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mardi, 19 février 2008

Rock'n'Roll Saumur.

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Revenons à nos premiers amours. Revenons à l'essence même de ce blog : la vigne, le vigneron et le vin. C'est grâce à un (trop court) périple en Loire, début février, que VINSURVIN s'est penché sur la question du Saumur-Champigny, vin rarement abordé ici. Fort d'une modeste, mais jolie découverte, les envolées pastorales de VINSURVIN retrouvent enfin un peu de leur superbe. Surtout avec Interpol aux trousses.

Bon gars cherche travail dans les vignes. Ces derniers temps, je dois vous avouer qu'il a quand même fallu meubler un peu. En pleine période de vraie vie, appelée métro - boulot - dodo, pour certains, scooter / teenager / baby-sitter, pour votre serviteur, les escapades dans les vignes se sont faites rares. A ce sujet, si un(e) vigneron(ne) cherche un bon gars, travailleur et rigoureux pour travailler dans les vignes deux, trois jours la semaine prochaine, en échange du gîte, du couvert et de quelques bouteilles de sa production, je suis son homme. VINSURVIN se doit d'aller sur le terrain! Mince, c'est un véritable appel au travail au noir! Bon, alors, je me contenterai de regarder travailler les vignerons, pendant qu'équipé de mon laptop, je rendrai compte de mes expériences à mes lecteurs.

Perdu en conjoncture. Il fallait donc remédier à cette nouvelle manie de déguster du vin chez des cavistes, dans des salons ou des lobbies d'hôtels. Le dernier Interpol en (à) fond sonore dans la 207hdi de beau-papa (non tuningée), lunettes (imitations Ray Bans) sur le nez, fenêtre ouverte (ambiance Easy Rider), je conduis à vitesse modérée de Saint-Nicolas de Bourgeuil à Champigny, via Candes-Saint-Martin. Arrivé près de Saumur, je ne sais pas chez qui je vais me rendre. Je n'ai aucune adresse, aucune recommendation, j'erre au petit bonheur la chance. Il faut savoir laisser sa place au hasard lorsque l'on va déguster du vin au domaine. Il faut même ne pas hésiter à se perdre. Ce qui m'arrive à un moment puisque j'ai volontairement quitté la "route touristique" après avoir vu deux de ces petits panneaux qui ornent les bords des routes et vous indiquent la direction à suivre pour vous rendre chez un producteur. VINSURVIN n'hésite donc pas à prendre des risques pour vous conter la viticulture française. Il est dans les 15h30, je dois être à Angers pour 18h00, je suis dans les temps.

Instinct de guerrier. Perché sur une colline, prône fièrement le Domaine de la Bessière, de Thierry Dézé. Arrivé là-haut, on domine des hectares de terre : la vue panoramique est superbe. Des kilomètres de vigne à perte de vue. Un sahara de raisins en  devenir s'offre à mes yeux et je suis en son sommet, tel un empereur dominant fièrement son empire. Je saisis mon sabre, me vêtis de ma cape et enfourche mon cheval. Je vais aller m'aérer dans mes vignes et voir si ces manants du bordelais et de Californie ne sont pas entrain de faire des prélèvements de sève : le cabernet d'Anjou étant nettement supérieur à ce qu'on peut trouver en Gironde, il paraît que des gens mal intentionnés élèvent du vin en Loire et le font passer pour du bordeaux. Je n'aurai qu'à leur trancher la carotide et faire couler leur sang dans des bouteilles que mon messager se fera un plaisir de catapulter chez ces scélérats. Ahhhh! Je me sens un instinct de guerrier prêt à régner sur les terres du Duc d'Anjou, quand soudainement j'entends : "Hè, oh! Faut pas se garer là, ça gêne le passage." 

Un vin bon et soigné. Je retiendrai le Clos de la Croix 2006, cuvée la mieux aboutie à mon humble avis. Sur du calcaire et du gréseux, bénéficiant d'un microclimat, le vin présente une belle robe rubis. Le nez, légèrement alcooleux au repos, ne se joue pas de fioritures et nous emmène de suite vers une corbeille de fruits rouges de saison, prêts à se faire croquer. Les notes de fraise juteuse, de fraise des bois, de cassis rouge explosent au nez. Le deuxième nez est plus "terroir", sous-bois, humus. L'ensemble est harmonieux. Pas de déséquilibre notoire entre le nez et la bouche : on retrouve bien cette gourmandise de fruits rouges, relativement mûrs, réhaussée de notes végétales et épicées. La bouche est franche et fraîche aux tanins étonnement fondus pour 2006. La matière est dense et savoureuse. L'impression de boire un vin bon et soigné domine. A 5€ pièce, voilà un excellent rapport qualité/prix.

Une fois de plus, le hasard a bien fait les choses. Ce qui a quand même quelque chose d'étrange et de surréaliste. Enrichi de ma dégustation avec et chez l'artisan Thierry Dézé, je charge quelques cartons, allume le contact et glisse un cd d'Editors dans le mange-disque intégré. Mon pure-sang hdi piaffe d'excitation à l'idée de galoper dans ces contrées indomptables. Un léger coup de pied : direction Angers. En essayant de ne pas se perdre. Parce que là, ce serait plus rock'nroll, et moins pastoral.

Commentaires

A la prochaine virée il faudra certainement passer par le domaine des Roches neuves de Thierry Germain, à Varrains !

Écrit par : arnaud | mardi, 19 février 2008

Bonjour,
Je profite de cet excellent article pour passer une annonce auprès des cavistes qui veulent distribuer mes vins... tarifs sur demande....
Pour ceux qui veulent découvrir la région de Saumur:
www.producteurs-de-saumur-champigny.fr
ou
www.vigneron-independant.com
Cordialement.
Th. Dézé Passionnément vigneron

Écrit par : thierry dézé | mercredi, 20 février 2008

Thierry Germain c'est trop facile ! Un vrai guerrier doit batailler...

Écrit par : Baraou | vendredi, 22 février 2008

Les commentaires sont fermés.

 
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