, entrain de me tâter.

Pour accompagner un clafoutis aux asperges et au poulet, met léger, un vin de Loire eût été adéquate : saumur-champigny, (saint-nicolas de) bourgueil, chinon... Un gamay également : de Touraine, de Saint-Pourçain-sur-Sioule. Problème : il s'avère parfois que le choix du vin soit guidé par de basses questions logistiques. Peu enclin à me rendre en Loire dans les semaines à venir, je pouponne les chinons de Christelle Pérais-Sourdais, de Laurent Gilloire (la Cuvée des Cigales...) et de Bernard Baudry (les Grézeaux). En attendant de me rendre au Domaine Alliet.

J'ai quelques flacons de Mareuil, fief des vins vendéens. Je dois avouer que ma première expérience avec un vin vendéen (le domaine Saint-Nicolas de Thierry Michon) ne m'avait pas laissé insensible. Manquant singulièrement de d'attaque à l'ouverture, puis de corps, mais très fruité, le vin s'était progressivement ouvert pour offrir une complexité arômatique intéressante, une jolie concentration et une bouche non dénuée de longueur. Un souvenir très positif mais trop récent pour s'en fendre d'un ce soir. Et puis, il y aura de la tapenade en amuse-bouche. Un vin de la moitié nord de la France ne (me) conviendra pas. Je lorgne sur un Vacqueyras. Ramené de Gigondas cet été, ce dernier est jeune (2005) : il offrira donc plus de vivacité aujourd'hui que de puissance, comme ce sera le cas avec l'âge. Sur le clafoutis, il sera bien présent mais pas outrageusement dominant. Il me permettra également de mieux le juger (personnalité, potentiel...) que je ne l'ai fait cet été chez son vigneron (Boutière, du domaine du Pesquier, Gigondas). Mon choix est fait. Le vin s'avérera un peu dur à l'ouverture (jeunesse oblige, des tanins un peu agressifs)  pour céder à la souplesse et l'onctuosité. Une superbe palette arômatique de fruits confiturés, du gras en bouche, de la longueur épicée...

Septembre est une sorte de période transition dans la dégustation et le choix du vin. Nous quittons l'été, délaissons les rosés tout en ayant encore besoin de fraîcheur eu égard aux températures fort clémentes, et à notre esprit encore bercé par les paysages et les ambiances qui agrémentaient notre quotidien il y a de cela quelques semaines, un périple dans les paysages arides du sud-est de la France ne prenant jamais fin quand notre village de villégiature apparaît dans le rétroviseur. Et encore moins à la vue du panneau "maison". Nous entrons, petit à petit, dans l'automne et déjà les champignons et autres odeurs de sous-bois font leur apparition. Il sera l'heure de nous tourner vers de charnus vins de Loire, vers le sud-ouest (Cahors, Bergerac...), le minervois et même les bordeaux! Et vous, vous ouvrez quoi?

mercredi, 19 septembre 2007

Messieurs (dame), merci.

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Jeudi 13 septembre : 8hOO du matin. On sonne. "Livraison pour VINSURVIN!" Il s'agit d'un colissimo provenant demedium_amadieurgigondasetiquette.jpg Gigondas. Monsieur Amadieu (un des producteurs les plus réputés de Gigondas, si ce n'est le plus..., rien que ça) a été le plus prompt suite à la "Lettre aux Vigneron(ne)s de France et de Navarre" que j'aurais dû appeler Lettre de Guy Môquet*. Pierre Amadieu Jr m'a glissé trois flacons : un côtes du rhône Grande Réserve 2005, Gigondas Grande Réserve 2004, Gigondas Grand Romane 2003. Encore merci, Monsieur Amadieu.

medium_tshirt-chateau-oenoline-01.jpgVendredi 14 septembre : 8hOO du matin. Rebelotte. C'est Wilfried, d'Oenoline.com à Antibes, qui me fait livrer un joli t-shirt (voir photo). Le business de Wilfried : vendre des vêtements (t-shirts, casquettes, tabliers, etc...) sur le thème du vin. Inutile d'essorer le t-shirt dans un verre, rien n'en ressort. Merci Wilfried, et bon vent à ta boîte!

Lundi 17 septembre : Mail de Laurent Baraou (caviste indépendant qui parcourt le vignoble français, et auteur du blog Parlons bien, Parlons vin). Il passe le jeudi 20 septembre sur France Inter, à 11h00, à l'émission d'Isabelle Giordano, Service Public. Sujet de l'émission: les foires aux vins. Je m'empresse de féliciter Laurent pour son passage sur ce qu'on peut considérer, de loin, comme la meilleure radio de France (avec ses satellites), de l'encourager à regretter l'hégémonie bordelaise dans ces foires (et le dénigrement des autres régions - en dehors des grosses cylindrées habituelles), de le prier de rappeler combien foisonnent en France des joyaux inconnus et de vanter le travail des vignerons de l'ombre. Réponse du berger à la bergère : les commentaires de Laurent sont pléthores sur VINSURVIN. Merci Laurent. 

Mardi 18 septembre : medium_Corse.jpg un écrivain m'écrit un mail pour me dire des gentillesses sur VINSURVIN. Ce qui fait toujours plaisir. Mais ce n'est pas de moi (personnellement, je) dont il s'agit. Mais de Fabrice Bonardi, auteur de L'Ombre au Tableau et de Corse, la Croisée des Chemins. Il ne reste plus qu'à Fabrice de me faire parvenir un exemplaire de ces romans. Merci Fabrice! (Entre nous, et c'est pas de la drague, sympa le prénom...).  

medium_alsace2.2.jpgMercredi 19 septembre : Je découvre Oenophil, un très joli blog (précis et technique) sur les vins d'Alsace. tout ce qu'il me fallait, moi qui, en dehors du vin de glace, du Gewürtz et du Riesling, suis MAIS complètement inculte en la matière. (Inculte, c'est un bien grand mot, je parle quand même couramment l'allemand, grâce à feu Papi Alphonse...). Ni une, ni deux, un mail  à Phillipe, son auteur, pour le féliciter. Ce dernier me répond dare-dare et me propose, rien que ça (expression de la semaine), de "m'apporter [son] aide  pour découvrir le vignoble alsacien". Merci Phillipe! 

Mercredi 19 septembre (bis) : Ingrid Seyman (enfin une femme), une fan splendide et inconditionnelle de VINSURVIN,  qui me harcèle depuis un an, m'invite à un tête à tête à la Tour d'Argent  une dégustation du cépage carménère, chez Mundovinos, Cave du Nouveau Monde, rue de Turenne dans le IIIème. Cap sur le Chili. Enfin les parisien(ne)s commencent à s'intéresser à VINSURVIN. Il était temps. Merci Ingrid. Je passerai. Désolé chérie, je ne pourrai pas rester longtemps, je suis extrêment pris en ce moment, tu sais ce que c'est les dégustations, les réceptions, les cocktails, les p... Merci Ingrid.

A noter également la sortie imminente de Hors Jeu, de Phillipe Toinard, journaliste culinaire (A Nous Paris).

- 45 duos de chefs de cuisine et d'internationaux de rugby pris en photo de façon décalée par Denis Rouvre, - 90 portraits intimistes signés par votre serviteur, - 60 recettes imaginées par les chefs et mis en scène sur le corps de rugbymen par Patrick Aufauvre

- 60 textes de produits du terroir utilisés dans les dites recettes

- et un carnet d'adresses des meilleurs restaurants estampillés rugby à travers l'hexagone.

* Guy Môquet correspondant au quartier dans lequel je vis, à Paris.

 

mercredi, 05 septembre 2007

Lettre aux vigneron(ne)s de France et de Navarre.

                                                                                                                   
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                                                                                                                                                                    Paris, le mercredi 5 septembre 2007

     Chères vigneronnes, chers vignerons, 

     Voilà près de deux années que je suis l’auteur et  le rédacteur de VINSURVIN, Producteur de Chroniques Oenophiles, un blog dédié au vin en général et à ceux qui le font en particulier. Il est visité par 15000 personnes par mois en moyenne, un chiffre qui n’a cessé et ne cesse d’augmenter, prouvant que VINSURVIN a de plus en plus de succès.

     Vous le constaterez par vous-même, ce blog est élaboré par un simple amateur de vin (je suis professeur d’anglais à Paris). Amateur certes, mais véritable amoureux de ce noble breuvage, ce qui me permet aujourd’hui d’avoir la porte ouverte à de nombreux salons, dégustations privées, conférences et réceptions de toute sorte de produits relatifs au vin, à commencer par des bouteilles ! Je reçois même des offres d’emploi !

     L’on trouve sur VINSURVIN un grand nombre de rubriques (appelées « catégories »), « pots de vin » étant la rubrique phare : 

-  critiques de vins français (toute le France sans exception) et étrangers dégustés,

-  chroniques sur les nombreuses rencontres faites avec les vignerons lors de mes déplacements chez eux,

-  itinéraires oeno-touristiques élaborés et testés par mes soins,

-  l’actualité sur le vin,

- des accords mets et vin,

-  des nouvelles littéraires sur le monde du vin de ma propre création,

-  des bons plans restaurants et bars à vin parisiens, j’en passe et des meilleures…

     Je vous écris aujourd’hui parce que votre vin me semble digne d’intérêt pour mes lecteurs et pour moi. Ayant une activité professionnelle, je ne me rends chez les producteurs que lors de mes vacances, ce qui limite mes rencontres, bien que déjà très nombreuses. De fait, j’aimerais parler de vous et de votre vin sur VINSURVIN. Pour ce faire, et pour être franc avec vous l’idée vient de me germer, je vous propose de me faire parvenir quelques échantillons de votre production accompagnés de toutes informations utiles sur vos produits et votre travail (type de terroir, cépages, âge des vignes, biodynamie, agriculture raisonnée, récompenses, etc…). Le fascicule maison sera parfait et me sera très utile pour mieux parler de vous. Après dégustation et lecture de vos fiches, je me ferai un régal de disserter sur votre travail. Mon matériau est le vin : si je n’en ai pas à goûter, mon blog n’a plus lieu d’être. Je ne vous cache pas qu’à l’occasion, je me ferai un plaisir de vous rendre visite, chez vous, afin de faire plus ample connaissance et de compléter la ou les chronique(s) qui vous auront été réservées.

     Enfin, permettez-moi d’insister sur le fait qu’il ne s’agit pas pour moi de me régaler gratuitement sur le dos des producteurs. D’ailleurs, vous comprendrez encore mieux mon discours et ma philosophie lorsque vous aurez parcouru VINSURVIN. Je mettrai un point d’honneur, dans l’année, à parler des vins des propriétaires-récoltants qui auront eu la gentillesse de me faire parvenir des échantillons. Par ailleurs, dès que ce sera chose faite, je vous contacterai pour vous prévenir. Le vin est une véritable passion, et mon but est de faire découvrir aux gens la richesse du terroir français.

     Dans l’attente, je vous prie de croire, chers vigneronnes, cher vignerons, en l’expression de mes salutations oenophiles les plus chaleureuses.

Fabrice Le Glatin, rédacteur de VINSURVIN, Producteur de Chroniques Oenophiles.

vinsurvin2006@yahoo.fr

mardi, 04 septembre 2007

Pour vous, boire du vin, c'est...

 

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Auguste Renoir, Le Déjeuner des Canotiers, 1881.

Ouvrir un bonne bouteille. Voilà qui a de quoi réjouir nombre d'entre nous. Cependant, la réprésentation que chacun se fait du vin diffère grandement comme en atteste la lecture du petit sondage auquel vous avez bien voulu répondre ces dernières semaines. Boire du vin serait-il devenu un acte politique? En tous cas, il est loin d'exprimer la même chose selon, et je ne fais que suputer, son origine, sa religion et ses origines sociales.  

Beaucoup de choses autour d'une bonne bouteille. Dans un premier temps, ce sondage révèle que le fait de boire du vin est avant tout convivial pour 72,5% des votant(e)s, soit près de 3 sur 4! C'est énorme. Mais cela ne me surprend pas. La convivialité serait-elle donc le moteur de nos soirées? Indéniablement. De notre vie? Invariablement. La convivialité, ou l'art de vivre en groupe, c’est aussi partager un moment avec les autres : famille, amis, amoureux(se), collègues, copains, clients, etc. A l'image du repas (du dimanche, d’affaires ou dîner aux chandelles), le vin est l’occasion d’échanger, de faire connaissance, de se confier, de s’amuser, de travailler, de négocier, de vendre, de réfléchir, de séduire, etc. Il peut se passer beaucoup de choses autour d’une table, et a fortiori, autour d'une "bonne bouteille". Par ailleurs, si le plaisir d'être bien entouré est intense autour d'apéritifs les plus classiques (pastis, whisky, martini, etc...), ces derniers ne possèdent pas la force que véhicule le partage d'un seul et même flacon de vin. Au contraire, ils individualisent. Difficile donc de ne pas voir, même pour les plus athées comme moi, la connotation religieuse dans le partage du vin, qui, s'il ne nous rapproche du Bon Dieu, ne nous éloigne pas de nos amis en tous cas!

Le vin, affaire de rang social. Boire du vin est aussi une affaire culturelle pour 9,6% d'entre vous. Cela signifie-t-il qu'il nécessite un certain bagage culturel et qu'il serait pourvu d'une certaine forme d'élitisme, excluant de fait une partie de la population, inapte à ce genre de pratique? Cela sous-entend-il alors que sa consommation et sa connaissance relèvent de l'appartenance à une certaine classe sociale? Il serait donc "chic" comme le pensent 1,3% des votants. Pire, certains trouvent que boire du vin est un acte snobe! Au contraire, des gens se "privent" de développer leurs connaissances en vin, pour des raisons pécuniaires, certes, mais estimant également que la culture en général, et le vin en particulier n'appartiennent pas à leurs domaines de compétences. En somme, ils se sous-estiment. D'autres croient, à l'inverse, que le vin (mais aussi la gastronomie) est affaire de rang social, et qu'en effet, seuls les plus nantis peuvent accéder aux choses les meilleures. Stéréotypes et discriminations ont donc encore de beaux jours devant eux.       

Sentiment de détente. Un verre de vin, le soir, vers 19h, en fin de semaine, après des journées exaspérantes. Un verre de rouge. Un verre de blanc. Que l'on partagera avec sa moitié. Ou avec soi-même! N'est-ce pas relaxant en effet? En tous cas, ça l'est pour près de 9% des lecteurs et lectrices de VINSURVIN. Le sentiment de détente ne vient pas bien sûr (enfin, pas tout de suite!) de l'alcool. Et ne le doit pas! Dans ce cas, il est euphorisant (comme le suggèrent 5% d'entre vous). Non, la plénitude créée par un verre de vin provient certainement de l'acte lui-même, accompagné par un grand soupir et une confortable position dans le canapé, les arômes, les notes et la qualité du vin faisant le reste.  

La convivialité est certainement le terme que j'associerais le plus au vin. Celle que l'on retrouve autour de la table, en famille, entre amis. Mais aussi sur la route, dans les villages et chez les vignerons. Car elle s'invite si rapidement, si facilement, si simplement après quelques échanges avec un producteur que l'on aurait tord de croire que le vin n'est pas le responsable de ces soudaines symbioses, de ces alchimies d'une heure, qui font que la rencontre avec l'autre, l'inconnu, l'étranger, n'est rien d'autre que source de richesse et de plaisir.

dimanche, 02 septembre 2007

VINS SUR VINS: le magasin.

 

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PUB. 

Outre le blog VINSURVIN, producteur de chroniques oenophiles, parcourus par quelques 12 OOO visiteurs uniques en août, et ce malgré le faible nombre de chroniques (vacances oblige), après VINSURVIN le livre qui me valut une "rencontre" avec Michel Denisot, voici VINS sur VINS, le magasin! C'est aux Vans, en Ardèche, que l'on trouve cette jolie boutique où la vigne pousse à même la façade. Amoureux des vins du Languedoc, les chaleureux tenanciers de VINS SUR VINS proposent une très jolie gamme de vins de propriétaires récoltants de cette région mais aussi des coteaux de l'Ardèche et moult autres régions. Champagne, Armagnacs et liqueurs régionales, entre autres, trouvent place auprès des saint-chinians, des minervois et autres VDP du 07. On trouvera inmanquablement son bonheur chez ces vendeurs de vrai vin, surtout au retour du marché des Vans (le samedi matin) pour accompagner notamment le fromage des nombreux affineurs locaux, la croûte ardéchoise de la "Petite Boulange" et les tapenades  d'Anny et Michel Nomezine, créateurs et fabricants d'olivades à Saint-Florent des Fontanilles dans le Gard. Pour en revenir à nos moutons, blog, livre et cave à vin, décidément, VIN(S) sur VIN(S) : rassembleurs de passionnés oenophiles!

VINS sur VINS, Place Henri Thibon, 07140 Les Vans. Tél/Fax : 04.75.88.56.46 

jeudi, 30 août 2007

Le Bonheur Est Dans Le Pré

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Casteljau en Ardèche-Sud.

La rencontre avec un vigneron ou une vigneronne réserve toujours des moments magiques. Je l'ai vérifié maintes fois depuis le temps que je frappe à leurs portes. Mais cette tournée dans des grands ducs 2007 aura battu tous les records tant et si bien que je ne sais par quel bout commencer! Peut-être devrais-je tout simplement vous conter mes dégustations, mes coups de coeur et autres pérégrinations bachiques dans l'ordre chronologique. Et géographique. Ou le contraire! Certes, de l'Ardèche au Mâconnais, en passant par les Côtes du Rhône méridionales via les Côteaux du Vivarais et ceux du Tricastin, en fermant les yeux sur l'A6 à la simple vue de la sortie pour Tain l'Hermitage et Condrieu, je trouvai invariablement un même point commun entre ces fabriquants de bonheur que sont les vignerons : leur acceuil de plus en plus chaleureux. Les vignerons l'ont bien compris : nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir leur rendre visite et déguster leur vin chez eux plutôt que s'en remettre au responsable quincaillerie en transit dans le rayon vin de notre supermarché. Les caveaux de dégustations qu'ils nous façonnent pour nous acceuillir sont de plus en plus charmants. Entrer dans ces caves fraîches et délicatement éclairées où tonnelles, collections de tire-bouchons et autres objets relatifs aux vins rivalisent est un véritable délice. Certains aménagent même des petits espaces pour les enfants! Et quel plaisir ils prennent à nous parler de leur travail! 

Descentes armées. Les vendanges ont commencé pour les blancs en Ardèche, on voit des machines dans le Mâconnais et l'on ne saurait tarder en Rhône. Il fut destabilisant de constater les grosses chaleurs en début de semaine, synonymes de concentration et d'alcool, puis de voir la pluie faire son apparition mercredi. Intéressant de tomber sur l'oenologue Antoine Tisserand, sortant de chez Dominique Cornin à Chaintré, la bouche pleine d'"acidité", de "PH" et de "fermentation malolactique" pour conclure que ce millésime ne serait pas celui des plus faciles. Surprenant de constater de part et d'autre de la France que les quelques jours qui précèdent les vendanges sont peut-être plus primordiaux que les 350 et quelques autres écoulés! Regrettable de constater la lourdeur que représente cette phase clé du travail vigneron eut égard au manque cruel de personnel, à la lourdeur administrative et aux descentes de gendarmes armés jusqu'aux dents pour des raisons absconses. Le contrôle d'identité vichyiste est décidément sévèrement ancré dans les gênes de l'administration française. Il semble surtout que certains dans ce pays s'acharnent de toutes leurs forces à enterrer le vignoble français. A le déterrer, devrais-je dire. 

Bleuffé par le viognier. Nombreux, donc, seront les thèmes à aborder sur vinsurvin dans les semaines à venir. Mais pour finir cette entrée en matière, j'aimerais mentionner le vin qui m'aura le plus séduit lors de cette dizaine de jours sur les routes de France et de Navarre. Il s'agit d'un 100% viognier élaboré par les Vignerons Ardéchois. Un VDP des Côteaux de l'Ardèche d’une grande finesse, aux notes d'abricot, de violette et de mangue. Un pur bonheur au nez et en bouche pour 4,20€. Ce vin m'a tout simplement bleuffé et restera certainement le symbole de ce périple dans le Midi.

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Chapardeur de chardonnay à Chaintré (71) méritant d'être embarqué par les gendarmes.

vendredi, 17 août 2007

La hiérarchie dans le vin.

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Madame Le Cointre est devant le rayon vin de son supermarché préféré. Champion. Le supermarché Champion. Normal, elle a la carte fidélité qui lui permet d'accumuler des points qui lui permettront, lorsque comptables par millards, de s'offrir un magnifique cadeau (auquel il lui faudra ajouter 30€) tel qu'un sèche-cheveux, une caisse à outil (facom) ou un service pique-nique 12 couverts, qui cassera dans les six mois.  Au rayon vin disais-je puisqu'il lui faut choisir une (ou deux) bouteilles de vin rouge pour accompagner le repas de dimanche prochain. Son beau-frère et sa belle-soeur viennent pour l'anniversaire de leur fils (Richard), un grand sec, niaid et laid, qui a redoublé trois fois et qui s'apprête à entrer en BEP mécanique au Creusot. Seulement, la mère Le Cointre, en vin, elle y connaît que dalle. De toute façon, ce sera du bordeaux. Pour l'aider, un tant soit peu, voici, de façon non exhaustive, la hiérarchie dans les vins français. Plus on monte dans la liste, meilleur le vin est sensé être. Sensé, car comme vous le savez certainement, certains vins du bas de la liste sans parfois bien meilleurs que certains du haut. C'est un peu comme au boulot, quoi, t'as des chefs qui valent pas un coup de cidre quand certains manoeuvres doivent tout leur apprendre. Au chef.

A l'intérieur de L'AOC (l'appellation d'origine contrôlée), qui fixe les critères de qualité du vin en question et garantit son origine, on peut discerner par ordre croissant de qualité:


1. La région
2. La sous-région
3. La localité
4. Le cru

1. REGION. Exemple, VIN de BOURGOGNE. APPELLATION VIN DE BOURGOGNE CONTROLEE. Cette catégorie est extrêmement vaste puisqu'elle couvre 450 000 hectares et près de 400 millions de bouteilles! Elle englobe aussi bien les villages autour d'Auxerre (comme Chablis) que les Côtes de Beaune et de Nuits, le Mâconnais et même le Beaujolais! Côté cépage, on peut donc trouver dans une appellation "bourgogne" des cépages complètement différents d'un vin à l'autre! Ici, un gamay (Beaujolais), là un pinot noir (Beaune). En outre, le terroir et la vinification du vin n'est pas ce qui se fait de plus raffiné. (Exemple de sous-région Bourgogne: Côtes de Beaune).

2. La SOUS-REGION. Côte du Rhône par exemple est une sous-région. La région est, elle, Vallée du Rhône. On peut commencer à trouver des choses très bonnes. Surtout si "Récoltant" apparaît sur la capsule verte qui recouvre le goulot de la bouteille.

3. LA LOCALITE. Exemples : Saint-Nicolas de Bourgueil, Chinon, Gigondas, Cahors, Aloxe-Corton... Il ne devrait pas y avoir tromperie sur la marchandise. La localité assure une très bonne qualité dans la grande majorité des cas. On trouvera donc sur la bouteille : Appellation Chinon Contrôlée.

4. LE CRU. Il fait référence à des terres (appelées climats en Bourgogne), aux situations géographiques et aux compositions géologiques particulièrement remarquables. Ces vins sont vignifiés avec beaucoup de précaution car ils appartiennent à la famille des vins exceptionnels. Le terme Cru classé est autorisé pour les vins ayant fait l'objet d'un classement officialisé. Les termes Premier Cru et Grand Cru sont autorisés lorsque les vins désignés correspondent à des normes de qualité fixées par chaque région viticole (Bordelais, Bourgogne, Champagne, Provence). 

5. Les Grands Crus Classés. Les Grands Crus Classés sont bordelais. Etablie en vue d’une présentation des vins de la Gironde, dans le cadre de l’Exposition Universelle de Paris - à la demande l’Empereur Napoléon III, la rédaction du classement (publié le 18 avril 1855) fut confiée par la Chambre de Commerce de Bordeaux, au “Syndicat des Courtiers de Commerce” auprès de la bourse de bordeaux.
Sa mission était d’officialiser une classification basée sur l’expérience de longues années et qui correspondait à la reconnaissance de la qualité du terroir et à la notoriété de chaque cru. Les éléments furent puisés aux meilleures sources.

6. LES VDQS, les VDP et les VDT. Rejetons de l'AOC, les Les Vins de Qualité Supérieure (VDQS) constituent une catégorie intermédiaire entre les vins de pays et les AOC. Le Saint-Pourçain par exemple en fait partie. ON en trouve de très bons! Les Vins de Pays (VDP) sont des vins de table personnalisés par une provenance géographique. Un vin de pays doit provenir exclusivement de la zone de production dont il porte le nom. Il répond à des conditions strictes de production fixées par décret. Les Vins de Tables (VDT) ont droit à la dénomination « vin de table français » s’ils sont d’origine exclusivement française (vin issu d’une même région ou de vins de régions françaises différentes). S’ils se composent d’un assemblage de vins issus de différents pays de l'Union Européenne, ces vins porteront la dénomination "mélange de vins de différents pays de la Communauté européenne". En règle générale, ces deux dernières catégories n'offrent pas ce qui se fait de mieux en France. Mais ne nous méprenons pas : certains viticulteurs dont le vin est excellent (Coste, 34) ne prennent pas (ou plus) la peine de faire les démarches pour obtenir l'AOC car parfois trop contraignant, dans le sens où il prive certains vignerons de la liberté dont ils aiment jouir (notamment dans les assemblages), et lourd administrativement. En outre combien de fois ai-je dit que nombreux vins AOC sont imbuvables, ce qui dévalorise cette Appelation d'Origine Contrôlée de plus en plus obsolète?

 

   

jeudi, 02 août 2007

I'LL BE BACK

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VINSURVIN, bientôt de retour sur vos écrans...

jeudi, 12 juillet 2007

Ca nous fera des vacances.

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Pas que vinsurvin ait mis les voiles direction sa Bretagne natale, ou tout bonnement échoué en Armor, pour jamais ne revenir. Loin s'en faut moussaillon! Mais à ses sources parfois retourner il faut. La mer pour vin, l'iode pour tanin, le crachin pour bien déguster, il me faudra certes utiliser mon imagination pour combler la frustration de n'être en Rhône, en Languedoc ou en Sicile! Mais il est des lieus en terre celte où l'on sert kyrielles de vins somptueux.

Et, que crois-tu l'ami?! J'ai, de ça il y a quelques jours, largué les amarres en Eure-et-Loir où les Caves des Coyes, à Maintenon, j'ai découvert. Ancien "frigo" sous Louis XIV lors de la construction du viaduc de Maintenon, le lieu maintient une température constante de 14°, une hygrométrie parfaite et, accessoirement, un très beau choix de flacons. Après dégustation de quelques rosés, je me suis donc enquéri de quelques tonnelles (également appelées bag-in-box) que j'ai fait transporter en Bretagne par bateau (également appelé voiture). Je connais quelques lecteurs de vinsurvin beaucerons: je ne saurai que les conseiller de se rendre en ce lieu où l'aubergiste (qui regrette l'obsession du consommateur lambda pour le bordeaux) saura vous aiguiller sur des Côtes de Thongue (Languedoc), des Moulin à Vent (Beaujolais), ou encore des Cornas (Rhône). Fort sympathique, très compétent et amoureux du vin, Jérôme Besnard mérite d'être connu.

En attendant de vous retrouver pour de nouvelles aventures oenophiles, vinsurvin, producteur de chroniques oenophiles, reste ouvert et continue de vous offrir tout le loisir de vous balader (avec un seul "l") à travers ses différentes catégories.

Paris devenant plus tranquille l'été, profitez de la myriade de bons plans restos (visez les terrasses!). Au bureau, à la maison, jetez un oeil sur le saviez-vous? ou sur les nouvelles littéraires (histoire de vous déconnecter un peu du monde du travail et de vous marrer un bon coup). Les pots de vin vous en apprendront un tout petit peu sur le vin et n'auront qu'un but: vous décontracter.

Encore au travail? Pas de chance. Bonne chance! En vacances? Et bien, vous ne devez pas avoir beau pour être devant l'ordinateur! Mais bonnes vacances quand même! Allez, je mets les bouts, je largue les amarres: l'on barre vers six îles bretonnes. Kenavo, bon vent, et à très vite sur vinsurvin!

vendredi, 06 juillet 2007

Ma Route des Vins (Part I)

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Avant de fermer boutique (comme la Tour d'Argent, mais pas pour travaux) semaines 3 et 4 de juillet, vinsurvin vous propose toute une série d'itinéraires oenotouristiques sur les routes de France et de Navarre. Contrairement à ces sites et ces magazines qui vous proposent des circuits dignes de tour operators (Faugères, Carcassonne :  120km...), nos itinéraires se feront sur des distances assez courtes, afin, notamment, de bien saisir les caractéristiques et la typicité du terroir, l'abondance des arômes, la multitude et la richesse des vins élaborés d'un vigneron à l'autre... En d'autres termes, chaque région possède ses cépages types. Mais, si l'on trouve des points communs dans le vin de deux viticulteurs vignifiant syrah, grenache et carignan dans un même village, il sera intéressant d'apprécier ce qui fait d'eux des produits uniques. 

Par ailleurs, si le point d'orgue de ces itinéraires est la découverte de très bon vin, ils vous permettront aussi, et c'est aussi ce qui nous motive, de découvrir des routes, des panoramas, des curiosités, des villages et de rencontrer des vignerons, ce qu'un itinéraire classique ne permettrait pas. Inutile de vous préciser que ces routes ont été maintes fois empruntées par votre humble serviteur lui même.

Nous commencerons, dans une toute prochaine note, par la Loire Valley.

En attendant, entrer chez un viticulteur: recette et conseils.

dimanche, 24 juin 2007

LE VIN et LES 20-25 ANS.

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Y'en a marre-du-champomi! On veut du vin! (Mais on sait pas le quel choisir...)

Au coeur des préoccupations des professionnels du vin en ce moment, la désertification de l'intérêt des "jeunes" pour le vin. Raisons principales invoquées: Loi Evin anti-vin, lois sévères contre l'alcool au volant, complexité de la lecture des étiquettes et du produit "vin" en lui-même, préférences pour des produits alcoolisés "tendances"... Que faire alors pour attirer les jeunes (20/25-30) vers ce produit noble qu'est le vin? Vaste question. Je n'aurai guère la prétention d'y répondre mais, je vous propose en échange une synthèse de l'étude Vinexpo/BVA (que j'ai pu me procurer sur le site de Vinexpo). Jeune, vieux, ceci est pour toi.

20-25 ans: leur rapport à l'alcool

- Un Plaisir "assumé" sans culpabilité: « ça permet de s’amuser… on se sent plus dans la fête. » (Fr./Belg.), « ça permet de souffler, d’évacuer le stress » (Japon/USA)

- Un vecteur d’intégration au groupe: « On va pas boire un coca, ça ferait bizarre » (Belg.), « Une manière d’être comme les autres: on boit comme les autres » (USA)

- Une préoccupation "santé" latente: « Un sujet dont on entend parler », « J’ai pas envie d’être dépendant » (France), « Je commencerai à m’inquiéter si je prenais l’habitude de boire seule » (UK)

Les 20-25 ans : leur rapport au vin

- Un modèle d'une consommation maîtrisée, jamais excessive: « J'associe pas l'alcoolisme et le vin... le vin ça se sirote » (France), « On prend pas une cuite au vin » (Angleterre).

- Les représentations du vin comprennent aussi des notions de "bienfaits pour la santé". Même si elles ne constituent pas une motivation de consommation : «Un verre de vin tous les jours, il paraît que c'est bon...» (Belg.), «Il y a des médecins qui recommandent que les gens boivent un peu de vin » (France), «Il paraît que c'est bon pour la santé... le cardio-vasculaire... des effets sur le cerveau » (UK), «On entend dire qu'un peu de vin ça fait du bien » (USA)

-> Il semble donc que l’idée que le vin est «la plus saine des boissons alcoolisées» progresse...

- Des familiarités culturelles différentes.

"On a grandi avec le vin ! toujours vu du vin sur la table... mon père, sa cave... les visites de caves en vacances...fait partie de l'identité française" (France, Belg.), "C'était une consommation plus rare chez nos parents... mais le vin est devenu plus courant, moins exclusif" (Angl.), "C'est la culture européenne.... dans ma famille : des occasions spéciales..." (USA),, "C'est l'outre mer... jamais vu mes grands-parents boire du vin", "quand mon père revient des courses avec du vin, il l'annonce dès qu'il ouvre la porte" (Japon)

Les 20-25 ans: l'image et l'imaginaire du vin

France, Belgique: Une image qui différencie bien deux facettes complémentaires du vin : La facette "noble" / élitaire : « les grands crus... l'aristocratie... les grands domaines... les châteaux... les blasons... le smoking... la grande gastronomie... » La facette "rustique" / populaire au sens positif: «les petits vins.. l'artisanat du vin... le vigneron moustachu, bon vivant, généreux... les petits restos, la carafe de vin »

Angleterre: Proximité de l'Europe du vin, mais références prégnantes au Nouveau Monde : « la France bien sûr : quand on y va, on voit le vin partout, les paysages... l'Italie, l'Espagne, c'est dans leur tradition » ... mais aussi l'Australie... l'Afrique du Sud... l'Amérique du Sud » Une image du vin plus médiane (qui n'est polarisée ni sur le "rustique" ni sur le "noble") : « un petit côté classe, civilisé, mais décontracté... le vin s'adresse à tout le monde... dans les bars c'est assez courant, tout le monde en boit.»

USA et Japon: Plus focalisés sur la dimension « sophistiquée » de la consommation du vin. «C'est classe, smart... un côté un peu snob... pompeux... relations d'affaires... galeries d'art » (USA), « classe supérieure... gens riches...»

 

L'image du vin n'est pas "jeune": le buveur de vin est un homme ou une femme qui a plus de 30 ans... plutôt 35-40 ans... quelqu'un qui a de l'expérience... avec de bons revenus... marié."

 

Mais c'est ce qui fait son attractivité:  « Raffiné… éduqué », « cultivé… s’intéresse à beaucoup de choses… », Assagi dans son rapport à l’alcool: « quand on apprécie le vin, on ne se saoule plus », Hédoniste sélectif: « aime les bonnes choses », « Bobo »: « intello ouvert, sympa, un peu décalé. »

 

L’initiation au vin

 

Le plaisir gustatif n'est pas spontané. Il vient avec le temps, une certaine persévérance, et une éducation : « c'est à force de goûter que j'ai commencé à trouver ça bon... Il faut apprendre à aimer... un jour il y a comme un déclic et on trouve ça bon » (France), « il faut former son palais... faire des associations avec du fromage », (USA) « j'ai insisté pour essayer d'aimer le vin » (Japon).

 

Les 20-25 ans et le vin: les leviers de la consommation

 

L’image « mature » : un levier aspirationnel majeur, évoqué dans tous les groupes: «J'ai commencé à boire du vin quand j'ai fréquenté des gens plus âgés, pour être comme eux» (France), «J'ai continué à essayer, je voulais être capable de boire du vin comme une femme adulte» (Japon), «Si tu veux être un adulte, il faut que tu essayes et que tu t'habitues à en boire » (Japon), « Mes amis qui ont un job, qui commencent à gagner plus d'argent, choisissent plutôt le vin : on rentre dans un monde plus âgé » (USA), «A partir du moment où on boit du vin, où on l'apprécie, on est regardé différemment » (Belgique), La consommation d’alcool maîtrisée: une manière de boire « plus sage » et plus éclairée, « Le vin définit les gens plus raisonnables : le type qui a un verre de vin a l'air plus modéré, plus mature » (USA), "Un signe qu'on est plus posé, qu'on fait moins le fou », « C'est plus subtil » (Belgique), « J'apprécie l'effet progressif du vin.» (France).

 

Les 20-25 ans : les freins à la consommation

Les difficultés à savoir choisir et consommer le vin:

« C'est compliqué, y'a beaucoup de vins, chaque vin est différent, on peut faire des erreurs » (France), « Il y a des étiquettes qui nous disent : ça va avec le gibier : mais qui mange du gibier aujourd'hui ?!! » (France), « On sait que les blancs ça va avec les poissons par exemple, mais pas tous les blancs : alors on se demande lesquels » (Belgique), « Une chose qui me retient c'est que j'ai peur d'acheter une bouteille qui n'ira pas avec le repas »(Angleterre), « Il y a trop de marques, trop de styles de vins » (USA)

Une offre pléthorique, très diversifiée:

« Devant le rayon au supermarché, je suis perdu, y’en a trop… même chez l’arabe du coin c’est difficile de choisir » (France), « Entre les couleurs, les régions, les prix, les appellations, on ne peut pas s’y retrouver » (Belgique), « Les étiquettes ne donnent pas d’informations… au bout du compte, tout se confond un peu: on ne sait pas choisir » (Angleterre). « C’est compliqué, il y a trop de noms: on sait jamais quoi choisir » (USA), « Je comprends pas les écarts de prix: une bouteille de vin peut coûter 1.000 ou 20.000 yens» (Japon)

Les 20-25 ans et le vin: Attente

Le vin est un «grand classique» inscrit dans les fondamentaux culturels des pays concernés (sauf Japon) :

« On revient vers des choses authentiques, le vin fait partie de ça» (Angleterre), « Une tradition millénaire qui ne peut pas disparaître » (France), « Le vin sera toujours là : ça fait partie des valeurs basiques » (Belgique), « Il y le côté sacré du vin pour les chrétiens » (USA).

Perception d’une dynamique de l’offre et de l’image propre à le populariser davantage:

« A l’époque de nos grands parents, le vin pas cher c’était de la piquette infâme » (France), « Aujourd’hui, j’ai entendu dire que même dans les 1ers prix, c’est quand même correct » (Belgique), « Le vin avait un côté plus sacré pour nos parents: pour nous le vin devient plus simple » (Belgique), « Moins exclusif qu’avant » (USA), « Le vin se met à faire du marketing, gagne d’autres couches de la population » (USA), « C'est à base d'un fruit, un côté plus naturel que les autres alcools » (USA)

-> Une référence culturelle et une accessibilité qui s’améliore.

Les 20-25 ans et le vin: Préconisations

4 Axes Majeurs

Rajeunir l’image du vin : « Trop attaché aux parents…encore associé aux plus vieux… pas une boisson des jeunes »

Désenclaver le vin de son image élitiste : « Pour une classe sociale un peu fermée, haut niveau… image d’une boisson plus chère que les autres…»

Démythifier la culture du vin: « Un monde qu’on ne connaît pas… réservé à un club d’initiés…faut s’y connaître… un langage intimidant »

Guider dans l’offre : « On se sent un peu perdu avec toutes les références… on sait pas quoi choisir ».

 
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