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samedi, 05 mai 2007

Château de Côme: un bordeaux côme les autres.

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Après la théorie hier sur les crus bourgeois, aujourd'hui: la pratique. Rançon du succès, votre humble sommelier se voyant désormais offrir du vin par moult syndicats, agences de communication ou sociétés faisant dans l'événementiel, voilà que ma cave se retrouve affublée de nouvelles bouteilles que je me ferai fort de déguster. Et de critiquer. Points communs entre ces différents promoteurs: le bordeaux. Dernière livraison en date: un lot de quatre crus bourgeois, livrés par coursier, s'il vous plaît. Dans un très joli sac rose, la très sympathique Aurélie de chez Vizioz Communication (relations médias-relations publiques) m'a préparé une sélection d'échantillons des vins des clients dont elle promouvoit le travail:

- Château Cap-Léon-Veyrin 2003 (Listrac-Médoc) -> Cru Bourgeois Supérieur.
- Château Bibian 2004 (Listrac-Médoc) -> Cru Bourgeois "rien".
- Château Clauzet 2003 (Saint Estèphe) -> Cru Bourgeois Supérieur.
- Château de Côme 2001 (Saint-Estèphe) -> Cru Bourgeois "rien". (Second vin de Château Clauzet).
- Cuvée Prieure du Château Sainte-Roseline 2OO6 (Rosé de Provence).

Je connais le Cap-Léon-Veyrin, pour avoir dégusté le millésime 1998, dont il me reste une unité dans ma cave. Un très très joli vin. Pour le reste, je me sens particulièrement inculte. Moi qui vénère les vins de Bordeaux, voilà qui est tétonnant.

La dégustation. Je décide aujourd'hui d'ouvrir celui qui semble  être à mes yeux le plus modeste rouge des quatre: le Château de Côme 2OO1, Saint-Estèphe, Cru Bourgeois, 2001, assemblage 50-50 de Cabernet Sauvignon et de Merlot, propriété du belge Maurice Velge. Prêts pour les impressions? Amateurs de bordeaux, s'abstenir. 

Une robe rubis des plus classique, sans éclat, sans vigueur. Un rouge triste, pâle, dépressif, évoquant ces rouges à lèvres de tête de gondoles utilisés par les Marcheuses de Belleville.

Un nez au garde-à-vous. Le nez est bordelais tout-ce-qu'il-y-a-de-plus-classique. Aucune note de fruit, de fleur, de rêve. Un nez stéréotypé de bois, d'arôme de vanille artificielle. Arômes de types moléculaires conçus en éprouvette. Le nez est figé, prostré, perclus. Immobile, anesthésié, au garde-à-vous (voire au "gare à vous"!), il n'évoluera pas le temps du repas.

Du déjà bu. En bouche, l'attaque est molle, lymphatique, sclérosée. Le vin est tout en rondeur, dénué de force et de caractère. Je saisis mon verre, en hume le contenant, le fait tournoyer, l'observe: il ne parle pas. Il est apathique, laconique, muet. A un certain moment, sans savoir trop pourquoi, un goût de planche humide ou de lambris d'abris de jardin tente vainement de s'élever. La bouche est lapidaire et sans tanin mais d'une minéralité ferrugineuse. Ce Saint-Estèphe a vraiment un côté produit sorti tout droit d'un laboratoire tant il ne dégage rien et tant il s'avère constant, linéaire, mécanique. Rien à voir avec l'équilibre, l'élégance, la maturité. 

On vend une idée du vin français. D'un vin français. Tout cela m'interroge. Je me rends bien compte que ce vin est doté de critères girondo-qualitatifs indétrônables: onéreux, Saint-Estèphe et cru bourgeois. Pourtant, il laisse complètement indifférent. Il rend même plein de compassion. En fait, plus je me demande ce que l'on essaie de vendre ici, plus je me rends compte que c'est tout sauf du vin. Car dans les faits, on vend une image: un blason certi d'une couronne et de cerfs, symboles de puissance et d'élégance ; un "château" bordé de vignes et de palmiers anachroniques ; des mots ("cru", "bourgeois", "château", "baron", "Bordeaux"). On vend une idée de la France, une interprétation de la France, pire, une idée du vin français. D'un vin français. Mais on ne vend pas du vin. Certainement pas. Symbole, apparence et apparat sont les leitmotivs à peine sous-jacents. On nage aussi dans la nostalgie, ce temps où cette région n'était pas polluée par des commerçants aux visions mondialisées. Et puis, question: pourquoi lorsque je bois un vin de Bordeaux ai-je dans 90% des cas l'impression de l'avoir déjà bu?

Dieu merci, il me reste donc trois autres flacons à ouvrir. En espérant que ni l'un ni l'autre ne soit Côme ci, Côme ça.

vendredi, 04 mai 2007

Crus Bourgeois: pas la joie.

 

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French Bourgeois Gentilhomme in Winter Fashion, 1692.

Quand on n'est pas un Cru Classé, (fusse 5ème du Médoc), quand on n'est pas un 1er Grand Cru Classé "A" de Saint-Emilion, quand on n'est pas un Pomerol, on est un Cru Bourgeois! Pas mal déjà! Pas mal? Pas sûr. Car à y regarder de près, ces flacons offrent très souvent à boire et à manger. Quand ils n'étaient que 94 en 1962, ces crus bourgeois furent plus de 6OO labellisés en 2OO2! Bonjour la crédibilté.

Question: comment a-t-on pu atteindre en 2OO2 un nombre aussi record de crus bourgeois? Cela résulta-t-il d'une augmentation de la qualité des vins du Médoc, d'une baisse des critères de sélection, d'une standardisation du goût, de petits arrangements entre amis? Il fallut attendre l'orée des années 2OOO pour que le syndicat des crus bourgeois se remette en question. Dans son éditorial de mai 2OO6 Denis Saverot (rédacteur en chef de la Revue des Vins de France), nous explique que sous la présidence de Dominique Hessel (ingénieur agronome, oenologue et administrateur de Château Moulin à Vent, NDLR), un groupe de propriétaires éclairés imagine alors de réviser le vieux classement de 1932, en écartant les imposteurs. Ils convainquent alors, en assemblée générale, les propriétaires médocains de se lancer dans l'aventure (...) et obtiennent le feu vert du Ministère de l'Agriculture, qui valide dans le Journal Officiel du 31 janvier 2OO1, la composition du jury. Dix-sept grands professionnels se mettent au travail (...) et écartent la moitié de leurs pairs, au nom de la qualité des vins. 243 des 490 postulants au titre de cru bourgeois sont exclus. (...) Un nouveau palmarès est proclamé. Plus affiné. Fin du premier acte. Seulement, (...) les relégués du Médoc ont vite estimé qu'il y avait préjudice économique et porté plainte arguant que certains membres du jury, des propriétaires, étaient à la fois juges et parties.

Que penser d'une telle réaction? Il va de soi que ce classement ne peut être effectué que par des gens du métier, comme c'est le cas lors de la remise des Oscars ou des Molières. Dans ce cas, comme s'interroge Denis Saverot, doit-on alors laisser le soin aux fleuristes breton ou aux veuves de Carpentras de juger la qualité des vins de Bordeaux? D'un autre côté, on voit mal un propriétaire dire de son vin qu'il ne mérite pas la mention cru bourgeois! Cependant, le poids somme toute réduit de rares propriétaires était-il de nature à défavoriser tel ou tel autre concurrent? Quoiqu'il en soit, n'est-il pas facile de venir se plaindre après les résultats lorsque l'on connait les règles à l'avance? Le retour à un nombre pléthorique de crus bourgeois n'est-il pas davantage défavorisant pour ces producteurs-grogneurs que s'il avait fallu se retrousser les manches et se battre pour entrer dans le cercle? 237 lauréats est déjà un nombre très élevé qui ne ravira pas forcément le consommateur lambda que je suis. Il faut également noté que ces happy few ont trouvé la combine pour détourner la décision de la cour d'appel: ils mentionnent sur leurs bouteilles "classement 2OO3"!

Hypocrisie bordelaise supplémentaire, précisons également que les crus bourgeois sont découpés en trois catégories: exceptionnel, supérieur et "rien". Quelle imagination et quelle disparité entre les adjectifs "exceptionnel" et "supérieur". Quelle est la logique dans le choix de ces termes surtout lorsque l'on sait que quasiment toutes les bouteilles de bordeaux portent la mention "vin de bordeaux supérieur", laissant présager alors d'une médiocrité sans pareil. Le consommateur averti s'empressera donc de faire sa propre sélection (son deuxième coup de tami) en tournant le dos aux Crus Bourgeois "rien", éliminant de surcroît 151 bouteilles pour ne s'intéresser qu'aux 96 crus restant, soit l'équivalent du classement de 1932!

En substance qu'apprend-on à travers cette guère fratricide? Et bien qu'il est difficile de s'entendre dire que son vin n'a pas le niveau. Ce qui est bien naturel. Mais qu'on est aussi capable, à l'américaine, de remettre les institutions en cause afin de rester dans la course. Manque de fair-play? Pression économique? Pertes colossales inhérentes à la sortie du top 490? Indéniable aussi la difficulté à réformer ce classement crus bourgeois qui s'est certainement fait plus de mal que de publicité à l'issu de cette bataille. Mais que les vignerons sortant se rassurent, quitte à me répéter, la simple mention "Cru Bourgeois" ne suffit plus à attirer le chaland. Consommateurs un tantinet connaisseurs que nous sommes, nous trouvons volontiers du plaisir dans des vins de pays ou de table, comme savent très bien les faire, par exemple, les vignerons du Languedoc Roussillon.

dimanche, 25 mars 2007

I survived the Salon of the Vignerons Indépendants!

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Pas que je m'étais juré de ne jamais y mettre les pieds. Je me disais juste que les conditions de dégustations étaient effroyables et que je préférais tout simplement l'intimité d'une rencontre avec un(e) vigneron(ne), chez lui/elle. Mais l'invitation de Sancho Pança fut tentante et, pas du genre à m'enferrer (ni à refuser un verre de rouge), c'est avec une certaine excitation que je me rendai Porte de Champerret: mon caddie à ma gauche, mon oenologue (Hippolyte, 2 ans 1/2) à ma droite. Dois-je préciser qu'il ne m'avait pas fallu deux heures pour browser ma cave et m'apercevoir que Patrimonio (Corse du Nord), Morgon (ou quelques-uns de ses onze cousins), et Cahors s'y faisaient rares ces temps-ci. Et puis, je ne voyais aucun inconvénient à déguster des choses originaires de Saint-Chinian, du Minervois ou de la Bourgogne. Et encore moins à découvrir des elixirs de contrées lointaines et retirées. En gros, j'étais open. Formidablement open. Pas comme mon compte en banque. A mon grand désespoire.

Sur place, un joueur d'orgue de barbarie accueille le chaland. Nous remplissons nos invitations, nous munissons de verres INAO et pénétrons dans le temple du vin. Première impression: s'il y a du monde en ce samedi matin, ce n'est pas la foule. Voilà qui est rassurant. Ah, un vigneron corse. Du sud. Au secours, le vin est âpre, extrêmement tannique, sec, amidonné. Je recrache un pur produit du maquis pour autochtone. Merci, au revoir! J'ai soudainement l'impression de ne pas avoir bu depuis trois jours tant ma bouche est devenue sèche. Y a-t-il un producteur d'eau minérale dans l'assemblée? 

medium_Clos_Siguier.gifCerise et minéralité à Cahors. Première halte dans l'appellation Cahors (Sud-Ouest), chez monsieur Bley, de Montcuq. Ce gentil monsieur à l'accent chantant nous fait goûter le deux millEU quatrEU enm premier. Allez, va pour le 2004. Puis 2003, puis... on va arrêter là. D'autant plus que mon oenologue a la tête dans le seau servant de crachoir, crachant lui aussi en expert mais respirant au passage les effluves d'un alcool composé de plusieurs millésimes et de salives diverses et variées. Le Clos Siguier 2003, 100% malbec, n'est pas mal. Très marqué par la cerise, minéral (des notes de pierre à fusil), mais manquant singulièrement de structure et d'épaisseur (12° oblige?), il ferait un petit vin de table sympathique, et ça changerait. Surtout à 4,6O€ pièce. Sancho et moi nous regardons. Va pour une caisse à deux? Va. Ce sera notre philosophie tout au long de la matinée: un carton pour deux. Merci Monsieur Bley et au plaisir.

Nous tombons ensuite sur le domaine Leccia, Pietra Bianca (Patrimonio, Haute Corse). Le premier vin goûté est outrageusement tannique, vert et ne satisfait tout simplement pas mon palet. Le deuxième semble avoir été coupé au sirop de grenadine. Les conditions de dégustation à la Wine Spectator seraient-elles en train d'opérer (lumière, chaleur, capacité d'analyse réduite par l'accumulation ou simple ignorance de ma part?) Le prix, de fait rédhibitoire par rapport au plaisir retiré n'aide pas non plus. Poursuivons nos déambulations. A la recherche de Yves Leccia.

medium_img_prestige.jpgCahors de nouveau. Nous rencontrons Thierry Simon et Philippe Vérax, de Château de Lacapelle (Cabanac). Concentrons-nous sur le meilleur des trois vins dégustés: Prestige 2003. Une dominante malbec assemblé à une touche de merlot. Une couleur d'un noir exceptionnellement intense, comme de l'encre. Un nez complexe marqué par les fruits noirs, comme les pruneaux et les cerises à l'eau de vie. En bouche, le vin est très bien structuré, relativemement riche, avec des tannins soyeux et élégants. Les notes de fruits rouges (voire mûrs) se confirment et l'impression que l'on déguste un très très joli vin se fait très vite sentir. "Ah ouais", Sancho et moi éructons en coeur! Le vin est discrètement boisé et présente une une belle longueur aromatique. Bon et bien, va pour un carton de 6. De l'ordre de 12€ / pièce.   

On réentendra parler de ce Cahors sur vinsurvin, sans aucun doute.

C'est pendant la pause sandwich de l'oenolgue de 2 ans 1/2 que nous faisons connaissance avec Marie-France Sevenet-Lateyron, du Chateau Toumillon à Graves (33). Elle offre un verre d'eau à Hippolyte et nous propose de goûter son vin. Je suis réticent. Je ne puis m'empêcher de lui dire que l'image du bordelais dans son ensemble souffre des marques qui fabriquent des liquides marqués de façon outrancière par le bois et les arômes de vanille. Si c'est donc ce genre de vin qu'elle conçoit, je préfère m'abstenir. J'ai du vin passé en fûts nous répond-elle mais j'en ai aussi plus porté sur le fruit, le Château Toumillon 2003, une dominante de cabernet Sauvignon accompagné de merlot et de cabernet franc. Pourquoi donc refuser, c'est dit si gentiment. La première chose qui me sidère, c'est la couleur du vin: rouge ambré, tuilé. Le nez est aromatique, complexe, entre minestrone de fruits frais et fleurs fraîches. La bouche est fraîche, plutôt ample et offre des notes de fruits noirs (pruneaux) et animales. Un vin d'une très jolie structure et doté de beaucoup d'élégance. Nous sommes manifestement très agréablement surpris. Je ne serais pas étonné que ce vin coûte dans les 15, 18€ / pièce. Prix: 10€. Va pour une caisse de 6. Nous goûtons le 2000, qui ne déçoit pas non plus. Mais plus âgé, il sera à boire plus rapidement.       

Nous sommes sur le point de rentrer quand un stand où prônent de magnifiques bouteilles de Morgon attire notre attention. "On s'arrête?" "Vite fait alors." Nous goûtons un Chiroubles (Domaine du Calvaire) qui jubile de fruits rouges: parfait pour finir la dégustation! Il s'agit du vin de Didier Desvignes. Madame insiste pour nous faire goûter un premier Morgon, puis un second (Clos Les Charmes 2005), qui retient notre attention, car moins austère que le premier et plus racé. Nous panachons Chiroubles et Morgon puis rentrons à la maison.

Total: Des rencontres, des dégustations, des découvertes, des surprises et l'impression d'avoir passé un excellent moment. Côté budget, bon, une petite centaine d'€ de dépensés, enfin, d'investis! Soit, environ 8€ / bouteilles et l'assurance de boire de très bonnes choses dans les semaines à venir. 

 

vendredi, 13 octobre 2006

Nouvelle pub pour le Bordeaux

Le journal Sud-Ouest appelle cela "demystifier" le Bordeaux. Alors prêtons-nous au jeu de la critique de cette publicité.

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La publicité est en noir et blanc comme pour lui donner un côté vintage, ou classique holywoodien. Elle ne met donc ni la couleur ni la robe du vin de Bordeaux en valeur. Cet aspect passe au second plan. Ce n'est pas de l'alcool qu'on veut vendre ici. On ne s'adresse pas non plus à des connaisseurs. Le noir et blanc, le canapé en cuir, cette jeune femme au visage fermé donnent une première impression de froideur, peut-être pour faire référence à la mentalité bordelaise et donc coller à un simple cliché. La décoration est assez épurée mais chic. La table est certainement faite d'un bois précieux. Le canapé  n'est pas un simple clic-clac. Les verres pourraient être des Riedel, mais les Crystal d'Arc s'inscrivent davantage dans la tradition franco-bordelaise. On est à coup sûr en présence d'un jeune couple issu de la bourgeoisie bordelaise. Le vin de Bordeaux ne s'adresse pas à la classe moyenne et encore moins aux plus modestes. Le jeune homme a l'air somme toute très sympathique et à choisir entre le Bordeaux et la fille, son choix semble déjà fait. Elle? Elle hésite. Ses jambes sont croisées, exprimant symboliquement la fermeture sur elle-même. Pourtant, le vin devrait la décoincer! Sa main gauche posée sur le canapé laisse également entrevoir une certaine retenue. Voire une gêne. La jeune femme affiche un rictus convenu. Elle ne semble pas se plaire pas ici. Elle écoute le jeune homme par politesse mais sa tête penchée traduit un profond ennui. Le vin lui donne probablement déjà des aigreurs. En fait, elle aurait préféré du blanc. Un bon verre de Chablis du Domaine Laroche à Fleys. Ou un Chardonnay de la Napa Valley.

Pourtant, que veut-on  nous vendre? De l'intimité, de la complicité, de l'amour. Un moment de détente. Une rencontre. Une demande en mariage! Mais, ça ne passe pas. C'est peut-être ce poteau blanc (et moche) au second plan, créant comme une barrière entre lui et elle. Ou alors ce slogan absolument rédibitoire: "Il y a ceux qui proposent un verre, il y a ceux qui offrent un château". On aura compris le jeu de mot entre le château faisant référence aux propriétés bordelaises (Château Margaux, Château Cheval-Blanc, Château Pétrus...) et le "château en Espagne", offrande suprême (mais technique ô combien has-been) pour séduire une femme. On aura aussi compris que les ringards (ou les pauvres) offrent un vulgaire Ricard, voire un chardonnay, pendant que d'autres se fendent d'un verre de Bordeaux. Qu'offense soit faite au Ricard et autres apéritifs du genre ne me choque pas, mais que l'on y inclut les autres vins français me dérange quelque peu, même si la publicité ne se veut pas virulente. D'un point de vue purement esthéthique, on déplorera ce panneau placardé sur la photo, comme venant troubler la sérénité se dégageant vainement de la photo. Enfin, on peut regretter que l'on parle des vins de Bordeaux dans leur ensemble, sans distinguer les différentes  "familles" qui les composent, associant ainsi sans distinction piquette à 1,50€, humbes mais excellents Canon-Fronsac, 1ères Côtes de Blaye et Rolls type Pauillac, Saint-Esptèphe et consorts.

Au final, à qui s'adresse cette publicité? Il semble que seuls les bordelais soient les intéressés. Plus qu'une campagne nationale, nous sommes ici en présence d'une campagne régionale, sommant les bordelais de ne pas trop sortir des sentiers battus et de revenir aux bonnes vieilles valeurs traditionelles girondines. Ainsi, les châteaux bordelais continueront de ne se voir hantés que par les consommateurs du cru. Et la culture oenologique des autres français d'être toujours aussi mystique.

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Il y a ceux qui n'ont que du Bordeaux à proposer. Et il y a les autres.

 

 

mardi, 06 juin 2006

Je déclare la guerre aux vins de Bordeaux! (Avec des tires-bouchons).

Les Bordeaux n'ont pas la cote sur ce blog! Pourquoi? Très simple: je leur fais la guerre! Pas qu'ils ne méritent pas une attention particulière ou que je ne les trouve pas suffisamment bons pour me pencher sur leur sort (il faudrait franchement avoir un cancer des papilles gustatives), loin s'en faut, le problème est que cette région étouffe tout bonnement le paysage viticole français. En effet, ces vins jouissent à mes yeux d'une notoriété fort exagérée, notamment en terme de qualité, d'une réputation (ou sur-représentation) qui fait du tord aux autres régions viticoles françaises ainsi qu'à la culture viticole des français (au sens intellectuel et non agricole du terme).

Nous n'aborderons pas la question de ces nombreuses bouteilles de Bordeaux de 1 à 3€ que l'on trouve de plus en plus, abandonnées aux détours des têtes gondoles des grandes surfaces. A cause de la surproduction (subie en Languedoc et en Beaujolais également), le Bordeaux est associable à un picrate de base, ce qui nuit à l'image de la région toute entière. Nous ne mentionnerons pas ces annotations sur les étiquettes types "Grand Vin de Bordeaux", "Vieilli en fûts de Chêne","Récolte manuelle", "Médaille d'or à Trifouilli-les-Oies" ayant pour buts d'abuser le chaland mais n'ayant absolument aucune valeur légale. Pourtant, de Lesparre-Médoc à Margaux, via Pauillac, en passant par Sauternes puis l'Entre-deux-mers, sans oublier le sacro-saint Saint-Emilion (vin numéro un des français-qui-ne-boivent-que-du-Bordeaux-parce-que-bon-c'est-quand-même-le-meilleur) on trouve évidemment des choses extraordinaires. Soit. Mais permettez-moi de me concentrer sur des vins plus modestes. Tout le monde ne peut pas boire des crus classés! Et, comparativement, les autres régions de France offrent parfois des choses magnifiques entre 5 et 10€. 

Quel reproche peut-on faire aux vins de Bordeaux jeunes et à prix abordables? Sans remettre en question l'amour des viticulteurs pour leur travail, ni leurs compétences, on peut regretter que les arômes soient souvent bien trop communs d'un vin à l'autre, contrairement à bon nombre de vins issus des autres régions de France. A moins que la force des Bordeaux ne se situent pas là. Quoi qu'il en soit, Merlot et Cabernet associés en bordelais offent souvent une impression d'austérité au vin. Un vin dur, distant, peu affriolant. Serait-ce dû à une complexité qui effectivement ne permettrait pas d'apprécier ces vins à leurs justes valeurs? Le cas échéant, cela ferait d'eux des vins ellitistes. Cette complexité me semble-t-il réside davantage dans l'imbroglio d'appellations qui constituent le bordelais. Cette austérité est-elle dûe à leur jeunesse? Attendre vingt ans pour déboucher une vraie bonne bouteille de Bordeaux demande une patience examplaire. Le résultat en vaut la chandelle, mais, ici, on se fait des bouffes entre amis et on n'attendra pas la retraite pour se faire plaisir. On  peut également leur reprocher un bouquet  qui n'évolue pas franchement d'un vin à l'autre, des notes souvent similaires, voire identiques. Et ce goût de vanille de plus en plus récurrent. Le sentiment qu'un clonage du goût aurait opéré domine souvent l'impression. Un goût type  émergerait-il donc des vins de Bordeaux? Cela indiquerait-il un retrait sur soi-même, une résistance face aux vins du nouveau monde, une démarche purement commerciale? Sacrifier l'authentique pour le mercatique? Ce ne sont que des hypothèses. En somme, c'est sur ce manque de générosité sensorielle que j'axerais ma critique des vins de Bordeaux lambdas.

Néanmoins, je me souviens que certains "Bordeaux" m'ont procuré beaucoup de plaisir tels qu'un Pomerol (Château Taillefer), un Canon-Fronsac rouge, et un Entre-deux-mers blanc. Je reste également ouvert au vin que l'on fait en Castillon, Duras et Marmandais sans compter que certains côtes de Blaye, Graves et Bourg peuvent réserver de bonnes surprises.

En dehors de ce problème de goût, le Bordeaux souffre à mes yeux de sa notoriété. Le français lambda ne jure que par le Bordeaux, ne boit que du Bordeaux et n'offre que du Bordeaux. Et cela me fatigue! Combien de fois ai-je entendu des marchands de vin (je ne puis de fait les nommer "cavistes") recommender des Bordeaux à des clients voulant faire un cadeau ou étant invités à diner? Leur premier réflexe est toujours "Bordeaux", et le client n'y connaissant souvent rien n'a plus qu'à approuver. Comme s'il n'existait pas d'autres régions! Comme si l'on ne pouvait pas faire plaisir en faisant découvrir plus qu'un vin, une région de France. De toute façon, les règles du savoir-vivre exigent que l'on n'offre pas un vin lorqu'on est invité!  La dernière bouteille que l'on m'ait offert? Un Médoc (La Demoiselle de By, Millésime 2003)! Un vin sans intérêt. Aucun nez, aucun relief, aucune note de fruit: de l'austérité liquide.  Ce week-end encore, un proche s'est vu offert une caisse de six bouteilles de vin par des amis qui avaient certainement les meilleures intentions, mais que croyez-vous que l'on y trouva? Quatre juvéniles bordeaux et deux pauvres Côtes du Rhône VILLAGE qui se battaient en duel, histoire de varier un peu.

A la lumière de ma note  du mardi 4 avril 2006 (rubrique SAVOIR-VIVRE) intitulée "Du picrate à boire dans trop d'établissements français", on est en droit de regretter que dans un pays où l'on vante à tue-tête son vin et son fromage, la très grande majorité de ses habitants ne jurent que par un seul d'entre eux et ignorent royalement ce qui se fait dans les autres régions de France.  En outre, n'avez-vous pas remarqué le nombre de gens qui, tout simplement, n'aiment pas le fromage? Ou alors, si, le seul, l'unique et préféré des français: le Camembert!!!

mardi, 11 avril 2006

Copeaux de vins: démarche ridicule.

"Ah, il est boisé ton vin!" " C'est justement le problème."


podcast
Je vous invite à écouter ce fichier-son issu du site de Libération. Je reviendrai prochainement sur les leurres affichés sur certaines bouteilles afin de tromper le consommateur lambda. Restez vigilents!

 

 
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