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mercredi, 27 février 2008

Viens chez moi, je déguste chez une copine.

 

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VINSURVIN prospecte à la recherche de lieus chaleureux susceptibles d'acceuillir les Tupperwine, ces dégustations de vins de vignerons, entre lecteurs de VINSURVIN. Entre les Batignolles, la Place du Tertre, Saint-Germain des Prés, le 14ème, le 20ème, etc... VINSURVIN oeuvre pour que ses chers lecteurs, et ses chères lectrices, dégustent le meilleur du vin français dans les meilleures conditions. VINSURVIN cherche des lieus chaleureux, intimistes et originaux (une terrasse avec vue sur le tout-Paris est recherchée!!!) : passez le message à votre caviste, à votre bouquiniste, votre patron, votre meilleure amie, votre grand-mère, que sais-je, afin que perdure la tradition des mythiques Tupperwine! Bien sûr, les vignerons et les vigneronnes désireux de faire découvrir leur vin à des amateurs parisiens (et ziennes) sont invités à me mailer à VINSURVIN2020@yahoo.com. Demain, les modalités d'inscription du prochain Tupperwine!

LES DATES EN 2OO8 :

lundi 7 janvier P Daniel-Etienne Defaix, Chablis, à l'Hardi Vin, Paris 17.

mardi 5 février P Saint-Nicolas de Bourgueil (D. Drussé) et Chinon

(B. Baudry), chez des lecteurs!

mardi 11 mars P Des Coteaux Varois, du Domaine Thuerry, à l'Assiette Aveyronnaise, Paris I.

mardi 8 avril : Contraste Est-Ouest : Domaine Mathias, Pouilly Fuissé & Clos Troteligotte, Cahors.

Dans une librairie, à Paris.

mardi 13 mai : Vincent Laroche, Domaine de La Meulière, Chablis. Dans une galerie d'art, à Paris.

mardi 10 juin : SURPRISE !!! Mesdames, tenez-vous prêtes...

mardi 8 juillet :  Petit meurtre entre amis : des Vins de Pays Ardéchois, Château de la Selve.

mardi 5 août : Tupperpiknik dans un square parisien. Vins de soif ! La Loire?

mardi 9 septembre : Rentrée des classes. Interro, dégustation à l’aveugle.

mardi 7 octobre : Chateau d'Agel, Minervois.

mardi 4 novembre

mardi 2 décembre

LES IMPRESSIONS DES DEGUSTATEURS

TUPPERWINE 3.0

TUPPERWINE 2.0

A Paris,  Fabrice Le Glatin est une des personnalités des plus dynamiques sur le net avec son blog VINSURVIN et son club TUPPERWINE. Il regroupe un club d’œnophiles fins connaisseurs  et bloggeurs à leurs heures. Il a organisé un Super Tupperwine en l’honneur des Chablis Daniel-Etienne Defaix pour commencer l’année 2008. Pour lire l’article et pour les rejoindre  faire un clic sur : http://vinsurvin.20minutes-blogs.fr/archive/2008/01/08/re...

Daniel-Etienne Defaix, alias "Monsieur" Chablis. 

Laviniattitude En Désuétude (suite).

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Suite à l'article du 15 février dernier, intitulé ma laviniatittude tombe en désuétude, dont vous n'aurez pas manqué les nombreuses réactions  et commentaires sur VINSURVIN, j'ai reçu un e-mail de M. Branchereau, directeur général de Lavinia. N'ayant pas reçu de commentaires de ce dernier sur VINSURVIN, chose assez étrange d'ailleurs dans cette société de communication que de ne pas se prévaloir d'un droit de réponse et d'un recentrage, j'aimerais vous soumettre les échanges que nous avons entretenus. Au risque de croire que je me charge de la "com" de Lavinia.

Mail N° 1 de M. Branchereau, le 22.02.08 :

Cher Monsieur,
Après avoir lu attentivement votre article "Ma Laviniattitude" je serais heureux de pouvoir en discuter autour d'un déjeuner dans notre magasin de la Madeleine
Dans l'attente de vos nouvelles
Y Branchereau

Directeur Général de LAVINIACher Monsieur,

Réponse de VINSURVIN, le 22.02.08 :

J'ai bien pris note de votre invitation, et je vous en remercie. Malheureusement, je ne pourrai l'honorer, pour des raisons purement éthiques.

(...) J'ai ressenti le besoin d'écrire cette note en arrivant chez moi, après mes achats chez Lavinia, tant j'étais affligé par le moment que je venais d'y passer : accueil, service, notamment, étant très loins de mes attentes.

Cependant, je serais ravi de m'entretenir avec vous dans un bar à vin parisien, afin de poursuivre cet échange avec vous.

Sincères et oenophiles salutations,
Fabrice Le Glatin.
PS : il va de soi que je vous invite vivement à vous exprimer sur VINSURVIN, en laissant un commentaire, une réaction à cet article.
.
Mail n°2 de M. Branchereau (en français dans le texte), le 22.02.08 :

Cher Monsieur,

Je vous remercie pour votre réponse, je ne suis pas froisser par vos commentaires. Je comprends que l'attitude de plusieurs collaborateurs LAVINIA ont été très désagréables à votre encontre et je tiens à m'en excuser. Nous ne tenons pas à faire fuir nos clients.

L'objectif de Lavinia est de s'améliorer et surtout de défendre le VIN, pour cela j'aimerais m'entretenir avec vous pour discuter de votre perception de notre métier. A LAVINIA dans notre bar à vin ou dans un autre lieu, comme vous le souhaitez, je vous laisse mes coordonnées téléphoniques 01 42 (...).
Sincères salutations

Y Branchereau.

 
Voilà, on en est là à ce jour. Toujours pas  de commentaires de M. Branchereau sur VINSURVIN. Quand à une éventuelle rencontre, elle reste d'actualité. CQFD.

mardi, 26 février 2008

Vin de cépage à la page.

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Stratégie marketing, phénomène de mode ou signe des temps, la mode est aux vins de cépage. Les merlots, cabernets et autres sauvignons fleurissent dans les rayons comme les 4x4 dans Paris. Les marchands de vins seraient-ils donc pris d'une soudaine envie d'éduquer les français aux types de vignes qu'ils trouveront dans leurs verres ou s'agit-il d'une simple politique au rabais visant à semer le trouble sur l'origine même des vins?

L'idée de mettre en avant le type de vigne au détriment du village ou de la région semble donc faire son chemin, notamment parmi les adeptes de la pensée facile (1), voire de l'aseptisation cérébrale. Ca y est, la mode du vin de cépage est bel et bien lancée. Le magasin Nicolas a sorti récemment la gamme Grains de Cépage. Ne pas confondre avec des maillots de bains ou des crêmes solaires. Visuel attrayant, palettes de couleur évoquant le vin, conseils dégustations : la nouvelle collection Nicolas a tout pour plaire. Considérant que le vin n'est pas immuable et qu'il n'y a pas de raison qu'il ne subisse pas non plus les effets de mode (ni les fluctuations de la bourse, ndlr), le-magasin-d'en-bas-de-chez-nous pousse même le bouchon jusqu'à parler d'évolution. Une confusion lexicale qui ne cache pas le fait que le changement ne va pas forcément dans le bon sens.  

Fumer du vin tue. Le catalogue printemps-été de Nicolas nous décline donc toute une gamme de cépages à assortir (avec votre nappe ou votre chemisier, ndlr) en toute saison, le tout, accompagné de leçons sur le caractère de ces cépages. Le cabernet sauvignon est souple et charnu, il développe des arômes de cassis et de mûre. Il faut que je contacte David Drussé pour lui dire que son Saint-Nicolas de Bourgeuil n'est pas fait à partir d'un vrai cabernet-sauvignon. En effet, le sien est gras et ample et il développe des arômes de fruits rouges et de tabac. Mais dites aux consommateurs qu'un vin peut présenter des notes de tabac, vous! Surtout aux anciens fumeurs ("Tu refumes?!" "Ouais, j'ai repris depuis que je bois du cabernet de chez Drussé. Du coup, je le poursuis en justice : la mention "fumer du vin tue" n'apparaissait pas sur ses étiquettes").

Jeunisme. Le catalogue ne redoute aucun cliché (Le gamay est fruité et léger, aux arômes de violette et de fraise, il est d'une grande fraîcheur.), de tels commentaires confèrant au clonage et au formatage. Mais je prends Nico au mot : si je ne trouve pas ces arômes dans un gamay made in Nicolas, je demande remboursement et je le poursuis en justice! En effet, la mention "Nicolas ne garantit pas la présence systématique des arômes mentionnés dans le catalogue" devrait apparaître sur les flacons! En outre, si les étiquettes du vieux caviste (qui verse dans le jeunisme) mentionne, par exemple, "Ile de Beauté", cela demeure quand même un peu vague. Je veux savoir s'il s'agit-il de gamay de Touraine, du beaujolais, de Saint-Pourçain ou encore du Languedoc. Et quid de la main de l'homme? Serait-ce du gamay de synthèse?

Faire simple. Vue de loin, on peut considérer que l'inclination stratégico-marketting de Nicolas part d'un bon sentiment. Si le gamay est, en effet, décrit comme un vin fruité et léger, aux arômes de violettes et de fraises, et d'une grande fraîcheur : rien de faux ni de scandaleux dans tout cela, mais on flirte avec une certaine stéréotypisation du goût. En fait, ce qui dérange dans le procédé, c'est la crainte de la mise en avant du cépage seul, le dénigrement des régions productrices, donc de leur identité et de leurs propriétés. Mais cela a le mérite de susciter la réflexion : en somme, le concept est inverse à ce qui fait depuis des années en France.  Le but est manifestement de simplifier l'étiquette à la française. Faire simple. Toujours plus simple... A plus grande échelle, il est de se positionner face aux vins du Nouveau Monde, qui eux, en, effet, n'ont pas ni terroir ni histoire à vendre. Que du cépage. Et des prix attractifs. Alors, la guerre de l'étiquette aura-t-elle lieu? Il semble en tous cas qu'un créneau se dessine : concepteur d'étiquettes. Que l'on pourrait consulter... dans un catalogue.

 

(1) Dans un entretien d'une rare violence, sur lequel VINSURVIN reviendra ultérieurement, Alain-Dominique Perrin, magnat du luxe, propriétaire et fabricant (je vous laisse disserter sur l'horreur du terme) de "vin", acolyte de Michel Rolland (fabricant de "vin", à Bordeaux ; apôtre de Robert Parker...) déclare dans la Revue du Vin de France de ce mois-ci que 75% de l'humanité identifie le vin par cépage et que la ménagère [étrangère] ne connaît pas la Bourgogne mais Burgundy, et qu'en somme elle s'en fout de nos régions, pour faire (très) court. Ce qu'elle veut c'est du cépage. Pas de régionnalisme, pas d'identité, pas de culture. Lire entre les lignes que ce que veut l'industriel, c'est de l'argent, au détriment de sa propre culture. C'est vrai que le touriste étranger s'en fout de savoir si la Tour Eiffel est à Paris, du moment qu'il y monte. Idem pour les châteaux de la Loire qu'on démontera bientôt pour les remonter dans le sud, car il y fait meilleur et qu'on se fout qu'ils se trouvent à Chenonceau ou à Azay-le Rideaux, du moment qu'on peut les prendre en photo.

Représentation : Ceci N'est Pas Une Pomme de l'artiste surréaliste André Magritte.

11:55 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (5)

lundi, 25 février 2008

RADIO VINSURVIN

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- Chères auditrices, chers auditeurs de VINSURVIN, bonsoir! C'est avec un plaisir non dissimulé que je prends l'antenne ce soir. Je profite donc pleinement de cette tribune, tant que le droit m'est encore donné! En effet, la censure ambiante pourrait bien conduire les internautes parlant de vin (et donc d'alcool) à être interdits d'expression. Ils pourraient même être poursuivis, jugés, condamnés et jetés en prison pour publicité interdite. Alors, de la publicité pour du vin, je vais en faire! Je vais même vous dire de consommer du vin sans modération (mais de façon réfléchie!). Buvez du vin! Buvez du vin tous les jours! Oui, une fois par jour! Un verre par jour! Rien de meilleur pour la santé!

Le thème de l'émission est simple : le vin! Un conseil accord met/vin? Quel vin à l'apéritif? Une idée parcours touristique dans les vignes? Une idée lecture pour les vacances? Composez le 20 sur votre téléphone pour joindre notre standard, c'est Jean-Claude qui décrochera. Parlez un peu fort, il est sourd. Avant d'écouter notre premier auditeur, une page de publicité.

DONNEZ UN PEU DE GAIETE A VOTRE QUOTIDIEN. BUVEZ DU VIN DE FRANCE ET DE NAVARRE.

LE VIN, C'EST LA VIE.

TOUTE L'ANNEE, CONSOMMEZ DU VIN SANS MODERATION

(MAIS A PETITE DOSE,

faudrait pas qu'il en manque pour ce week-end).

De nouveau sur l'antenne de VINSURVIN FM. Bienvenue si vous nous rejoignez. Une première question au standard :

- Allo, bonsoir, quel est votre nom?! Et d'où nous appelez-vous?

- Oui, bonjour, ici, c'est Bernard, de Saint-Ouen dans le quiatre vin trèïze. Ma femme fait un tadjine ce week-iend, quiel vin me cionseillez-vous avec? Je pensais à un bordeaux supééérieur.

- Je n'irai pas par quatre chemin, mon cher Bernard : il vous faut un rosé du Languedoc. Par expérience, je vous conseille un Château des Estanilles de chez Michel Louison. Vous le trouverez chez Nicole Lhoste, de Côté Cépage, 96 rue Legendre, Paris 17. Et le bordeaux supérieur, gardez-le pour le bourguignon. Bonne journée, Bernard. Au revoir. ... Question suivante! Allo? A qui ai-je l'honneur? 

- Oui, bonjour VINSURVIN, (voix à la Amanda Lear), vous mé réconnaissez, c'est Fernando. J'organise une petite sauterie avec mes amis brésiliens et puerto-ricains de l'avenue de Clichy, genre un apéritif amélioré. Que me conseillez-vous?

- Alors, tout d'abord, Fernando, j'aimerais que vous cessiez de me suivre dans le quartier, ça commence à bien faire. Pour ce qui est de la petite fête à la brésilienne, je vous propose un apéritif dînatoâre. TOUT EST LA! Il n'y a plus qu'à se servir! Bonne soirée, Fernando. Et n'oubliez pas ce que je vous ai demandé...

- Merci, VINSURVIN! Pas de souci mon lapin, j'te laisse tranquille.

- Question suivante? Bonsoir, qui êtes-vous, d'où appelez-vous?

- Bonsoir, Kevin, 28 ans, et Fleur, 27 ans, Mairie de Montreuil, 93.

- Nous allons du côté de Tours pendant les vacances, un petit conseil "route des vins" (sur vin)?!

- Vous ne pouvez pas mieux tomber : c'est une excellente période pour se rendre au bord de ce superbe fleuve! ICI, votre parcours, avec, s'entend, les bonnes adresses de vignerons!

- (En coeur), Merci VINSURVIN!

- Prochain appel... Allo? Aaalloo?

- C'est ça, ouais, casse-toi, pauvre con! 

- Pardon?! Monsieur Sarkozy, on se calme... Un petit conseil courtoisie peut-être? (La main sur le micro : Jean-Claude, tu me débarrasses de ce fléau, merci.)

- Prochain auditeur?

- Allo?

- Allo, oui, bonjour, Monsieur...

- Madame...

- Euh, oh, pardon... j'aurais juré... votre question Mon, MAdame...

- Quelle est la différence entre le Pouilly Fuissé et le Pouilly Fumé?

- En fait, ils n'ont rien à voir : le Fuissé est fait en Bourgogne, dans le Mâconnais, avec le cépage chardonnay. Le Fumé est fait en Centre-Loire (près de Sancerre) avec du sauvignon. Pour plus de détail, rendez-vous ICI.

- Une dernière question et il sera déjà l'heure de quitter. Qui est à l'appareil?

- Bonjour, VINSURVIN! Un petit conseil lecture autour du vin pour que le voyage vers les Pyrénées soit moins long?

- Bonjour. En dehors de VINSURVIN, je ne vois pas! Notamment les nouvelles littéraires de VINSURVIN : l'idéal pour voyager!

- Merci! Au revoir!

- Au revoir, et bonnes vacances! Voilà, c'en est fini pour aujourd'hui. Avant de nous quitter : les rendez-vous et les dates à retenir sur VINSURVIN : du vendredi 29 février au 9 mars, ce sera best of sur VINSURVIN car votre humble serviteur sera en vancances. Le 11 mars : TUPPERWINE 4.0 ; modalités cette semaine sur VINSURVIN.

Chers auditeurs, chères auditrices, merci pour votre fidélité, et n'oubliez pas : a glass of wine a day keeps the doctor away! Bye! 

dimanche, 24 février 2008

Japanese Wine Bar Paris

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Il faut parfois savoir être bref.
Je le serai moins après avoir testé ce bar à vin! 
VINOS
29 rue d'Argenteuil
75001 Paris
Phone 01 42 97 52 43
Métro : Pyramides
PHOTO et INFO, Bertrand Celce.

samedi, 23 février 2008

Le vin sur Internet : c'est interdit.

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Alors que l'air du temps est à l'aseptisation mentale, à la lobotisation psycho-sociale et au dénigrement de notre propre culture, VINSURVIN s'intéresse aux secteurs qui subissent cette nouvelle vague. Avant, qui sait, de fermer ses portes pour publicité illégale sur Internet. Et discours impolitiquement correct.

Mes années stress. Il y eut mai 68. Ce vent de liberté qui souffla sur les Etats-Unis, l'Europe, l'Afrique... Il y eut les nons juvéniles à la guerre du Vietnam, les droits civiques, l'émancipation de la femme, la plage sous les pavés, les velléités d'indépendance des colons...  Et puis il y eut le milieu des années 1970 et l'inflation à 14%, la crise du pétrole, la sécheresse, Giscard... Je n'étais pas né en mai 68. Je suis né juste deux ans plus tard. Mon vent de liberté, je l'ai ressenti un mois de mai aussi. Le jour même de mon onzième anniversaire. La génération en question découvrit les radios libres, la fin de la peine capitale, les 39h00, la retraite à 60 ans, la chute du mur de Berlin... Vinrent les années 90, mes années stress, que je traversai le nez dans les livres, sur les bancs de la fac, à attendre les résultats de mes partiels. Dieu merci, les années 90, c'est aussi ma grande découverte du vin.  

Ne pas manger l'emballage. Et puis, il y eut février 2OO8 et l'interdiction de faire la promotion du vin sur Internet. Les années 2OOO, c'est un peu l'antipode des 60's. Les années 2OOO, c'est l'ère du poliquement correct. Une forme de puritanisme à la française qui s'exprime dans de très nombreux domaines et se traduit sous différentes formes. Le PC (lire pi-ci), véritable aseptisation socio-cuturelle, c'est l'obligation de préciser sur les paquets de cigarettes que le tabac tue, de mentionner qu'il ne faut pas ingurgiter l'emballage de la barquette de lasagnes, que consommer du vin en quantité déraisonnable peut nuire à la santé d'une maman et de son bébé. Par ailleurs, hors de question que la série télévisée Ugly Betty soit traduit par Betty la Moche, Betty le Boudin, Betty le Tromblon : on ne sait jamais, un collectif de blondes pourrait s'offusquer pour discrimination, car la tendance, Elle, est à la grande perche cosmopolitaine blonde. Cette prise en main permanante et infantilisante du consomamteur le lobotomise et le contraint à une baisse récurrente de sa vigilence et de sa réflexion. 

Purification lexicale. Dans le même esprit, il y a ces doublages de films ou de séries dont les gros mots sont banis : son of a bitch devient tête de turc (et encore, c'est limite, il ne faudrait pas froisser la communauté turque de France). Mother fucker? Enfoiré! Kiss my ass? Tu peux toujours rêver... : la purification lexicale est en marche. Ambitionne-t-elle la proprété phonique, la sérénité des saintes-ni-touche, l'amélioration du niveau de langue des plus faibles? Aucune idée. Les exemples de situations dans lesquelles, par seul souci de protection juridique, notre société se fourvoie de façon extrême et ridicule, sont pléthores.

Le vin, véritable fléau pour notre société. Aujourd'hui, le vin est victime de cette stérélisation socio-intellectuelle. La publicité pour le vin est une vraie galère pour nos producteurs car il est fini le temps où le vin faisait partie de la culture française. Mondialisation (c'est à dire européanisation et américanisation) oblige, le vin est devenu un produit comme les autres. Il est désormais classé au rang des paquets de lessives et des lave-linges. Par conséquent, il est soumis aux mêmes règles commerciales et juridiques que ces acolytes mercantiles. Pire, composé d'alcool, il est traité de la même façon qu'une vulgaire kronembourg ou qu'un ricard. Comprendre, le vin est un véritable danger pour la société française.

VINSURVIN, condamné à fermer boutique. Comme chacun sait, la publicité du vin est soumise à un cadre légal stricte, surtout depuis la loi Evin. Rappelons qu'elle est autorisée dans la presse écrite mais pas à la télé, ni sur Internet. Et c'est là que le bât blesse puisque, en faisant l'éloge (voire l'apologie) du vin (à travers des dégustations, par exemple), et sans mentionner systématiquement "à consommer avec modération" ou "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé", VINSURVIN pourrait se voir condamner à fermer. En décembre 2OO7, le Parisien s'est vu condamné pour avoir paru un article considéré comme faisant de la publicité pour l'alcool. Un article parlant d'alcool sur un ton positif peut donc être requalifié de "publicité". Ainsi, faire la promotion du vin sur Internet est désormais bel et bien interdit, surtout depuis une décision de la Cour d’Appel de Paris rendue le 13 février 2008.

A travers ces décisions, c'est la liberté d'expression sur Internet qui est en cause. Et la liberté d'expression tout court, en France. C'est pourquoi, pour que parler du vin reste un plaisir sans modération et sans restriction, je vous invite à signer la pétition que vous trouverez ICI, avec en prime, un topo très intéressant de Julien, de findawine.com.  En espérant que les années 2010 soient des années de sérénité, de discernement, et d'ouverture. De bouteilles de vin, cela va de soi!

 

mardi, 19 février 2008

Rock'n'Roll Saumur.

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Revenons à nos premiers amours. Revenons à l'essence même de ce blog : la vigne, le vigneron et le vin. C'est grâce à un (trop court) périple en Loire, début février, que VINSURVIN s'est penché sur la question du Saumur-Champigny, vin rarement abordé ici. Fort d'une modeste, mais jolie découverte, les envolées pastorales de VINSURVIN retrouvent enfin un peu de leur superbe. Surtout avec Interpol aux trousses.

Bon gars cherche travail dans les vignes. Ces derniers temps, je dois vous avouer qu'il a quand même fallu meubler un peu. En pleine période de vraie vie, appelée métro - boulot - dodo, pour certains, scooter / teenager / baby-sitter, pour votre serviteur, les escapades dans les vignes se sont faites rares. A ce sujet, si un(e) vigneron(ne) cherche un bon gars, travailleur et rigoureux pour travailler dans les vignes deux, trois jours la semaine prochaine, en échange du gîte, du couvert et de quelques bouteilles de sa production, je suis son homme. VINSURVIN se doit d'aller sur le terrain! Mince, c'est un véritable appel au travail au noir! Bon, alors, je me contenterai de regarder travailler les vignerons, pendant qu'équipé de mon laptop, je rendrai compte de mes expériences à mes lecteurs.

Perdu en conjoncture. Il fallait donc remédier à cette nouvelle manie de déguster du vin chez des cavistes, dans des salons ou des lobbies d'hôtels. Le dernier Interpol en (à) fond sonore dans la 207hdi de beau-papa (non tuningée), lunettes (imitations Ray Bans) sur le nez, fenêtre ouverte (ambiance Easy Rider), je conduis à vitesse modérée de Saint-Nicolas de Bourgeuil à Champigny, via Candes-Saint-Martin. Arrivé près de Saumur, je ne sais pas chez qui je vais me rendre. Je n'ai aucune adresse, aucune recommendation, j'erre au petit bonheur la chance. Il faut savoir laisser sa place au hasard lorsque l'on va déguster du vin au domaine. Il faut même ne pas hésiter à se perdre. Ce qui m'arrive à un moment puisque j'ai volontairement quitté la "route touristique" après avoir vu deux de ces petits panneaux qui ornent les bords des routes et vous indiquent la direction à suivre pour vous rendre chez un producteur. VINSURVIN n'hésite donc pas à prendre des risques pour vous conter la viticulture française. Il est dans les 15h30, je dois être à Angers pour 18h00, je suis dans les temps.

Instinct de guerrier. Perché sur une colline, prône fièrement le Domaine de la Bessière, de Thierry Dézé. Arrivé là-haut, on domine des hectares de terre : la vue panoramique est superbe. Des kilomètres de vigne à perte de vue. Un sahara de raisins en  devenir s'offre à mes yeux et je suis en son sommet, tel un empereur dominant fièrement son empire. Je saisis mon sabre, me vêtis de ma cape et enfourche mon cheval. Je vais aller m'aérer dans mes vignes et voir si ces manants du bordelais et de Californie ne sont pas entrain de faire des prélèvements de sève : le cabernet d'Anjou étant nettement supérieur à ce qu'on peut trouver en Gironde, il paraît que des gens mal intentionnés élèvent du vin en Loire et le font passer pour du bordeaux. Je n'aurai qu'à leur trancher la carotide et faire couler leur sang dans des bouteilles que mon messager se fera un plaisir de catapulter chez ces scélérats. Ahhhh! Je me sens un instinct de guerrier prêt à régner sur les terres du Duc d'Anjou, quand soudainement j'entends : "Hè, oh! Faut pas se garer là, ça gêne le passage." 

Un vin bon et soigné. Je retiendrai le Clos de la Croix 2006, cuvée la mieux aboutie à mon humble avis. Sur du calcaire et du gréseux, bénéficiant d'un microclimat, le vin présente une belle robe rubis. Le nez, légèrement alcooleux au repos, ne se joue pas de fioritures et nous emmène de suite vers une corbeille de fruits rouges de saison, prêts à se faire croquer. Les notes de fraise juteuse, de fraise des bois, de cassis rouge explosent au nez. Le deuxième nez est plus "terroir", sous-bois, humus. L'ensemble est harmonieux. Pas de déséquilibre notoire entre le nez et la bouche : on retrouve bien cette gourmandise de fruits rouges, relativement mûrs, réhaussée de notes végétales et épicées. La bouche est franche et fraîche aux tanins étonnement fondus pour 2006. La matière est dense et savoureuse. L'impression de boire un vin bon et soigné domine. A 5€ pièce, voilà un excellent rapport qualité/prix.

Une fois de plus, le hasard a bien fait les choses. Ce qui a quand même quelque chose d'étrange et de surréaliste. Enrichi de ma dégustation avec et chez l'artisan Thierry Dézé, je charge quelques cartons, allume le contact et glisse un cd d'Editors dans le mange-disque intégré. Mon pure-sang hdi piaffe d'excitation à l'idée de galoper dans ces contrées indomptables. Un léger coup de pied : direction Angers. En essayant de ne pas se perdre. Parce que là, ce serait plus rock'nroll, et moins pastoral.

lundi, 18 février 2008

Bio en bisbille.

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L'article de divine-comédie.com intitulé vins de Bourgogne : le bio peut-il devenir l'ennemi du bien? a suscité l'intérêt chez de nombreux lecteurs, à en croire les commentaires. Et c'est tant mieux.

L'auteur de ce blog n'est pas pro-bio. Je dirais même au contraire. Pas que la protection de l'environnement ne soit pas un leitmotiv chez VINSURVIN : l'arrivée en trombe du bio sur les marchés et les étales des grandes surfaces, sans compter les coopératives bio, il y a quelques années, a traduit une prise de conscience non négligeable et salvatrice pour la protection des sols et des consommateurs. De ce point de vue, l'entrée dans une nouvelle ère fut noble. Je ne vous ferai pas une thèse sur le sujet. Cependant, divers éléments me dérangèrent lors du boom du phénomène bio.

Le premier fut l'effet de mode indéniable. Au moment où le transgénique économico-industriel faisait lui son entrée en force dans notre quotidien, le bio apparaissait comme une recette, louable, mais un peu paillette, face aux dents longues des gros groupes agro-alimentaires. Des consommateurs écologiquement négligeants jusqu'à présent (tri des déchets baffoué, utilisation de la voiture à outrance, gaspillage ostentatoire de l'eau et de l'énergie) se découvraient soudainement une passion pour l'environnement. Il devenait de bon ton de le mentionner dans les dîners en ville. La révolution était plus culturelle, sociétale, tendance, que profondément écologique. Après les bobos, les bio-bios. Cela ferait un feu de paille.

Le second critère qui me fit tiquer concernait la nouvelle ségrégation qui venait s'instaurer entre les consommateurs : le bio s'adressait, et s'adresse toujours, à des gens ayant les moyens de se payer des légumes jusqu'à deux fois plus chers que d'autres. Je caricature peut-être un peu, mais, en somme, vous avez de l'argent, vous mangez non pollué. Vous êtes pauvre, à vous les nitrates. La recherche de la qualité est une chose que je défends, ce n'est pas le problème. Seulement, elle se fait trop souvent au détriment de la majorité. Economiquement, je vous laisse apprécier les écarts bio/non bio avec ce comparatif de Diane Mottez de linternaute.com

Produits

Marchand bio (Naturalia)
Supermarché en ligne (Ooshop)
Produit bio (logo AB))
Grande marque
Marque distributeur
Huile d'olive vierge extra 75cl
7.47 euros

5.83 euros

5.68 euros
(Maille)

3.7 euros

4 yaourts nature
(4 x 125 g)
1.6 euro
          1.31 euro             0.86 euro
         (Danone)

               0.65 euro

6 oeufs (calibre gros)
2.27 euros
2.20 euros
2.02 euros
(Loué)

1.19 euro

emmental rapé 100 g (45 % de mat. grasse) 1.82 euro 1.35 euro 1.1 euros
(Entremont)

0.9 euro

Camembert 250 g
(45 % de mat. grasse)
2.95 euros 2.03 euros
(pas de produit bio)
2.03 euros
(Rustique)
1.8 euro
2 steaks hachés frais 200 g
(5 % de mat. grasse)
3.95 euros 3 euros 2.17 euros
(Fleury Michon)
2.17 euros
(pas de marque distributeur)
Jus d'orange 1 L (100 % pur jus) 3.28 euros 2.27 euros 2.35 euros (Andros)

1.75 euro

Total
23,34 euros
17,99 euros
16,21 euros

12,16 euros

Note : Nous avons pris des produits tout à fait équivalents (poids, teneur en matière grasse...) En cas d'absence du produit correspondant, nous avons pris le produit de marque disponible. Sur la globalité de notre panier, la différence de prix entre le bio acheté dans un magasin spécialisé et des produits équivalents de marque distributeur est de 48 % !

Le troisième aspect qui me dérangea avec le bio était que, venant de Bretagne, je connais nombre de paysans ou de simples gens lambda qui vous vendent des poulets, des lapins ou des légumes d'une qualité irréprochables pour des sommes modiques. Pas de pulvérisations de produits, que du 1OO% naturel, des produits exceptionnels, non labellisés bio pour autant. Et ce malgré les épandanges peu regardant d'un certain nombre d'agriculteurs, dégradant considérablement la nappe phréatique et les bors de mer.

Côté vin, je ne prêche pas pour le bio. Les plus grands crus bordelais et bourguignons sont-ils issus de l'agriculture biologique? Pas à ma connaissance. Il m'arrive d'en goûter (du vin bio). Comme tout vin, parfois, un bio me plaît, parfois non. C'est aussi simple que cela. Par expérience, on reprochera à certains vins issus de l'agriculture biologique  de destabiliser l'amateur et de s'éloigner de ce que l'on attend d'un vin. Mais ce n'est pas une règle générale. Avec le vin, le bio se doit donc d'être très bien maîtrisé, car il peut révéler des goûts quelque peu... étranges. Certains des vins dont VINSURVIN parlent sont bio, mais je n'éprouve pas le besoin de le préciser. Beaucoup des vins abordés sur VINSURVIN sont issus d'une agriculture dite "raisonnée". Ce qui est le cas des "vignerons indépendants". Mais quelle est la valeur de ce type d'agriculture sur le terrain? Peut-être eux nous le diront.

Lorsque l'on discute avec les vignerons, ils abordent de plus en plus l'aspect écologique de leur métier : moins de souffre, de pulvérisations, une vigne un peu plus livrée à elle-même... Ne pas se leurrer, la motivation est également économique : les produits chimiques coûtent très chers. Alors, quand on peut s'en passer... Par ailleurs, un peu comme les poumons d'un ancien fumeur, lorsqu'un terroir a été saturé de produits chimiques des années durant, a-t-on idée du temps qu'il faut à la terre pour s'affranchir de ces saloperies? 

En substance, on ne peut que se féliciter de la volonté des agriculteurs et des vignerons de travailler dans le respect de l'environnement et de notre santé. Si le bio est strictement réglementé, l'agriculture dite "raisonnée" ne va pas dans le mauvais sens non plus. Enfin, on peut également espérer que, dans les rayonnages, les vins bio ne se trouvent pas plus bieaux que les autres.

 

dimanche, 17 février 2008

Vins de Bourgogne : le bio peut-il devenir l’ennemi du bien? (Par Divine Comédie.com)

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C’est une notion très à la mode mais dangereuse quand on y pense. Le bio est dans toutes les bouches mais peu savent en réalité ce qui se cache derrière cette grande notion pleine de vertu. À commencer par une clientèle anglo-saxonne qui ne jure que par ça. Sous-entendu, tout ce qui n’est pas bio n’est pas bon. C’est une erreur. Le bio est aujourd’hui une tendance complexe. Il y a ceux qui le sont sans l’être, ceux qui ont obtenu ou vont obtenir la certification (AB pour agriculture biologique) et ceux qui ont opté pour la biodynamie. Cela fait beaucoup pour le consommateur. 

Le bio est une évidemment une prise de conscience louable : produire en respectant le sol, la vigne et donc… le consommateur. Mais savez-vous que certains produits bio cachent volontiers les produits qui entrent dans sa composition ? Étrange. Le bio est en bonne voie mais tout n’est pas encore réglé. Nombre de viticulteurs se montrent aujourd’hui prudents. Il ne faut tout de même pas faire n’importe quoi sous la pression des journalistes et de certains clients qui n’ont jamais mis les pieds dans un vignoble.

Le bio est intéressant car il appelle la viticulture à repenser ses méthodes de travail mais n’est en aucun cas un gage de qualité : il y a d’ailleurs des producteurs qui s’affirment bio et qui ne le sont pas. Mais la tendance est intéressante, elle appelle au retour à une viticulture propre, le terme de viticulture raisonnée n’étant plus guère employé. La majorité des domaines a pris conscience qu’il valait mieux prévenir que guérir… Fini donc les pesticides vaporisés systématiquement pour éviter les maladies et autres agressions, le vigneron surveille et apporte des réponses adaptées aux diverses attaques qui surviennent sur sa vigne ; utilise l’herbe pour protéger ses parcelles, utilise à bon escient le cuivre. Certains vont même pulvériser du quartz pour renforcer la plante. Peu importe la méthode pourvu que les vins soient faits le plus naturellement du monde. Le bio n’est donc pas un label mais une philosophie. Les grands domaines font du bio sans le dire et ce n’est pas plus mal comme ça. L’essentiel est là : garantir aux consommateurs que le produit mis en bouteille a été fait en respect avec l’environnement. Cette notion paraît évidente aujourd’hui, pas besoin de logo pour cela.

Nota Bene : Cet article est tiré de www.divine-comedie.com, le site des vins de Bourgogne et leur univers. Créé par des professionnels de la communication (journalistes, éditeurs, graphistes et spécialistes de la vidéo), il offre un contenu éditorial adapté et à forte valeur ajoutée. Il s’adresse aux amateurs, qu’ils soient éclairés ou débutants. Divine-Comedie.com propose des reportages, des vidéos, des guides (domaines, restaurants, hôtels, chambres d’hôtes) et une partie pédagogique afin de mieux comprendre les bourgognes. Un site pour une fois 100% Made in Bourgogne.

(Photo Fotolia.com)

vendredi, 15 février 2008

Ma Laviniattitude tombe en désuétude.

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Après plusieurs années de bons et loyaux achats chez le géant du vin parisien, j'ai été soudainement pris d'une grosse crise de panique, hier soir. Tout à coup, perdu au milieu des côtes du rhône, des vins australiens et des vins chers, je me suis soudain senti anachronique, hors sujet. Je me suis demandé ce que je faisais (pour rester poli) dans ces Galeries Lafayette du vin. Moi le défenseur des petits viticulteurs et des petits cavistes, j'étais là, entrain de me fourvoyer. Lavinia, c'est fini? Pas nécessairement. Car le magasin de la Madeleine trouve essentiellement sa place sur le marché des (vins) étrangers et des vins spécifiques. 

J'étais entre Saint-Lazare et Opéra. Dans l'impasse. Car j'atteignais le dernier jour pour mener à bien la mission qui m'avait été confiée : acheter du vin pour l'anniversaire de mon ami X. X n'a rien d'érotique et encore moins de pornographique (malgré un physique avantageux), c'est juste qu'amateur de bons petits vins lui-même et défenseur du commerce de proximité, il lui est interdit de livrer ses confessions et d'exprimer ses convictions et opinions en public : il travaille pour un gros groupe de distribution dont le sens de la démocratie nous rappellent quelque peu le droit d'expression à la russe et à la chinoise. 

Pour un long apéritif dînatoire entre copains, Y (dont je dois taire l'identité et masquer le visage car la grande société pour laquelle elle travaille ne tolérerait pas que son nom soit associé à celui d'une femme qui consomme du vin, chose qui demeure encore très impolitiquement correct dans les hautes sphères de l'entreprise ; d'ailleurs, à ce sujet, un jour &#?%U$+°)M^#f***U --- COMMISSION DE CENSURE ETAT FRANCAIS / VOTRE QUOTA DE MEDISANCE EST ATTEINT) m'avait donc confié un budget de 90€ pour environ six bouteilles, soit 15€ par unité. For some reason, j'avais envie de mettre une touche exotique à cet anniversaire. Je téléphonai donc à Yasmina, Nu Ahn Wu et Katarina  me dirigeai donc vers le département des vins étrangers mais trouvai malheureusement porte close pour "réembellissement". Première déception. Certes, je trouverais bien quelques Ribeira del Duero, Pouilles et autres Mendoza au sous-sol, mais le choix serait plus restreint. L'amertume me gagna.

Lorsque j'accédai au rez-de-chaussé, le lieu me sembla froid. Les tons sont foncés, les lumières faibles (ce qui pour le vin n'est pas une mauvaise chose en soi mais cela crée une impression chlostrophobique) et le personnel absent.  Je commençai par la Bourgogne. En dehors d'un pinot noir (un peu maigre pour l'occasion), rien n'entrait dans mon budget. Un Auxey-Duresses aurait peut-être fait l'affaire, mais son prix était trop élevé. A ma grande surprise, j'étais très restreint pécuniairement : Languedoc, Rhône et Loire étaient à peine à ma portée. J'eus soudain souvenir d'avoir acheté de bons vins espagnols dans cette maison à partir de 7€! La France deviendrait-elle inabordable?! Pas en-dessous de 11,00€ pour un Chinon ou un Bourgeuil. Idem pour un Pic-Saint-Loup. A ce prix, pas mieux qu'un Côtes-du -Rhône, les Cairanne et Saint-Joseph ne m'inspirant pas confiance. Surtout en millésime 2006.

Si les prix sont donc rédhibitoires, on ne peut pas dire que l'amabilité et la prise d'initiative soient le fort de la maison. A la recherche d'un Anjou Village de Brissac, le monsieur-plongé-dans-ses-chiffres ne lève même pas la tête pour me répondre. Il me marmonne presque une réponse et ne cherche pas à me diriger vers un autre vin. Je demande à jeter un oeil sur les vins tenus au frais, comme le caviste, chaleureux et aimable comme une porte de prison. En caisse, le garçon prend le chaland de haut et daigne faire son paquet cadeau. Ce qui n'est pas le cas de ces étrangers à qui l'on déroule le tapis rouge.

En substance, l'autre soir, j'ai eu comme l'impression de faire mes courses chez Carrefour. Acceuil, conseil et considération, éléments essentiels pour moi, furent tout simplement négligés : je fus considérablement choqué par la médiocrité du service. La maison se positionne donc davantage sur les marchés de l'étranger-plein-de-dollars, du nouveau monde et des vins prestigieux. Ce qui laisse finalement beaucoup de place pour les autres : les petits cavistes qui vendent du bon vin sans estorquer le client. Avec le sourire en prime.

jeudi, 14 février 2008

Amateurs militants

 

 

AMATEURS MILITANTS

Première rencontre des Amateurs militants du vin à Paris, organisée par Philippe Barret !

La rencontre aura lieu dans une salle de dégustation privée sur le thème "Une bouteille coup de coeur" : les participants devront donc dénicher et apporter un flacon coup de coeur dans la droite ligne de la charte des AMV, et la partager avec les autres membres.

Participation : 10 euros/pers. pour le local (verres, carafes, vaisselle, etc) et 20 euros/pers. pour un repas sur le pouce mais de bons produits. Règlement sur place en arrivant.

IMPORTANT : le nombre de place étant limité, seules les 13 premières demandes d'inscription seront retenues (une liste d'attente de 4/5 pers. sera mise en place pour palier aux désistements éventuels).

http://www.oenoline.com/blog/index.php/post/2008/01/20/Et...

21:06 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (1)

La caviste de la semaine.

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Ne ressentez-vous jamais cette impression en entrant chez un caviste? La profusion de bouteilles a quelquechose d'intimidant, pour ne pas dire d'effrayant. Elles prônent sur leurs étagères, au garde à vous les unes à côté des autres et elles vous fixent du regard. Celles postées en haut sont les plus impressionnantes. A les regarder, on en aurait presque le tourni. Lorsque le magasin est vide et que le caviste est occupé à faire ses comptes ou à ranger ses bouteilles, elles semblent s'adresser à vous.

"Ne me prends pas, non seulement je suis trop chère pour toi, mais en plus, je suis bien trop subtile : tu ne me comprendrais pas.

"Moi, moi, moi! Achète-moi s'il te plaît! Il fait tellement chaud dans ce magasin. Et la lumière me fait tellement mal aux yeux. Regarde ma robe, elle est passée."

"Hè, bidule! T'as d'jà vu un magnum comme moi? Regarde-moi un peu le bidon! Et à l'intérieur, que du bon vin! Du charnu, du qu'a du goût de raisin, pas de chaussette!"

Et puis arrive le caviste. Le caviste, c'est une sorte de Père Noël. Mais parfois de Père Fouettard. Ou il vous sort un joli sourire, un joli conseil et une jolie bouteille. Ou il se traîne un migraine de la dégustation de la veille et se montre particulièrement impatient.

J'arrive de chez MA caviste locale. Elle se trouve 96 rue Legendre, dans le 17ème arrondissement de Paris. La rue Legendre fait le lien entre le 17ème populaire des Epinettes et le 17ème dit "bobo" des Batignoles. Nicole Lhoste, de Côté Cépage est loin d'être perdue dans le quartier et dans la variété pléthorique des vins français. "Je vends le vin que j'aime", ne cesse-t-elle de marteler. Nicole et moi aimons le même vin. Car je trouve chez elle des vins que je connais, et que j'ai dans ma cave. Car lorsque Nicole me conseille un vin, ça fait toujours mouche.

Le dernier conseil en date? Je sortais du traiteur italien quelques numéros plus bas (au 90, Premiata Drogheria Di Meglio). Nicole me dit : Avec ça? Domaine Sant' Armetu, un corse de Sartene. Tout bon. Superbe.

Ce soir, j'y suis retourné. Je voulais ce corse. Je l'ai trouvé puis Nicole m'a parlé du vin que ses copains et ses copines font. Dans  le Languedoc. Car, le Languedoc est la région de prédilection de Nicole. Et vu que je vénère cette région... Elle m'a parlé de ces vins, je l'ai écouté, j'ai bu ses paroles et suis resorti avec :

- Mon Corse. Sartene 2OO5 (Domaine Sant'Armettu),  de chez les Frères Seroin (9€).

- Triade, Domaine de Valensac (environ 9€), 2005, vin de pays d'Oc.

- Domaine Coston, Vin de Pays de Saint-Nicolas le Désert, 2005 (6€)

Alors, Mère Noël ou Mère Fouettard, Nicole? Réponse après dégustation des vins cités ci-dessus... Mais j'ai déjà une vague idée.

Côté Cépage, 96 rue Legendre, 75017 Paris. T. O1.4O.27.99.27 - 1O:3O-13hOO / 16:OO-2Oh3O.

Photo VINSURVIN, La Route de Navacelles, Hérault.

 
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