Avertir le modérateur

jeudi, 29 mai 2008

Lille aux Trésors!

medium_grand_place_de_lille.jpg

Véritable carrefour culturel de l'Europe, Lille apparaît illico presto comme une ville où il fait bon vivre et où même la bière, jadis boisson numéro une, laisse la part de plus en plus belle... au vin! 

Point besoin de prendre un avion pour s'aérer la tête ou de changer d'air. Prenez un train Gare du Nord à 16h. Arrivez à Lille une heure plus tard. Il vous en aurait fallu une heure de plus pour traverser Paris. Voire trois pour les masaubilistes. Sortez de la gare: l'air vivifiant, la fontaine, les premiers immeubles à l'inévitable influence flamande. Déambulez dans la ville au gré de votre inspiration. Laissez le charme agir. Qu'est-ce qu'on est bien! Remarquez comme la voiture se fait rare ici, et donc les bruits et les odeurs qui l'accompagnent. Lille a un train d'avance sur de nombreuses villes françaises --à commencer par Paris-- dans l'espace quasi nul réservé à la bagnole, en son sein. Voilà qui met de bonne humeur, aussi.

Flânons, errons, déambulons alors, et laissons nous guider où le vent nous portera! Comme par hasard, il nous emmène vers le Pot Beaujolais (26 rue de Paris), un bar à vin comme on les aime, notamment pour sa déco typique: les tables et chaises en bois, le zinc, les cadres accrochés aux murs... Comme son nom l'indique, il décline les dix crus du Beaujolais: Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin à Vent, Régnié, Saint-Amour. J'opte pour un verre de Juliénas, puis de Chirouble. Rien à redire.

medium_chez_la_vieille.jpgFilons désormais vers la rue où diner nous aimerions: rue de Gand. Les restaurants ont des devantures plus jolies les unes que les autres et c'est une atmosphère feutrée, confinée et chaleureuse qui attendent les gastronomes. La bougie est de rigueur, la lumière tamisée, les bouches déliées mais discrètes. Le quel choisir? Il y en a trop! Le 18ème, la Cage aux Fiolles (excellente cave à vin paraît-il), le Pourquoi Pas? Nous optons pour un estaminet: Chez la Vieille. Un incontournable? Certainement. Carbonade flamande, flamiche au maroille, coq à la bière, endives gratinées au maroille: autant de spécialités culinaires du Nord qui invitent au festin.  C'est la bière qui accompagnent ces plats. Mon Croze-Hermitage se marie bien avec mon lapin au pruneau! Et quel lieu convivial, quelle atmosphère chaleureuse!

Le lendemain, programme culturel riche et varié. Et il ne sera pas difficile entre deux visites de trouver de charmants lieus pour se restaurer, car ils sont légion ici! Première matinée, premier centre d'intérêt: la maison qui vit la naissance du Général de Gaulle. Elle retrace merveilleusement bien le mode de vie de la famille Maillot (riches industriels Lillois dont le père de Charles épousera une des filles) et le parcours du Grand Charles. De ses vacances, enfant, chez sa grand-mère maternelle rue Princesse, à la place prépondérante de son père professeur de lettre et d'histoire à Paris (et de la religion catholique dans son éducation), en passant par les grands acomplissements politiques et historiques qui ont façonné celui que l'on sait, l'on pénètre au coeur des valeurs qui forgèrent l'homme de l'Appel du 18 juin. Au sortir de ce lieu chaleureux, épuré et gardé intact (à l'image notamment de cette très jolie véranda Art Nouveau), nous vient alors une phrase, non pas du général, mais tout droit sortie de la bouche du Promeneur de Champs de Mars: j'ai faim!

Direction l'adorable petite Place aux Oignons! Nous nous rendons au In Bocca Al Lupo, un restaurant italien. Etonnante, voire déconcertante, cette vulgaire serveuse que le bandeau blanc (genre Ivan Lendl à Wimbledon en 82) rend presque aveugle, dans un restaurant qui se dit acceuillir "une clientèle exigeante et raffinée." L'amabilité de cette dernière est égale à celle d'une porte de geôle congolaise. C'est fâcheux. Heureusement elle est vite relayée par un très agréable serveur. Côté assiettes, cannelloni ricotta basilico et misto di ravioli freschi / huile d'olive. Parfaits. La lista dei vini laisse rêveur: Lombardie, Piémont, Sicile, Toscane... toutes les plus grandes régions viticoles italiennes sont représentées et la carte essaime une belle palette de millésimes. Seul à boire, je me contenterai d'un joli verre de Perdera Jerzu La Mola Cannonau 2001 (Sardègne), très dans l'esprit du lieu: délicat, élégant, aux tanins soyeux, convenablement équilibré et pas vraiment complexe. En substance, en dehors du raté sur la serveuse absolument rédibitoire, le lieu vaut franchement le détour.

L'après-midi, place à l'art. Difficile d'ignorer le sompteux Palais des Beaux-Arts, que l'on confondrait presque avec lamedium_musee_Lille.jpg Mairie de Paris. A l'image de la Descente de Croix de Rubens, des Vieilles et des Jeunes de Goya, le musée de Lille compte, parmi les quelques 2000 toiles qu'il conserve, quelques tableaux qui ont changé le cours de la peinture française :
· Bélisaire de David (Salon de 1781), considéré comme le premier tableau néo-classique ;
· L'Après-dînée à Ornans de Gustave Courbet (salon de 1849), véritable manifeste réaliste, réalisé à contre-courant du mouvement romantique, alors en vogue ;
· Le Sommeil de Puvis de Chavannes (salon de 1867), l'oeuvre préférée de l'artiste, étonnant tableau symboliste qui annonce quarante ans à l'avance, la période bleue de Picasso.

(...) Vers 19h, il est temps de se rendre chez Monsieur Jacques, the bar à vin de la rue de Gand. Malheureusement, nous arrivons cinq jours trop tôt. Le terrain est irrespirable et je marche presque sur les pieds de quelqu'un que je ne vois qu'au dernier moment tant la salle est enfummée, et exigüe de surcroît. Comment apprécie-t-on un vin dans ces conditions? Il paraît que le lieu est sélect. Et bien, nous ne le sélectionnons pas puisque nous faisons promptement demi-tour. Qu'à cela ne tienne, il reste Chez Emile un peu plus haut. Détrompons-nous. Ce lieu est un véritable concept qui allie ambiance boîte de nuit (hauts tabourets où l'on est mal assis, tables rondes à tailles réduites, aucune place pour les manteaux, bonne musique par contre...) et carte des vins assez surprenante.

Dimanche matin, petit voyage au marché de Wazemmes. Odeurs orientales, terrains vagues, Maison Folies, jardins communautaires, le rock'n'roll bar le Wa'Zen. Pour faire court. Un break avec la fasteueuse Lilloise. Dernières adresses culinaires, et dominicales, le Coq Hardi pour son andouille à la moutarde et son verre de Côte de Rhone de chez Chapoutier, et Meert pour les fameux speculos. Puis direction la Vieille Bourse, la Grand Garde, l'Opéra, le Palais Rihour. Ce dernier, qui n'est pas sans nous rappeler les Hospices de Beaune, est l'unique témoin architectural de l'époque où les ducs de Bourgogne régnaient sur Lille. Y sont présentés des tableaux de Louis et François Watteau retraçant les grands événements de la ville entre la moitié du 18è et le début du 19è siècles. On y trouve aussi et entre autre une réplique d'un globe terrestre de Coronelli, récemment exposé au Grand Palais à Paris. 

En substance, il est rare qu'une ville offre autant de satisfaction et le slogan Lille, à chaque pas une découverte n'est pas usurpé. Plus que des découvertes, ce sont des trésors qui vous attendent sur Lille.que témoin architectural de l'époque où les Ducs de Bourgogne régnaient sur Lille.

LE SICILIEN

 

medium_le_clan_des_siciliens_1968_imagesfilm.jpg
A gauche (moi), tonton Jean au milieu et tonton Lino à droite.

Mes origines italiennes m'amènent aujourd'hui à vous parler d'une terre qui s'est vue labourer par mes arrières-arrières (allez, encore un) arrières ancêtres. D'après mes calculs. Mais il doit manquer quelques arrières, puisque depuis quelques siècles déjà (ça passe vite), les familles LG & H sont solidement ancrées en pays celtes. Le parisien que je suis devenu apparaît donc un peu en rupture disjonction avec eux. Géographiquement, s'entend.

Habitée par les Arabes et les Normands. La Sicile, c'est le Languedoc italien. La région viticole la plus importante (le quart de la production), en pleine révolution. Longtemps dévolu au marsala et, comme l'Algérie, au gros «vin de degré» pour le coupage, l'île a vu s'installer des pionniers, comme les familles Rallo (Donnafugata) ou Planeta, qui ont importé - grâce à force subventions européennes - précision (vinification à froid) et rigueur (rendements raisonnables). Plus encore qu'en Sardaigne, la vigne se plait en Sicile depuis la plus haute Antiquité. L'île a conservé de somptueux vestiges de ses occupants successifs : phéniciens, grecs, romains, arabes, normands. Aujourd'hui, par habitude du changement peut-être, la Sicile est en train de s'adapter aux exigences modernes. Elle s'est dotée d'un "Instituto Regionale della Vite e del Vino" qui impulse une dynamique de qualité, notamment par la sélection des cépages, et par l'attribution, aux vins qui le méritent, du label de qualité "Q-Regione Siciliano".

Des vins légers et frais. Une des plus importantes régions viticoles italiennes par ses 180.000 hectares plantés, la Sicile produit 8 millions d'hectolitres. De plus en plus, la Sicile se détourne des vins traditionnellement lourds et indigestes, et s'efforce de répondre à la demande actuelle de vins légers et frais. Notons enfin que 90% du vin sicilien est blanc.

Le vin dégusté. Au menu hier soir: roulade de bresola, speke et coppa de chez nos chers traîteurs italien et corse de la rue Legendre, accompagnés de spaghetti citron-basilique. Vin choisi: un sicilien nommé Morgante, Nero d´Avola, 2004, ramené de chez un traîteur italien à Bruxelles! 

Morgante, Nero d'Avola, 2004. Sicile. 100% Nero d'Avola. La robe aux reflets brique est relativement claire. Le nez est assez fermé et ne s'ouvrira guère beaucoup au fil du repas. Il offre des notes très minérales. On capte également des notes de fruits mûrs tels que le pruneau avec une finale de garigue.

En bouche, le vin est léger, rafraîchissant. Les premières impressions olfactives se confirment bien qu'un côté minestrone de fruits rouges envahit le palais. Rond, mais pas de façon excessive, le vin est assez bien équilibré et offre une jolie longueur en bouche. Et ce n'est pas sa légère acidité en finale (suggérant le pomelo) qui nous déplaira, surtout au vu des mets proposés. Le vin n'est pas sans me rappeler certains rosés languedociens: ceux que l'on prend pour des rouges!  Dépourvu de trace tannique, le vin manque quand même un peu d'amplitude à mon goût. Qu'à cela ne tienne, ce soir: la fenêtre est ouverte, il fait doux et une légère brise vient caresser les bougies qui éclairent discrêtement notre table. Le vin, carafé, se contente lui d'accompagner nos mets de façon simple et discrète. Il correspond à l'esprit du repas.

 

lundi, 26 mai 2008

TupperWine, TupperGod, TupperWare : même combat !

1944782835.jpg

Alors que VINSURVIN s'est engagé auprès de Dart Industries Inc. à retirer la marque TUPPERWINE, déposée de son propre chef à l'INPI, il semblerait que le mot "Tupper" soit désormais entré dans le langage courant et que VINSURVIN soit allé un peu vite en besogne. Heureusement, le concept est toujours inscrit à l'INPI.

7h ce matin, dans un état comateux, j'entends la rédactrice en chef de 20minutes.fr nous dévoiler sur France Info l’objet tendance du moment, celui que s’arrache toutes les femmes et qui leur fait plaisir : le godemiché. De moins en moins satisfaites par les performances intimes de leurs mâles ou en quête de nouvelles aventures (solitaires ou en groupe), la femme d’aujourd’hui opte pour le plastic plutôt que pour la chair fraîche. Un choix qui risquerait d’avoir de graves conséquences sur le sort de l’humanité.

Plus enclin à décider qui préparera le petit déj des enfants qu’à en faire un troisième, je suis interloqué quand la chef du gratuit qui héberge VINSURVIN évoque les TupperGod, des réunions lors desquelles ces dames dissertent autour de produits plus coquins les uns que les autres : « Alors, celui là, non seulement il possède cinq vitesses et trois embouts interchangeables, mais en plus… il fait tire-bouchon ! » Oh, My God ! Certains auraient donc le droit d’employer le terme tupper, et pas d’autres ?

Au lycée ce matin, mon amie Claire (hyper chic et au fait des objets tendances) se précipite sur moi, croyant m’apprendre the news of Monday. Je sais, lui rétorque-je, j’en ai entendu parler sur France Info ce matin. Alors, ça veut dire que tu as une chance avec TupperWine, s’enthousiasme-t-elle. Nous décidons alors de googler TupperGod et là, c’est soirées sextoys, en veux-tu, et surtout TupperGod en voilà. Nous arrivons vite à la conclusion que le terme tupper est entré dans le langage courant, au même titre que frigidaire, k-way, kleenex ou tipp-ex. C’est donc tout à l’honneur de Tupperware et surtout d’Earl Tupper, chimiste américain qui inventa les fameuses boites en 1946, que d’employer son nom lorsque l’on évoque des réunions à domicile !

Sur stratregie.fr, Delphine Masson nous explique qu’avec des taux de notoriété frisant les 95%, les marques génériques ne naviguent pas pour autant sur un long fleuve tranquille. «Tomber dans le langage courant est ce qui peut arriver de meilleur et de pire aux marques, commente Muriel Bessis, de l'agence éponyme spécialisée en création de noms de marque. D'un côté, c'est la consécration. De l'autre, elles perdent ce qui fait leur force et leur raison d'être: leur style, leur valeur ajoutée, leur spécificité.»

Même combat pour Tupperware, poursuit la journaliste. Il y a trois ans, la marque s'est vue associée, dans la presse, au Groupement, une secte officiant dans la vente directe. Les journalistes parlaient alors de «réunion Tupperware» pour désigner les techniques de vente de cette entreprise. «Ce nom de marque n'est pas seulement utilisé pour désigner, d'une manière générale, la vente à domicile. Il décrit également tous les types de boîtes en plastique. Or celles de nos concurrents ne sont pas toujours de qualité. Nous n'hésitons donc pas à écrire aux médias pour leur signaler les amalgames ou bien demander des rectificatifs», indique Solange Lauber-Pinet, chargée des relations presse de Tupperware.

Moralité : les TupperWine pourraient bien constituer une jurisprudence si VINSURVIN devait se montrer jusqu’auboutiste. Le terme tupper tomberait alors définitivement dans le langage courant et les TupperWine deviendraient bel et bien une marque, relative à des soirées axées sur le plaisir. Affaire vibrante à suivre.

lundi, 19 mai 2008

Vindiana Jones et le Nectar de Bernard.

Lors de nos périgrinations dans les vignes de France et de Navarre, pas facile de se munir du bon guide qui nous conduira au graal. Très nombreux sur les étales des libraires, tous plus aguicheurs les uns que les autres, les guides peuvent s'avérer les parfaits outils de nos chasses au trésor, comme les pires boulets. Pour ne pas perdre trace, suivez le guide.

1582039211.jpgOn a tous quelque chose en nous d'Indiana Jones lorsque l'on empoigne notre guide des vins en quête de nouvelles aventures et, surtout, de nouveaux flacons. Sorte d'archéologues des temps modernes, munis de pinceaux et de parchemins, nous écumons les contrées les plus reculées du royaume de France une seule idée en tête : le Carton de Pandore.

Sur le point de mettre la main sur un raisin de fort bonne facture, il arrive que les bruits de bottes nous interrompent dans nos recherches. Et là, on déguste. Harangués, pourchassés, torturés même par l'autochtone de vigneron (qui nous conte l'histoire de son domaine depuis son arrière-arrière-arrière grand-père), il nous faut ruser de mille et une techniques pour nous extirper des pires supplices que réservent ces rencontres oeno-culturelles. Parce que, nous, les aventuriers du Flacon Perdu, on aime les belles histoires, mais on préfère qu'on nous les raconte autour d'une bonne bouteille. Il arrive même que la longue litanie de la vinification contée par l'homme à l'étrange accent tourne à l'interrogatoire. Et tô t'aimes quoi côm vin ? Tu bôsses dans côi ? çô roule côm bognolle çô ?

La visite de lieux ancestraux, tels que les caves troglodytes, les châteaux et autres domaines moyen-âgeux sont les occasions idéales pour déceler des trésors insoupçonnés. Mais alors que nous nous apprêtons à saisir l'objet tant convoité, ce dernier se dérobe sous nos mains, le sol cède sous nos pieds et nous basculons vers un monde maléfique. Trop tannique, bourru, astringeant, vanillé, boisé, bordoïfié, le Nectar de Bernard nous conduit vers les abysses et les ténèbres de la viticulture française. Nez de réduction, d'oeuf pourri, de peau de bête humide, de serpillière, le vin renarde et nous, aventuriers de l'Arche de la Défense, nous trouvons confrontés à nos pires angoisses. Dieu merci, par une acrobatie dont nous seuls avons le secret, nous échappons à notre triste sort. 

Parfois, sur notre chemin, nous croisons une vigneronne, que, dans les vignes, sous une chaleur écrasante, torse nu, la sueur ruisselant sur notre corps virile, le fouet dans la main gauche, la main droite sur la gachette, prêts à tirer, à goûter le fruit défendu, nous devons éliminer de nos tablettes pour cause de qualité du vin insuffisante. 1308255141.jpg

Malheureusement, le professeur ès-oenologie moderne est bien loin des péripéties rencontrées par Vindiana Jones et ses acolytes. Désormais équipé de tout un attirail de merveilles de la technologie qui lui évitent les écueils mentionnés ci-dessus, il sillonne les autouroutes de France et de Navarre à la vitesse du jaguar. Le GPS accroché au tableau de bord, le kit mains libres vissé à l'oreille, le détecteur de domaines intéressants assisté par ordinateur (DDIAO) branché à l'allume cigare, le dégustateur des temps modernes n'a plus le temps de se perdre, de faire des rencontres impromptues et de frapper aux portes des vignerons non mentionnés dans les guides officiels. Rentabilité, efficacité, productivité oblige, l'avinturier du 21ème siècle a tout de même la courtoisie de nous laisser les domaines de moins de 20 hectares pour nous tout seul. Ce qui ne l'empêche pas de nous croiser, parfois, par delà les départementales, et de nous saluer allègrement, lorsqu'après un coup de klaxon rageur, l'immatriculé petite ou grande couronne, sort son majeur de sa fenêtre et le pointe vers le ciel, comme pour nous signifier que les dieux du vin sont avec nous. C'est une si belle journée. 

dimanche, 18 mai 2008

Tup**Rwine 6.0 : du grand art !

1486710663.jpg

Puisque faire du vin est un art, alors la sixième édition des Tup**Rwine (les dégustations de votre humble serviteur) avait bel et bien sa place dans la galerie Roussart en plein coeur de Montmartre, mardi 13 mai. Marie, la charmante épouse de Vincent Laroche, aura été le parfait maître d'oeuvre de ce Tup**Rwine 6.0,  en prenant bien soin de dépeindre le terroir chablisien du Domaine de la Meulière, sa palette d'arômes et sa galerie de nuances. Une exposition éphémère mais passionnante. Même s'il demeure peut-être un léger problème de torréfaction...

Montmartre. Ses marches, ses touristes, ses galeries d'art, ses dégustations. Il est un peu plus de 20h00 lorsque Marie Laroche présente le chablis 2006 devant une douzaine d'amateurs parisiens ; quoi que pas tous, puisqu'après Fred, venu en décembre de Bretagne pour les chablis de Daniel-Etienne Defaix, c'est Olivier qui a fait le déplacement de Metz. Et puis, il y a quand même Christophe, qui se déplace régulièrement de Garges-lès-Gonesse. Et l'C-Drik qui semble débarquer d'Ouarzazate, d'où l'odeur de chameau torréfaction.

137718724.jpgChablis 2006 : son nez n'échappe pas à une des composantes majeures du chablis, ces effluves de minéralité, de coquillages, d'iode et d'air marin. On se croirait sur le petit port de Dahouët (22) où nous attendons les pêcheurs avec impatience pour nous ruer sur leurs Saint-Jacques ! La Bretagne devait s'étendre jusqu'en Bourgogne il y a quelques millions d'années, ce n'est pas possible ! D'ailleurs, toutes deux commencent pas la lettre "B" et finissent par "gne". Comment alors expliquer "Bologne" ? Même hypothèse sur l'étendue de la Bretagne. Jusqu'en Italie. D'ailleurs, l'attaque de ce chablis 2006 est un peu nonchalente, ce qui est typiquement italien. La bouche est minérale avec des notes d'agrumes, de pamplemousse. Pas de notes d'artichaud ou de chou-fleur, je vous rassure. Les arômes sont déjà très mûrs en 2006, comme on le retrouve dans beaucoup d'autres régions en France. Un vin à boire jeune, à l'apéritif.

Chablis 1er Cru, Les Fourneaux 2006 : Robe jaune pâle au reflets verdoyants. Nez fleuri, très aromatique, minéral. Il suggère plus de complexité. La bouche, fraîche mais encore un peu sur-elle même, dévoile des notes de vanille mais aussi de mousse, de sous-bois. A boire avec un foie gras ou une poularde à la crême et aux morilles.

Chablis 1er Cru, Vaucoupin 2006 : Un vin issu de vignes qui ont subi trois grêles pendant l'hiver. Des raisins (encore à l'état de billes de plomb) à terre, des bois abîmés mais pas de pourriture. Robe brillante aux reflets dorés. Le nez évoque des notes plus chaudes, plus sucrées : pêche blanche, poire. Fleuri, c'est l'aubépine qui vient à l'esprit. Des notes de foin coupé. Ce Vaucoupin a plus d'impulsion en bouche. Plus de tension. Il présente également plus de concentration en bouche. Sur un bar mais aussi des fromages (Comté, Saint-Nectaire, Roblochon...), ce vin sera le parfait compagnon.

Chablis 1er Cru, Mont de Milieu 2006 : Des vignes de 60 ans. Admirez ce gras sur les paroies du verre, ces jambes lourdes. Le nez est 2087713881.jpgtrès aromatique, pour ne pas dire explosif. Nez de fruits mûrs, presque cuits, de pêche, d'abricots, de mirabelles. Concentration et acidité ne sont peut-être pas encore stables, mais laissons lui encore quelques mois, si ce n'est quelques années, pour qu'il exprime tout son potentiel. Belle longueur en bouche, rondeur tournoyante. L'art s'invite à notre dégustation et à nos conversations. En substance, on retiendra cette jolie phrase de Marie : on peut être ému devant une toile, sans être spécialement éduqué à l'art. C'est pareil pour le vin.

Chablis 1er Cru, Mont de Milieu,  2001 : On pourrait qualifier ce nectar de tube (de peinture) mais ce serait trop facile. Alors, abstenons-nous. Robe est plus foncée mais elle reste brillante, dorée. Le nez exhibe une minéralité plus fondue. Des notes toastées, grillées se manifestent. Marie parle de torréfaction. Il est vrai que si ce terme s'applique plus naturellement au vin rouge (café, moka, cacao, chocolat...), il est également employé pour les vins blancs (pour ces notes toastées, grillées). Enfin, on ne va pas jusqu'à sortir l'encyclopédie du vin pour se donner raison, le problème étant, surtout, de nature lexicale. Des notes de beurre mais aussi de miel, d'acacia, ressortent de ce délicieux Mont de Milieu. En bouche, la trame minérale s'exprime sur la longueur. Le vin est puissant et ample. Je le trouve "saturé" (rien de péjoratif) de fleurs blanches, qui apportent du gras et de la fraîcheur. Au bout de quelques minutes dans le verre, il exprime des notes de fleur d'oranger. Un grand vin.

972887977.jpgChablis 1er Cru, Mont de Milieu, 1999 : La couleur est trompeuse. Plus pâle, moins évoluée, on pourrait, de fait, croire que ce vin est plus jeune que le vin bu précédemment (pourtant de 2001). Expérience désagréable mais somme toute intéressante car rare, le nez est sur la réduction. Si je vous dis que la réduction est un peu considérée comme l'inverse de l'oxydation, ça ne vous avance pas. Ces odeurs sont dues au confinement du vin en bouteille. Ces odeurs sont souvent animales, faisandées, viandées. On dit que le vin "renarde". Bref, ça ne sent pas bon. Ces senteurs ne traduisent pas une mauvaise qualité de la vinification et disparaissent après aération. En effet, au bout de quelques instants : évaporées ! Place à des notes végétales, épicées, de romarin, de thym, de garrigue, même ! Encore des notes qui témoignent de la large palette d'arômes des vins du Domaine de la Meulière.

Et voilà le tableau ! En viticulture, le raisin est la matière première. En peinture, le raisin est un format (65cm x 40cm). L'artisan et l'artiste s'inspirent de la nature et de leur expérience pour offrir à leurs amateurs des instants privilégiés. Si le chablis des Laroche était un tableau, je me risquerais à celui d'un peintre impressionniste : célébration de la nature, couleurs riches, vives et vivantes, matière, chaleur, émotion, sont autant de points communs entre ces deux arts.  

Photos : un grand merci à merci Monsieur Septime. Tableau : Les Vignes Rouges, Vincent Van Gogh. Un très chaleureux merci à la Galerie Ronsart, 13 rue du Mont Cenis, pour leur acceuil et leur gentillesse.

samedi, 17 mai 2008

Petits Sommeliers ne deviendront pas grands.

1644450256.jpg 

Dans un monde où tout est bon pour se faire de l'argent, le vin n'échappe pas aux spéculateurs sans scrupules. La preuve avec cette série de vins technologiques lancée par le groupe Casino. A travers les Petits Sommeliers, à qui l'on donnerait le bon dieu sans confession, le terminator du consumérisme impulsif et vorace invite, sur son site, le consommateur muni de son gros caddie plein de fruits et légumes bien moins chers que chez les petits commerçants à déguster des vins de plaisir, délicieusement aromatiques et gourmands. VINSURVIN s'est dévoué.  

703695971.jpgLa curiosité est un vilain défaut. Et VINSURVIN vient d'en payer les frais. Ne voyageant pas avec ma cave dans mes bagages, il m'arrive, le lundi, quand le caviste du bled est fermé ou inexistant, d'avoir des réflexes de consommateurs lambda. Je sais, c'est tout un mythe qui s'écroule. Luchon, Haute Garonne, mars 2008, 18h58. Un petit supermarché de province dans lequel les accros de la roulette russe déposent leurs courses sur le tapis vert. Ma soif (d'aventure) va me pousser à commettre l'invraisemblable : m'enquérir d'une bouteille de ce Pinot Noir, vin de Pays d'Oc, autour des 4€. Pas de trace de la mention "récoltant". Un vague nom de lieu de mise en bouteille. On se joue de la législation pour embrouiller le consommateur.  Il y en a toute une série de ces VDP à l'étiquette sympa : cinsault, grenache, syrah, muscat, viognier... L'occasion de griffouiller une petite note sur VINSURVIN et de constater si cette énième version (non) estampillée vins de cépages vaut le détour. Chroniquer, c'est risquer.

1594217669.gifLe nez de ce pinot n'est pas complexe. Il est plutôt simple, voire simplet, car très sur le Tang à l'ouverture. Il nous conduit ensuite vers des notes de sirop de grenadine, de fraises Tagada, de yaourt leader price arôme framboise. C'est très 80's comme concept, ce qui n'est guère étonnant si l'on pense à l'âge des managers marketing item packaging design qui ont dû, comme moi, être élevés aux Casimir, Goldorak et autres Chantal Goya. Etonnant par contre que ce vin ne soit pas conditionné en brick ou en sachet (type Royco Minute Soupe,168040381.jpg avec l'air).

L'attaque du vin est lisse, savonneuse (type Mon Savon, Oil of Olaz) et inconsistante. Les notes d'arômes de fruits rouges en conserve type E200, E203, E220 défilent en rang serré dans la bouche, faisant grincer les dents au passage et provocant, dès la première gorgée, un renvoi d'anhydride sulfureux. Ouvrant la bouche pour aspirer un peu d'air, c'est une bouffée de poudre orangeâtre qui s'échappe, comme un dioxyde de carbone de véhicule tuningé. On ne peut évoquer ni la longeur ni la largeur du vin, aspects non pris en compte par les datas. Il est plutôt triangulaire (ouvre, goûte, jette). Ce vin semble numérisé. Fait de bits et de bracs, à classer dans la catégorie technologique. Ses consepteurs jouent sur 1086536346.pngles faux-semblants : un peu comme le canada dry, ce produit a la couleur du vin, l'odeur du vin, certains croiront même qu'il a le goût de vin, mais ce n'est pas du vin. Et il coûte 4€ !! Quand son prix de revient ne doit pas exéder les 0,20€. Cependant, on peut croire qu'il plaît puisqu'en jetant un oeil sur le site de Casino, on relève une forte progression du chiffre d'affaires au 4ème trimestre 2007 : +18,4% ainsi qu'une très forte progression du chiffre d'affaires au 1er trimestre 2008 : +25,2%. C'est donc bien cela : les grandes surfaces se contentent de vendre des produits médiocres à des prix démentiels pendant qu'une poignée de malfrats admirent les chiffres s'affoler, au grand dam des défenseurs de la qualité et du pouvoir d'achat. Et dire que les hypermarchés à l'américaine vont sortir de terre, en France, dans quelques mois. Tout cela va dans le bon sens.

 

mercredi, 14 mai 2008

Le Festival de Zan

 

953954760.jpgPendant que Sean Penn monte les marches sur la Croisette, VINSURVIN descend celles de sa cave et se fait des films pour trouver des nouveaux talents dans le vin-gtième art. Loin des paillettes et des stars bordelaises ou bourguignonnes, braquons les projecteurs sur le tout premier opus de Pierre Doumenge. Dans ce rhône-movie vif et réglissé, loin des mantes à l'eau, le vinéaste entraîne le vinéphile dans une histoire de mûre fraîche et délicieuse.

Ce Mantes Dégustation 2006, élaboré à deux pas de Cairanne, assemblage de grenache (60%) et de cinsault (40%), est encore en tournage quand je le débouche, pour ne pas dire en fin de malo (1) ! Mais Pierre m'avait prévenu. Cette mise en bouteille un peu prématurée n'était destinée qu'à VINSURVIN, Pierre profitant de son week-end à Paris pour me glisser quelques échantillons. Une fois aéré, le vin perd cette impression effervescente.

A l'ouverture, un léger nez de réduction se fait sentir, mais c'est normal, c'est la mode : ça a "renardé" un petit peu hier soir sur un chablis, de même que sur ce 53 il ya une semaine en Anjou. La loi des séries. On ne formalise pas, au bout de deux, trois minutes, cette odeur désagréable s'est évaporée. Le vin libère ensuite des arômes frais, de fruits noirs (cassis, sureau) et de poivre. Puis, ce sont des notes animales, de nouveau, qui surgissent (le cuir notamment), et le réglisse, le zan : un vrai festival au bout d'un quart d'heure.1453623297.jpg

L'attaque en bouche est toute en souplesse. La bouche est riche, puissante, et on ressent beaucoup de concentration. Le milieu est en cohérence avec le nez, sur le fruit noir, la mûre, le bois sec, la torréfaction (notes de grillé). La bouche est somme toute assez complexe. Les tanins sont déjà très mûrs. La fin de bouche est insistante, bien que le vin soit plus sur la largeur, notamment grâce à sa robustesse. Il accompagnera de bonnes viandes rouges grillées.

Mantes Dégustation 2006 laisse au jury une première impression favorable. Pour un premier millésime, c'est le meilleur scénario auquel Pierre pouvait rêver. Un synopsis recherché, mais étoffable. Une intrigue bien menée malgré quelques faiblesses dans la direction des acteurs. Des dialogues encore peaufinables et une musique qui rythme le tout avec une certaine allégresse. En substance, il nous fait passer un bon moment, ce qui est l'essentiel. La palme ne sera peut-être pas pour cette année, mais il faudra, incontestablement, compter sur Mantes Dégustation et son jeune réalisateur, qui se fera peut-être l'Interprète d'une nouvelle génération, ou qui sait, le bad boy de sa région.

(1) En vinification, la fermentation malolactique est la transformation de l'acide malique en acide lactique par l'intermédiaire de bactéries anaérobies appelées bactéries lactiques comme par exemple Oenococcus oeni. Se traduisant par une diminution de l'acidité, elle permet une stabilisation et un assouplissement du vin, particulièrement recherchés pour la vinification en rouge.

Pierre Doumenge, Mantes, sur la commune de Sérignan du Comtat, Vaucluse (84). pierredoumenge@hotmail.fr

dimanche, 11 mai 2008

Château Chimique : de belles années devant lui.

A l'heure où le bio est de plus en plus tendance et où plus un seul vigneron ne néglige le respect de la nature (dans leurs discours en tous cas), les médias traitent souvent leurs reportages à coups d'enquêtes chocs révélant de sordides "vérités" sur l'état sanitaire a priori lamentable de nos vignobles. Une récente enquête de Gérard Muteaud dans le Nouvel Observateur met le feu aux poudres. Et le CEMAGREF confirme. De quoi se mettre à l'eau, moins polluée quand même.

1358458589.jpg"Ce Clos Vougeot présente des tanins fondus, heu, fongicides, pardon, m'enfin c'est superbe !" "Et ce Saint-Emilion... un côté herbacé...", "Herbicide, vous voulez dire, mon cher !"  Selon le jargon populaire, nos vignobles seraient comme nos hommes politiques : tous pourris. Les optimistes, eux, voient une prise de conscience et arguent que nos vignes se portent de mieux en mieux, et notre santé avec. Pourtant, à lire le papier du Nouvel Obs, une étude très sérieuse le prouve : les vins sont contaminés par les pesticides. Y compris les plus grands prix.

François Veillerette, président du Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF) et administrateur du Réseau Pesticide Action Network Europe (PAN Europe), l'affirme, le vin est contaminé par des résidus de pesticides à des doses mille fois plus élevées que celles tolérées pour l'eau du robinet. Sur une quarantaine d'échantillons de vin rouge millésime 2002 piochés au hasard (1) et analysés par son association, tous à l'exception de six bouteilles issues de l'agriculture biologique, contiennent des traces  de quatre à dix  pesticides différents. Des produits chimiques inscrits pour la plupart comme des agents cancérigènes, mutagènes ou perturbateurs endocriniens par la directive européenne sur les substances dangeureuses. Mais cela ne semble émouvoir personne en France. L'Union des Grands Crus de Bordeaux estiment que la question ne relève pas de sa compétence. Sur les dix vins français (trois bourgognes, sept bordeaux) passés au crible figurent pourtant trois crus vendus plus de 200 euros le flacon.1501938745.jpg

Les chiffres du CEMAGREF font froid dans le dos : les cultures consommant le plus de pesticides sont, largement en tête, la vigne (51%), contre les céréales (26%) et le maïs (13%). Toujours selon l'institut de recherche public, la France est le pays qui utilise le plus de produits phytosanitaires en Europe, avec en 2001, 95 0000 tonnes de substances actives appliquées sur des parcelles agricoles. Des chiffres en baisse, notamment grâce à... l'instauration de taxes sur les activités polluantes. Il y a donc bel et bien eu prise de conscience. Economique. Revers de la médaille, si ces traitements tuent les ravageurs, ils éradiquent aussi leurs prédateurs et leurs parasites. Au bout de quelques années, les ravageurs débarrassés de leurs ennemis se mettent à proliférer. Il est alors nécessaire d'appliquer des doses encore plus fortes. Ou alors changer de formule. Depuis plusieurs années, des organismes deviennent résistants à certains traitements qu'il faut donc changer. Ainsi, au début des années 1990, plus de 500 espèces d'arthropodes, 270 espèces de mauvais herbes et 150 autres espèces pathogènes étaient devenues résistantes à au moins un pesticide. La mention "contient des sulfites", obligatoires sur les bouteilles de vin depuis 2004, est donc d'une hypocrisie invraisemblable, si ce n'est une supercherie, dans le sens où elle valide l'emploi de sulfites (générateurs de migraines) et met tout le monde dans le même sac. Car les taux de sulfite varient de 1 à 160 mg/L pour les rouges et de  1 à 210 mg/ L pour les blancs. Le taux d'anhydrique sulfureux peut atteindre les 400 mg/L pour un vin liquoreux ! Cette mention est donc caduque.

Toujours selon l'enquête du Nouvel Obs, et d'après un rapport du très sérieux Institut de Veille Sanitaire (InVS), entre mai et août, l'air en Gironde et en Champagne est saturé de produits comme le folpel, la trifluraline, la pendiméthaline et l'endosulfane. Pis encore, on détecte aussi du lindane (insecticide de la famille des organochlorés, considérés comme l'un des principaux polluants des nappes phréatiques), interdit depuis 1998. Les risques sanitaires pour la population ?  Ils n'ont jamais fait l'objet d'une étude épidémiologique sérieuse.

Dans la Revue du Vin de France de ce mois-ci, Claude et Lydia Bourguignon, microbiologistes considérés comme les meilleurs spécialistes mondiaux des sols viticoles, estiment que la France bénéficient aujourd'hui des quatre conditions majeures indispensables pour produire les plus grands vins du monde : un climat tempéré, le calcaire, la diversité des cépages, les caves construites avec les roches de l'appellation. La France a donc toutes les cartes en main mais elle gaspille ses chances et les met en danger. L'utilisation massive des pesticides, le désherbage chimique systématique de nombreux vignobles et l'emploi intensifs des engrais font des ravages. Les Bourguignon vont jusqu'à citer le Beaujolais au palmarès des terroirs les plus moribonds, où la culture du désherbage a causé des dommages qui mettront des décennies à se résorber. Mais il y a a aussi les Costières de Nîmes et le Médoc, qui apparaît très mal en point. 

Discours alarmistes ? Réalités taboues ? Le discours ambiant des vignerons est au "traitement raisonné" et à l'emploi de souffre le plus infime qui soit, critères manifestement absents du cahier des charges de l'AOC. In fine, le consommateur lambda n'a aucun moyen de contrôle si ce n'est de se réfugier vers le vin bio. Une chose est sûre, on va finir par se demander si le vin est si bon que ça pour la santé.

(1) L'étude porte sur 40 bouteilles de vin rouge du millésime 2002 provenant de France, Autriche, Allemagne, Portugal, Afrique du Sud, Australie et Chili.

Photos : vigneronblog ; linternaute.

12:29 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 10 mai 2008

Quel vin sous plus de 20° ?

192530707.jpg

Les beaux jours arrivent, et sous ces grosses chaleurs, nos habitudes culinaires changent brutalement. Désormais, les vins qui accompagnent nos plats ou qui agrémentent nos apéritifs ne sont plus ceux que l'on ouvrait il y a encore quelques jours. A la recherche de fraîcheur avant tout, il n'est pas toujours facile de trouver les vins qui apporteront cette touche à nos repas. Dieu merci, le professeur VINSURVIN est là pour vous aiguiller et vous aider à refaire le plein de la cave. 

404536177.jpgLe vin est une sorte de caméléon finalement. Selon les saisons, les températures, nos états d'esprit, il est capable de s'adapter pour nous offrir un maximum de plaisir. Partons cependant du pricincipe qu'en dehors des rosés (et encore), il est difficile de cantonner un vin à une saison ou un type de plat. Certes, l'automne, les vins rouges de la Vallée de la Loire (Chinon, Saint-Nicolas de Bourgueil, Saumur, Anjou, Touraine) s'accomodent fort bien avec l'humidité, les journées court et les rafales de vent. De même que les vins du Sud-Ouest ou du Rhône. Mais, ces vins trouvent également leur place sur des table estivales, sinon, bonjour la dépression.

Commençons par les blancs. A l'apéro, servis à 11, 12°, ils sont l'assurance d'excellents moments. Et puis, quelles chance vous avez ! Prix, qualité, style, vous vivez dans le pays qui propose la variété de vins blancs la plus exceptionelle qui soit. Ne me demandez pas d'où je tiens ça, je le sais c'est tout. Disons que si vous viviez en Pologne ou au Kurdistan, vous seriez un peu moins bien placé côté vin. Mais mieux côté Vodka.

Vos amis viennent d'arriver (votre ami ? vous n'en avez qu'un ? bon, alors va pour) votre ami vient d'arriver et au frais se tient un bonne bouteille de vin blanc. Sauvignon, chardonnay, chenin ? Pouilly Fumé, pouilly fuissé, savennières ? Sémillon, rolle, grenache blanc ? Cassis, provence, languedoc ? Sans compter l'Alsace, la 25169648.jpgSavoie, le Roussillon... No stress ! J'ai peut-être ce qu'il vous faut en boutique...

Dans un premier temps, il vous faut vous rendre chez un caviste. Un vrai. Abandonnez l'idée d'acheter du (bon) vin en grande surface (une chance sur 100 d'être satisfait), voire dans les chaines de cavistes ayant pignon sur rue. Allez voir le gars qui bosse seul dans son bouclard à peine éclairé. Aujourd'hui, comparé à il y a encore cinq ans,  chaque préfecture de France et de Navarre possède son caviste indépendant. On en compte même trois à Saint-Brieuc (capitale de la bière et du ricard) !   

Prévoyez 7€, 9 pour les plus aisés. 5 ? Ca peut se trouver ! Demandez un vin sec (mais pas trop). Avec une finale longue, tendue et exotique ? D'accord, si vous voulez. Demandez du fruit. Exigez de la fraîcheur. Réclamez du plaisir et de l'authenticité ! Petite sélection de vins blancs à boire les yeux fermés. Quoi que, vous manqueriez leurs robes extaordinaires. 

Chardonnay.

 Sauvignon.

  • Pouilly Fumé, Centre Loire.
  • Sancerre, Centre Loire
  • Menetou-Salon (Quincy, Reuilly...)

Chenin.

Sémillon, rolle, grenache, viognier, chardonnay, sauvignon, du sud...

vendredi, 09 mai 2008

La Grange aux Belles, c'est tout naturel.

1472489403.2.JPG 

Impossible de se rendre sur la rive gauche de la Loire en Anjou sans passer dire bonjour aux Dupond et Dupont de Mûrs Erigné, Marc Houtin et Julien Bresteau.  Avec leurs vins atypiques, fraternels et déroutants, les deux comparses s'inscrivent dans le naturel et l'affirment haut et fort, à tel point que chaque cuvée est comme une promenade, une aventure, une rencontre. Dégustation au tour d'un casse-croûte campagnard puis tour du propriétaire.

2008860559.JPGVous connaissiez les vins bio, vous connaissiez les vins en agriculture raisonnée, mais connaissiez-vous les vins d'Houtin-Bresteau ? Si ce n'est encore fait, session de rattrapage immédiate et dégustation cet été lors d'un Tup**R-PiKnIk parigot. Vous apporterez les mets, j'apporterai le vin... de la Grange Aux Belles ! Au bord de la Chaussée Rouge, on fera avec les Moyens du Bord : du Vin de Jardin nous boirons, Fragile comme Pépé, mais auquel vous direz Merci pour le plaisir procuré.

Il est quand même 13h30 quand VINSURVIN arrive à la Grange Aux Belles. La fantastique dégustation chez Didier Richou a duré plus longtemps que prévu : ça change de ces vignerons taciturnes qui vous servent deux fonds de bouteille et ne se montrent pas des plus loquaces ! "Ah, il est bon, hein... Il a bien le goût de raisin, quoi. On sent bien, le..., la...," "Ben ouais, c'est pas du vin'd'pédé." "Heu, oui, c'est une analyse..." 

L'estomac dans les talons, nous pénétrons dans le caveau, basé en zone industrielle (première originalité). Une rillette de porc de chez JP Grenet (en angevin dans le texte) nous attend ainsi qu'un pâté de chevreuil, spécialité du père de Marc. J'espère qu'il va pas nous sortir un bocal de batraciens confis... De toute façon, je mangerais n'importe quoi.770177262.jpg

"Bon, on commence avec les vins de bistrots," entame Julien. Moyens du Bord, un chenin de comptoir pour autochtones. Humble, terroir, amical.

Pink Fluid et son étiquette fun est un rosé vineux, plein de jus, espiègle. Un dimanche après-midi sur un sandwich pâté de campagne, au bord de la rivière, en taquinant la truite.

Le décuvage du Vin de Jardin se fait en petite caissette. Comme dans le temps. 80% gamay, 20% grolleau, on pourrait lui trouver un manque de corps et de matière (surtout à 10,8°) mais l'esprit est d'offrir du raisin, du fruit, du jus. Déroutant.

La Chaussée Rouge 2007: 100% cabernet. 100% gourmand. Ca sent le fruit, le raisin, le moût. Vas-y Juju,  remets-en un verre! Et puis, la terrine, là, super !

53 (2006) est un cabernet franc planté sur schiste ardoisier vinifié en macération traditionnelle et vous n'y comprenez rien mais c'est normal moi non plus je vous rassure mais vous pourriez quand même faire un effort pour suivre.

Princé 2007 et son côté Purple Rain nous dirige sur des airs plus groovy. La bouche est ample, grasse et suave. Les fruits noirs traduisent une certaine complexité. Pas encore sur le trône mais devrait y accéder et régner en maître d'ici peu.

233309591.JPG

 

Fragile 2007 : mon chouchou. Un blanc précieux, sensible, glamour, parfumé, mentholé, frais, capricieux, ananas, Le Marais, shirtlifter, on s'appelle? non je suis straight, too bad. Fragile ? J'adore.

Pas étonnant que ce coteau de l'Aubance soit appelé La Belle Adorée avec son nez confis d'ananas, de pêche cuite, et puis ses notes d'exotisme, sa belle densité en bouche, son équilibre et ses hanches... Belle demoiselle.

Pépé n'a rien à envier aux jeunes loups précédemment dégustés. Le vieux est un vin doux naturel, non muté, non souffré, avec des notes de noix et de promenade dans les bois. Une personnalité singulière, typique de la Grange aux Belles. Adotpé par de grands restaurateurs.

Merci (Julien, c'était super!) Un sauvignon, moëlleux, de fruit jaune très mûr (prune, mirabelle), grosse présence de sucres résiduels. Avec un gâteau de grand-mère un mercredi pour l'anniversaire du p'tit.

Reflet de leur terroir et de leur éclectisme, les vins de la Grange Aux Belles possèdent une philosophie affirmée et sincère. Jeunesse, fraîcheur et personnalité sont également des maîtres mots chez les Houtin-Bresteau. Et puis, avec leurs étiquettes fun, des prix modérés et l'acceuil roots au domaine, en voilà qui ont tout pour faire un carton. De douze.

La Grange Aux Belles, Les Chateliers, 49610 Mûrs Erigné - lagrangeauxbelles@gmail.com - 02.41.80.05.72.

Photos VINSURVIN. 1. Le vignoble de la Grange Aux Belles (retouche photoshop) 2. Au caveau 3. Julien Bresteau, contemplatif, dans ses vignes 4. Marc Houtin en plein travail dans ses vignes.

jeudi, 08 mai 2008

Vite une terrasse! (A Paris)

 

medium_medium_05-bistrodames.jpeg
Un petit coin de paradis, rue des Dames, Paris 17.

Pour éviter ceux qui n'en manquent pas, trouvons des endroits à l'air pur. Pour voir le bon côté des choses, le réchauffement de la planète n'a pas que des effets négatifs. Ne permet-il pas de dîner en plein air, à cette légère brise de venir flirter avec votre peau, et d'échapper à l'insupportable odeur de ces fumeurs? Problème, en dehors des terrasses-trottoirs où il est toujours agréable de manger dans le bruit et les odeurs de pots d'échappement, pas facile de dénicher des adresses insolites, tranquilles et à l'abri de toutes ces formes de pollution. VINSURVIN a peut-être la solution...

PARIS INTRA-MUROS

  • Les classiques "trottoirs"

La Gioconda (1 rue Brochant, Paris 17 - 01 42 26 75 29) : un italien géré à l'italienne par Luigi (ma, prego, va bene... et tout le folklore), au bord du square des Batignolles. Très classique mais efficace. Carte des vins italiens très correcte. 

Le Café des Anges (66, rue de la Roquette, Paris 11 - 01 47 00 00 63). A 2 pas de Bastille. Bistrot parisien: bon, copieux et pas cher.

Les Lucioles (102 bld de Ménilmontant, Paris 20 - 01 40 33 10 24). Bistrot parisien: sympa, pas cher. Larges trottoirs du boulevard.  Promenade digestive au Père Lachaise.

  • Les p'tits coins de paradis.
1000874058.jpg

Restaurant Paul (15, Place Dauphine, Paris 1er - 01 43 54 21 48). Français. Pour la terrasse sur la Place Dauphine.

Au Virage Lepic (61, rue Lepic, Paris 18 - 01 42 52 46 79). Gastro, excellent, abordable. Réserver.

Le Bistrot des Dames (rue des Dames, Paris 17). Pas mal.

Le Limonaire, 21, rue Bergère, Paris 9. Cuisine de grand-mère, peu chère! Sans compter les airs de chansons françaises.

Passage de la Main d'Or, Paris 11. Divers bars à vin.

  • Les Top de chez top. 
875210415.jpg

Le Café de l'Homme  dispose au Trocadéro d'une des plus belles terrasses de Paris. En plein face à la Tour Eiffel et au milieu de sculptures monumentales, vous pourrez prendre le soleil à partir de midi avec une des plus belles vues sur Paris : 17, place du Trocadéro, 75016 Paris. 01 44 05 30 15.

Les Ombres (Les Ombres, 222 rue de L'Université - 75007 PARIS - 01 47 53 68 00). Au dernier étage du Musée des Arts Premiers du Quai Branly, l'architecture est signée Jean Nouvel et le restaurant baigné de lumière. La terrasse donne sur la Tour Eiffel et les toits de Paris. Cuisine tendance où les épices sont reines.

mardi, 06 mai 2008

Deux Bijoux d'Anjou.

1621937835.2.JPG

Suite des périgrinations de VINSURVIN dans les vignobles de France et de Navarre. Jeudi 5 mai, destination l'AOC Anjou-Villages de Brissac, au sud d'Angers, où cabernet franc et chenin règnent en véritables ducs, d'Anjou, ça va sans dire. Direction le Domaine Richou et la Grange Aux Belles pour déguster des  vins que diversité géologique,  méthodes de travail et objectifs finaux rendent très différents. Récit.

2121970155.JPGIl est 10h30 quand j'arrive chez Didier Richou. J'avais rencontré notre vigneron au Salon des Vins de Loire d'Angers début 2008. La dégustation (sommaire) de ses vins, notamment de ses côteaux de l'Aubance, m'avait séduit ! Il fallait que je me rende chez lui afin d'en apprendre davantage sur ce domaine. 

Nous prenons place autour d'une grande table en bois et Didier se met à disserter sur les sols qui voient pousser ses vignes. Cartes géologiques et morceaux de roches à l'appui, nous abordons une partie fascinante de ce qu'est le "terroir" : un sol, un climat, une région, une culture, des méthodes... Au sud du massif armoricain, les sols sont composés d'une gamme diverse de schistes. On y trouve même du quartz et de la pierre volcanique. C'est cette topologie qui donne au vin ces notes de minéralité. Au nez se dégage des notes d'ardoise, de pierre à fusil, comme vous avez certainement pu le constater avec les sauvignons du Centre-Loire (Pouilly Fumé, Sancerre, Ménetou-Salon...).

Vient alors la dégustation et ce n'est pas parce que, nettoyage tardif de printemps oblige, VINSURVIN a basardé les trois pages de notes prises lors de la dégustation de trois heures #*¤$}+;-(%arghhhhh##/!§ qu'un compte-rendu ne s'impose pas. Les échantillons que Didier aura bien voulu me laisser seront donc doublement les bienvenus !1742803754.jpg

100 % chenin, d'une robe paille claire et brillante, les Rogeries 2005 se présente entre minéralité, fraîcheur et vivacité. Le nez est aérien et nous rappelle lamenthe sauvage, l'eucalyptus. Des notes d'agrumes (citron vert) se manifestent d'entrée pour laisser place à plus de chaleur et de rondeur et nous signifier la poire. Sa jolie trame minérale et son acidité douce amère apporte fraîcheur et longueur en finale. Un vin net, vif et élégant.

Nous passons au chai pour goûter les Rogeries 2006, qui me réjouit instantanément. Son bouquet de fleurs blanches, de fruits exotiques et d'épices douces (poivre blanc)... La bouche est pleine, ample et grasse. L'ananas, la pêche blanche mûre dominent la bouche avant que des notes de pamplemousse viennent équilibrer la bouche de façon succincte mais non négligeable. Un régal !

1797515902.jpg

 

 

Après les gamays (minéral, fruits noirs et épicés) et les anjou rouges, et village brissac (corps, amplitude, réglisse, torréfaction...), sur lesquels nous reviendrons ultérieurement, Didier Richou va s'atteler à nous faire déguster ses Coteaux de l'Aubance.

Vous connaissiez les coteaux du Layon, les Sauternes, les vins de glace et autres vendanges tardives, qu'en est-il des coteaux de l'Aubance qui trouvent leur lie au sud de la Loire. "Ici en Aubance, on a constaté un changement de climat vers 1994. Et c'est à partir de ce moment qu'on s'est relancé dans les aubances. Un peu trop d'ailleurs. Comme souvent, l'homme a souvent tendance à tomber dans les excès et nos aubances manquaient singulièrement d'acidité. On a donc fait marche arrière," explique Didier Richou. Ces vins blancs sont en effet liquoreux grâce à des taux de sucre résiduels élevés. Mais lorsqu'ils ne rencontrent aucune acidité, ils sont écoeurants et sans intérêts.

Des Coteaux de l'Aubance Sélection (sur lie pendant une vingtaine de mois) aux Trois Demoiselles (déclinées ce matin là jusque 1997!), les sensations éprouvées auront été remarquables. Ces vins passent en revue les fruits qui parsèment les étales des marchés et nos souvenirs d'enfance: de la pomme verte acidulée, de la poire mûre, de la pêche blanche confite, des mirabelles cuites, des abricots, des pâtes de fruit, des fraises des bois sucrées, de douces épices, j'en passe et des meilleurs... Du sucre, oui, maus pas uniquement. Ces arômes sont soutenus et équilibrés par une acidité (sorte de colonne vertébrale du vin) précise, fraîche et parfois mentholée, le tout en parfaite harmonie. Autant de souvenirs intacts de cette journée que des notes écrites auraient peut-être un peu trahis.

Il est l'heure de quitter Didier Richou pour nous rendre à la Grange Aux Belles chez Marc Houtin et Julien Bresteau, dont nous parlerons dans quelques jours sur VINSURVIN. Mais notre vigneron insiste pour courir chez lui (juste à côté) afin de nous faire goûter un Trois Demoiselles 1997  et avant de revenir sur le 2003 pour trouver un point de comparaison. Est-ce bien raisonnable ? Le millésime 1997 a une sublime couleur or foncé. Il a épaissi, présente un nez d'orange et d'abricot fort mûr, offrant généreusement des notes de confiture de mirabelles de grand-mère tout en maintenant une jolie trame en acidité : c'est suave, c'est doux, c'est du velour ! Bravo Didier ! Et merci de m'avoir traité comme un Duc !

987352228.gif
1844359812.gif
Photo illustration : VINSURVIN, depuis la colline de la Treille (49). Retouche photoshop.
Photo pierres : VINSURVIN.
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu