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mardi, 19 février 2008

Rock'n'Roll Saumur.

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Revenons à nos premiers amours. Revenons à l'essence même de ce blog : la vigne, le vigneron et le vin. C'est grâce à un (trop court) périple en Loire, début février, que VINSURVIN s'est penché sur la question du Saumur-Champigny, vin rarement abordé ici. Fort d'une modeste, mais jolie découverte, les envolées pastorales de VINSURVIN retrouvent enfin un peu de leur superbe. Surtout avec Interpol aux trousses.

Bon gars cherche travail dans les vignes. Ces derniers temps, je dois vous avouer qu'il a quand même fallu meubler un peu. En pleine période de vraie vie, appelée métro - boulot - dodo, pour certains, scooter / teenager / baby-sitter, pour votre serviteur, les escapades dans les vignes se sont faites rares. A ce sujet, si un(e) vigneron(ne) cherche un bon gars, travailleur et rigoureux pour travailler dans les vignes deux, trois jours la semaine prochaine, en échange du gîte, du couvert et de quelques bouteilles de sa production, je suis son homme. VINSURVIN se doit d'aller sur le terrain! Mince, c'est un véritable appel au travail au noir! Bon, alors, je me contenterai de regarder travailler les vignerons, pendant qu'équipé de mon laptop, je rendrai compte de mes expériences à mes lecteurs.

Perdu en conjoncture. Il fallait donc remédier à cette nouvelle manie de déguster du vin chez des cavistes, dans des salons ou des lobbies d'hôtels. Le dernier Interpol en (à) fond sonore dans la 207hdi de beau-papa (non tuningée), lunettes (imitations Ray Bans) sur le nez, fenêtre ouverte (ambiance Easy Rider), je conduis à vitesse modérée de Saint-Nicolas de Bourgeuil à Champigny, via Candes-Saint-Martin. Arrivé près de Saumur, je ne sais pas chez qui je vais me rendre. Je n'ai aucune adresse, aucune recommendation, j'erre au petit bonheur la chance. Il faut savoir laisser sa place au hasard lorsque l'on va déguster du vin au domaine. Il faut même ne pas hésiter à se perdre. Ce qui m'arrive à un moment puisque j'ai volontairement quitté la "route touristique" après avoir vu deux de ces petits panneaux qui ornent les bords des routes et vous indiquent la direction à suivre pour vous rendre chez un producteur. VINSURVIN n'hésite donc pas à prendre des risques pour vous conter la viticulture française. Il est dans les 15h30, je dois être à Angers pour 18h00, je suis dans les temps.

Instinct de guerrier. Perché sur une colline, prône fièrement le Domaine de la Bessière, de Thierry Dézé. Arrivé là-haut, on domine des hectares de terre : la vue panoramique est superbe. Des kilomètres de vigne à perte de vue. Un sahara de raisins en  devenir s'offre à mes yeux et je suis en son sommet, tel un empereur dominant fièrement son empire. Je saisis mon sabre, me vêtis de ma cape et enfourche mon cheval. Je vais aller m'aérer dans mes vignes et voir si ces manants du bordelais et de Californie ne sont pas entrain de faire des prélèvements de sève : le cabernet d'Anjou étant nettement supérieur à ce qu'on peut trouver en Gironde, il paraît que des gens mal intentionnés élèvent du vin en Loire et le font passer pour du bordeaux. Je n'aurai qu'à leur trancher la carotide et faire couler leur sang dans des bouteilles que mon messager se fera un plaisir de catapulter chez ces scélérats. Ahhhh! Je me sens un instinct de guerrier prêt à régner sur les terres du Duc d'Anjou, quand soudainement j'entends : "Hè, oh! Faut pas se garer là, ça gêne le passage." 

Un vin bon et soigné. Je retiendrai le Clos de la Croix 2006, cuvée la mieux aboutie à mon humble avis. Sur du calcaire et du gréseux, bénéficiant d'un microclimat, le vin présente une belle robe rubis. Le nez, légèrement alcooleux au repos, ne se joue pas de fioritures et nous emmène de suite vers une corbeille de fruits rouges de saison, prêts à se faire croquer. Les notes de fraise juteuse, de fraise des bois, de cassis rouge explosent au nez. Le deuxième nez est plus "terroir", sous-bois, humus. L'ensemble est harmonieux. Pas de déséquilibre notoire entre le nez et la bouche : on retrouve bien cette gourmandise de fruits rouges, relativement mûrs, réhaussée de notes végétales et épicées. La bouche est franche et fraîche aux tanins étonnement fondus pour 2006. La matière est dense et savoureuse. L'impression de boire un vin bon et soigné domine. A 5€ pièce, voilà un excellent rapport qualité/prix.

Une fois de plus, le hasard a bien fait les choses. Ce qui a quand même quelque chose d'étrange et de surréaliste. Enrichi de ma dégustation avec et chez l'artisan Thierry Dézé, je charge quelques cartons, allume le contact et glisse un cd d'Editors dans le mange-disque intégré. Mon pure-sang hdi piaffe d'excitation à l'idée de galoper dans ces contrées indomptables. Un léger coup de pied : direction Angers. En essayant de ne pas se perdre. Parce que là, ce serait plus rock'nroll, et moins pastoral.

lundi, 11 février 2008

Un vin de Loire, Chinon rien.

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Dis-moi où tu habites, je te dirai quel vin tu bois! Nos origines géographiques et notre lieu de résidence influencent-ils nos goûts en matière de vin? On va finir par se poser la question sur VINSURVIN. Puisque c'est de la Loire dont il est encore question aujourd'hui. Né en Bretagne et vivant à Paris, il est vrai que la Vallée de la Loire s'avère facilement accessible depuis ces régions. Mais c'est aussi le cas pour la Bourgogne et la Champagne. En tous, cas, depuis Paris. Cela dit, l'influence de Paris sur les vins abordés sur VINSURVIN n'est pas si évidente si l'on se reporte au nombre de notes que comptent VINSURVIN sur des régions telles que le Languedoc ou le Sud-Ouest, pire, la Californie ou l'Amérique du Sud! On finira d'ailleurs ce post par la Provence. Comme quoi, la ségrégation par l'origine ne s'exerce pas sur ce blog. Par contre, par la qualité et le plaisir procuré, oui. 

TUPPERWINE in the LOIRE VALLEY. La dégustation de mardi dernier s'est poursuivie par trois Chinon de chez Bernard Baudry. VINSURVIN a maintes fois abordé le travail de M. Baudry et on va finir par croire qu'un contrat en est à l'origine! Je n'ai même pas eu l'honneur de le rencontrer! Je l'ai croisé à Angers le week-end dernier mais il était très affairé. Je serais même près à parier qu'il n'a jamais entendu parler de ce blog! Alors, vous pensez bien!

Le Chinon, c'est super bon. Nous commençons cette Spéciale Baudry par les Granges 2OO6. 100% cabernet franc, le nez est charnu et animal, sur des notes de sous-bois, de terre. La bouche offre une certaine fraîcheur. Le vin est ample, puissant, charpenté même. Une bonne chair sur des notes qui demeurent animales. On peut lui souhaiter de gagner en finesse avec le temps. La robe des Grézeaux 2005 est sombre et dense. Des notes de fruits noirs, mûrs, s'en dégagent, mais aussi d'herbe coupée. En bouche, c'est l'élégance qui lui sied à merveille. Il est plus complexe et d'un matière très riche. Il nous conduit sur des épices. La finale est vanillée. Le Clos Guillot 2005 obtient un 16/20 avec Raphaël. Il trouve le nez un peu truffé, pierre à fusil, minéral. Je lui retrouve les caractéristiques qui m'ont fait crasquer lorsque je l'ai goûté au domaine à Cravant les Côteaux : ce nez aérien, mentholé associé à des notes d'eucalyptus. Ce nez est un régal. La bouche est griottée, chocolatée et poivrée. Veloutée, soyeuse et dotée d'une finale persistante, je rajouterai 2 points de bonus à la note de Raphaël! Plus sérieusement, ce vin qui ne coûte pas plus de 12€ au domaine est à ne manquer sous aucun prétexte.Reverrons-nous les vins de Bernard Baudry aux Tupperwine? Le stock est écoulé, mais je me ferai violence pour en ravoir!

Encore merci à ces deux vignerons de bien vouloir jouer le jeu des Tupperwine.

David Drussé, 1 Impasse de la Villatte, 37140 Saint-Nicolas de Bourgeuil. Tél : 02.47.97.98.24 

Bernard Baudry, 9 Coteau de Sonnay, Cravant les Coteaux, 37500 Chinon. Tél : 02.47.93.15.79

Photo Christophe Roux.

samedi, 09 février 2008

Vin d'Anjou : tu m'enjoues!

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L'invitation au Salon des Vins de Loire à Angers (dimanche 3 février) aura été l'occasion de poursuivre la découverte de cette vaste région. Nulle autre, en effet, n'offre une palette de vins aussi riche : depuis l'Océan Atlantique et le muscadet, après un crochet par les fiefs vendéens, en passant par  l'Anjou, la Touraine, le Centre et jusque l'Auvergne, Roanne et le Forez, a-t-on assez d'une vie pour en faire le tour? Alors, si n'avoir qu'à traverser une simple allée pour passer de Quincy à Saumur manque de poésie, cela s'avère bien pratique. Et oui, je dois bien me rendre à l'évidence : on peut faire de très nobles découvertes, même dans les foires et les salons. Petit bilan des errances de VINSURVIN à Moquette sur Loire.

J.Y.-A. Lebreton, Domaine Des Rochelles. Anjou Villages Brissac, Les Millerits (rouge) : c'est d'abord la robe grenat sombre de ce 100% cabernet franc qui interpelle l'amateur. Puis le nez : puissant, complexe et typé. Un passage en carafe le sublimera encore plus. Un méli-mélo de fruits rouges et noirs très murs. Des notes assez viriles de réglisse et de tabac sont manifestes. De la richesse, du gras, mêlés à beaucoup de finesse. Je suis vraiment séduit par ce vin. Une fois de plus, le Vin m'a offert une expérience extraordinaire. Il me faut ce vin dans ma cave! Et aux Tupperwine, ça va de soi! Car vin que j'aime, vin tu goûteras!

J.Y.-A. Lebreton, Domaine des Rochelles. Anjou Villages Brissac, La Croix de Mission (rouge) : Parler autour de soi d'un vin qui nous a plu, émerveillé ou fait chavirer : telle devrait être la mission de tout bon français qui se respecte! Hors de question de faire une croix sur celui-ci. Voilà un nez bienfaisant : dans la veine des Millerits, il associe fruits noirs et rouges (mûre, sureau, fraise, cassis). Des notes de sous-bois subtilement réglissées. La bouche est suave, ample et grasse. Et quelle matière! De façon assez étonnante, ces deux vins me font un peu penser, par leur structure, par la richesse de leur chair et par l'association fruit/tabac, aux vins espagnols comme on les trouve en Castilla y Leon (comme Val de los Frailes).

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Marc Houtin- Julien Bresteau, La Grande Aux Belles, Anjou :

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Pink Fluid, Le Vin de jardin, 53, La Chaussée Rouge, Merci, Fragile... Mais de quoi s'agit-il? De vin gay? De vin de jardinier? De déménageur? "On n'a pas les terroirs, ni les structures pour faire des grands crus, alors on fait des vins qui nous ressemblent" me dit Marc, barbe de trois jours, cheveux longs et lunettes trendy. Sorte de Vincente Lizarazu sorti de son champs, Marc fait partie de ces jeunes artisans-vignerons très enthousiastes qui voient le vin comme un art. Pour preuve ces étiquettes faites maison et compètement décalées. Et croyez-moi, si le contenant a de la gueule, le contenu aussi. Des vins jeunes, fruités, d'entre potes, de soif, de fête, agréables, faciles à boire. Et fun! A part La Belle Adorée, un chenin blanc liquoreux qui vous coûtera 10€, vous ne trouverez rien au-dessus de 6,50€.

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Domaine Richou. Le chenin est un cépage incroyable. Un vrai caméléon. Sec, fruité et minéral? C'est un Savennières. Ou un Jasnières. Effervescent? C'est un Crémant de Loire. Liquoreux? C'est un Coteaux de l'Aubance (blanc)! C'est ce dernier que j'avais à coeur de goûter. Vous connaissez certainement les Monbazillac, les Sauternes, les Coteaux du Layon. Un bon Coteaux de l'Aubance est liquoreux mais pas écoeurant. Sucré mais pas mielleux. Est-ce dû à la spécificité du cépage, les blancs d'Anjou du Domaine Richou sont des vins intellectuels, comme le sont certainement grand nombre de blancs similaires de la région. La litanie des arômes est mécanique, précise et stimulante en bouche. S'expriment d'abord des notes de fruits. De fruits rouges. Et de fleurs blanche. Et de paille séchée. Vient ensuite l'acidité. Elle crée une sorte de transition, de pont, entre le fruit et le sucre avant que ce dernier ne vienne englober le tout, de façon discrète et progressive. L'acidité demeure ensuite, créant un subtil équilibre entre une sensation d'agrumes et de fruits exotiques. On marie ces vins avec des poissons grillés, des viandes blanches, des fromages. Mais, une douceur un dimanche après-midi ou en fin de soirée... (Vins dégustés : Les 3 Demoiselles, les Rogeries, La Sélection.)

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Domaine Jean-Pierre Bailly, Pouilly Fumé : les Coteaux du Giennois (vin rouge à base de pinot), les Pouilly sur Loire, les Pouilly Fumé (cépage sauvignon, blanc) de Monsieur Bailly et de son fils (et sa Cuvée Spéciale) offrent toujours autant de fraîcheur, de vivacité et d'équilibre. Faites l'expérience à l'apéritif ou sur des fruits de mer.

Pascal Janvier, Jasnières (blanc). Pascal Janvier, c'est du vintage 70's revisité. La première fois que je l'ai vu, j'ai cru qu'il était sorti du poster de l'AS Saint-Etienne qui prônait au-dessus de mon lit quand j'étais enfant. Pascal Janvier, c'est un mélange de Christian Lopez et de Patrick Révelli, avec du Audiard entre les dents. "Ah, mais, ché pas c'que j'fais là : j'ai rien à vendre! J'leur dis aux gars, moi, oh, oh, faut freiner là!" Un gars extra! Comme son vin. Son Jasnières est à tomber raide. La robe s'admire comme la pelouse de Jauffroy-Guichard. Le nez offre une symphonie de supporters en délire, la bouche est franche comme une frappe de Jean-Michel Larqué des 25 mètres. Et ça fait mouche! Jaaaanvier!

Domaine du Gué d'Orger, Savennières (blanc). Une rencontre impromptue. Un premier contact très favorable. Une dégustation que le manque de temps à écourter mais qui permit de se rendre compte que les premières impressions étaient très favorables. A regoûter dans de meilleures conditions.

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Pas de bourgeuil, pas de chinon : pas mes priorités. Pas de muscadet : j'ai bien essayé... Pas de gamay de Touraine : hors de question de faire des infidélités à Madame Percereau, de Limeray! Pas de Saumur-Champigny : j'ai rendu visite à Thierry Dézé, du Domaine de la Bessière, en chemin. Je vous en reparlerai quand j'aurai redégusté son vin... chez moi! Pas de Coteaux du Layon : j'ai plus un faible pour ceux de l'Aubance. Pas de fiefs vendéens : pas le temps, mais je vous recommande l'excellentissime Domaine Saint-Nicolas. Pas de Menetou-Salon, de Quincy, de Reuilly : je me réserve un petit périple sur place très prochainement... Pas tout ça, donc, mais beaucoup de plaisir à me retrouver avec des professionnels, disponibles, et manifestement intéressés à l'idée de participer aux Tupperwine. Affaire à suivre! En direct de Moquette sur Loire, c'était VINSURVIN

jeudi, 07 février 2008

Tupperwine 3.0 : première partie.

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Les heureux élus qui avaient décroché leur ticket pour le Super Tuesday de mardi dernier ont dégusté deux grands ambassadeurs, si l'en est, des vins de Loire. Au nord de la Loire : Saint-Nicolas de Bourgeuil. Au nord de la Vienne : Chinon. Des amateurs, souvent fort jeunes, participaient à leur première dégustation de vin, l'oeil gourmant, le nez souvent précis et la bouche en coeur! Récit d'une soirée dégustation dans une atmosphère détendue entre novices.

La Loire, c'est ce fleuve imposant qui vous fait osciller entre émerveillement, crainte et respect. La Loire, c'est une force tranquille qui, même les jours de pluie, lorsque le ciel bas et le fleuve épais ne font presque plus qu'un, dégage une lumière incomparable. Et puis, il y a la Vienne. Qui se jette dans la Loire, vers Montsureau. Mais pas à corps perdu. Au confluent des deux rivières, postez-vous sur les hauteurs du somptueux village de Candes-Saint-Martin et observez le phénomène. Les deux rivières multiplient les palettes de couleurs et il faut du temps avant qu'elles ne se fondent, densité des alluvions oblige. Là-haut, dans un champ parsemé de mille fleurs qui nous rappelle le bocage normand, c'est un paysage impressionniste qui s'offre à nos yeux. Bientôt, nourris des émotions ressenties face à eux, ces paysages referont surface dans notre esprit : lorsque nous examinerons des robes, humerons des bouquets et sirotterons moults nectars. 

Nous débutons la dégustations par les vins de David et Nathalie Drussé, deux jeunes et charmants vignerons de Saint-Nicolas de Bourgeuil. Leur caveau est facile à trouver, juste après Ingrandes-de-Touraine. Si vous avez de la chance (le vigneron est un homme très occupé), l'un des deux vous conduira dans leur cave troglodyte, en voiture. Un gruyère de tuffeau ou reposent des hectolitres de vin! A la pipette, vous goûterez le vin, directement issu du fût en bois... Leurs vins n'excèdent pas les 5,50€ et offrent un excellent rapport qualité/prix.

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Les Graviers, rosé, 2006.

Un nez réservé qui révèle des notes de fraises des bois. De la fraîcheur. Une bouche ronde, grasse et dominée par des notes de sous-bois. Entre 8 et 10°, ce rosé accompagnera des grillades et des charcuteries. 

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Les Graviers, rouge, 2006.

Une robe rubis soutenue. Un nez puissant et complexe de fruits rouges, frais et gourmands. Une bouche ample et grasse, sur des petits fruits rouges enrobés de tanins présents mais pas outranciers, qui se fondent délicatement. La bouche est d'une jolie longueur et la finale est poivrée. Un vin qui accompagnera à merveille une viande blanche. Premier rouge dégusté et l'impression est très favorable.  

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Les Graviers, rouge, 2004 (épuisé, comme le 2005).

C'est le moment de le boire! Robe grenat foncé aux reflets violacés. Un nez de fruits rouges mûrs. Un excellent millésime qui réprésente bien le travail des Drussé. Une bouche encore d'une belle attaque, grasse et riche. Du fruit, de la fraîcheur et des tanins bien fondus. Une jolie longueur, puissante et épicée. Il s'accorde avec la cuisine de tous les jours.

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Vieilles Vignes, rouge, 2005.

Le Vieilles Vignes séduit l'assemblée de dégustateurs en herbes par sa puissance et son nez de cerises, de cassis noirs. L'attaque est vive et nous conduit vers des notes de sous-bois et tabac. Boisé et minérale, elle est opulente et gracieuse. Beaucoup d'élagance habille ce vin. La finale est longue, sur la griotte. Accompagné d'une viande rouge grillée, l'accord sera délicieux. Un rapport prix/plaisir imbattable!

SAINT-NICOLAS DE BOURGEUIL, Les Graviers, rouge, 2007 (en bouteille en mars 2008). 

Mis en bouteille par votre hôte dimanche dernier (désolé pour le bouchon un peu plié à l'intérieur!), ce 2007 est déroutant par la maturité qu'il présente. Sa robe est brillante et pourpre. Son nez regorge de petits fruits rouges acidulés. D'une jolie finesse, la bouche n'en est pas moins généreuse et bien structurée. Gouleyant, marqué par des arômes fruités, on boira rapidement ce vin entre amis cet été, un peu frais, à l'apéro, sur des charcuteries ou des salades. Comparé par la suite avec le 2006, je le trouve plus féminin et plus léger. Un vin  assurément prometteur.

Compte-rendu de la suite de la dégustation, les superbes Chinon de Bernard Baudry, dans la semaine! En attendant, on se délectera des impressions des Tupperwiners présents mardi dernier chez Julien et Damien, par commentaires sur VINSURVIN. Encore merci et David et Nathalie, pour leur envoi de (nombreux) échantillons. 

DRUSSE David et Nathalie. Vignerons indépendants. 1, impasse de la Villatte, 37140 ST NICOLAS DE BOURGUEIL. Tél. : 02 47 97 98 24 - Email : drusse@wanadoo.fr

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Un acceuil très chaleureux chez Julien et Damien, bien aidés par Julie!
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St-Nicolas de Bourgeuil 2006, à gauche, 2007, à droite.
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Chinon, Les Grézeaux, 2005
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Déguster, ce n'est pas que "boire". C'est faire appel à tous ses sens,
notamment l'olfactif.
Regardez comme ces amateurs réfléchissent aux arômes que dégagent le vin!
De vrais professionnels!
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VINSURVIN présentait fièrement le WINE BLOG TROPHY,
soigneusement ramené du Salon des Vin de Loire d'Angers!

vendredi, 25 janvier 2008

Nota Bene.

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Bonne nouvelle pour les futurs lecteurs qui seront présents aux prochains Tupperwine! La Revue du Vin de France de ce mois-ci a dégusté, et apprécié, deux des vins au programme des futurs dégustations made in VINSURVIN! Ainsi que plusieurs autres susceptibles d'être découverts très prochainement!

C'est en me baladant à la recherche de bon vin du côté de Cravant-les-Coteaux, berceau des meilleurs chinon, que je décidai de faire une halte chez Bernard Baudry. Je savais que je m'arrêtais chez l'un des plus talentueux vignerons de la région mais j'étais loin d'imaginer ce que j'allais découvrir. Des vins d'une élégance, d'un soyeux et d'une générosité rares. Il fallait réussir à m'impressionner car les vins des producteurs du même village me font chavirer chaque fois que je les bois. Christelle Pérais-Sourdais et Laurent Gilloire, de jeunes vignerons discrets mais pétris de talent, font des vins que je n'ouvre que pour des occasions spéciales. Loins des Rolls Royce du vin, vendus entre 4,70€ et 7,20€, allez savoir pour quoi, je ne m'autorise pas à ouvrir les 2005 et 2006, notamment, n'importe quand. Attitude que je n'ai pas avec d'autres vins. Pourtant très bons. Alors, vous imaginez les vins de Bernard Baudry, qui me font casser ma tirelire ou repousser la rénovation de mes gardes-corps...

Au programme du Tupperwine 3.0, et de la grande dégustation de la RVF, le Clos Guillot 2005 du Domaine Bernard Baudry apparaît comme l'apothéose du style Baudry dans les 2OO5. [Il est] d'un soyeux et d'une densité époustouflants. Ce Clos Guillot d'une suprême finesse est à savourer sur quinze ans. Un coup de coeur.

Dans quelques semaines, nous nous envolerons pour l'Ardêche, au Château de la Selve. Le Saint-Régis 2006, un vin de pays des Côteaux de l'Ardèche blanc est crédité d'un 14/20. Issu de viognier (et de 2% de sauvignon), la RVF le décrit comme un vin délicat, élégant et floral. Jolie expression de fruit net, croquant. Ce domaine familial (...) devrait faire parler de lui. La RVF aurait dû goûter les cuvées rouges Beaulieu et Serre de Berty, supérieures à mon goût au Saint-Régis et plus symboliques du Château de la Selve.

VINSURVIN vous parlait récemment de Festi Bacchus (septembre 2OO7), à Bercy, Paris XIII. Intéressante cette rencontre avec Arnaud Vivancos du Domaine Gayda (Malpère, près de Limoux, Aude). Selon la RVF, son Chemin de Moscou affiche une matière généreuse, sophistiquée, aux tanins fins et précis. Par ailleurs, In Extremis 2OO5, un Minervois rouge du Château d'Agel ne m'avait pas laissé insensible, à deux pas de Cour Saint-Emilion. Dommage que cette fat et vile anglaise  me gâcha mon plaisir. Un style mûr, aux tanins confits, mais avec une belle finale cacaotée et une pointe mentholée fraîche et digne. Des vins que VINSURVIN est désireux de vous faire goûter. Tout comme Le Florentin Albal élaboré à Faugères et découvert sur place en 2006. Le Domaine de Valambelle est vu dans le magazine spécialisé comme une visite prioritaire pour dénicher des syrahs équilibrées et fruitées. Des rouges épicées, soyeux et crémeux, comme cette cuvée divinement digeste. Obligé, également, le passage chez M. Louison au Domaine des Estanilles.

La dégustation par des professsionnels, aussi qualifiés soient-ils, ne garantit par pour autant l'intérêt et le plaisir de tout un chacun. Et encore moins la crédibilité de VINSURVIN. Mais, croyez-moi, ces vins là sauront, eux-même, vous parler et vous séduire! En tous cas, c'est tout ce que votre humble serviteur vous souhaite... Autant de vins qui furent maîtres de mon plaisir et que j'aimerais à présent vous faire découvrir lors des prochains Tupperwine, mardi 5 février prochain.

jeudi, 06 décembre 2007

A GOUTER IMPERATIVEMENT!!

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PARISIENS, PARISIENNES !

VINSURVIN

NE SAURAIT MIEUX VOUS RECOMMANDER

DE VOUS RENDRE

VENDREDI 7, SAMEDI 8, DIMANCHE 9 DECEMBRE

AU MARCHE DE NOEL DU KREMLIN-BICETRE

AFIN DE GOUTER LE SAINT-NICOLAS DE BOURGUEIL 2006

DE DAVID DRUSSE.

(LIRE CHRONIQUES PAR AILLEURS)

samedi, 01 décembre 2007

Un savennières qui a de l’avenir.

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Qualifié comme « un des vins blancs secs les plus extraordinaires du monde » par Robert Joseph, dans Vins de France (Ed. Gründ), et suite à quelques dégustations très convaincantes, l’heure était venue que j’acquîs quelques spécimens de ce savennières. C’est au hasard que je me dirigeai vers Monsieur et Madame Tijou, vignerons-récoltants au Château de Bellevue à Saint-Aubin de Luigné, dans le Maine-et-Loire. Et il faut bien dire que, parfois, le hasard fait bien les choses.  

Le vin n’a pas fini de me réserver des surprises ! Désireux de goûter le vin blanc probablement situé le plus au nord sur la carte de France (avec son cousin, le jasnières), ce n’est autre que les fournisseurs en chaume de Bernard Rollais, tenancier du bar à vin du même nom à Saint-Brieuc, où j’ai usé mes fonds de culottes de lycéen, et dont VINSURVIN a déjà parlé, que j’ai eu le plaisir de rencontrer, au salon des vignerons indépendants de la Porte de Versailles.

Le chaume est ce vin moelleux aux parfums subtils de coing, de pêche, d’abricot ou de mangue, élaboré à partir du cépage chenin. Depuis cent ans, la maison Tijou livre au briochin son « p’tit chaume ». Véritable institution « chez Rollais » à Saint-Brieuc, ce blanc est très apprécié des armoricains à l’apéro, mais je le conseillerais davantage sur un dessert à base de chocolat amer. C’est d’ailleurs pour cette occasion que je me fendis de quelque flacons de cet angevin. Son proche cousin est le Coteaux-du-Layon : je ne serais pas étonné que les bretons croient qu’il est élaboré en Bretagne tant ils vénèrent ce vin !

Avant donc de tremper mes lèvres dans ce chaume et d’avoir l’impression de revenir quelque vingt ans en arrière, le savennières avait tenu toutes ses promesses. La robe est jaune pâle aux reflets verts. Le nez est d’un potentiel important. Il s’ouvre sur la fraîcheur naturelle du chenin, sur des notes d’eucalyptus et de menthe sauvage. Il développe des senteurs d’agrumes et de gingembre. L’attaque est vive. La bouche est pleine, minérale (ce chenin est planté sur un sol d’ardoise sur laquelle l’eau ruisselle). La finale est longue et épicée. Le vin continue de s’ouvrir dans le verre et nos conduit vers une jolie palette d’arôme exotiques et grillés. Servi en carafe autour de 10° à l’apéro, ou avec un poisson un sauce sur lequel il viendra trancher et apporter de la fraîcheur, ce savennières (de 8 à 10€) est incontestablement un très beau vin blanc.

L’autre leçon à retenir de cette dégustation porte sur l’extraordinaire expression de ce cépage appelé le chenin, dont je ne raffole pas lorsque planté sur d’autres terres. Elevé sur un sol argilo-schisteux, récolté en vendanges tardives, drappé d’une pourriture noble, il se présente moelleux et exotique. Enraciné sur un sol ardoisé, il est sec, vif et minéral ! On se demande d’ailleurs comment il se fait qu’il soit tant ignoré : peut-être le lot de savennières, avant de connaître un grand avenir.

Château de Bellevue, 49190 Saint-Aubin de Luigné – Tél : 02.41.78.33.11 – Fax : 02.41.78.67.84

Photo : Lycée Ernest Renan, 22000 Saint-Brieuc.

vendredi, 03 août 2007

La Route des Vins en Loire.

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Certains se demandent par quel bout commencer pour s'en débarrasser.

Bonjour, bonjour! Heureux de vous retrouver après ces quelques semaines en mode silence. En espérant que vous avez passé de bonnes vacances ou que vous vous apprêtez (enfin!) à quitter le boulot pour vous rendre sur votre lieu de villégiature. De mon côté, pas d'anecdote du style Le Vin En Bretagne ou Les meilleurs Vignerons Bretons : c'est ici, puisque je me suis contenté de déguster mes bag-in-box de merlots languedociens et autres rosés du Gard, fort sympathiques ma foi, à l'aide de quelques acolytes, fort sympathiques ma foi, aussi. L'on trouve pourtant de longues et larges étendues vertes sur les plages bretonnes. Et certains se demandent même par quel bout commencer pour s'en débarrasser. Rien à voir avec la vigne par contre... Frustré de ne pouvoir fouler les vignes de mes amis producteurs, de palper des grappes ou de goûter des VDP sur la terrasse vers 6 heures du soir, je me vengerai dans quelques jours, du côté de Cairanne et de Gigondas. Entre autres. Et je vous raconterai!

Certains d'entre vous n'ont peut-être pas encore choisi de destination précise où se reposer. Vinsurvin vous propose quelques itinéraires oeno-touristiques afin de découvrir de charmants coins de France, de magnifiques vins élaborés avec amour par de non moins charmants producteurs et, cerise sur le gâteau, de rencontrer des vignerons qui sauront, mieux que moi, vous parler de leur vin. Aujourd'hui, la vallée de la Loire.

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LE TRIANGLE D'OR BOURGUEIL - SAUMUR - CHINON 

Réputée pour la richesse de ses vins qui oscillent, pour schématiser grossièrement, entre légèreté, fruité et caractère (on pourrait y ajouter élégance), la vallée de la Loire ne saurait être parcourue en un seul week-end. Je vous propose donc, dans un premier temps, depuis Tours, de prendre direction l'ouest sur la N152 (qui devient E60 par la suite) vers Langeais. Laissez-vous alors bercer le long de la Loire, également appelée Déesse des Fleuves (par moi, ben quoi?). Admirez la luminosité, les couleurs, les contrastes. Gardez un oeil sur la route. Visez les maisons troglodytes sur la droite. Déviez vers la D35, direction Saint-Nicolas de Bourgueil, ville de notre première rencontre.

Etape N° 1. Très bien indiqué à la sortie de Saint-Nicolas de Bourgueil, se rendre chez les très sympathiques Drussé (02 47 97 98 24). Jeunes vignerons, David et sa femme, Nathalie, se feront un grand plaisir de vous faire visiter leur cave troglodyte, de déguster le vin tiré à la pipette à même la barrique. Un lieu magique, un moment privilégié, un vin que l'on n'oublie pas. Photos, détails et commentaires, ici

Etape N°2. Au revoir David, au revoir Nathalie, merci pour la dégustation, et à très vite! Oh, un autre viticulteur, puis un autre, puis un troisième! Obligés de passer notre chemin... Et oui, il faut faire des choix car on aimerait s'arrêter chez tous! Petite scéance de frustration... Pas grave, on va se rattraper : direction Saumur! Des vins sensés être plus légers. Sensés seulement car certains Saumur / Saumur- Champigny s'avèrent très concentrés, puissants et possèdent un beau potentiel de garde. Voyez Le Petit Saint-Vincent de Dominique Joseph à Varrains (5 KM de Saumur) où quatre générations de vignerons se sont succédées à la tête d'une propriété à taille humaine. On dégustera notamment les cuvées Pelo et Crescendo. 100 % Cabernet Franc, des vignes âgées de 50 ans plantées sur un terroir argilo-calcaire sur tuffeau et vendangées manuellement. Couleurs soutenues, nezs intenses et complexes de fruits noirs bien mûrs, longueur en bouche, vins gras avec une belle structure. Tanins puissants mais fondus. Les vins de Dominique Joseph sont assurément parmi les meilleurs à Saumur.

A Varrains, l'on trouvera également refuge chez Didier Sauzay ainsi qu'au Domaine Lavigne.

Etape N°3. Restons sur la rive gauche de la Loire pour nous rendre dans ce qu'il convient de considérer comme la crême de la crême dans la région: Chinon, où une halte s'impose, on n'est pas aux pièces! Où sont les viticulteurs?! Sortir de Chinon. Prendre la D21 (pas la D8 pour ne pas rater le Domaine de Nueil de Laurent Gilloire!), puis à gauche vers la D44. Sur la route, avant Cravant, sur la D21 donc, remarquez cette jolie propriété à gauche: une tourelle, un porche, une belle bâtisse, nous sommes chez Laurent Gilloire. S'y arrêter pour sa magnifique Cuvée des Cigales. Laurent s'est essayé depuis deux ans à un vin plus raffiné, plus élégant: c'est une réussite totale. Mais le bougre nous gratifie également d'un Chinon typique avec son Vieilles Vignes. Rustique à première vue, ce vin nécessite de s'assouplir trois bonnes années avant d'offrir la quintessence du cabernet: du fruit, du corps, de la longueur, de la générosité, du plaisir. Les Cigales vous en coûtera dans les 7,20€ pièce, les Vieilles Vignes n'excède pas les 5€! Un rapport qualité / prix exceptionnel. Autre rapport oenologico-économique intéressant chez Christelle Pérais-Sourdais, à Cravant: 4,30€ le Moulin à Tan 2005! Personnellement, j'en raffole. Cette cuvée offre en bouche tendresse, sensualité et gourmandise. Rien que ça! A acheter les yeux fermés.

Pour terminer ce périple oeno-touristique, on ne peut pas ne pas goûter les vins de Bernard Baudry, toujours à Cravant-les-Coteaux. Dans une autre gamme mais à des prix restant raisonnables, Bernard Baudry fait battre le poul de Chinon dans ses vins. Rabelaisien dans la gourmandise et la générosité que confèrent ses millésimes à l'amateur, Bernard Baudry apporte une touche impressionniste à ses oeuvres. J'en veux pour preuve le Clos Guillot ou les Grézeaux qui auraient conduit un Monet, un Renoir ou un Van Gogh tout droit aux vignes pour les mettre en peinture.     

Notre première balade dans les vignes et chez les vignerons est terminée. Ne vous reste plus qu'à suivre ces traces! Il est toujours préférable de téléphoner avant de rendre visite à nos artistes. Cependant (mais ne leur dites pas que je vous l'ai dit!), il est parfois difficile de ne pas frapper à certaines portes tant elles semblent vous ouvrir leur bras et vous inviter à la conversation... et à la dégustation!  Je pense au Domaine Philippe Alliet, à Cravant, encore une fois! Bonne route, bonnes visites, bonnes dégustations!

Les coordonnées des vignerons mentionnés ci-dessus.

David Drussé, 1, Impasse de la Villatte, 37140 Saint-Nicolas de Bourgueil, 02.47.97.98.24

Le Petit Saint-Vincent, 10, rue Rogelins, 49400 Varrains, 02.41.52.99.95

Didier Sauzay, 93, Grand'rue, 49400 Varrains, 02.41.52.91.30

Domaine Lavigne, 15, rue des Rogelins, 49400 Varrains, 02.41.52.92.57

Laurent Gilloire, Domaine de Nueil (sur la D21), 37500 Cravant-les-Coteaux, 02.47.93.19.24

Christelle Pérais-Sourdais, 10, le Moulin de Tan, 37500 Cravant-les-Coteaux, 02.47.93.22.72

Bernard Baudry, 9, rue de Sonnay, 37500 Cravant-les-Coteaux, 02.47.93.15.79

 

 

mercredi, 11 juillet 2007

UNE SOIREE DANS LES VIGNES…

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En juillet et août 2007, les vignerons de l’appellation Touraine vous font vivre des soirées inoubliables. Vingt deux soirées pour découvrir les paysages viticoles.

Située sur la plus longue route touristique des vignobles de France, l’appellation Touraine (5 500 ha principalement dans le département du Loir-et-Cher) propose aux touristes de découvrir ses paysages et de déguster ses vins.

Des plateaux de la Sologne viticole aux coteaux du Cher et de la Loire, suivre la route des vignobles de l’appellation Touraine, c’est découvrir l’étendue du patrimoine viticole et des sites touristiques et historiques en suivant un itinéraire choisi pour la qualité de ses paysages, loin des grands axes de circulation.

Déroulement des soirées.

De mi juillet à mi août 2007, à partir de 17h30, un vigneron de l’appellation Touraine vous accueille gratuitement et vous conduit sur les sentiers, à la découverte de la beauté des paysages viticoles et des terroirs. Un arrêt dans le vignoble et vous partagez la passion du métier le temps d’une explication. Enfin, après la visite du chai, vous appréciez la dégustation des vins de Touraine accompagnés de spécialités gastronomiques.   

Planning des soirées.

 

 

11 juillet : Domaine Biet, à Seigy (41)

19 juillet : Château de Quinçay, à Meusne (41)

20 juillet : Les Vignerons des coteaux Romanais, à St Romain sur cher(41)

24 juillet : Domaine de la Girardière, à St Aignan sur Cher (41)

25 juillet : Cave du Père Auguste, à Civray de Touraine (37)

26 juillet : La Chapinière de Chateauvieux, à Chateauvieux (41)

26 juillet : Domaine du Coteau, à Monthou sur Bièvre (41)

27 juillet : Domaine de la Renaudie, à Mareuil (41)

27 juillet : Château de l’Aulée, à Azay le rideau (37)

30 juillet : Domaine Jourdain, à Lye (36)

31 juillet : Domaine de la Rablais, à St Georges sur Cher (41)

31 juillet : Domaine du Chapitre, à St Romain sur Cher (41)

01 août : Domaine des Roy, à Pontlevoy (41)

02 août : Domaine de la Bergeonnière, à St Romain sur Cher (41)

03 août : Domaine Janvier, à Thésée la Romaine (41)

07 août : Domaine du Bien Vivre, à St Romain sur Cher (41)

08 août : Cave de Monmousseau, à Montrichard (41)

09 août : Domaine des Pierrettes, à Rilly sur Loire (41)

10 août : Domaine du Vieux Pressoir, à Rilly sur Loire (41)

11 août : Domaine de la Doltière, à Chateauvieux (41)

14 août : Château des Couldraies, à St Georges sur Cher (41)

17 août : Domaine Pibaleau, à Azay le rideau (37)

Une Soirée dans les vignes 2007

Renseignements et réservations : Office de Tourisme Val de cher Saint Aignan : 02 54 71 77 23

Organisation : Syndicat des Vins de l’Appellation Touraine : 02 54 75 55 96

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lundi, 04 juin 2007

Le Muscadet: c'est plus ce que c'était.

 

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Afin de se recueillir, François Mitterrand effectuait l'ascension de la Roche de Solutré, Jean-Paul II embrassait le sol de son pays de pélerinage, Nicolas Sarkozy s'offre une croisière à quelques centaines de milliers d'€... Personnellement, lorsqu'il s'agit d'habiter ma fonction résidentielle (bretonne), je m'arrête "Chai Pierre", un hidalgo de caviste briochain de chez qui je sors systématiquement réjoui, serein, le pas léger et plein de couleur après que ce dernier m'eût fait déguster des choses dont la régularité qualitative est sans égale. Ces derniers temps, cet assemblage de coureur cycliste italien et de styliste sicilien m'a fait découvrir des muscadets qui feraient rougir plus d'un grand chardonnay bourguignon.

Arrivage de gerberas. Tel un disquaire fou de jazz avide de vous faire découvrir une réédition des plus beaux morceaux de Thelonious Monk ou de Michel Petrucciani, comme un libraire vous glissant dans la poche le dernier opus de Douglas Kennedy et à l'oreille que vous ne le paierez pas s'il ne vous a pas plus, ou encore à l'image de Stéphane, mon fleuriste avenue de Saint-Ouen, me saisissant délicatement le bras pour me conseiller vivement un arrivage de gerbera, Pierre Daniel a l'art et la manière de me verser dans un joli Mikasa des choses extraordinaires, dans des fourchettes de prix toujours très raisonnables.

L'excellence à 5€. Un bon caviste n'est pas seulement quelqu'un qui vous conseille la bonne bouteille au bon moment. C'est aussi quelqu'un qui vous réconcilie avec un vin. Prenez le muscadet par exemple : ce vin qui même accouplé à une liqueur quelconque vous laisse des mauvais souvenirs pendant trois jours. Ce vin dont le prix chaque année ne cesse de baisser: "0,35€ le litre? Attends, ils sont malades! Trop cher! A ce prix là, je prends une villageoise." Dionysos merci, Pierre est passé par là. Encore une qualité de ce jeune caviste qui montre son amour pour le vin: il trouve du bonheur et du plaisir dans des vins dont les prix commencent à 5€ pièce. La preuve, ce muscadet primeur 2006 du Domaine du Bois Brûley, conçu et mis en bouteille par Chéreau-Carré à Saint-Fiacre: enfin un muscadet pas recroquevillé sur lui-même, ouvert, fleuri et d'un équilibre remarquable. Je fus sidéré par le plaisir offert par ce vin.  Sans compter l'impressionnante liste de vins  qu'offrent ces vignerons. Un clin d'oeil au passage à Emmanuel Luneau à Vallet dont le muscadet ne me laissa guère insensible non plus. Comme si cela ne suffisait pas, la dégustation de vendredi dernier commença par un muscadet au nom bio-médico-bionique: l'Amphibolyte Nature 2006. Un vin bio de chez Joseph Landron qui me liquéfia sur place (un nez mentholé voire sur l'eucalyptus --comme trouvé  à Chinon d'ailleurs!, un vin vif mais tendre également, d'une belle minéralité, sur des notes pamplemousse). Leçon retenue de ces dégustations de muscadet de grand qualité? Force est de constater que le muscadet, autrefois relégué au rang des parias par des incultes de ma sorte, n'est vraiment plus ce qu'il était! Et l'année prochaine, pèlerinage à Saint-Fiacre!

Chai Pierre, 8 rue Michelet, 22000 Saint-Brieuc.

mardi, 20 mars 2007

Dans l'Isol-Loire.

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Chinon, en bord de Vienne, lundi 26 février.

Déjà presque un mois de passé depuis cette virée en Loire... Après la visite chez David Drussé à Saint-Nicolas de Bourgueil, je continuai mon bonhomme de chemin en direction de Cravant les Coteaux, cette bourgade à l'est de Chinon et au sud, sud-Ouest d'Azay-le-Rideau. Le vin de Chinon, communément appelé "Breton" n'est pas originaire de la Touraine, ni de la Bretagne. Son ancêtre le Vitis Biturica, à sans doute été apporté par les légionnaires Romains aux premiers siècles  de notre histoire. Situé près de Tour, berceau de Rabelais, l'aire d’appellation Chinon  s’étend sur  près de 2 000 hectares. Ce vin est produit par plus de 200 vignerons. Les vignes sont exposées sur différents terroirs: terrasses graveleuses (vin pouvant être bu dès sa jeunesse à Pâques) et coteaux argilo-siliceux ou argilo-calcaires (vin de garde, voire de très grande garde). C'est d'ailleurs sur ces derniers que je vous guide aujourd'hui. Le Chinon est produit principalement avec un seul cépage: le cabernet-franc, dit "Breton" (le cabernet-sauvignon est autorisé dans une proportion de 10% d’encépagement). Grossièrement, il exprime notamment des arômes de fruits rouges et de violette.

Faire perdurer la tradition. Rapide passage chez Christelle Pérais-Sourdais et chez Laurent Gilloire. L'assurance que j'y trouverai du très bon Chinon à peu cher me fait entrer les yeux fermés. Je viens acheter les millésimes de la fameuse année 2003 qui aujourd'hui expriment toutes les caractéristiques des Chinon élevés sur des sols argilo-calcaires: puissance, "gouleyance", souplesse, arômes denses. Le fait qu'ils demandent à viellir n'est pas négligeable non plus. Avec le temps, les vins de ces deux jeunes viticulteurs se sont un peu concentrés et ont gagné en arômes pour devenir aujourd'hui faciles à apprécier. En effet, dans son jeune âge le cabernet s'avère un peu austère et fermé. Une garde de trois ans (au bas mot) l'assouplit et le rend bien plus abordable. C'est le cas en tous cas des vins de Christelle et Laurent. Deux viticulteurs sans prétention, si ce n'est de faire perdurer la tradition et d'offrir des vins agréables à boire, de fête et d'un excellent rapport qualité/prix. Ils sont également les parfaits partenaires de l'apéritif servi avec des petits légumes frais et croquants. Ils accompagnent en outre très bien des omelettes aux champignons (lire par ailleurs ce post) et des grillades.

Arôme de bouquet fleuri. Afin d'étendre un peu mes horizons chinonesques, j'avais envie cette année de découvrir les vins de Bernard Baudry dont  j'avais entendu et lu çà et là la qualité du travail. Passer dans une autre "catégorie" de Chinon était également un souhait.

Les Granges 2004. Issu d'une parcelle située sur les terrasses graveleuses de Cravant, ce jeune cabernet présenta un vin léger,  fruité et gourmand. L'impression fût immédiatement positive. Cependant, j'attendais plus.

Le Clos Guillot 2004. Une vigne plantée sur un coteau calcaire (tuffeau jaune). Une parcelle très bien exposée sur la commune. Un élevage en barriques pendant 12 mois qui ne compromet absolument pas la qualité aromatique du vin ni sa structure. Le Clos Guillot est une nouvelle cuvée (premier millésime en 2000). Le vin offre une bouche ample, concentrée et généreuse, présente des notes de fruits noirs réhaussées par une belle présence tannique. Définitivement un joli vin, racé mais soyeux. Je n'en avais pas encore bu de tels sur Chinon.

Les Grézeaux 2004. La parcelle est située sur des graves caillouteuses. Les vignes ont de quarante à soixante ans. Ce vin apparaît comme le clou de la dégustation. Une robe grenat aux reflets violets. Le nez est complexe. Je lui trouve des notes d'eucalyptus, voire mentolées. Je m'interroge sur ces arômes mais ils sont manifestes, presque outranciers. Et surtout extrêmement agréables. Une odeur de fleurs fraîches planent littéralement au-dessus du disque. C'est déconcertant! La bouche est franche, riche et concentrée. Le plaisir est intense! Les Grézeaux ont un beau potentiel de garde. Cette cuvée est celle qui me "parle" le plus. C'est ce que j'étais venu chercher: de la richesse, de la complexité et surtout, beaucoup d'émotion. C'est chose faite. 

Mon petit périple touchait à sa fin mais ne serait pas complet sans passer faire une bise à Madame Percereau (dont le respect me fera taire l'âge), cette adorable vigneronne dans le charmant petit village de Limeray. Son fils Dominique s'empressa, comme d'habitude, de m'emmener  goûter le vin encore dans les cuves, en l'occurence, un Sauvignon blanc 2006 qui offre de très jolies notes de fruits exotiques, tels que la mangue. Par ailleurs, le Crémant de Loire des Percereau étant une valeur sûre... Alors, à un mois des élections présidentielles, et après dégustation de ce Sauvignon, point besoin pour moi de me cracher dans l'isol-Loire pour y voir clair: c'est bonnet-blanc et blanc-bonnet! 

Toutes les coordonnées des vignerons cités se trouvent dans la rubrique "vignerons référencés".

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François Rabelais, né en 1494 à la métairie de la Devinière, près de Chinon.

jeudi, 01 mars 2007

Mise au Verre en Loire: impressions, part I.

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La Loire, lundi 26 mars.

L'heure est au bilan après cette escapade sur les bords de Loire! Riche de mes visites chez quelques producteurs, la première impression qui me vient est que j'ai une fois de plus goûté des choses fantastiques dans la Loire Valley. Le millésime 2005 était la cible de mes périgrinations, mais les chinons 2004 découverts du côté de Cravant les Côteaux, en bord de Cher, m'ont conquis: un équilibre matière, fruits, alcohol, tannins assez bleuffant.

Dans l'ensemble, de chez David Drussé à Saint-Nicolas de Bourgeuil à chez Laurent Gilloire à Cravant les Coteaux en passant par chez le talentueux Bernard Baudry, l'impression de vins gorgés de fruits, structurés, riches et puissants avec des matières tanniques soyeuses, parfois épicés et drappés d'une élégance rare  a dominé mes dégustations. A peine la page 2004 fût-elle tournée et le millésime 2005 dégusté que l'on abordait déjà 2006, qui s'annonce plus dans la tradition du Cabernet: massif, sur le fruit rouge et riche en alcool. Le sauvignon blanc offre des notes de fruits exotiques (comme la mangue notamment), chose assez sidérante lorsque l'on sait qu'en 2005, on était sur les agrumes!

 

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David Drussé.

Le sujet était abordé dans VINSURVIN en avril 2006: à Saint-Nicolas de Bourgeuil, 2005 présentait les caractéristiques  d'un millésime extrêmement fruité et peu tannique, ce qui me laissait dubitatif quant à ses potentiels de garde. Il sera néanmoins possible, dans d'excellentes conditions, de garder certains flacons jusqu'à cinq ans mais 2005 est déjà bon à boire afin de profiter de toute sa générosité et son côté gouleyant. Par contre, le cabernet planté à Chinon (notamment sur les coteaux argilo-calcaires) pourrait atteindre son apogé dans dix ans, voire plus selon son origine et ses conditions de garde. Petite retrospective des producteurs visités: aujourd'hui, Saint-Nicolas de Bourgeuil.

Saint-Nicolas de Bourgeuil, Graviers, 2005. La matinée commence chez un vigneron que vinsurvin ne présente plus. On l'appellerait "teacher's pet" (1) en anglais. David s'apprête à faire visiter sa cave troglodyte à un jeune couple au moment où j'arrive. Bob est originaire de Denver, Colorado et Zina de Londres. Les questions pleuvent, la traduction suit et ma dégustation se transforme en cours d'oenologie pour Anglo-Saxons en vacances! "Bob, shut up and listen to the titcher". Cela donne à ma visite une touche "exotique" très sympa mais je suis soudain gagné par un sentiment patriotique: j'entends au plus profond de moi une voix caverneuse me dire qu'il est de ton devoir d'éduquer ces anglo-saxons et surtout de faire comprendre à cet américain qu'il se trouve ici dans un des temples du vin à la française, que des générations de viticulteurs se sont succédées pour parvenir à faire ces vins hors du commun et que malgré toute la bonne volonté du monde, les américains ne parviendront jamais a égalé ne serait-ce qu'un cabernet à 2€. Alors, il est bien gentil avec toutes ses questions mickey-mousse mais qui me dit qu'il n'est pas de la CIA et qu'il vient repérer le terrain pour éventuellement lancer une OPA et raser le vignoble pour faire un parc d'attraction? Et puis qu'il prononce le nom de "Parker" et je lui fais avaler la pipette. Jusqu'à ce que je sorte de ce scénario insensé et lui réponde que Oh yes Bob, it's trou, zis wine iz rili good!

Conclusions. M. Touveneau, oenologue, sur le site de David, dit de ce vin qu'il a une robe brillante et pourpre, un nez intense et délicat avec des notes de violette, de cassis, de framboise. Très rond en bouche, ses tanins sont soyeux. La persistance aromatique est très longue. A boire maintenant et à servir sur viandes grillées, volailles, charcuterie... Je rajouterais que ce Gravier 2004 offre un bouquet de petits fruits rouges très agréable et qu'il a la caractéristique d'être gras, comme 2003 et 2005 (d'ailleurs), signe de qualité mais aussi de régularité dans le travail de David Drussé. Un vin humble, agréable et souriant. Comme les Drussé. A boire entre amis et en famille.

David Drussé, 1 Impasse de la Villatte, 37140 Saint-Nicolas de Bourgeuil. Tél: 02.47.97.98.24. Lire par ailleurs. 

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Votre humble serviteur et David Drussé.

 A suivre dans les prochains jours sur vinsurvin: conclusions des dégustations de vins de Chinon.

(1) le chouchou du prof.

 

 
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