Avertir le modérateur

lundi, 16 juin 2008

Je bougonne en Bourgogne...

79194215.gif

Question : est-ce un gage de qualité que d'acheter un grand vin dans une région de France exceptionnelle ? La réponse apportée par cet Aloxe-Corton 1er Cru, Valozières, 2000, de chez Comte Sénard, est : pas sûr.

Avril 2004. VINSURVIN n'est pas né. Hippolyte non plus : il est encore dans le ventre de sa maman. La pauvre ! Elle va vivre le week-end le plus frustrant de sa vie : sillonner les côtes de Beaune et de Nuits sans pouvoir déguster les somptueux vins "au programme" de ce week-end oenophile. Certes, elle goûtera bien qui un 1er cru par ci, un grand cru par là, mais de façon extrêmement responsable et modérée. Chose étonnante alors que la laide effigie de la femme enceinte n'apparaissait pas encore sur les étiquettes. Ma femme (sage-femme de métier) est-elle donc avant-gardiste ? Moins bête que la moyenne ? Ou dotée d'un bon sens tout ce qu'il y a de plus élémentaire ? 

Avant les Nuits-Saint-Georges du Domaine Faiveley et les Gevrey-Chambertin de Dupont-Tisserandot, notre périple nous conduit chez Comte979537599.jpg Sénard d'où nous resortirons munis de quelques Aloxe-Corton 1er Cru, les Valozières 1999 et 2000 (25€ en moyenne / flacon). Les premiers "grands" achats d'un jeune oenophile reste un souvenir impérissable. Quel bonheur, quelle fierté que de quitter cette grande maison bourguignonne, de telles bouteilles à la main. Séquence nostalgie terminée.

Il est aujourd'hui temps de commencer à les ouvrir. Les vins de Bourgogne ayant des capacités de garde exceptionnelles, il n'empêche que le pinot noir n'est pas un cépage tannique, élément primordial dans la conservation du vin. C'est pourquoi, certains vins de cette région n'exéderont pas les dix années de garde. Et puis, le vin, c'est fait pour être bu.

A l'ouverture de cet Aloxe-Corton 1er Cru, 2000les Valozières, confirmation est faite que le vin ne se dégrade pas dans son :lieu de conservation : ma cave ! Il ne s'est pas imprégné de mauvaises odeurs. Il ne présente pas de mauvais goûts non plus (papier, carton...). C'est un premier constat important pour un vin exposé dans cet endroit depuis près de cinq ans. C'est aussi une chance à Paris.

1976134416.jpgSa couleur est somptueuse, maronnée, avec un disque tuile foncée. Des notes tertiaires, animales, qui confèreraient presque à la réduction, vont s'estomper dans les minutes qui suivent l'ouverture. Les arômes primaires ont pour ainsi dire disparu bien que la griotte très mûre, le kirsch s'expriment avant des notes de truffes, de sous-bois. Le nez est souple, chaud, et promet une belle concentration. L'attaque est encore très vive et l'acidité est presque trop marquée ! Les notes évoquées précédemment structurent effectivement la bouche. Le vin est souple et fin mais il manque de matière et de profondeur. Je m'attendais vraiment à autre chose, comme à plus de complexité, de personnalité. Dorothée, qui peut enfin s'adonner aux joies de la Bourgogne, le trouve remarquable. Je le trouve moyen.

Robe superbe. Nez admirable. Bouche convenue. On peut invoquer des goûts purement personnels qui évolueraient, des préférences pour des types de vin, mais aussi -et surtout- un millésime (2000), qui souffrit de la versatilité du climat (fortes pluies en juillet et en août), et qualifié de convenable, en rouge, en Bourgogne. Comme quoi, même dans la région viticole considérée comme une des (si ce n'est la) plus grandes au monde, l'on trouve parfois, chez ses plus beaux représentants, des vins un peu décevants. Tout le contraire des vins stéréotypés que l'on rencontre chez sa grande rivale.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu