Avertir le modérateur

mercredi, 22 octobre 2008

A l'Assemblée Vinicole

 

2660241377_21c389d6e5.jpg
 

Robert Lecou, député UMP de la 4ème circonscription de l'Hérault, avait convié, hier soir, dans les salons de l'Assemblée Nationale, deux vignerons de sa région : Jean-Pierre Vailhé du Mas de Valbrune et Léon Calage du Domaine Calage Ressiguier ; une petite opération de communication visant à promouvoir, auprès de ses homologues députés, les vins d'une région encore victime "d'une image peu reluisante". Le retour de la publicité du vin à la télévision : info ou intox ? Un seul média sur place pour le vérifier, VINSURVIN !

"On a quand même assisté à quelquechose de très rare aujourd'hui !", s'exclame, tout sourire, Robert Lecou, en entrant dans l'appartement 3G de l'Assemblée Nationale. "526 voix contre 4 en première lecture sur le Grenelle de l'environnement ! C'est historique !" Les premiers arrivés aquiescent. "Et qui a voté contre?", interroge une voix dans l'assemblée. Robert Lecou, costume rayé et cheveu blanc, fait le tour des convives pour leur souhaiter la bienvenue, avant que ne s'entame une conversation autour de la viticulture héraultaise. Votre humble serviteur met les pieds dans le plat. Attentif, disponible et visiblement intéressé, Robert Lecou n'élude pas les questions.

VINSURVIN : Monsieur le Député, le vin français est attaqué de toute part, menez-vous aujourd'hui une réflexion pour qu'on cesse de le stigmatiser ? 

Robet Lecou : Le vin est un art de vivre qui a grandement évolué ces dernières années. Il y a 50 ans, le vin est un aliment à part entière. Les paysans, qui travaillaient dur aux champs, buvaient de grande quantité de vin, non pas pour se souler, mais pour y trouver de la force. Et puis, ils éliminaient à force de travail. Par ailleurs, le vin produit était médiocre. On recherchait pas la qualité à l'époque, mais la quantité ! Il n'était pas rare d'entendre des vignerons se demander aux uns et aux autres combien d'hectolitres ils avaient produits : 150, 180, 200hl/ha ?! Aujourd'hui, on boit moins mais mieux. Un combat est mené contre les excès. Mais ce combat pour la sécurité, pour la modération, ne doit pas mener à la stigmatisation du vin."

VINSURVIN : Pourtant, il est quasiment impossible de boire du vin aujourd'hui sans se faire rappeler à l'ordre. Récemment, c'est un logo de femme enceinte qui est apparu sur les étiquettes ; dernièrement Seppi Landmann (1) me confiait qu'il a tiré un trait sur sa fête annuelle du vin dans son village car les gendarmes se postaient à la sortie du village ; certains réclament un taux d'alcoolémie au volant de zéro...

R. Lecou : Dans tous les domaines, il y a de l'extrémisme. Il faut communiquer sur la modération, mettre en avant le raisonnable et le modéré, sans nécessairement tomber dans l'excessif.  

VINSURVIN : Peut-on imaginer un jour le retour de la publicité du vin à la télévision ?

R. Lecou : Et bien, je devais, cet après-midi, m'entretenir avec un collaborateur, sur la question, chose qui ne s'est pas faite pour des raisons indépendantes de ma volonté. Mais, pour répondre à votre question, le retour de la publicité du vin à la télévision est une réflexion que je mène.

Arrive alors Bernard Acoyer, Président de l'Assemblée Nationale.

VINSURVIN : Monsieur le Président, quelle vision avez-vous du sort qui est réservé à la viticulture française aujourd'hui ?

Monsieur Acoyer : L'acceuil qui est réservé, ici, aujourd'hui, à ces deux viticulteurs, démontre toute l'attention que l'Institution porte au vin français, qui demeure un pan important de notre économie. En matière d'alcool, je suis préoccupé par l'excessif mais on doit trouver un équilibre pour ne pas tomber dans l'excès, qui ferait barrage au vin français. La clé réside dans l'éducation et la prévention.

Le ballet des arrivées et départs de nombreux députés et députées suivit son cours autour d'un buffet réunissant les vins de Léon Calage et de Jean-Pierre Vailhé, preuve que les élus français ne sont pas les derniers à déguster un bon verre de vin et à grignotter les bons produits du terroir français. Ne reste plus qu'à souhaiter qu'ils montent au créneau pour défendre ce que la France a de plus cher au monde.

(1) Lors d'un entretien avec le vigneron Alsacien, chez lui, en août 2008.

Photo, Mathieu Vernin : les Sièges de "Assemblée Nationale", station de métro sur la Ligne 12.

Commentaires

Les vins français malades de leur œnologie


François TATARD (1932) a participé, dans les années 1960, dans une grande maison de Champagne à l'expérience suivante:
Des bouteilles, prêtes à être munies de leur bouchon de commercialisation habituel ont été goûtées, puis capsulées en deux lots.
Le premier avec des capsules en inox et joint de liège, le second avec ces même capsules mais joints en polyéthylène à garantie alimentaire.
Après dégustations comparées, il apparut nettement, avant une semaine, que les vins à joint polyéthylène de bouchage, avaient rajeuni et perdu toutes leurs qualités mûries par vieillissement.
On constate que les vins, actuellement bouchés par des polyéthylènes expansés serrés, deviennent acides, aigres et sans saveur en assez peu de temps. Les vins chiliens en font la triste expérience imitée, comme d'habitude, par les vins français.
Les chimistes de RHONE POULENC autant que les responsables des grands laboratoires œnologiques n’étaient pas surpris de ces résultats qu’ils expliquaient par la migration bien connue des éthers aromatiques au sein de la matière de synthèse. Ces éthers, en traces non mesurables, ont un pouvoir dissolvant au contact des macromolécules artificielles.

1960 – achat d’une bouteille de vin chez l’épicier de quartier

La recette était simple quand on connaissait les habitudes du commerçant. Lorsque le casier à bouteille était en voie d’épuisement, le livreur venait recharger en empilant sa livraison sur ce qu’il restait au fond du casier. Il fallait, discrètement, fouiller vers le fond et mirer le flacon poussiéreux à l’étiquette défraîchie. Si l’on constatait la présence d’une « queue de renard », bien collée sur le verre, on pouvait être certain du bon choix. Ce dépôt adhésif était le résultat d’une fermentation de vieillissement favorisée par un bon taux d’alcool. Le vin blanc y prenait un goût de Xeres et le vin rouge atteignait des performances de qualité exceptionnelles. Bien sûr, les vins au litre ne permettaient pas cela, mais des bouteilles de vins d’Algérie, très bon marché, étaient capables de ces prouesses. Les professionnels, œnologues avertis, expliquaient que le bas prix de ces vins ne justifiait pas les tripotages des vins « chics ». C’est, peut-être, parce qu’on avait laissé faire la nature qu’on arrivait à cet idéal.

Nos vins sont malades de notre oenologie et de nos vinifications "scientifiques". On citera comme causes de la dégradation de leurs qualités ancestrales :
Les mélanges abusifs de raisins noirs et blancs, les filtrages excessifs, les ajouts d'acides tartriques, les excès des bisulfites, les fermentations malo-lactiques artificielles prématurées.
Ainsi, les vins de Bourgogne ne sont plus tout à fait des vins rouges. Les Beaujolais semblent oublier que le Gamay ne donne pas un très bon vin sans l'alcool nécessaire.
J'ai acheté un excellent VIOGNIER du pays d'Oc, le producteur justifiait sa qualité par l'intervention d'un "wine-maker" australien.
Alors, soyons modestes et reconnaissons que les anglo-saxons sont les meilleurs oenologues du monde.

Écrit par : Tatard | vendredi, 29 mai 2009

Bon article

Écrit par : Nico | samedi, 15 novembre 2014

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu