Avertir le modérateur

mercredi, 28 novembre 2007

Bérénas : pas de cigales mais un régal!

585ee48be196c2360922bfecf0b2a211.jpg

Christophe Tison, du domaine Bérénas (Hérault, Languedoc), présentait hier soir sa collection 2006 au restaurant « Les Nouailles », voisin de l’hôtel Saint-James et Albany, à deux pas du marché Saint-Honoré, dans le 1er arrondissement. Loin des cigales et de la garrigue, dans un cadre un peu fastueux, au milieu de gens apprêtés, l’accueil extrêmement chaleureux et surtout la qualité du vin surent finalement prendre l’ascendant.

Lorsque, pour déguster un vin de pays languedocien, l’on pénètre dans le bar du restaurant « Les Nouailles » -lumières tamisées, piano en fond sonore et coupes sirotées - puis dans la somptueuse salle aux hauts plafonds, on se demande un peu à quelle sauce on va être mangé, ou bu, dans le cas présent. Sur des tables dressées, le vin trempe dans des sceaux à champagne, les canapés et les miniatures se font pléthore : un véritable banquet attend le dégustateur. On est loin de Clermont l’Hérault, de sa place bordée de cafés ou descendent chaque année, leurs camionnettes saturées de cartons de six, les vignerons de la région. D’ailleurs, si ce n’est ce diaporama PowerPoint où défilent des vues du domaine et le Colline d’Oc, rien ne rappelle le Languedoc.     

La jeune quarantaine, la barbe naissante et le sourire jovial, Christophe Tison semble fier et heureux de présenter son vin, élaboré en culture raisonnée. Ce petit fils de vigneron champenois, revenu des affaires, est à la tête du domaine depuis trois années, après que l’ancien richissime propriétaire australien ait réalisé l’ampleur du travail de vigneron et ne s’en retourne voguer les mers et les océans.

Collines d’Oc 2005, assemblage osé de sauvignon blanc (60%) et de chardonnay (40%) présente d’entrée son atout principal : un nez élégant, vif et gourmand, présentant une palette de petits fruits blancs et rouges assez incomparables : un véritable gaspacho de fruits estivaux (pèche, fraise des bois, citron vert). Un bouquet de fleurs blanches enveloppe harmonieusement le tout avant que ne se dévoilent des notes plus typiques de la région, notamment un poivré, subtil mais assidu. Cette analyse ne saurait être complète sans aborder la limpidité et la brillance aux reflets dorés de Collines d’Oc (que j’ai pris pour Collin Dock au départ !). Je trouve ce vin délicat, élégant, et c’est le mot « moderne » qui me vient également à l’esprit - pour la première fois depuis que je goûte du vin. Un malheur à l’apéro. Et à 6€ pièce : un excellent rapport qualité / prix.

L’Impatiens 2005 (85% de chardonnay, 10 de viognier, 5 de sauvignon), d’abord présenté en bouteille de 75cl, exhibe un premier nez un peu boisé mais, chose assez étrange, ce sont les cépages mineurs qui parviennent à s’extirper de la dominante bourguignonne, cépage capricieux s’il en est ! Un délicieux mélange de mangue et de citron vert parfume notre bouche. C’est le blanc le plus languedocien, peut-être le plus complexe aussi ; il nous emmène vers la garrigue, l’olive, le thym. Présenté ensuite en magnum, l’Impatiens démontre alors tout son potentiel : une jolie chaire (on le mâcherait), du gras, des notes de brioche. De très bons moments en perspective, sur des viandes blanches ou des poissons en sauce, pour qui sera être patient. 

L’Iris 2005, dominante de viognier (80%), complété par du chardonnay (10%) et du sauvignon blanc (10%) n’offre pas de façon si prévisible le nez exotique qu’on lui connaît intrinsèquement. Non, son nez est plus réservé, plus modéré. Il nous emmène d’abord sur des notes de fruits blancs et d’eucalyptus. L’attaque est franche. Le vin est bien équilibré entre rondeur et vivacité, fruits mûrs et agrume. Un vin assurément soigné et typé.

Il me faudra goûter les rouges à nouveau afin d’être plus précis dans mon « analyse ». Cependant, je me souviens de l’Impatiens, au nez bordelais mais à la personnalité clairement languedocienne. Il présente déjà des notes animales et épicées et évoluera vers le cuir et la torréfaction, comme me le confirma Eric Daguenet, directeur commercial de la maison. J’ai souvenir de ce Collines d’Oc (6€ pièce), plus typique du Languedoc, comme on les rencontre vers Faugères ou Saint-Chinian. Du fruit noir, de l’épice, des tanins puissants mais, somme toute, fondus. Et enfin, certainement mon préféré, l’Iris. Sa couleur est sombre et intense, le nez riche et concentré. Conçu à partir de syrah (80%) et de petit verdot (20%), il présente des notes de fruits noirs ainsi que de cuir et de pinède. La syrah est un cépage vif, puissant, épicé, qui demande une grande maîtrise et on est surpris de voir comment le verdot (cépage presque tombé en désuétude) semble encercler et canaliser cette syrah pour la rendre tendre, souple et gracieuse. C’est assez édifiant. Personnellement, dans ce contexte, à l’issu des dégustations décrites ci-dessus, et pas systématiquement recrachées il faut bien le dire, je suis conquis.

Ma vraie découverte, et mon amour, des vins du Languedoc s’est faite lors d’une dégustation impromptue, un jour d’été 2004. Un petit flyer posé sur la voiture entre l’essuie-glace et le pare-brise invitait le conducteur du véhicule (et sa famille) à se rendre dans un mas perdu au milieu des vignes du côté de Saint-André de Sangonis, au sud d’Aniane. Je découvris ce jour un vin de pays, 100% sauvignon blanc, qui me sidéra littéralement, puis un assemblage de grenache, de carignan et de mourvèdre qui me rendit extatique. Je ne venais pas d’inventer le fil à couper le beurre mais je compris qu’il fallait absolument faire plus ample connaissance avec les vins de cette région.

Si des dégustations (comme celle du domaine Bérénas), dans l’environnement que l’on connaît, se déroulent à cent lieus des ambiances irremplaçables que l’on vit dans le terroir, elle permettent néanmoins de se donner une idée relativement précise de ce que l’on a dans le verre. Elles ont également le mérite de nous signifier qu’un passage au domaine en question ne serait pas futile.  

Enfin, les lecteurs et les lectrices de VINSURVIN les plus chanceux et les plus chanceuses auront vraisemblablement tout le loisir de goûter les vins du domaine Bérénas incessamment sous peu puisqu’il semble que Christophe Tison et Eric Daguenet aient été séduits par l’histoire de VINSURVIN et par le concept Tupperwine, d’autant plus que, malgré la présence de leur vin dans de très belles tables parisiennes, leur leitmotiv reste sa distribution auprès des particuliers. Avis aux amateurs !

Les tarifs : CLICK ICI.

Où trouver ce vin? CLICK ICI.


 

lundi, 26 novembre 2007

J'étais dans le Salon.

e87f7f0781a450763ee181d2cca2b2a4.jpeg

En entrant dans ce hall du parc des expositions de la Porte de Versailles, où se déroulait tout ce week-end le salon des vignerons indépendants, rendez-vous des amateurs de vins de France et de Navarre, on ne pouvait que se réjouir du succès de cette foire au vu de l’affluence, considérable. Si les dégustations se déroulent dans des conditions relativement exécrables (pour le vigneron, le chaland et le vin), ce salon n’en demeure pas moins une véritable vitrine de la variété et de la complexité du terroir français, permettant aux amateurs de faire de belles découvertes, mais aussi de belles affaires. Les producteurs, eux, ne sont pas en reste non plus puisque l’œnophile ne semble pas s’esbroufer devant des tarifs parfois dispendieux. Ce qui nous fait nous interroger sur les véritables fondements de cette crise du vin.

A l’entrée du parc, on dirait le chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens. Alors que pénètrent des hordes de dégustateurs qu’on devine en herbe ou plus pointus, une bande de potes aux airs réjouis quittent le domaine en tirant leurs chariots bien remplis de cartons estampillés Côte du Rhône, Val de Loire et autres Champagne. Un couple de retraités foulent les pavés affublés de sacs bien remplis. Les uns conserveront certainement leur vin quand les autres l’ouvriront dès ce week-end. Tout le monde semble y avoir trouvé son compte.

La géographie du site me fait faire ma première halte chez Philippe Girard , propriétaire-récoltant à Savigny-lès-Beaune (Côte de Beaune, Bourgogne). Je commence par un Pernand-Vergellesses, blanc, Les Belles Filles, et je tombe immédiatement sous le charme : la robe de ce chardonnay est d’une brillance extraordinaire ; nous nous éclipsons sous une pluie de fleurs blanches et d’épices douces : je l’emmène dans mon palais. Après le Savigny-lès-Beaume, je suis amoureux. Ma décence me prive d’en dire davantage. Je remplis mon chèque, m’en vais le cœur léger et le nez empli d’acacia. J’ai peut-être mis la barre un peu haute pour commencer. Effectivement, désireux de goûter des vins de l’Auxerrois, je m’arrête au domaine Sorin-Coquard de Saint-Bris-le-Vineux (Auxerrois, Bourgogne). Et là, c’est le drame. Chardonnay et sauvignon blancs me laissent perplexes, pour faire court, et le cépage césar, sorte d’assemblage de côteau du giennois en fin de vie et saint-pourçain agonisant nous confirme que Rome n’est plus une puissance depuis des lustres. " Ca vous plaît ? " me surprend le mari de la sympathique dame qui me sert. Je bafouille un " heu, oui, enfin, non, enfin, j’veux dire, c’est pas pareil que… " A ces mots, l’homme reprend sa conversation avec mon voisin. Il a compris. Je salue la dame et quitte les lieus, passablement éhonté.

VINSURVIN oblige, je m’empresse d’aller saluer et remercier les vignerons présents qui participent au Tupperwine, sans savoir que de jolies surprises m’y attendent. Vincent Laroche du domaine de la Meulière (Chablis, Bourgogne) me fait passer derrière le stand. " Bon alors, qu’est-ce qu’il te faut ? " me demande-t-il en traînant sur le dernier " o " de " faut ", caractéristique de l’accent bourguignon. Vincent me parle un peu de 2007, me conseille de garder mes Vaucoupin 1er crus 2001 et, tout en me faisant déguster ses nouveautés, se propose de monter à Paris en janvier pour animer un Tupperwine, " avec quelques bouteilles un peu spéciales en prime, si ça te dit ! Et ne t’embête pas à prendre du vin pour ta cave maintenant, je te monterai tes cartons en même temps ! " Je suis comblé, le roi n’est plus cousin. Bon salon, Vincent, et à bientôt sur Paris !

Au stand Lacapelle-Cabanac (Cahors, Sud-Ouest), j’entends Philippe dire " ah, les Tupperwine ! C’est lundi, non ? " Oui, en huit.  Thierry Simon & Philippe Vérax se proposent de venir animer un Tupperwine d’ici à mars. Je n’en attendais pas tant. Merci les gars !

Après mon expérience traumatisante en auxerrois, je vais déguster un superbe chenin (vin blanc) appelé Savennières, puis un Chaume, chez Hervé Tijou, du Château de Bellevue, un domaine situé sur la rive gauche de la Loire, à l’ouest d’Angers. J’espère compter ces deux vins dans un futur Tupperwine.

Je vais finir en beauté au domaine de la Roncière de Jean-Louis et Geoffrey Canto, de Châteauneuf-du-Pape. On a beau être sous un bon 25 degrés, le bruit et les néons, pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre qu’on n’a pas affaire à n’importe quoi. Il faudra attendre au moins cinq (longues) années pour que les Châteauneuf Tradition et Fleur de Ronce offrent toutes leurs qualités. Et alors ?!

J’oubliais un passage au Mas de Daumas Gassac, Aniane, Languedoc. Le blanc offre un nez prodigieux, mais la quantité ridicule de vin dans le verre ne permet pas de... goûter convenablement. Je ne suis plus vraiment en mesure de juger le rouge. Je n’en ai même pas envie. Je préfèrerais passer au domaine, à deux pas de Saint-Guilhem du Désert , dans l’Hérault. Et puis, à pas moins de 30€ la bouteille, ce n’est franchement ni le lieu, ni le moment de déguster, de juger et d’apprécier un tel vin.

En substance, même si comme me le dit Vincent Laroche, " on aurait pu faire un tennis dans les allées jeudi ", l’affluence de ce week-end au salon des vignerons indépendants témoigne du succès incontestable des vins français. Des vins à 30, 50€ et même bien plus dans les grandes appellations, qui partent comme des petits pains, nous indiquent que la filière viticole française dans son ensemble ne subit pas la crise qu’on veut bien lui faire porter. On se dit aussi que l’on a beaucoup de chance de pouvoir acheter des vins aussi sensationnels à des prix, somme toute, abordables, comparé à ceux que les paient les étrangers. En Angleterre, Aux Etats-Unis, au Canada, les vins cités ci-dessus (pour ne mentionner qu’eux) coûtent a moins trois fois plus cher.

Après ces dégustations, on ne peut être que fasciné par le nombre incroyable de régions viticoles que compte la France. Emerveillé par la richesse et la complexité des senteurs et arômes que ces quelques vins m’ont offerts. Pour terminer, je retiendrai la présence de nombreux acteurs parmi les exposants cette année. J’ai pu en effet croiser Girard Philippe, Pierre Richard et José Garcia. Cependant, le vrai acteur de ce salon était assurément le vin, et lui seul.

mercredi, 21 novembre 2007

Parker : une bille?

6107d632ce1056503d139effa682726f.jpg

 

Ma lecture de Robert Parker, Anatomie d’un Mythe est quasiment terminée et les anecdotes se font plus croustillantes les unes que les autres. Entre éclairage sur les qualités hors normes du dégustateur (mais aussi remise en question de cet état de fait – les régions satellites de bordeaux telles que Canon-Fronsac, Pomerol, Saint-Emilion sont abordées très sommairement), règlements de compte vachards (Parker n’a pas rendu à Madame Agostini le vin qu’elle lui a « prêté »), et mise en avant de son charisme (de même que constat de sa perte d’influence dans les régions dont il ne s’occupe plus - Parker est persona non grata en Bourgogne), le portrait de l’américain qui fait tant couler d’encre oscille entre complaisance et inimitié.

« Wine doesn’t make me fart ! » Comment penser qu’un Yankee nourri au coca et au cheeseburger, et qui prend sa première cuite au Cold Duck, sorte de débouche-canalisations pétillant à 2 Francs, va devenir le plus célèbre dégustateur du monde ? Malformation génétique (« votre enfant possède une qualité inconnue dans ce pays : il a du goût ») ? Pur produit informatique (« Parker, le Steve Austin des années 2000 ») ? Parker, l’Arnaque du Siècle (« nom de code : KGB007-13° ») ?

La découverte de la France en 1967 se fait grâce à sa femme, Patricia, qui étudie le français. Malgré de très maigres moyens (ils logent dans un hôtel très médiocre), c’est dans le quartier latin que l’américain découvre avec horreur que le coca est très cher en France. Patou lui suggère alors de prendre un verre de vin rouge. Il adore de suite, d’autant plus que cela ne lui occasionne aucun ballonnement. Romantisme à l’américaine : « I love this wine, Pat, all the more as it doesn’t make me fart!” En outre, et c’est là que le bât blesse, la preuve est donc faite que Parker n’a aucun goût, puisque je vous laisse imaginer la médiocrité du vin rouge que Parker dégusta en 1967, lui qui était doté de très maigres moyens, qui était inculte en vin, et, qui plus est, dégusta dans l’attrape touristes de quartier latin. « Waoh ! Excellent ce vin, normal c'est un "4 étoiles" ! » Et voilà comment est née la légende… Sans compter que Parker décrètera plus tard aux journalistes que c’est là qu’il a tout compris de la France. Mais fallait-il lire : « Pas moyen de boire du vin convenable dans les bars-restaurants parisiens » ? Dans ce cas, je m’incline.

Style simple et vocabulaire restreint. Les années 70 voient la naissance de nombreux magazines spécialisés pour répondre à un réel besoin d’informer le nombre croissant des amateurs de vin en Amérique. Le plus célèbre de ces magazines est le Robert Finigan’s Private Guide to Wine (1972). En 1977, il est diffusé sur tout le territoire américain et même à l’étranger. Le bi-mensuel California Grapewine est publié dès 1973. Le mensuel Connoisseur’s Guide to California est lancé en 1974. En 1978, Parker rédige le premier numéro de The Baltimore / Washington Wine Advocate. Reprochant le style intellectualisé de certains critiques en vin, Parker opte pour un style simple et un vocabulaire restreint. Parker privilégie donc une expression directe, sans fioriture. Mais le premier numéro souffre d’un style répétitif, d’un vocabulaire limité et de fautes d’orthographes dans les noms de régions viticoles : des carences qui s’améliorent dès le deuxième numéro. Le leitmotiv de l’ancien avocat ? La transparence vis à vis du consommateur et l’indépendance vis à vis des producteurs. Et puis, il y a ce système de notation sur 100 qui séduit nombre d’amateurs et de professionnels. Aujourd’hui, le barème se décline de la façon suivante : 50 à 59 décrit un vin à éviter, 60 à 69, un vin inférieur à la moyenne, 70 à 79, un vin moyen, 80 à 89, juste au-dessus de la moyenne à très bon, 90 à 95, excellents, 96 à 100, exceptionnels. D’où la naissance du dicton : au-dessous de 90, un vin est invendable. Au-dessus, il est introuvable. 

A legend is born. C’est le millésime 1982 qui va propulser Parker au sommet de la critique viticole en même temps qu’elle signera le déclin de certains de ses concurrents, comme Robert Finigan.

En mars 1983, Parker est à Bordeaux pour déguster les 82. Il est étonné par la puissance, la robe sombre et le fruité généreux de ces vins jeunes. Il comprend immédiatement qu’il a affaire à un millésime grandissime, l’année la plus grandiose pour le bordelais depuis 1961 comme il le couche dans le Wine Advocate. Robert Finigan fait l’éloge des 1982 dans un premier temps, avant de les trouver « étranges », de se rétracter et de conseiller à ses lecteurs de se rabattre sur les 1980 « plus charmeurs » et sur les « superbes » 1981. Au Wine Speactator, on estime que les 79 représentent les « meilleures affaires ». Dans l’ensemble, les critiques américains dénigrent les 82, qu’ils qualifient de « californiens ».

Les archives de Haut-Brion rassurent Parker puisqu’elles confirment que les 1929 suscitaient dans leur petite enfance les mêmes interrogations que les 1982. Il réitère alors ses conseils d’achat, conseillant à ses lecteurs d’en acquérir autant que leur moyens le leur permettent, déclenchant une frénésie chez les collectionneurs américains. Consommateurs et professionnels s’intéressent de plus près à Parker. On est au cœur d’une bataille d’opinion.

Au final, entre 1983 et 2002, le prix des 1982 a augmenté de 2012%. Pour la première fois, Parker se distingue, non seulement par ses qualités de dégustateur, mais aussi par le pouvoir qu’il exerce sur la marché. En 1990, le PrivateGuideToWine de Finigan cesse de paraître…

Quoi qu’il en soit, à la lecture des commentaires radicalement différents d’éminents dégustateurs sur le Pavie 2003, un bordeaux dont l’inculte que je suis n’avait jamais entendu parler auparavant, qu’est-ce qui fait que l’on doit plus donner raison à l’un qu’à… Parker ? Ce dernier est dithyrambique, attitude dite « classique » chez lui. Il voit dans ce Pavie « une réussite hors norme (…), l’un des trois 2003 les plus grandioses de la rive droite. » Rien que ça. James Lawther du Decanter est technique et très objectif : «Un nez riche de fruits confits noirs nuancé de chêne vanillé aux notes de réglisse. » Si Michael Broadbent vante « un nez profond, extraordinaire » il insiste cependant sur des « arômes et des nuancés de goudron ». Enfin, Clive Coates, de The Vine, nous livre un verdict sans détour, si ce n’est par Monkton, village natif de Parker, pour lui passer le bonjour : « Quiconque pense que ce vin est bon devrait se faire greffer un cerveau et un palais. Le spécimen en question sera tout simplement comme étant imbuvable. » CQFD.

Chose certaine : l’amateur de vin - je veux parler de celui qui aime les vins de France et de Navarre, à distinguer de celui qui ne connaît que le vin rouge fait chez les girondins - s’agace de la trop grande part réservée au bordeaux dans cette ouvrage. Si ce n’est pour faire référence au fait que Parker est banni de Bourgogne, qu’il apprécie le Châteauneuf-du-Pape et les vins d’Alsace, aucune expérience avec des vins d’autres régions n’est mentionné. On s’étonne également de l’absence totale de référence totale aux vins blancs. Quid des Condrieu, des Chablis, des Pouilly Fuissé et Fumé, des Sancerre ? Manifeste reflet de la culture Parker, Anatomie d’un Mythe est surtout éloquent par les régions qu’il n’aborde pas, tout du moins, dont Parker n’éprouve que peu d’intérêt. De là à dire que Parker est une bille.

Les phrases en italiques sont, bien entendu, tirées de l'ouvrage d'Hannah Agostini, Robert Parker, Anatomie d'un Mythe, aux éditions Scali.

vendredi, 16 novembre 2007

LE GRAND TASTING

699758b235946bacc7c7df5b7c7c734f.jpg
 
Grand Tasting 2007 :
un festival du vin sous le signe de la passion

Le 30 novembre et 1er décembre prochain,
deuxième édition du Grand Tasting au Carrousel du Louvre, à Paris.
Organisateurs de l’évènement, Michel Bettane et Thierry Desseauve,
les journalistes dégustateurs, auteurs du guide de référence
dévoilent ses tremps forts.


Le Grand Tasting, un salon du vin de plus ?

Michel Bettane et Thierry Desseauve :
« Nous avons voulu créer ce que nous rêvions de rencontrer depuis toujours : un lieu où pendant deux jours, les amateurs de bons vins partagent toutes les facettes de la civilisation du vin ! Bien sûr, au Grand Tasting, on pourra choisir et acheter des vins, mais nous voulons qu’un amateur, quelque soit ses connaissances, savoure tous les instants de sa visite. Le plaisir de la dégustation bien sûr mais aussi celui de la rencontre humaine avec les vignerons et de l’esthétisme. »

Le Grand Tasting : un festival du vin comme il existe des festivals de musique ou de cinéma

« Pour continuer l’analogie, nous sommes vraiment heureux de la programmation de cette édition : 240 grands producteurs français dont plusieurs extrêmement prestigieux et rares mais aussi de nombreux jeunes créateurs ultra doués, la crème des vignerons italiens, un espace pour (re)découvrir le cognac, etc. »

Comme dans la musique, Le Grand Tasting propose de nombreux master class…

« Pendant une heure, producteurs ou personnalité explorent avec nous et le public le bonheur des grands vins. Parmi les 19 master class prévus, plusieurs constitueront des moments uniques. »

La plupart des évènements sur le vin oublient que la gastronomie est le plus sûr allié des bonnes bouteilles.
Est-ce que Le Grand Tasting innove en ce domaine ?


Ateliers du Goût et Bars gourmets
« Avec notre partenaire ELLE à table, nous avons installé l’Atelier du goût où des chefs réalisent devant et pour le public des accords mets et vins avec de grands champagnes comme Deutz ou Salon, ou des vins pleins de personnalité, comme les merveilleux liracs du Domaine de la Mordorée. Le public pourra faire une halte savoureuse aux Bars gourmets créés par Petrossian pour le saumon fumé ou Jean-Yves Bordier pour le beurre… »


Peut-on acheter des vins au Grand Tasting ?
« Bien sûr, même s’il ne s’agit pas d’une foire aux vins !
Les vignerons qui vendent en direct sont signalés dans le programme de dégustations qui est offert à tout visiteur ; d’autres sont disponibles chez les cavistes parisiens et l’indiquent.
Innovation : l’espace « cash and carry » animé par Cavestève
A la sortie du Grand Tasting, tranquillement, le public pourra retirer les vins achetés chez les producteurs participant à cet espace, même à l’unité et tout régler en une seule fois. »

Le vin, c’est intimidant, et si on n’y connait rien ?
« Au Grand Tasting, on a préparé un parcours pour les nuls pour se décomplexer définitivement. On a aussi pensé à tous ceux qui avaient envie d’aborder le vin de façon ludique. En allant sur le site, on peut apprendre grâce à un test amusant quel est son profil de dégustateur. Au Grand Tasting, des parcours seront proposés selon le profil de chacun, pour une initiation amusante. »

Comment réserver ses places ?
Achat des billets
Sur place au Carrousel du Louvre de 10h30 à 21h30 le vendredi 30 novembre et de 10h30 à 20h30 le samedi 1er décembre
Prix d’entrée
- 15€ pour une journée
- 20€ pour les deux journées

En ligne sur www.grandtasting.com (cliquez sur le lien pour un accès direct) ou sur www.fnac.com
Prix d’entrée
- Réduction de 20% sur les tarifs
Avantages
- Réservation des master class et les ateliers du goût
5€ pour les master class d’un seul producteur
30€ pour les master class prestige
 
Un grand merci à Aurélie (manager de VINSURVIN!) de Vizioz Communication, pour les infos, l'accréditation, les échantillons. Et la gentillesse!

17:10 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (6)

jeudi, 15 novembre 2007

Un pour tous. Tupperwine!

6779b371f8f1a0226877e76b8002ba7b.jpg
"Accélérez, Brad! Il ne faudrait tout de même pas manquer la première édition des Tupperwine."

Les Tupperwine prennent forme. Si la première se fera en petit comité afin que votre humble serviteur se fasse un peu la main, je peux d'hors et déjà vous assurer que cette première sera suivie de plusieurs éditions, tout simplement car nombreux sont les vignerons à se montrer très enthousiastes par ce nouveau concept unique en France et même au monde. Ben oui, carrément. Aujourd'hui confronté à la mondialisation, il faut voir grand. Très grand. Trève de plaisanterie, le point sur les vignerons déjà dans la place. Mais avant cela, tu es vigneron ou vigneronne, tu n'es pas nécessairement jeune, tu es (quand même) dynamique, tu veux faire décoller tes ventes? Alors les Tupperwine sont pour toi! Contacte-moi vite sur vinsurvin2020@yahoo.fr. A très vite! 

- David et Nathalie Drussé, Saint-Nicolas de Bourgueil, Vallée de la Loire.

- Bernard Baudry, Chinon, Vallée de la Loire.

- Domaine Armand, Cairanne, Côte du Rhône.

- Domaine Amadieu, Gigondas, Côte du Rhône.

- Château de la Selve, Grospierre, Ardêche.

- Domaine Lacapelle-Cabanac, Cahors, Sud-Ouest.

- Domaine Mathias, Mâconnais, Bourgogne.

- Domaine de la Meulière, Chablis, Bourgogne.

En attendant que d'autres vignerons et vigneronnes se joignent à nous...

(Photo : Roy Lichtenstein).

mardi, 13 novembre 2007

Gevrey vous raconter Chambertin

medium_Gevrey_Eglise.jpg

La patience a du bon. Glaner des bouteilles prestigieuses mais encore abordables, les laisser se reposer quelques ans dans des conditions idéales, puis les ouvrir lorsque l'on sent que le moment est venu garantissent un plaisir incomparable ; plaisir mêlé de fierté (d'avoir tenu le coup) et d'excitation d'ouvrir de grands vins français.

Appellations mythiques. Découvert dans le guide Fleurus, le Domaine Dupont-Tisserandot nous ouvre ses portes en 2003, lors d'un (trop rare) périple oenophile en Bourgogne, celle où le cépage pinot noir est roi. Au sud, la Côte de Beaune, où raisonnent les mythiques Montrachet, Pommard, Savigny les Beaune et autres Pernand Vergelesse. Nous nous arrêterons au Domaine Comte Sénard, dégusterons les Aloxe-Corton maison et rentrerons, presque émus, à Paris, avec quelques 1er Crus, les Valozières 1999, jalousement gardés depuis à 14 degrés.  Nous poursuivrons nos errances vers le nord, en quête d'appellations tout aussi mythiques : la Côte de Nuits. Elle abrite Nuits-Saint-Georges, Vosnes Romanée, Vougeot, Fixin, Marsannay et notre Gevrey-Chambertin. Nous traverserons ces lieus avec ce que les anglais appellent "awe", un mélange de crainte et de respect. Le santenay et le côte de nuits firent long feu : ils déclenchèrent enthousiasme et même extase. A l'image de ce Gevrey-Chambertin, donc, Petite Chapelle 2000, carafé ce week-end.

Coppa et bourgogne. Ce week-end, mon petit épicier espagnol (Sol et Mio, rue Legendre, Paris 17) n'hésita pas une seconde et me conseilla un bourgogne avec la coppa dont je venais m'enquérir et que son corse de cousin fait fumer dans la cheminée au nord de l'ile de Jean-Guy Talamoni (dernier nom corse en date arrivé à mes oreilles sur France Inter. C'eût pu être Claude Papi.). Cela tombe bien, rétorquai-je au moustachu à la bonhommie méridionale, l'accent en moins, j'envisage de sortir un bourgogne avec le roti de veau. Roti de veau devant lequel le quatuor allait se liquéfier, tant il fut une réussite. Ce dont je ne fus pour rien. Nous boirons donc ce Gevrey à l'apéritif, puis avec le plat de résistance. Cela tombe bien, nous en avons deux unités.

Quelle élégance! Carafé depuis une trentaine de minutes, le vin arrive à la température de 16 degrés. Il fait 19 dans l'appartement, il gardera une jolie fraîcheur tout au long de la soirée. C'est très important. La robe de notre vin est rubis-noir, dense et d'une remarquable brillance. Au fur et à mesure que le temps va passer, la chose la plus intéressante sera incontestablement l'évolution du vin, de sa matière, de sa structure. Au point que les tanins vont s'exprimer ouvertement à un certain moment pour se faire ensuite bien plus fondus. Il n'aurait pas fallu rater ce moment. Vin : élément liquide vivant subissant des transformations, pire, opérant sur lui-même des modifications de structure tout au long de sa vie. Le nez va également se complexifier avec le temps. Réservé, presque fermé pendant la première demie-heure, de jolis arômes de fruits rouges (et non noirs comme lu de part et d'autres) vont enfin sortir de leur coquilles. Le deuxième nez est donc plus sybillin et il faut toute l'attention des amateurs pour mettre des mots sur les notes que dévoilent notre élixir, le vin semblant jouer à cache-cache. Des notes boisées, de réglisse et de tabac se dégagent de façon subreptice. La bouche est riche et, surtout, grasse. Elle dévoile une chair suave. La finale est épicée. Quelle finesse et, tout le monde est d'accord sur ce point, quelle élégance! 

Bientôt il va falloir se délecter de la dernière gorgée. Lorsque ce sera chose faite, le plaisir d'avoir bu un vin hors norme, dont la dimension et la notoriété se traduisent et s'expriment par delà les frontières, continuera de faire son chemin. Car, grâce à ce Gevrey-Chambertin, les acteurs de ce dîner se regarderont longtemps en pensant à lui et en disant "tu te souviens?". Certains, comme votre humble serviteur, en parleront peut-être autour d'eux. Il commenceront peut-être alors leur récit par "Gevrey te raconter l'histoire de ce Chambertin...".

En photo, l'église de Gevrey-Chambertin, à deux pas de laquelle se trouve le Domaine Dupont-Tisserandot.

dimanche, 11 novembre 2007

Il faut apprendre Parker

L'information scolaire, école rue Buffon, Paris V, 1956 

Je suis plongé dans les premières pages de la biographie de Robert Parker, que son auteur, Hannah Agostini (et accessoirement collaboratrice française du phénomène en question), m’a gentiment fait parvenir. Premier paradoxe pour quelqu’un qui s’autorise à faire la pluie et le beau temps sur le vin français : cette  biographie est non autorisée ! Si les anecdotes (comme la couleur de la robe de sa femme lorsqu’ils se rendent chez Maxim’s pour la première fois, où le manque de modestie et de savoir-vivre de Parker en société, sans intérêt, quoi que…) sont pléthores dans les premières pages, elles permettent cependant de cibler un aspect du personnage : ses goûts.

La problématique que je pose à cet ouvrage est la suivante : en connaîtra-t-on plus sur ce qui guide, détermine et influence les goûts de Parker en matière de vin, à la fin d’Anatomie d’un Mythe, aux éditions Scali ? Connaître les vins qu’il aime, en soit, n’a pas ou prou d’intérêt : chacun ses goûts. Non, ce que je veux savoir c’est si origine, culture, éducation, centres d’intérêts, situation professionnelle, pays et lieu d’habitation déterminent les goûts et les préférences en matière de vin ?

Dès le début de la biographie, il semble acquis que Parker a un certain talent  pour parler du vin. Postulat pourtant remis en question quand on lit que ce « don » est en partie justifié par le fait que même son père était capable de reconnaître l’odeur de l’ail à des kilomètres... Quand, page 42, tel un ordinateur, Parker décrypte les bordeaux 2003 comme, des synthèses à 20% de 1982, 20% de 1990, 25% de 1989, 15% de 1991, 15% de 1975 et 5% de je-ne-sais-quoi n’ayant en mémoire aucun repère. Peut-être est-ce le millésime 2025.

Je vous dirige vers cette note sur VINSURVIN qui part du principe que les ballades dans les bois, dans les vignes, en montagne et au bord de la mer, faites dans l’enfance, permettent à l’âge adulte, en partie, de poser des mots sur les arômes perceptibles lors de dégustations de vin et d’en apprécier toutes ses subtilités.  

Les premières pages dressent donc sans complaisance le portrait (pour ne pas dire une caricature) de cet américain lambda. Sont clairement abordés les stéréotypes traditionnels de l’américain dit « moyen ». C’est donc un homme élevé aux hot-dogs, meat-loaves et soda (page 32), pourvu de connaissances limitées, voire inexistantes, sur la France (au point que Parker donne dans ses ouvrages des explications erronées sur, par exemple, la dénomination du Château des Carmes Haut-Brion (Page 31)) que l’on élève au rang des plus grands connaisseurs du terroir français. Cela donne rapidement le tournille. Mais, tant que sévira dans l’hexagone, et notamment à Bordeaux, une fascination du français pour l’américain, cet espèce d’icône impénétrable (surtout quand on ne parle pas l’anglais), et que l’on vénère sur la simple dénomination « made in the USA »... 

Ironie de l’histoire, à la lecture de ces premiers coups de fusain sur l’homme né à Monkton dans le Maryland, c’est un autre un Robert qui attire l'attention : Robert Blazer, une des personnalités les plus influentes de la critique viticole américaine dans les années 70, de paire avec un autre Robert, Finigan. Pour anecdote, dixit l’ouvrage d’Hannah Agostini, en 1973, Robert Blazer se distingue en organisant une grande dégustation à l’aveugle – révolutionnaire pour l’époque  – qui oppose, avant « le jugement de Paris » (1), vingt-trois chardonnays de France, de Californie et de l’Etat de New York. Ces flacons sont soumis à l’appréciation d’un jury composé de quatorze sommités, dont le célèbre Alexis Lichine (2). Un par-terre de 250 membres assistent à la manifestation qui voit le triomphe des vins californiens, lesquels occupent les quatre premières place du classement, la cinquième place revenant au Beaume Clos Des Mouches 1969 de Joseph Drouhin.

Pour en revenir au mentor d’une France ayant une certaine vision du vin, que l’on pourrait qualifiée de Parkérienne, on ne saura se satisfaire de la simple lecture de cette bibliographie pour cerner le personnage. Il faudra incontestablement également passer par la phase dégustation afin de voir si, effectivement, il y a un « goût Parker » et si son approche est aussi uniforme et globale qu’on le dit. Du travail en perspective, mais pas des moins intéressant.

En attendant, demain, c’est école. Point commun avec le vin ? Je vais encore retrouver mes élèves dans le moût. Alors, je leur dirai que s’ils veulent que le bac 2008 soit un bon millésime, il leur faudra apprendre un certain nombre de choses… par cœur.

(1) Le Jugement de Paris : événement décisif organisé en 1976 par l’anglais Steven Spurrier (3), qui oppose chardonnays de Californie et de Bourgogne, et cabernets contre bordeaux, qui propulse les vins américains sur les devants de la scène internationale. En présence de personnes, pour ne citer qu’eux, comme Christian Vanneque, sommelier de la Tour d’Argent ou Jean-Claude Vrinat, propriétaire du Taillevent, trois vins de la Napa comtent parmi les meilleurs blancs, tandis que le cabernet sauvignon 1973 de Stag’s Leap Wine Cellars se classe devant Mouton-Rotschild, Haut Brion et Montrose 1973.

(2) Alexis Lichine : "Encyclopédie des Vins et des Alcools", Edition Laffond.

(3) Steven Spurrier : Grand spécialiste britannique du vin.

jeudi, 08 novembre 2007

No news, no blues!

 

medium_medium_liberty_4.jpg

Cher VINSURVIN,

Je ne sais pas ce qui se passe mais depuis in rasteau veritas, pas grand chose à se mettre sous le palais! Je viens régulièrement vérifier, mais, en vin! What is going on?! A très vite. Ton blog.

Cher blog,

Pas que l'actualité viticole soit maigre en ce moment, au contraire, c'est juste que je suis en stage actuellement avec mon coach pour les WINE BLOG TROPHIES, dont une vieille note doit se trouver sur le vin (actualité). Ce dernier (un malade) m'a strictement interdit de me connecter. Il me fait bosser mes régions, mes millésimes, mes cépages, mes verbes irréguliers : un travail de dingue, quoi. 

Et puis, comment laisser tomber quand vous êtes près de 20 000 (et là je ne déconne pas!) à venir sur VINSURVIN tous les mois... Des notes à parvenir, il y en a en stock :

- Premières Impressions sur la bibliographie de Robert Parker, par Hannah Agostini,

- Je suis en pleine période Cahors, mais je me soigne.

- Encore un Lalande-Pomerol et un bordeaux supérieur qui m'ont forcé à ravaler mes couleuvres le week-end dernier. Je n'aime pas le bordeaux, ou le bordeaux ne m'aime pas?

- Les Tupperwine approchent. Merci au Domaine Mathias pour leur gros colis de Pouilly Fuissé (entre autre). Que font les autres vignerons?!! J'attends leur vin!

- Et toujours plein de notes "anciennes" à découvrir ou à redécouvrir! Comme...

Alors, à très vite sur VINSURVIN, Producteur de Chroniques Oenophiles!

jeudi, 01 novembre 2007

in rasteau veritas

 

 

medium_DSCF0134.JPG

Le vin réserve de bienheureuses surprises ! Il nous en apprend sur lui-même et sur nous-même, si tant est que l’on se donne les moyens de l’observer. Cette remarque m’est née suite à la dégustation d’un rasteau qui, en dépit de son manque de corps, avait bien d’autres cordes à son arc.

Pendant que certains se la coulent douce au bord d’une piscine en Espagne ou dans un mobile-home à 150 km de leur bled, les pérégrinations oeno-estivales de VINSURVIN (appelées « pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle » ou encore « de la Mecque  » par d’autres) conduisirent ce dernier dans le Vaucluse en août dernier. A quelques 200 km de l’Ardèche, après avoir traversé le Gard et la Drôme comme par enchantement, c’est au cœur du Rhône méridional que sied Rasteau, village au vin classé Village, surtout connu pour ses vins doux naturels. Si son cousin de Cairanne est tout près d’obtenir l’AOC, Rasteau  n’en est pas loin non plus.

Madame Armand, du domaine de la Magnaneraie, à Cairanne, nous accueille des cigales plein la bouche. Prolixe sur son élixir comme si son existence courait des risques, ou pour compenser les carences du cairanne, elle monologue. A moins que ce ne soit la passion, tout simplement. Quand le mou du rustre taciturne promet de grandes choses, le vin de la loquace cache souvent des insuffisances ; in vino veritas. Laissons le vin parler. Lui seul détient la vérité.

Le soleil de plomb, la pierre blanche et les cigales ont pourtant le don d’occulter les imperfections. Ce qui me fait dire qu’entre les journalistes du Wine Spectator qui goûtent du vin en cravate (perso, en short, c’est mieux), dans des bureaux climatisés et "éclairés" aux néons 120 watts, et ceux de la Revue du Vin de France qui jouissent des mêmes conditions que VINSURVIN (cigales en moins, dès l’automne), l’objectivité en prend un coup. Facile donc d’être magnanime lorsque le magnétisme de la Magnaneraie opère à plein régime en ce fantastique début août. La dégustation à Paris, sous les néons et le ciel gris, ne jouit pas de tels auspices.

Servi sur un lapin au vin blanc, pruneaux et carottes, pâtes, ce rasteau 2005 offre des premières impressions très favorables : la robe est d’un grenas sombre et intense. Le nez est fin, sur des arômes de petits fruits rouges évoluant sur des notes de terroir rehaussées d’une touche animale. La bouche est fine, aromatique, pleine de fruits mais elle manque d’attaque, de vivacité, et surtout, de longueur. Les tanins sont, eux, aux abonnés absents. On se dit alors qu’en effet, les cigales ont eu don de nous et que notre objectivité en prit un coup. Premier cairanne, premier rasteau, premiers râteaux. Si le temps nous était compté, si l’on ne se trouvait pas dans une démarche hédoniste mais purement commerciale, l’affaire serait pliée.

Seulement peut-on rester sur de telles impressions lorsqu’à table, entouré des nôtres, on a le temps ? Si ce vin ne correspond guère aux critères purement subjectifs qui enchantent le palais de votre humble serviteur (attaque, vivacité, corps, matière, élégance tannique, complexité, longueur), cela en fait-il nécessairement un vin quelconque ou médiocre ? Et bien oui.  Le vin en général, et ce rasteau en particulier, ne saurait se limiter à quelques aspects invariablement ciblés.

Léger, nonchalant, presque dilettante, ce jeune rasteau consent à se révéler par delà les heures : le nez évolue sur des fruits mûrs, confiturés et sur des notes de fleurs blanches et aériennes. A bien y regoûter, les notes animales et de cuir s’exacerbent, le poivre entre dans l’arène et le tanin éclot. Ce vin nécessite qu’on lui accorde du temps dans sa prime jeunesse. Et bien, soit ! Attendons de voir ce qu’il offrira dans les années à venir. Car ces premières notes (animales, garrigue, cuir) devraient à n’en pas douter se faire plus concrètes dans avec le temps. A l’heure d’aujourd’hui ce rasteau se boira volontiers à l’apéritif ou avec une salade. 

 

En substance, il va de soi que l’on pourrait imputer cette chronique et ces remarques à la simple et bonne raison que contrairement au professionnalisme, l’amateurisme requiert certainement davantage de recherche, d’analyse et de patience dans la dégustation d’un vin. Vertus qui pourraient toutefois mener à une justesse et une objectivité disparues depuis bien longtemps chez certains érudits.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu