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vendredi, 01 août 2008

Le Luberon fait sa révolution

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Longtemps reléguée au rang des régions mineures du paysage viticole français, l'heure est venue de revoir notre copie et de nous pencher, que dis-je, de nous précipiter, sur les vins modernes, nouveaux et de grande qualité d'une région qui fait sa révolution depuis une petite vingtaine d'années : le Luberon. Non stéréotypés, et encore moins formatés, les vins expriment d'un domaine à l'autre des personalités très différentes, des charactère bien trempés et beaucoup d'élégance, à tel point que l'on pourrait bien qualifier cette région du Vaucluse de laboratoire de la viticulture sudiste à la française. Sous un ciel que nul nuage ne vient obscurcir, le concert des cigales et des grillons plonge le quidam dans une sérénité qu'il croyait perdue.   

1417114424.JPGCucuron, la Tour d'Aigues, Pertuis, Lourmarin... autant de noms de villages qui, contrairement aux "nordistes" chateauneuf-du-pape, gigondas et autres crozes-hermitage, sonnent comme des patelins inconnus du grand public. Promue AOC en 1988, composée de trente six communes, s'étendant sur les versants nord et sud du massif calcaire du Luberon (prononcer "Lubeuron"), l'appellation côtes-du-luberon  (3000 ha déclarés en 2006 pour une production de 123 500 hl) cultive principalement un encépagement de qualité (grenache et syrah) sur un terroir original, bercé par de grosses chaleurs et des nuits fraîches, première charactéristique maison. A travers le rolle, l'ugny et la clairette, voire le grenache blanc, le chardonnay et la roussanne, la région dispose d'un joli arsenal de vins blancs. Tendance et n'échappant à l'influence des côtes-de-provence voisins, le rosé trouve également une place non négligeable.

La question est quand même de savoir comment il se fait qu'en l'espace de vingt ans le64006731.2.JPG sud-luberon a réussi sa révolution, un véritable coup de force qui le propulse aujourd'hui à un tel niveau de qualité et en fait un prétendant aux classiques de la viticulture française. Car au sortir de la deuxième guerre, le Luberon viticole se satisfait de vivre en autarcie et de produire de simple vins de table, consommés (et appréciés) par les autochtones, les viticulteurs se contentant de cultiver la vigne, comme on cultiverait des navets ou des rutabagas, et de l'emmener à la coopérative pour la grande lessive. Sans compter qu'à l'époque, la policulture domine l'économie agricole de la région : associés à la vigne sont cultivés de nombreux fruits et légumes.

1999132407.JPGLouis-Michel Brémont, viticulteur à Cucuron et auteur d'un délicieux Vadon, pour ne citer que cet assemblage de grenache et de syrah, est sans doute l'épitomie de cette transformation. Lorsqu'en fils unique il reprend l'exploitation familiale en 1998, son père est tout étonné de le voir "mettre des vignes par-terre" et de laisser pousser les herbes dans les allées. "Je veux bien reprendre le domaine, mais à condition que l'on me laisse faire comme je l'entends", avait prévenu Louis-Michel, dont acte. Reflet de la typicité du terroir, d'un travail en bio et d'une idée précise du travail du vigneron, les vins de Louis-Michel sont un exemple de qualité.

Le bio, tendance répendue et gage de réussite dans le Luberon, peut-être. Mais pa234850164.JPGs seulement. Car nombreux sont les voyageurs, les rêveurs et les investisseurs à avoir contribué au renouveau, ou plutôt à la (re)naissance du Luberon. Ils sont plusieurs, un beau jour, à avoir posé leurs bagages dans cette sublime région, pour ne jamais en repartir. Qu'ils soient tombés amoureux de ses villages, comme le grand-père de Fabrice Monod (Château Fontvert) qui vendit même sa première maison à Albert Camus (enterré à Lourmarin), qu'ils aient décidé d'y faire du vin pour leurs compatriotes britanniques et d'Outre-Manche, comme l'Ecossais Allan Wilson (Saint-Estève de Néri), qu'ils aient tout plaqué pour leur passion comme les Souzan (Grand Callamand), qu'ils marchent sur les traces de leurs ancêtres bourguignons, comme Sylvain Morey (la Bastide du Claux), ou qu'ils aient suivi un oncle comme le Wallon Nicolas Parmentier (la Dorgonne), tous ont un profond respect pour ce terroir et une volonté de bien faire. VINSURVIN les a, souvent longuement, rencontré, afin de goûter leur vin, certes, mais aussi et surtout de les écouter nous conter leur histoire, leur passion, leur région. Direction le Luberon !

Photos VINSURVIN, juillet 2008.

1. route des vignobles du Luberon ; 2. maison sur la place de Cucuron ; 3. vignoble sur la route de Tour d'Aigues ; 4. Grand Callamand, à Pertuis ; 5. Moulin sur la route de Saint-Estève de Néri.

 


 

Commentaires

Oulalala !! Ridley Scott n'a qu'à bien se tenir !

,'())

Écrit par : Emmanuel Delmas | samedi, 02 août 2008

Je suis content que tu aies remarqué mes influences cinématographiques, mon cher Manu. C'est vrai que mon Nokia 2M de pixels m'offre un pannel de possibilités assez énorme (traveling, zoom, fondu-enchaînés...). Et ce n'est que le début, tu vas voir, les promenades dans les vignes sont également de grands moments de cinéma (plus marqués par Godard, Chabrol, W. Allen...).
Autrement, moins intéressant certes, j'ai quelques échantillons à te faire goûter, sommelier !

Écrit par : Fabrice (VINSURVIN) | samedi, 02 août 2008

Bon, Fab', à mon retour, vers le 22 Août, on se retrouve et on goutera tout ça, j'ai quelques vins à te faire déguster aussi !

Ca promet des scènes d'anthologie ! ,'()

Écrit par : Emmanuel Delmas | samedi, 02 août 2008

Les commentaires sont fermés.

 
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