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mercredi, 28 novembre 2007

Bérénas : pas de cigales mais un régal!

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Christophe Tison, du domaine Bérénas (Hérault, Languedoc), présentait hier soir sa collection 2006 au restaurant « Les Nouailles », voisin de l’hôtel Saint-James et Albany, à deux pas du marché Saint-Honoré, dans le 1er arrondissement. Loin des cigales et de la garrigue, dans un cadre un peu fastueux, au milieu de gens apprêtés, l’accueil extrêmement chaleureux et surtout la qualité du vin surent finalement prendre l’ascendant.

Lorsque, pour déguster un vin de pays languedocien, l’on pénètre dans le bar du restaurant « Les Nouailles » -lumières tamisées, piano en fond sonore et coupes sirotées - puis dans la somptueuse salle aux hauts plafonds, on se demande un peu à quelle sauce on va être mangé, ou bu, dans le cas présent. Sur des tables dressées, le vin trempe dans des sceaux à champagne, les canapés et les miniatures se font pléthore : un véritable banquet attend le dégustateur. On est loin de Clermont l’Hérault, de sa place bordée de cafés ou descendent chaque année, leurs camionnettes saturées de cartons de six, les vignerons de la région. D’ailleurs, si ce n’est ce diaporama PowerPoint où défilent des vues du domaine et le Colline d’Oc, rien ne rappelle le Languedoc.     

La jeune quarantaine, la barbe naissante et le sourire jovial, Christophe Tison semble fier et heureux de présenter son vin, élaboré en culture raisonnée. Ce petit fils de vigneron champenois, revenu des affaires, est à la tête du domaine depuis trois années, après que l’ancien richissime propriétaire australien ait réalisé l’ampleur du travail de vigneron et ne s’en retourne voguer les mers et les océans.

Collines d’Oc 2005, assemblage osé de sauvignon blanc (60%) et de chardonnay (40%) présente d’entrée son atout principal : un nez élégant, vif et gourmand, présentant une palette de petits fruits blancs et rouges assez incomparables : un véritable gaspacho de fruits estivaux (pèche, fraise des bois, citron vert). Un bouquet de fleurs blanches enveloppe harmonieusement le tout avant que ne se dévoilent des notes plus typiques de la région, notamment un poivré, subtil mais assidu. Cette analyse ne saurait être complète sans aborder la limpidité et la brillance aux reflets dorés de Collines d’Oc (que j’ai pris pour Collin Dock au départ !). Je trouve ce vin délicat, élégant, et c’est le mot « moderne » qui me vient également à l’esprit - pour la première fois depuis que je goûte du vin. Un malheur à l’apéro. Et à 6€ pièce : un excellent rapport qualité / prix.

L’Impatiens 2005 (85% de chardonnay, 10 de viognier, 5 de sauvignon), d’abord présenté en bouteille de 75cl, exhibe un premier nez un peu boisé mais, chose assez étrange, ce sont les cépages mineurs qui parviennent à s’extirper de la dominante bourguignonne, cépage capricieux s’il en est ! Un délicieux mélange de mangue et de citron vert parfume notre bouche. C’est le blanc le plus languedocien, peut-être le plus complexe aussi ; il nous emmène vers la garrigue, l’olive, le thym. Présenté ensuite en magnum, l’Impatiens démontre alors tout son potentiel : une jolie chaire (on le mâcherait), du gras, des notes de brioche. De très bons moments en perspective, sur des viandes blanches ou des poissons en sauce, pour qui sera être patient. 

L’Iris 2005, dominante de viognier (80%), complété par du chardonnay (10%) et du sauvignon blanc (10%) n’offre pas de façon si prévisible le nez exotique qu’on lui connaît intrinsèquement. Non, son nez est plus réservé, plus modéré. Il nous emmène d’abord sur des notes de fruits blancs et d’eucalyptus. L’attaque est franche. Le vin est bien équilibré entre rondeur et vivacité, fruits mûrs et agrume. Un vin assurément soigné et typé.

Il me faudra goûter les rouges à nouveau afin d’être plus précis dans mon « analyse ». Cependant, je me souviens de l’Impatiens, au nez bordelais mais à la personnalité clairement languedocienne. Il présente déjà des notes animales et épicées et évoluera vers le cuir et la torréfaction, comme me le confirma Eric Daguenet, directeur commercial de la maison. J’ai souvenir de ce Collines d’Oc (6€ pièce), plus typique du Languedoc, comme on les rencontre vers Faugères ou Saint-Chinian. Du fruit noir, de l’épice, des tanins puissants mais, somme toute, fondus. Et enfin, certainement mon préféré, l’Iris. Sa couleur est sombre et intense, le nez riche et concentré. Conçu à partir de syrah (80%) et de petit verdot (20%), il présente des notes de fruits noirs ainsi que de cuir et de pinède. La syrah est un cépage vif, puissant, épicé, qui demande une grande maîtrise et on est surpris de voir comment le verdot (cépage presque tombé en désuétude) semble encercler et canaliser cette syrah pour la rendre tendre, souple et gracieuse. C’est assez édifiant. Personnellement, dans ce contexte, à l’issu des dégustations décrites ci-dessus, et pas systématiquement recrachées il faut bien le dire, je suis conquis.

Ma vraie découverte, et mon amour, des vins du Languedoc s’est faite lors d’une dégustation impromptue, un jour d’été 2004. Un petit flyer posé sur la voiture entre l’essuie-glace et le pare-brise invitait le conducteur du véhicule (et sa famille) à se rendre dans un mas perdu au milieu des vignes du côté de Saint-André de Sangonis, au sud d’Aniane. Je découvris ce jour un vin de pays, 100% sauvignon blanc, qui me sidéra littéralement, puis un assemblage de grenache, de carignan et de mourvèdre qui me rendit extatique. Je ne venais pas d’inventer le fil à couper le beurre mais je compris qu’il fallait absolument faire plus ample connaissance avec les vins de cette région.

Si des dégustations (comme celle du domaine Bérénas), dans l’environnement que l’on connaît, se déroulent à cent lieus des ambiances irremplaçables que l’on vit dans le terroir, elle permettent néanmoins de se donner une idée relativement précise de ce que l’on a dans le verre. Elles ont également le mérite de nous signifier qu’un passage au domaine en question ne serait pas futile.  

Enfin, les lecteurs et les lectrices de VINSURVIN les plus chanceux et les plus chanceuses auront vraisemblablement tout le loisir de goûter les vins du domaine Bérénas incessamment sous peu puisqu’il semble que Christophe Tison et Eric Daguenet aient été séduits par l’histoire de VINSURVIN et par le concept Tupperwine, d’autant plus que, malgré la présence de leur vin dans de très belles tables parisiennes, leur leitmotiv reste sa distribution auprès des particuliers. Avis aux amateurs !

Les tarifs : CLICK ICI.

Où trouver ce vin? CLICK ICI.


 

mardi, 07 août 2007

La Route des Vins en Languedoc.

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Le Pont du Diable, vers Saint-Guilhem du Désert, Hérault.

La Route des Vins en Languedoc. Vous ne trouvez pas ce titre un peu... vague? Non parce que j'aurais pu être encore plus vague avec La Route des Vins en Languedoc-Roussillon. C'eût été fichetrement imprécis, vous en convenez. C'eût en effet sous-entendu que l'on se fût promené sur une distance de 150 km (Montpellier-Perpignan) et traversé un nombre d'appellations invraisemblable (dit-il avec l'accent chantant du sud de la France). Lesquelles, d'appellations? Cabardès, Côteaux du Languedoc, Faugères, Muscats, Saint-Chinian, Limoux, Fitou, Costières de Nîmes, Corbières, Minervois, Côtes de Roussillon et Côtes de Roussillon-Villages, Collioures et Banyuls, et enfin Maury. Mais revenons à moutons, après la Loire, direction l'Hérault. De Paris, prendre l'A75, pour faire large, ou suivre ces indications. Attraction n°1: le Sacré Coeur, vu du périf intérieur. Attraction n°2, quelques kilomètres plus tard: le viaduc de Millau, puis le Parc Régional des Grandes Causses (où Bové jadis gardait ses moutons) et ce paysage lunaire absolument éblouissant. Nous allons ensuite entrer dans le Lodévois, point d'orgue de notre périple.

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C'est là qu'on va? Ben ouais.

Beau comme un joueur de pelote basque espagnol. Nous avons quitté l'A75 pour prendre la N109. Première rencontre après coup de téléphone (pour nous annoncer et nous assurer que notre homme est là) avec Monsieur Coste à Saint-Félix de Lodez. Première dégustation sur un 100% Sauvignon planté sur 1 pauvre hectare à quelques encablures. Délicatement appelé Chemin des Fées, rien d'étonnant pour un magicien comme Coste, succombez à vos premiers émois: un nez pimenté de garrigue et de thym et de miel, un vin floral, rappelant l'aubépine mais aussi les fleurs de pêches de vignes. Goûtez, en rouge, ce VDP Monade du millésime proposé. Assemblage de Syrah, de Grenache et de Carignan (j'y mets des majuscules car je vénère ces cépages), un peu frais (surtout pas chambré, malheureux!), avec une tartine de gros pain de campagne beurré à la tapenade d'olives noires... sur ce, bonsoir. Guilhem Coste, sorte de Hugolin héraultais beau comme un joueur de pelote basque espagnol, passionné de Vin comme un enfant de train électrique, vivant comme un taureau nîmois : à ne manquer sous aucun prétexte. Et vous lui passerez le bonjour!

A deux pas d'ici, prendre la D141 vers Montpeyroux pour goûter des vins plus amples, plus charpentés et dignes des plus belles corbeilles de fruits du pays. Allons chez Marc Cros du Domaine de l'Horgrand! L'acceuil est à lui seul un pur moment de bonheur. Dommage qu'en août les olives dans la cour ne soient pas mûres... L'amour de leurs pays, le goût du travail bien fait et la passion pour les vins fins et élégants (la touche de Madame Cros à n'en pas douter!) se retrouvent dans ce qui apparaît comme le cru numéro un des Cros. Issu d'un assemblage de carignan, cinsaut, syrah et grenache, la robe est profonde, presque noire, aux reflets pourpres. Côté arômes, les petits fruits noirs tels que la mûre ou la cassis cèdent rapidement la place à des notes de fruits mûrs, de cerise confite mais aussi de pain toasté. Poivre, épice et cannelle apparaissent en finale. La bouche est ample, grasse, fruitée, d'un beau volume. Elle est embellie par des tanins amples mais pas exhubérants. Un très joli vin, à l'image de la rencontre avec ce charmant couple.

Poursuivons vers le joli petit village de Puéchabon: D141 à la sortie de Montpeyroux (vers l'est). Passage à proximité du Pont du Diable: attention, paysage somptueux! A gauche, c'est la route vers Saint-Guilhem Coste du Désert, superbe village (genre classé dans les plus beaux villages de France, mais où pullulent pléthore de touristes. A vous de voir, c'est le cas de dire. Sinon, ça vaut le coup de manger dans ce resto en plein air en bord d'Hérault sur la droite en entrant dans le village). D27 puis D32 pour Puéchabon afin de rendre visite à Géraldine Combes dont j'ai découvert le Chasseur des Brousses... chez Lavinia, bd de la Madeleine! Un vin typique de la région: frais, jeune, gouleyant, à déguster entre copains sur une viande ou des grillades. Goûtez l'huile d'olive maison: une pure merveille! Voir note vinsurvin ici (avec photo Pont du Diable en prime!).

Seulement trois vignerons? Oui, seulement trois! Car kyrielle de vignerons-éleveurs vous trouverez en sillonnant les routes de cette magnifique région, et notamment dans les trois villages dont je viens de vous faire les éloges. Il faut dire aussi qu'entre chaque visite, vous en aurez des choses à faire. Pas très loin, au nord de Saint-Guilhem du Désert, vous plongerez dans le Cirque de Navacelles. Au nord-ouest de la ville de Clermont-l'Hérault (que vous aurez visitée, elle, son marché et sa foire au vin) se trouve le Lac du Salalgou (destiné à refroidir une centrale nucléaire qui dut un temps s'installer aux abords du magnifique village fantôme de Celles, abandonné pour la cause puis reconquis par une bande d'irréductibles européens). Campeur, va au Moulin de Siau: à l'ombre, calme et pas cher. Bonne route, bonnes visites, bonnes dégustations!

Les coordonnées des vignerons (et ronnes) mentionnés ci-dessus.

Guilhem Coste, 4 Placette, 34700 Saint-Félix de Lodez. (Téléphone disponible sur demande sur  vinsurvin)

Marc Cros, 5, rue du Barry, 34150 Montpeyroux, 04.67.96.68.40

Géraldine COMBES, Au Mas des Brousses, 34150 PUECHABON TEL/FAX : 04.67.57.33.75

PETITE REVUE PHOTOS

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Les Gorges de l'Hérault
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Descente vers Navacelles
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Celles
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Village héraultais
(Photos VINSURVIN.)

 

mardi, 29 mai 2007

L'habit ne fait pas le moine.

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Les Artic Monkeys peuvent chanter Au Clair de la Lune en duo avec Céline Dion, j'achèterai quand même le CD. Il n'en est malheureusement pas de même avec les vins français étiquetés AOC, Cru Bourgeois ou tout-attrappe-couillons du genre. Une fois de plus, la motivation sied dans le refus du mauvais-goût (se prétendant tout à fait satisfaisant) et la mise en valeur de vins exceptionnels élaborés par de "petits" vignerons.  

Vins de qualité inférieure. A mon avis, certains vignerons ne doivent pas être bien vus par la profession! Pourquoi? Parce que leurs vins de table ou de pays sont dix fois meilleurs que certains AOC et parfois même que certains flacons censés être d'une "qualité supérieure", car chers ou classés comme tel par les instances viticoles. Et c'est là que le bas blesse. Car, objectivement, les jus de copeaux boisés et vanillés élaborés en laboratoire, les "vins" épais et sucrés, les liquides tristes et insipides, atteignant parfois les 1O€, n'ont aucun intérêt gustatif "supérieur" à ces modestes assemblages syrah, grenache, carignan comme on les fait sur les Terrasses du Larzac, par exemple. Pire, ils s'apparentent à une forme de vol auprès des consommateurs non avertis. La mention AOC sur une bouteille de vin n'est donc absolument pas un gage de qualité aujourd'hui en France. C'est presque devenu le contraire. La réflexion me vient, une fois de plus, après ouverture d'un vin de pays ramené tout droit de chez un producteur de Montpeyroux (34).   

Pour asseoir mon argumentation, permettez-moi une introduction typique de journaliste sans inspiration. Prétextant rendre hommage à l'intéressé (ou visant à lui cirer les pompes), ces phrases ont le don de sonner creux et, accessoirement, de vous faire passer pour un inculte, puisque vous ne voyez jamais de qui il s'agit. Vengeance.   

On ne présente plus Marc Cros sur vinsurvin! L'Horgrand est incontestablement la réussite de ce bonhomme de vigneron de Montpeyroux. Mais on ne saurait ignorer son VDP du Mont Baudile, notamment le 2004, que les officionados s'arrachent et qui offre en bouche des plaisirs incomparables.

Un VDP? Quelle chance! Ce vin de pays (VDP) est de suite très convaincant par le nez qu'il dégage : fruité, élégant et réhaussé par des notes de cacao, voilà un vin qui n'offre rien de stétéréotypé. Marqué en effet par une personnalité propre au terroir et au travail du vigneron, le Mont Baudile est une invitation aux ballades dans la garrigue héraultaise. Il est, en outre, ample, friand et remarquablement équilibré. La réflexion qui s'en suit est "quelle chance que de pouvoir boire de telle chose"! Puis l'on vient à se demander comment il se fait qu'il puisse y avoir un tel déséquilibre dans la classification des vins français, comment il se fait que certains vins pouvant coûter jusqu'à 1O€ dans ce pays peuvent être aussi fades quand des vins de table (Guilhem Coste, Saint-Félix de Lodez - 34 ; Géraldine Combes, Puéchabon - 34) ou de pays (Marc Cros, donc) élaborent des vins absolument incomparables? Comment certains vins peuvent-ils arriver au prix de 1€ dans les supermarchés? 

AOC: sytème poussiéreux. Du bas de ma modeste connaissance et de mes bien maîgres références, je ne puis que m'interroger sur les jurys des AOC qui décernent des palmes et déroulent le tapis rouge à des produits qui me feraient honte si je devais les faire boire à mes convives, et qui ignorent (ou méprisent, permettez-moi de me poser des questions) des trésors inestimables, parfois voués à disparaître du fait de l'obscurentisme dont ils sont victimes. Guilhem Coste, vigneron dans l'Hérault, me disait encore il y a quelques temps qu'il avait abandonné l'idée de se "AOCier" tant l'absurdité administrative laissait à penser que certains viticulteurs n'ont pas le droit de cité dans ce système poussiéreux et d'un autre temps.

Hédonisme. Réformer cet AOC, envoyer des dégustateurs amoureux sur les routes de France et de Navarre dénicher les meilleurs élixirs à la place des blasés (car pour AOCier ces nombreuses piquettes, il faut être dénué de papilles gustatives), ignorer les tendances visant à "répondre" à des soit-disant besoins de consommateurs qui n'y connaissent rien, remettre l'hédonisme rabelaisien au coeur de notre culture, vanter les bienfaits que procure le vin sur la santé et trouver d'autres moyens de distribution que celui de la grande, sont autant de mesures que m'inspirent le vin de Marc Cros.

Du vin par le câble. Au final, quand je repense aux Artic Monkeys, imaginez l'avenir proche où l'on pourra télécharger du vin! Il suffira de se connecter sur e-wine ou KaZier.com! Piquette ou pas, on s'en moquera, le vin sera gratuit! Personnellement, vous vous en doutez, bien que passionné de nouvelles technologies, je continue à acheter mes cd's chez mon disquaire. Alors, vous pensez bien que le vin coulant dans mon verre directement via les câbles et mon ordinateur n'aura, lui non plus, pas le droit de cité sur vinsurvin.

mardi, 26 septembre 2006

FAUGERES: VRAI GENRE.

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Photo Bertrand Celce.

Chers amateurs de bon vin! Chacun mettra ce qu'il veut derrière l'adjectif "bon", le but étant de distinguer les bons des mauvais. Et oui, ici, nous faisons dans l'ostracisme! A mort les vulgaires chardonnays servis dans les café parisiens! Pendez les faiseurs de Sauvignon de comptoir! Au pilori les négociants de fonds de barriques! Place à la nouvelle vague, à la subtilité et la complexité. Dieu me garde d'un quelconque ellitisme satisfait! Un vulgaire exemple de prix pour justifier l'humilité dont je me prévaux me semblerait déplacé. Mais j'insiste, il n'est point nécessaire de grimper dans les hautes sphères pécuniaires pour trouver son plaisir. Réservons cela aux incultes manants des salons de moleskine. Je ne me fatiguerai donc  jamais de  signifier à ces établissements français et parisiens qui croient hisser haut les couleurs des terroirs français qu'ils nous servent trop de vins éreintés, misérables et insipides. Je les ai (suffisamment? je ne crois pas!) montré du doigt pour ne pas omettre de distinguer, ne serait-que que lexicalement, les vins mauvais des vins très bons. A y regarder de près, il y a du travail dans la distribution du vin français.  

Aujourd'hui, je vous redirige vers le blog de Bertrand Celce, photographe et grand amateur de vin, blog classé dans le Top 7 de Food and Wine, s'il vous plaît! Bertrand et sa femme aiment à flâner chez les vignerons français. Il en ressort des posts très riches en explications, informations et anecdotes ainsi que de superbes photos. Attention, blog réservé aux anglophiles!  

En browsant un peu les posts, je suis tombé sur un dédié à Faugères, d'où la photo ci-dessus. Je cherchais des photos sur le Domaine des Estanilles, à Lenthéric (34), que j'ai visité cet été et qui a accompagné le repas d'anniversaire d'Hippolyte dimanche dernier. Sans Michel Louison, propriétaire de ce domaine et natif de Tours, l'appellation Faugères n'aurait jamais connu une telle notoriété. Sur une tajine d'agneaux aux abricots et aux épices absolument exquise (et maison, cela va sans dire, n'est-ce pas Dorothée?!), nous nous sommes littéralement délectés du Rosé Prestige de Michel Louison. Une jolie robe brique foncée. Un nez très expressif d'orange sanguine mais aussi de garrigue, de thym et d'épices. Une attaque sur des notes d'agrumes se prolongant vers les impressions aromatiques du maquis. Une bouche gourmande, généreuse et fraîche, sur des arômes de sous-bois, de cigare et d'épice douce. Un vin... bon, pour reprendre les termes de l'introduction, mais en réalité, il faut le dire, assez extraordinaire. Voire sublime. L'accord parfait en outre avec la tajine. Une classe à lui. Un genre à part.

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mercredi, 23 août 2006

Languedoc: beau potentiel au Mas des Brousses.

medium_Le_Pont_du_Diable_34_.JPGLe petit village de Puéchabon faisait partie des destinations phares de cette tournée des grands ducs cru Août 2006. Tout d'abord parce qu'il se trouve à un jet de pierre du fameux Pont du Diable (photo), petit pont enjambant l'Hérault entre Aniane et Saint-Guilhem du Désert, édifié par les Romains, un jour de canicule (pure invention personnelle). Et puis parce que dans ce village se trouve un jeune couple de vignerons dont je découvris le Chasseur des Brousses chez un grand (par la taille) spécialiste parisien du côté de Madeleine un beau matin d'automne (ou de printemps, je ne sais plus trop). Ce vin de Pays d'Oc glané pour la modique somme de (quelquechose comme) 6€ m'avait conquis dès son ouverture: arômes de fruits rouges, presque acidulés, assez exubérants, un trait épicé et garrigué; bouche relativement ample avec des tanins discrets mais arborant l'ensemble de belle manière. J'étais donc curieux de rencontrer ceux qui se cachaient derrière cet humble et plaisant breuvage. Si nous n'eûmes pas la chance de rencontrer Géraldine Combes (dont le nom apparaît sur les étiquettes)Monsieur Peyraud, bien que non prévenu, nous réserva un acceuil chaleureux. Après avoir goûté le VDP, nous ne tardîmes pas à nous diriger vers l'AOC, dont le nez symbolise pleinement les vins et les arômes dont on rafolle dans le Languedoc: une robe foncée, profonde, dotée de reflets violacés. Si certains y voient des arômes de truffe blanche, de lichens et de bois de cèdre (sous la torture certainement), on ne manquera pas de relever les fruits compotés, les notes franches de garrigue, de thym et d'épice. Le vin tapisse la bouche de sa matière, fait corps avec nos sens et offre un grand moment de plaisir. Comme si cela ne suffisait pas, notre hôte nous fit déguster l'huile d'olive de sa fabrication. Ce petit goût épicé en finale nous fit craquer et nous projeta déjà vers l'été 2007 lorsque nous en assaisonnerons nos salades. Nous passâmes, une fois de plus, un délicieux moment avant que Monsieur Peyraud ne nous dirigeât vers un chouette restaurant de Saint-Guilhem du Désert.

Au Mas des Brousses
Géraldine COMBES, vigneronne

34150 PUECHABON

TEL/FAX : 04 67 57 33 75
email: geraldine.combes@wanadoo.fr

Vin en vente, notamment chez Lavinia 3/5 bd de la Madeleine 75001 Paris www.lavinia.fr / (fiche Mas des Brousses)
Cave du Panthéon. 174 Rue Saint jacques. 75005 Paris
Le J'go, 4 Rue Drouot. 75009 Paris
La campagne à Paris. 210 Bd des pyrennées.75020 Paris
Legrand Filles et Fils. 1 Rue du Chateau. 75014 Paris
Les crus du soleil. 21 Rue d'Aligre. 75012 Paris

mardi, 22 août 2006

Un Coste Coûte Que Coûte

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Rencontré en 2004 lors d'une dégustation dans un mas à Aniane (34) Monsieur Coste démarrait avec une petite production de l'ordre de 2,5 hectares. Ce jour là, son Chemin des Fées (2002) m'avait sidéré :  un Sauvignon blanc d'une couleur ambrée dégageant des arômes généreux de garrigue et une pointe d'épice discrête et harmonieuse. En bouche accompagnés des notes de miel et de pêche. Direction Saint-Félix de Lodez samedi matin pour une nouvelle dégustation.

La dégustation commença par son fameux Sauvignon blanc. La couleur n'est plus celle que je décrivais ci-dessus. Néanmoins, elle est très belle: un jaune or brillant (pour ne pas dire étincelant) et limpide, c'est absolument sidérant. Le nez ne se dévoile pas de suite après ouverture. Comme le vigneron, il faut lui laisser un peu de temps avant de se découvrir, voire de se révéler. Après aération, le nez offre toujours ces notes typiques de garrigue: un mélange complexe de pomme de pin, de thym, de romarin, de maquis. Mais il a évolué vers plus de fraicheur, sur le fruit, et le miel (sensiblement présent) laisse place à des notes de citron vert. La bouche est franche, ample, pas ronde. L'acidité est quasiment nulle car l'équilibre se fait avec les notes de poivre et d'agrume. Les Cornouillers est définitivement un très grand vin. Mais l'homme ne faisant ni dans la communication ni dans dans l'administratif, le Chemin des Fées n'est toujours pas en A.O.C et demeure un (simple) V.D.Q.S, ce qui est proprement hallucinant. Ce blanc se dégustera à l'apéritif accompagné par exemple de tartines de pain de campagne et de tapenade. Il se mariera très bien avec des fruits de mer, notamment avec des huîtres, car, cela me revient, je lui ai trouvé un côté un peu iodé dès que je l'ai eu en bouche. M. Coste nous raconta à cette occasion qu'il aime effectivement boire son vin avec des huîtres achetées sur le marché de Saint-Félix.  

Mais s'il n'y avait que le blanc! Son rouge nous a également bleuffé. Assemblage de grenache, carignan et syrah, le 2001 offre des note de fruits compotés, de pruneaux mariés au thym et à l'épice. La syrah offre des tannins discrets et soyeux. La bouche est ample, profonde, longue et ne semble jamais finir tant elle s'estompe lentement et délicatement. C'est du grand art. Un vin qui peut encore se garder cinq à six années sans problème. Servi avec un lapereau aux pruneaux, olives et herbes de provence, vous passerez un grand moment!

Le 2003 est superbe également mais évolue davantage sur des notes de petits fruits rouges. Guilhem nous fit également sa vendange tardive: un petit bijou que l'on appréciera à l'apéritif, sur un foie gras ou un dessert.

Guilhem Coste, 4 Placette, 34700 Saint-Félix de Lodez. (Téléphone disponible sur demande sur  vinsurvin)

Les prochaines notes seront consacrées à Marc Cros, de Montpeyroux, et Géraldine Combes-Peyraud, de Puéchabon.

dimanche, 02 juillet 2006

Montpeyroux: la magie du Languedoc.

 

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Montpeyroux, dans le Puy de Dôme.

Il est un superbe village en France qui répond au doux nom de Montpeyroux. Il se trouve dans le Puy de Dôme, pas très loin d'Issoire et est immédiatement reconnaissable à son vieux donjon qui surplombe le village. Véritable musée vivant, ce village de quelques centaines d'âmes invite à la flânerie et au repos.

Mais Montpeyroux n'est pas l'objet de ce billet! Le village qui nous intéresse aujourd'hui répond au doux nom de Montpeyroux! Lui se trouve dans le Languedoc (en son Nord-Est). Je vous invite à jeter  un oeil sur cette carte interactive du Languedoc sur http://www.pages-vins.fr/Languedoc/vins_languedoc.html. Tapez "Montpeyroux" en bas à droite.

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Montpeyroux, dans l'Hérault.
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Alors, pourquoi un billet sur ce petit village? Nous sommes début juillet. Il fait très chaud. Les pique-niques et les grillades se succèdent. Les vins printanniers, amples et corpulents cèdent la place aux vins estivaux, dits "de soif", frais, légers et fruités. Le Cabernet s'efface au profit du Gamay, le Pinot Noir au profit de la Syrah. Les oliviers, les terres arides et les maisons de pierre gagnent nos pensées. Je cherche le nom d'un viticulteur que j'ai rencontré à la foire aux vins estivale de Clermont L'Hérault en 2004. Un petit bonhomme sympathique et au large sourire accompagné de sa charmante femme à l'accent chantant. Coup de chance, je tombe sur leur site! Alors, il faut parler de leur vin! Quelquechose que je n'ai jamais eu de l'occasion de boire depuis. J'en garde un excellent souvenir pour avoir passé un moment comme cela se produit rarement avec un vin.

Parlons de cette bouteille sans plus tarder. Laissons même le site de Monsieur et Madame Cros s'exprimer:

A.O.C. ROUGE MONTPEYROUX - COTEAUX DU LANGUEDOC

Ce vin à la robe pourpre et profonde, élevé 12 mois en fûts de chêne, est issu d'un assemblage de carignan, cinsaut, syrah et grenache. Il développe au nez des notes de petits fruits noirs (cassis, mures) et de cerise confite, de pain toasté et d'épices... (poivre, cannelle). La bouche ample et fruitée est réhaussée par des tanins denses et soyeux et termine sur des arômes réglisses et délicatement grillés.

A servir a 16 - 18°C après l’avoir débouché et si possible carafé au moins deux heures à l’avance pour laisser exhaler tous ses arômes.
CATHY ET MARC CROS, vignerons éleveurs. 5 rue du Barry, 34150 Montpeyroux. Tel: 04.67.96.68.40 - http://www.hortgrand.fr/index.html
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