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samedi, 07 juin 2008

Lya du bon vin chez mon caviste.

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Parce qu'à Paris on trouve ce qui se fait de mieux et ce qui se fait de pire, pas de raison que le monde des cavistes échappe à la règle. Quand on ne maîtrise pas trop les vins de France et de Navarre, et encore moins ceux de l'étranger, le parisien lambda se réfugie souvent chez un caviste connu, comme celui portant le même prénom que notre président. Entre gens n'y connaissant pas grand chose en vin, on se comprend. Pour les autres, mais aussi pour la catégorie précédemment citée, il y a nos chers cavistes indépendants, qui, en règle générale, ont le chic de nous faire découvrir des vins sortis de nulle part. Parmi les préférés de VINSURVIN, il y a CAVE LYA, aux Abbesses.   

On aurait pu également intituler cette rubrique "j'ai du bon tabac dans ma tabatière" ou, plus probant, "j'ai du très bon vin chez mon p'tit caviste." Parce qu'il faut rendre à César ce qui appartient à César : ces deux flacons dégustés un week-end de janvier dernier, et le plaisir énorme qui en découla, furent glanés chez Fabrice, Cave Lya, Paris XVIII. Ce qui démontre la maîtrise du maître des lieux dans son domaine.

Ouverte en premier avec un apéritif dînatoire (copa corse, cake salé maison, homous / pain libannais, palette de légumes crus en dipping, etc...) : un FAUGERES 2005 de chez Alain Ollier, du Domaine Taillefer. Mon acolyte Christophe (alias Sancho Panza de las Gonnesses), présent pour l'occasion, a le délicat souvenir de me rappeler que nous faillîmes goûter leur vin en 2006 lors de notre périple héraultais. Mais nous avions opté pour le (délicieux) Domaine de Valambelle et pour le (superbe) Domaine des Estanilles, de M. Louison, à la place. Next time...

La robe de ce faugères est sombre et profonde. Dès l'ouverture, le nez est exubérant de notes de garigues, de tabac et de cuir, pour laisser place ensuite aux fruits noirs. C'est drôle car Christophe ressent d'abord le fruit, puis les notes que je décrivais en premier lieu! Les sens de chacun ne détectent pas les mêmes arômes au même moment, où est-ce notre sensibilité, guidée par notre instinct, notre expérience de la vie, nos simples inclinations, qui déterminent nos premières impressions? Mystère.

La bouche est ample, presque charnue, oncteuse et grasse. Presque compotée, elle offre une jolie complexité, celle qui nous fait toujours dire "si, si, il y a un truc, mais, attends, je n'arrive pas à le définir...". Certains appellent ça l'ignorance! Ca doit être ça... On savait 2005 une année exceptionnelle sur le territoire, mais parvenir à un tel équilibre et une telle maturité (avec seulement 12,5% d'alcool), après si peu de temps de bouteilles, nous le confirme. Et prouve assurément la grande maîtrise des hommes et des femmes derrière ce vin. Bravo! Les Collines d'Alain Ollier retiennent donc toute notre attention. Parisiens : accourez Cave Lya pour vous en procurer. Autour des 7€, voilà un excellent rapport qualité-prix.

Vient ensuite le Château des Légendes, un Terrasses du Larzac 2005 (appellation trompeuse, ces vins n'étant pas faits à Millau, mais en Côteau du languedoc), de chez Christophe Fontaine. Le nez est plus floral, plus aérien, plus subtil peut-être. La bouche est assez légère à l'ouverture, sur une jolie palette de fruits noirs avant de nous guider vers des notes plus herbacées, plus épicées. Une jolie finesse, de l'élégance. Quelle maîtrise ici encore. Il m'en faudrait deux cartons! Autour des 9€ pièce, ça les vaut largement. Rendez-vous Cave Lya pour s'en procurer.

Ces deux vins sont, une fois de plus (et il suffit de les goûter ou de cliquer sur Les Vins du Languedoc pour s'en rendre compte) de fantastiques preuves que le Languedoc est bel et bien en pleine révolution. Finie l'image de ces vins de table destinés aux clochards ou à la cuisine, bonjour les VDP de grande qualité. Au prix d'énormes sacrifices, de peines et de souffrances, les languedociens ont su prendre le taureau par les cornes. A tel point que cette région qui était sur le point de recevoir le coup de grâce il y a encore peu de temps se pare aujourd'hui d'un somptueux habit de lumière. 

CAVE LYA, 64 rue d'Orsel - 75018 Paris / Tél : 01.42.52.53.76

Lire par ailleurs : Côté Cépage / Sol & Mio

Commentaires

Oh! mais il a le telephone maintenant le caviste Lya :-)
C'est pas trop tot :-)

Écrit par : Cedric | lundi, 07 janvier 2008

Moi je dis attention, cet individu est dangereux. Au début, on n'y fait pas attention, bien sûr : ça commence toujours comme ça, en douceur. Alors voilà, on marche sur la toile, on se promène, on ne se méfie pas.

C'est là, que ça commence, sur son blog. On est entré par hasard, on n'en sortira plus. La toile s'est refermée.

Les mots étaient jolis, les trouvailles abondantes, le style alerte. Le bonhomme devait être sympathique. Forcément. Quelqu'un qui aime le vin et en parle ainsi ne peut pas être mauvais, s'efforce-t-on de penser encore.

Rien de grave, de prime abord. On se rend chez un caviste, avec des inconnus. C'est ce qu'on nous a dit. C'est ce qu'on croit.

Le piège se referme. Des vins du Languedoc qu'on imaginait connaître se révèlent ensorcelants. Le caviste se dévoile, sous Lya c'est déjà Bacchus qui perce. C'est un complice, qui fait miroiter, respirer, goûter des trésors inspirés.

Les innocents participants, inquiets, sentent déjà des sentiments d'amitié se tisser. C'est fini. Ils n'en réchapperont plus.

Pire, le maître de cérémonie, poussant le bouchon encore plus loin, réunit ses nouveaux disciples dans un autre temple de l'art de boire, l'Hardi vin. Quelques uns des meilleurs vins corses sont là aussi, au cas où j'aurais imaginé en réchapper...

Et pour être parfaitement sûr que nul ne soit en mesure de se soustraire à son emprise, Fabrice s'est adjoint les services du plus magnifique ambassadeur de Chablis.

Oui, Fabrice Le Glatin est décidément un homme dangereux.

;-)

FB

PS : mille mercis à tous, aux nobles maisons Berenas et Defaix, et aux si accueillants cavistes Lya et Hardi vin ! Que tout Tupperwiner sache vous rendre les hommages mérités...

PS 2 : FLG = Front de Libération du Goût ?

Écrit par : Fab 20 | mercredi, 09 janvier 2008

Mes arrières grans parents possédaient pas mal de vignes dans le sud de la France au début du siecle , mais un jour ils ont du tout vendre à l'état pour une bouchée de pain , à l'époque il s'agissait de favoriser le vin d'Algérie je crois , quand on sait ce que c'est devenu ça fait mal...

Bref c'était pour la petite histoire mais pour revenir au sujet je confirme qu'il y a ceux qui savent faire "du bon vin " avec plus ou moins de fortune financiere et ceux qui ne font "que du vin " et de l'argent .... Je ne suis pas un spécialiste mais un simple et modeste consommateur de vin (car c'est trés bon pour la santé et le moral pour peu que l'on n'en abuse pas et comment déguster notre cuisine Française ou un fromage sans vin ?) et j'ai la prétention de dire que je préfere un vin du Languedoc ou d'ailleurs bien fait à 6 ou 8 euros qu'un sois disant "grand cru piquette" pour le meme prix !
Il devrait y avoir une règle pour les subventions (si ça existe encore ?) un résultat qualité obligatoire ! Car je suis certain qu'il est possible de faire du bon vin quelle que soit la région ! Il suffit d'y croire et d'aimer son métier ?
Je n'ai pas de grands moyens et pourtant je bois du trés bon vin sans dépenser des fortunes ! Mais les étrangers ...aprés avoir bu un mauvais grand cru (cher pour cause d'investissement publicitaire ) ils oublient nos trés bons vins et passent à autre chose !!!
Ce que je regrette c'est de ne pas pouvoir chercher moi meme (question de distance et de temps ) tous les trésors des petits producteurs ! D'ailleurs existe t il un document qui indique les lieux de vente (magasins , grandes surfaces ou autres à proximité des grandes villes ? ou trouver ces bons produits ?

Une petite anecdote , un jour sur les Champs élysées j'ai croisé un client hollandais qui venait de faire ses courses de vin dans la derniere grande surface de ce quartier avant de s'en retourner chez lui en Hollande , dans son coffre il alignait 30 bouteilles de "vieux pape " (attention je n'ai rien contre le vieux pape ) , je lui ai demandé pourquoi il ne prenait que ce vin , en france il y a des dizaines de vins différents ? Il m'a répondu " pendant mes 15 jours de vacances j'ai tout gouté (et de m'énumérer les grands crus trouvés dans différents magasins ) pour lui le meilleur c'était celui là .Cela se passait il y a 25 ans au moins , maintenant ça a du changer ?

Écrit par : jp | mercredi, 09 janvier 2008

Les commentaires sont fermés.

 
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