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dimanche, 30 septembre 2007

La Sorbonne, le Vin et les Jeunes.

 

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Le lieu à lui tout seul en valait la chandelle. La Sorbonne, antre du savoir et de l’éducation, accueillait jeudi soir dernier la conférence au titre aussi ambitieux que les têtes pensantes y ayant usé leurs fonds de culotte : « l’éducation au vin chez les jeunes : clé d’une consommation responsable et modérée? ». Sous l’égide de Denis Saverot (rédacteur en chef de la Revue du Vin de France) et de Bernard Farges (président du syndicat des vins des Bordeaux Bordeaux Supérieur), la soirée voyait défiler des intervenants dissertant sur les moyens mis et à mettre en œuvre pour mener les jeunes à une consommation du vin responsable et modérée. A l’heure où le vin se voit diabolisé (voir le verre de rosé en couverture du magazine Valeurs Mutualistes de sept-oct 2007 pour illustrer le sujet principal : Alcool, halte aux dégâts), dans une époque où le vin est désormais un délit, dans une France enclin à dilapider son propre patrimoine, il semble que promouvoir le boire moins mais mieux soit un impératif.  Surtout auprès des jeunes.   

Dans une salle prodigieusement ornée de peintures, de lustres, de vitraux ou encore de boiseries dorées, et devant un par-terre de gens du monde du vin et de journalistes, Jean-Robert Pitte, président de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV), passionné de vin et auteur d’ouvrages sur la question, lance le débat de façon convaincante et pédagogique. Notant que la consommation de vin en France a chuté de 51% depuis 1961 et de 13% pour l’alcool, il insiste que «le but n’est pas de pousser à la consommation mais de créer un désir.» Partisan de l’éducation et de la responsabilisation, il s’oppose au tout-interdit. Le vin et l’olivier sont les racines de notre civilisation. Les diaboliser reviendrait à rejeter les fondements de notre propre culture. « Dans le Coran, le prophète, ayant constaté les dégâts du vin sur son peuple, décide de leur interdire et qu’ils pourront en jouir au paradis. » Jean-Pierre Pitte respecte ce choix mais ne considère pas l’interdit comme la meilleure des méthodes pour responsabiliser les gens. L’auteur de « Bordeaux, Bourgogne, des passions rivales » est convaincu qu’il faut parler du vin au lycée. « Le vin comme un reflet du terroir » serait un parfait sujet d’étude en histoire et géographie. La séance s’achèverait par une dégustation. Elle serait suivie d’ « une visite sur le terrain afin que les élèves puissent découvrir le milieu, le savoir-faire, le talent, l’art du vigneron. » Car pour Jean-Pierre Pitte, faire du vin est un art. Le doux rêveur serait curieux de suivre le parcours d’un vigneron sur une année afin de relever toutes les décisions, fussent-elles infimes, qui font le vin. Les métiers de la vigne pour enseigner la gestion de l’entreprise seraient également au programme de l’école selon J.P. Pitte. Par ailleurs, le vin pourrait également s’avérer excellente initiation à la complexité : « le vin, métaphore de la société, de la complexité humaine. » L’ambition, (le rêve ?), du géographe : « faire entrer le vin dans l’Education Nationale et faire comprendre aux jeunes que la qualité est accessible à tous. »

Le Docteur Louis Pizzaro, médecin, également engagé dans des activités humanitaires et amateur de vin à qui il arrive de signer des chroniques dans la RVVF, s’interroge sur ce qu’il faut enseigner en matière de vin. Prenant les grandes écoles de Cambridge et d’Oxford en exemple, il évoque les compétitions entre les deux fameuses villes anglaises (Master of Wine) et le partage du vin entre professeurs et étudiants comme étant une vieille coutume britannique. Parmi les initiatives, il évoque le Bacchus de l’université de Montpellier et les différents clubs de dégustation et d’œnologie dans les grandes écoles françaises. Il finit son intervention en regrettant la dichotomie entre la rentabilité économique et la nécessité de responsabiliser.

Vient ensuite le quart d’heure humoristique avec le député de la Gironde (UMP) et Vice Président du groupe viticole à l’Assemblée Nationale, Jean-Paul Garraud. Manifestement arrivé les mains dans les poches sans avoir préparé quoi que ce soit, monsieur Garraud va multiplier les inepties (« on voit de plus en plus d’acteurs boire du vin dans les films américains et on n’en voit plus dans le cinéma français », normal quand on ne va jamais au cinéma monsieur le député, démonstration au passage de votre américanisation), les clichés politiciens (« le vin, un sujet qui transcende les clivages politiques », effectivement, depuis la loi Evin, tous les gouvernements sont d’accord pour laminer le vin français) et le blabla de circonstance (« Il faut arriver à faire comprendre la dimension de ce produit par des mesures non discriminantes »), circonstanciel quand on envisage de faire passer les limites de consommation au volant de 0,5 à 0,2g (voire 0), quand on réprime à tour de bras et qu’on n’a pas été fichu d’empêcher la création (par ses paires UMPistes !!) du logo signifiant la dangerosité du vin sur le fœtus des femmes enceintes, un signe excluant la responsabilisation et  confirmant l’infantilisation ambiante. Garraud le regrette, prouvant son impuissance au passage. Si ce n’est son incompétence. Il s’est tourné vers une commissaire européenne pour régler le problème mais cette dernière lui a répondu, à juste titre, que c’était un problème franco-français. En somme, voyez ça avec votre oenophobe de président.

Le manque de clarté et la complaisance dans le flou auront également symbolisé ce discours (le speech, devrais-je écrire) dont l’hémorragie d'errements aurait nécessité un garrot. « Le conseil de modération » : de quoi s’agit-il monsieur Garraud ? « La mission d’information a rendu son rapport » : mais encore ? Que dit ce rapport ? Quelle est le dessein de cette mission ?

« Il faut modifier la loi Evin » : comment ? Quelles sont vos méthodes et vos moyens ? S’inscrivant dans le conceptuel plus que dans l’action, dans le verbiage plus que dans l’agissement, n’abordant pas une seule fois le sujet de la conférence (éducation, responsabilisation, jeunes… ne font pas partis du lexique de M. Garraud), le politique, hors sujet sur cet oral, aura néanmoins réussi une chose : nous confirmer qu’il ne faudra pas compter sur le gouvernement de François Fillon pour redorer le blason du vin français et pour éduquer les jeunes à une consommation raisonnable et réfléchie de vin. Normal, ça coûte de l’argent et ça n’en rapporte pas.

Le Docteur Lanzman vient ensuite nous parler du French Paradox : les français connaissent la mortalité cardio-vasculaire la plus basse du monde. Enfin, presque, le cas existe aussi au Japon – en dehors des Sumo (ndlr). La mortalité de toute cause est également inférieure de 20% chez les buveurs de vin. Des chiffres intéressants et qui confirment en effet les bénéfices thérapeutiques du vin. Mais il n’est pas arrivé le jour où l’on mettra un patient sous chinon pour faire baisser son taux de cholestérol. 

La thèse du French Paradox est d’ailleurs vite battue en brèche par Hubert Sacy, directeur général d’Educ’alcool au Québec. Educ’alcool est un organisme indépendant et sans but lucratif qui met en place depuis près de vingt ans des programmes de prévention et d’éducation, en particulier à destination des jeunes, visant à promouvoir la culture du goût, de la dégustation, au détriment de la culture de l’ivresse. Leur slogan : « la modération a bien meilleur goût. »

Le sentiment qui se dégage au final est mitigé. Cette conférence aura eu le mérite de soulever un thème majeur de notre société : éduquer les jeunes à la modération et à la responsabilisation. Cela ne se fera pas sans l’aide des gouvernements, des écoles, des acteurs du monde du vin et des parents. Le sujet est sensible, la tâche ardue, dans le sens où il s’agit de détourner les jeunes des alcools forts (entre les mains de lobbies puissants et insensibles à la santé des jeunes) pour les amener à une consommation de vin sans tomber dans l’excès. Point positif pour le vin, cette dernière condition semble s’imposer naturellement, le vin rimant avec "convivialité", "communion", "amitié", "famille", "culture" et non avec "beuverie", pour faire court. Cependant, le goût et l'argent guidant naturellement les choix des jeunes, on regrettera que si, en France, l’on peut se procurer du vin pour moins de 3€, le facteur chance quant à sa qualité et sa « buvabilité » joue une part prépondérante. 

 

samedi, 15 septembre 2007

"C'est la Lutt'... viticole."

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S'il semble que ce blog soit parfois visité par quelques spécialistes en la matière, ce qui m'honore, il n'en demeure pas moins conçu par un amateur et pour les amateurs. Sa vocation est de faire découvrir les vins de France, de Navarre, mais aussi de l'étranger, à quiconque éprouverait un intérêt, fut-il minime, pour ces joyaux que sont les vins français. Par ailleurs, sans inimitié ni antipathie aucune pour les vins du bordelais, mais sans complaisance non plus, son ambition serait que sorte de la tête des gens l'idée selon laquelle le bordeaux est ce qui se fait de mieux en France. Car c'est un leurre. Si le bordeaux jouit d'une notoriété incontestable, elle n'est pas inébranlable. Si le bordelais produit des vins d'une qualité exceptionnelle, elle n'est pas inégalable. Encore moins inégalée! Si le roi des vins de France et consorts nous gratifient de nectars sensationnels, réservés bien souvent à l'export et à une poignée d'happy few, le bordeaux de base (appelé "supérieur" ou "Cru Bourgeois") n'est qu'une bien pâle copie de ses maîtres, sorte de valet ou de bouffon de la Cour médocienne. Avatars et ersatz nourissent donc les caddies de ceux pour qui l'achat d'un Bourgeuil, d'un Rasteau ou d'un Pécharmant s'apparente à une aventure, un risque, une erreur. L'hégémonie bordelaise est imprégnée à ce point dans l'esprit des français, chose préjudiciable pour le vignoble français.

Le vin : un simple produit de consommation. Pour un rééquilibre de la réalité, il faut que, chez le consommateur lambda, cesse l'achat compulsif et aveugle de bordeaux (souvent peu cher et médiocre, lire ici par ailleurs) à la faveur de vins issus de nos régions, du même prix, et meilleurs. Les foires aux vins qui s'abattent dans nos grandes surfaces sont de véritables foires du trône bordelais. La dictature du bordeaux a encore de beaux jours. Pas que les responsables achats n'y connaissent rien en vin ; à la recherche de l'enrichisement maximal, ils savent pertinemment que ce dernier sera atteint par la vente de bordeaux. Pas de Ladoix. Ces marchés aux bestiaux ne sont pas là pour célébrer le vignoble français mais pour honorer ceux pour qui le vin n'est plus, depuis longtemps, un élément phare de la culture française, mais un simple produit de consommation, tel que la lessive ou la paté pour chien. Ils n'ont cure de la déliquescence du beaujolais et du languedoc. Au contraire, il s'en nourrissent. Prenez la Revue des Vins de France de ce mois-ci, section foires aux vins Ile-de-France : il n'y en a que pour Bordeaux! On lit même page 75 : des verticales de bordeaux jusqu'en 2005! Quelle horreur! L'horizon est bien terne.

Goûter et jouir du trésor. Bien que le thème soit largement abordé sur ce blog, à quand une étude sur le rapport qualité/prix entre un vin de bordeaux et celui d'une autre région? Je mets ma main à couper que, pour 5€, personne ne me fera boire un bordeaux aussi bon, voire meilleur, que les chinons dont je vante la qualité sur ce blog. Combien de bordeaux tiendraient la route en face de certains vin de pays (Languedoc, Ardèche notamment) qui parsèment ce blog? Par le biais d'une éducation et d'une communication intelligentes (émissions de radio, articles de presse, écoles, blogs, salons des vins...), il faut que l'éclectisme devienne la règle, et non plus l'exception. Il faut que l'expression franchouillarde la plus vraie mais la plus banale qui soit  "ah, on a du bon vin en France" soit ponctuée de citations et d'expériences concrètes par son énonciateur. Il est temps que les amateurs français prennent conscience du trésor qui est le leur, qu'ils y goûtent et qu'ils en jouissent. 

 

11:15 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (5)

vendredi, 31 août 2007

Le Vin chez les Jeunes.

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Hippolyte. Trois ans à la fin des vendanges. L'éducation au vin chez les jeunes commence dès le plus jeune âge.

Agenda. 

Comment responsabiliser les jeunes face à l'alcool? La question du vin chez les jeunes a été abordée à deux reprises sur vinsurvin (ici et ) et c'est Jean-Pierre Tuil, de l'Université Paris-Sorbonne qui relance le débat en ayant la gentillesse de m'informer de la tenue d'une grande conférence à la Sorbonne le jeudi 27 septembre à 18h00, ouverte au public, sur L'EDUCATION AU VIN CHEZ LES JEUNES: CLE DUNE CONSOMMATION RESPONSABLE ET MODEREE?

Je vous restitue le mail:

"Monsieur,

Nous sommes ravis de vous informer de l’organisation d’une grande conférence à la Sorbonne ouverte au public, sur

L’EDUCATION AU VIN CHEZ LES JEUNES : CLE D’UNE CONSOMMATION RESPONSABLE ET MODEREE ?

JEUDI 27 SEPTEMBRE

À 18 H, A LA SORBONNE *

Animée par Denis Saverot, rédacteur en chef de La Revue du Vin de France, cette conférence sera suivie d’un débat auquel nous vous invitons à participer. Vous pourrez intervenir et partager vos expériences en présence de journalistes spécialisés et des jeunes, membres de clubs oenologiques mais aussi des néophytes.

A l’initiative du syndicat des vins de Bordeaux et Bordeaux supérieur, une dégustation de Bordeaux rouge, blancs et rosés sera proposée lors du cocktail qui clôturera la conférence.  

Nous serions heureux de votre présence, qui permettrait d’enrichir le débat, et vous serions reconnaissant de diffuser l’information sur votre blog et votre entourage. Le nombre de places étant limité, je vous remercie de me confirmer au plus vite votre participation à ce débat par mail à jptuil@wanadoo.fr .

Cordialement,

Jean Pierre Tuil.

* Université Paris-Sorbonne – Grand Salon - 1, rue Victor Cousin, Paris 5e – Métro : Cluny-La Sorbonne."

 

16:16 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 11 juillet 2007

UNE SOIREE DANS LES VIGNES…

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En juillet et août 2007, les vignerons de l’appellation Touraine vous font vivre des soirées inoubliables. Vingt deux soirées pour découvrir les paysages viticoles.

Située sur la plus longue route touristique des vignobles de France, l’appellation Touraine (5 500 ha principalement dans le département du Loir-et-Cher) propose aux touristes de découvrir ses paysages et de déguster ses vins.

Des plateaux de la Sologne viticole aux coteaux du Cher et de la Loire, suivre la route des vignobles de l’appellation Touraine, c’est découvrir l’étendue du patrimoine viticole et des sites touristiques et historiques en suivant un itinéraire choisi pour la qualité de ses paysages, loin des grands axes de circulation.

Déroulement des soirées.

De mi juillet à mi août 2007, à partir de 17h30, un vigneron de l’appellation Touraine vous accueille gratuitement et vous conduit sur les sentiers, à la découverte de la beauté des paysages viticoles et des terroirs. Un arrêt dans le vignoble et vous partagez la passion du métier le temps d’une explication. Enfin, après la visite du chai, vous appréciez la dégustation des vins de Touraine accompagnés de spécialités gastronomiques.   

Planning des soirées.

 

 

11 juillet : Domaine Biet, à Seigy (41)

19 juillet : Château de Quinçay, à Meusne (41)

20 juillet : Les Vignerons des coteaux Romanais, à St Romain sur cher(41)

24 juillet : Domaine de la Girardière, à St Aignan sur Cher (41)

25 juillet : Cave du Père Auguste, à Civray de Touraine (37)

26 juillet : La Chapinière de Chateauvieux, à Chateauvieux (41)

26 juillet : Domaine du Coteau, à Monthou sur Bièvre (41)

27 juillet : Domaine de la Renaudie, à Mareuil (41)

27 juillet : Château de l’Aulée, à Azay le rideau (37)

30 juillet : Domaine Jourdain, à Lye (36)

31 juillet : Domaine de la Rablais, à St Georges sur Cher (41)

31 juillet : Domaine du Chapitre, à St Romain sur Cher (41)

01 août : Domaine des Roy, à Pontlevoy (41)

02 août : Domaine de la Bergeonnière, à St Romain sur Cher (41)

03 août : Domaine Janvier, à Thésée la Romaine (41)

07 août : Domaine du Bien Vivre, à St Romain sur Cher (41)

08 août : Cave de Monmousseau, à Montrichard (41)

09 août : Domaine des Pierrettes, à Rilly sur Loire (41)

10 août : Domaine du Vieux Pressoir, à Rilly sur Loire (41)

11 août : Domaine de la Doltière, à Chateauvieux (41)

14 août : Château des Couldraies, à St Georges sur Cher (41)

17 août : Domaine Pibaleau, à Azay le rideau (37)

Une Soirée dans les vignes 2007

Renseignements et réservations : Office de Tourisme Val de cher Saint Aignan : 02 54 71 77 23

Organisation : Syndicat des Vins de l’Appellation Touraine : 02 54 75 55 96

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dimanche, 08 avril 2007

Vin et réchauffement de la planète.

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DIJON (AFP) - La vigne, dont les spécificités sont très liées à des critères météorologiques, s'apprête à vivre une phase de grande mutation --notamment géographique-- en raison du réchauffement de la planète, selon des scientifiques réunis à Dijon à l'occasion d'un colloque (28-30 mars 2007).

Si la hausse des températures est le critère souvent retenu dans les modifications que va subir la vigne en France, précipitations et ensoleillement n'en sont pas moins: "La vigne est très fortement influencée par le climat", note Bernard Seguin, de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) d'Avignon, un des spécialistes présents à l'Université de Bourgogne qui abrite le colloque sur le thème: "Réchauffement climatique, quels impacts probables sur les vignobles?".

La date des vendanges est à ce titre un outil précieux de l'évolution climatique: "une variation d'un degré par rapport à la normale entre mai et août entraîne une variation de 10 jours de la date des vendanges", explique Valérie Daux, du laboratoire des sciences du climat et de l'environnement.

"En disposant d'une longue série de dates de vendanges, et en tenant compte de l'influence exercée par des facteurs extraclimatiques, on peut établir des variations décennales et séculaires du climat", souligne Luca Bonardi, de l'Institut de géographie humaine de l'Université de Milan.

Grâce aux études d'Emmanuel Le Roy Ladurie, membre de l'Institut de France, également présent à Dijon, "la méthode des vendanges a permis des reconstructions assez fidèles concernant les six derniers siècles du climat en France", observe M. Bonardi.

A l'étude du seul XXe siècle, le constat du réchauffement climatique est sans appel. "Vers 1945, les vendanges à Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse) intervenaient début octobre. Aujourd'hui, c'est début septembre", relève Bernard Seguin.

En outre, la perspective scientifique d'un réchauffement croissant de la planète devrait avoir des effets majeurs sur l'emplacement des vignobles.

"En Europe,la limite septentrionale de la culture s'étendait en 1946 de la Bretagne à l'Ukraine, en passant par Paris et Berlin. D'ici 2100, elle devrait remonter jusqu'en Scandinavie", fait valoir le scientifique de l'Inra.

En 2050, "on pourrait assister dans le sud de la France à des vendanges début août. Et les Côtes du Rhône ressembleront peut-être à du Sidi Brahim", un vin d'Afrique du Nord, estime-t-il. En effet, l'évolution géographique des cépages devrait, elle aussi, être significative.

A chaque cépage son climat, comme le signale Grégory Jones, de l'Université Sud Oregon: pour le Pinot Gris, la température moyenne durant la période de phénologie -qui court du premier bourgeon à la maturation- doit être de 13 à 15 degrés, 16-20° pour la Syrah ou encore 18-22° pour le Nebbiolo. De telle sorte qu'à l'heure actuelle on ne trouve de la Syrah que dans le Sud de l'Europe. "Mais en 2100, avance Bernard Seguin, il sera peut-être possible d'en cultiver en Champagne". Par Guillaume Klein, Yahoo!

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jeudi, 18 janvier 2007

"News" de ma "winery".

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"Je tiens à remercier mon père, ma mère et mon caviste."

 

Bon, alors je les entends déjà les protestataires se demandant ce qui se passe sur vinsurvin  en ce moment, enfin, ce qui ne se passe pas puisque depuis quelques jours: plus rien. Alors, j'aimerais faire taire les rumeurs.

     "Il paraît qu'il arrêterait, ça le soule."

     "Il serait devenu buveur passif."

     "Il s'est barré avec la blonde de CityZen."

     "Il a signé un contrat chez Wine Spectator et goûte du vin dans son bureau."

     "Il vit à Bordeaux."

Que nenni, malfrat de contrées inconnues! Descends de ta monture que je fasse couler le vin de ta besace. 

Pas que l'actualité oenophilo-vinico-viticole soit d'huile telle ma Manche natale un matin d'avril. Bien au contraire, mais pas comme vous le croyez.

Cette semaine fut riche en événements.

Tout a basculé lundi matin. Très tôt. Au son de la voix de Jean-Pierre Laborde dans A La Une de la Presse ou de celle d'Olivier De Lagarde dans Question d'Info (quoique Joël Collado soit sur le point de détrôner le mythique Albert Simon). Devant mon bol de café (équatorien et équitable, ce qui me permet d'avoir une pensée, moi, le nanti méchant capitaliste occidental parisien, pour ce paysan (et sa famille) qui me regarde tous les matins sur le paquet avec ce grand sourire et avec qui par la force des choses et au fil du temps j'ai dû sympathiser).

Qu'entends-je alors à la radio? Que le Salon des Vins de Loire se déroulant les 5, 6 et 7 février prochains remettra les Wine Blog Trophies. Les Wine Blog Trophies, COME ON! me dis-je alors. Qu'est-ce que c'est encore que cette connerie? Je m'interroge dans mon style bien franco-français. Ils ne peuvent pas appeler ça "Les Trophées des Blogs dédiés au Vin"? Après Loft Story, Camel Trophy et Super Nanny: les Wine Blog Trophies! Enfin, bon, c'est vrai quoi? Pourquoi faut-il, dans un pays où à peine 1 français sur 100 est capable de donner son nom et son adresse dans un anglais plus qu'approximatif au premier Gallois venu, que l'on abuse de la langue de Shakespeare à tous les coins de rue? Peut-être les organisateurs des WBT (ce qui fait, d'ailleurs, penser à la WBA, la ligue de boxe américaine) ont-ils voulu donner une dimension américaine (californienne?!) à cet événement? Va savoir. Sont-ce les élections qui leur montent à la tête et le show libéralo-capitalo-atlantisto-Jaurèso sarkozien qui iradie même le monde du vin? Enfin, bon, génial, il n'est pas 7h00 du matin et je suis déjà énervé. J'ai qui en première heure? Terminale G? OK, interro. Ils vont morfler. Fallait pas'm'chercher de si bon matin.

Le site des WBT nous informe qu'aujourd'hui, les blogs sont un véritable phénomène de société. Un nouvel espace d'expression où journalistes spécialisés, oenologues et amateurs éclairés échangent des informations complémentaires aux magazines et sites consacrés aux vins. Le SALON DES VINS DE LOIRE se devait de comprendre et d'analyser ce phénomène touchant plus de 3,2 millions de personnes et dont la présence dans l'univers du vin est de plus en plus perceptible.

En fin d'après-midi, de retour du lycée (et après avoir essuyé une émeute dans la classe de terminale en question, évité une chaise et esquivé quelques crachats), je me connecte sur le site des WBT et leur envoie un mail pour informer ces wine blog trophy makers que je connais un blog, pas mal, enfin bon, pas génial non plus, un parisien, un de plus, qui aime le vin et le fait savoir. Le blog s'appelle vinsurvin et, bon, il pourrait s'avérer intéressant d'y jeter un oeil, enfin, si vous avez le temps.

Quelques minutes plus tard, le son de la voix de Jennifer (ma boîte vocale) retentit (dans tout le quartier): "You've got an e-mail, honey!" Ok, Jen, let's check it out! Le mail vient de OPHA, une boîte de com parisienne qui dit, mot pour mot, 

Bonjour,

La bonne nouvelle, c’est que vous êtes dans la liste de blogs présélectionnés qu’analyse le jury en ce moment.

Verdict le 5 février !

Bonne chance,

David Leprince.

Vous l’avez donc compris, vinsurvin, pourrait se voir remettre le Wine Blog Trophy ! N’est-ce pas génial ? Et puis, ce nom, "Wine Blog Trophy". Superbe. Enfin des gens à l’esprit international! Un nom sortant des sentiers battus, anti-conformiste, anti-politically correct. Un nom qui voit loin. Atlantiste. Libéral. Sarkoziste. Génial, quoi!  Des anglophiles, enfin! Où dois-je signer ?

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jeudi, 21 décembre 2006

BON PLAN VIN de BOURGOGNE PAS CHER

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Au secours! Vous êtes tellement débordé(e) que vous vous êtes réveillé(e) ce matin en réalisant que Noël, c'est (déjà) dans trois jours: "Oh, putain, chuis mal(e), ma soeur, mon frère, ma belle-mère - quoi que elle cette année je la zappe... Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur acheter?" Evidemment, à vivre sur une autre planète comme vous le faites, vous vous retrouvez littéralement débordé(e) au moindre imprévu. Car dans l'échelle des événements essentiels qui régissent votre vie se trouvent aujourd'hui des deadlines tels que le staff meeting de 9h au sujet de la mise en réseau de l'antenne parisienne d'un grand groupe d'assurances allemand, le debriefing du projet Simmons and Simmons de 14h (avec un correspondant japonnais hyper important), ou encore la réunion de copro avec cette conne du 5ème qui va encore mettre son véto sur la moindre décision: "Changer l'ampoule sur le palier du 3ème, non mais, attendez, vous plaisantez j'espère? Vous avez vu combien ça coûte? Et puis on vient de changer la poignée de la porte de la cave." Alors, de deux choses l'une. Ou vous êtes du genre masochisto-suicidaire et vous entreprenez dès demain une expédition commando de la dernière chance Boulevard Hausmann (mais je ne garantis pas le retour), ou vous suivez mon conseil. Autre cas de figure qui vous avez coûté des sueurs ce matin devant votre bol de café à 6h55 au son de la voix de Joël Collado: vous aviez complètement zappé que le réveillon de Noël, cette année, c'est chez vous. Et question pinard, vous n'y connaissez rien, sauf que vous savez qu'avec la viande faisandée, le Bourgogne, il n'y a rien de tel. Mais où le trouver? Lequel acheter? Et surtout, il va falloir plusieurs bouteilles et ça va coûter bonbon. Sauf que vinsurvin est là pour vous sortir de la panade. Merci qui? Non, de rien, ça me fait plaisir. 

medium_free_shipping_image.gifLe conseil en question, c'est quoi? Et bien, c'est simple. Vous cliquez ici et vous entrez... dans un monde meilleur. Celui de le20.fr, un site qui regroupe des producteurs bourguignons (et du Rhône depuis peu) qui vendent leur vin à des tarifs défiant toute concurrence (voir sélection, parfois un peu chère j'en conviens, mais quand on aime...). Malheureusement, il y a un bémol. Il va falloir casser votre tirelire ou vous y mettre à plusieurs si vous voulez éviter les frais de port (raisonnables au demeurant).

MORGON 2004, 9€95 au lieu de 15€00, soit 34% d'économie.
Prix par bouteille, vendu par 6

Pierre de Chabliseau 

PULIGNY-MONTRACHET 1er CRU Champs Gains 2001, 25€00 au lieu de 33€00, soit 25% d'économie.
Prix par bouteille, vendu par 6

Stéphan Maroslavac 

POMMARD 1er Cru 2004, 19€00 au lieu de 27€00, soit 30% d'économie
Prix par bouteille, vendu par 3

Domaine de la Combe 

Gigondas Tour de L'Isle 2004, 9,50€ au lieu de 14,60€, soit 35€ d'économie.
Prix par bouteille, vendu par 6

André Gras & Fils 

Côtes du Rhône CAIRANNE 1996, 16,30€ au lieu de 27,00€, soit 40% d'économie.
Prix par bouteille, vendu par 6

Antique Séminaros 

19:40 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 11 décembre 2006

Le vin "nouveau bouc émissaire" après le tabac, craint la FNSEA.

Dernières, glânées sur la Tribune.fr du 06.12.2006.
medium_troglodyte_Saint-Nicolas.jpg
Fûts de vin (Drussé, St Nicolas de Bourgeuil). La FNSEA prévient que le vin
ne sera pas "le nouveau bouc émissaire" de la san-
té publique, après le tabac
dont la consommation sera interdite dans les lieux publics en France à partir
du 1er février 2007.

PARIS (Reuters) - La FNSEA prévient que le vin ne sera pas "le nouveau bouc émissaire" de la santé publique, après le tabac dont la consommation sera interdite dans les lieux publics en France à partir du 1er février 2007.

"Nous nous battons pour que l'alcool ne soit pas le nouveau bouc émissaire inscrit dans une nouvelle mode. La qualité et la tradition méritent mieux que cela", déclare mercredi dans un communiqué la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles.

La puissante organisation agricole réagissait aux propos du ministre de la Santé liés à la publication, mercredi, d'un rapport parlementaire sur la viticulture française qui prône l'éducation du goût du vin dès le plus jeune âge.

"Je sais que certains rapports parlementaires s'intéressent à l'apprentissage du goût des vins dès le plus jeune âge. Je préférerais que l'on s'intéresse à l'apprentissage de bons réflexes et des effets néfastes d'une consommation excessive d'alcool sur la santé", a déclaré mardi Xavier Bertrand, lors de la clôture des Etats généraux de l'alcool.

"Le ministre de la Santé, après s'être attaqué au tabac, s'en prend à l'alcool, avec une nouvelle fois la préférence à l'interdiction sur l'éducation", s'indigne la FNSEA dans son communiqué.

Chaque année, l'alcool tue 45.000 personnes en France et le président Jacques Chirac a fait de la lutte contre l'alcoolisme une priorité de son quinquennat

La FNSEA fait valoir que "le vin n'est pas un danger, c'est l'excès qui pose problème" et dénonce "une campagne insidieuse stipulant que toute consommation d'alcool est mauvaise".

Les viticulteurs, qui traversent une crise sans précédent liée à une baisse de la consommation et à la concurrence étrangère, espèrent voir le vin banalisé comme une denrée, comparé aux alcools forts.

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dimanche, 10 décembre 2006

Le vin français doit retrouver ses lettres de noblesse.

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VINSURVIN avait commencé sa campagne pour la sauvegarde des vins français et sa bataille contre le tout-bordeaux en mars 2006 par une note sur les vins à l'apéritif. A l'époque, je n'ai pas souvenir d'avoir repéré quelconque présence étrangère parmi les blancs secs et fruités conseillés. Même pas un Corse? Même pas! Touraine, Centre-Loire, Languedoc, Bourgogne résonnaient jadis comme d'indétronnables régions gravées dans le marbre de ma culture vinicole. Et si une pointe de patriotisme voire de conservatisme (qui a dit chauvisnisme?) ponctuait les premières chevalresques chroniques oenophiles, la croyance dans le vin made in france était intacte. Quelques mois et quelques dégustations plus tard, je trouvais intéressant de faire un bilan sur la situation actuelle du vin français, modeste mais nourri de diverses expériences, bonnes et moins bonnes.

Depuis près de vingt ans, la France viticole est confrontée à une baisse dramatique de la consommation du vin français. Plusieurs facteurs expliquent la désertification des rayons de vin. Certains sont indépendants de la bonne volonté des gens du métier: montée en puissance de très nombreux pays producteurs de vin - souvent de qualité homogène de surcroît - (Italie, Espagne, Californie, Chili, Argentine...), lois interdisant la publicité pour le vin, changements de comportements (prise de conscience des méfaits de l'abus d'alcool sur la santé, réduction de la consommation d'alcool en soirée pour les conducteurs de voitures responsables), méconnaissance générale française du vignoble maison, consommation abusive de bordeaux, tolérance massive pour le vin médiocre, ignorance des bienfaits du vin sur la santé, et enfin intérêt croissant chez les moins de vingt ans pour la bière et les alcools forts. En dépit de tous ces facteurs, les producteurs de vin français, les consommateurs et autres têtes "pensantes" des régions viticoles françaises ont également leur part de responsabilité dans le changement de profil de la carte des vins mondiale. Pour commencer par ce qui fâche, un certain sentiment de supériorité mêlé d'arrogance, d'ellitisme et de conservatisme biens de chez nous auront réussi à faire vaciller  l'empire viticole français, jusqu'à lui faire mettre un genou à terre. Producteurs et gens du milieu sont loins d'être les seuls responsables. Nous, consommateurs, avons également notre part de responsabilité. Croire que vanter les produits étrangers fait de la concurrence à notre propre vin est une hérésie: bien au contraire, cela lui sert. Demeurer condescendant et dédaigneux à l'endroit de vins de qualité élaborés dans certains pays depuis plusieurs siècles relève non seulement de l'ignorance mais aussi de l'étroitesse d'esprit. Gémir des cocoricos aux seuls sons des bordeaux, bourgogne et languedoc, c'est se tirer une balle dans le pied. A un tel point que lorsque je lève mon verre, j'ai de plus en plus l'impression que nous avons un train de retard.

Constation récurrente: trop de vins français médiocres, voire pas bons. 

Il va de soi que certaines politiques auraient dû être menées depuis longtemps face à l'évolution de la situation qui se présente aujourd'hui. L'anticipation n'étant pas une vertue française, il faudra certainement effectuer des virages à 180 degrés dans certains domaines. Au propre comme au figuré. L'arrachage de plus de 200.000 hectares de vigne préconisé par Bruxelles en 1994 ne fut pas la solution même si elle apparut comme une première voix. L'étiquetage à la française est-il à remettre en question? Pour l'exportation, pourquoi pas? Mais en France, il est difficile de croire que dans un pays où 80% d'une classe d'âge décroche le baccalauréat, où sa population se voit de plus en plus bardée de diplômes, les gens seraient irrémédiablement incapables de déchiffrer des étiquettes! Nom du vin, région de production, nom du producteur, degré d'alcool, présence de sulfites: cela vous pose-t-il des problèmes de compréhension? Ceci dit, il faut impérativement interdire les termes "grand vin de Bordeaux" et "élevé en fûts" qui n'ont aucune valeur légale et induisent les consommateurs en erreur. En tant que simple consommateur, je pense qu'il faut surtout se débarrasser de toutes ces piquettes à moins de 2, voire 3 € en élevant considérablement le niveau de l'AOC. Comment se fait-il qu'on puisse encore boire des vins tristes et sans saveur dans ce pays, même en ayant déboursé entre 5 et 7€? 

Deuxième constation: beaucoup de vin étrangers rarement décevants, voire systématiquement "intéressants".

Ces derniers temps, VINSURVIN a vu apparaître un grand nombre de notes sur des vins étrangers. D'un point de vue purement esthétique, votre humble serviteur n'achète pas un vin parce que son étiquette lui fait de l'oeil. Contrairement à beaucoup de consommateurs. Alors peut-être y aurait-il un créneau.Remettre la noblesse du vin au centre du débat ainsi que ces bienfaits sur la santé; relancer la publicité pour le vin dans son ensemble et non que pour certaines marques ou domaines aisés; rayer les termes "picrate" et "piquette" du paysage viticole français; augmenter significativement le rapport qualité/prix de la prodution française; à l'image du boucher ou du poissonnier (bien qu'en voix d'extinction), mettre en place un sommelier, un vrai, dans chaque grande surface française; organiser des voyages scolaires chez les vignerons français (bien moins nocifs que chez Mickey) sont autant d'idées guère sorties de la cuisse de Jupiter pour enrayer les difficultés que l'on connaît.

Dernière bouteille en date, un très bon espagnol: Mas Rabell 2004 de chez Torres. Prix: 6,90€. Comment se fait-il que depuis que je suis entré dans ma période espagnole, je n'aie jamais été déçu par une seule bouteille issue de ce pays? Dois-je rappeller ma dernière expérience française? Cliquez ici alors. Si le vin est une question de goût, il va de soi que certains n'ont pas leur place sur le marché français. A condition que l'on veuille que notre trésor national retrouve ses lettres de noblesse.

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vendredi, 08 décembre 2006

Les histoires du petit Nicolas.

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Bonne nouvelle dans le quartier Guy Môquet: un de nos deux compères qui animaient si bien la boutique à vin Nicolas est de retour! Mauvaise nouvelle, le vin y est toujours aussi inégal.

Ayant un besoin urgent d'acheter du vin que je n'avais plus en stock à la cave, je me rends la semaine dernière chez celui qui se targue d'être le spécialiste du vin depuis 1822 et que l'on tiendrait pour un peu responsable de la crise vinicole française tant la "qualité" des produits laisse trop souvent à désirer.

medium_corbieres.jpgJe suis pressé. Je recherche un vin de saison. Les adjectifs défilent dans ma tête. Epais. Charnu. Puissant. Généreux. Il ne faudra pas être trop précis. On est chez Nicolas, souviens toi. A boire à température. Ca ira ça, "à boire à température"? Non, ils vont me sortir un Bordeaux. Bon, on va vers quoi? Pourquoi pas un Buzet? Non, un Bergerac, ouiiii, un Bergerac, bien fait, sur le fruit, ample... Ou alors, peut-être qu'un Pécharmant ce serait pas mal. Ah ouais, un Pécharmant ... Même un p'tit Côte de Saint-Mont! Duras? Déçu ces derniers temps, il faudra m'en faire découvrir un super pour que j'y revienne. Cahors? Le cépage Malbec me tente bien. Mais il faudra me sortir un Château Quattre de Simon Bley.

Je scrute les rayons des yeux imaginant déjà qu'avec un peu de chance, je peux peut-être faire la trouvaille du siècle. Mais, ça commence bien, je ne trouve pas le Sud-Ouest. Ils l'ont caché ou quoi? Finalement, mes yeux tombent sur une belle bouteille de Corbières: je décide de changer de région pour aller vers le Languedoc-Roussillon. Tant pis pour les Buzet, Bergerac et autres Cahors. De toute façon, je m'y rends bientôt. Ca vaudra mieux. Alors, Corbières, Corbières... Je ne prends même pas la peine de consulter le Domaine des Gardioles à 4,10€. Restent un Château de Belle Isle Vieilles Vignes à 5,60€ et un Domaine de Villemajou à 8,90€. Pourquoi crois-je instantanément que ce dernier sera forcément le meilleur des trois? Pour tordre le cou aux idées reçues, j'opte pour celui du milieu. Vérifions si l'on peut encore trouver des vins buvables, à ce prix, en magasins, à Paris. Deux minutes trente se sont écoulées. Il me faut un deuxième flacon.

Tout près des Corbières dans le rayonnage, je me dirige vers  sa (presque) voisine d'appellation, à une seule centaine de kilomètres sur la carte: Faugères. Je ne risque pas de passer deux heures devant le rayon puisqu'il n'y a qu'un flacon en magasin! Un seul Faugères, on croit rêver... Domaine de l'Ort d'Amorel, à 6,90€. Les meilleurs Faugères (Domaine de l'Estanille?) offre un nez opulent de cuir, de cèdre, de cacao s'ouvrant généreusement sur des arômes de fruits noirs très mûrs. La bouche est tendre, les tanins soyeux et élégants. Le plasir est incommensurable. Certes, il faut compter de 15 à 20€. Quand bien même, et vinsurvin l'a toujours défendu, point besoin de mettre des fortunes dans le vin pour se faire plaisir. Les vins de tables et de pays de Montpeyroux à Saint-Félix de Lodèves en pays héraultais (par exemple) ont cause défendue ici même. De même que dans certains restaurants parisiens tel que Chez Ramulaud. J'opte donc pour ce Faugères. Trois minutes quarante deux.

Fort de mes deux sélections (faites en un temps record), je me dirige vers la caissière lorsqu'un jeune homme m'interpelle. "Alors, on ne dit plus bonjour?" m'adresse-t-il d'un ton enjoué. Il s'agit de ce sympathique vendeur qui m'avait acceuilli fort chaleureusement lorsque je m'étais installé dans le quartier. Effectivement, la première chose que j'avais fait, afin de prendre un peu la température du quartier, fut de passer le pas de la porte du premier magasin de vin en vue. Je n'avais pas été déçu. Le duo de vendeur était formidable. L'arrivée du Beaujolais fut assez épique... Jusqu'au jour où ils nous annoncèrent qu'ils quittaient le quartier pour voguer chacun de leur côté. Bonjour tristesse. Un couple marié les remplacèrent. Commerçants, formatés Nicolas, discours convenu. Ils ne tenèrent pas six mois. Puis se succédèrent différents vendeurs. Pire que les trois/huit à l'usine, le turn-over à la Nicolas marcha à plein régime. Je m'aperçus de cet état de fait car il s'avère que le magasin se trouve au niveau de l'arrêt du bus 31. Quoi de mieux que de reluquer les vitrines du spéciçaliste du vin depuis 1822 en attendant son bus? Ne le prenant qu'occasionnellement pour me rendre dans le coeur du 17ème siècle arrondissement, les têtes derrière les tabliers changeaient à vitesse grand V. Le retour d'un vrai amateur de vin n'est donc pas pour nous déplaire. Seulement, les carences du catalogue restent déplorables.

Malheureusement, le Corbières fut tout simplement lamentable. D'une tristesse incomparable, le vin donnait l'impression d'être en pleine dépression. Il se révéla cependant après trois jours d'ouverture (oui, juste trois), mais soit quelques heures avant de rendre l'âme comme semblant vouloir me signifier dans un dernier souffle qu'il n'était pas si mauvais que cela. Intransigeant et sans pitié pour le picrate, je lui fermai le goulot d'un coup de paume énergique et l'envoyai en aller-simple au cimetière des bouteilles (pas tout à fait) vides, matérialisé par cette énorme benne verte sur le trottoir de l'avenue de Saint-Ouen. Le contact de son verre se brisant sur ses acolytes fut assez bruyant, ingrat et frondeur. A croire que même là, il n'était pas le bienvenu. Je n'ose imaginer la réaction qu'eut mon foie...

medium_rioja.gifLe Faugères fut tout aussi décevant. Servi avec un joli plateau de fromage, il venait après un magnifique et fruité pinot noir du Chili ramené cet été d'Equateur. Il ne fit pas illusion longtemps. Fade, sans arôme ni saveur, court en bouche, ce domaine de l'Ort d'Amorel se ferait surclassé par les premiers vins de tables cités ci-dessus. A 6,90€, c'est tout simplement lamentable. Pas étonnant qu'étrangers et français se tournent vers des vins sortant de l'exagone. Adieu mes désirs, que dis-je, mes fantasmes Estanilliens. Le pauvre finit dans l'évier dès le lendemain. A ce prix là, je conseille un vin espagnol de chez Lavinia (3 Bd de la Madeleine, Paris 1) : Bodega Abel Mendoza Monge, Jarrarte Joven, 2005. Un rapport qualité/prix incomparable. Et ne craignez pas l'année 2005! De par leur fortes expositions au soleil les vins espagnols arrivent très vite à maturité. Et pour remplacer le Corbières à 5,60€, Bodegas Campos Reales, Canforrales Tempranillo, 2005: 5,90€, même adresse.

Moralité, acheter du vin pas bon chez Nicolas, pourtant spécialiste bla, bla, bla, bla... c'est drôlement pas juste. C'est vrai, quoi, à la fin.

17:15 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 07 décembre 2006

Les "effets bénéfiques du vin" enseignés à l’école?

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Qui a encore oublié son tire-boulon? Heu, tire-bouchon, hic!

lefigaro.fr (avec AFP) le 05 décembre 2006

Des parlementaires préconisent d’enseigner aux élèves les bénéfices du vin pour la santé. De quoi choquer mardi le ministre de la Santé Xavier Bertrand qui ironise : et pourquoi pas du vin à la cantine !

A quelques heures de la clôture des états généraux sur l’alcool, une polémique lancée par des parlementaires tourne au vinaigre. Dans un rapport qui sera présenté mercredi, deux députés UMP préconisent en effet la mise en place de «programmes d'éducation pour la santé informant des effets bénéfiques du vin dans le cadre d'une consommation appropriée». Selon Philippe-Armand Martin (Marne) et Gérard Voisin (Saône-et-Loire), «l'apprentissage d'une bonne hygiène de vie commence dès l'enfance et l'école primaire.» Objectif annoncé : que le vin, dont la consommation stagne, reparte «à la conquête des Français».
Bertrand dénonce l'alcoolisation extrême des jeunes
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a vivement réagi. «Certains me disent qu'on a évité le pire, on n'a pas recommandé la mini canette de bière ou de vin à la cantine», a-t-il déclaré. «On ne va pas apprendre quel est l'effet bénéfique de l'alcool, ou alors je suis désolé, il va falloir passer les quatre-cinquième du programme pour parler des risques liés aux premix (boissons alcoolisées), des risques liés à l'alcool aux dépendances, aux addictions», a également souligné le ministre qui entend «casser ce lien entre fête et alcool». «Si on doit travailler sur la question des plus jeunes, on a un nouveau phénomène qui se développe c'est l'alcoolisation extrême, notamment les week-ends», a-t-il précisé.
Ce rapport qui livre 11 propositions sur la viticulture préconise également la création d'un observatoire du consommateur mondial de vin, le réexamen de la réglementation œnologique, ou encore création d'une Maison des vins de France.

22:05 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 02 décembre 2006

Les sulfites, ça suffit!

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Sulfite et Sulfate sont dans un bateau. Sulfate tombe dans l'eau. Que se passe-t-il? Sulfite reste dans le vin. Et j'ai une migraine le lendemain.  

C'est décidé, cinq ans après avoir envoyé ma voiture à la casse, quatre ans après avoir arrêté le beurre (breton) avec la tartine de pain, trois ans après avoir arrêté de fumer, j'arrête le vin blanc! Mais que va-t-il me rester? Mon médecin vient de me prévenir que le chocolat noir n'avait pas que des vertues, un mois avant Noël! J'arrête le chocolat noir ou mon médecin?

Nous avions passé une merveilleuse soirée chez ce couple lyonnais, grand amateur de vin et possédant une cave à faire saliver plus d'un caviste (de chez Nicolas). Ce Savigny-Les-Beaune blanc de quelques dizaines d'années d'âge flirte encore avec mes pailles gustatives et il sera impossible d'oublier un Cariñena Bodegas del Señorio Reserva 1970. Ou peut-être n'était-ce qu'un Sancerre du Château de Thauvenay ou un Chablis Grand Cru de William Fèvre le lendemain midi? Quoiqu'il en fut, ces dégustations ô combien merveilleuses et fantasmagoriques furent ponctuées à l'aube de migraines assez démentielles, sans compter le désir de devenir cul-de-jatte. La casquette quoi. La faute à quoi? Pas à la qualité du vin tout de même! "Plus le plaisir est grand, plus la migraine est insoutenable" serait-il le nouvel adage des sociétés modernes? Impossible. La faute aux sulfites seulement, qui, même absorbées en petite quantité me sont insupportables. Et pourtant, saviez-vous que même notre corps produit des sulfites? Sa production est un sous-produit naturel de la plupart des formes de vie. Je risquerais donc d'avoir mal à la tête même en buvant de l'eau?

Le dioxyde de soufre (SO2) est employé en vinification sous forme de différents dérivés. Mais oui, c’est bien lui: l’anhydride sulfureux, l’un des polluants atmosphériques les plus agressifs. Imaginez: une pluie acide rien que pour votre gosier! "J'ai servi un Tchernobyl 1986 récemment, une légère acidité, mais un vin sulfureux et puissant, à vous couper le souffre!" Trois propriétés lui valent la célébrité. Antioxydant, il permet de stopper l’action dégradante de l’oxygène quand la pulpe du raisin ou le vin en évolution y sont exposés. Antiseptique, il permet de contrôler les bactéries nuisibles pour laisser se développer les levures. C’est encore lui qui est le plus efficace pour stopper la fermentation des levures et prévenir sa reprise en flacons. Tant de qualités en un seul produit ont, depuis longtemps, fait oublier à beaucoup le danger pour la santé. Le risque est donc très grand puisque les sulfites sont maintenant abondamment répandus dans l’alimentation industrielle pour allonger les durées de conservation. Tous les sulfites s’additionnant, il n’est, donc, même plus nécessaire de boire deux ou trois verres de mauvais vin pour être malade. Un plat préparé, une poignée de fruits secs aux couleurs attrayantes et un verre de jus de fruits pasteurisé peuvent suffire. (1)

Après ma décision d'éliminer le vin blanc à l'apéritif, qui plus est toujours "mélangé" au rouge par la suite, il fallait bien le remplacer par quelque suave liqueur, détenant si possible, un taux d'alcool inférieur à 14,5° et supérieur à 12,5°, et un taux de sulfite de zéro. Mais quoi donc? Se tourner vers les vins bio me paraissait quelque peu manichéen dans le sens où ils existent des viticulteurs non bio qui n'utilisent pas de sulfites. Fallait-il systématiquement s'assurer de l'absence total de polluant à l'achat de vin blanc?  Allez remplacer du vin blanc, vous! La réflexion ne dura pas longtemps: et pourquoi pas employer du vin rouge? (Oui je sais, il y en a là-dedans). Contenant pourtant des sulfites aussi, les domages collatéraux sont nettement moins sévères le lendemain. L'astuce réside désormais dans la subtile adéquation vin rouge apéro / vin rouge repas. Attention en effet que le premier ne prenne pas le dessus sur le second. M'enfin, même si tel était le cas, les réveils sont tellement moins douloureux!

(1) Endehors.org.

16:35 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (3)

 
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