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jeudi, 10 juillet 2008

Devenir devin en vin.

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Nombreux sont aujourd'hui les gens à vouloir en savoir un peu plus sur le vin. C'est une bonne nouvelle pour le vin en général, et la viniculture française en particulier. Mais, si tant est que ce puisse être le cas un jour, comment "s'y connaître en vin", comment devenir "un amateur éclairé", voire "un spécialiste" ?  Clothilde (23 ans) m'a demandé mardi soir lors du TupperWine 8.0, ou était-ce son frère, Jean (20 ans), quels ouvrages acheter pour s'y connaître en vin ? Si une visite régulière de VINSURVIN permet de poser les premiers jalons (répondit-il en toute modestie), une autre réponse s'impose : aucun. En tous cas, pour commencer. 

Première constatation avant d'aborder la question qui nous intéresse, la présence d'au moins cinq personnes n'éxcédant pas les 25 ans d'âge, 1851362414.jpgsoit un quart des présents, hier soir au TupperWine 8.0. Le vin, un truc de vieux ? Cliché. Nombre de personnes "s'y connaissant en vin" ? Aucune importance. Car on ne s'y connait en vin que face à deux types de personnes. Un(e) novice : "cite-moi un vin blanc très connu de bourgogne", "Fôcile : un gewürtz. J'ai bon ?". Et soi-même, car il est important de définir ses propres envies, ses besoins, ses attentes. Alors, comment s'y prendre pour répondre autre chose qu'"un bordeaux, pour un bon repas", "un alsace avec le poisson", "un coteau du layon avec le foie gras" ? Comment cesser de passer pour une bille en société lorsque certains brillent d'un "j'ai dégusté, pas plus tard qu'hier midi avec un cordon bleu-petits pois du jardin, un Romanée-Conti 1957. Pas mal, singulier nonobstant son origine, mais les tertiaires étaient sur le déclin et la bouche était un peu asséchante" ou d'un "il faut arrêter de dire que les AOVDQS n'ont pas leur place dans le paysage viticole français quand le classement des grands crus 1855 est lui-même remis en question" ?

Le vin est un élément culturel à part entière. Un événement culturel, même. Il est à classer au même rang que l'art, la musique, le cinéma, les voyages : si vous passez votre temps à lire des magazines spécialisés au lieu de voir des expositions ou visiter des musées, au lieu d'écouter des disques et d'aller à des concerts, au lieu d'aller au cinéma, au lieu de prendre des trains ou des avions, vos connaissances seront encyclopédiques (certes) mais vos expériences et anecdotes d'une pauvreté déconcertante, vos connaissances incomplètes, dénuées de l'essentiel. Sans vouloir verser dans l'élitisme, aujourd'hui, l'amateur de vin est un amateur de rencontres et de culture. L'amateur de vin à soif. Soif de savoir, de découvertes, de surprises, de jouissances, d'inconnu, d'échanges, d'extases et de plaisir. L'amateur de vin n'est pas un légume motivé par l'oisiveté culturelle et intellectuelle.

704247486.jpgA la question de ces très jeunes adultes - comment faire pour apprendre le vin ? - j'ai répondu "il faut déguster", déguster des vins de toute la France, ce qui permet en plus de revoir  sa géographie ! Munissez-vous d'une bonne carte des vignobles de France et choisissez une première région à explorer. On ne saurait être exhaustif ici en citant les AOC, les VDP, les VDT, etc, à déguster afin d'aiguiser son palais et d'affiner sa culture. Sélectionnez des régions la rubrique "catégories" sur VINSURVIN et baladez-vous au gré des régions de France et de Navarre.

Se concentrer sur une région viticole, c'est aussi se concentrer sur un terroir, un cépage, des méthodes de travail. C'est découvrir les stupéfiantes caractéristiques que peut prendre un cépage selon le sol sur lequel il pousse et selon les dates auquel il est vendangé. Tout le monde pense au cépage chenin : goûtez un savennières, puis un quart de chaume. Un jasnière, puis un coteau de l'aubance... sensations assurées.

A défaut de se rendre sur place, chez les vignerons, acheter son vin chez un caviste indépendant. Ils sont nombreux à vendre de très bons1396286942.jpg vins et, surtout, à savoir en parler, ce qui vous familiarisera avec le lexique du vin. En lui précisant bien pour quel type d'occasion le vin est destiné, votre caviste vous proposera deux, trois vins. Il vous expliquera peut-être que ce vigneron travaille en agriculture raisonnée, ou en biodynamie, que son vin est sur le fruit, léger voire gouleyant, mais avec une belle matière, un gras et une jolie longueur en bouche, et qu'on pourra le boire avec une viande blanche ou de la charcuterie. Il vous parlera de ce pouilly fumé, minéral, élaboré en Centre Loire avec du sauvignon, à ne pas confondre avec un pouilly fuissé, fleuri, fait en Bourgogne avec du chardonnay. Tout cela sera impossible dans un supermarché.

Acheter son vin dans les bons endroits, déguster, modérément, régulièrement, échanger, commenter, critiquer, parler avec des mots simples, laisser parler ses sentiments, ses impressions, faire preuve de curiosité, se pencher sur l'identité du vin, son terroir, son cépage, son vigneron : voilà quelques recettes qui feront de vous, si ce n'est un spécialiste, un fin connaisseur !

(1) cépage roi en Loire (2) cépage du muscadet.

Photos 4, 3 et 2 : Clothilde, Jean et leur soeur (dont j'ai oublié le prénom, pardon ;-)). Photos : Monsieur Septime de Mistelle.fr (merci Arnaud !) prises à la librairie l'Eternel Retour, 77 rue Lamarck, Paris 18.

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