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vendredi, 29 juin 2007

Bordeaux en bord d'Ouen.

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Vin fabriqué à la chêne.

Toi qui parfois viens errer sur ce blog, tu connais ma position sur le phénomène "bordeaux". Pour toi qui viens d'échouer ici pour la première fois, on dit que j'aurais une certaine dent contre les vins de cette région. Un complexe oenolo-freudien non résolu qui aurait engendré une phobie des vins situés entre la Garonne et la Gironde. D'après mon caviste. Mais cela est faux! La preuve en fut ce Saint-Estèphe, Château Clauzet 2003, Cru Bourgeois (Supérieur) du baron Velge dégusté le week-end dernier et qui offrit toutes les garanties économiques escomptées : ie d'un bon rapport qualité/prix. En effet, des "Vous nous comblez, Fabrice", "Magnifique: l'alliance de l'élégance et du caractère m'émeuvent presque, mon gendre (adoré)", ou encore "Un délice, Fabrice, tu ne cesses de me surprendre après treize mois de mariage" fusèrent dans l'assemblée réunit autour du flacon. Pas du genre à flatter mon égo, mon public ne tarit donc point d'éloges pour un vin qui ne m'offrit néanmoins aucune extase hédonisto-gustative. Mon côté "control-freak". Une très jolie robe griotte sombre aux reflets violets manifestes. Un nez franc, qui ne triche pas, marqué par les fruits noirs (cassis, mûre) ainsi que par la banane, le café fraîchement torréfié. Une bouche ample et concentrée d'un très bon équilibre avec une très belle longueur en bouche. Des tannins marqués mais délicats. La belle machine, quoi. La belle mécanique bien huilée, propre, qui tient la route, en fout plein la vue, type BMW, Mercedes. Cet épisode, aussi bref fut-il, m'interrogea sur mes goûts. Pendant qu'on se régalait autour de ce qui convenait d'appeler un très bon vin (enfin, un vin cher...), j'en étais à regretter un petit vin de pays d'Oc que je trouve à 4,30€ dans le bourg d'Aniane. Et dont je rafolle.

Qu'à cela ne tienne, les vignerons ayant cédé aux appels des sirènes Parkeriennes, la politique de "terroir-caisse" (dixit l'Expansion) de Michel Rolland, les marques produisant tout sauf du vin, les vins stéréotypés, asceptisés, sans aucun goût ni relief (bien que malhonnêtement qualifiés de "grands" ou de "bourgeois"), l'adulation girondophile des consommateurs lambdas mal avisés (voire floués) au détriment de vins issus d'autres régions françaises, sont autant de raisons qui me poussent naturellement à critiquer le tout-bordeaux (qui allie excellence et exécrable) et mettre en valeur les autres régions viticoles de France et de Navarre.

Il s'avère que je bois j'ouvre pas mal de bordeaux en ce moment eu égard à l'arrivage massif de vins issus de cette région ces derniers temps (j'ai encore trouvé une palette "Euro" devant mon immeuble ce matin). Certains rencontrent mon assentiment, d'autres finissent dans l'évier. Ou dans le civet de lapin fermier breton comme ce week-end. Avantage du bordeaux, c'est un vin passe-partout. Viande blanche, rouge, légumes, féculents, mets épicés, sucré-salé : le bordeaux n'est pas difficile. Peut-être car moins complexe, moins compliqué et intrinsèquement et gustativement plus abordable finalement qu'un vin de Bourgogne, un Languedoc ou un Chinon. A ce propos, j'ai remarqué qu'à chaque fois que je servais un bordeaux (qu'il m'arrivait donc parfois de trouver moi-même quelconque) on le trouvait "bon" autour de la table. Que le fait que de servir un bordeaux rendait les convives exempts de tout doute sur la qualité du vin. Par contre, on se méfie d'un vin issu d'une autre région. On n'ose pas. On esquisse un rictus gêné. Le bordeaux jouit incontestablement d'une formidable notoriété! A part chez le dernier récalcitrant avenue de Saint-Ouen!

dimanche, 24 juin 2007

LE VIN et LES 20-25 ANS.

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Y'en a marre-du-champomi! On veut du vin! (Mais on sait pas le quel choisir...)

Au coeur des préoccupations des professionnels du vin en ce moment, la désertification de l'intérêt des "jeunes" pour le vin. Raisons principales invoquées: Loi Evin anti-vin, lois sévères contre l'alcool au volant, complexité de la lecture des étiquettes et du produit "vin" en lui-même, préférences pour des produits alcoolisés "tendances"... Que faire alors pour attirer les jeunes (20/25-30) vers ce produit noble qu'est le vin? Vaste question. Je n'aurai guère la prétention d'y répondre mais, je vous propose en échange une synthèse de l'étude Vinexpo/BVA (que j'ai pu me procurer sur le site de Vinexpo). Jeune, vieux, ceci est pour toi.

20-25 ans: leur rapport à l'alcool

- Un Plaisir "assumé" sans culpabilité: « ça permet de s’amuser… on se sent plus dans la fête. » (Fr./Belg.), « ça permet de souffler, d’évacuer le stress » (Japon/USA)

- Un vecteur d’intégration au groupe: « On va pas boire un coca, ça ferait bizarre » (Belg.), « Une manière d’être comme les autres: on boit comme les autres » (USA)

- Une préoccupation "santé" latente: « Un sujet dont on entend parler », « J’ai pas envie d’être dépendant » (France), « Je commencerai à m’inquiéter si je prenais l’habitude de boire seule » (UK)

Les 20-25 ans : leur rapport au vin

- Un modèle d'une consommation maîtrisée, jamais excessive: « J'associe pas l'alcoolisme et le vin... le vin ça se sirote » (France), « On prend pas une cuite au vin » (Angleterre).

- Les représentations du vin comprennent aussi des notions de "bienfaits pour la santé". Même si elles ne constituent pas une motivation de consommation : «Un verre de vin tous les jours, il paraît que c'est bon...» (Belg.), «Il y a des médecins qui recommandent que les gens boivent un peu de vin » (France), «Il paraît que c'est bon pour la santé... le cardio-vasculaire... des effets sur le cerveau » (UK), «On entend dire qu'un peu de vin ça fait du bien » (USA)

-> Il semble donc que l’idée que le vin est «la plus saine des boissons alcoolisées» progresse...

- Des familiarités culturelles différentes.

"On a grandi avec le vin ! toujours vu du vin sur la table... mon père, sa cave... les visites de caves en vacances...fait partie de l'identité française" (France, Belg.), "C'était une consommation plus rare chez nos parents... mais le vin est devenu plus courant, moins exclusif" (Angl.), "C'est la culture européenne.... dans ma famille : des occasions spéciales..." (USA),, "C'est l'outre mer... jamais vu mes grands-parents boire du vin", "quand mon père revient des courses avec du vin, il l'annonce dès qu'il ouvre la porte" (Japon)

Les 20-25 ans: l'image et l'imaginaire du vin

France, Belgique: Une image qui différencie bien deux facettes complémentaires du vin : La facette "noble" / élitaire : « les grands crus... l'aristocratie... les grands domaines... les châteaux... les blasons... le smoking... la grande gastronomie... » La facette "rustique" / populaire au sens positif: «les petits vins.. l'artisanat du vin... le vigneron moustachu, bon vivant, généreux... les petits restos, la carafe de vin »

Angleterre: Proximité de l'Europe du vin, mais références prégnantes au Nouveau Monde : « la France bien sûr : quand on y va, on voit le vin partout, les paysages... l'Italie, l'Espagne, c'est dans leur tradition » ... mais aussi l'Australie... l'Afrique du Sud... l'Amérique du Sud » Une image du vin plus médiane (qui n'est polarisée ni sur le "rustique" ni sur le "noble") : « un petit côté classe, civilisé, mais décontracté... le vin s'adresse à tout le monde... dans les bars c'est assez courant, tout le monde en boit.»

USA et Japon: Plus focalisés sur la dimension « sophistiquée » de la consommation du vin. «C'est classe, smart... un côté un peu snob... pompeux... relations d'affaires... galeries d'art » (USA), « classe supérieure... gens riches...»

 

L'image du vin n'est pas "jeune": le buveur de vin est un homme ou une femme qui a plus de 30 ans... plutôt 35-40 ans... quelqu'un qui a de l'expérience... avec de bons revenus... marié."

 

Mais c'est ce qui fait son attractivité:  « Raffiné… éduqué », « cultivé… s’intéresse à beaucoup de choses… », Assagi dans son rapport à l’alcool: « quand on apprécie le vin, on ne se saoule plus », Hédoniste sélectif: « aime les bonnes choses », « Bobo »: « intello ouvert, sympa, un peu décalé. »

 

L’initiation au vin

 

Le plaisir gustatif n'est pas spontané. Il vient avec le temps, une certaine persévérance, et une éducation : « c'est à force de goûter que j'ai commencé à trouver ça bon... Il faut apprendre à aimer... un jour il y a comme un déclic et on trouve ça bon » (France), « il faut former son palais... faire des associations avec du fromage », (USA) « j'ai insisté pour essayer d'aimer le vin » (Japon).

 

Les 20-25 ans et le vin: les leviers de la consommation

 

L’image « mature » : un levier aspirationnel majeur, évoqué dans tous les groupes: «J'ai commencé à boire du vin quand j'ai fréquenté des gens plus âgés, pour être comme eux» (France), «J'ai continué à essayer, je voulais être capable de boire du vin comme une femme adulte» (Japon), «Si tu veux être un adulte, il faut que tu essayes et que tu t'habitues à en boire » (Japon), « Mes amis qui ont un job, qui commencent à gagner plus d'argent, choisissent plutôt le vin : on rentre dans un monde plus âgé » (USA), «A partir du moment où on boit du vin, où on l'apprécie, on est regardé différemment » (Belgique), La consommation d’alcool maîtrisée: une manière de boire « plus sage » et plus éclairée, « Le vin définit les gens plus raisonnables : le type qui a un verre de vin a l'air plus modéré, plus mature » (USA), "Un signe qu'on est plus posé, qu'on fait moins le fou », « C'est plus subtil » (Belgique), « J'apprécie l'effet progressif du vin.» (France).

 

Les 20-25 ans : les freins à la consommation

Les difficultés à savoir choisir et consommer le vin:

« C'est compliqué, y'a beaucoup de vins, chaque vin est différent, on peut faire des erreurs » (France), « Il y a des étiquettes qui nous disent : ça va avec le gibier : mais qui mange du gibier aujourd'hui ?!! » (France), « On sait que les blancs ça va avec les poissons par exemple, mais pas tous les blancs : alors on se demande lesquels » (Belgique), « Une chose qui me retient c'est que j'ai peur d'acheter une bouteille qui n'ira pas avec le repas »(Angleterre), « Il y a trop de marques, trop de styles de vins » (USA)

Une offre pléthorique, très diversifiée:

« Devant le rayon au supermarché, je suis perdu, y’en a trop… même chez l’arabe du coin c’est difficile de choisir » (France), « Entre les couleurs, les régions, les prix, les appellations, on ne peut pas s’y retrouver » (Belgique), « Les étiquettes ne donnent pas d’informations… au bout du compte, tout se confond un peu: on ne sait pas choisir » (Angleterre). « C’est compliqué, il y a trop de noms: on sait jamais quoi choisir » (USA), « Je comprends pas les écarts de prix: une bouteille de vin peut coûter 1.000 ou 20.000 yens» (Japon)

Les 20-25 ans et le vin: Attente

Le vin est un «grand classique» inscrit dans les fondamentaux culturels des pays concernés (sauf Japon) :

« On revient vers des choses authentiques, le vin fait partie de ça» (Angleterre), « Une tradition millénaire qui ne peut pas disparaître » (France), « Le vin sera toujours là : ça fait partie des valeurs basiques » (Belgique), « Il y le côté sacré du vin pour les chrétiens » (USA).

Perception d’une dynamique de l’offre et de l’image propre à le populariser davantage:

« A l’époque de nos grands parents, le vin pas cher c’était de la piquette infâme » (France), « Aujourd’hui, j’ai entendu dire que même dans les 1ers prix, c’est quand même correct » (Belgique), « Le vin avait un côté plus sacré pour nos parents: pour nous le vin devient plus simple » (Belgique), « Moins exclusif qu’avant » (USA), « Le vin se met à faire du marketing, gagne d’autres couches de la population » (USA), « C'est à base d'un fruit, un côté plus naturel que les autres alcools » (USA)

-> Une référence culturelle et une accessibilité qui s’améliore.

Les 20-25 ans et le vin: Préconisations

4 Axes Majeurs

Rajeunir l’image du vin : « Trop attaché aux parents…encore associé aux plus vieux… pas une boisson des jeunes »

Désenclaver le vin de son image élitiste : « Pour une classe sociale un peu fermée, haut niveau… image d’une boisson plus chère que les autres…»

Démythifier la culture du vin: « Un monde qu’on ne connaît pas… réservé à un club d’initiés…faut s’y connaître… un langage intimidant »

Guider dans l’offre : « On se sent un peu perdu avec toutes les références… on sait pas quoi choisir ».

Apéro Bordeaux

 

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Chaque mois, 15 candidats sont sélectionnés pour être membre du jury, organisent un apéro entre amis (arrosés de trois bordeaux supérieurs, NDLR) et font part de leur note de dégustation et photos sur l’Apéro Blog.

J'ai de la chance, Apéro Bordeaux m'avait épargné la sélection et fait parvenir trois bouteilles de bordeaux rouge par la poste. Je ne me souviens pas du nom du premier goûté il y a quelques mois déjà. Et quand je ne me souviens pas du nom d'un vin, ce n'est pas bon signe! Château La Verrière, c'était je crois. Par contre, je me rappelle très bien qu'il n'était tout simplement pas bon. Vous savez, ces vins fadasses, dépressifs, perclus. Le pauvre, il m'avait fait pitié et je plaignais le pauvre (encore) vigneron qui devait se donner du mal pour, au final, produire un truc aussi banal. Ou peut-être le faisait-il exprès. Car, entre nous, certains ont tellement de talent pour faire de la merde qu'il doivent s'appliquer pour presser des jus de raisin aussi sordides.

Deuxième vin ouvert ce week-end: Domaine des Chapelles, 2004, bordeaux supérieur. J'adore la mention "supérieur"! Bonjour la modestie. Quand on est capable de qualifier un vin imbuvable de supérieur, c'est que franchement on ne boit pas de son propre vin et qu'on se moque du monde. Cela laisse augurer des problèmes digestifs que crée la consommation de bordeaux non supérieurs! Ce classement est franchement ridicule.

Premier point négatif pour cette bouteille, elle porte la mention rédibitoire, mensongère et prétentieuse "grand vin de Bordeaux". Quel leurre! Tout d'abord, comment oser qualifier de "grands" des vins exécrables? Que cette appellation fasse le tri, alors! Seuls les (grands) crus classés de 1855, voire les crus bourgeois exceptionnels, symbolisent les Grands Vins de bordeaux. Les autres peuvent s'avérer excellents, très bons, mais en aucun cas sont-ce des "grands" vins. Les mots ont un sens. Bordeaux se prend la liberté d'usurper le sens des mots, je trouve cela insupportable.

Deuxième point négatif: cette pastille qui nous apprend que ce vin fut médaillé de bronze à un concours du côté de Bordeaux. Médaille de bronze? Seulement? Loser! A la rigueur, on peut se targuer d'être médaillé d'or (et encore, ce n'est pas très modeste), mais médaillé de bronze! Surtout s'ils étaient quatre à concourir! (Hum, pardonnez mon cynisme, mais certains tendent des bâtons pour se faire battre...).

Point positif pour ce flacon: il ne porte pas la mention "vieilli en fûts de chêne". Dommage pour les suceurs de bâtons de bois et de vanille. Tant mieux pour les amateurs de vin qui préfèrent le fruit. Cela ne veut pas dire que le vin n'a pas été passé en barrique mais ne pas l'indiquer témoigne d'une certaine philosophie: refuser ces liquides liquoreux, sucrés à l'excès, qui plaisent à ceux qui n'aiment pas le vin.

Voilà ce qu'on pouvait dire sur ce Domaine des Chapelles. Pardon? Si je l'ai goûté? S'il était bon? Mais cela est accessoire! On n'est pas là pour boire du bon vin! Du bon vin?! Cela ne vient même plus à l'esprit de certains! On est là pour faire du commerce! Nuance.

PS: Allez, en toute honnêteté, j'ai été très agréablement surpris par ce Domaine des Chapelles. Vraiment. Un très joli nez de fruits noirs très mûrs. Des arômes de griotte réhaussés d'un boisé assez discret et harmonieux. Une bouche grasse et ample. Une belle concentration.  Des tannins riches qui fondent progressivement en final pour laisser place à une belle impression d'équilibre et générosité. Pour un grand vin de Bordeaux, (seulement) médaillé de bronze, et non vieilli en fût de chêne, voilà qui est surprenant! En plus, il n'a même pas le goût de vanille.

lundi, 18 juin 2007

Le Meilleur d'Entre Nous. Par Mathieu Garçon.

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Photo parue dans le supplément JDD Paris d'hier.
Pauvre Juppé. Lui qui commençait à avoir le sens de l'humour doit avoir une sacré gueule de bois.

dimanche, 17 juin 2007

Tout est dans le Palais.

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Au centre, le Grand Palais et sa majesteuse coupole de verre en son centre. En face (sur sa droite), le Petit Palais. Tous deux furent construits à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1900 à Paris.

Le palais joue un rôle prépondérant dans la dégustation d'un vin, notamment lorsqu'on aère le vin dans sa bouche en aspirant quelques subreptices filets d'air. Ayant toujours considéré la viticulture comme un art, et n'étant pas en proie à une dégustation en ce matinal dimanche de fête de père, c'est vers le Grand Palais ce matin que je me dirige pour découvrir l'exposition Monumenta d'Anselm Kieffer. Malheureusement, on m'annonçe qu'il faut attendre midi pour la visite de l'exposition de l'artiste  allemand. Difficile alors de ne pas s'agacer devant le fait qu'il faille s'adapter à des horaires de bureau dans la ville la plus visitée au monde. Difficile également de ne pas comparer avec les New Yorkais Guggenhein, Met et MoMA, les Brittaniques National Gallery, British Museum et Tate ou encore les musées de Bruxelles et d'Amsterdam qui font preuve de bien plus de flexibilité. Soit. Direction le Petit Palais, qui à cette heure, compte plus d'employés que de visiteurs. Allez comprendre.

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Le Petit Palais.

Dans cette note, vinsurvin, avait déjà abordé les restaurants et brasseries "Art Nouveaux" dans Paris, puis les Arts Nouveau et Déco en Belgique dans celle-ci. Point commun entre le vin et l'art: les deux cristalisent des émotions, des souvenirs et des plaisirs intenses. Vin et art, art et vin nous interpellent forcément, nous destabilisent parfois, nous émeuvent souvent. Ils requièrent que l'on s'interroge, que l'on analyse, que l'on prenne son temps. Car l'art et le vin vont, de concert, à contre-courant de l'ère moderne qui voudrait que l'on aille toujours plus vite. Ces deux là sont hors du temps. En outre, ils ont le don de nous interloquer, de nous bousculer, de nous bleuffer. Modernes, classiques, réalistes, subversifs même, ils nécessitent une certaine prise de distance face à l'oeuvre en question mais aussi face à soi-même. Un tableau, une sculpture, un objet, de même qu'un vin de pays ou un millésimé, sont des invitations au voyage. Sensuelle, introspective, temporelle, intemporelle, la découverte d'un vin comme celle d'une oeuvre transporte au-delà du matériel, du temps et du rationnel, menant chacun à en retirer sa propre expérience. Mais au fond, peu importe si l'on aime ou si l'on n'aime pas ce qui nous a été offert de boire ou de voir car ce qui compte, c'est le voyage que l'on a pu faire, et qu'on en soit ressorti chamboulé, différent et grandi.

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La galerie des arts décoratifs.

Comparer certains vins et certaines oeuvres seraient une tâche passionnante mais délicate. L'entrée dans la galerie des arts décoratifs pourrait, selon l'intérêt que l'on porte à cet art, s'apparenter à la cave personnelle d'un très grand collectionneur de vin tant on est émerveillé par le spectacle qui s'offre à nos yeux: la majestuosité du lieu confère à l'humilité, les pièces présentées laissent rêveur. Les arts décoratifs dans les années 1910 sont porteurs de caractéristiques bien déterminées et variées qui en font un style prometteur et très attachant, encore peu connu aujourd’hui. Dès 1909 de jeunes artistes décorateurs, face aux derniers tenants d’un Art nouveau assagi, prônèrent le retour à la tradition, un parti-pris coloriste, un répertoire décoratif issu du XVIIIe siècle et des ornements inspirés de la passementerie. Remettre en question le travail de ces prédécesseurs tout en puisant dans la tradition ne sont-elles pas deux charactéristiques qui lient l'art et le vin?

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Monumenta 2007 : Anselm Kieffer au Grand Palais
du jeudi 31 mai 2007 au dimanche 8 juillet 2007

 

15:50 Publié dans VIN & ART | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 14 juin 2007

Vous reprendrez bien un sondage?

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Bon, d'accord, c'est le hors-série de l'Express qui m'a mis la puce à l'oreille... je vous invite juste, après ou avant lecture de quelques notes, à répondre à cette question. D'avance, merci!

A venir sur vinsurvin:

- Pourquoi autant de blaireaux qui laissent des attaques en guise de commentaires à défaut d'avoir des choses intéressantes à dire? (Merci de ne pas répondre...)

- Le culte du Bordeaux: mal du vignoble Outre-Gironde?

- Le vin chez les "jeunes": conseils pour les 20-25 ans (et ceux qui en ont plus mais qui se trouvent encore jeunes!)

- Les vins de cet été: il y a des rosés qu'il ne faut manquer pour rien au monde! 

- Spécial "Laflute": une sélection d'espagnols chez Lavinia. J'espère l'enchanter.

 

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mercredi, 13 juin 2007

Un vin chilien.

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Ramené d'Equateur l'été dernier, nous avons ouvert ce week-end un Cousiño Macul, Don Luis, 2004 (Cabernet, Sauvignon). Plutôt destiné à accompagner des plats en sauce, notamment ceux du sud-ouest, c'est, cependant, sur un lapin garni de légumes et de pruneaux qu'il sera ouvert. Présentant un joli né de fruits rouge mais aussi de tabac et de cacao, le vin se montre très ample et riche en bouche. Il plaît beaucoup à l'assemblée mais le fruit a perdu de sa superbe au profit de notes plus chocolatées en effet. Il manque singulièrement de complexité et m'apparaît comme trop facile à boire. Au final, il tranche avec ce que l'on peut avoir l'habitude de boire mais il n'égalera pas un Veramonte Primus (Chili, 2001?), dégusté à Quito. Epatant assemblage de Merlot, Cabernet et du rare Carménère de la vallée de l'Aconcagua, ce vin nous était apparu à la fois distingué et exotique, fin et puissant, d'une robe presque noire. Marqué par un très beau et généreux nez axé sur des arômes de fruits noirs bien mûrs, de tabac et de pain toasté, ce vin me laissera un souvenir impérissable.

Cousino Macul est une des plus prestigieuses caves du Chili, située non loin de la banlieue de Santiago, dans la fameuse vallée vinicole de Rio Maipo, au pied de la Cordillère de Andes. Depuis plus d'un siècle, la famille Cousino, propriétaire du domaine, produit des vins d'une rare finesse, au bouquet complexe et à la renommée mondiale. Son cousin, le Concha y Toro, commence également à se faire une jolie renommée.

Gros potentiel. Epargné par le phylloxéra, le vignoble chilien qui remonte comme ses voisins à l'invasion espagnole, produit aujourd'hui des vins qui comptent parmi les meilleurs au monde. Des producteurs et œnologues de renom (notamment bordelais), conscients du potentiel de ce pays, ont contribué au développement de sa viticulture. D'excellents résultats sont obtenus à partir de Merlot, de Carménère et de Cabernet en rouge, de Chardonnay et de Sauvignon en blanc. On ne peut s'empêcher de penser à l'Argentine, notamment la région de Mendoza ou les cépages Malbec (Cahors) et Carménère (Bordelais) coulent de beaux jours.

Où se procurer des vins d'Amérique du Sud? Si vous avec la chance de pouvoir faire vos courses au Lavinia de la Madeleine à Paris (3 bd de la Madeleine, Paris 01)... Sinon, rouge-blanc.com propose une très jolie gamme de vins du monde avec des fiches sur chaque vin extrêmement bien faites. Consulter 75cl.com le cas échéant.

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Chili. Avec l'aimable accord de rouge-blanc.com.


 

mardi, 12 juin 2007

Sujet de Philo

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Vous n'êtes pas sans savor le grand philosophe (de comptoir) que je suis. Imbibé ou non, les aléats de la vie, les traquats du quotidien, le contexte politico-économique mondial, les fluctuations de la bourse, me poussent parfois, chantre que je suis, à la chansonnette, au poème ou tout simplement... à la réflexion! Diable! Véritable musique de l'âme, la philosophie ne permet-elle pas de s'acquitter de quelques fardeaux et de laisser vaquer l'esprit à quelques escapades impromptues? Oui, cela ne veut rien dire, je sais, mais, n'est-ce pas le lot que réservent à cet art ancestral ces faquins d'élèves pour qui la philosophie se résume à  des "Ca craint, mon portable a plus de batterie!" ou des "C'est chaud, y'a Kevin qu'a perdu son casque"? Je me suis donc laissé aller à quelques pensées autour des sujets "tombés" lundi. Attention, âmes sensibles, s'abstenir.

SULET L (Littéraire) : Toute prise de conscience est-elle libératrice?

Il s'agit ici de définir la "prise de conscience" avant de considérer que dans certains cas elle est, en effet, libératrice et que dans d'autres elle ne l'est pas. Bien au contraire. La difficulté à "prendre" conscience peut sous-entendre que le sujet soit dans un état éthylique avancé mais surtout, comme nous le verrons, inconscient. De fait, son état, pour une raison ou pour une autre (mais qu'est-ce que la raison?), nécessite une prise de recul lui permettant d'évaluer la situation dans les meilleures conditions. Vous me suivez? Car, la conscience morale implique la présence, en chacun, de valeurs qui l'aident à définir ce qui lui paraît bien ou mal. Un sujet consommant deux à trois unités de vin par jour peut être soumis à une prise... de poids. Mais peut voir ses risques de problèmes cardio-vasculaires nettement amoindris par rapport au buveur d'eau. Dans ce cas, ce dernier, jusque là inconscient, peut prendre conscience que cesser de boire de l'eau et se mettre à boire du vin ne peut lui être que libérateur.

SUJET L - Les oeuvres d'art sont-elles des réalités comme les autres?

Réalité et fiction, art et matérialisme, épicurisme et stoïcisme sont autant de thèmes qui s'opposent et continuent de faire débat. Qu'est-ce que la réalité? La réalité existe-t-elle? A quoi doit-on et peut-on la soumettre? Chacun est en droit de se forger sa propre réalité, dans les limites de la liberté d'autrui. Si l'on considère qu'un vin est une oeuvre d'art, car d'une qualité remarquable, car pur produit d'un artiste doté d'une magie, d'un savoir-faire hors du commun et conférant au sublime, ce n'est pas forcément une réalité, pire, ce n'est pas nécessairement la réalité! Car ce qui est réel pour moi ne l'est pas forcément pour le commun des mortels. De même que si je dis "ce vigneron a réellement l'art de faire de la merde", ce point de vue purement subjectif que j'estime réel ne peut s'inscrire que dans la réalité d'amateurs qui, comme moi, ont bon goût et récusent l'obstination qu'ont pléthore de vignerons à produire du vin fade, dépressif et sans relief; mais correspondant à ce que recherche la majorité des français! On peut alors se demander si la majorité est la réalité.

L'on pourrait également disserter sur les sujets des autres séries. C'est d'ailleurs ce que je vous invite à faire en laissant vos commentaires. "Le désir peut-il se satisfaire de la réalité?", "Que vaut l'opposition du travail manuel et du travail intellectuel?" (série S), "Peut-on en finir avec les préjugés?",  "Que gagnons-nous à travailler? (série ES)".

Reste une question entendue récemment et à élucider: "J'étais ivre mort et j'ai pas pris ma bagnole... c'est bien, non ?"

lundi, 11 juin 2007

En bref...

 

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medium_verre_concept.2.jpg27.03.2007 - Info journalduvin.com. Copains comme copeaux : sept appellations viticoles ont reçu l’autorisation d’utiliser des copeaux de chêne à la place des barriques, mais (ouf...) uniquement à titre d’expérimentation. Ces sept appellations sont : Médoc, Haut Médoc, Côtes du Rhône, Muscadet, Anjou, Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Humour ou simple organisatin éditoriale, un lien appelé "retour à la rubrique vinticulture" figure à la suite de cette information. Effectivement, du vin dans du bois, il ne s'agit pas de viticulture!

11.06.2007 - Info Le Télégramme de Brest : Des bouteilles à la mer. Tout au bout de la baie demedium_vin_à_la_mer.jpg Saint-Malo (35), assis sur des rochers face à la mer, des œnologues et des vignerons ont dégusté, hier, six Anjou Village de Brissac-Quincé (Maine-et-Loire) dont certains venaient de passer un an immergés sur les fonds marins parmi 600 bouteilles soumises à l ’expérience. "Comme taux d’hygrométrie on ne peut pas trouver mieux, il n’y a pas d’UV et la température moyenne est stable, de 9 à 12 degrés en moyenne, passés les 10 mètres", explique Yannick Heude, grand maître de cette cérémonie. Il ajoute : "Ce qu’on ne savait pas, c’est l’effet des marées et des courants de huit nœuds (15 km/h) qui massent les bouteilles deux fois par jour. Elles amplifient l’évolution du vin, qui semble plus jeune quand il sort de l’eau mais a des arômes plus arrondis."

 

medium_jeuneetvin.jpgLe journalduvin.com - 21/05/2007. Vieillir, comme le bon vinLe Salon Vinexpo a commandité une petite étude sur la consommation de vin des jeunes de 20 à 25 ans. En France, les jeunes adultes ont plutôt une bonne image du vin, mais déplorent que le langage du vin soit sophistiqué. 50% d’entre eux en boivent une fois par semaine, chiffre qui passe à 60% après 26 ans, et 70% après 50 ans. 54% achètent leurs vins au supermarché, et, dans l’ensemble, les jeunes boivent deux fois plus de blancs que leurs aînés.  

Un chiffre contredit sur La Provence Blog du 26.04.2007 qui nous dit qu'en France, selon une étude menée par BVA, 21,1% des moins de 25 ans consomment du vin une à deux fois par semaine. On apprend également que le vin apporte une image de maturité aux consommateurs. Contrairement à d'autres boissons alcoolisées, le vin ne sert généralement pas à provoquer l'ivresse. Dans les cinq pays étudiés, le buveur de vin est perçu par les jeunes comme étant "éduqué", "raffiné" et "qui a de l'expérience".

Le journalduvin.com - 27/03/2007 : La France est le premier buveur de vins de la planète , suivie de près par l’Italie et la Suisse. La consommation annuelle par tête d’habitants, dans ces trois pays, se situe aux environs de 60 litres de vins. Viennent ensuite le Portugal, l’Autriche et l’Argentine, avec environ 50 litres par habitant et par an. Puis le Danemark et l’Allemagne, autour de 40 litres par habitant et par an.  

samedi, 09 juin 2007

Ze niouz of la semaine.

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Ouf, c'est vendredi! Ce n'est pas pour me déplaire tant cette semaine oenophile fut riche en événements. Et en infos relatives au vin. Dieu merci, en rentrant à la maison ce soir, je fus, dès ma sortie de l'ascenseur, saisi par une délicieuse odeur de senteurs du sud: ma tendre épouse avait cuisiné un somptueux cake aux tomates confites et pesto, accompagné d'une roquette sauce balsamique. Quelle image d'épinale. Cette famille de trois, middle-class, judéo-chrétienne, autour de la table, partageant le diner que la femme, enceinte jusqu'au cou, a préparé pour le chef de famille qui revient d'une dure journée de travail dans les vignes à écouter des monologues interminables de lycéens passant leur oral d'anglais devant un professeur n'ayant qu'une question à l'esprit: qu'est-ce que je vais bien ouvrir comme bouteille ce soir?  "Ze text we ave to dil wiz iz a text. It was binn teiking of ze niuoz pépeure ze gwardieune. Dou iou want aï ridd?" "Hein? What? Quoi? Oui, heu, yes, heu, rid ze ol bouque." "Ze ole bouque? Is you choure?" "Yes, gé di, ze ole bouque. You want a ziro or ouat?"

Comme si cela ne suffisait pas, un gros colis m'étant adressé prône fièrement dans le séjour. Quinze jours pour arriver du boulevard Haussman à l'avenue de Saint-Ouen, c'est beau le progrès avec la Banque Postale. Mikasa n'a qu'une parole: ce colis contient un lot de quatre superbes verres Open Up (Universal Tasting, 8€ pièce pour être précis). Ni une, ni deux. Direction la cave (ze kèïv), à la recherche d'un languedocien. Après un passage en revue de mes petites bouteilles adorées (je ne suis pas encore au point de leur donner un nom tel un Fernandel ou un bon vieux paysan breton amoureux de ces bêtes, mais je n'en suis pas loin). Alors... Montpeyroux, Saint-Chinian, Faugères, Puéchabon, Corbières, Minervois, Côteaux du Languedoc ("Tiens c'est quoi ça? Assemblage Merlot, Carignan... Pour plus tard, quand l'altruiste qui me l'a offert repassera), vin de pays, vin de table (Guilhem Coste, pièce de musée, pas touche...). Oh, c'est pas vrai, je ne trouve pas mon bonheur. J'opte pour un Sangre del Toro de chez Torres ramené d'Espagne. En espérant qu'il soit meilleur que ce Ribeira del Duero ouvert il y a quelques temps, imbuvable car sucré et boisé à l'excès. Ce Sangre 2005 est excellent. Un nez généreux, et même exubérant, de fruits rouges. Effectivement les arômes se concentrent et se densifient magnifiquement au coeur du verre. La bouche est riche mais pas opulente. Gouleyante, pétulente, impétueuse. Les petits fruits rouges sont superbement mis en valeur. Beaucoup d'élégance à relever également. Il s'associa fort bien avec le cake (la crainte avec le cake, c'est qu'il soit sec, et il était tout le contraire: moëlleux et tellement parfumé). Trouvable chez Sol et Mio, rue Legendre Paris 17 ou chez Lavinia, Bd de la Madeleine. (Heu, le vin, pas le cake.)    

Le journal de la semaine.

L'absurdité de la semaine. Souvenir de cette émission consacrée au vin, sur Arte, la semaine dernière: Ce vigneron qui vit dans une caravane, qui a perdu 12.000€ sur l'année, à qui l'on a donné des primes en 84 pour faire de la qualité et qui aujourd'hui se voit remettre des primes pour arracher, alors qu'il vient d'atteindre la qualité. No comment.

Le mauvais goût de la semaine. La dernière idée à la mode des producteurs de vin qui ne savent plus quoi inventer pour enterrer la viticulture française: questionner les gens pour leur demander ce qu'ils préfèrent dans le vin. "Bon alors, les enfants, qu'est-ce que vous aimeriez manger aujourd'hui?", "Des friiiiiiiiiiiiiites!!!", "Et demain? Des friiiiiiiiiiiiiiiiiites!!!" "D'accord, c'est vous qui savez ce qui est bon pour votre santé." 

Le surplus de la semaine. Selon les estimations de Bruxelles, la surproduction structurelle de l'Union européenne atteint 15 millions d'hectolitres par an, soit 8,4% de la production. Pour diminuer la production, la Commission propose l'arrachage de 400.000 hectares de vignes -- soit près de 12% des 3,4 millions d'hectares dans l'UE -- dans les 5 ans à venir, assorti d'aides d'un montant maximal de 2,4 milliards d'euros.

Le mail n'importe-quoi de la semaine. Vous restez collé à nous les oenofilles, permettez que cela ne nous plaise pas...!!!
Ok c'est de la provocation car vinsurvin n'a pas besoin de faire de la récup. à moins que !!!...
Soyez assez correct pour arrêter de jouer au chat et à la souris, internet n'est pas ce monde du tout permis dont vous semblez user en dépis des bons usages...

Le commentaire le plus sympa de la semaine. J'ai bien l'impression que c'est à la mode de critiquer le métro, et de mépriser les Agents RATP; certes tous n'ont pas inventés l'eau chaude. De là à faire une généralité, il ne faut pas avoir soi-même inventé le fil à couper le beurre.

Les bonnes nouvelles de la semaine.

1. Jeudi 14 juin. jflurton.com organisent une dégustation à l'Ambassade des USA (15h-19h) à la Résidence de l'Ambassadeur des USA, 41, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8e. Les vins dégustés seront : Private Reserve Chardonnay 2004, Private Reserve Cabernet 2002, Bancroft Ranch Merlot 2002, Napa Valley Fume Blanc 2005, Napa Valley Chardonnay 2005.

2. Du dimanche 17 au jeudi 21 Juin. Le Riedel Tasting Bar: Un tasting 100% personnalisé à Vinexpo 2007, sur le stand Riedel.

3. Mercredi 20 juin 2007, Vinexpo 2007,  Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano, “Vino Nobile di Montepulciano: l’excellence toscane” Une prestigieuse dégustation pour promouvoir la connaissance d’une des plus anciennes et réputées appellations de Toscane organisée par Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano et Regione Toscana, Provincia di Siena, Comune di Montepulciano.

4. Lundi 18, mardi 19 et mercredi 20 juin de 11h à 14h, dégustation de 9 crus classés de Provence à Vinexpo. Mercredi 20 juin, présence d'Andreas Larrson, élu meilleur sommelier du monde 2007.

Mauvaise nouvelle de la semaine: Pas facile de faire le tri dans cette avalanche de dégustations. Et pas d'invitation "Vittel"...

jeudi, 07 juin 2007

A Nous Paris! (A condition de trouver où c'est).

  
medium_cover_anous_paris.jpgmedium_cover_anous_marseille.jpgmedium_cover_anous_lyon.jpgmedium_cover_anous_lille.jpg 

Il est à peine sept heures du matin. Paris est à peine réveillé. Ses yeux à peine ouverts. Il va entammer la longue descente vers l'enfer. Les portes du serpent de fer, qui se faufilera dans 132 secondes, clopin clopant, dans les veines de la capitale, sur lui vont se refermer. Tel un mineur calaisien, un casque de sommeil vissé sur la tête, la pioche en bandoulière (arme indispensable au cas où on l'effleurerait à peine au sortir d'une rame), cahin-caha, il pénétrera dans les excavations du sol parisien, d'où rien il n'en sortira, si ce n'est ce qui lui sert de corps, qu'il extraira de ce sanibroyeur humain, quelques minutes plus tard, la synapse ne s'effectuant plus dans son esprit, si ce n'est pour rêver de métempsychose alpino-végétale. Mais, avec un peu de chance, au risque néanmoins de se faire arracher un bras, il parviendra vaillamment à atteindre un de ces nombreux gratuits qui ne jonchent pas encore le sol des stations qu'il égrainera, si par bonheur il a quelques changements. 

Ces chers "gratuits". Abandonnés sur le siège du métro, lâchement délaissés sur un quai, un Direct Soir de la veille (renommé Direct Poubelle), un Matin Plus (ou Info Moins), un Metro (du nom du cauchemard duquel on le lit), Le Sport (contenir son envie de massacrer le premier venu), sans oublier 20Minutes (lu en 2O secondes!), nos chers "gratuits" ont littéralement envahi notre quotidien. Pire, on nous les tend violemment aux sorties des bouches, aux coins des rues, en bas de chez nous. Problème, rares sont ceux qui proposent de nous faire rêver à travers des bons plans restos, bars à vin, etc... où il suffirait de fermer les yeux pour s'imaginer à table. Surtout le soir, sur le retour, où a tout bonnement l'impression d'être une pomme vapeur.  

Staff R.A.T.P. à 5 de Q.I. Cependant, dans la jungle pseudo-journalistique urbaine et dans l'enfer métropolitain, un gratis s'offre parfois à lui. Pas facile à trouver (caché, même, parfois), comme à l'entrée de ce long tapis roulant entre Auber et l'ascenseur pour la sortie Opéra (oui, à gauche, c'est ça!). Il répond au nom ambigu de A NOUS PARIS. Ambigu car au vu de la traversée cauchemardesque de cette ville en métro, on laisserait volontier cette ville à ceux qui désirent se l'approprier comme le suggère ce titre! Broutilles. Tellement rare, donc, ce City Guide que je suis obligé de demander à un membre du staff RATP (vous savez, les videurs de noctambus et de métro à 5 de Q.I., sauf Khader, s'entend) de m'en planquer un derrière un panneau publicitaire à Auber.

Respect pour Roger. Ouvrir A NOUS PARIS à la page "Restos" et se délecter des critiques de Jérôme Berger et de Philippe Toinard (auteur d'ouvrages sur le thème de la cuisine, fidèle lecteur de vinsurvin et, accessoirement, fils de Roger --respect-- qui m'enseigna l'histoire au collège en 1900 et des poussières...). Les deux compères nous content, concomitants et consensuels, ce que l'on concocte de la Concorde à la rue Quincampoix. Plus enclin à critiquer du vin que des critiques, je n'en dirai pas plus, si ce n'est le plaisir que j'ai à lire les conseils resto de Philippe, pour n'en citer qu'un, qui en plus d'être un fin gourmet est également un grand amateur de vin.

Un gratuit: A Nous Paris. Un surnom: City Guide. Un critique gastro: Philippe Toinard. Un type de resto: Franchouillard. Un vin: Rouge. Un élément du décor: Le carnet d’adresse. Un arrondissement: Rive gauche. Un message perso: C'est quand qu'on boit un canon Philippe? Avec Roger. S'entend.

lundi, 04 juin 2007

Le Muscadet: c'est plus ce que c'était.

 

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Afin de se recueillir, François Mitterrand effectuait l'ascension de la Roche de Solutré, Jean-Paul II embrassait le sol de son pays de pélerinage, Nicolas Sarkozy s'offre une croisière à quelques centaines de milliers d'€... Personnellement, lorsqu'il s'agit d'habiter ma fonction résidentielle (bretonne), je m'arrête "Chai Pierre", un hidalgo de caviste briochain de chez qui je sors systématiquement réjoui, serein, le pas léger et plein de couleur après que ce dernier m'eût fait déguster des choses dont la régularité qualitative est sans égale. Ces derniers temps, cet assemblage de coureur cycliste italien et de styliste sicilien m'a fait découvrir des muscadets qui feraient rougir plus d'un grand chardonnay bourguignon.

Arrivage de gerberas. Tel un disquaire fou de jazz avide de vous faire découvrir une réédition des plus beaux morceaux de Thelonious Monk ou de Michel Petrucciani, comme un libraire vous glissant dans la poche le dernier opus de Douglas Kennedy et à l'oreille que vous ne le paierez pas s'il ne vous a pas plus, ou encore à l'image de Stéphane, mon fleuriste avenue de Saint-Ouen, me saisissant délicatement le bras pour me conseiller vivement un arrivage de gerbera, Pierre Daniel a l'art et la manière de me verser dans un joli Mikasa des choses extraordinaires, dans des fourchettes de prix toujours très raisonnables.

L'excellence à 5€. Un bon caviste n'est pas seulement quelqu'un qui vous conseille la bonne bouteille au bon moment. C'est aussi quelqu'un qui vous réconcilie avec un vin. Prenez le muscadet par exemple : ce vin qui même accouplé à une liqueur quelconque vous laisse des mauvais souvenirs pendant trois jours. Ce vin dont le prix chaque année ne cesse de baisser: "0,35€ le litre? Attends, ils sont malades! Trop cher! A ce prix là, je prends une villageoise." Dionysos merci, Pierre est passé par là. Encore une qualité de ce jeune caviste qui montre son amour pour le vin: il trouve du bonheur et du plaisir dans des vins dont les prix commencent à 5€ pièce. La preuve, ce muscadet primeur 2006 du Domaine du Bois Brûley, conçu et mis en bouteille par Chéreau-Carré à Saint-Fiacre: enfin un muscadet pas recroquevillé sur lui-même, ouvert, fleuri et d'un équilibre remarquable. Je fus sidéré par le plaisir offert par ce vin.  Sans compter l'impressionnante liste de vins  qu'offrent ces vignerons. Un clin d'oeil au passage à Emmanuel Luneau à Vallet dont le muscadet ne me laissa guère insensible non plus. Comme si cela ne suffisait pas, la dégustation de vendredi dernier commença par un muscadet au nom bio-médico-bionique: l'Amphibolyte Nature 2006. Un vin bio de chez Joseph Landron qui me liquéfia sur place (un nez mentholé voire sur l'eucalyptus --comme trouvé  à Chinon d'ailleurs!, un vin vif mais tendre également, d'une belle minéralité, sur des notes pamplemousse). Leçon retenue de ces dégustations de muscadet de grand qualité? Force est de constater que le muscadet, autrefois relégué au rang des parias par des incultes de ma sorte, n'est vraiment plus ce qu'il était! Et l'année prochaine, pèlerinage à Saint-Fiacre!

Chai Pierre, 8 rue Michelet, 22000 Saint-Brieuc.

 
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