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lundi, 26 novembre 2007

J'étais dans le Salon.

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En entrant dans ce hall du parc des expositions de la Porte de Versailles, où se déroulait tout ce week-end le salon des vignerons indépendants, rendez-vous des amateurs de vins de France et de Navarre, on ne pouvait que se réjouir du succès de cette foire au vu de l’affluence, considérable. Si les dégustations se déroulent dans des conditions relativement exécrables (pour le vigneron, le chaland et le vin), ce salon n’en demeure pas moins une véritable vitrine de la variété et de la complexité du terroir français, permettant aux amateurs de faire de belles découvertes, mais aussi de belles affaires. Les producteurs, eux, ne sont pas en reste non plus puisque l’œnophile ne semble pas s’esbroufer devant des tarifs parfois dispendieux. Ce qui nous fait nous interroger sur les véritables fondements de cette crise du vin.

A l’entrée du parc, on dirait le chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens. Alors que pénètrent des hordes de dégustateurs qu’on devine en herbe ou plus pointus, une bande de potes aux airs réjouis quittent le domaine en tirant leurs chariots bien remplis de cartons estampillés Côte du Rhône, Val de Loire et autres Champagne. Un couple de retraités foulent les pavés affublés de sacs bien remplis. Les uns conserveront certainement leur vin quand les autres l’ouvriront dès ce week-end. Tout le monde semble y avoir trouvé son compte.

La géographie du site me fait faire ma première halte chez Philippe Girard , propriétaire-récoltant à Savigny-lès-Beaune (Côte de Beaune, Bourgogne). Je commence par un Pernand-Vergellesses, blanc, Les Belles Filles, et je tombe immédiatement sous le charme : la robe de ce chardonnay est d’une brillance extraordinaire ; nous nous éclipsons sous une pluie de fleurs blanches et d’épices douces : je l’emmène dans mon palais. Après le Savigny-lès-Beaume, je suis amoureux. Ma décence me prive d’en dire davantage. Je remplis mon chèque, m’en vais le cœur léger et le nez empli d’acacia. J’ai peut-être mis la barre un peu haute pour commencer. Effectivement, désireux de goûter des vins de l’Auxerrois, je m’arrête au domaine Sorin-Coquard de Saint-Bris-le-Vineux (Auxerrois, Bourgogne). Et là, c’est le drame. Chardonnay et sauvignon blancs me laissent perplexes, pour faire court, et le cépage césar, sorte d’assemblage de côteau du giennois en fin de vie et saint-pourçain agonisant nous confirme que Rome n’est plus une puissance depuis des lustres. " Ca vous plaît ? " me surprend le mari de la sympathique dame qui me sert. Je bafouille un " heu, oui, enfin, non, enfin, j’veux dire, c’est pas pareil que… " A ces mots, l’homme reprend sa conversation avec mon voisin. Il a compris. Je salue la dame et quitte les lieus, passablement éhonté.

VINSURVIN oblige, je m’empresse d’aller saluer et remercier les vignerons présents qui participent au Tupperwine, sans savoir que de jolies surprises m’y attendent. Vincent Laroche du domaine de la Meulière (Chablis, Bourgogne) me fait passer derrière le stand. " Bon alors, qu’est-ce qu’il te faut ? " me demande-t-il en traînant sur le dernier " o " de " faut ", caractéristique de l’accent bourguignon. Vincent me parle un peu de 2007, me conseille de garder mes Vaucoupin 1er crus 2001 et, tout en me faisant déguster ses nouveautés, se propose de monter à Paris en janvier pour animer un Tupperwine, " avec quelques bouteilles un peu spéciales en prime, si ça te dit ! Et ne t’embête pas à prendre du vin pour ta cave maintenant, je te monterai tes cartons en même temps ! " Je suis comblé, le roi n’est plus cousin. Bon salon, Vincent, et à bientôt sur Paris !

Au stand Lacapelle-Cabanac (Cahors, Sud-Ouest), j’entends Philippe dire " ah, les Tupperwine ! C’est lundi, non ? " Oui, en huit.  Thierry Simon & Philippe Vérax se proposent de venir animer un Tupperwine d’ici à mars. Je n’en attendais pas tant. Merci les gars !

Après mon expérience traumatisante en auxerrois, je vais déguster un superbe chenin (vin blanc) appelé Savennières, puis un Chaume, chez Hervé Tijou, du Château de Bellevue, un domaine situé sur la rive gauche de la Loire, à l’ouest d’Angers. J’espère compter ces deux vins dans un futur Tupperwine.

Je vais finir en beauté au domaine de la Roncière de Jean-Louis et Geoffrey Canto, de Châteauneuf-du-Pape. On a beau être sous un bon 25 degrés, le bruit et les néons, pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre qu’on n’a pas affaire à n’importe quoi. Il faudra attendre au moins cinq (longues) années pour que les Châteauneuf Tradition et Fleur de Ronce offrent toutes leurs qualités. Et alors ?!

J’oubliais un passage au Mas de Daumas Gassac, Aniane, Languedoc. Le blanc offre un nez prodigieux, mais la quantité ridicule de vin dans le verre ne permet pas de... goûter convenablement. Je ne suis plus vraiment en mesure de juger le rouge. Je n’en ai même pas envie. Je préfèrerais passer au domaine, à deux pas de Saint-Guilhem du Désert , dans l’Hérault. Et puis, à pas moins de 30€ la bouteille, ce n’est franchement ni le lieu, ni le moment de déguster, de juger et d’apprécier un tel vin.

En substance, même si comme me le dit Vincent Laroche, " on aurait pu faire un tennis dans les allées jeudi ", l’affluence de ce week-end au salon des vignerons indépendants témoigne du succès incontestable des vins français. Des vins à 30, 50€ et même bien plus dans les grandes appellations, qui partent comme des petits pains, nous indiquent que la filière viticole française dans son ensemble ne subit pas la crise qu’on veut bien lui faire porter. On se dit aussi que l’on a beaucoup de chance de pouvoir acheter des vins aussi sensationnels à des prix, somme toute, abordables, comparé à ceux que les paient les étrangers. En Angleterre, Aux Etats-Unis, au Canada, les vins cités ci-dessus (pour ne mentionner qu’eux) coûtent a moins trois fois plus cher.

Après ces dégustations, on ne peut être que fasciné par le nombre incroyable de régions viticoles que compte la France. Emerveillé par la richesse et la complexité des senteurs et arômes que ces quelques vins m’ont offerts. Pour terminer, je retiendrai la présence de nombreux acteurs parmi les exposants cette année. J’ai pu en effet croiser Girard Philippe, Pierre Richard et José Garcia. Cependant, le vrai acteur de ce salon était assurément le vin, et lui seul.

Commentaires

Fab,

Malgre la complexite du systeme des appellations, du vocabulaire et de la difficulte a choisir parmi les vins suceptibles de m'apporter le plus de plaisir, je reste indeniablement une amatrice fascinee par le domaine du vin (francais) et plus particulierement par son pays d'origine, qui est le mien...

Dans l'attente de deguster quelques bon vins et bons mets pendant la periode des fetes,

Je te salue mon frere!!!
Bisous
Dr@

Écrit par : sandra | lundi, 26 novembre 2007

Moi aussi j'y suis allé, jeudi soir, vendredi aprem, samedi aprem, et dimanche aprem... l'avantage d'habiter a coté cela a du bon.
Du bon, voire du tres bon, mais aussi du pas terrible.
J'ai eté decu par les beaujolais car je voulais en acheter une dizaine de bouteilles.
Eh! bien apres avoir fais le tour des vignerons du bojo, j'avais pas grand chose a me mettre dans le gosier...
Donc a retenir le domaine Tissot en savoie, Binner en alsace, Tour Pennedesses en Faugeres, Ramaye en Gaillac, Ausseil en 100% carignan, ...

Sinon ce week end il y a le grand tasting au carroussel du Louvre, mais aussi cela a l'espace Beaujon 208, rue du Fb Saint-Honoré 75008:
http://buvonsnature.over-blog.com/article-7213262.html
liste des vignerons ici:
http://buvonsnature.over-blog.com/article-7213897.html

A+
Cedric

Écrit par : Cedric | mardi, 27 novembre 2007

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