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vendredi, 31 août 2007

Le Vin chez les Jeunes.

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Hippolyte. Trois ans à la fin des vendanges. L'éducation au vin chez les jeunes commence dès le plus jeune âge.

Agenda. 

Comment responsabiliser les jeunes face à l'alcool? La question du vin chez les jeunes a été abordée à deux reprises sur vinsurvin (ici et ) et c'est Jean-Pierre Tuil, de l'Université Paris-Sorbonne qui relance le débat en ayant la gentillesse de m'informer de la tenue d'une grande conférence à la Sorbonne le jeudi 27 septembre à 18h00, ouverte au public, sur L'EDUCATION AU VIN CHEZ LES JEUNES: CLE DUNE CONSOMMATION RESPONSABLE ET MODEREE?

Je vous restitue le mail:

"Monsieur,

Nous sommes ravis de vous informer de l’organisation d’une grande conférence à la Sorbonne ouverte au public, sur

L’EDUCATION AU VIN CHEZ LES JEUNES : CLE D’UNE CONSOMMATION RESPONSABLE ET MODEREE ?

JEUDI 27 SEPTEMBRE

À 18 H, A LA SORBONNE *

Animée par Denis Saverot, rédacteur en chef de La Revue du Vin de France, cette conférence sera suivie d’un débat auquel nous vous invitons à participer. Vous pourrez intervenir et partager vos expériences en présence de journalistes spécialisés et des jeunes, membres de clubs oenologiques mais aussi des néophytes.

A l’initiative du syndicat des vins de Bordeaux et Bordeaux supérieur, une dégustation de Bordeaux rouge, blancs et rosés sera proposée lors du cocktail qui clôturera la conférence.  

Nous serions heureux de votre présence, qui permettrait d’enrichir le débat, et vous serions reconnaissant de diffuser l’information sur votre blog et votre entourage. Le nombre de places étant limité, je vous remercie de me confirmer au plus vite votre participation à ce débat par mail à jptuil@wanadoo.fr .

Cordialement,

Jean Pierre Tuil.

* Université Paris-Sorbonne – Grand Salon - 1, rue Victor Cousin, Paris 5e – Métro : Cluny-La Sorbonne."

 

16:16 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (2)

Wine pour Snacks.

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Le vin en canette, ça fout les boules.

Dans la catégorie "progrès" ou "rédibitoire", je voudrais... l'impensable! Après le bouchon à vis, le vin en sachet et le winehot languedocien (deux tiers de vin, un d'eau gazeuse et du sirop), voici le vin... en canette! C'est Cédric Ségal de chez barokes.fr qui me l'a gentiment appris par mail cette semaine. Vous n'oserez jamais nous défie le site internet en question. Et bien, je vais me gêner! Dès que j'aurai reçu les quelques échantillons promis par Cédric. Et je prendrai des témoins! Dieu merci, il s'agit de vin "premium" (comme le gasoil)... australien. De sorte que, si ce n'est pas bon (et je vous le dirai dans une prochaine chronique), on pourra toujours dire que c'est normal, ce n'est pas du vin. Français. 

Les plus et les moins, avant "dégustation". La gamme se décline sur trois variétés dotées de cépages très nobles: chardonnay semillon pour les blancs secs et pétillants (appelés bubbly wines) ; cabernet, shiraz et merlot pour les rouges ; idem pour les rosés. Franchement, entre nous, même si l'amateur de vin reste sévèrement attaché à sa bouteille de verre et au bouchon en liège, avouons que ces canettes sont plutôt jolies et on-ne-peut-plus tendance avec cet "assemblage" de vert, de rouge et de gris, couleurs qu'affichent d'ailleurs de nombreux nouveaux magasins dans Paris aujourd'hui, notamment les restaurants japonnais. L'aspect esthétique de ce concept pourrait donc attirer des gens vers le vin. Des jeunes? Une étude récente auprès d'enfants à montré que ces derniers appréciaient dans 70% des cas de la nourriture qu'ils refusaient dans leurs assiettes (comme des carottes rapées) lorsque celle-ci était enveloppée dans des sachets de fast food. Pas question de faire boire du vin chez des moins de 18 ans, mais au-delà, cela pourrait les interpeler. Il est vrai que boire du vin à la bouteille...

Wine pour Snacks. A priori éthiquement  rédibitoire, ce nouveau packaging, qui n'est pas sans nous rappeller cette boisson gazeuse américaine, n'a peut-être pas, donc, que des inconvénients. Finis le goût de bouchon! Et bonjour le goût de métal? Même pas. Ni d'alluminium. D'après barokes.fr, le brevet Vinsafe couvre la structure du vin (étrange formule...)  sans additifs ni conservateurs. Les conditions de remplissage (stabilisation du vin et extraction de l'oxygène) et surtout le revêtement unique empêchent le vin de rentrer en contact avec la canette. Finies également les tendinites au coude  grâce au format léger et pratique. Et adieu les tessons de bouteilles: ce matériau est incassable. Un autre avantage non négligeable est que l'on n'aura plus à se passer de vin ou à pousser le bouchon dans la bouteille lorsqu'on sera dépourvu d'un tire-bouchon. Socialement, on peut éventuellement s'imaginer boire du mousseux à la canette les jours de grande soif, mais un rouge ou un rosé.... Côté distribution, on trouvera ce tout nouveau produit dans les sandwicheries et les snacks.

De très jolies étiquettes. Economiquement, ce nouveau produit nous démontre que le vin français, dans sa forme et dans sa présentation, se voit chahuté tous les jours, l'obligeant de fait à se remettre sans cesse en question et à évoluer. Le vin français souffre de la mondialisation? Et alors! Qu'il attaque cette mondialisation, qu'il se montre plus fort, qu'il se rende meilleur, qu'il fasse preuve d'ingéniosité à son tour! La meilleure défense, c'est l'attaque! Certains ont déjà trouvé la parade en ornant leurs bouteilles de très jolies étiquettes. Quant à ce nouveau produit dont l'identité même reste encore floue (Vin en cannette? Pas beau! Premium Wine? Imprononçable! Vin Barokes? Aucun sens!), on peut lui souhaiter bon vin bon vent. Et de ne pas faire un pschitt.

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jeudi, 30 août 2007

L'Ardêche tête bêche.

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Domaine de Peyre Brune, Beaulieu, Ardêche.

Il faut bien admettre que si l'on devait demander au premier quidam venu de nous citer un vin ardéchois, ce dernier en serait pour son compte. J'eus été "ce dernier" moi-même avant d'y mettre les pieds, je l'avoue. La région est classée en VDP (pour sa grosse part) et en AOC (Côteaux du Vivarais, voire Cornas - mais village à part dans le paysage viticole ardéchois il faut bien le dire). De retour de la "Corse Continentale" (ou "Corse des Pauvres"), je me fendrais bien d'une lapalissade du style "cette région possède bien des atouts, tant sur le plan touristique que sur le plan gastronomique", mais je n'apprendrais rien à personne. Outre ces deux (bons) plans, il s'avère qu'un troisième mérite qu'on s'y attarde: le vinicole. Ce qui tombe bien.

Hippies-chic. Ma première approche avec le vin ardéchois s'est faite dans un de mes endroits préférés, surtout pour le vin : un supermarché. Champion, ça va de soi. Certains maris passent des heures dans leur voiture à lire Tiercé Magazine pendant que madame pousse le chariot. Pendant que Dorothée arpente les rayons à la recherche des plus beaux produits régionaux (les marchés sont devenus insupportables avec ces cars de retraités, ces hippies-chics qui se la jouent "terroir" et ces otochtones qui vous snobent), je squatte littéralement les rayons liquides des grandes surfaces.  

A la limite de l'onctuosité.  L'on trouve en Ardêche essentiellement des vins de cépages (c'est à dire élaborés d'après un seul type de vigne : 100% chardonnay, 100% merlot...). Les Vignerons de l'Ardêche proposent des syrahs et des merlots dont ils n'ont pas à rougir. Ceux que j'ai pu boire ne présentaient pas d'aspects radicalement rédibitoires! Un nez souvent gourmand pour la syrah, et de fruits noirs pour le merlot. Convenablement concentrés, bien équilibrés, ils se boivent volontier frais et se marient très bien avec les plats légers que l'on peut se concoqueter sous pareilles chaleurs. Je reprends une note que je fis sur un merlot 2006 (VDP des Côteaux de l'Ardêche) de la Cave Lablachère tant se dernier me surprit : Nez de griottes, de thym et de garrigue évoluant sur des petits fruits rouges. Notes animales. Jolie fraîcheur malgré l'attaque un peu ronde. Une bouche sur une minestrone de fraises. Finale animale et boisée. Tanins fondus. Si les chardonnays m'ont moins séduit, le viognier restera comme le vin qui m'a vraiment offert beaucoup de plaisir. Et je ne fus pas le seul! Le Viognier est un cépage ancien des vignobles de Condrieu et d'Ampuis. On le retrouve également dans un grand nombre de Vins de Pays du sud de la France où il est souvent vinifié seul. Il donne un vin de grande qualité, gras, souple à la limite de l'onctuosité, d'une très grande finesse, très parfumé. On lui prête des arômes tel que l'abricot, la pêche, la mangue mais aussi la fleur d'amandier, d'aubépine.

Grands Vins de l'Ardèche. Côté viticulteurs, le merlot du Domaine de Cassagnole à Casteljau fera parti du folklore local. Le but et l'intérêt de l'assemblage 95% sauvignon, 5% viognier demeurera une énigme. Par contre, on relèvera le joli merlot  de Marina et Régis Quentin, au Domaine de Peyre Brune à Beaulieu. Foncé, puissant et évoluant sur des notes de griottes, ce vin offre un beau potentiel, aspect qui m'a également attiré. Il accompagnera des viandes rouges mais aussi des charcuteries. Le sauvignon de cette sympathique Marina (arrivée précipitemment et expressément des préparations aux vendanges pour nous) fit également des émules et on a déjà hâte de le sortir à l'apéro mais aussi sur des entrées (telles que des noix de Saint-Jacques) ou un fromage. Enfin, la preuve que l'on peut faire du grand vin en Ardèche se trouve au Château de la Selve à Grospierres. Si le Serre de Berty (60% syrah, 30% merlot, 10% grenache) apparaît comme la cuvée phare de Benoit Chazalon, j'ai personnellement retenu la cuvée Beaulieu (60% cabernet, 30% grenache, 10% merlot) dont le nez, le gras, l'onctuosité et la matière (pour ne citer qu'eux) me rappelèrent, étrangement d'ailleurs, le Chinon de Bernard Baudry et le Cahors de Lacapelle-Cabanac, pour l'esprit, la générosité, la complexité et l'élégance. J'allais oublier le très joli rosé de Jean-Duc (à qui je passe un très chaleureux bonjour) et des Vignerons de La croisée de Jalès. Premier vin ardéchois dégusté bien frais le premier jour, il arriva à point nommé et eut toute ma considération.

En substance, entre petits vins modestes, cuvées plus élaborées et grands vins, l'Ardèche mérite tout à fait amplement sa place dans le paysage viticole français. Cette région, en dehors des splendeurs naturelles qu'elle offre comme chacun sait, mérite vraiment d'être découverte pour sa production viticole. Et pas seulement en visitant les travées des supermarchés comme certains incultes touristes peuvent le faire. 

Informations complémentaires sur les vins d'Ardèche : ici!

 

Le Bonheur Est Dans Le Pré

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Casteljau en Ardèche-Sud.

La rencontre avec un vigneron ou une vigneronne réserve toujours des moments magiques. Je l'ai vérifié maintes fois depuis le temps que je frappe à leurs portes. Mais cette tournée dans des grands ducs 2007 aura battu tous les records tant et si bien que je ne sais par quel bout commencer! Peut-être devrais-je tout simplement vous conter mes dégustations, mes coups de coeur et autres pérégrinations bachiques dans l'ordre chronologique. Et géographique. Ou le contraire! Certes, de l'Ardèche au Mâconnais, en passant par les Côtes du Rhône méridionales via les Côteaux du Vivarais et ceux du Tricastin, en fermant les yeux sur l'A6 à la simple vue de la sortie pour Tain l'Hermitage et Condrieu, je trouvai invariablement un même point commun entre ces fabriquants de bonheur que sont les vignerons : leur acceuil de plus en plus chaleureux. Les vignerons l'ont bien compris : nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir leur rendre visite et déguster leur vin chez eux plutôt que s'en remettre au responsable quincaillerie en transit dans le rayon vin de notre supermarché. Les caveaux de dégustations qu'ils nous façonnent pour nous acceuillir sont de plus en plus charmants. Entrer dans ces caves fraîches et délicatement éclairées où tonnelles, collections de tire-bouchons et autres objets relatifs aux vins rivalisent est un véritable délice. Certains aménagent même des petits espaces pour les enfants! Et quel plaisir ils prennent à nous parler de leur travail! 

Descentes armées. Les vendanges ont commencé pour les blancs en Ardèche, on voit des machines dans le Mâconnais et l'on ne saurait tarder en Rhône. Il fut destabilisant de constater les grosses chaleurs en début de semaine, synonymes de concentration et d'alcool, puis de voir la pluie faire son apparition mercredi. Intéressant de tomber sur l'oenologue Antoine Tisserand, sortant de chez Dominique Cornin à Chaintré, la bouche pleine d'"acidité", de "PH" et de "fermentation malolactique" pour conclure que ce millésime ne serait pas celui des plus faciles. Surprenant de constater de part et d'autre de la France que les quelques jours qui précèdent les vendanges sont peut-être plus primordiaux que les 350 et quelques autres écoulés! Regrettable de constater la lourdeur que représente cette phase clé du travail vigneron eut égard au manque cruel de personnel, à la lourdeur administrative et aux descentes de gendarmes armés jusqu'aux dents pour des raisons absconses. Le contrôle d'identité vichyiste est décidément sévèrement ancré dans les gênes de l'administration française. Il semble surtout que certains dans ce pays s'acharnent de toutes leurs forces à enterrer le vignoble français. A le déterrer, devrais-je dire. 

Bleuffé par le viognier. Nombreux, donc, seront les thèmes à aborder sur vinsurvin dans les semaines à venir. Mais pour finir cette entrée en matière, j'aimerais mentionner le vin qui m'aura le plus séduit lors de cette dizaine de jours sur les routes de France et de Navarre. Il s'agit d'un 100% viognier élaboré par les Vignerons Ardéchois. Un VDP des Côteaux de l'Ardèche d’une grande finesse, aux notes d'abricot, de violette et de mangue. Un pur bonheur au nez et en bouche pour 4,20€. Ce vin m'a tout simplement bleuffé et restera certainement le symbole de ce périple dans le Midi.

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Chapardeur de chardonnay à Chaintré (71) méritant d'être embarqué par les gendarmes.

samedi, 18 août 2007

Du vin à 99 pour sang.

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Aujourd'hui, j'ai reçu un coup de fil important. Il provenait du Centre de Transfusion Sanguine de Rennes (CTSR), suite au don de sang (enfin, de "sang") que j'ai fait cet été en Bretagne. Si Sous le Pont Mirabeau Coule la Seine, rien n'est moins sûr que sous mon épiderme coule du sang.

- Monsieur Vinsurvin? me demanda une voix féminine se voulant rassurante.

- Lui-même, répondis-je, un large sourire au lèvre.

- Mademoiselle Garou à l'appareil, je suis médecin recallé des hôpitaux de Dunkerque et je vous appelle suite au don de sang (enfin, de "sang...") que vous avez bien voulu consentir cet été en Bretagne.

- Heu, oui..., répondis-je, essayant tant bien que mal de dissimuler une inquiétude grandissante. Que va-t-elle m'annoncer mademoiselle Garou? Que j'ai une cirrhose? Que je n'en ai plus pour longtemps à vivre? Qu'il faut que je fasse mon testament? "A mes enfants les CD je lègue. A ma femme le découvert je cède. Avec moi le vin j'emporte." 

- Rien de grave Monsieur Vinsurvin, tenta-t-elle vainement de me rassurer, ne vous inquiétez pas. Avez-vous un peu de temps à m'accorder afin que je vous fasse un rapide compte-rendu des analyses effectuées sur les 75cl de sang (enfin, de "sang"...) prélevés en juillet dernier dans notre centre de Binic?

- Rien de grave? Mais je ne m'inquiétais pas! Comme si je me faisais un sang d'encre! répondis-je avec le cran (et l'humour) qui me caractérisent. A ce moment là, ma voix sembla comme dérailler, trahissant un perte de contrôle de la maîtrise de mon calme. Je vous écuuuute.

- A la lumière des analyses et des recherches complémentaires effectuées sur un échantillon de votre sang, il apparaît que non seulement ce dernier ne peut être transfusé à aucun patient mais qu'en outre il semblerait qu'on ne puisse décemment appeler ce qui coule dans vos veines du sang tant ce dernier est marqué, si ce n'est contaminé, à 99%, par une présence excessive de vin multicépagé, m'expliqua la dame d'un trait, un peu comme les commentateurs de courses hippiques dans les 200 derniers mètres avant l'arrivée d'Idéal du Gazeau au Prix d'Amérique en 1983 quand tonton Jean-Clause faillit m'arracher le bras au bord de l'hippodrome de Vincennes tellement il était sûr qu'il allait remporter le tiercé dans l'ordre. Puis elle ajouta qu'elle me passait le docteur Dracu qui me fournirait des éléments supplémentaires.

A ces mots, je n'eus pas de coup de sang à proprement parler. Bien au contraire. Hors de question de me faire du mauvais sang puisque je n'ai pas le vin mauvais. Je gardai donc, comme d'habitude en pareilles occasions, mon sang froid. Cependant, bien qu'ayant le sang chaud, qui peut se plaindre d'avoir ce noble liquide à couler dans ses veines?

- Ui, 'teur Acu à l'abareil, 'bjour. J'eus immédiatement l'impression d'être en communication directe avec Michel Rocard revenu du diable-vau-vert. Puis il poursuivit. Il apparaît donc, comme vous l'expliquait ma consoeur, que nous sommes manifestement en présence ici d'un phénomène dit d'acidocétose aigüe combinée à une méthémoglobinémie (dite de Dionysos) symptomatique de l'oenophile urbain. En clair, il faudrait modérer vos...

- Consommations, l'interrompis-je, je sais, un verre ou deux par semaine, c'est encore trop?

- Mais pas du tout! Vos angoisses! Il faut modérer, voire maîtriser, vos angoisses. Parce que, pour faire simple, quand certains se font un sang d'encre, vous, vous voyez tout de suite rouge. Alors qu'il n'y a pas lieu.

A ce moment là, il y eut un blanc. Puis il reprit.

- Ne vous inquiétez pas il s'agit d'un phénomène classique et votre cas est bénin comparé à d'autres. Nous avons toutes les raisons d'être optimiste! s'enflamma-t-il pendant que je me liquéfiais sur place.

- Optimiste, c'est-à-dire?

- Il s'avère qu'après analyse de votre... vin, par nos plus grands sommeliers, la dominante syrah-grenache-carignan est excellente : très belle couleur rubis profond, nez expressif dévoilant des notes confites de fruits mûrs réhaussé d'épices douces et d'un boisé déjà bien fondu. La bouche est ample, soyeuse, dense et pure, relativement complexe, soutenue par une fraîcheur fruitée et des tanins fermes. La finale est longue, soutenue par les fruits et les épices. Vraiment un très beau millésime! Voilà qui vous met en outre à l'abri d'un grand nombre de soucis cardio-vasculaires! 

- Pas de quoi s'inquiéter alors? 

- Pas de quoi.

- Vraiment?

- Du tout.

- On ne change rien?

- Consommation de vin modérée, alimentation soignée, activité sportive régulière. Et brossage de dents matin et soir. Voilà, au revoir, monsieur.

- Au revoir docteur. Et merci!

- Oh, une dernière question. Dites-moi? Où donc achetez-vous votre vin? 

vendredi, 17 août 2007

La hiérarchie dans le vin.

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Madame Le Cointre est devant le rayon vin de son supermarché préféré. Champion. Le supermarché Champion. Normal, elle a la carte fidélité qui lui permet d'accumuler des points qui lui permettront, lorsque comptables par millards, de s'offrir un magnifique cadeau (auquel il lui faudra ajouter 30€) tel qu'un sèche-cheveux, une caisse à outil (facom) ou un service pique-nique 12 couverts, qui cassera dans les six mois.  Au rayon vin disais-je puisqu'il lui faut choisir une (ou deux) bouteilles de vin rouge pour accompagner le repas de dimanche prochain. Son beau-frère et sa belle-soeur viennent pour l'anniversaire de leur fils (Richard), un grand sec, niaid et laid, qui a redoublé trois fois et qui s'apprête à entrer en BEP mécanique au Creusot. Seulement, la mère Le Cointre, en vin, elle y connaît que dalle. De toute façon, ce sera du bordeaux. Pour l'aider, un tant soit peu, voici, de façon non exhaustive, la hiérarchie dans les vins français. Plus on monte dans la liste, meilleur le vin est sensé être. Sensé, car comme vous le savez certainement, certains vins du bas de la liste sans parfois bien meilleurs que certains du haut. C'est un peu comme au boulot, quoi, t'as des chefs qui valent pas un coup de cidre quand certains manoeuvres doivent tout leur apprendre. Au chef.

A l'intérieur de L'AOC (l'appellation d'origine contrôlée), qui fixe les critères de qualité du vin en question et garantit son origine, on peut discerner par ordre croissant de qualité:


1. La région
2. La sous-région
3. La localité
4. Le cru

1. REGION. Exemple, VIN de BOURGOGNE. APPELLATION VIN DE BOURGOGNE CONTROLEE. Cette catégorie est extrêmement vaste puisqu'elle couvre 450 000 hectares et près de 400 millions de bouteilles! Elle englobe aussi bien les villages autour d'Auxerre (comme Chablis) que les Côtes de Beaune et de Nuits, le Mâconnais et même le Beaujolais! Côté cépage, on peut donc trouver dans une appellation "bourgogne" des cépages complètement différents d'un vin à l'autre! Ici, un gamay (Beaujolais), là un pinot noir (Beaune). En outre, le terroir et la vinification du vin n'est pas ce qui se fait de plus raffiné. (Exemple de sous-région Bourgogne: Côtes de Beaune).

2. La SOUS-REGION. Côte du Rhône par exemple est une sous-région. La région est, elle, Vallée du Rhône. On peut commencer à trouver des choses très bonnes. Surtout si "Récoltant" apparaît sur la capsule verte qui recouvre le goulot de la bouteille.

3. LA LOCALITE. Exemples : Saint-Nicolas de Bourgueil, Chinon, Gigondas, Cahors, Aloxe-Corton... Il ne devrait pas y avoir tromperie sur la marchandise. La localité assure une très bonne qualité dans la grande majorité des cas. On trouvera donc sur la bouteille : Appellation Chinon Contrôlée.

4. LE CRU. Il fait référence à des terres (appelées climats en Bourgogne), aux situations géographiques et aux compositions géologiques particulièrement remarquables. Ces vins sont vignifiés avec beaucoup de précaution car ils appartiennent à la famille des vins exceptionnels. Le terme Cru classé est autorisé pour les vins ayant fait l'objet d'un classement officialisé. Les termes Premier Cru et Grand Cru sont autorisés lorsque les vins désignés correspondent à des normes de qualité fixées par chaque région viticole (Bordelais, Bourgogne, Champagne, Provence). 

5. Les Grands Crus Classés. Les Grands Crus Classés sont bordelais. Etablie en vue d’une présentation des vins de la Gironde, dans le cadre de l’Exposition Universelle de Paris - à la demande l’Empereur Napoléon III, la rédaction du classement (publié le 18 avril 1855) fut confiée par la Chambre de Commerce de Bordeaux, au “Syndicat des Courtiers de Commerce” auprès de la bourse de bordeaux.
Sa mission était d’officialiser une classification basée sur l’expérience de longues années et qui correspondait à la reconnaissance de la qualité du terroir et à la notoriété de chaque cru. Les éléments furent puisés aux meilleures sources.

6. LES VDQS, les VDP et les VDT. Rejetons de l'AOC, les Les Vins de Qualité Supérieure (VDQS) constituent une catégorie intermédiaire entre les vins de pays et les AOC. Le Saint-Pourçain par exemple en fait partie. ON en trouve de très bons! Les Vins de Pays (VDP) sont des vins de table personnalisés par une provenance géographique. Un vin de pays doit provenir exclusivement de la zone de production dont il porte le nom. Il répond à des conditions strictes de production fixées par décret. Les Vins de Tables (VDT) ont droit à la dénomination « vin de table français » s’ils sont d’origine exclusivement française (vin issu d’une même région ou de vins de régions françaises différentes). S’ils se composent d’un assemblage de vins issus de différents pays de l'Union Européenne, ces vins porteront la dénomination "mélange de vins de différents pays de la Communauté européenne". En règle générale, ces deux dernières catégories n'offrent pas ce qui se fait de mieux en France. Mais ne nous méprenons pas : certains viticulteurs dont le vin est excellent (Coste, 34) ne prennent pas (ou plus) la peine de faire les démarches pour obtenir l'AOC car parfois trop contraignant, dans le sens où il prive certains vignerons de la liberté dont ils aiment jouir (notamment dans les assemblages), et lourd administrativement. En outre combien de fois ai-je dit que nombreux vins AOC sont imbuvables, ce qui dévalorise cette Appelation d'Origine Contrôlée de plus en plus obsolète?

 

   

vendredi, 10 août 2007

De l'égard pour Edgar.

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Hier soir, chez Edgar. Pas de Poe, le menu du Square (227, rue Marcadet, Paris 18), quoi qu'alléchant, ne nous dit rien. Le Jujubier (129, rue Legendre) est fermé. Reste ce restaurant un peu plus bas dans la rue Legendre qui, il y a encore peu, s'appelait Le Morosophe et se nomme aujourd'hui Edgar. En espérant que la soirée soit fantastique. La carte est séduisante. La décoration est classieuse, épurée, jouant entre gris, beige et marron glacé. La lumière provenant des spots du plafond est agressive et l'on regrette, à la nuit tombée, qu'elle ne se fasse pas plus discrète, surtout avec du jazz (un peu dépressif) en fond sonore. L'ambiance se veut chic mais pas guindée. L'acceuil est chaleureux.

Nous optons en entrée pour des marinade d'écrevisses à l'huile de truffe sur son lit de céléri remoulade et un duo de saumon en sashimi et mariné, coulis de mangue et caramel de soja. Dans les deux cas, la présentation est très soignée. La première entrée est fade. Le saumon manque également d'assaisonnement mais l'idée est bonne, le met est fin et le plaisir prend forme grâce au Mercurey dont l'acidité et les notes de citron jaune notamment relèvent l'ensemble. Acte I : convenable.

A suivre. Elle : un risotto crémeux au parmesan et pousse d'épinard, et sa brochette de gambas grillées. Très bon, rien à redire. Lui : filets de dorade royale poêlés, tatin de navet au miel au sirop de vin rouge à la canelle. Filets avec un "s"? Mais il n'y en a qu'un! Un malheureux filet de dorade avec un tatin riquiqui et au "croquant" pas très agréable. Ne nous méprenons pas, je ne suis pas venu pour m'empiffrer. Bien au contraire. Mais, tout de même, l'impression d'être servi chichement devient une réalité. Surtout après l'entrée, délicate dans l'esprit, mais très sobre en quantité. Cependant, le filet de sauce accompagnant le filet de dorade est, lui, délicieux. Moi, cynique? Acte II : satisfaisant chez Dorothée. Trop juste pour votre humble serviteur. Où pas de chance ce soir là! Pas le temps de faire une pause, le service est bien trop rapide.

Place aux desserts. Je prendrais bien une assiette de fromage pour me remplir le ventre pour accompagner le vin blanc. Mais il est aux abonnés absents. Pas grave (heum). De fait, ce sera, dans l'ordre, un millefeuille de mascarpone aux fruits rouges et tuiles aux amandes  et un cassolette de poires au romarin et miel d'acacia (servie dans un verre à cognac, accompagné d'une boule de vanille). Acte III : très bien. 

Et côté vin? Impossible de manquer l'intérêt (si ce n'est la passion) du maître des lieus pour la Bourgogne. Il vient de Dijon. Et ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre! En Cote de Nuit rouge (fautes d'orthographes comprises) : Vosnes Romanée 2004 et Clos Vougeot 1er Cru 2001 (Domaine Mongeard Mugneret) ; Nuits Saint-Georges 1er Cru 2002 (Domaine Faiveley). En Côte de Beaune, on relève un Savigny-lès-Beaune 2004 (sans tiret, sans accent grave, sans "B" majuscule) ainsi qu'un Aloxe-Corton 1er Cru de chez Joseph Drouhin. Nous optons pour un vin de la Côte Chalonnaise, donc ; bien qu'un Chassagne-Montrachet nous tend les bras (enfin, un seul, vu le prix!). Notre Mercurey "Clos Rochette" 2005 du Domaine Faiveley m'est fait goûter chambré. Au secours. A la fin du repas, baignant dans le seau à la glace, il est... glacé! Bonjour les écarts de température. Entre chaud et froid, le vin (qui a souffert) se révèle quand même très bon. La carte des vins est donc très soignée. Pas comme le service. Au final, l'impression générale est mitigée. Si l'on sent que la maison vise la qualité et la finesse, rien de fantastique, ni de catastrophique ne se produisit hier soir chez Edgar. Si ce n'est ces bruits de pas étranges derrière nous sur le chemin du retour. 

Voir par ailleurs la critique d'A Nous Paris: Chez Edgar.

jeudi, 09 août 2007

Femme, je mets le Paquet.

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A bien y regarder, il faut quand même que je fasse un kilomètre à pied pour trouver un très bon caviste dans le quartier. Que de la côte en plus! Pour un peu, il s'agirait presque du troisième parcours oeno-touristique de la saison (après la Loire Valley et le Languedoc): La Route des Vins en Montmartre! Pour se rendre Cave Caulaincourt, descendre l'avenue de Saint-Ouen vers La Fourche, prendre la rue Etex à gauche en face de la Poste. Longer le cimetière Montmartre. En haut, bifurquez à droite, un tout petit bout de rue Joseph de Maistre, puis tout de suite à gauche, rue Tourlaque. En haut: à gauche, rue Caulaincourt. Trottoir de droite, grimpez jusqu'au 50, chez Vincent Chartier, première halte de notre parcours oeno-touristique montmartrois. Nous nous rendrons ensuite aux vignes, puis chez Jojo (rue des Trois Frères). 

Un vin plus meilleur. Tout ça pour acheter un Mâcon-Chaintré... Non, parce que j'aurais pu aller au Champion ou au Nicolas en bas de chez moi, qui proposent le même type de produits ; quoi que, Champion est quand même un ton au-dessus. Surtout sur le bordeaux à 1,99€. Et puis, le gars du rayon surgelé s'y connaît quand même mieux que les deux VRP de la rue Guy Môquet (Ah, ouais, ça c'est du bon vin! Celui-là? Différent, mais plus meilleur.) 

Too bad. Vincent Chartier est vraisemblablement en vacances. Le chaland est acceuilli par une femme. Heum. Anglaise! C'est bon, j'me casse. Charmante. Je reste. Et puis je sais ce que je veux. Je n'ai pas besoin de conseils. Nous serons trois à prendre l'apéro ce soir. Dont un homme. Il me faudrait donc un blanc, fruité, vif, voire fleuri pour les deux personnes m'accompagnant. En l'occurence, ma femme, et Anne-Marie, ma voisine de palier. Je pense à un chardonnay. Une région? Bourgogne. J'ai envie d'un Savigny-lès-Beaune. Il n'y en pas en blanc. Too bad. Va pour Pouilly Fuissé, alors. Quoi qu'un Mâcon-Solutré me ferait plaisir. Mon caviste est approvisionné par un certain Jean-Paul Paquet dont j'ai jadis goûté le Pouilly-Vinzelles, un joli petit vin. Je repère son Mâcon-Chaintré, Domaine des Granges, 2005. 10,50€ en magasin. Vous m'en mettrez un. Merci. Good-bye.

Trop propre pour un homme. Le vin a beaucoup plu à ces deux dames. Normal quand on met le Paquet. Et c'était bien le but : trouver un vin qui s'adresse à elles. Et ce vin? Très souple (trop à mon goût), rond (bien trop), manquant de vivacité, d'acidité et de longueur en bouche. Bon cependant, floral, doté d'une certaine élégance, mais trop "propre" à mon goût. Pour un homme, quoi. Un vin intéressant lorsque l'on veut découvrir le domaine : mâconnais comme oenophile. Il faudra désormais goûter le Pouilly-Fuissé de Jean-Paul Paquet, qui, malgré ce "petit" Chaintré, n'aura vraisemblablement pas besoin de le mettre pour me contenter.

La Cave Caulaincourt, 50 rue Caulaincourt, 75017 Paris, 01.42.54.74.36.

mardi, 07 août 2007

La Route des Vins en Languedoc.

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Le Pont du Diable, vers Saint-Guilhem du Désert, Hérault.

La Route des Vins en Languedoc. Vous ne trouvez pas ce titre un peu... vague? Non parce que j'aurais pu être encore plus vague avec La Route des Vins en Languedoc-Roussillon. C'eût été fichetrement imprécis, vous en convenez. C'eût en effet sous-entendu que l'on se fût promené sur une distance de 150 km (Montpellier-Perpignan) et traversé un nombre d'appellations invraisemblable (dit-il avec l'accent chantant du sud de la France). Lesquelles, d'appellations? Cabardès, Côteaux du Languedoc, Faugères, Muscats, Saint-Chinian, Limoux, Fitou, Costières de Nîmes, Corbières, Minervois, Côtes de Roussillon et Côtes de Roussillon-Villages, Collioures et Banyuls, et enfin Maury. Mais revenons à moutons, après la Loire, direction l'Hérault. De Paris, prendre l'A75, pour faire large, ou suivre ces indications. Attraction n°1: le Sacré Coeur, vu du périf intérieur. Attraction n°2, quelques kilomètres plus tard: le viaduc de Millau, puis le Parc Régional des Grandes Causses (où Bové jadis gardait ses moutons) et ce paysage lunaire absolument éblouissant. Nous allons ensuite entrer dans le Lodévois, point d'orgue de notre périple.

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C'est là qu'on va? Ben ouais.

Beau comme un joueur de pelote basque espagnol. Nous avons quitté l'A75 pour prendre la N109. Première rencontre après coup de téléphone (pour nous annoncer et nous assurer que notre homme est là) avec Monsieur Coste à Saint-Félix de Lodez. Première dégustation sur un 100% Sauvignon planté sur 1 pauvre hectare à quelques encablures. Délicatement appelé Chemin des Fées, rien d'étonnant pour un magicien comme Coste, succombez à vos premiers émois: un nez pimenté de garrigue et de thym et de miel, un vin floral, rappelant l'aubépine mais aussi les fleurs de pêches de vignes. Goûtez, en rouge, ce VDP Monade du millésime proposé. Assemblage de Syrah, de Grenache et de Carignan (j'y mets des majuscules car je vénère ces cépages), un peu frais (surtout pas chambré, malheureux!), avec une tartine de gros pain de campagne beurré à la tapenade d'olives noires... sur ce, bonsoir. Guilhem Coste, sorte de Hugolin héraultais beau comme un joueur de pelote basque espagnol, passionné de Vin comme un enfant de train électrique, vivant comme un taureau nîmois : à ne manquer sous aucun prétexte. Et vous lui passerez le bonjour!

A deux pas d'ici, prendre la D141 vers Montpeyroux pour goûter des vins plus amples, plus charpentés et dignes des plus belles corbeilles de fruits du pays. Allons chez Marc Cros du Domaine de l'Horgrand! L'acceuil est à lui seul un pur moment de bonheur. Dommage qu'en août les olives dans la cour ne soient pas mûres... L'amour de leurs pays, le goût du travail bien fait et la passion pour les vins fins et élégants (la touche de Madame Cros à n'en pas douter!) se retrouvent dans ce qui apparaît comme le cru numéro un des Cros. Issu d'un assemblage de carignan, cinsaut, syrah et grenache, la robe est profonde, presque noire, aux reflets pourpres. Côté arômes, les petits fruits noirs tels que la mûre ou la cassis cèdent rapidement la place à des notes de fruits mûrs, de cerise confite mais aussi de pain toasté. Poivre, épice et cannelle apparaissent en finale. La bouche est ample, grasse, fruitée, d'un beau volume. Elle est embellie par des tanins amples mais pas exhubérants. Un très joli vin, à l'image de la rencontre avec ce charmant couple.

Poursuivons vers le joli petit village de Puéchabon: D141 à la sortie de Montpeyroux (vers l'est). Passage à proximité du Pont du Diable: attention, paysage somptueux! A gauche, c'est la route vers Saint-Guilhem Coste du Désert, superbe village (genre classé dans les plus beaux villages de France, mais où pullulent pléthore de touristes. A vous de voir, c'est le cas de dire. Sinon, ça vaut le coup de manger dans ce resto en plein air en bord d'Hérault sur la droite en entrant dans le village). D27 puis D32 pour Puéchabon afin de rendre visite à Géraldine Combes dont j'ai découvert le Chasseur des Brousses... chez Lavinia, bd de la Madeleine! Un vin typique de la région: frais, jeune, gouleyant, à déguster entre copains sur une viande ou des grillades. Goûtez l'huile d'olive maison: une pure merveille! Voir note vinsurvin ici (avec photo Pont du Diable en prime!).

Seulement trois vignerons? Oui, seulement trois! Car kyrielle de vignerons-éleveurs vous trouverez en sillonnant les routes de cette magnifique région, et notamment dans les trois villages dont je viens de vous faire les éloges. Il faut dire aussi qu'entre chaque visite, vous en aurez des choses à faire. Pas très loin, au nord de Saint-Guilhem du Désert, vous plongerez dans le Cirque de Navacelles. Au nord-ouest de la ville de Clermont-l'Hérault (que vous aurez visitée, elle, son marché et sa foire au vin) se trouve le Lac du Salalgou (destiné à refroidir une centrale nucléaire qui dut un temps s'installer aux abords du magnifique village fantôme de Celles, abandonné pour la cause puis reconquis par une bande d'irréductibles européens). Campeur, va au Moulin de Siau: à l'ombre, calme et pas cher. Bonne route, bonnes visites, bonnes dégustations!

Les coordonnées des vignerons (et ronnes) mentionnés ci-dessus.

Guilhem Coste, 4 Placette, 34700 Saint-Félix de Lodez. (Téléphone disponible sur demande sur  vinsurvin)

Marc Cros, 5, rue du Barry, 34150 Montpeyroux, 04.67.96.68.40

Géraldine COMBES, Au Mas des Brousses, 34150 PUECHABON TEL/FAX : 04.67.57.33.75

PETITE REVUE PHOTOS

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Les Gorges de l'Hérault
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Descente vers Navacelles
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Celles
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Village héraultais
(Photos VINSURVIN.)

 

vendredi, 03 août 2007

La Route des Vins en Loire.

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Certains se demandent par quel bout commencer pour s'en débarrasser.

Bonjour, bonjour! Heureux de vous retrouver après ces quelques semaines en mode silence. En espérant que vous avez passé de bonnes vacances ou que vous vous apprêtez (enfin!) à quitter le boulot pour vous rendre sur votre lieu de villégiature. De mon côté, pas d'anecdote du style Le Vin En Bretagne ou Les meilleurs Vignerons Bretons : c'est ici, puisque je me suis contenté de déguster mes bag-in-box de merlots languedociens et autres rosés du Gard, fort sympathiques ma foi, à l'aide de quelques acolytes, fort sympathiques ma foi, aussi. L'on trouve pourtant de longues et larges étendues vertes sur les plages bretonnes. Et certains se demandent même par quel bout commencer pour s'en débarrasser. Rien à voir avec la vigne par contre... Frustré de ne pouvoir fouler les vignes de mes amis producteurs, de palper des grappes ou de goûter des VDP sur la terrasse vers 6 heures du soir, je me vengerai dans quelques jours, du côté de Cairanne et de Gigondas. Entre autres. Et je vous raconterai!

Certains d'entre vous n'ont peut-être pas encore choisi de destination précise où se reposer. Vinsurvin vous propose quelques itinéraires oeno-touristiques afin de découvrir de charmants coins de France, de magnifiques vins élaborés avec amour par de non moins charmants producteurs et, cerise sur le gâteau, de rencontrer des vignerons qui sauront, mieux que moi, vous parler de leur vin. Aujourd'hui, la vallée de la Loire.

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LE TRIANGLE D'OR BOURGUEIL - SAUMUR - CHINON 

Réputée pour la richesse de ses vins qui oscillent, pour schématiser grossièrement, entre légèreté, fruité et caractère (on pourrait y ajouter élégance), la vallée de la Loire ne saurait être parcourue en un seul week-end. Je vous propose donc, dans un premier temps, depuis Tours, de prendre direction l'ouest sur la N152 (qui devient E60 par la suite) vers Langeais. Laissez-vous alors bercer le long de la Loire, également appelée Déesse des Fleuves (par moi, ben quoi?). Admirez la luminosité, les couleurs, les contrastes. Gardez un oeil sur la route. Visez les maisons troglodytes sur la droite. Déviez vers la D35, direction Saint-Nicolas de Bourgueil, ville de notre première rencontre.

Etape N° 1. Très bien indiqué à la sortie de Saint-Nicolas de Bourgueil, se rendre chez les très sympathiques Drussé (02 47 97 98 24). Jeunes vignerons, David et sa femme, Nathalie, se feront un grand plaisir de vous faire visiter leur cave troglodyte, de déguster le vin tiré à la pipette à même la barrique. Un lieu magique, un moment privilégié, un vin que l'on n'oublie pas. Photos, détails et commentaires, ici

Etape N°2. Au revoir David, au revoir Nathalie, merci pour la dégustation, et à très vite! Oh, un autre viticulteur, puis un autre, puis un troisième! Obligés de passer notre chemin... Et oui, il faut faire des choix car on aimerait s'arrêter chez tous! Petite scéance de frustration... Pas grave, on va se rattraper : direction Saumur! Des vins sensés être plus légers. Sensés seulement car certains Saumur / Saumur- Champigny s'avèrent très concentrés, puissants et possèdent un beau potentiel de garde. Voyez Le Petit Saint-Vincent de Dominique Joseph à Varrains (5 KM de Saumur) où quatre générations de vignerons se sont succédées à la tête d'une propriété à taille humaine. On dégustera notamment les cuvées Pelo et Crescendo. 100 % Cabernet Franc, des vignes âgées de 50 ans plantées sur un terroir argilo-calcaire sur tuffeau et vendangées manuellement. Couleurs soutenues, nezs intenses et complexes de fruits noirs bien mûrs, longueur en bouche, vins gras avec une belle structure. Tanins puissants mais fondus. Les vins de Dominique Joseph sont assurément parmi les meilleurs à Saumur.

A Varrains, l'on trouvera également refuge chez Didier Sauzay ainsi qu'au Domaine Lavigne.

Etape N°3. Restons sur la rive gauche de la Loire pour nous rendre dans ce qu'il convient de considérer comme la crême de la crême dans la région: Chinon, où une halte s'impose, on n'est pas aux pièces! Où sont les viticulteurs?! Sortir de Chinon. Prendre la D21 (pas la D8 pour ne pas rater le Domaine de Nueil de Laurent Gilloire!), puis à gauche vers la D44. Sur la route, avant Cravant, sur la D21 donc, remarquez cette jolie propriété à gauche: une tourelle, un porche, une belle bâtisse, nous sommes chez Laurent Gilloire. S'y arrêter pour sa magnifique Cuvée des Cigales. Laurent s'est essayé depuis deux ans à un vin plus raffiné, plus élégant: c'est une réussite totale. Mais le bougre nous gratifie également d'un Chinon typique avec son Vieilles Vignes. Rustique à première vue, ce vin nécessite de s'assouplir trois bonnes années avant d'offrir la quintessence du cabernet: du fruit, du corps, de la longueur, de la générosité, du plaisir. Les Cigales vous en coûtera dans les 7,20€ pièce, les Vieilles Vignes n'excède pas les 5€! Un rapport qualité / prix exceptionnel. Autre rapport oenologico-économique intéressant chez Christelle Pérais-Sourdais, à Cravant: 4,30€ le Moulin à Tan 2005! Personnellement, j'en raffole. Cette cuvée offre en bouche tendresse, sensualité et gourmandise. Rien que ça! A acheter les yeux fermés.

Pour terminer ce périple oeno-touristique, on ne peut pas ne pas goûter les vins de Bernard Baudry, toujours à Cravant-les-Coteaux. Dans une autre gamme mais à des prix restant raisonnables, Bernard Baudry fait battre le poul de Chinon dans ses vins. Rabelaisien dans la gourmandise et la générosité que confèrent ses millésimes à l'amateur, Bernard Baudry apporte une touche impressionniste à ses oeuvres. J'en veux pour preuve le Clos Guillot ou les Grézeaux qui auraient conduit un Monet, un Renoir ou un Van Gogh tout droit aux vignes pour les mettre en peinture.     

Notre première balade dans les vignes et chez les vignerons est terminée. Ne vous reste plus qu'à suivre ces traces! Il est toujours préférable de téléphoner avant de rendre visite à nos artistes. Cependant (mais ne leur dites pas que je vous l'ai dit!), il est parfois difficile de ne pas frapper à certaines portes tant elles semblent vous ouvrir leur bras et vous inviter à la conversation... et à la dégustation!  Je pense au Domaine Philippe Alliet, à Cravant, encore une fois! Bonne route, bonnes visites, bonnes dégustations!

Les coordonnées des vignerons mentionnés ci-dessus.

David Drussé, 1, Impasse de la Villatte, 37140 Saint-Nicolas de Bourgueil, 02.47.97.98.24

Le Petit Saint-Vincent, 10, rue Rogelins, 49400 Varrains, 02.41.52.99.95

Didier Sauzay, 93, Grand'rue, 49400 Varrains, 02.41.52.91.30

Domaine Lavigne, 15, rue des Rogelins, 49400 Varrains, 02.41.52.92.57

Laurent Gilloire, Domaine de Nueil (sur la D21), 37500 Cravant-les-Coteaux, 02.47.93.19.24

Christelle Pérais-Sourdais, 10, le Moulin de Tan, 37500 Cravant-les-Coteaux, 02.47.93.22.72

Bernard Baudry, 9, rue de Sonnay, 37500 Cravant-les-Coteaux, 02.47.93.15.79

 

 

jeudi, 02 août 2007

I'LL BE BACK

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VINSURVIN, bientôt de retour sur vos écrans...

 
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