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mercredi, 28 novembre 2007

Bérénas : pas de cigales mais un régal!

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Christophe Tison, du domaine Bérénas (Hérault, Languedoc), présentait hier soir sa collection 2006 au restaurant « Les Nouailles », voisin de l’hôtel Saint-James et Albany, à deux pas du marché Saint-Honoré, dans le 1er arrondissement. Loin des cigales et de la garrigue, dans un cadre un peu fastueux, au milieu de gens apprêtés, l’accueil extrêmement chaleureux et surtout la qualité du vin surent finalement prendre l’ascendant.

Lorsque, pour déguster un vin de pays languedocien, l’on pénètre dans le bar du restaurant « Les Nouailles » -lumières tamisées, piano en fond sonore et coupes sirotées - puis dans la somptueuse salle aux hauts plafonds, on se demande un peu à quelle sauce on va être mangé, ou bu, dans le cas présent. Sur des tables dressées, le vin trempe dans des sceaux à champagne, les canapés et les miniatures se font pléthore : un véritable banquet attend le dégustateur. On est loin de Clermont l’Hérault, de sa place bordée de cafés ou descendent chaque année, leurs camionnettes saturées de cartons de six, les vignerons de la région. D’ailleurs, si ce n’est ce diaporama PowerPoint où défilent des vues du domaine et le Colline d’Oc, rien ne rappelle le Languedoc.     

La jeune quarantaine, la barbe naissante et le sourire jovial, Christophe Tison semble fier et heureux de présenter son vin, élaboré en culture raisonnée. Ce petit fils de vigneron champenois, revenu des affaires, est à la tête du domaine depuis trois années, après que l’ancien richissime propriétaire australien ait réalisé l’ampleur du travail de vigneron et ne s’en retourne voguer les mers et les océans.

Collines d’Oc 2005, assemblage osé de sauvignon blanc (60%) et de chardonnay (40%) présente d’entrée son atout principal : un nez élégant, vif et gourmand, présentant une palette de petits fruits blancs et rouges assez incomparables : un véritable gaspacho de fruits estivaux (pèche, fraise des bois, citron vert). Un bouquet de fleurs blanches enveloppe harmonieusement le tout avant que ne se dévoilent des notes plus typiques de la région, notamment un poivré, subtil mais assidu. Cette analyse ne saurait être complète sans aborder la limpidité et la brillance aux reflets dorés de Collines d’Oc (que j’ai pris pour Collin Dock au départ !). Je trouve ce vin délicat, élégant, et c’est le mot « moderne » qui me vient également à l’esprit - pour la première fois depuis que je goûte du vin. Un malheur à l’apéro. Et à 6€ pièce : un excellent rapport qualité / prix.

L’Impatiens 2005 (85% de chardonnay, 10 de viognier, 5 de sauvignon), d’abord présenté en bouteille de 75cl, exhibe un premier nez un peu boisé mais, chose assez étrange, ce sont les cépages mineurs qui parviennent à s’extirper de la dominante bourguignonne, cépage capricieux s’il en est ! Un délicieux mélange de mangue et de citron vert parfume notre bouche. C’est le blanc le plus languedocien, peut-être le plus complexe aussi ; il nous emmène vers la garrigue, l’olive, le thym. Présenté ensuite en magnum, l’Impatiens démontre alors tout son potentiel : une jolie chaire (on le mâcherait), du gras, des notes de brioche. De très bons moments en perspective, sur des viandes blanches ou des poissons en sauce, pour qui sera être patient. 

L’Iris 2005, dominante de viognier (80%), complété par du chardonnay (10%) et du sauvignon blanc (10%) n’offre pas de façon si prévisible le nez exotique qu’on lui connaît intrinsèquement. Non, son nez est plus réservé, plus modéré. Il nous emmène d’abord sur des notes de fruits blancs et d’eucalyptus. L’attaque est franche. Le vin est bien équilibré entre rondeur et vivacité, fruits mûrs et agrume. Un vin assurément soigné et typé.

Il me faudra goûter les rouges à nouveau afin d’être plus précis dans mon « analyse ». Cependant, je me souviens de l’Impatiens, au nez bordelais mais à la personnalité clairement languedocienne. Il présente déjà des notes animales et épicées et évoluera vers le cuir et la torréfaction, comme me le confirma Eric Daguenet, directeur commercial de la maison. J’ai souvenir de ce Collines d’Oc (6€ pièce), plus typique du Languedoc, comme on les rencontre vers Faugères ou Saint-Chinian. Du fruit noir, de l’épice, des tanins puissants mais, somme toute, fondus. Et enfin, certainement mon préféré, l’Iris. Sa couleur est sombre et intense, le nez riche et concentré. Conçu à partir de syrah (80%) et de petit verdot (20%), il présente des notes de fruits noirs ainsi que de cuir et de pinède. La syrah est un cépage vif, puissant, épicé, qui demande une grande maîtrise et on est surpris de voir comment le verdot (cépage presque tombé en désuétude) semble encercler et canaliser cette syrah pour la rendre tendre, souple et gracieuse. C’est assez édifiant. Personnellement, dans ce contexte, à l’issu des dégustations décrites ci-dessus, et pas systématiquement recrachées il faut bien le dire, je suis conquis.

Ma vraie découverte, et mon amour, des vins du Languedoc s’est faite lors d’une dégustation impromptue, un jour d’été 2004. Un petit flyer posé sur la voiture entre l’essuie-glace et le pare-brise invitait le conducteur du véhicule (et sa famille) à se rendre dans un mas perdu au milieu des vignes du côté de Saint-André de Sangonis, au sud d’Aniane. Je découvris ce jour un vin de pays, 100% sauvignon blanc, qui me sidéra littéralement, puis un assemblage de grenache, de carignan et de mourvèdre qui me rendit extatique. Je ne venais pas d’inventer le fil à couper le beurre mais je compris qu’il fallait absolument faire plus ample connaissance avec les vins de cette région.

Si des dégustations (comme celle du domaine Bérénas), dans l’environnement que l’on connaît, se déroulent à cent lieus des ambiances irremplaçables que l’on vit dans le terroir, elle permettent néanmoins de se donner une idée relativement précise de ce que l’on a dans le verre. Elles ont également le mérite de nous signifier qu’un passage au domaine en question ne serait pas futile.  

Enfin, les lecteurs et les lectrices de VINSURVIN les plus chanceux et les plus chanceuses auront vraisemblablement tout le loisir de goûter les vins du domaine Bérénas incessamment sous peu puisqu’il semble que Christophe Tison et Eric Daguenet aient été séduits par l’histoire de VINSURVIN et par le concept Tupperwine, d’autant plus que, malgré la présence de leur vin dans de très belles tables parisiennes, leur leitmotiv reste sa distribution auprès des particuliers. Avis aux amateurs !

Les tarifs : CLICK ICI.

Où trouver ce vin? CLICK ICI.


 

Commentaires

Bérénas, du bonheur en bouteille !

J'ai énormément apprécié, un fort joli travail, assurément.

Emmanuel D

Écrit par : Emmanuel | jeudi, 29 novembre 2007

Ca donne envie d'essayer :)

Écrit par : Referencement | lundi, 28 avril 2008

Les commentaires sont fermés.

 
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