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dimanche, 17 février 2008

Vins de Bourgogne : le bio peut-il devenir l’ennemi du bien? (Par Divine Comédie.com)

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C’est une notion très à la mode mais dangereuse quand on y pense. Le bio est dans toutes les bouches mais peu savent en réalité ce qui se cache derrière cette grande notion pleine de vertu. À commencer par une clientèle anglo-saxonne qui ne jure que par ça. Sous-entendu, tout ce qui n’est pas bio n’est pas bon. C’est une erreur. Le bio est aujourd’hui une tendance complexe. Il y a ceux qui le sont sans l’être, ceux qui ont obtenu ou vont obtenir la certification (AB pour agriculture biologique) et ceux qui ont opté pour la biodynamie. Cela fait beaucoup pour le consommateur. 

Le bio est une évidemment une prise de conscience louable : produire en respectant le sol, la vigne et donc… le consommateur. Mais savez-vous que certains produits bio cachent volontiers les produits qui entrent dans sa composition ? Étrange. Le bio est en bonne voie mais tout n’est pas encore réglé. Nombre de viticulteurs se montrent aujourd’hui prudents. Il ne faut tout de même pas faire n’importe quoi sous la pression des journalistes et de certains clients qui n’ont jamais mis les pieds dans un vignoble.

Le bio est intéressant car il appelle la viticulture à repenser ses méthodes de travail mais n’est en aucun cas un gage de qualité : il y a d’ailleurs des producteurs qui s’affirment bio et qui ne le sont pas. Mais la tendance est intéressante, elle appelle au retour à une viticulture propre, le terme de viticulture raisonnée n’étant plus guère employé. La majorité des domaines a pris conscience qu’il valait mieux prévenir que guérir… Fini donc les pesticides vaporisés systématiquement pour éviter les maladies et autres agressions, le vigneron surveille et apporte des réponses adaptées aux diverses attaques qui surviennent sur sa vigne ; utilise l’herbe pour protéger ses parcelles, utilise à bon escient le cuivre. Certains vont même pulvériser du quartz pour renforcer la plante. Peu importe la méthode pourvu que les vins soient faits le plus naturellement du monde. Le bio n’est donc pas un label mais une philosophie. Les grands domaines font du bio sans le dire et ce n’est pas plus mal comme ça. L’essentiel est là : garantir aux consommateurs que le produit mis en bouteille a été fait en respect avec l’environnement. Cette notion paraît évidente aujourd’hui, pas besoin de logo pour cela.

Nota Bene : Cet article est tiré de www.divine-comedie.com, le site des vins de Bourgogne et leur univers. Créé par des professionnels de la communication (journalistes, éditeurs, graphistes et spécialistes de la vidéo), il offre un contenu éditorial adapté et à forte valeur ajoutée. Il s’adresse aux amateurs, qu’ils soient éclairés ou débutants. Divine-Comedie.com propose des reportages, des vidéos, des guides (domaines, restaurants, hôtels, chambres d’hôtes) et une partie pédagogique afin de mieux comprendre les bourgognes. Un site pour une fois 100% Made in Bourgogne.

(Photo Fotolia.com)

Commentaires

Je ne trouve pas cet article très rigoureux. Contrairement à ce que ses auteurs veulent faire croire, ne peuvent prétendre faire du bio que ce qui se font certifier. Pour info, les personnes en bio-dynamie sont doublement contrôlées: d'abord pour le bio, puis pour le + bio-dynamique. Il y a des producteurs qui n'affichent pas forcément leur label sur l'étiquette et qui se font néanmoins certifier.

C'est trop facile de dire qu'on est dans la philosophie bio tout en refusant le contrôle: dès qu'on a un p'tit problème dans les vignes, on repasse à l'arsenal "chimique" et ni vu ni connu, je t'embrouille...

Lorsqu'on voit que la viticulture est le premier secteur consommateur de pesticides en France (et de loin), on a du mal à croire qu'une majorité des producteurs soient devenus "raisonnables"...

Écrit par : Eric B | dimanche, 17 février 2008

Pour l'alimentation et les boissons "bios" c'est comme avec l'essence sans plomb. Elle fut aussi un certain temps apprehende par les apparatchniks et les "Poliquement toujours Corrects" trop soucieux de ne pas prendre la vague trop vite. Mais technologie et tendance eurent vite raison de l'essence au plomb. A l'heure de l'Internet et du online a tous les coins de rue, les "trendys" ne se preoccupe pas du tout si tel ou tel vigneron se met a la page ou non. Ils sautent sur les nouvelles occasions bios et ne les lachent car ils sont bien mieux eduques que leurs ancetres.
De plus quand ils seront un peu mieux informes sur les 20, 25 ou parfois 30 pulverisations diverses par saisons et des nappes phreatiques surchargees de molecules plutot douteuses pour les bipedes, une biodiversite aussi riche que dans le desert de Gobi, ils ne manqueront surement pas de demander des comptes...
Et puis a l'heure Internet , les scandales vont beaucoup plus vites, font beaucoup de degats et on ne peut pas les "gommer" de la toile... Ces nouvelles attitudes sont difficiles a detecter et a contrecarrer. Les conseils en communication en bavent bien plus souvent qu'ils veulent l'admettre. Les pertes de goodwill sont rapidement enormes en cas de crise aigue. Dans le secteur des boissons de luxe, ce poste est loin d'etre negligeable dans les balances.

Il est donc bizarre que l'article affirme que de grands domaines font du bio - sans le dire - Ce n'est pas nouveau et il existe toute une panoplie intermediaire entre le tout chimique et le tout bio. Malheureusement les grands domaines qui n'osent pas faire se faire certifies ne font que saboter leurs propres fonds par manque de comprehension de l'evolution des marches. Ils ont alors surtout besoin de prendre une dizaine de jours a l'air libre et d'aller voir et entendre ce que les clients demandent sur les marches.

Les producteurs du soit-disant "Nouveau-Monde" l'on deja bien compris et offrent deja des vins bio rouge en cubitainer de trois litres (cela se conserve mieux qu'en bouteille parce qu'il n'ya tout simplement jamais d'air qui rentre...) aux consommateurs nordiques.

Écrit par : closdumesnil | dimanche, 17 février 2008

Moi non plus, je ne trouve pas cet article très rigoureux : il est plutôt "très à la mode mais dangereux quand on y pense"... Des viticulteurs se donnent du mal pour respecter un cahier des charges très strict leur permettant de pouvoir afficher le logo AB sur leurs bouteilles, alors, non, même si la mode est aux vins "naturels", aux vins "non trafiqués", il faut bien distinguer le grain de l'ivraie : c'est comme l'agriculture raisonnée et l'agriculture bio, seul le label permet d'être sûr que le produit est bio.
Et ce n'est pas pour autant que tout ce qui est bio est bon, mais au moins, on sait en achetant un produit bio qu'on n'ingurgite pas de saloperies.

Écrit par : Nath | lundi, 18 février 2008

Il en est du label bio comme de tout ce qui a une vocation commerciale, cela draine du bon et du moins bon. Il faut bien se renseigner et rester sur ses gardes.

Il est vrai que des producteurs se saignent pour respecter le cahier des charges et prétendre au logo AB. Hélas tous les producteurs bio ne peuvent prétendre à avoir le dit label car il coûte fort cher à obtenir. Ainsi des petits producteurs locaux font parfois des produits tout à fait bio et sains sans être estampillé AB et c'est bien dommage.

Les consommateurs doivent devenir des consom'acteurs, qui s'informent sur les produits ! Même si le label est indispensable il ne doit être démocratisés. Dans un pays d'agriculture millénaire comme la France, il est lamentable que 70 % du bio soit importé de l'étranger !

Écrit par : MC | lundi, 18 février 2008

Cet article n'est pas tres rigoureux, mais je ne pense que son but le fusse. L'idee est plutot de vous faire reflechir a la notion de "Bio". Il y a de fortes chancces que vous vous contentiez de reflechir sur la nature du raisin, de sa culture. Et le reste ???
Que ce passe t'il en cuverie ? Nettoie t'on tout le materiel avec des produits "bio" ?
Nettoie t'on les bouteilles avant embouteillage avec des produits "Bio" ?
Si nous parlons de Bio parlaons en sur toute la chaine de production. J'ai travailler dans une cuverie en Afrique du Sud, sur l'un des plus beau domaine de la Vallee de Constance. Toute la cuverie etait nettoyee a l'eau d'ozone tout les soirs. En est il pareil en France ? Loin de la, je peux vous le dire.
Alors bio veut dire quoi au fond ???
L'agriculture est le secteur qui utilise le plus de pesticides et d'engrais, pas la viticulture. Faut pas tout melanger.
La Bourgogne a su garder une bonne partie de ses producteurs, en lutte raisonnée, ce qui n'est pas le cas partout. Certains domaines font du bio, de la bio dynamie depuis 25 ans, et vous ne le savez pas. La certification ???
Elle ne vous apporte qu'une pseudo certitude, ete l'auteur de l'article a raison. Plonge vous un peu plus assidument dans les nomenclatures et compositions de certains produits "bio" pour la viticulture. Le resultat vous surprendra surement.
Ne concluez jamais sans avoir goute, examiner, creuse un probleme.
La mode est plutot au "sans souffre", alors que quasiment aucun consommateur ne sait que le souffre est present de maniere naturel dans le raisin.
Alors s'il faut aussi parle de Bio, on va rigoler.
Pour finir, le domaine de Bourgogne le plus connu au monde est en bio dynamie depuis pres de 30 ans. C'est marque nul part, il ne communique pas dessus, et pourtant c'est ainsi.
Et c'est absolument bon.

Pour finir, sachez que les nouvelles directives europeenes vont tuer le bio, le raisonne, car elle s vont obliges les viticulteurs a de nouvelles regles.
Le final, il ce peut qu'une tres grande quantite de vins se retrouvent declasses en vin de pays. N'ayant pas suivi les regles. Alors qui a tort qui a raison ?
Il faut etre dans le milieu pour mieux y comprendre quelques choses. De loin on ne distingue que les formes, pas le fond.
A bon entendeur. Bonne degustation.
Et suivez votre palais, pas l'etiquette. C'est vous le juge en dernier recours.

Écrit par : alex | mardi, 19 février 2008

Hé bien, que de commentaires sur ce sujet... Je souhaite rétablir certaines vérités sur la chose et aussi tordre le cou à certaines rumeurs que j'entends encore trop souvent.
Pour ce qui est du coût de la certification AB et pour répondre à MC, il n'est pas aussi important que l'on pourrait le penser d'une part (une centaine d'€ à l'hectare et par an), et il peut être assez souvent pris en charge partiellement ou totalement par les groupements d'agriculteurs bioloques, les GAB, réunis par département).
Et pour répondre à Alex, ce fameux domaine bourguignon le plus connu au monde qui est la Romanée Conti, travaille en agriculture biologique, et non pas en biodynamie. Mais ça, il faut être dan le milieu pour le savoir ;-)

Toujours pour Alex, quelques chiffres de l'Agence Bio font parfaitement la distinction entre agriculture et viticulture lorsqu'il s'agit de faire le jour sur les proportions de pesticides employées. Le résultat est confondant, confirmant les propos d'Eric B, car la moitié des 75000 tonnes de pesticides répandus sur nos terres chaque année (nous sommes le second consommateur mondial après les US) l'est sur les vignes, alors que ces dernières ne représentent qu'un petit dixième des surfaces cultivées... Globalement, nous sommes donc en théorie le pays qui produit les raisins les plus pollués (pour rester poli).

Pour ce qui est de mon simple point de vue de professionnel de la filière, je pense qu'il faut distinguer d'une part les nuisances environnementales et sanitaires dont les pesticides en tous genres sont responsables (en grand nombre hélas, et fréquentes sont les études en cours qui ne bénéficient d'aucun financement public, cherchez l'erreur), et les pratiques vinicoles qui consistent à tenter de prolonger cette démarche au chai. Et le talon d'achille de la filière bio viti-vinicole se situe en ce point précis. Il n'existe en effet pour le moment aucun cahier des charges officiel permettant d'encadrer la vinification bio. En revanche, des chartes privées existent et se substituent parfaitement au problèmes (Nature et Progrès, Fnivab, Demeter et Biodyvin), allant même jusqu'à solliciter Ecocert, l'un des 5 organismes de contrôle dépêché par le ministère de l'Agriculture, pour effectuer les contrôles. La menace européenne s'est quant à elle déjà exercée, puisqu'on observe que le lobby chimique appuie d'autant plus sur la tête des pesticides qu'il est persuadé que les OGM qu'il produit à tour de bras compenseront leur déclin programmé. Pour preuve le futur cahier des charges européen en vinification AB autorise déjà ces fameux OGM, d'abord sous forme de levures, mais quid des essais actuellement en cours aux Pays-Bas sur les vignes génétiquement modifiées?

Alors que l'on sait déjà que les "prédateurs" de la vigne s'adaptent plus rapidement que les chercheurs peu consciencieux et/ou manipulés par l'argent, il est urgent de se rappeler que le vin n'est pas un produit industriel qui peut s'affranchir de son lieu de production ou de la personnalité de celui qui le produit. Sans quoi, le coca cola sera bientôt alcoolisé et produit à partir de raisin. Je rappelle à cet effet les propos de Raymond Dumay qui disait en substance que la civilisation est née avec les boissons fermentées et que leur disparition n'est qu'un signe avant-coureur de la nôtre.

Écrit par : Laurent | mercredi, 20 février 2008

Tout a fait d'accord avec Laurent.
Désolé de ne pas plus argumenter ma reponse mais apres 3 jours de salons de vins natures en marge de Vinisud... Je suis comment dire... un petit peu fatigué :-)
Mais sans mal de tête, c'est l'effet magique des vins natures non souffrés (ou tres peu); quoique leur digestion est parfois problematique.

Écrit par : C-Drick | mercredi, 20 février 2008

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