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mercredi, 29 novembre 2006

La Centième!

 

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Cette note a une saveur un peu spéciale. Au moment où je me trouve devant mon écran d'ordinateur, je ne sais pas encore de quoi elle va traiter. Je suis en train de réfléchir. Une saveur un peu spéciale disais-je car c'est tout simplement la centième. Cent notes. Je pourrais la dédier à Dorothée qui ne boit plus de vin (donc plus d'alcool) depuis qu'elle a appris qu'elle était enceinte. Je pourrais très bien me la dédier puisque j'ai un peu l'impression d'être enceinte aussi, ayant considérablement réduit les descentes à la cave depuis la décision toute naturelle de Dorothée. Aucun intérêt d'ouvrir une bouteille seul et de ne pouvoir en parler et l'apprécier en compagnie de mon épouse, elle aussi fine amatrice de bons flacons. Sinon, bonjour les scrupules: "Ca y est, je suis en train de devenir alcolo. Je descends à la cave au radar, je tends le bras, je saisis la première bouteille venue, je remonte avec et je l'ouvre. Fini le temps où je restais des heures à méditer devant les bourgognes, les languedociennes, les américaines ou les espagnoles essayant d'en saisir les secrets sans même les toucher dans le seul but de les partager. En cent notes, t'as bien changé."

Pour cette centième, je pourrais faire dans la nostalgie, me rappeler au bon souvenir lorsque je signais mes premiers posts sur VINSURVIN, ayant pour seule lumière une bougie et cherchant laborieusement les lettres sur mon clavier, et vous conter quelques anecdotes comme la fois où Robert Parker m'appela à 2 heures du matin pour me dire qu'il n'avait pas apprécié mon dernier post remettant en question ses méthodes et me signifier qu'il s'apprêtait à me poursuivre en diffamation en demandant 975OOO$ de dommages et intérêts où j'ai glissé dans l'escalier en descendant à la cave et que je me suis cassé un ongle, tout ça pour vérifier s'il me restait quelques Chablis. Mais je ne suis pas sûr que cela vous intéresserait. J'ai également pensé à une petite rétrospective, un genre de "best off" de mes meilleurs posts, avec un accès à 9,90€... Laisser mon adresse postale afin que vous me fassiez parvenir vos meilleurs flacons, en signe d'amitié et pour m'encourager à en refaire cent autres, m'a aussi traversé l'esprit. Pire, j'ai aussi pensé à une dernière, ni plus, ni moins.: "Après cent longues, fastidieuses et ennuyeuses notes, j'ai décidé de tirer ma révérence." Ou "La France du vin n'a pas jugé utile d'élever ce blog au rang des Incontournables, j'ai décidé de me retirer de la vie teochnologique française." Du haut de mon sixième étage, j'ouvrirais alors ma fenêtre pour n'apercevoir aucun quidam scander le nom de VINSURVIN ou réclamer la poursuite de sa vie malgré les difficultés économiques que connaissent les grands media français. A l'image d'un Libération, me faudrait-il licencier du personnel? Le cas échéant, ce serait la mort assurée de VINSURVIN, ne comptant qu'un seul et unique rédacteur.

J'ai pensé me prendre une grosse cuite aussi réunir quelques amis, voire quelques lectrices, dans un bar à vin du 12ème arrondissement, mais cela pénaliserait la France d'en-bas mes chers et fidèles lectrices (et lecteurs) issus de cette province que l'oin aime tant. Finalement, je me suis dit que peut-être, toi, lectrice, lecteur, aurait certainement une très bonne idée à suggérer, afin que nous puissions, sinon, nous rencontrer, au moins disserter sur le temps qui passe et les oiseaux qui se cachent pour mourir échanger le bout de gras puisqu'il est vrai que vous êtes tous de nature plutôt timide, les commentaires se faisant rares. Ou peut-être sont-ce les lecteur tout simplement. Suis-je bête! Quoi qu'il en soit, cette réflexion, mine de rien, m'aura permis de grifouiller quelques menues lignes, et je l'espère, de vous faire passer un agréable moment, motivation fort humble mais somme toute première de VINSURVIN.

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vendredi, 17 novembre 2006

Beaujolais bis

 

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Trêve de plaisanterie, y'a (quand même) le beaujo qui débarque, et là, ça rigole plus. Les puristes, les chômeurs, les gars en vacances ou en RTT l'ont goûté hier, ça va de soi: c'est quand même des purs et eux le respect de la tradition, et ben, y savent encore qu'est-ce que c'est. C'est pas comme ces bourgeois qui ne sortent que le week-end dans des salons de thé, et qui, en plus, ne boivent (surtout) pas de bojo, (parce que c'est absolument rédibitoire ou que ça a le goût de lessive) mais du Brouilly. J'ai même vu un type boire du Morgon un coup, alors là, j'ai pas pu m'empêcher de lui dire. Les purs étaient donc du côté du Marché Saint-Honoré parce que en bars à vin célébrant le B.N., affectivement, il y a ce qu'il faut, même sous la pluie comme c'était le cas hier soir. Pour les autres, jetez donc un oeil sur votre droite, dans la colonne "catégories" puis cliquez sur BAR A VIN ou ICI pour les rebels. La préférence va quand même pour le Baron Rouge, place du Marché d'Aligre dans le 12ème, parce que, bon, voilà, quoi. Allez, à la vôtre! (PS: l'abus d'alcool est dangeureux pour la santé. Buvez avec modération. Non, mais, d'accord, mais moi j'conduis pas.)

dimanche, 05 novembre 2006

22 v'là CHAI PIERRE!

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Question: dans quelle ville trouve-t-on les briochains et les briochinnes ? A Brioche? A Saint-Brioch'? A Brie en Vendée? Quelques indices. Région: Bretagne. Non, pas Saint-Briac! Préfecture des Côtes d'Armor (22). Pas Bréhec non plus! Plus connue pour sa baie et ses coquilles saint-jacques... Pas trouvé? Alors, j'ai nommé: Saint-Brieuc. Point de vignes dans cette ville aux accents gallos mais de bonnes caves où trouver du bon vin.

medium_chez-rollais_.jpgAu sortir du bar à vin Chez Rollais (voir photo ci-contre) - un endroit ô combien chaleureux où j'ai pu déguster un excellent Mâcon-Solutré (merci Bernard pour tes bons conseils) - et avant de passer à table chez le non moins sublime Al Manara (cuisine traditionnelle et gastronomique libanaise), mon ami Fred m'apprend qu'il est possible de boire un verre dans une des deux caves briochinnes, en l'occurence les Caves Bretonnes, CHAI PIERRE. "Lapéro" comme il l'appelle y est servi les jeudi, vendredi et samedi soirs. Je connais l'endroit pour y avoir acheté un excellent Ménetou-Salon il y a quelques temps et être tombé sur quelqu'un de très compétent . Ni une, ni deux, CHAI PIERRE est à deux pas de Chez Rollais, one again! (Oui, en effet, les séjours en Bretagne sont l'occasion de sympathiques découvertes et de moments fort festifs...).

CHAI PIERRE se caractérise par sa très jolie devanture style vieux bouclards d'avant-guerre où l'on entendrait presque la cloche sonner lorsque l'on passe le pas de la porte vitrée. Les murs de droite et de gauche sont tapissés d'une variété de bouteilles assez impressionnantes. Il y en a pour tous les goûts, tous les prix. Les murs sont en espèce de brique rouge et confèrent au lieu une atmosphère chaleureuse. Au fond à droite, sous cadres, deux immenses plans des vignobles de Côtes de Beaune et de Nuits, avec le détail des différents climats. L'homme à la chevelure longue et brune qui nous acceuille a dans les 35 ans et affiche un goût certain pour l'élégance, les choses raffinées. Il est très avenant. Et très pris au téléphone! Pas le temps de réfléchir longtemps sur ce que l'on va déguster: "Je vais vous faire goûter quelquechose." Il s'agit d'un blanc de Savigny-lès-Beaune, tout simplement remarquable. Nous allons longuement discuter vin et notre interlocuteur s'avère très à l'écoute et friand d'anecdotes autour du vin. Séjour de quelques années en Bourgogne, expériences riches et variées dans le monde du vin, diplôme d'oenologue en poche, Pierre Daniel a ouvert sa boutique il y a de cela un an dans le coeur de Saint-Brieuc. Fin gourmet également, il sait aiguiller ses clients sur les bons accords mets et vin. Au détour d'une conversation sur le Domaine des Estanilles à Faugères, il n'a pas manqué de nous montrer un blanc de chez Michel Louison. Avant de partir, lui indiquant que nous allions manger libannais, il a trouvé le moyen de nous sortir un Côteau du Languedoc (à dominance Syrah, parfumé, robuste et généreux) qui nous mit grandement en appétit. Comme vous n'aurez pas manqué de le constater, il n'y a pas qu'à Paris que l'on peut dénicher de bons bars à vin et passer de très bons moments.

CHAI PIERRE, Cave, dégustation, Lapéro - 8, rue Michelet, 22OOO Saint-Brieuc. Tél: 02.96.33.40.82

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dimanche, 22 octobre 2006

5OOO€ le Romanée-Conti: qui dit mieux? (Pas moi...)

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(photo Yahoo!)

Un Romanée-Conti de 1986 adjugé à 5OOO€, un Château Haut-Brion de 1982 à 3OOO€, et un record mondial battu pour  ce jeune Château-Pétrus de 1988 à 25OO€. VINSURVIN vous en parlait cet été. La mairie de Paris vient donc de se séparer de ses 4960 meilleures bouteilles hier soir au Crédit Municipal, un petit trésor rapportant la modique somme de 1 million d'€, soit le double de l'estimation initiale. "Visiblement, un collectionneur américain a décidé de faire main-basse sur la quasi-totalité du lot. Il avait déjà sévi hier, mais je ne pensais pas qu'il resévirait" soupire cet acheteur (dans le Parisien de ce jour) qui a préféré garder l'anonymat." Il semble que tout le monde s'accorde à dire que ces prix ont de quoi laisser pantois, à l'image de ce commentaire glané sur Yahoo! "Je ne sais pas si ces prix sont fous, mais ils sont déraisonnables", a expliqué à l'AFP un négociant européen dépassé, Bruno Gueuning, venu de Genève pour "prendre le pouls du marché" et incapable de suivre face à ces "comportements de type spéculatif". Certains ont cependant suivi à la lettre la consigne lancée par Dominique Giafferi, le commissaire priseur de cette vente: "ne soyez pas rapias". Parmi eux Stephen Williams, directeur de la Antique Wine Company. En un quart d'heure, ce négociant londonien a acheté la totalité des 12 lots de 3 bouteilles de Lafite Rothschild proposés, entre 2.000 et 2.100 € le lot: "nous savons que ces vins étaient parfaitement conservés, nous sommes dans la capitale de la France, la patrie du vin". Ouf! L'honneur est sauf! Les américains et les anglais viennent nous dépouiller mais nous n'en demeurons pas moins la patrie du vin. Mais où sont donc les multi-milliardaires français pendant ce temps? Quid des Pinault, des Lagardère ou du groupe L'Oréal? Jamais là quand on a besoin d'eux en somme. Et nos "stars", nos sportifs qui brassent des millions d'€ à la petite semaine?

Le Monde.fr nous indique que les recettes iront au budget de la municipalité, dirigée par le socialiste Bertrand Delanoë, qui avait promis de "réduire les frais de réception". "Aujourd'hui, nous favorisons "les cocktails debout", et donc le champagne", explique Nicolas Milosevic, chargé de protocole à la Mairie. "Servir dix bouteilles de Petrus lors d'un repas, c'est mettre 25 000 euros sur la table, et ce n'est pas forcément très raisonnable", renchérit M. Maratier. Surtout quand les convives ne savent pas apprécier.

Raison officielle de la vente : une crue soudaine de la Seine pourrait détruire à jamais ces trésors. Mais la volonté de la mairie de Paris de réduire son train de vie, donc,  et l'aspect financier sont également en jeu, vu le niveau des cours atteint par certains de ces élixirs.

Personnellement, j'ai toujours estimé qu'une bonne bouffe avec les parisiens qui s'engagent pour leur ville eût été une bonne idée. Mais les ingrats élus locaux auront encore vu les choses différemment. Au fait, content de voir que ce soit un Bourgogne qui ait emporté la vente!

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dimanche, 15 octobre 2006

Le bordo-nouvo est arrivé.

medium_Mondovino_Aphorismes_Montille_article_Romanduvin_novembre2005.jpgTout le combat entre les grandes marques de vin qui font parler les chiffres (Mondavi, Ornellaia, Rotschild...) et les vignerons qui font parler le terroir pourrait se résumer dans cet épisode qui marqua une grande victoire de la viticulture française sur l'impérialisme américain. A l'image de celle d'Aniane sur Mondavi. Lorsqu'Hubert de Montille (photo), célèbre avocat et vigneron en Bourgogne, a demandé 1 franc symbolique de dommages et intérêts dans son procès qui l'opposait à Robert Parker (le "critique" américain) pour l'avoir accusé de biaiser les dégustations, Parker s'est pris "le plus gros coup de pied aux fesses de sa vie", selon les termes du libre-penseur bourguignon. "C'est le prix de l'honneur, Monsieur" rétorqua-t-il à Parker qui faillit s'étrangler. Ce dernier s'attendait en effet à ce que le français demande des millions de dollars.

Avant de combattre les ravages du marketing viticole américain sur la viticulture française, je m'efforce de lutter, sur ce blog, contre l'impérialisme socio-cuturel bordelais afin que l'on prenne enfin conscience en France qu'il existe d'autres vignobles que le bordelais. Remédier à l'ignorance made in France en quelque sorte. Je le martèle régulièrement: le monopole bordelais a empêché une homogénéisation de la culture vinicole française. Les français ont été comme victimes du succès du bordeaux, symbolisant, auprès des ignorants, la viticulture française presque à lui seul. Même les anglais se moquent et il n'est pas rare d'entendre des amateurs d'outre-Manche vous dire que les français n'y connaissent rien en vin! C'est un comble! Mais c'est vrai. Il faut donc impérativement remédier à cette tarre. Problème: maintenant que Robert Parker et Michel rolland (célèbre consultant en vin) se battent pour l'uniformisation (et la mondialisation) du goût du vin, s'attaquant de fait à l'essence même de la culture française, les consommateurs se ruent sur des vins jeunes et faciles à boire. Cette expression ne voulant absolument rien dire en dehors du fait que par peur de passer pour un inculte dénué de bonnes manières, on opte pour le  jus de raisin alcoolisé: le bordo-nouvo. "Moi ce que j'aime dans le vin, c'est le goût de Coca-Cola", dit de Montille en plaisantant. Les nouvelles générations ayant été élevées aux sodas et aux sucres, certains seraient même prêts à adapter le vin aux palets des adulescents.   

Avant que la majorité des vins français et mondiaux ne fassent partie de la "secte des vins à plus de 5O$" (comme l'appelle Garen Staglin - directeur marketing d'un gros domaine en Californie) et que les vins français ne passent en commerce équitable, il est temps que les français prennent conscience du joyaux qu'ils possèdent. Cela paraît simple, mais une prise de conscience de la qualité des vins français par les français serait l'amorce d'un renouveau.  Personnellement, j'ai l'intime conviction que la production du vin vanillé et boisé n'est qu'une tendance qui non seulement disparaîtra mais se retournera gravement contre l'industrie vinicole américaine, pour bénéficier aux vignerons français qui n'auront pas cédé à la tentation Parkerienne. Même si Parker a fait du bien, d'après ce que l'on entend ça et là, aux grands crus bordelais, cela ne reste que les grands crus bordelais, bus par une infime minorité, et notamment des américains fortunés. Je pense que notre attachement à nos valeurs, notre rythme et notre mode de vie feront notre force face à l'Amérique. Pour une fois, notre conservatisme nous sauvera de l'américanisme. Certains bordelais, italiens ou Chiliens ont vendu leur âme. Attachons-nous à entretenir ce qui nous différencie: notre exception culturelle. Un nouveau concept est apparu dans le but pur et simple de faire de l'argent. Un délire capitaliste de plus. Mais à bien y regarder, la crise n'est peut-être du côté que l'on croit. 

 

 

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vendredi, 13 octobre 2006

Le vin: plus de glace pour longtemps!

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La sortie du documentaire évoquant l'engagement de l'ancien futur président des Etats-Unis, Al Gore, dans la lutte contre le réchauffement de la planète n'est pas sans nous rappeler que le réchauffement de la planète a déjà, et aura dans les décennies à venir, des conséquences radicales sur le vignoble français.

Cultivera-t-on du pinot, du malbec et du carménère à Angers dans un demi-siècle? La syrah, le carignan et le grenache donneront-il des résultats formidables en Gironde vers 2060? Le Seyval Blanc produit à Addlestone dans le Surrey en Angleterre (photo) concurrencera-til nos Chablis au milieu du vingt et unième siècle?  Pour Jean-Pierre Gaudillère (1), chercheur à l'Inra de Bordeaux qui travaille sur le sujet depuis quinze ans, les vendanges de plus en plus précoces sont le signe le plus visible. "A Cheval-Blanc (Saint-Emilion), on vendangeait autour du 30 septembre dans les années 1890. Aujourd'hui, c'est le quinze. On a gagné deux semaines en 110 ans." Des données similaires existent à Châteauneuf-du-Pape (à 10 kilomètres au sud d'Orange) où l'on a gagné trois semaines en cinquante ans. "La date des vendanges est liée à la somme des températures de l'année. La corrélation est mathématique, il n'y a pas de biais. Le climat en France s'est réchauffé avec une accélération du phénomène depuis 1989-1990." On estime aujourd'hui qu'une augmentation de 1°C de la température moyenne correspondrait à un déplacement relatif du climat d'environ 200 km vers le nord. La communauté scientifique table sur + 1,5° d'ici à trente ans car le rythme de réchauffement s'accélère. Une tendance non imputable à la fin de la guerre froide mais à une croissance des émissions de gaz à effet de serre. Un mouvement planétaire que même la mise en place du protocole de Kyoto ne devrait pas vraiment stopper.  

Conséquences directes. On note depuis quelques années dans le bordelais une hausse de la teneur en alcool des vins produits dans cette région, ce qui n'est pas pour déranger un cépage comme le cabernet qui avait parfois du mal à mûrir sous ces latitudes il y a encore trente ans. Pour obtenir des raisins aromatiques, les baies doivent mûrir dans des conditions relativement fraîches. C'est pourquoi certains cépages pourraient migrer vers le nord. On trouve maintenant de la vigne en Belgique, aux Pays-Bas, en Angleterre et même en Suède! Mais avant de goûter un Chateau Göteborg ou un Côte de Knocklezout, on peut se poser des questions sur l'évolution des grands vins français dont les composantes se verront forcément altérées. Que ce soit en Alsace, dans le Bordelais, en Italie ou ailleurs, la qualité d'un vin augmente avec la température jusqu'à un certain seuil, à la suite duquel elle diminue. Ainsi, et sur la base de l'étude de cinquante millésimes, une température moyenne optimale pour la qualité des vins d'une région a pu être déterminée de manière théorique pour chacune d'entre elles.  En Alsace, par exemple, elle est de 13.7°C pour les vins blancs, alors qu'elle se situe à 16.7 °C pour les vins blancs sucrés du val de Loire. La profession n'aura certainement pas le choix et devra à terme prendre des orientations stratégiques lourdes pour continuer à produire des vins d'une qualité équivalente à celle que l'on connaît aujourd'hui. Des mesures ont été proposées pour diminuer l'impact du réchauffement climatique sur les raisins. Elles reposent à la fois sur les pratiques culturales et sur les techniques de vinification.
La vigne est une plante méditerranéenne qui a su s'adapter depuis des millénaires à des environnements climatiques différents. En outre, en dehors du climat, de multiples paramètres interviennent pour produire un bon vin tels que le sol, le cépage, l'homme et ses méthodes. Cependant, faudra-t-il en effet revoir les méthodes de production, en introduire des nouvelles pour faire face aux excès de chaleur et surtout au manque d'eau? Tout aujourd'hui est affaire de stratégie, de pari sur l'avenir et de prise ou non de risques. Si l'on se réfère aux données actuelles et prédictives, certaines régions viticoles vont assurément tirer leur épingle du jeu dans le demi-siècle qui s'annonce et bouleverser les échelles de valeur. Ainsi, on peut raisonnablement penser que les vins du val de Loire, pour rester sur une vue strictement française du problème, ne cesseront de gagner en qualité sur les 20 ans à venir et qu'ils viendront alors chatouiller les parts de marché d'ordinaire dévolues aux vins des régions actuellement mieux cotées. Sur le plan international, l'Allemagne et le Luxembourg devrait logiquement tirer les marrons du feu et l'Angleterre pourrait émerger un peu plus tard au sein de la hiérarchie mondiale et sortir ainsi de l'anonymat en matière viticole. (3)

Reverra-t-on alors des champs de vignes en Beauce? En 1840, on trouvait 4000 hectares dans les vallées de l'Eure et Loir. Va-t-on se remettre à faire du vin en grande quantité à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine? Patience... plus que cinquante ans à attendre!

(1) source: Sud-Ouest, O6-O9-2OO5

(2) et (3) source: 20dalsace.com
 

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lundi, 04 septembre 2006

Blogosphère

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A l'heure où Christophe Carignano tente de mettre le holà sur ses relations avec l'inénarrable Loïc Le Meur (2) (lui-même atteint dans sa virilité par l'excellent 20sur20 - rien à voir avec vinsurvin), à l'heure où l'ineffable (pour ne pas dire le sublime) Pierre Bouzin (1) continue de se faire bronzer (et mousser) à Cannes et où la photographe bretonne Cerise ne cesse de nous épater avec ses clichés, ça chauffe grave sur la blogosphère. Sans compter que Lionel s'y met aussi. Juste une manière pour moi de vous présenter les blogs sur lesquels je traîne en ce moment ou que je vais visiter occasionnellement. Attention rien à voir avec le vin! A première vue. Comme tout le monde, certains de ces blogs ont attiré mon attention grâce à leur originalité, aux thèmes qu'ils abordent ou aux sujets de discussion qu'ils lancent. D'autres trouvent leur raison de vivre non sans une certaine forme d'originalité aussi, sauf que leur intérêt réside dans la façon qu'ils ont de tenter de transformer du rien, du vide ou même du vent en matière. Dans leur plus grand droit démocratique, bien sûr. Tout un art, vous le constaterez vous-mêmes. On pourrait croire que cela n'a aucun rapport avec VINSURVIN, qui comme chacun sait, brasse surtout du raisin fraichement cueilli. Mais en fait, tout est question d'alchimie et celle-ci ne peut pas toujours se faire entre le bloggeur et le lecteur surtout lorsqu'il s'agit de se vanter que l'on a distribué des tatannes ou des tongues signées UMP sur les plages de France et de Navarre cet été où que l'on se trouve en salle de presse des universités de l'UMP, devant sa web cam, avouant pathétiquement n'avoir rien à livrer. J'avais jadis livré mes agacements cathodiques, voici les blogosphériques. Voilà, c'est fait. Cela ne nous empêchera pas de continuer de nous intéresser aux magiciens de la vigne. A ce sujet, vous l'avez sans doute remarqué, VINSURVIN subit une sévère baisse de régime dûe à la rentrée (la consommation de chardonnay, de syrah et de  mourvèdre avec - c'est ça le plus dur) Ceci dit, en pleine période de vendanges, j'ai quelques infos à vous communiquer, notamment aux amoureux et aux amoureuses des vins du Languedoc. Ceci pourrait d'ailleurs être l'objet d'un dossier. En effet, j'aimerais suivre un vin depuis la taille de son raisin jusqu'à sa mise en bouteille. D'accord avec vous, la conception commence depuis la pousse de la vigne, mais pour commencer, les différentes étapes depuis les vendanges jusqu'à la pose de la capsule peuvent peut-être vous intéresser.

Je suis en contact avec un vigneron de Saint-Félix de Lodèves, dont je vous ai déjà parlé, suite à mon périple en Hérault. Par l'intermédiaire de Guilhem Coste, dont le sauvigon (le Cornouiller) a encore fait des heureux ce week-end, je rédige un post dès que j'ai cinq minutes, le temps que cela fermente dans mon petit cerveau.

Et toujours les bons plans restos et bars à vin à Paris. Browser les différentes catégories à droite.

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jeudi, 24 août 2006

Les bouteilles de la rentrée!

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L'été s'achève tristement à Paris et sur le pays. Les souvenirs de vacances s'embrouillent avec les dures réalités de la rentrée et déjà nous tournons-nous vers des événements futurs susceptibles de nous réjouir et de nous embellir le paysage. Les réunions entre amis où l'on se racontera nos vacances en s'échageant anecdotes, photos et objets glanés sur nos lieus de villégiatures ne devraient pas manquer. A ce propos, je pense avoir ce qu'il vous faut, côté flacons rouges ou blancs, pour accompagner ces délicieux moments.

Apéro qui traîne.

Il va sans aucun doute y avoir cet apéritif informel avec ces quelques voisins, habitants de la rue ou du quartier avec qui l'on ne cesse d'évoquer les vacances sur le trottoir jusqu'à qu'on finisse par s'inviter à venir  discuter de l'ile de Bréhat, de la Croatie ou de l'Amazonie. Des amateurs de vin, on le sait.

L'exotisme nous pousserait à sortir cet excellent Chardonnay Argentin ramené de Quito. Problème: il n'y en a qu'un dans la cave. On ne pourra en servir deux... Et puis, Quito, ça fait de la route pour acheter un Chardonnay... Solution numéro une: se rendre chez Lavinia, Bld de la Madeleine où on trouve un Chardonnay du Chili. Pour être franc avec vous, je ne l'ai pas goûté mais je pense que l'on peut faire confiance à ce magasin, dans lequel il m'arrive de me rendre (voir note sur Mas des Brousses). Le  cas échéant, se rabattre sur un autre Chardonnay, type Chablis. Et pourquoi pas partir sur un très jeune Pouilly Fumé? Chez ton caviste du coin tu te rendras (éviter Nicolas aussi bien que faire se peut, ici lien vers quelques cavistes parisiens). Une petite demie-heure au préalable tu aéreras ton vin, et frais tu le serviras. Cependant, les amis peuvent aussi préférer un rouge léger (nous sommes tout de même encore en été, non?!). Peut-être aurez-vous quelque cochonaille ramenée des marchés provençaux? L'idéal serait un rosé du Languedoc, type Faugères du Domaine de Valambelle ou, le top, du Domaine de l'Estanille, trouvable dans les bonnes maisons. Autrement, partons sur un Brouilly ou un Morgon (le cépage gamay plaira particulièrement à ces dames). Faites-vous bien conseiller car il y a Brouilly et Brouilly. Faites confiance à votre caviste et dites lui pour quelle occasion vous désirez ce type de bouteille. Apéro et repas ne requièrent pas les mêmes types de vin.  

Budget blanc: Chardonnay du Chili: 6,90€ / Chablis (ou même Petit Chablis): pas plus de 10€ / Pouilly Fumé (ou même gamme - Ménetou Salon, Quincy, Reuilly): pas plus de 10 € non plus.

Budget rosé: de 7 à 9 € pour un bon Faugères. Les Estanilles: 11,50€ au Domaine... (me contacter)

Budget rosé: Brouilly, Morgon: entre 7 et 10€ chez les bons cavistes. Exemple: Cave Pouchet, rue Pouchet, Paris 17! Bus 66, Métro Guy Môquet.

Bonne rentrée, bonnes dégustations!

*Photo prise cet été au bord du Rio Arajuna, Amazonie, Equateur. Arrivée dans la communauté indigène de Campo Cocha.

- RAPPELONS QUE L'ABUS D'ALCOOL EST DANGEUREUX POUR LA SANTE. CONSOMMEZ AVEC MODERATION -

 

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dimanche, 16 juillet 2006

VINSURVIN PART EN VACANCES

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A nous la RN 12, à nous les véhicules à l'immatriculation commençant par un 9 roulant à 115 sur la file du milieu, à nous les aires de repos cerclées par des armées de guêpes! Hippolyte et votre humble serviteur mettent le cap à l'ouest. Point de champs de vignes à perte de vue, de vignerons avec qui taper le bout de gras, de vins de pays à déguster. Certes. Mais la galette-saucisse-cidre a son charme! Les vins de pays? Cela sera pour fin août et j'ai déjà hâte de vous conter mon périple en Languedoc, accompagné, je l'espère, de mon fidèle compagnon, Christophe. Tels  Don Quichotte de la Mancha  et Sancho Pança, nous sillonnerons les chemins d'Oc, de Saint-Félix de Lodève à Puéchabon en passant par Montpeyroux, via le Pont du diable, en quête du Sacré Graal, sorte de flacon sacré permettant d'atteindre le nirvana dionysosien. Mais, je m'éloigne des côtes bretonnes, de la brise marine et de la houle armoricaine. Point de vin, peut-être, mais du poisson et de l'air pure! De fait, VINSURVIN fait une petite pause. Rien ne vous empêche ceci dit de venir consulter de temps à autres car Dieu sait que Paris vaut franchement le détour à cette époque de l'année. Alors, avant de vous retrouver pour de nouveaux bons plans, je vous souhaite de bonnes vacances et/ou plein de courage si vous travaillez. A très bientôt!

vinsurvin, c'est peut-être pas le Pariscope, mais c'est bien pratique!

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lundi, 03 juillet 2006

Vente aux enchères à la Mairie de Paris

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 Cave à vin. 500.000€ espérés aux enchères. (une info JDD du 02/07/06)

Pétrus, Margaux, Haut-Brion, Latour... (...) La mairie de Paris a décidé de se séparer de la majeure partie de ces "vins de collection": près de 5000 bouteilles prestigieuses - sur 7000 en cave - seront vendues aux enchères cet automne  dans les grands salons. Cette décision devrait être votée au Conseil de Paris le 10 juillet. Elle fait suite à un rapport de l'inspection générale d'octobre 2005 qui pointait "un stock disproportionné par rapport à la consommation" et un "prix très élevé de certaines bouteilles". Le risque d'une crue (...) est aussi évoqué. (...) La vente confiée au Crédit municipal, pourrait rapporter plus de 500.000€.

"On ne gardera que quelques belles bouteilles pour les invités de marque, mais on n'a pas besoin de crus aussi exceptionnels", explique le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Si le nombre de réceptions n'a pas diminué depuis 2001 (500 par an), la consommation de vin et d'alcool a beaucoup baissé (28.821 bouteilles en 2000, 15.193 en 2004), souligne l'inspection générale. (...) Christophe Caresche, adjoint au maire (PS): "On ne peut décemment mettre sur la table une bouteille qui coûte plus de 1500€. Cela dit, ces vins n'ont pas été achetés très chers à l'époque et ont pris beaucoup de valeur." De son côté, Bernard Bled - aujourd'hui directeur général de l'établissement public d'aménagement de la Défense - se désole de cette vente: "Ces vins ont été achetés sous Chirac-Tibéri  pour tenir notre rang de capitale de la France dans le prestige mondial. Je les ai choisis moi-même. Je suis navré qu'ils n'aient pas été bus."

Alors, de deux choses l'une au regard des chiffres de la consommation d'alcool sous un Chirac et sous un Delanoë: où l'actuel président de la République était un gros fêtard (on sait qu'il adore la bière) et ça ne devait pas être triste à la mairie les soirs de "teufs" où on s'emmerde royallement depuis l'arrivée de "trandber".

Quoiqu'il en soit, on ne m'empêchera pas de penser que cette vente aux enchères serait une catastrophe pour la ville de Paris et surtout pour les parisiens. Un tel trésor distribué aux plus nantis de la capitale, voilà qui n'est pas très socialiste! Cette idée montre également le manque cruel d'imagination de la municipalité en place. Effectivement, ce trop-plein de bonnes bouteilles est l'occasion de remercier les parisiens et les parisiennes. Pas n'importe lesquels, cela va sans dire! On pourrait, tous les ans, après le 11 novembre par exemple (qui nous rappelle de tristes souvenirs et nous renvoie à la douleur collective), offrir un flacon à ceux qui parlent de leur ville, qui félicitent ses commerçants pour la qualité de leurs acceuil, gastronomie et cartes des vins notamment, qui incitent ses habitants à sortir et à consommer, participant par là même au bien-être économique, social et culturel de la ville lumière. D'aucuns ont à l'esprit ces écrivains de l'ombre, ces journaleux en macadam, ces gastronomes masqués qui se précipitent  devant leurs ordinateurs, éclairés d'une simple bougie, pour coucher sur leur blog les impressions nées de ces longs et fastidieux moments passés à table. Remercions-les, encourageons-les, décorons-les!

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"Pas 5, pas 500, mais 500.000€! Il paraît qu'ils espèrent en tirer 500.000€!!!"

 

11:25 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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