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dimanche, 22 juin 2008

Jolies rencontres aux Abbesses

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Les Abbesses célébraient le vin le week-end dernier. Ils étaient une vingtaine à camper sur la Place, entre les badauds chinois aux yeux écarquillés et aux regards gênés, les confréries venues s'encanailler d'un verre de chablis ou de côtes-du-rhône, et les jeunes couples parisiens les bras pleins de bébés. Trois domaines auront retenu l'attention de votre humble serviteur : le Domaine du Petit-Barbaras (Côtes du Rhône), La Vinçonnière (Muscadet-sur-Lie),  et Château Nicolas (Rivesaltes). Bémol : le passage obligé par l'achat d'un verre à 3€, une fâcheuse tendance à Montmartre.

Ca fait toujours plaisir de retrouver "ses" vignerons sur Paris, et encore plus lorsque ceux-ci se retrouvent ensemble autour de vous ! Vincent Laroche (Chablis) a pu faire la connaissance d'Emmanuel Rybinski (Clos Troteligotte, Cahors) alors que je tapais le bout de gras avec ce dernier. Deux vignerons VINSURVIN qui parlent boulot devant leur fan : un moment savoureux ! L'occasion d'aborder avec eux le prochain projet de VINSURVIN : organiser un week-end dégustation réunissant tous les TupperVignerons de VINSURVIN à côté de Chartres courant 2009. J'évoque fin juin, début juillet. Vincent me conseille début décembre : s'il fait chaud en juin, il n'y aura personne. Début décembre, le budget boissons pour les fêtes est encore au beau fixe et il y a peu, voire pas, de salons à cette époque. Enfin, en dehors de QUI, A BÛ, BOIRA? de Laurent Baraou, effectivement, Chartres n'est pas gâté par les salons des vins. Et bien, c'est un bon début pour ce projet qui germe et qui j'espère verra le jour !

261423936.jpgLoin d'avoir fait le tour de tous les exposants samedi 14 et dimanche 15 juin derniers, trois d'entre eux auront retenu mon attention. Parmi tous ces vignerons indépendants médaillés au dernier Salons Vignerons Indépendants, le Rhodanien Domaine du Petit-Barbaras. situé à Bouchet dans la Drôme. Son côtes du rhône blanc 2006, assemblage classique de marsanne et de roussanne sur des sols argilo-calcaires, se décline sur deux cuvées. La première est fermentée en cuve inox. Sur le fruit, tel que la pomme et les agrumes, elle peine néanmoins à exprimer une vivacité qui titillerait nos papilles. Sur la fraîcheur, juteuse, elle est d'une plaisante densité. A boire de suite. La deuxième est, elle, fermentée en fûts de chêne, qui acceuillirent jadis un millésime, un seul, d'un vin liquoreux, celui de Château d'Yqem. Les fûts sont évidemment soigneusement lavés et personne ne saurait reconnaître des traces de sauternes. Ce côtes-du-rhône 2.0 est très aromatique. Plus gras, plus consistant, il présente une attaque assez souple mais l'acidité compense, offrant un bon équilibre et une bonne fraîcheur. Des notes de pomelo et de fleurs blanches se dégagent. Beaucoup de plaisir au final.

Le muscadet tarde à avoir bonne presse en France. Et sur VINSURVIN. Notamment à cause des cafés, bars, brasseries français qui nous1761549742.jpg servent, en règle générale, du vin médiocre, et du muscadet indigne, en particulier. Celui qui brûle la gorge. Pendant deux jours. Point besoin de s'y connaître ni d'aimer le vin pour tenir un café en France. C'est comme s'il n'était pas nécessaire pour un moniteur d'auto-école d'avoir le permis pour enseigner la conduite ("La marche arrière ? Ah, bah, je sais pas, attends je vais pousser). Exactement pareil. Ou de savoir parler anglais pour l'enseigner ("Excuse me, sir, but I think the protagonist is being ironic here, not sarcastic." "What? Tu peux parler franglais comme tout le monde?"). Du coup, si l'on se fie à ces marchands de pinard, les idées reçues ont de beaux jours devant eux. Le muscadet ? Beurk, c'est du vin de comptoir !

Heureusement, il y a des vignerons qui nous démontrent le contraire. Comme Laurent Perraud, à Clisson, qui produit un magnifique muscadet-sur-lie, cépage melon de bourgogne. Et c'est peu dire. Sélection les Egards 2006 ouvre le bal sur de la fraîcheur, de la tonicité, de la tension. L'aspect perlé offre de la gouleyance et un frissonnement sur la langue. Par ailleurs, le vin n'est pas dénué de profondeur. Des notes minérales et juteuses entrent dans la danse. L'enthousiasme gagne le dégustateur ! Domaine de la Vinçonnière 2007 dégage la même énergie. Un nez frais sur un bouquet de fleurs blanches et de fruits fraîchement cueillis (pomme, citron vert, et peut-être même de melon, de pastèque). Une bouche vivante, juvénile, jazzy. Conquis ! Quart d'heure américain avec des muscadets de dix ans d'âge. Les bougres, ils gardent toute leur verve ! Sélection des Egards 1997 présentent une couleur plus foncée, paille. Le nez nous guide vers du fruit sec, du foin coupé évoluant vers la fraîcheur de l'agrume et de la minéralité. Une belle texture ; plus de gras, de complexité et beaucoup d'élégance. La finale est longue et évoque les épices douces. Avec de tels vins, le déficite de notoriété du muscadet sera vite réparé. Bravo Laurent ! Pour finir, il y a fort à penser que les TupperWiners de VINSURVIN auront l'occasion de goûter tous ces vins sous peu ! Vous voyez comme je m'occupe bien de vous ?! De beaux muscadets ICI aussi.  

Pour terminer, en beauté : de la douceur, de la soie, de la noblesse avec les Rivesaltes du Château Saint-Nicolas dans le Roussillon. Situé dans les Astres, à Ponteilla, au sud de Perpignan, pour être précis, Pierre Schneider a repris le domaine de son grand-père il y a peu de temps. Elixir du Roi, qui n'est plus mon cousin après avoir trempé mes lèvres dans 100% petit-grain (pas d'alexandrie en effet, cépage typique de la région), Rivesaltes 2000 (grenaches noir et blanc) et Elixir du Roi 2003 (barriqué 18 mois en barriques de deux-trois vins) élaboré à partir d'un grenache blanc pur ont des couleurs tuilées, ambrées et nous emmènent vers des notes de plantes macérées, d'agrumes, de pruneau, d'orange amère, de cerise, d'abricot, de fruits confiturés tout en gardant une superbe frâicheur et une acidité bien calibrée : quel voyage au pays des arômes, des saveurs et de la gourmandise ! Des vins à découvrir bientôt sur VINSURVIN et lors d'un TupperWine magique où nous découvrirons les rivesaltes de Pierre Schneider et les coteaux de l'aubance et Didier Richou !

Commentaires

Pour l'instant l'Eure et Loir devrait connaître une nouvelle journée de dégustation le 22 novembre mais rien ne sera officialisé avant d'avoir bouclé l'aménagement des nouveaux locaux (qu'il faudra aussi inaugurer).
Quant à Chartres, c'est une affaire de Paulée.

Écrit par : Baraou | lundi, 23 juin 2008

Les derniers rendez-vous régionaux ont confirmé la motivation de nombreux acteurs locaux. Ayant participé à certains de ces rendez-vous je tiens à profiter de votre site afin de remercier les personnes avec qui j'ai eu des échanges.
Alexandre
PS : bonjour à Pierre au passage.

Écrit par : rencontres | mercredi, 09 décembre 2009

Pour les amateurs de vin, ce fût une journée d'une grande qualité. J'ai eu la chance de déguster sur place quelques crus et j'avoue avoir passé une excellente journée riche en rencontres pour un amateur comme moi.
Avez-vous une rencontre pour cette année?
Merci à tous les vignerons
Olivier

Écrit par : Rencontres | mardi, 04 février 2014

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