Avertir le modérateur

mercredi, 22 octobre 2008

A l'Assemblée Vinicole

 

2660241377_21c389d6e5.jpg
 

Robert Lecou, député UMP de la 4ème circonscription de l'Hérault, avait convié, hier soir, dans les salons de l'Assemblée Nationale, deux vignerons de sa région : Jean-Pierre Vailhé du Mas de Valbrune et Léon Calage du Domaine Calage Ressiguier ; une petite opération de communication visant à promouvoir, auprès de ses homologues députés, les vins d'une région encore victime "d'une image peu reluisante". Le retour de la publicité du vin à la télévision : info ou intox ? Un seul média sur place pour le vérifier, VINSURVIN !

"On a quand même assisté à quelquechose de très rare aujourd'hui !", s'exclame, tout sourire, Robert Lecou, en entrant dans l'appartement 3G de l'Assemblée Nationale. "526 voix contre 4 en première lecture sur le Grenelle de l'environnement ! C'est historique !" Les premiers arrivés aquiescent. "Et qui a voté contre?", interroge une voix dans l'assemblée. Robert Lecou, costume rayé et cheveu blanc, fait le tour des convives pour leur souhaiter la bienvenue, avant que ne s'entame une conversation autour de la viticulture héraultaise. Votre humble serviteur met les pieds dans le plat. Attentif, disponible et visiblement intéressé, Robert Lecou n'élude pas les questions.

VINSURVIN : Monsieur le Député, le vin français est attaqué de toute part, menez-vous aujourd'hui une réflexion pour qu'on cesse de le stigmatiser ? 

Robet Lecou : Le vin est un art de vivre qui a grandement évolué ces dernières années. Il y a 50 ans, le vin est un aliment à part entière. Les paysans, qui travaillaient dur aux champs, buvaient de grande quantité de vin, non pas pour se souler, mais pour y trouver de la force. Et puis, ils éliminaient à force de travail. Par ailleurs, le vin produit était médiocre. On recherchait pas la qualité à l'époque, mais la quantité ! Il n'était pas rare d'entendre des vignerons se demander aux uns et aux autres combien d'hectolitres ils avaient produits : 150, 180, 200hl/ha ?! Aujourd'hui, on boit moins mais mieux. Un combat est mené contre les excès. Mais ce combat pour la sécurité, pour la modération, ne doit pas mener à la stigmatisation du vin."

VINSURVIN : Pourtant, il est quasiment impossible de boire du vin aujourd'hui sans se faire rappeler à l'ordre. Récemment, c'est un logo de femme enceinte qui est apparu sur les étiquettes ; dernièrement Seppi Landmann (1) me confiait qu'il a tiré un trait sur sa fête annuelle du vin dans son village car les gendarmes se postaient à la sortie du village ; certains réclament un taux d'alcoolémie au volant de zéro...

R. Lecou : Dans tous les domaines, il y a de l'extrémisme. Il faut communiquer sur la modération, mettre en avant le raisonnable et le modéré, sans nécessairement tomber dans l'excessif.  

VINSURVIN : Peut-on imaginer un jour le retour de la publicité du vin à la télévision ?

R. Lecou : Et bien, je devais, cet après-midi, m'entretenir avec un collaborateur, sur la question, chose qui ne s'est pas faite pour des raisons indépendantes de ma volonté. Mais, pour répondre à votre question, le retour de la publicité du vin à la télévision est une réflexion que je mène.

Arrive alors Bernard Acoyer, Président de l'Assemblée Nationale.

VINSURVIN : Monsieur le Président, quelle vision avez-vous du sort qui est réservé à la viticulture française aujourd'hui ?

Monsieur Acoyer : L'acceuil qui est réservé, ici, aujourd'hui, à ces deux viticulteurs, démontre toute l'attention que l'Institution porte au vin français, qui demeure un pan important de notre économie. En matière d'alcool, je suis préoccupé par l'excessif mais on doit trouver un équilibre pour ne pas tomber dans l'excès, qui ferait barrage au vin français. La clé réside dans l'éducation et la prévention.

Le ballet des arrivées et départs de nombreux députés et députées suivit son cours autour d'un buffet réunissant les vins de Léon Calage et de Jean-Pierre Vailhé, preuve que les élus français ne sont pas les derniers à déguster un bon verre de vin et à grignotter les bons produits du terroir français. Ne reste plus qu'à souhaiter qu'ils montent au créneau pour défendre ce que la France a de plus cher au monde.

(1) Lors d'un entretien avec le vigneron Alsacien, chez lui, en août 2008.

Photo, Mathieu Vernin : les Sièges de "Assemblée Nationale", station de métro sur la Ligne 12.

lundi, 20 octobre 2008

Ce soir, c'est Bourgogne. Du grand Bourgogne.

Photo041.jpg

Après la journée que tu viens de passer, tu as décidé de te faire plaisir. Tu vas t'ouvrir un bon bourgogne, que même ton chef, il en boirait pas des comme ça.

Ton boss a été particulièrement odieux avec toi aujourd'hui. Déjà, ce matin, quand il est arrivé avec sa cravate jaune et ses espèces de mickey imprimés dessus, tu t'es dit ça sent pas bon, Le Cointre a sorti la cravate jaune, j'sens qu'j'vais morfler. En effet, lorsque tu abordé ce RTT avec lui, afin de rendre à Nancy pour rendre visite à ta tante, souffrante, il t'a rétorqué "impossible" entre deux portes parce que Michenot et Granger avaient déjà pris des RTT. Afin de finir des dossiers bien plus importants.

Le Cointre et sa tête de chef magasinier qui dit qu'il est sorti de l'ENA. Le Cointre et ses "prérogatives simplement guidées par la règle de trois : rentabliltité, efficacité, profit". Le Cointre et son haleine de fenec mort depuis quinze jours - oh, on's'fout d'sa gueule avec ça, mais lu, y entend rien. Un beau jour, il faudra bien lui régler son compte, à Le Cointre, parce que moi les les dingues, j'les soigne, je m'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère ! Je vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins'd'Paris, qu'on va le retrouver éparpillé par petits bouts, façon puzzle... Moi, quand on m'en fait trop, je correctionne plus : je disperse, je ventile... comme ils disaient dans le film que tu te souviens plus du titre, mais il est passé l'autre jour sur TF1 et qu'est-ce qu'on s'est marré avec ma femme, (c'était qui déjà qui disait ça ? Bourvil, Lefèvre, ah, non, Fernandel ! Quoi que...). En même temps, c'est vrai que physiquement, à Le Cointre, tu lui ressembles un peu.

Il est enfin 18h00 quand tu quittes le bureau. Tu croises Le Cointre qui te dit "et tu diras bonjour à Madame !". Et tu diras bonjour à Madame, et puis quoi encore, il veut pas qu'on l'invite à savourer le bon Bourgogne de ce soir ? Parce que ce soir, c'est vendredi, et ça va régaler. Ta femme a fait un bon bourguigon, alors on va sortir les ch'vaux, un vin, comme ils disent sur l'étiquette "en hommage à Jean-Baptiste Patriarche", fondateur des caves Patriarches, à Beaune. C'est aussi pour ça que tu l'as acheté, ce vin. Parce que tu as visité les Hospices de Beaune en 1984 avec l'Amicale Laïque des Boulistes Vannetais, et que c'est vraiment beau parce que c'est plein d'Histoire et que quand même c'était bien de s'occuper des soldats pendant la guerre, comme ça, comme ils faisaient aux Invalides que tu n'as pas visités mais par contre les catacombes, oui, ça, ça vaut le coup même si ta femme avait eu un peu peur de tous ces ossements, quand t'avais passé douze heures à Paris en 1977 (départ en car 4h30 de Callac, arrivée Paris 9h et quelques ; retour minuit à la maison, mais bon ça vaut le coup quand même parce que y'a toujours une bonne ambiance dans le car, avec le chauffeur qui raconte que des conneries).

Tu vas sortir ton plus beau tire-bouchon, avec le manche qu'il ressemble à un pied de vigne et que tu avais gagné au loto d'Hénanbihen où que ton frère, Jean-Luc, t'avait invité. Un beau tire-bouchon bien brillant et que t'as pas un bouchon qui fait un pli avec (sauf le cidre à Bébert, mais bon, normal, les gars y z'y mettent du beurre à l'ouvrage). Sur l'étiquette-de-derrière, ils disent qu'ils ont fait une sélection des plus beaux cépages. C'est bizarre, t'avais entendu, à Beaune - comme quoi, t'avais pas fait qu't'emmerder - que le cépage là-bas, c'était le pinot noir. Et là, c'est "grenache, carignan"... La robe est "intense et jeune". Ah bon ? Ouais, enfin, normale, rouge, rouge foncée, quoi. Mais pour l'âge, c'est étonnant, y'as pas le millésime d'inscrit sur la bouteille... Au palais, tu trouves que ça rape un peu, pourtant eux, ils écrivent "au palais, plaisant, fin, complet et jeune". "Nez fin et agréable, senteurs fruitées avec traces herbacées", toi tu sens rien, mais c'est quand même des professionnels qui écrivent ça et les gars ils ont l'habitude, ils sont payés pour faire ça, donc c'est normal que toi, en plus t'es enrhumé, tu trouves que ça sente le vin rouge et puis c'est tout. Enfin, bon, au final, ça fait plaisir de boire un bon vin de "F, 21200, France" comme c'est écrit sur l'étiquette, un "Vin de France", "Vin de Table", qui t'aura quand même coûté la bagatelle de 2€ (13F). Et puis, vu que t'es quand même pas le mauvais bougre, t'as trinqué à la santé de Le Cointre. Qui lui, doit boire des bordeaux à 1€. Il est tellement radin, ce con. 

dimanche, 19 octobre 2008

2008 : un millésime de vigneron !

vendangetarlant.jpg

De Bourgueil (Loire) à Zellenberg (Alsace), d'Oeuilly (Champagne) à Trets (Provence), en passant par Chablis (Bourgogne) ou Grignols (Bordelais), le sentiment des vignerons est unanime, ce millésime 2008 se présente comme une année de vigneron : en d'autres termes, le travail dans les vignes et le choix dans la date des vendanges sera primordial. Tour d'horizon des premières impressions des vignerons "de VINSURVIN".

davidtroglo.jpg"Le beauceron a du souci à se faire !" prévient David Drussé, du Domaine Drussé à Saint-Nicolas de Bourgeuil. Dans le langage de vigneron, le beauceron (pardon Patrice et Françoise !!) était jadis celui qui envoyait son raisin à la coopérative puis s'empressait de retourner poursuivre la vendange afin d'être débarrassé au plus vite. Remarquez, en Beauce, les "Mao" étaient les bretons, nombreux autour de Chartres, qui travaillaient dans les fermes ! Son dialecte devait être du chinois pour les beaucerons ! Bref, bien que le bichonnage des vignes soit naturellement l'assurance d'un vin de qualité, cette vérité semble encore plus d'actualité, fin 2007 et 2008 ayant été deux périodes particulièrement difficiles, notamment d'un point de vue climatique. David a fait une vendange en vert jusqu'au 12 octobre : c'est à dire qu'il a enlevé les grappes vertes, celles qui ne mûrissaient pas et donnent du "travail" supplémentaire et inutile à la vigne. Cependant, David m'annonce moins 50 % de production (moins 15 à moins 20 % dans certains vignobles de Chablis ou d'Alsace) : pluies et surtout, gelées, ont fait des ravages. Dieu merci, les conditions actuelles sont idéales : il fait frais le matin, plus doux l'après-midi. Résultat : un bon équilibre entre acidité (4,5) et alcools (12,5), avec une belle matière et une absence de goût herbacé. "Mais il va falloir extraire du fruit à présent !", ajoute David.

Comme David Drussé et Dominque Bertram dans le sud bordelais, Didier Richou, du Domaine Richou DSCF0082.JPGen Anjou, dont la matière première est le cépage chenin, est en train de finir ses vendanges. Lui qui réalise notamment Les Violettes, un superbe coteau de l'aubance, me dit qu'"il a failli jongler entre les averses de pluie". Mais les équilibres sucre naturel et acidité sont "surpenants". Il aura fallu ne pas se précipiter pour les vendanges. Le Ban des Vendanges (un arrêté préfectoral fixant la date officielle du premier jour des vendanges) était le 04 octobre en Loire. "Trot tôt !", s'exclame David Drussé qui n'aura commencé que le 13 octobre. Fin prévue le 21, 22 octobre. Petite réflexion au passage : l'effet "réchauffement de la planète" n'aura pas joué cette année sur les bans. Martine Becker, du Domaine Becker à Zellenberg, confirme : "Nous avons commencé les vendanges le 28 septembre. Nous les finissions, le 28 septembre, l'année dernière...".

DSCF0337.JPGMireille Martin, du Domaine de l'Anticaille (Provence) n'est pas très contente. Elle a rencontré des problèmes d'ordre technique cette année, sans compter les attaques de mildiou dues à ces nombreuses précipitations, mais de ce côté, elle n'est pas la seule. "Je suis contente que les vendanges soient terminées, ce fut un travail de dingue cette année. Une vraie année de vigneron !" Cela aura des conséquences sur ses rendements, mais "ce qui est rentré est joli", me rassure-t-elle, "je ne m'inquiète pour la qualité de ce qui est rentré."

D.E. Defaix, fameux vigneron à Chablis, me confie que 2008 est une année "miracle, grâce à un vent du Nord qui a desséché et concentré les raisins, leur donnant, chose rare, une concentration sucre et acide très équilibrée." Il a même fait un parallèle avec les grandes années 47, 90 et 96 !

Dominique Bertram (Château Noguès, Auzac - Grignols, 33) tempère l'euphorie ambiante, et n'a pasbertram.jpg la langue de bois, contrairement à de nombreux vins de sa région. "Il y a eu beaucoup de pourriture dans les vignes et les cabernet-sauvignons vont avoir le goût de poivron dans plus d'une bouteille. Mais mélangé à la sauce copeau, tout le monde n'y verra que du feu et on va nous vendre un millésime fantastique." On est prévenu ! Heureusement, on est à des années lumières de ce genre de produit avec les vins de Dominique.

fermentation.jpgDepuis Oeuilly, en Champagne, Benoît (Disco) Tarlant m'a tenu au courant de l'évolution de la situation. Par mail. Je précise, car votre humble serviteur était invité à tenir le sécateur. Une prochaine fois je l'espère. "Bon, je veux pas te dégouter, commence Benoît, mais tu as peut-être manqué le millésime du siècle en Champagne ;-) C'était superbe, tous les jus, c'était vraiment beau. Du début à la fin, des équilibres, textures, maturités impressionantes, des acidités précises, bon bah voilà quoi, on a tout pour réussir quelque chose de très beau.  Avant la vendange, je sentais les choses aussi bien que 2002, et ça sera mieux... jusqu'où? A suivre. (...) Je sais pas si c'est le rechauffement qui veut ça... sinon faut vraiment que je pense à planter de la syrah ou du mourvèdre."
 
2008, millésime capricieux, miracle, du siècle ? Certains vignerons nous feront déguster des échantillons tirés sur cuve, ou après mise encuve.jpg bouteille (courant mars, avril). Pour d'autres, comme chez D.E. Defaix, il faudra patienter trois années ! Une fois de plus, à la lecture des vins que nous dégusterons, chacun pourra se fendre d'un "c'est l'effet millésime", ce qui pourra peut-être se traduire par "il y a un équilibre acidité / maturité impressionnant - mais ça on avait été prévenu en goûtant les jus ! - une vivacité et une fraicheur insensées - normal, avec la fraicheur du matin pendant les vendange puis le radoucissement l'après midi - et un fruit, une gouleyance - pas étonnant, ils ont extrait du fruit à maximum !". Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre. En d'autres termes : wait and see !

Photo 1 (B. Tarlant) : vendanges chez les Champagnes Tarlant. Photo 2 (VINSURVIN) : David Drussé dans sa cave Troglodyte (Mars 2007). Photo 3 (VINSURVIN) : l'ami Fredo et Didier Richou, chez Didier, printemps 2007. Photo 3 (VINSURVIN) : un flacon du rosé de Mireile Martin, chez elle. (Eté 2008). Photo 4 (VINSURVIN) : D. Bertram, à Bû (Printemps 2008). Photo 5 (Photo tarlant.com) : Benoît regarde ce qui se passe en cuve.

Pour en savoir plus sur les vins de tous ces vignerons  et vigneronnes, cliquez sur la catégorie "VINS DE...", la région dont ils sont issus, et/ou sur leur nom dansla catégorie "VIGNERONS DE VINSURVIN".

12:00 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (9)

samedi, 18 octobre 2008

VINSURVIN s'est fait cuisiner !

journalistes.jpg

Le jeu des questions/réponses auquel votre humble serviteur s'est prété dans les bureaux de 20Minutes, un des quotidiens les plus lus en France, n'est pas chose facile, mais il a cela d'intéressant qu'il permet d'aborder un nombre de sujets relatifs au vin assez colossal. Cette expérience permet de nous rendre compte que les français s'intéressent beaucoup au vin et qu'ils se posent beaucoup de questions à son sujet. Essayer d'y répondre: paris relévé. Y parvenir correctement, c'est moins sûr !

Photo003.jpgCe qui frappe en arrivant dans les locaux de 20Minutes, c'est la vue sur Paris ! Pour celui qui n'est pas encore blasé de la beauté de cette ville, la vue du 9ème étage de cet immeuble du Boulevard Haussmann (vous savez, les grands magasins) est somptueuse, surtout avec la lumière de fin de journée du soleil couchant.

Il y a autre chose qui frappe en pénétrant dans le saint des seins dePhoto000.jpg 20Minutes, c'est l'immensité des bureaux, ce volume offert par l'absence de cloisons. Un baby-foot à l'entrée où jouent trois journalistes évoque un peu l'ambiance décontractée des boites américaines, type Google. Dans la salle de rédaction, ça bosse, mais ça plaisante aussi. Et pour un peu, on se risquerait à dire que ces journalistes sont bien lotis ! J'ai d'ailleurs du mal à quitter mon siège à l'issu du chat.

Mais revenons à nos moutons, cet "interview" entre les lecteurs de 20Minutes et de VINSURVIN (puisque Ed, un fidèle TupperWiner s'est fendu d'une petite question !). La première chose constatée, c'est la richesse et la diversité des questions qui traitent du vin sous toutes ces facettes, des conséquences de la crise actuelle sur le vin, aux conseils pour garnir sa cave, en passant par le goût de bouchon. Les français aiment le vin, s'y intéressent et essaient d'en savoir plus. L'idéal serait que l'idée selon laquelle "on peut s'y connaître en vin mais on peut aussi être une bille" se transforme en "je ne suis pas un expert mais je m'en sors pas mal". L'Internet est une chance pour cela. La multiplication des blogs, des conseils d'amteurs ou de professionnels venus de la France entière permettent aujourd'hui à tout un chacun de se renseigner sur des accords mets/vins, sur des affaires à faire, sur des régions et des vins à découvrir... Cela peut donc apporter une plus grande homogénéité dans la culture vinicole française, qui n'est pas encore tout à fait au point ! Alors, si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas à me les poser. Mais peut-être trouverez-vous vos réponses dans le chat d'hier en cliquant ICI.

mercredi, 15 octobre 2008

En bref, au fil des jours...

mire-television-2209845.jpgDégustations, rencontres, coups de coeur, projets... les news, en bref et en vrac, sur VINSURVIN.

Jeudi 9 octobre, ventealapropriete.com fait dans la communication dans un restaurant du 7èmepoussier.jpg arrondissement. On y rencontre les entrepreneurs du site, Henri-Claude Quinson et Christophe Viet, mais aussi (qui a dit "et surtout"?), le très abordable Olivier Poussier (Meilleur Sommelier du Monde 2000 à Montréal) et le prolixe Bruno Quenioux, créateur de la cave Lafayette Gourmet et auteur d'ouvrages sur le vin. Mettre en avant la philosophie du site, la qualité des vins, l'attractivité des prix et la sélection faite par Poussier et Quénioux, telle était l'ambition de cette petite réunion très décontractée, autour de vins vendus sur le site, comme ce délicieux Chardonnay du Luberon, de chez Guffens, s'il vous plaît... 

manteswarhol.jpgSamedi 11 octobre, je m'en vais finir le travail des postiers. C'est désormais une certitude, les colissimos ne sont plus livrés à votre domicile, même si vous êtes chez vous le jour où un gars glisse son avis de passage, avec la case "vous étiez absent" cochée, dans votre boite aux lettres. Après trois quarts d'heure de queue, rythmés par le courroux des clients et les noms d'oiseaux entre gens bien élevés, j'accède enfin au guichet, la boule au ventre, la peur de m'entendre dire "désolé, monsieur, votre colis n'est pas dans notre bureau". Mais, ouf, il est là, et bien là, même s'il a déjà été ouvert... Serait-ce les échantillons promis par Guilhem Coste, de Saint-Félix de Lodez (34) ? Non, il s'agit de deux bouteilles de Mantes Dégustation 2007, un côte-du-rhône élaboré par Pierre Doumenge, dans le Vaucluse. Pierre m'avait déjà confié deux bouteilles prélevées sur cuve qui s'étaient montrées délicieuses. En quelques mois, c'est la structure de Mantes Dégustation qui évolué : le vin est devenu suave avec cette impression de velour sur la langue, apportant une élégance folle au vin. Par ailleurs, si le réglisse est encore très présent, ce sont désormais les notes de fruits noirs et de garrigue qui l'emportent. Après une longue ouverture, le vin s'est aéré et a évolué sur des pointes végétales. Les tanins enveloppent la bouche et la finale est aérienne. Un soupçon de grain, de fibre, de profondeur en plus, témoins du sol, ne seraient pas pour me déplaire ! Ce vin, premier opus de Pierre, il ne faut pas l'oublier, est une vraie réussite. Que certains trouvent, dans cette élégance veloutée qui caractérise Mantes Dégustation, des points communs avec certains chateauneuf du pape, ne m'étonnerait pas.   

Mardi 14 octobre, Jean-Pierre Vailhé m'a donné rendez-vous à l'Hardi Vin (Paris 17) pour me faire déguster, en la présence desA La Mie, Henri_de_Toulouse-Lautrec_001.jpg sympathiques tenanciers Olivier et Jérôme, ses premières cuvées (2007) depuis qu'il a repris une exploitation en main propre. Mais qui est Jean-Pierre Vailhé ? Vigneron à Tressant (Cabrières, Languedoc), dans l'Hérault, Jean-Pierre cherche à élargir ses horizons, notamment sur Paris, ce qui est bien normal. Un moteur de recherche sur lequel il tape "vin languedoc" et il tombe, entre autres, sur VINSURVIN. Le concept des TupperWine fait mouche. Un mail à votre humble serviteur et une semaine plus tard, nous voici attablés chez les cavistes les plus cools de la rue des Dames. Rosae Rosam, un rosé de saignée, élevé sur lie et batonné pendant trois mois, scintille dans mon verre et surprend par son gras, sa chaleur, sa rondeur et cette acidité toute en fraicheur qui vient ensuite, droite et tendue, donner cette colonne vertébrale au vin. Praélude, 100% clairette du languedoc, est également d'une belle brillance, un nez de fruits blancs (pêche de vigne). Sa bouche est souple, minérale et envelopée avec un à propos végétal. Le plaisir se poursuit grâce à cette bouche fraiche, ventée, aérienne. Et on est tout ragaillardi lorsqu'en aspirant de l'air, des notes mentholées viennent exulter sur la langue ! Brindille, (syrah, cinsault, grenache) est juteux à souhait : cerise, framboise, fraise, t'en veux du fruit, en v'là ! On dirait un beaujolais ! Comme dit Jérôme, "tu t'en sers un verre, t'en veux un autre tout de suite derrière", tellement c'est gouleyant, joyeux et espiègle ! Nous finissons par Pas de Deux, un VDP d'Oc, à base de cinsault, syrah, grenache, cabernet sauvignon. De la griotte plein le nez mêlée à une corbeille de fruits rouges et des arômes plus complexes de garrigue derrière. L'attaque n'est pas très vigoureuse, comme chez ses homologues, mais la bouche est riche, harmonieuse, croquante. Il sera intéressant de reboire ces vins dans six mois, un an, pour voir, notamment, s'ils évoluent sur la fruit ou la complexité (notes animales...). Quoi qu'il en soit, cette dégustation fut fort sympathique et je ne serais pas étonné qu'on entendre encore parler de Jean-Pierre prochainement sur VINSURVIN.

 

dimanche, 12 octobre 2008

TupperBlind, part two.

Doisneau14.jpg

Après une sélection de blancs hétérogènes mais ayant réservé de belles surprises, comme le VDP du Lot d'Emmanuel Rybinski, le TupperWine à l'aveugle se poursuivait avec la dégustation de quatre vins rouges. Beaucoup d'hétérogénéité également, mais une balade au gré des cépages et des régions de France fort intéressante.

DSCF0093.JPGJ'arrive frais sur la table. Je suis d'un rouge trouble mais/et très clair, presque grenadine. Et légèrement perlant. Je sens "un peu" la réduction. Mais je regorge de fruits rouges et de fraicheur et de jeunesse et d'enthousiasme. En somme, je suis juteux, frais et léger. Qui suis-je ? Réponse : un assemblage gamay/grolleau (80/20) des Dupond et Dupont d'Anjou (Houtin et Bresteau), alias Vin de Jardin de la Grange Aux Belles à 12°. La réduction déplaît à certains, peu habitués aux vins naturels, et c'est bien normal ; mais le côté gouleyant, juteux et léger de notre premier vin en inspirent plus d'un. Assurément mon préféré ce soir là, notamment pour son côté "vin de copains" qui symbolise tout à fait ce TupperWine 11.0.

Nous enchaînons avec ce qui pourrait être considéré comme l'antithèse de ce que nous venons de déguster : laDSCF0024.JPG Melchiorte 2003, un côtes du luberon de chez Louis-Michel Brémont à Cucuron, un puissant assemblage de syrah, grenache qui, malheureusement, incommode certains d'entre nous avec ses arômes alcooleux un peu trop prononcé. Ceci dit, il y a alcools et alcools : ceux-ci, bien qu'effectivement un peu excessifs, présentent des notes de fruits à l'eau de vie que je ne trouve pas si désagréables. Par ailleurs, la Melchiorte offre un beau volume et de jolies notes de fruits noirs, de réglisse et de poivre blanc. Nous goûterons les Vadons, la prochaine fois, un exemple de subtilité et d'espièglerie.

caudios_rouge.jpgNotre vin N° 3 présente un vif nez de fruits rouges, frais et... mentholé ! Caudios 2004 du Château d'Agel se situe en Languedoc, dans le Minervois. Voici un moment qu'Estelle Deheyer et moi avons fait connaissance et l'heure est venue de présenter ses vins aux TupperWine à l'aveugle. Les blancs Agellum et Les Bonnes seront d'ailleurs bientôt présentés. La bouche d'une bonne puissance, modérément torréfiée, présente beaucoup de finesse et de rondeur. Un peu trop diront certains ! Ses tanins délicatemement fondus plairont à ces dames, sans aucun doute. Un vin sage, propre, bien fait, à qui je reproche effectivemement une certaine indolence.

Nous finissons cette dégustation par le vin qui remportera 6 votes sur 10, le Chateauneuf du Pape, Vieilles Vignes, 2005 delamillière.jpg Michel Arnaud (Domaine de la Millière). Souvenez-vous, on parlait récemment des côtes-du-rhône-villages de Michel sur VINSURVIN, que j'avais trouvé tout simplement "re-mar-qua-ble". Je ne suis pas peu fier d'avoir mis la main sur un tel vigneron. Composé à 60% de grenaches plantés entre 1891 et 1920, de 10% de mourvèdre, de 10% de syrah, de 10% de cinsault, de 10% de counoise, avec une mise en bouteille à partir de la 2ème, 3ème année, ce chateauneuf du pape 2005 (33hl/ha) présente toutes les caractéristiques des meilleurs de sa région : finesse, puissance, complexité... Le nez est fumé, aérien, profond. La bouche est d'une puissance maîtrisée, d'un fruit juteux, gras et délicieux. Des fruits déjà légèrement compotés assortis de notes amandées et garriguées, de tabac brun frais et de cuir. Les tanins sont élégants, racés et frais. ON sent qu'on a affaire à un vigneron qui sait ce qu'il veut et qui sait où il veut nous emmener. C'est vrai que c'est magnifique. Merci le vin, merci Michel, et bravo.  

 Prochain TupperWine : le mercredi 12 novembre, avec un accord chocolat et vin...

Les sites Internet des domaines en question :

DOMAINE LES VADONS, Luberon.

DOMAINE LA MILLIERE, Côtes du Rhône.

CHATEAU D'AGEL, Minervois.

CLOS TROTELIGOTTE, VDP du Lot,

DOMAINE RICHOU, Anjou. 

samedi, 11 octobre 2008

TupperBlind : on en a pris plein les yeux !

 

tup12.jpg

Quatre vins blancs, quatre vins rouges, à démasquer. Des flacons venus de toute la France. Une variation de cépages. Dix amateurs attablés dans un chaleureux appartement parisien. La recette pour passer un moment formidable était simple, mais inédite sur VINSURVIN.

Photo017.jpgIls ont saisi leur fiche de dégustation, l'ont examinée, et une certaine excitation s'est lue dans leurs yeux. Découvrir de nouveaux vins, tenter de les identifier sans même voir l'étiquette, comparer leurs impressions avec celles de leurs voisins et voisines et classer ces vins par ordre de préférence : le challenge était de taille mardi soir dernier, chez Canelle et Mathieu, dans un esprit ludique et très décontracté.

En blanc, la palme d'or revient aux Rogeries, l'AOC Anjou 2005 (Loire) 100% chenin de Didier Richou, un modèle complexité et de subtilité. Avec ses arômes iodés, ses arômes précieux et minéraux, sa tonicité plein de vibrance, les Rogeries intriguent et fascinent. Une pointure au-dessus...

Médaille d'argent, et coup de coeur pour un certain nombre de dégustateurs : CSbV, un VDP du Photo014.jpgLot 2007 conçu par Emmanuel Rybinski (le "y" au début !). Le premier vin blanc du vigneron du Clos Troteligotte à Cahors (Sud-Ouest), et très belle réussite avec cet assemblage de chardonnay, sauvignon et viognier. Un nez flatteur dominé par le viognier et ses notes exotiques mais bien rafraîchi par les notes d'agrumes. La bouche est souple, tendre , confortable mais également tendue pour laisser place à très jolie longueur. Bravo !

Nous nous dirigeons à présent vers la Bourgogne, le Mâconnais pour être précis. C'est le Saint-Véran du Domaine Sangouard 2005 (100% chardonnay, évidemment) qui prend la troisième place dans le coeur des dix TupperWiners autour de la table. Sa robe est plus soutenue que les précédents, son nez est beurré, amandé et minéral. C'est plaisant. La bouche tarde un peu à s'exprimer et à s'extirper d'une certaine indolence qui la rendrait presque lymphatique. Un vin bon, bien fait, mais qui pâtit d'un léger manque de vigueur et de complexité.

Chose étonnante, nous finissons "mon" classement avec un vin qui m'avait beaucoup plu lorsque je l'avais découvert : L'Archet 2005 un 100% maccabeo du Domaine Gayda (Roussillon, 11). Le nez est de suite charmeur mais dominé par le bois et des notes de vanille un peu outrancières, comme la bouche qui ne parvient pas à exprimer le fruit et la gouleyance que peut apporter un tel cépage. Ce sera le préféré d'Anne, elle qui n'avait pas été convaincu lorsqu'elle l'avait découvert à Festi' Bacchus. Comme quoi !

L'Anjou, le Mâconnais, le Roussillon, le Sud-Ouest, expérimentés à travers le chenin, le chardonnay, le maccabeo, le sauvignon et le viognier et le savoir-faire des Richou, Sangouard, Gayda et Rybinski, tel était le programme de ce TupperWine 11.0. La version à l'aveugle a plu et sera reconduite, probablement en janvier 2009. Ces impressions et commentaires sont évidemment très subjectifs et il ne faudrait pas les prendre "comptant" ! Seul votre avis, votre impression, votre sentiment comptent lorsqu'il s'agit d'exprimer vos sentiments sur un vin. 

Suite de ce compte-rendu avec les vins rouges dégustés lors de ce TupperWine 11.0, très prochainement, sur VINSURVIN. Prochain TupperWine ? Le mercredi 12 Novembre avec un subtil et délicieux accord vin et chocolat... Dix invitations à gagner, début novembre, sur VINSURVIN, Producteur de Chroniques Oenophiles.

jeudi, 09 octobre 2008

Teens think wine's cool

Photo029.jpg

A l'heure où le vin se voit prohibé par toute une frange de la population qui voit en lui les démons de l'alcoolisme, de la violence et de la délinquance routière, VINSURVIN a demandé à ses élèves de premières S, section européenne, quelle représentation ils se faisaient du vin. Bilan : on est loin des poncifs, des idées reçues et des étiquettes que certains veulent affubler au vin. In English, please. Lire la suite...

Publicité du vin sur Internet

pistolet-vin1.jpg

 

Publicité sur internet - Mme Bachelot : "viticulteurs français et étrangers doivent être "à armes égales".
Publié le 07/10/2008 sur l'excellent
MEL VITICOLE.

 

La ministre de la santé Roselyne Bachelot s'est dite favorable mardi à ce que les viticulteurs français puissent défendre leurs produits sur l'internet pour lutter "à armes égales" avec les producteurs étrangers.

Sur RMC et BFM TV, elle a souligné qu'il y avait "un vide juridique" dans la loi Evin de 1991 encadrant la publicité sur le tabac et l'alcool, puisqu'alors l'internet n'existait pas. "Je souhaite que nos viticulteurs puissent lutter à armes égales sur internet avec les producteurs étrangers", a-t-elle souligné, indiquant qu'un groupe de travail a été réuni avec le ministre de l'agriculture Michel Barnier. "Avec toutes les garanties et les garde-fous, je souhaite une harmonisation de la législation internet/publicité écrite", a déclaré la ministre.

La publicité est limitée par le Code de la santé publique au degré volumique, à l'origine, à la composition, aux moyens de production et modes de consommation du produit, mais aussi depuis 2005 à sa description à travers son goût, sa couleur et son arôme. La semaine dernière, plusieurs associations de prévention en alcoologie avaient écrit au Premier ministre François Fillon pour l'alerter sur les risques qu'il y aurait à autoriser la publicité généralisée sur l'internet pour les boissons alcoolisées. Les associations considéraient qu'il est "légitime que les producteurs et distributeurs puissent présenter leurs produits et les offrir à la vente sur leur site internet". Mais, soulignaient-elles, "aller au-delà et autoriser tous les sites à accueillir des publicités pour l'alcool induirait de graves conséquences".

23:02 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (1)

lundi, 06 octobre 2008

Ce soir, c'est à l'aveugle !

blind.jpg

Le TupperWine 11.0 a lieu ce soir et bien malin celui qui saura démasquer les vins au programme. Car pour la première fois en onze éditions, c'est blind test : une dégustation de vins de toutes les couleurs et des quatre coins de la France, à l'aveugle !

Vous aimez le vin. Le blanc, le rouge, le rosé. Mais, êtes-vous joueur ? Etes-vous capable de détecter un cépage chardonnay, un rolle ou un maccabeu à la simple vue de sa robe, à l'odeur de ces arômes, à son contact et sa longueur en bouche ? Si vous pensez que oui, vous risquez de vous mettre le doigt dans l'oeil. Car l'identité d'un vin ne saute pas aux yeux, à l'aveugle.

Entourés de quelques oenophiles, les yeux souvent écarquillés, aussi amateurs que vous, vous ferez le tour de la France et découvrirez, ou redécouvrirez, des régions viticoles, des cépages, des vignerons de très grande qualité. Dégustation gratuite, aucune vente à la clé, seul le plaisir de se rincer le gosier, à défaut de l'oeil, motive ces TupperWine.

Des TupperWine auxquels vous viendrez les yeux fermés, il y en a encore à venir en 2008. Et pas n'importe lesquels ! En Novembre : un accord met et vin avec le meilleur ouvrier chocolatier de France, Arnaud Larher. En décembre : Benoit Tarlant viendra nous faire goûter son champagne. Le pire, c'est qu'on peut participer à tous les TupperWine... Dingue.

Mais une question vous taraude l'esprit. Combien diable participer à ce TupperWine de mardi 7 octobre 2008, 20h00, à Paris 17 ? C'est simple. Pas nécessaire de me faire de l'oeil. Jetez un oeil au quiz suivant et répondez-y par commentaire. Laissez-moi une adresse e-mail valide afin que je puisse vous envoyer l'adresse de ce TupperWine 11.0 en retour. Et pour vous donner une idée de ce à quoi ressemblent ces dégustations étranges, détendues et gratuites, entre gens bourrés de qualités, qui boivent du bon vin de 20h00 à 22h00 une fois par mois, il vous suffit de cliquer ICI pour lire les compte-rendus des précédents TupperWine.

A ce soir, bon pied, bon oeil !

1. Quel est le cépage roi en Aubance ?

2. Qu'est-ce qu'un maccabeu ?

3. Dans quelle région viticole se trouve le domaine de la Millière ?

4. Quelle est la dernière région viticole en date visitée par VINSURVIN ?

5. Qui vient de sortir la QV Discobictch ?

samedi, 04 octobre 2008

Pouilly-Vinzelles me donne des ailes.

pouilly.jpg

De même que les vins rouges, les vins blancs sont pléthores en France. Le choix de ce dernier est souvent délicat, qu'il s'agisse de l'accorder avec un plat ou de le servir, tout simplement, à l'apéritif. La surprise du chef d'aujourd'hui vient d'un vin du Mâconnais, de l'appellation Pouilly-Vinzelles, non loin de la Roche de Solutré. Et point besoin de sortir les grands noms de la région pour trouver son bonheur.

Lorsqu'on évoque Pouilly Fuissé, on marque parfois un temps de réflexion : vous avez dit Pouilly Fuissé ou Pouilly Fumé ? Pour les amateurs de vin et de géographie, la confusion est anecdotique, voire drôle. Fumé se situe en Centre-Loire, où l'on vinifie du sauvignon, à deux pas de Sancerre, mais aussi de Ménetou-Salon ou de Quincy. On lui prête des notes de minéralité, de pierre à fusil. Fuissé est à classer en région Bourgogne, dans le Mâconnais pour être précis. Il est élaboré à partir de chardonnay et se décline sous diverses appellations, ce qui rend fous certains exportateurs peu scrupuleux (lire l'interview de M.E. Leclerc dans la RVF de ce mois-ci), qui se plaignent de la multitude d'appellations en France et des confusions que peuvent produire dans l'esprit des ménagères étrangères ces "fumé" et "fuissé". Leclerc, c'est Leclerc, ce n'est pas Carrefour ou Géant. On ne lui a pas encore demandé de changer de nom, que je sache.

DSCF0310.JPGAu sein même du Macônnais, à l'ouest de l'A6 en descendant vers le sud, se déclinent les atouts de cette région de 4000 ha, qui en plus de produire de très bons vins, possède un charme extraordinaire. Ces atouts ? Une myriade de petites appellations : sur des sols argilo-calcaires poussent les chardonnays des Mâcon-Chaintré (Domaine Mathias), Mâcon-Solutré, Mâcon-Chânes (une merveille chez Dominique Cornin), Viré-Clessé, Saint-Véran (Domaine Sangouard), Pouilly-Fuissé (Michel Paquet), Pouilly-Loché, j'en passe et des meilleurs, et... Pouilly-Vinzelles de chez Gilles Mathias, celui qui nous intéresse aujourd'hui. C'est vrai que, qui dit Pouilly Fuissé, dit de suite Duboeuf, Vincent, Delorme, etc... Certes, mais rassurez-vous, il n'est point nécessaire de dépenser des fortunes et de flamber avec des vins de marque pour trouver son bonheur en Mâconnais.

J'ai rencontré Béatrice et Gilles Mathias par hasard, comme je procède souvent lorsque je sillonne les routes et les vignobles de France. C'est eux m'indiquèrent ensuite la route pour aller chez l'immense Dominique Cornin. C'est avant tout les arômes de leurs vins qui me fascinèrent : beurrés, doté de notes d'amandes grillées, ronds, gras, confortables, apaisants, je fus rapidement séduit. Et puis, de retour à la maison, les vins se fermèrent. Au mois de novembre 2007, lors du tout premier TupperWine, le mâcon-chaintré manqua d'acidité, le pouilly-vinzelles, un cran au-dessus pourtant, peina à s'exprimer et seul le pouilly-fuissé tira convenablement son épingle du jeu. Je me posai alors des questions. A tort. A tort car ce pouilly-vinzelles 2006 (100% chardonnay) DSCF0088.JPGvient de m'offrir de belles surprises. Carafé trois bonnes heures pour lui laisser tout son temps pour s'aérer, ce choix s'avère payant. Proposé à l'apértif, le nez s'est enfin ouvert sur des notes exotiques d'ananas, associées à de l'abricot, de la mirabelle  très mûrs et des notes de brioche. Le vin n'est pas dénué de fraîcheur, presque anisée. La bouche est chaude, mielleuse, soutenue par une acidité agrumée, qui demande peut-être encore à s'affirmer. Le vin a gagné en longueur et en équilibre. Le lendemain, le vin n'a rien perdu de sa verve. A 8,00€, le rapport qualité-prix est assuré. 

Vous savez désormais ce qu'il vous reste à faire pour passer un bon moment avec vos amis ce vendredi soir : filer chez votre caviste et lui réclamer un vin du Mâconnais ; plus précisément, un pouilly-vinzelles. Ou un mâcon-chaintré, ou un saint-véran, ou un chânes, ou un... 

Béatrice et Gilles Mathias, rue Saint-Vincent, 71570 Chaintré. Tél : 03.85.27.00.50 - Fax : 03.85.27.00.52 - www.domaine-mathias.fr 

DSCF0328.JPG
La Roche de Solutré.
DSCF0302.JPG
 Dans le vignoble français, il suffit de suivre les indications, toujours très précises.
C'est simple !
Photos VINSURVIN.

jeudi, 02 octobre 2008

Ochato chouchoute le chaland.

 

ochato2.jpg

Ochato, le site de vente de vin en ligne fiable et varié, avait convié dans ses murs, hier soir, une quinzaine de personnes, autour de flacons soigneusement sélectionnés par le maître de chai maison, Christophe Guitard. Au programme, une partie de l'est de la France, avec des vins de Haute-Savoie, du Beaujolais et de la Vallée du Rhône. Un moment très convivial, avant une prochaine dégustation dédiée à la Rhône Valley.

alpes.jpg"Je ne savais même pas qu'on faisait du vin en Haute-Savoie" me glisse, un peu honteuse, une jeune amatrice de vin alors que Christophe Guitard, le "palais d'ochato", nous sert une méthode champenoise savoyarde du Domaine Belluard. Je lui réponds qu'elle ne s'en fasse pas, je viens de découvrir qu'ils en font à Bordeaux également. C’est à 450 mètres d’altitude que des coteaux, situés non loin de Chamonix et exposés plein sud, abritent une quarantaine d’hectares d’un vignoble très particulier et très ancien. Composé intégralement de gringet, un très vieux cépage dont les plus anciennes traces écrites remontent au Moyen Age, ce mousseux élaboré en brut est original, d'une certaine complexité, équilibré mais austère à mon goût. Sa version vin blanc sec, les Alpes 2007, est bien faite, aromatique, fleurie. Servi à l'apéritif, autour un plateau de fromage ou pour raconter son séjour au ski, ce vin risque de vite devenir un sujet de conversation.

Nous partons ensuite pour le Beaujolais. Dans une ambiance décontractée où se mêlent amateurs éclairés et curieuxbojo.jpg décomplexés, Olivier nous sert un beaujolais villages vieilles vignes 2007 du Domaine JC Lapalu. Un nez assez puissant, voire racé ; une bouche elle aussi puissante, sur des notes de cuir ; puis cette explosion de poivre en bouche. Le fruit n'est pas dominant à première vue (bien que les raisins soient vendangés très tardivement), les notes de sous-bois, de champignon, de tabac, elles, le sont. Quelques temps après (à mon regret), les notes tertiaires s'effacent un peu au profit du fruit rouge très mûr. Ce qui, visiblement, plaît dans l'assemblée. Le brouilly la Croix de Rameau 2007 qui suit est peut-être classique mais confortable, souple et concentré de fruits mûrs : tout  ce que l'on attend d'un vrai brouilly. Ce 100% gamay est à ouvrir avec les copains sur un apéro, un casse croûte, un plat simple. Il plaît à tout le monde. Garanti !

Direction le Rhône à présent ! Direction le Mas du Libian où deux femmes élaborent, entre autres, ce côte du rhône Bout d'Zan 2007. Brut de décoffrage à première vue, les notes de fruits noirs et de tapenade associées à une belle trame fraîche et ciselée adoucissent cette première impression. Si chatoneufdupape.jpgéquilibre et homégénité s'établiront avec le temps, de même que les tanins devront s'affiner, la puissance et le caractère de ce vin en font une belle réussite. La Calade 2006, un vin non filtré, se présente dans une robe sombre et profonde. Le nez complexe évolue vers le fruit noir (cerise, cassis, poivre). La bouche est sacrément ample, riche, grasse. Elle a gagné en élégance par rapport à Bout d'Zan. Les tannins sont polis, les notes de réglisse et de cacao dominent et ne sont pas dénuées de longueur. Du beau travail.

Nous finissons cette jolie dégustation avec le vin de Stanislas Wallut du Domaine de Villeneuve (que l'on avait rencontré à Bû chez Laurent Baraou) : chateauneuf du pape 2006. C'est l'élégance et le velouté de ce 2006 qui impressionnent avant tout. Le nez est tout en subtilité, apprêté mais pas impétueux, dans un ballet de notes de garrigue, de fenouil, de cannelle. Un fruité complexe, croquant et admirable. La bouche  est volumineuse, soutenue par des tanins fermes. L'hallucination est collective !

La bande d'Ochato a tout compris : faire déguster les vins proposés sur le site est une chance inouie pour les internautes, qui permet en outre de se donner une vraie idée des vins sélectionnés. La recherche de vin qualité et à des prix très attactifs chez ces jeunes entrepreneurs est manifeste, faisant de leur site une valeur sûre pour l'achat de vin online.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu