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mardi, 02 octobre 2007

Chânes étonnera personne.

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Prenons un cas classique. Vous recevez des amis ce week-end à l’apéro. Il va de soi que vous n’allez pas leur servir un vulgaire, pauvre ricard (avec des cacahuètes). Pas de snobisme aucun. C’est juste que le ricard, c’est franchement dégueulasse, à part pour les gens dépourvus de papilles gustatives et que le pastis? à la rigueur, mais noyé, avec plein de glaçon, sous 45 degrés, dans le désert l’amateur de bonnes choses que vous êtes et l’amitié que vous portez à vos amis vous interdisent de leur servir autre chose qu’un de ces fabuleux vins blancs que vous avez trouvé cet été sur la route. Ou celui vivement conseillé par votre petit caviste, ce gars réservé et pas bien loquace, mais qui a le don de vous conseiller des bouteilles dont je ne vous dis que ça. Ou pourquoi pas un de ces Mâconnais dont le rédacteur de ce blog vous a encore parlé dernièrement?

Non parce que, pas qu’il s’y connaisse super bien en vin ce blogueur, mais on sait qu’il est plutôt amateur, et que ces vins blancs du centre de la France ont tendance à le rendre extatique. Voire dithyrambique. A la lumière d’un Ian Curtis au bord de la crise d’épilepsie, la découverte de nouveaux vins et vignerons semble lui procurer des sentiments et des sensations qu’il faut bien dire vous seriez bien curieux de connaître aussi. Alors, vous allez lui faire confiance, pour une fois. Afin de vérifier si cet espèce de troubadour urbano-rural des temps modernes ne raconte pas que des sornettes. Non  parce que c’est bien gentil de se pavaner devant des bouteilles aux noms plus farfelus les uns que les autres (Fuissé, Vinzelles, Chaintré – à croire qu’il les invente), de se lover sur son canapé avec un verre de Chânes tel un Polnareff nu sur une couverture de Match, de séduire pléthores de bouteilles comme on ne fait plus la court aux femmes aujourd’hui. Mais qu’en est-il vraiment de la qualité de ces « nectars » tel que monsieur les appelle?

 

De facto, application de la méthode vinsurvin pour accueillir ce jeune couple dont vous avez l'homme sous votre aile au travail depuis quelques temps. Ce dernier, pédant et arrogant avec son pull sur les épaules comme ces jeunes requins aux meetings de certains partis, avec sa mèche lui couvrant la moitié du visage, a un peu plus de trente ans. Il débarque de la  la com ou de l’événementiel ou de la télé, on ne sait pas trop et lui non plus d’ailleurs. Elle, s'octroyant un "break" (sponsorisé par papa), n'a jamais travaillé. Cependant, elle se consacre à des activités caritatives, organisant moult cocktails rive gauche visant à soulever des fonds pour des enfants du XVIème ayant sombré dans l’alcool et la drogue sous l’égide de leurs subordonnés du 9-3. Aisés mais d’une pauvreté culturelle abyssale, leur ignorance ne vous empêchera pas de vous faire plaisir. En effet, (et là, changement de voix, grave mais chaude et rassurante, comme celle du monsieur de la Gare Saint-Lazare qui vous annonce que votre train partira avec quelques minutes de retard voie 2 mais la sncf vous remercie de votre compréhension et vous souhaite une bonne journée) la  rédaction précise qu’il va de soi que le profil des invités ici mentionné n’est là qu’à titre indicatif et que votre simple collègue de boulot ayant gentiment accepté de vous remplacer lundi prochain pour vous permettre de finir la chambre du petit mérite également tous les égards. Il y a d’ailleurs des chances qu’on se marre plus avec ce couple, certes un peu kitch, mais tellement nature, que le couple version Ile de la Tentation qui passeront le plus clair de leur temps à parler d'eux et de leur vie matériellement trépidente sans aucune espèce d'intérêt pour ce dont vous pouvez bien vous intéresser. Le duo peut donc être en parfaite inadéquation avec le vin servi. De toute façon, Ken et Barbie ne sauront apprécier votre vin, vous répéteront à l'envi qu'en dehors des bordeaux (et des médocs, ah les médocs, hein chéri? le saint-emilion de ton père), et trouveront quelques clichés affligeants à vous servir, avec la certitude de dire vrai. 

Je répète, qu’intrinsèquement, le but est que vous vérifiiez si l’auteur du blog que vous consultez au moins sept fois par semaine ne raconte pas que des âneries comme c’est présentement le cas.   

Accessoirement, le vin retenu pour cet apéritif et lors de cette note qui n’aura que trop tardé à cause d'un verbiage que l'on prête pourtant davantage aux politiciens est un Pouilly-Vinzelles 2005 de chez Béatrice et Gilles Mathias, ou, pour les plus chanceux, un Mâcon-Chânes 2006 de chez Dominique Cornin (lire par ailleurs cette note). Rondeur, sensualité et gras pour le premier, accompagnés d’un joli arôme de bouquets de fleurs blanches cueillies sur le bord de la route entre Chaintré et Leynes. Le second, vif et doté d’une jolie acidité, offre des notes extrêmement fleuries et fruitées (tilleul, pêche, vanille, noisettes), minérales (légère mais manifeste pierre à fusil), d’une complexité et d’un équilibre remarquable. En fait, l’auteur du blog en question dit « ne pas avoir bu une chose pareille depuis bien longtemps». Dominique Cornin est un géni. Après avoir goûté à son art, Chânes étonnera personne.

 

Commentaires

Ce verbiage volubile fort intéressant amuse et instruit. Merci pour cette étonnante note sur les vins de Macônnais que je ne connais pas trop.

Écrit par : BlackBird | mercredi, 03 octobre 2007

Bonjour. Peut-on trouver ces bouteilles chez un caviste parisien ?
Cordialement.

Écrit par : Arnaud | mercredi, 03 octobre 2007

Bonjour,

Bravo pour ce magnifique blog, que du bonheur à parcourir. J'en ai les papilles qui pleurent à l'idée de ces dégustations par monts et par vaux.

Mais, j'ai beau chercher, j'ai cru (ne pas) voir un grand basent dans les vins de Loire... Le savennière. Du pur régal, un nectar, digne de certains grands bourgognes. Aurais-je raté une page, un lien, ou reste-t-il oublié car méconnu ?

En tout cas, si à l'occasion d'une virée en pays de Loire vous passez vers Angers, faîtes une pause à Savennière...

D'ailleurs, en parlant de virée en pays de Loire, comme j'en suis originaire (Bourgueil plus précisément), je vous recommande de vous arrêter chez Frédéric et Nathalie MABILEAU à Saint-Nicolas de Bourgueil. Le coeur sur la main, le soucis de produire mieux, plus sain, de qualité. Un vignoble qui s'étznd sur Bourgueil et Saint-Nicolas de Bourgueil. Et pour les chaleurs d'été trop violentes, un rosé pour les filles qui ravira aussi les garçons.

Tshaw !

(et encore bravo)

Coco

Écrit par : Coco | jeudi, 04 octobre 2007

Encore 200 mètres, en partant de Chaintré et vous passez devant la grille et l'allée majestueuse du château de Vinzelles (un vrai château du XVIIe siècle, celui-là, c'est pas comme en Gironde !) et vous vous invitez dans les chais pour déguster un Pouilly Vinzelles château de Vinzelles, un 2005 par exemple, et l'extase est totale. Ouin, cette région n'est pas assez connue, merci d'en parler !

Écrit par : Guillaume | dimanche, 07 octobre 2007

J'ai découvert ça entre temps : www.chateau-de-vinzelles.com

Écrit par : Guillaume | dimanche, 07 octobre 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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