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dimanche, 03 août 2008

Rencontres à Château Fontvert

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Leur grand-père était chirurgien à Paris. Un jour, dans les années 50, il prit ses clics et ses clacs, et la route du sud. Sa soif de grand air et de ciel bleu le conduit à Lourmarin, dans le sud-Luberon. En 1999, Jérôme Monod et ses trois fils, Fabrice, Guillaume et Donatien, guidés par la même passion, décident de vinifier eux-même, insufflant par là-même une énergie nouvelle à Château Fontvert. Epaulés par un rigoureux et expérimental Yoann Malandain, les Monod font le pari de la qualité et du bio et s'inscrivent pleinement dans le renouveau de l'AOC Côtes-du-Luberon. VINSURVIN les a rencontré au domaine : deux heures passionnantes passées avec Fabrice Monod, Yoann Malandain et Carol Dutreuil, consacrées à la conversation, la visite du domaine et la dégustation.

VINSURVIN : Pouvez-vous nous présenter le domaine ?

Yoann Malandain : Le domaine fait 25 ha, dont 23 en production, entièrement en AOC Côtes-du-Luberon, avec une grosse majorité de cépages rouges (80%) : syrah, grenache, mourvèdre. En blanc, on est sur des cépages assez classiques pour la région, qui sont le grenache blanc et le vermentino (également appelé rolle, ndlr). En ce qui concerne la distribution, elle se fait au caveau, bien entendu, puisqu'on bénéficie de l'attractivité de la région. Elle se fait également dans des restaurants, chez des cavistes et à l'export (Belgique, Grande Bretagne, USA, Chine).

VINSURVIN : Au sujet de l'exportation, est-ce que vous adaptez vos vins aux goûts de l'étranger ?

YM : C'est une chose que l'on ne fait pas mais à la quelle on pense de plus en plus.

VINSURVIN : S'adapter au marché étranger : comme cela se traduit-il ? 

YM : Prenons l'exemple du rosé que l'on aime pâle en France. A l'étranger, ce type de rosé n'est pas demandé. On préfère un rose "flashy", une couleur plus marquée. De fait, ce type de vin serait typiquement le type de produit qui pourrait être adapté à une clientèle étrangère.

VINSURVIN : Voilà donc un exemple concret pour que les vins du Luberon trouvent leur place sur le marché étranger. Quoi faire encore pour que le Lubéron décolle ?

YM :  Aujourdhui, le Luberon possède de plus en plus de petits domaines qualitatifs (vingt domaines aujourd'hui contre cinq il y a 20 ans). Sur le long terme ce travail va bien finir par payer. L'appellation part de très loin : méconnue, pas très importante par sa superficie, elle ne peut pas jouer sur les volumes mais sur la qualité, pour se faire connaître. Les caves coopératives qui produisaient des vins ultra basiques commencent à se remettre en question et proposer des produits qui ne sont pas des grands vins, mais qui sont sympas et bien markettés (des vins de plaisir). Ces coopératives ne nuisent pas à la renommée de l'appellation.

VINSURVIN : Quelle est la philosophie de Château Fontvert? Quel type de vin avez-vous envie de faire ?

YM : Nous souhaitons faire des vins "naturels". La conversation en bio aura lieu en  2011. Le bio n'est pas pas très difficile à mettre en oeuvre dans la région de par le climat. Nous vinifions avec le moins de produits et de traitements possible  : blanc d'oeuf pour le collage et souffre pour vinifier.

VINSURVIN : Comment combattre le mildiou avec des méthodes bio ?

YM : D'une manière générale, cela demande plus de suivi ; c'est à dire être très attentif à ce qui se passe dans les vignes, repérer le moindre symptôme pour être le plus réactif possible. Ces pratiques permettent de bien s'en sortir en bio car il suffit ensuite de faire les traitements adaptés.

VINSURVIN : En ce qui concerne les vinifications, votre regard se porte-t-il vers d'autres régions ?

YM : Notre "vinif" est très typée bordeaux, peut-être parce que Monsieur Prudhomme, notre oenologue conseil, a vinifié à Mouton Rothschild. Mais on s'en affranchit peu à peu pour parvenir aux vins que l'on veut faire. Par exemple, nous réduisons notre parc de barriques (et n'en utilisons pas de neuves) car les gens recherchent de moins en moins de vins boisés, à la faveur de vins plus sur l'expression du terroir.

VINSURVIN : Comment inciter le consommateur lambda à se tourner vers les vins du Luberon ?

YM : En faisant le pari de l'originalité et de l'authenticité. Se démarquer de ce qui se fait ailleurs.

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