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vendredi, 30 mars 2007

"Nîmes s'anime": précisions

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"La crise? Quelle crise?"

A lire certains vignerons (dixit Iris), j'ai eu semble-t-il une interprétation un peu trop pittoresque, onirique, ou littéraire de l'affiche de la Remise 2OO7, le jeudi 29 mars dernier; la situation des viticulteurs étant bien différente. Enfin, en même temps, qui va faire rêver les internautes si les vignerons ne peuvent plus le faire?! Donc, là où je devinais un homme "suspendu à un fil et muni d'une perche, [semblant] évoquer le subtil équilibre qui compose les vins du sud", les gens du métier verraient, eux, "un viticulteur suspendu sur une corde raide" et financièrement au bord du précipice. Là où j'évoque un vigneron "perché au-dessus de son pays, de ses vignes et de son histoire", d'autres voient un homme qui "comtemple une dernière fois son paysage aimé" avant "de se précipiter en bas". La situation est-elle si désespérée? Les amateurs de vin se mettent-il le doigt dans l'oeil en élevant la viticulture au rang des métiers mytiques?

Entre vision idéaliste et discours réaliste, entre passion et raison, enthousiasme et pessimisme, il semble que l'image que se font certains amateurs de vin soient loin du quotidien vécu par certains producteurs. Cependant, à bien y regarder, on a tout de même du mal à comprendre comment le pays roi de la viticulture par excellence depuis toujours soit atteint par une crise de la sorte. Si l'émergeance des vins du nouveau monde, de modifications dans les comportements sociaux ou encore de la peur du gendarme jouent des rôles prépondérants, difficile somme toute de justifier cette crise uniquement par ces seuls événements. On est efffectivement en droit se demander si la France, qui a les moyens de ne produire que du bon vin, n'aurait pas intérêt à vanter davantage les bienfaits du vin (français) et à élever considérablement le niveau de l'AOC afin de redonner à ce seigneur ses lettres de noblesse. En attendant, je vous propose un petit passage en revue "évolutif" de la situation sur l'état de la crise viticole en France.

  1. Ca va mal. 

La confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF), réunie en congrès national à Labège, dans la banlieue toulousaine, entend lutter contre la grave crise frappant la viticulture, par une refonte complète de sa stratégie. wineatlas.net, 12/07/06.

« La situation est catastrophique : à l'exception de quelques niches comme le Chablis, ce sont aujourd'hui 80 % des viticulteurs qui sont en difficulté, y compris dans des régions prestigieuses telles le Beaujolais ou le Bordeaux », explique Denis Verdier, président de la confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF). wineatlas.net, 12/07/06.

     2. Enfin, ça dépend pour qui...

Dominique Bussereau, le ministre de l'Agriculture, confiait encore récemment qu'« en réalité, nous parlons de crise viticole mais il y a aussi, à l'intérieur du vignoble français, des viticulteurs en bonne santé », wineatlas.net, 07/2005

De Châteauneuf-du-Pape à Rasteau, en passant par Tavel et Gigondas où les vendanges se poursuivent, les vins de la vallée du Rhône (sud-est), dopés par des marchés étrangers en forte progression et portés par les crus célèbres entrevoient la sortie de crise mais restent fragiles. wineatlas.net, 21/09/06.

     3. C'est la faute du consommateur: il est trop con pour savoir lire une étiquette. Il faut tout lui expliquer.

Pour Denis Verdier, président de la CCVF, « il faut simplifier l'offre, faire émerger des marques sur des produits de cépage, car le consommateur non initié est aujourd'hui perdu devant la complexité de ce qui lui est proposé dans les magasins ». wineatlas.net, 12/07/07.

Languedoc-Roussillon, Sud de France. Telle est désormais la dénomination du premier vignoble mondial qui s’unit pour partir à la conquête de nouveaux marchés, seule alternative à la sévère crise viticole actuelle. wineatlas.net, 27/02/07.

vinsurvin: Il n'y a qu'à carrément enlever "Languedoc-Roussillon", ni les français, ni les étrangers ne savent où sait. Même de Montpellier à Perpignan, on se demande. On pourrait écrire "Mauvais / passable / convenable / satisfaisant / bon / très bon / excellent / exceptionnel / inclassable vin rouge du sud de la France", en entourant la mention utile. Mais pas sûr que les gens comprennent.

     4. Il faut demander au client ce qu'il aime, et le lui faire. Comme à l'école, c'est l'élève qui décide quoi apprendre.

La solution prônée par la CCVF marque un tournant : il faut abandonner la culture de producteurs, encore trop tournée vers la défense syndicale, au profit de la culture d'entreprise tournée vers la satisfaction des besoins clients. wineatlas.net, 12/07/07

Il me faudrait des grands crus de Bourgogne aux alentours de 2€ pièce. Là, je serais satisfait. C'est possible?

     5. La solution: remplacer le vin par une boisson pour jeunes! Le jeune, il y verra que du feu, le jeune!

Cette recherche des goûts du client est illustrée par une communication faite lors du congrès sur le concept « WineHot », lancé par les Jeunes vignerons coopérateurs de l'Hérault qui vont prochainement déposer la marque : il s'agit d'un cocktail à base de deux tiers de vin, d'eau gazeuse et de sirop destiné au marché des jeunes adultes. wineatlas.net, 12/07/07.

C'est décidé, pour éviter que mes élèves ne boivent de cette infâme potion qui n'aura que pour effet de les habituer au sucre (comme si ce n'était déjà fait), de nuire à leur santé et de les éloigner encore plus du goût du vin, j'envoie une classe visiter un vignoble l'année prochaine. J'estime qu'il est aussi du devoir de l'Education Nationale d'initier ses jeunes citoyens à la connaissance d'un symbole aussi ancré, profond et fondamental de la culture française. L'occasion également de créer du lien et de la cohésion sociale autour d'un seul et même symbole. Qui pour acceuillir des lycéens de banlieues au printemps 2008?!

PS: A noter que le sujet avait déjà été abordé, ici, sur vinsurvin, le 1O décembre 2OO6.

jeudi, 29 mars 2007

Mine de rien, Nîmes s'anime.

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Avez-vous vu "la" ou "une" affiche du salon des vignerons indépendants? Si oui, vous en avez de la chance! Parce que, moi, je n'ai rien vu. Cédric, fidèle lecteur de vinsurvin, vient de m'envoyer un lien vers la Remise, un salon des vins se tenant à Nîmes lundi 2 avril prochain. Un clic et je tombe sur cette affiche que je trouve particulièrement jolie et surtout pleine de tendresse, d'humilité et de simplicité. 

Cet homme (ce vigneron), comme en pleine pause après l'effort, va s'abreuver d'un vin du sud: un Corbières, un Fitou, un Côtes du Rhône? Perché au-dessus de son pays, de ses vignes et de son histoire, le vigneron se penche sur les générations qui se sont succédées et qui ont su transmettre toutes les valeurs et le savoir-faire qui cristalisent aujourd'hui la générosité, le caractère et l'élégance de sa région. Regardez-le comme il domine et se délecte du paysage qui s'offre à ses yeux: serait-ce les Corbières? Comme suspendu à un fil et muni d'une perche, il semble évoquer le subtil équilibre qui compose les vins du sud: structure et finesse. Le regard vers la terre, il s'interroge sur la récolte à venir, sur la qualité du raisin et sur l'élixir qui en naîtra. Le vert est la couleur dominante, symbole de la vie par excellence. Car le vin, c'est la vie. Réputé paisible, le vert est idéal pour la concentration et l'équilibre, termes vinicoles s'il en est. La terre est grasse, le sol est riche, les vignes sont abondantes, il n'y a pas de doutes, la récolte se présente sous les meilleurs auspices: le vin sera excellent! Par ailleurs, l'aquarelle véhicule beaucoup de chaleur, et pas seulement celle qui s'abat sur le Gard ou l'Hérault. On pense à la chaleur humaine, celle qui se dégage en dégustant un vin de pays tel qu'un Côteau de l'Ardèche ou un Côtes du Roussillon. Avec les amis. Avec la famille. Avec les vignerons présents ce week-end à Nîmes à la Remise 2007.

mercredi, 28 mars 2007

Pas de l'à-peu-près le Picpoul de Pinet!

 

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Bien malin qui pourrait définir sans coup férir les Coteaux du Languedoc nous défie le site www.picpoul-de-pinet.com! Alors je ne m'y risquerai pas. Toujours est-il que le Montrouby 2004 ouvert ce midi se maria formidablement bien avec un filet de flétan passé au four, arrosé d'un filet d'huile d'olive et d'une pincée d'origan. Le tout accompagné de pommes de terre à l'eau et d'épinard frais.

Situation géographique. Au bord de la mer Méditerranée, au fond du Golfe du Lion, en bordure de l'Etang de Thau, s'étend le vignoble de l'A.O.C. Picpoul de Pinet sur une surface de 1300 Ha. C'est la plus grande région de vin blanc du Languedoc, située au milieu d'un triangle AGDE - PEZENAS - SETE.

Cépage tardif. Vieux cépage Languedocien, présent au bord de l’étang de Thau depuis l’Antiquité, le cépage Piquepoul est surtout développé sous la couleur blanche (mais il existe aussi en gris et noir). En 1618, le cépage Piquepoul est cité parmi les six cépages les plus réputés du Languedoc dans le « Sylve plantarium », ouvrage du botaniste J.B. Maniol. Cépage tardif, il est implanté dans un climat sec et profite de l’humidité de l’arrière saison pour finir sa maturation.

Dégustation. Belle robe vert pale cristalline, mon Montrouby est doré avec des teintes ambrées. Assez complexe finalement, ce 2004 associe des arômes de pomme acide, d'ananas, de fougère et de pin. Floral, il évoque l'aubépine, l'acacia. La bouche est fraîche, vive, iodée et d'une bonne longueur. Elle rappelle des fruits acidulés réhaussés par des parfums de garigue (thym, romarin). Au final, un vin très réussi qui se boira également volontier à l'apéritif.  

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Sans sens, pas de sens.

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Pas que votre humble serviteur soit expert en vin et ait la prétention de vous apprendre à déguster un vin: il est des gens très compétents en la matière qui sauront le faire bien mieux que moi. Cependant, en amateur de vin, je me rends compte au bout de ces presque vingt ans de passion pour le roi des élixirs que ma façon d'appréhender un vin a considérablement évolué. Entre les sens, l'attention, la mémoire et les souvenirs, le vin fait appel à moult aspects de notre vie.

Si une dégustation est une rencontre avec l'embassadeur d'une région, d'une terre et d'un vigneron c'est aussi et avant tout une rencontre avec ses propres sens. Car quoi que de plus sollicités que nos sens lorsqu'il s'agit d'approcher un verre de vin à nos yeux, en humer le contenu puis le laisser pénétrer les tissus de notre bouche? Malheureusement, nous ne sommes pas tout égaux devant nos sens. Nous avons même tendance à les négliger voire à les malmener, notamment lorsqu'on habite en ville. La ville est un enfer pour les sens: entre l'asphalte qui recouvre le moindre coin de verdure, la vie en transports souterrains et l'automobile qui rejette ses déchets, sens et urbanisme sont incompatibles, pour ne pas dire antagonistes. Il convient donc de les entrenir en gardant un contact régulier avec mère nature mais aussi de faire preuve de curiosité, d'attention et de concentration, surtout en pleine dégustation. Comme en dehors.

Déguster un vin, c'est revenir dans le passé, jusque son enfance, et même sa petite enfance. Né en campagne à deux pas d'une forêt et à trois de la mer, cette proximité avec Dame Nature de me composer une banque de sens. Parfois même sans le savoir. Le bois, la mousse, le pin, la fougère, le chêne, le terreau, la rosée; le matin, l'après-midi, le soir; à toutes les saisons de l'année, ne m'ont jamais laissé insensibles. De sorte que lorsque j'y retourne, je ne puis m'empêcher de me dire "Ah oui, quand on allait faire des cabanes l'été ici, c'est cette odeur que l'on respirait". Nous allions à la montagne l'été où les randonnées étaient aussi des invitations avec nos sens. Sans compter une maman passionnée de fleurs qui ne manquait pas d'attirer notre attention sur les odeurs qu'elles dégageaient. Je n'ai par la suite cessé d'aiguiser mes sens, notamment mon odorat, en humant bien sûr mais aussi en m'arrêtant, en prenant mon temps, en regardant, en comparant lors de mes promendes en campagne, à la mer où la montagne. C'est donc toute cette culture qui m'est revenue et me revient lorsque je goûte un vin. Cela ne me qualifie pas oenologe! Cela ne me garantit pas la vérité mais m'en approche, me permettant de repérer de façon assez précise les différents aspects que je privilégie lors de mes dégustations et de retirer un maximum de plaisir.

Par ailleurs, la dégustation se distingue de nos habitudes alimentaires de tous les jours parce qu’elle demande de l’attention et de la concentration afin de pouvoir analyser nos différentes sensations. Il va de soi que l'on devient un "bon" dégustateur le plus souvent en s’entraînant, en dégustant. Mais ce n’est pas suffisant. Pour devenir un bon dégustateur, il paraît indispensable d’avoir une bonne perception et une bonne connaissance des odeurs et du goût. Il est également important d'être curieux et vigilent sur l'environnement qui nous entoure, surtout lorsqu'en dehors de la ville. Car "déguster", c'est goûter, essayer, tester, vérifier, analyser ou encore apprécier, savourer, se délecter, se régaler. Mais on aura beau dire, ce qui fait un bon dégustateur, c’est avant tout sa passion et son intérêt pour le vin.

28.03.2007

dimanche, 25 mars 2007

I survived the Salon of the Vignerons Indépendants!

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Pas que je m'étais juré de ne jamais y mettre les pieds. Je me disais juste que les conditions de dégustations étaient effroyables et que je préférais tout simplement l'intimité d'une rencontre avec un(e) vigneron(ne), chez lui/elle. Mais l'invitation de Sancho Pança fut tentante et, pas du genre à m'enferrer (ni à refuser un verre de rouge), c'est avec une certaine excitation que je me rendai Porte de Champerret: mon caddie à ma gauche, mon oenologue (Hippolyte, 2 ans 1/2) à ma droite. Dois-je préciser qu'il ne m'avait pas fallu deux heures pour browser ma cave et m'apercevoir que Patrimonio (Corse du Nord), Morgon (ou quelques-uns de ses onze cousins), et Cahors s'y faisaient rares ces temps-ci. Et puis, je ne voyais aucun inconvénient à déguster des choses originaires de Saint-Chinian, du Minervois ou de la Bourgogne. Et encore moins à découvrir des elixirs de contrées lointaines et retirées. En gros, j'étais open. Formidablement open. Pas comme mon compte en banque. A mon grand désespoire.

Sur place, un joueur d'orgue de barbarie accueille le chaland. Nous remplissons nos invitations, nous munissons de verres INAO et pénétrons dans le temple du vin. Première impression: s'il y a du monde en ce samedi matin, ce n'est pas la foule. Voilà qui est rassurant. Ah, un vigneron corse. Du sud. Au secours, le vin est âpre, extrêmement tannique, sec, amidonné. Je recrache un pur produit du maquis pour autochtone. Merci, au revoir! J'ai soudainement l'impression de ne pas avoir bu depuis trois jours tant ma bouche est devenue sèche. Y a-t-il un producteur d'eau minérale dans l'assemblée? 

medium_Clos_Siguier.gifCerise et minéralité à Cahors. Première halte dans l'appellation Cahors (Sud-Ouest), chez monsieur Bley, de Montcuq. Ce gentil monsieur à l'accent chantant nous fait goûter le deux millEU quatrEU enm premier. Allez, va pour le 2004. Puis 2003, puis... on va arrêter là. D'autant plus que mon oenologue a la tête dans le seau servant de crachoir, crachant lui aussi en expert mais respirant au passage les effluves d'un alcool composé de plusieurs millésimes et de salives diverses et variées. Le Clos Siguier 2003, 100% malbec, n'est pas mal. Très marqué par la cerise, minéral (des notes de pierre à fusil), mais manquant singulièrement de structure et d'épaisseur (12° oblige?), il ferait un petit vin de table sympathique, et ça changerait. Surtout à 4,6O€ pièce. Sancho et moi nous regardons. Va pour une caisse à deux? Va. Ce sera notre philosophie tout au long de la matinée: un carton pour deux. Merci Monsieur Bley et au plaisir.

Nous tombons ensuite sur le domaine Leccia, Pietra Bianca (Patrimonio, Haute Corse). Le premier vin goûté est outrageusement tannique, vert et ne satisfait tout simplement pas mon palet. Le deuxième semble avoir été coupé au sirop de grenadine. Les conditions de dégustation à la Wine Spectator seraient-elles en train d'opérer (lumière, chaleur, capacité d'analyse réduite par l'accumulation ou simple ignorance de ma part?) Le prix, de fait rédhibitoire par rapport au plaisir retiré n'aide pas non plus. Poursuivons nos déambulations. A la recherche de Yves Leccia.

medium_img_prestige.jpgCahors de nouveau. Nous rencontrons Thierry Simon et Philippe Vérax, de Château de Lacapelle (Cabanac). Concentrons-nous sur le meilleur des trois vins dégustés: Prestige 2003. Une dominante malbec assemblé à une touche de merlot. Une couleur d'un noir exceptionnellement intense, comme de l'encre. Un nez complexe marqué par les fruits noirs, comme les pruneaux et les cerises à l'eau de vie. En bouche, le vin est très bien structuré, relativemement riche, avec des tannins soyeux et élégants. Les notes de fruits rouges (voire mûrs) se confirment et l'impression que l'on déguste un très très joli vin se fait très vite sentir. "Ah ouais", Sancho et moi éructons en coeur! Le vin est discrètement boisé et présente une une belle longueur aromatique. Bon et bien, va pour un carton de 6. De l'ordre de 12€ / pièce.   

On réentendra parler de ce Cahors sur vinsurvin, sans aucun doute.

C'est pendant la pause sandwich de l'oenolgue de 2 ans 1/2 que nous faisons connaissance avec Marie-France Sevenet-Lateyron, du Chateau Toumillon à Graves (33). Elle offre un verre d'eau à Hippolyte et nous propose de goûter son vin. Je suis réticent. Je ne puis m'empêcher de lui dire que l'image du bordelais dans son ensemble souffre des marques qui fabriquent des liquides marqués de façon outrancière par le bois et les arômes de vanille. Si c'est donc ce genre de vin qu'elle conçoit, je préfère m'abstenir. J'ai du vin passé en fûts nous répond-elle mais j'en ai aussi plus porté sur le fruit, le Château Toumillon 2003, une dominante de cabernet Sauvignon accompagné de merlot et de cabernet franc. Pourquoi donc refuser, c'est dit si gentiment. La première chose qui me sidère, c'est la couleur du vin: rouge ambré, tuilé. Le nez est aromatique, complexe, entre minestrone de fruits frais et fleurs fraîches. La bouche est fraîche, plutôt ample et offre des notes de fruits noirs (pruneaux) et animales. Un vin d'une très jolie structure et doté de beaucoup d'élégance. Nous sommes manifestement très agréablement surpris. Je ne serais pas étonné que ce vin coûte dans les 15, 18€ / pièce. Prix: 10€. Va pour une caisse de 6. Nous goûtons le 2000, qui ne déçoit pas non plus. Mais plus âgé, il sera à boire plus rapidement.       

Nous sommes sur le point de rentrer quand un stand où prônent de magnifiques bouteilles de Morgon attire notre attention. "On s'arrête?" "Vite fait alors." Nous goûtons un Chiroubles (Domaine du Calvaire) qui jubile de fruits rouges: parfait pour finir la dégustation! Il s'agit du vin de Didier Desvignes. Madame insiste pour nous faire goûter un premier Morgon, puis un second (Clos Les Charmes 2005), qui retient notre attention, car moins austère que le premier et plus racé. Nous panachons Chiroubles et Morgon puis rentrons à la maison.

Total: Des rencontres, des dégustations, des découvertes, des surprises et l'impression d'avoir passé un excellent moment. Côté budget, bon, une petite centaine d'€ de dépensés, enfin, d'investis! Soit, environ 8€ / bouteilles et l'assurance de boire de très bonnes choses dans les semaines à venir. 

 

vendredi, 23 mars 2007

Joyeux anniversaire VINSURVIN!

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Et voilà, ça devait arriver! VINSURVIN, producteur de chroniques oenophiles, fête son premier anniversaire.  Tout commença en effet un jour de mars 2OO6 lorsque la France était en pleine folie blog et que Loïc Le Meur déchaînait les passions (avant de tomber amoureux de Sarkozi).

Je me souviens, après la dégustation d'un superbe Malesan boisé, vanillé et épais sur un cheddar anglais, me lever en transe totale en pleine nuit et me dire Moi aussi, je peut dire qu'est-ce que je panse du bon pinart que je boie avec mes collégue au burrau et avec mes copins et avec mes beaus frères et mes beaux-parent à noèl. N'impotte qui peux le fère. Je me levai donc d'un seul homme, enfilai mon superbe peignoir or-ocre avec la mention "LUI" dans le dos, me grattai considérablement le bas-ventre, sortai le reste de Malesan du frigidaire, m'en servai un verre et commençai ma grande carrière d'écrivain-journaliste-chroniqueur, de comptoir. Un an plus tard, que d'articles écrits, composés parfois dans la douleur: "chéri, il est 3 heures du matin, tu viens te coucher" "j'arrive, je cherche un synonyme de "bien" dans "il passe bien, ce vin, tu peux m'aider?" "Rrrrroooonn..." "Ok, laisse tomber..."

Que de bouteilles dégustées, de viticulteurs rencontrés, de restaurants testés. Du bon, du moins bon. Surtout chez les bistrotiers parisiens. Et un compteur qui affiche plus de 2 milliards de visites. Sans compter quelques lecteurs et lectrices que je soupçonnerais volontier d'être, pas accro (quoi que Christophia de Garges Lès Gonesse, qui signe sous différents pseudos, a l'air d'être une sacré fidèle lectrice) mais en tous cas très fidèles. Bon, c'est pas le tout, mais j'ai un film où deux jeunes dépressifs trinquent avec beaucoup de style. Merci à toutes, merci à tous!

 Il faut s'efforcer d'être jeune comme un beaujolais et de vieillr comme un bourgogne. Robert Sabatier.

VINSURVIN, Producteur de chroniques oenophiles. 

jeudi, 22 mars 2007

Tautou foiré, normal ch'uis canet.

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Audrey Tautou et Guillaume Canet, dans Ensemble, c'est tout, actuellement sur les écrans.

En me rendant Cour Saint-Emilion ce matin, j'ai saisi le Matin Plus abandonné à sa propre cause sur une banquette de la ligne 14. Pas que j'allais déjeuner au Chai 33 (ce restaurant où l'on va choisir tout seul sa bouteille à la cave), ni aux Elles (cuisine entre France et Vietnam, ou peut-être l'inverse) et encore moins au bar à vin Nicolas (temple des vins de négociants). Juste une course à faire à deux pas de chez Noos ou un millier de personnes poirotteraient sous la pluie munis de décodeurs, factures et autres têtes pas franchement ravies d'être là.

Pas mes idoles. J'ouvris donc ce "journal" gratuit et tombai sur la photo (ci-dessus) illustrant un maigre article non signé et intitulé L'union fait la force. Je ne puis m'empêcher de me dire qu'il ne donnait vraiment pas envie d'aller voir ce fim. Pas que je n'aime pas Tautou dont la filmographie est encore maigre et très variée donc difficile à  juger (son meilleur rôle étant pour moi dans Vénus Beauté de Toni Mashall, pour le reste...). Pas que je n'aime pas Canet qui en tant qu'acteur n'est ni transcendant ni mauvais (va pour Mon Idole et Joyeux Noël, mais bon...). Il se révèle davantage derrière la caméra avec Mon Idole (avec l'excellent François Berléand) et bien sûr le grand Ne le dis à personne.

Faillance de piscine municipale. Au premier coup d'oeil, c'est la photo en elle-même que je trouve rédhibitoire. Une impression de tristesse et d'ennui s'en dégage. Regardez-le, lui, à droite, ce paltoquet: il ne ressemble à rien! Il ferait presque pitié. Il trinque sans regarder sa partenaire, pas rasé ni coiffé. Et puis enlève tes mains de tes poches, c'est pas poli. Il a l'air de s'emmerder, blasé et presque réticent à l'idée de boire un verre avec mademoiselle. Habillé de noir, au bord de la dépression, comme elle. Le noir: symbole de tristesse et de deuil. Elle s'efforce de le regarder, d'esquisser peiniblement un rictus, par politesse ou par convention. Et ce décors! Une vulgaire gazinière, un frigo, de la faillance de piscine municipale au mur: on se croirait en 1973. Remarquez cette lumière en arrière plan, entre les deux personnages, normallement symbole de vie, de joie, d'amour. Ici, elle est fade, prête à lâcher et n'a pour fonction que d'éclairer la casserole de ravioli qui cuit sur un feu agonisant. 

Tue-l'amour. Cependant, à bien y regarder, l'expression de l'acteur traduit, ou trahit, parfaitement l'état d'esprit dans lequel il se trouve à ce moment précis et notamment ce qui le chagrine. Car, effectivement, quelquechose le chagrine profondément. Si ce n'est le fait que son amie vient certainement de lui servir un banal verre de Bordeaux (moi aussi je ferais la gueule à sa place), le comédien est en fait très mal à l'aise à l'idée de boire dans un verre à ballon: le tue-l'amour par excellence. Laid, has-been, impossible à tenir, faisant baver au contact de la bouche, démolissant les arômes, conservant la chaleur voire la démultipliant, ce récipient doit impérativement sortir du paysage oenologique français. Par ailleurs, si l'on imagine que le jeune homme s'est pointé chez la fille avec un magnifque Vosne-Romanée de son année de naissance à elle (quoi qu'un peu foncé dans le verre pour en être un) où un superbe Chateauneuf du Pape (à 3 chiffres avant le €), on ne peut que compatir face à l'abattement, l'affliction et la consternation de notre acolyte. Notre personnage ne fuit donc pas le joli minois de sa partenaire: il se trouve simplement en état de liquéfaction du fait du drame qui se joue devant lui et dont il est la victime. Adieu arômes, fruits et parfums des bords du Rhône. Bonjour le vin chaud, fade et insipide que l'on n'utiliserait même pas pour un bourguignon. Doit-on y voir en plus et par extension métaphorique que cette fille s'avèrera d'un ennui profond pendant et après le repas? 

Un talent incomparable. Rédhibitoire est donc la photo car navrante est la situation dans laquelle se trouve notre personnage. Bravo donc au metteur en scène et aux acteurs qui à travers un simple verre à ballon apportent une dimension et une dramaturgie shakespearienne à cette scène (la scène du ballon), nous déployant au passage un talent absolument incomparable. Rien que pour cette scène, j'irai voir ce film. Si elle n'a pas été coupée au montage.

mercredi, 21 mars 2007

Quelle est votre région viticole préférée?

 

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Grand sondage vinsurvin/moi/mes lecteurs


Période électorale oblige, vinsurvin ne pouvait pas échapper au phénomène hyper tendance du moment: le sondage! Mais, je ne vais pas prendre la température sur vos intentions de vote au premier tour de la présidentielle, ça risquerait de chambrer! Non, notre premier sondage s'intéresse à votre région viticole préférée. Dites-le moi, cela m'intéresse beaucoup. Déroulez cette page un petit peu: ce sondage se trouve dans la colonne de droite. alors, a vous de jouer! Et merci.

PS: Vous aurez remarqué que l'Auvergne, le Maconnais, le Beaujolais, l'Irouleguy et Montmartre ne sont proposées.  La raison est purement technique: je ne puis afficher plus de 10 propositions. Toutes mes excuses auprès des amateurs de ces région. Que je suis le premier! 

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LE SAVIEZ-VOUS?

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Fâcheux accord. (photo casafree.com)

 Saison 1, épisode 11. Les accords mets et vin à proscrire.

Certains accords gourmands ne donnent pas beaucoup de chances au vin. Ainsi, un sympathique petit rouge, léger et fruité, deviendra insignifiant sur un gibier à poil. Plus fâcheux encore, certains mets dénaturent le goût du vin, formant des alliances qui n'ont plus rien de gourmand.

En tête des ennemis du vin viennent certains légumes: les amers comme le radis, le concombre et l'endive, mais aussi l'artichaut et l'asperge (sauf avec certains vins blancs comme le muscat), les épinards et l'oseille, qui ont le don de donner un goût désagréable. Vous devrez donc prendre en considération l'accompagnement des viandes ou des poissons, qui peut parfois réserver de mauvaises surprises. Il vous reste un  fond de rouge d'hier soir et vous faites du poisson ce midi? Accordez les deux, une fois, pour voir. Si vous ne connaissez pas le goût de l'iode, vous serez servi! Parmi les autres préparations difficiles à accorder au vin se trouvent citrons, vinaigrettes, échalotte, ail, anchois, œufs à la coque. Notons qu'agrumes et Pouilly Fumé se marient très bien. Se méfier également de certains plats exotiques ou du chocolat, pas évidents à accorder non plus. Même si Maury et cacao font la paire. Enfin, inutile de dire qu'il est une boisson antinomique avec les cuisines rafinées et de tous les jours et qui ne se marie qu'avec sa propre gastronomie nationale: le coca!

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Vignoble canadien, Niagara. (photo wilkipedia.fr)

Saison 1, épisode 1O. Qu'est-ce le vin de glace? (What is the ice wine?)

Très bonne question. Je vous remercie de me l'avoir posée.

Le vin de glace est un vin fait de raisins gelés avec une forte concentration en sucre. Le but étant de concentrer au maximum le sucre et l'acidité à l'intérieur des raisins. Le raisin le plus noble est sans conteste le riesling, mais on trouve également du chardonnay, cabernet franc, et du vidal (surtout au Canada). Protégés par une pellicule de glace, les basses températures sont nécessaires. C'est pourquoi, les vendanges se déroulent de nuit, à une température inférieure à -8°

Le vin de glace est donc un vin très confidentiel, qu'on ne retrouve que sous des climats très frais.

Les plus réputés se trouvent en Allemagne notamment le long de la Moselle, avec le Saar Ruwer, et le Rheinghau. Il y a également les Eiswein autrichiens. Ils sont souvent très chers, (250 euros pour une bouteille). Le Québec a également une bonne réputation dans ce domaine. Au Canada, on en trouve des moins onéreux, en Colombie-Britannique et en Ontario, tout près des lacs sur la commune de Niagara-on-the-Lake. À souligner qu'il existe également du Cidre de glace au Québec.

Les vins de glace sont extraordinaires de richesse, et de persistance aromatique. Concentrés, et dôtés d'une acidité hors du commun, ils traversent le temps. Soulignons que ces vins titrent régulièrement moins de 8° d'alcool.

 

L'accord parfait? Vin de Glace seul, un soir, avec un bon bouquin, un bon ami, afin de profiter pleinement de tout ce qu'il a à offrir (le vin).

 

La semaine prochaine: Qu'est-ce qu'un VDQS? Qu'est-ce que l'AOC?

 

mardi, 20 mars 2007

Dans l'Isol-Loire.

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Chinon, en bord de Vienne, lundi 26 février.

Déjà presque un mois de passé depuis cette virée en Loire... Après la visite chez David Drussé à Saint-Nicolas de Bourgueil, je continuai mon bonhomme de chemin en direction de Cravant les Coteaux, cette bourgade à l'est de Chinon et au sud, sud-Ouest d'Azay-le-Rideau. Le vin de Chinon, communément appelé "Breton" n'est pas originaire de la Touraine, ni de la Bretagne. Son ancêtre le Vitis Biturica, à sans doute été apporté par les légionnaires Romains aux premiers siècles  de notre histoire. Situé près de Tour, berceau de Rabelais, l'aire d’appellation Chinon  s’étend sur  près de 2 000 hectares. Ce vin est produit par plus de 200 vignerons. Les vignes sont exposées sur différents terroirs: terrasses graveleuses (vin pouvant être bu dès sa jeunesse à Pâques) et coteaux argilo-siliceux ou argilo-calcaires (vin de garde, voire de très grande garde). C'est d'ailleurs sur ces derniers que je vous guide aujourd'hui. Le Chinon est produit principalement avec un seul cépage: le cabernet-franc, dit "Breton" (le cabernet-sauvignon est autorisé dans une proportion de 10% d’encépagement). Grossièrement, il exprime notamment des arômes de fruits rouges et de violette.

Faire perdurer la tradition. Rapide passage chez Christelle Pérais-Sourdais et chez Laurent Gilloire. L'assurance que j'y trouverai du très bon Chinon à peu cher me fait entrer les yeux fermés. Je viens acheter les millésimes de la fameuse année 2003 qui aujourd'hui expriment toutes les caractéristiques des Chinon élevés sur des sols argilo-calcaires: puissance, "gouleyance", souplesse, arômes denses. Le fait qu'ils demandent à viellir n'est pas négligeable non plus. Avec le temps, les vins de ces deux jeunes viticulteurs se sont un peu concentrés et ont gagné en arômes pour devenir aujourd'hui faciles à apprécier. En effet, dans son jeune âge le cabernet s'avère un peu austère et fermé. Une garde de trois ans (au bas mot) l'assouplit et le rend bien plus abordable. C'est le cas en tous cas des vins de Christelle et Laurent. Deux viticulteurs sans prétention, si ce n'est de faire perdurer la tradition et d'offrir des vins agréables à boire, de fête et d'un excellent rapport qualité/prix. Ils sont également les parfaits partenaires de l'apéritif servi avec des petits légumes frais et croquants. Ils accompagnent en outre très bien des omelettes aux champignons (lire par ailleurs ce post) et des grillades.

Arôme de bouquet fleuri. Afin d'étendre un peu mes horizons chinonesques, j'avais envie cette année de découvrir les vins de Bernard Baudry dont  j'avais entendu et lu çà et là la qualité du travail. Passer dans une autre "catégorie" de Chinon était également un souhait.

Les Granges 2004. Issu d'une parcelle située sur les terrasses graveleuses de Cravant, ce jeune cabernet présenta un vin léger,  fruité et gourmand. L'impression fût immédiatement positive. Cependant, j'attendais plus.

Le Clos Guillot 2004. Une vigne plantée sur un coteau calcaire (tuffeau jaune). Une parcelle très bien exposée sur la commune. Un élevage en barriques pendant 12 mois qui ne compromet absolument pas la qualité aromatique du vin ni sa structure. Le Clos Guillot est une nouvelle cuvée (premier millésime en 2000). Le vin offre une bouche ample, concentrée et généreuse, présente des notes de fruits noirs réhaussées par une belle présence tannique. Définitivement un joli vin, racé mais soyeux. Je n'en avais pas encore bu de tels sur Chinon.

Les Grézeaux 2004. La parcelle est située sur des graves caillouteuses. Les vignes ont de quarante à soixante ans. Ce vin apparaît comme le clou de la dégustation. Une robe grenat aux reflets violets. Le nez est complexe. Je lui trouve des notes d'eucalyptus, voire mentolées. Je m'interroge sur ces arômes mais ils sont manifestes, presque outranciers. Et surtout extrêmement agréables. Une odeur de fleurs fraîches planent littéralement au-dessus du disque. C'est déconcertant! La bouche est franche, riche et concentrée. Le plaisir est intense! Les Grézeaux ont un beau potentiel de garde. Cette cuvée est celle qui me "parle" le plus. C'est ce que j'étais venu chercher: de la richesse, de la complexité et surtout, beaucoup d'émotion. C'est chose faite. 

Mon petit périple touchait à sa fin mais ne serait pas complet sans passer faire une bise à Madame Percereau (dont le respect me fera taire l'âge), cette adorable vigneronne dans le charmant petit village de Limeray. Son fils Dominique s'empressa, comme d'habitude, de m'emmener  goûter le vin encore dans les cuves, en l'occurence, un Sauvignon blanc 2006 qui offre de très jolies notes de fruits exotiques, tels que la mangue. Par ailleurs, le Crémant de Loire des Percereau étant une valeur sûre... Alors, à un mois des élections présidentielles, et après dégustation de ce Sauvignon, point besoin pour moi de me cracher dans l'isol-Loire pour y voir clair: c'est bonnet-blanc et blanc-bonnet! 

Toutes les coordonnées des vignerons cités se trouvent dans la rubrique "vignerons référencés".

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François Rabelais, né en 1494 à la métairie de la Devinière, près de Chinon.

samedi, 17 mars 2007

Bousculez les conventions!

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Il vous reste une bouteille de mauvais vin? Servez-la donc avec un peu de fromage. Après quelques bouchées, personne ne fait la différence entre un vin d’exception et un «gros rouge qui tache».

Bernice Madrigal-Galan et Hildegarde Heymann, de l’Université de Californie à Davis, ont fait tester des vins de qualité variable, avec ou sans fromage, par des goûteurs expérimentés et ont découvert que le fromage faisait disparaître les arômes, l’acidité et l’astringence de tous les vins, qu’ils soient très bons ou mauvais. Pour Heymann, ce sont peut-être les protéines du fromage qui empêchent les arômes de s’exprimer ou le gras qui masque les récepteurs du goût.

Des papilles fatiguées. La règle veut souvent que l'on aille du vin le plus jeune au vin le plus vieux lors du repas. Cette régle n'est pourtant pas des plus judicieuse. A bien y regarder, le vin vieux, quand bien même issu d'un grand domaine, n'est jamais présenté au meilleur moment. En effet, souvent présenté au moment du fromage, il arrive à un moment où les papilles sont fatiguées par l'accumulation des plats. En d'autres termes, la langue et les sens sont un peu éprouvés et moins à même d'apprécier les qualités et les subtilités de votre vin. Par ailleurs, même consommé raisonnablement, l'alcool commence à faire effet. Enfin, l'attention des convives n'est plus la même qu'au tout début du repas et encore moins qu'à l'apéritif lorsque, dotés d'une bouche neuve et d'un esprit intacte, ils ont pleinement apprécié le vin blanc ou le champagne que vous leur avez servis.

Même si, à cause de l'effet "mélange" et de l'incompatibilité rouge puis blanc, il est difficile de servir un blanc en fin de repas, les vins rouges ne sont pas les vins les plus adaptés pour être servis avec le fromage, contrairement à ce que veut la coutume. En fait, rien ne vaut un bon vin blanc. Il restait du Pouilly Fuissé de chez Jean-Paul Paquet mercredi dernier lors d'un déjeuner "suédois" chez une amie. Il accompagna formidablement le fromage. L'idéal est donc de faire un repas au vin blanc. Choisissez alors de beaux et grands vins blancs afin d'avoir l'assurance que ceux-ci ne sont pas trop sulfités. En tous cas, n'hésitez pas à bousculer les coutumes aux risques de choquer certains. Vous vous ferez certainement bien souvent plus plaisir!

QUELQUES ACCORDS VIN BLANC/FROMAGE

  • Fromage de chèvre et Sancerre ou Pouilly Fumé.
  • Selles sur Cher AOC et vin blanc sec tels que Sauvignon ou Chenin de Touraine, vin rouge légèrement fruité tel que Chinon, Bourgueil, Gamay ou Cabernet de Touraine.
  • Comté: vin du Jura, vin jaune.
  • Roquefort: vin moëlleux, du Layon, Vouvray, voire Loupiac, Sauterne, et même Maury!
  • Tomme de Savoie: vin blanc sec, vif mais aussi vins blancs moelleux.
  • Parmesan et champagne.
  • Epoisses et Meursault.
  • Munster et vendange tardive du Rhin.

17:55 Publié dans VIN & METS | Lien permanent | Commentaires (0)

Que de clichés sur le vin!

 

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Aux Petits joueurs, Passage de la Main d'Or, Paris XI. Photo Gérard Lavalette.

Aujourd'hui, hommage à un grand photographe. Vous l'avez peut-être remarqué, deux chroniques de vinsurvin ont été illustrées par des superbes photos en noir et blanc (ici et ). Ces photos sont le fruit du travail de Gérard Valette, photographe parisien ayant souvent pour objectif d'immortaliser sa ville ou ceux qui la composent. Et que de clichés sur le vin puisque Gérard est, précisément, un amateur de vin. En tous cas, de bars à vin! Il m'a même conseillé La Muse Vin, rue de Charonne dans le XIème, un endroit charmant où je n'ai eu que le temps de demander la carte de la maison et de parler deux minutes avec la serveuse, notamment de leur carte des vins extrêmement prolixe. Une adresse où j'irai sans faute!

Les photos de Gérard cadrent magnifiquement avec vinsurvin et j'avais envie de le remercier une fois de plus de me permettre, très généreusement, d'agrémenter mes modestes chroniques avec ces superbes clichés. C'est pourquoi, j'aimerais vous inviter à aller faire un tour sur parisfaubourg.com, le site de Gérard, et vous régaler de ces photos. Du grand art à un clic d'ici. 

 
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