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jeudi, 19 juin 2008

Desvignes qui donne du bon vin.

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Voilà quelques mois déjà que Madame Desvignes a eu la gentillesse de me confier quelques échantillons du travail de son mari, Didier : des chirouble, des morgon, des brouilly, des moulin à vent dont la droiture et la générosité marquent systématiquement l'esprit. Ce soir, sur un clafoutis au champignon, c'est Morgon, Clos des Charmes. De Didier Desvignes. Et du charme, ça n'en manque pas.

Le brouilly fut très tendance il fut une époque dans les bistrots parisiens. Ils en avaient tous un ! Aujourd'hui, le chinon est en vogue. Des tendances, comme ça, allez savoir pourquoi, comment. Les douze vins du Beaujolais ont longtemps bénéficié de ma considération. Pendant ma période bistrot. Et puis, cette attirance s'est estompée, au profit de vins tout simplement moins intrinsèquemement fruités, moins sur le primaire, plus sur le tertiaire (c'est ma nouvelle période ça, primaire, tertiaire, ça fait mec qui maîtrise, donc le lecteur est impressionné et se dit qu'effectivement le gars, il sait de quoi il parle), plus complexes, plus franc du collier, plus mâle. Quoi. (Ca aussi, c'est ma nouvelle tendance : mettre en avant des vins en ayant dans le fût, la tendance étant aujourd'hui les vins jeunes, les vins faciles à boire, les vins n'ayant pas le goût de vin).  

Et puis, j'ai rencontré Didier Desvignes. Enfin, sa femme. Enfin, j'veux dire, nous avions longuement parlé au téléphone alors que Didier était1027005936.jpg sur Paris, le couple se montrant très intéressé par les TupperWine. Et puis Didier a oublié de bifurquer par l'avenue de Saint-Ouen. Alors au Salon des Vignerons Indépendants je me suis rendu et madame j'ai rencontré. Et là, j'ai eu un flash. Je me suis réconcilié avec les vins de cette région. Enfin, après. Chez moi. Quand j'ai ouvert ce premier chiroubles. Un panier de fruit juteux à croquer, de la matière plein la bouche, sur les lèvres, dans le cou, sur le torse.  J'ai adoré. Je repensais à cette première rencontre, dans le salon, sur la canapé. Mais ce soir, c'est clafoutis.

Morgon, Clos des Charmes 2006. Didier Desvignes. Couleur grenat foncée aux reflets violacés. Ouverture classique, sur des arômes primaires. Mais pas de la petite fraise des bois, framboise, cassis rouge que le dégustateur de base décèle dans le premier beaujolais venu avec ses airs satisfaits et l'air d'en connaître un rayon en gamay - genre j'ai fait une thèse sur le sujet. Mais mon pauvre, le beaujolais, c'est pas que d'la banane. Non, là, on est sur du fruit noir, amer, racé, type sureau, cassis de Provence, airelles, avec une amertume soyeuse, un rien chienne mais contenue. Et ce nez, ce n'est pas le fruit que ces malheureux achètent dans les supermarchés, qui le caractérise, non, ce nez exulte de réglisse, de chocolat amer et de poivre blanc. Et puis ces notes de fleurs, c'est de la Jaguar, de la Bentley, de la Triumph. Pas du Scenic ou du C4 qu'on va croiser sur l'A6 cet été roulant à 120 sur la voix du milieu.

La bouche est ample, elle est riche, distinguée, fière et droite ; et d'une belle structure. Les tanins sont puissants mais pas virulents. Le zan domine, puis le chocolat avec un fumé et des notes kirschées en finale. Du grand art. Il est 22h00. Mon verre est vide. Ce post touche à sa fin. Ce vin me laissera un excellent souvenir. Dieu merci, il y en aura encore demain midi. Avec le clafoutis. Et puis, peut-être même demain soir. Du clafoutis. Mais, là, c'est moins drôle.

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