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dimanche, 31 août 2008

Un Lubéron blanc en dégustation

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Il est toujours intéressant d'avoir le point de vue d'un professionnel. Emmanuel Delmas, sommelier dans un grand restaurant parisien, a eu la gentillesse de se prêter au jeu de la dégustation "à l'aveugle". Au programme : un vin de  Sylvain Morey (la Bastide du Claux), Baraban 2007, un côte-du-luberon blanc, composé de 65% de grenache blanc, 25% de vermentino et 10% d'ugny blanc. Un vin du sud qui n'a pas laissé Emmanuel insensible. Avant de vous proposer les commentaires de l'auteur de sommelier-vins.com, je vous rappelle que vous avez la possibilité de venir découvrir les vins de plusieurs domaines du Luberon, mardi 2 septembre, aux Abbesses.

 

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Le site d'Emmanuel Delmas : CLIC ICI

Photo VINSURVIN : Baraban 2007 à Paris.

 

jeudi, 28 août 2008

Rencontre avec Seppi Landmann

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C'est le sommelier Emmanuel Delmas qui me conseilla d'aller voir l'homme, que je ne connaissais que de nom. Et puis, il y eut l'excellent ouvrage de Denis Saverot (In Vino Satanas, à sortir en Septembre 2008) qui aborde le ras-le-bol de ce vigneron alsacien face au "bal des faux-cul", ces politiques et représentants de l'ordre public qui tiennent un discours sur le vin d'un côté et agissent autrement de l'autre. Il fallait donc, lors de mon séjour en Alsace, que je rencontre celui qui apparaissait déjà à mes yeux comme un personnage. Dans "sa" Vallée Noble, rencontre avec un homme généreux et attachant.  

Un coup de fil sur le portable de celui que, sans vouloir lui manquer de respect, l'on appellera Seppi, et trois heures plus tard, je me trouvais devant chez lui, à Soultzmatt. "Tu tombes bien", me dit-il, "je déménage l'appartement de ma mère. Regarde ce qu'on y a trouvé !" De vieilles caisses en bois, poussiéreuses, sont entassées dans le "cul" de la camionette. Les étiquettes arborent des "Riesling 1971", "Pinot Gris 1974", "Chateauneuf du Pape 1976". "Bon, ben, on va goûter", me dit Seppi, en empoignant les précieux cézames. La conversation démarre autour de ces trésors. Je suis sidéré. Elle finira, là-haut, chez lui, autour d'un délicieux dîner alsacien, et de superbes bouteilles...

J'aimerais d'abord que Seppi me parle de son vin, de sa région, mais la discussion se dirige rapidement vers ce qui le tracasse le plus : la mise à mort du vin, en France. Vous le constaterez, Seppi Landmann est exaspéré par les méthodes hypocrites des politiques, qui, par exemple, demandent aux vignerons d'adhérer à l'oenotourisme, en acceuillant à bras ouverts des touristes qui ne boivent plus une goûte de vin, de peur de se faire cueillir par les gendarmes au bout de la rue... Avant de goûter, prochainement, les sylvaners que Seppi a remis au goût du jour, je vous laisse découvrir le Sage de la Vallée Noble.

1. Comment Seppi est devenu vigneron. (4 mn).
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2. Ses plus grandes émotions oenophiles. (1mn 50).
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3. La Cuvée Erotique 96. (4 mn).
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4. Le bonheur est dans le vin. (4mn 30) 
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5. La loi Evin, la faiblesse du "lobby" viticole français... (4 mn 20)
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6. Le terroir Alsacien (1mn 20)
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7. L'"Esprit" Seppi Landmann. Le millésime 2008. (4 mn)  
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8. Le Bal des Faux-Culs. (5 mn)
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9. Oenotourisme : on n'est pas a une contradiction près... (4 mn)
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Seppi Landmann, 20 rue de la Vallée, 68570 Soulzmatt.
 
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mercredi, 27 août 2008

TupperWine 10.0 : Le Luberon à l'honneur !

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La Loire, le Mâconnais, le Sud-Ouest, Chablis, la Champagne, l'Ardèche, l'Alsace, et maintenant, le Luberon ! Chose promise, chose due, de retour d'une région prodigieuse de beauté et de sérénité, VINSURVIN vous invite à son TupperWine 10.0, mardi 2 septembre, 19h45, chez un caviste de Montmartre, pour une balade oenophile à travers le fameux vignoble du Vaucluse. Cerise sur le gâteau, Fabrice Monod, du Domaine Fontvert, sera des nôtres, pour nous parler de son vin et de sa région. Pour y participer, c'est simple, il suffit de lire VINSURVIN et de répondre à quelques questions.

1. La superficie du vignoble du Luberon (déclarée en 2006) est de :

a) 50 ha b) 200 c) 3000 ha d) 10000 ha

2. Les deux cépages principaux (rouges) cultivés dans le Lubéron sont :

a) petit verdot, gros manseng b) syrah, grenache c) riesling, petit grain d) malbec, bourboulenc 

3. Yoann Malandain vinifie à :

a) Yquem b) la Dorgonne c) Lourmarin d) sa façon

4. Aux Vadons, à Cucuron, dans le Luberon, VINSURVIN a rencontré :

a) Louis-Michel Brémont b) Louis-Michel Brémond c) Louis-Michel Brêmont d) Johnny Cleg

5. Son père est un célèbre vigneron à Chassagne-Montrachet. Lui officie dans le Lubéron, à :

a) Château Grand Callamand b) Saint-Estève de Néri c) Saint-Pourçain sur Sioule d) la Bastide du Claux 

Pour participer, répondez à ce quiz par commentaire sur VINSURVIN. N'oubliez pas de laisser une adresse e-mail valide (non communiquée) en remplissant le "formulaire commentaire" afin que je puisse vous faire parvenir votre invitation. Jeu valable pour une personne. Date de clôture : mardi 2 septembre, midi (invitations envoyées jusqu'à 18h00, le soir même) environ. Faites jouer vos amis ! Bonne chance !

Pour patienter et vous mettre "l'eau" à la bouche CLIC ICI pour un petit diaporama sur le Luberon.

Un trésor, ce Quintet girondin !

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Après Château la Freynelle 2007, suite des dégustations ApéroBordeaux avec Quintet, Bordeaux Blanc 2007 et Dourthe N°1, Bordeaux blanc 2007. Vous rappeler le concept d'ApéroBordeaux : chaque mois, 15 internautes sont sélectionnés parmi les inscrits sur ce site Internet. Est alors envoyé à leur domicile un kit de dégustation composé de 3 bouteilles de vin de Bordeaux. Vous dégustez puis envoyez vos commentaires sur ApéroBordeaux, photos à l'appui si le coeur vous en dit. Une très belle initiative pour découvrir des vins simples-et-bons-et-pas-cher.

Rappelons que l'auteur de ce blog n'est pas un adepte du bordeaux, à première vue. Rappelons également que Château La Freynelle, Bordeaux blanc 2007 s'était vu attribuer la note très satisfaisante de 14,5/20. Pas une habitude les notes sur VINSURVIN, mais puisqu'il s'agit d'un jury, et que c'est bientôt la rentrée... Pour commencer cette deuxième session : Quintet, Bordeaux blanc 2007, 100% sauvignon. Je vous épargne la symphonie un peu ringarde autour du champ lexical de la musique, lisible sur la contre-étiquette, qui donne envie d'ouvrir... un chardonnay. En fait, loin d'être jazzy, ce vin produit rapidement l'effet d'une chansonnette au creux de l'oreille.

Passons sur la robe, relativemement pâle, mais l'habit ne fait pas toujours le moine. Concentrons-nous plutôt sur le nez de ce vin, qui reçoit, à 1027927091.jpgl'unanimité, les félicitations du jury. Quel bouquet ! Quels parfums ! Pour un peu, on se satisferait de ces superbes arômes de fleurs fraîchement coupées, de citron, de menthe sans même porter le verre à nos lèvres, par peur de ne pas retrouver le même plaisir en bouche. Le déséquilibre né/bouche est parfois frustrant. En effet, un vin présentant un nez extrêmement flatteur peut s'avérer décevant en bouche : un beau-parleur, en somme. Ce ne sera pas le cas, ici. La bouche de ce Quintet est fraîche, tonique, puis s'arrondit doucettement. Citron, agrumes pressés, finale épicée, tendue et d'une belle longueur : c'est tout mais c'est tellement bon ! Une personnalité nette et sans détour, de la gouleyance, de la jeunesse, de la joie ! Je m'incline, un vin très très réussi. 17/20. Cerise sur le gâteau : ce vin ne coûte que 3,30€ !

Restait le vin le plus cher sur le papier (6,70€) mais pas à mes yeux : Dourthe N°1, un bordeaux blanc 2007, également 100% sauvignon. Un vin qui m'a laissé perplexe. Il ne recueillerait pas la moyenne. Référons-nous plutôt à certains commentaires apparaissant sur APERO-BORDEAUX : "simple, très bon équilibre qui se termine par une fraîcheur agréable." ; "trés bon bordeaux blanc" ; "la bouche n'est pas en reste avec une belle attaque vive et franche puis enrobée avec élégance par cette minéralité caillouteuse qui donne du relief et de la puissance." CQFD.

Conclusion : on ne peut passer sur le fait que le vin qui recueille, à mes yeux, les meilleures impressions est le vin le moins cher et que celui qui se voit recallé par le jury est le plus cher ("recallé" mais non condamné, il faudra le regoûter ou goûter d'autres cuvées de ce domaine, qui doivent être très bonnes, au demeurant). Je suis ravi de voir que l'on peut boire des vins délicieux (à Bordeaux) pour des sommes modiques. C'est une bonne nouvelle. Au final, deux vins très bons sur les trois présentés : c'est une belle réussite. Enfin, le sauvignon étant le cépage roi dans ces trois vins, je ne puis que vous conseiller de goûter le sauvignon lorsqu'il est vinifié en Centre-Loire : pouilly fumé, ménetou-salon, quincy... et sancerre, bien entendu !  

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mardi, 26 août 2008

Le vignoble Alsacien en images...

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L'Alsace a fait son entrée sur VINSURVIN en mars dernier à l'occasion d'une très belle dégustation organisée à Paris par le CIVA. L'occasion pour votre humble serviteur de rencontrer, entre autres, Martine Becker, qui nous gratifia en juillet d'un TupperWine qui restera dans les annales ! Déguster les grands crus Froehn, les VT et autres feu-tokays étaient une chose. Mais fouler le sol alsacien, flâner dans ses vignes et entrer chez ses viticulteurs en était une autre. C'est désormais chose faite après ce (trop court) séjour dans le Haut-Rhin ! Basé à Thannenkirch, charmant village frontière entre les Vosges et l'Alsace, point de départ idéal pour se rendre dans le vignoble, VINSURVIN vous propose un petit diaporama des villages et des vignes visités. De Saint-Hippolyte à Soultzmatt , en passant par Hunawihr, Riquewihr, Zellenberg, Ammerschwihr, Niedermorschwihr, Turkheim, cette région, splendide, chaleureuse et acceuillante, m'a enchanté. Avant de vous proposer une interview (exclusive !) de l'incomparable Seppi Landmann, petite revue photographique...
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mercredi, 20 août 2008

C'est bordeaux blanc et blanc bordeaux

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Sympa, Apéro-Bordeaux a invité VINSURVIN à déguster trois bordeaux blancs et à faire parti du jury ! Du sauvignon, du sémillon juteux, fruités et fort agréables : il y a de la découverte dans l'air...

La première bouteille ouverte n'a pas un goût de bouchon. Normal c'est un bouchon à vis  ! La classe. Avant de déguster, je passe en mode castorama : je visse, je dévisse, je visse, je dévisse... Un peu plus et je descendais à la cave chercher la perceuse ou un tournevis : bah ouais, j'arrive pas à l'ouvrir avec mon super tire-bouchon screwpull. Et ce bruit métallique du bouchon sur le verre de la bouteille... superbe. Ca me rappelle la micheline rouge et blanche qui passait devant chez mes grands-parents, sur la ligne Guingamp-Lannion, quand j'étais petit. On était en train de manger. Et tous les jours, à 12h07, on entendait ce iiiiiiiiiiiiiiihhhhhh (inimitable), parce que, avant la maisonnette de mon grand-père et de ma grand-mère, il y avait un virage serré, donc la micheline, elle devait freiner, sinon, elle finissait dans le séjour de mon grand-père et ma grand-mère. Et le machiniste, il mangeait le jambon-macédoine avec nous (elle faisait ça, en entrée, ma grand-mère : jambon-macédoine). Mais sans bordeaux. Avec du cidre.

Alors, ce bordeaux blanc, parlons-en. Le premier (tiré au sort sur les trois reçus par, hum, la Poste) s'appelle Château La Freynelle. Freynel ? C'est le nom de mon médecin quand j'étais gamin ! Ce vin blanc aurait-il des vertues médicinales ? Fort possible. La robe jaune pâle témoigne de la jeunesse de ce 2007. Très propre au demeurant. Le nez est très aromatique, d'une belle puissance : agrumes, pamplemousse, ça saute au nez. Puis herbe sèche, foin coupé. Le vin s'ouvre tranquillement pour laisser apparaître de subtiles notes chaudes et grasses de fruits blancs, d'ananas en finale. Cela augure d'une belle bouche. Effectivement, l'attaque est vive, marquée par les agrumes mais un peu dominée par l'acidité, la faute à la jeunesse et peut-être à un millésime pas des plus géniaux, avec un mois d'août humide, rattrappé de justesse par un mois de septembre ensoleillé et par les soins des bons vignerons. Malheureusement, cette acidité ne permet pas de retrouver ces notes chaudes annoncées en introduction olfactive... La bouche, fort agréable au demeurant, est d'une bonne densité, d'une certaine richesse. Au final, un vin très raisonnable pour l'apéro, voire avec poisson ou une viande blanche en sauces. Et puis à 4,70€, pourquoi se priver ? Pas l'habitude de donner des notes sur VINSURVIN, et encore moins un 20/20 ! Mais, puisqu'il s'agit d'un jury, alors adjugeons la note de 14,5/20 (très bon rapport qualité/prix). Suite des dégustations apero-bordeaux/vinsurvin avec Quintet et Dourthe n°1 : des noms de vin, ça ?! Prochainement sur VINSURVIN.

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mardi, 19 août 2008

Un Morey sauce Lubéron

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N'allons pas croire que le Luberon (sud) ne se résume qu'aux trois domaines abordés sur VINSURVIN. Après les Vadons, la Dorgonne et Fontvert, restait un certain nombre de rendez-vous à prendre afin de continuer à explorer les trésors que cette région voudrait bien me révéler. Débordé et sur le point de se rendre en Bourgogne, sa terre natale, Sylvain Morey eut néanmoins la gentillesse de m'accorder un peu de son temps. C'eût été dommage de passer à côté d'un tel talent.

Dans la Famille Morey, je voudrais... le fils ! Avec un papa (Jean-Marc), vigneron dans la mythique Chassagne-Montrachet, pas facile de se faire un prénom. Pire encore, avec du sang bourguignon dans les veines, comment diable accorder ses violons avec une région telle que le Luberon ? Défi à relever, pari à gagner, Sylvain se devait d'associer son patrimoine familial à son propre savoir-faire, sur un terroir radicalement différent de celui qui le vit grandir. Défi relevé, pari gagné, Sylvain présente des vins en effet fortement influencés par la 806997714.JPGBourgogne (il n'y a qu'à goûter son 100% chardonnay !) mais également très représentatifs de la région (Malacare, Les Claux...).

Un bourguignon ne renie jamais ses origines ! Lorsque j'hume le nectar de chardonnay 2006 made by Sylvain Morey de la Bastide du Claux, je lui demande s'il ne vient pas de me servir un puligny ! Difficile à élever sur ces terres chaudes (et parfois arides) du Luberon, le chardonnay est ici est pleine zénitude : à croire que la fraîcheur des nuits est inscrite dans les gènes de ce délicieux vin blanc. Où serait-ce dû à la main du vigneron ? La robe est limpide et d'une belle brillance. Le nez est intense de fleurs blanches (acacia), de fruits à chair blanche mûris à point (pêche, poire). Viennent ensuite des notes briochées et délicatemement vanillées. La bouche est vive, fraîche (agrumes) avant d'évoluer vers des notes plus rondes et grasses tels que le miel et le fruit cuit. Un très joli vin.  

Les Claux 2006 est certainement le vin de Sylvain le plus typé Luberon. Né d'un assemblage classique de grenache (60%) et syrah (40%), la1586383382.JPG robe est sombre et profonde. Le nez est frais et surprend par sa complexité. Fruit noir, tabac, sous-bois et épices s'animent à l'ouverture. Le vin va prendre son temps pour s'ouvrir. La bouche est d'abord un peu serrée, sur du fruit noir et frais. Elle est plutôt du style gouleyante que ronde, fine que grasse, tendue qu'opulente. Mais elle offre de la matière, de la profondeur, de la complexité. Finalement, pour un vin que je trouve "typé Luberon", sa structure (la forme) est plutôt bourguignonne ! Le fond respire le sud. Après ces fruits noirs, des notes de bois secs, de fruits confis, de cuir, d'épices douces s'associent dnas une une bouche d'une très belle densité.

Un petit mot sur le rosé de Sylvain, qualifié de "superbe" dans les carnets gourmands de Gilles Pudlowski (le Point). Un petit mot car il est étonnant de boire des rosés dont le nez (fleur blanche, fruits blancs) et la structrure (finesse, légèreté, fruité) rappellent des blancs. Elevé et vinifié comme tel, le rosé de la Bastide du Claux donne un résultat assez spectaculaire.

L'équation est donc simple : savoir-faire bourguignon + matière première luberonnaise = vin Sylvain Morey ! Vous le constaterez vous même lors du prochain TupperWine dont la rentrée sera exclusivement réservée aux vins du Luberon.    

LA BASTIDE DU CLAUX, Campagne le Claux che Moulin neuf 84240 LA MOTTE D'AIGUES - 04 90 77 70 26.  

Photos VINSURVIN, juillet 2008. 1. La Bastide sur les hauteurs de Cucuron, Vaucluse. 2. Marché à Lourmarin, Vaucluse. 3. Vignoble luberonnais.   

lundi, 18 août 2008

Tout pour plaire, la Toupie !

 

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Au rayon esthétique, le négoce en vin Hekla a décidé d'habiller les bouteilles de "vrais" vignerons français. Sérigraphiées de fines bandes de couleurs, les bouteilles rebaptisées "toupies" contiennent des vins dits "ludiques, de plaisir, aromatiques pour des moments de partages entre amis, en famille". Reste à voir si l'habit fait le moine.

Pub. Comme une célibataire au beau milieu d'une foule d'anonymes sur le trottoir d'une ville de Province, pas facile pour une bouteille de vin577229658.jpg échalandée sur un rail métallique de faire de l'oeil aux clients. On peut concéder en effet que 90% (chiffre VINSURVIN !) des étiquettes de vin français ne sont pas folichonnes. Sans compter qu'en plus d'être souvent moches, elles sont illisibles pour le français lambda. Alors, ces étiquettes divisent les buveurs de vin en deux camps : ceux qui se fichent de l'esthétique pourvu que le vin soit bon (et les autres). Et ceux dont le choix d'un vin se fait selon la "beauté" de l'étiquette, le contenu passant au second plan, pour ne pas dire important peu.

Associer bon goût et bon vin semble donc être le pari de ces "toupies". Dans un premier temps, et avant l'arrivée d'un vin effervescent et d'un rosé de Provence, la gamme se décline sur trois vins. Le bordeaux rouge de Xavier Jaubert (Ladaux, 33) est un vin "de plaisir, à dominance merlot, équilibré et fruité". Le bordeaux clairet de Jean Marc Alicandri (Saint Quentin du Baron, 33) est un rosé "façon bordeaux, puisant ses origines au Moyen Age, qui dévoile des fruits rouges, aussi bien pendant un repas qu'à l'apéritif." Enfin, le côte de gascogne blanc de François Morel (cela ne s'invente pas !) à Cazaubon (32) est issu de colombard et d'ugni blanc. On lui trouve "des arômes de fruits exotiques et une bouche acidulée".

Des vins de "vrais" vignerons, des vins présentés dans de "jolies" bouteilles, des vins soignés ayant pour but de ravir leurs consommateurs : tout cela part donc d'un très bon sentiment. Pas de quoi s'alarmer que certains veuillent égayer nos apéritifs ou nos repas et redonner un peu de gaieté à ces bouteilles souvent vieillottes et tristounettes. Ne reste plus qu'à leur souhaiter de ne pas avoir à aller se rhabiller. 

Hekla, 10 rue Harmens Rembrandt, 33150 Cénon, France. contact@heklavin.com

lundi, 11 août 2008

Belle est la vie en Bellet.

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Ce minuscule vignoble de 48 ha, en terrasses, sur les hauteurs de Nice, ne fait pas beaucoup parler de lui. Il est vrai qu'en dehors de Nice, difficile d'en trouver quelconque production. Des blancs que rolle et chardonnay rendent délicieux ; des rosés frais et croquants ; des rouges fins, profonds, exquis auxquels les locaux braquet et folle noire apportent charme et typicité. Ils s'accorderont forcément avec les plats niçois tels que pissaladière, socca ou tian de légumes. Mais ils trouveront également leur place Outre-PACA avec une cuisine élégante et raffinée.

Chemin de Crémat ou Chemin de Saquier ? A gauche ou à droite ? C'est vous qui voyez : toutes ces routes mènent à Saint-Roman-de-Bellet ! Rendez-vous fut pris avec madame Dalmasso, au Domaine de la Source, une propriété d'un peu plus d'1/3 d'ha, piloté aujourd'hui par le fils, Eric. Courtoise et acceuillante, madame Dalmasso n'échangerait sa place pour rien au monde, le calme et la sérénité des lieux étant1901681912.JPG "incomparables". On veut bien la croire. Il est 11h, elle nous convie dans le frais caveau pour la dégustation de quatre vins.

Nous commençons par le blanc, un 100 % rolle planté sur un sol de gallets roulés, mélangés à une terre très claire, appelée poudingue. Une robe pure et brillante, un nez très aromatique, associé à une subtile minéralité. Des notes de fruits mûrs (abricot, pêche), d'agrumes (mandarine, pomelo) et de fleur (rose) composent un bouquet délicieux et rafraichissant. La bouche est vive, ample, zestée. D'une belle longueur, des notes de poivre blanc et de garrigue pointent leur nez dans une jolie finale.

1750069875.jpgPlanté sur un même sol que son homonyme blanc, le cépage braquet donne un rosé au nez charmeur de minestrone de fruits (fraises, mandarine, pêche...) à laquelle la minéralité apporte du caractère. La bouche est ample, harmonieuse et frétillante.

Folle noire, braquet, grenache composent ce Domaine de la Source, rouge, 2006. La robe, aux teintes rubis, est élégante. Le nez, puissant, très aromatique, est marqué par des touches grillées, la torréfaction, le café, le baton de réglisse. Cerise et fruits noirs dominent également dans un saupoudrage d'épices douces. La caractéristique première de ce 2006 est l'association entre la matière et la finesse. Car la bouche est riche, croquante et complexe, sans être charnue. Ce vin me rappelle les vins de Sartène, en Corse. 

La robe du 2004 a foncé avec le temps. Il présente plus de complexité, de profondeur et de gras. Les fruits sont confiturés (coing), grillés, avec des relents de cacao amer. Amplitude, générosité et toujours cette élégance dominent en bouche. Deux vins remarquables. 

Associés aux vins du Lubéron, nous (re) découvrirons ces vins ensemble à la rentrée, lors d'un TupperWine très provençal !

Domaine de la Source, 303 Chemin de Saquier, Saint-Roman-de-Bellet, 06200 Nice. Tél : 04.93.29.81.60 ; domainedelasourcevindebellet@wanadoo.fr. 

Photos vignobles (Bellet) : VINSURVIN, juillet 2008 ; photo grappes de braquet : Domaine de la Source.

dimanche, 10 août 2008

Colissimo : nulissimo.

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Ils sont de plus en plus à proposer leurs vins à des amateurs, comme votre humble serviteur, estimant que ces derniers ont aussi leur mot à dire, insinuant au passage que la dégustation n'est pas une "activité" élitiste, mais bel et bien à la portée de tout le monde, si tant est que l'on s'intéresse "un peu" au sujet. Aussi étonnant que cela puisse paraître, leur souci principal n'est pas tant l'opinion du dégustateur, mais l'assurance que leurs colis arriveront bien à destination, la Poste faisant régulièrement preuve d'incompétence, dont seule cette vieille machine en ruine a le secret.

Stéphanie Ponson et Frédéric Porro, du Mas des Agrumelles, à Argelliers (34), en ont du courage. VINSURVIN n'ayant pu honorer leur invitation à Vinisud 2008, ils décident de me faire parvenir huit échantillons par la Poste. Chose proprement scandaleuse et malhonnête, ceux-ci mettront quatre mois à arriver et il faudra si reprendre à trois fois. Colis non livrés, colis volés, colis perdus, colis endommagés : la Poste nous aura fait la totale. Comment peut-on faire preuve d'autant d'incompétence et de je-m'en-foutisme ? Amis vignerons, je vous invite donc à faire preuve de la plus grande prudence si vous devez faire appel aux "services" de la Poste : cette vieille machine en ruine vous vend des nounours, des petites voitures, des casquettes, mais elle n'est pas fichue de vous livrer un colis ou de vous remettre une lettre.

1726707042.jpgMais revenons à nos moutons et surtout à ce Vin de Pays d'Oc, Carmin 2006 (syrah, grenache, carignan, cabernet sauvignon) des Agrumelles. Situé à deux pas du fameux Mas Daumas Gassac, à Aniane, la région ne se contente plus de bénéficier d'un formidable terroir : désormais, elle l'exploite avec la plus grande attention, à la recherche de la qualité et dans l'optique de redorer son blason. Il suffit de sillonner les routes de l'Hérault, d'entrer chez les vignerons et de déguster leurs cuvées pour constater qu'il est bien loin le temps où le Languedoc  produisait des vins sans intérêt. A la lumière du Lubéron, le Languedoc participe à l'agrandissement des gammes de régions viticoles françaises de qualité. C'est l'impression qui domine lorsque l'on voyage en France : l'homogénéité de la qualité des vins proposés est désormais une évidence. En l'espace de vingt ans, la France a changé de visage. Sa réputation mondiale reposait jadis sur le Bordelais, la Bourgogne et la Champagne. Certes, des français y ajouteraient l'Alsace, la Loire, le Sud-Ouest... Et leur région, commune ou vin préféré.  Mais force est de constater qu'il faut désormais, à la liste des grands noms français, inclure un grand nombre d'appellations régionales et communales, qui s'inscrivent pleinement dans l'identité du vin à la française.

Il ne faut pas craindre de déguster des vins de pays ! Sachez que sous la complexité administrative de l'AOC et son côté parfois un peu rigide, certains vignerons ne font pas la démarche de passer en AOC, et se contentent de l'appellation VDP, comme Guilhem Coste, à Saint-Félix de Lodez. Notre Carmin s'ouvre sur la mûre, le cassis noire, puis évolue subtilement vers les fruits à l'alcool. La bouche est ample, puissante. Du fruit, du tabac blond, du réglisse avec une pointe de minéralité dans un bon équilibre. Une entrée gamme simple et efficace. Ce vin n'est pas sans nous rappeller les vins de Marc Cros (Domaine de l'Horgrand) à Montpeyroux. Suite des dégustations made in Mas des Agrumelles et Mas Nicot, bientôt sur VINSURVIN. 

S. Ponson, F. Porro, Mas des Agrumelles, 34380 Argelliers.

vendredi, 08 août 2008

Rosé, rosas, rosa...

 

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Son rosé 2007 a été médaillé d'or au Concours Général Agricole 2008. Elle connaît tout le monde en Provence et elle a convié votre humble serviteur à un séjour en famille dans ses pénates. "Elle", c'est Mireille Martin, régisseuse au Domaine de l'Anticaille. Dévouée, généreuse, amoureuse de sa région et de son métier, elle n'a de cesse de marteler que le rosé est à classer au même rang que le rouge et le blanc. Cela restait à prouver ! Pour se faire, visites de domaines, rencontres à Aix et dégustations (de rosé). Impressions plus que satisfaisantes ! 

Baux de Provence, Bandol, Bellet, Cassis, Côtes de Provence, Coteaux d'Aix en Provence, Coteaux de Pierrevert, Coteaux Varois, Fréjus, Palette, Sainte Victoire... Pas facile de s’y retrouver dans l’AOC des côtes de Provence ! Qu’à cela ne tienne, avec une guide comme Mireille Martin pour défricher l’appellation et vous présenter ses préférés de la région, cela devient un jeu d’enfant. Motivation première lors de ce séjour, essayer de saisir l’esprit "Provence" et de rompre avec les idées reçues selon lesquelles le rosé, tant convoité au pays de l'OM, serait classé en Ligue 2. Chose accomplie ? Si la Ligue des Champions est encore loin, la Ligue 1 est à portée de main !

 

VINSURVIN n'a pas attendu de séjouner au pied de la Montagne Sainte-Victoire pour s'intéresser à ce "troisième sexe" ! Les rosés de M.1878504062.JPG Louison à Faugères (domaine des Estanilles) sont parmi ce qui se fait de mieux en la matière, et le sujet est régulièrement abordé ici. On ne va pas retracer l'histoire de ce vin ; cependant, considéré en Provence comme le premier vin élaboré par les romains (qui ne maîtrisaient pas encore suffisamment bien les méthodes de vinification pour faire du rouge), on a dans cette région une idée précise du vin que l'on aime et que l'on veut faire. Il est saisissant de voir que le rosé est une véritable institution dans la région, comme le champagne à Reims ou le vin jaune dans le Jura. Qui a dit "et le bas de tableau pour le PSG" ?!

 

La concentration n'est pas ce qu'il faut rechercher dans les rosés de Provence, même si certains offrent en bouche une belle structure et une sacré richesse. Là-bas, on s'attache dans un premier temps à faire un vin d'une couleur soignée, limpide, d'une belle brillance, et de teinte "pomelo". Le nez se veut frais, riche de petits fruits mûrs (fraise, framboise, abricot) et secs (amande) ; il est gourmand, flatteur. La bouche est vive, rafraichissante, gouleyante, composantes essentielles dans une région où il fait "cagnard". Mais elle est parfois ronde, souple, cette bouche. Elle nous conduit vers des notes chaudes de fruits très mûrs puis s'équilibre avec une acidité agrumée.  

 

1714730901.JPGNous avons dégusté trois rosés avec Mireille. Que l'on pourrait qualifier de "gammes différentes". Notez les différences radicales de couleur (sur les photos) ! Des différences, on en retrouve également en bouche : la palette d'arômes est bel et bien variée. 

 

Fruité Défendu : couleur pomelo. Asssemblage de petit grain, grenache, syrah. Après que le gaz se soit évaporé (classique en rosé de Provence), on note un nez outrancier de fruits très (trop?) mûrs, puis d'alcool : assez déconcertant. L'attaque est souple, la bouche ronde, de fruits secs. 6,25€ ? Un peu cher. CQFD.

 

Domaine de l'Anticaille, 2007 (7€) : Mireille n'est pas contente de l'échantillon, le vin ne réagit pas bien, ce sont des choses qui arrivent. D'une belle brillance, le nez est chaud de fruits rouges puis d'agrumes. La bouche est ronde, souple et mériterait plus de fraîcheur. Un bon potentiel. Vivement 2008 ! Par ailleurs, l'échantillon de ce rosé (pourtant) vendu "à la négoce" (dégusté au domaine) m'a bien plu.

 

Château Ferry Lacombe, Cascaï, 2007. Attention, les choses deviennent sérieuses. La robe est d'une brillance remarquable. Le nez est très aromatique, élégant, fleuri (pétales de rose). En bouche, légère déception : l'attaque est un peu mollasonne. On aimerait plus de peps et de vivacité. Mais finesse, fruit et gras compensent. De même que la belle persistance en bouche. 

 

Cette dégustation ne saurait être complète sans le coup de coeur de VINSURVIN à Cours Mirabeau à Aix-en-Provence. Affaire à suivre, ainsi que les Bellet, de Nice...

 

 

 

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Photos VINSURVIN, juillet 2008. 
1. A l'Anticaille, Mireille Martin monte sur les chais pour soutirer un échantillon de rosé.
2 et 3. Vignoble et un vieux pressoire au domaine de l'Anticaille, Trets, Bouches-du-Rhône.
4. Les trois flacons dégustés.

  

jeudi, 07 août 2008

Réforme de l'AOC : conversation avec Olivier Nasles

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Mireille Martin, du Domaine de l'Anticaille à Trets (13), m'avait prévenu, avant de me rendre chez elle à Saint-Savournin (13) : je te présenterai du monde lorsque tu seras chez moi, au pied de la Montagne Sainte-Victoire. Mireille n'a qu'une parole ! A peine débarqués sur le Cours Mirabeau à Aix-en Provence, à l'occasion du marché des vignerons, elle me glisse à l'oreille qu'elle vient de croiser Olivier Nasles et que ce dernier est d'accord pour m'accorder une interview. Oenologue-vigneron provençal et membre du comité national de l'INAO, Olivier Nasles est aussi connu pour avoir claqué la porte du conseil municipal d'Aix (UMP), trois jours après l'avoir rejoint, la maire Maryse Joissains n'ayant pas respecté, selon lui, un certain nombre de ses engagements. L'AOC, sa réforme, vin et grandes surfaces, vin et jeunes, lobbys anti vin : nombreux furent les sujets abordés avec un homme disponible et chaleureux.


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